Category: societe

  • Les robes noires vent debout contre une Justice au rabais

    Les robes noires vent debout contre une Justice au rabais

    C’est autour d’un pique-nique qu’avocats et magistrats se réunissent ce vendredi. Le rendez-vous est prévu entre 12h30 et 13h30, devant le palais Monthyon (6e). Une pause déj, oui. Mais pas n’importe laquelle. Les représentants de la justice se dressent ce midi contre le nouveau projet de loi Sanction utile rapide et efficiente (SURE) porté par le garde des Sceaux Gérald Darmanin. Un programme que le Syndicat des avocats de France et le Syndicat de la magistrature considèrent « méprisant » pour la victime comme pour l’accusé.

    « Une Justice plus rapide mais moins éthique »

    Des procès qui traînent sur plusieurs années. Une justice parfois trop lente pour répondre aux besoins de chacun. Selon un rapport du gouvernement, le nombre de dossiers criminels en attente d’un jugement a doublé ces 5 dernières années. Manque de moyens matériels et humains, accroissement des plaintes, notamment dans les affaires sexuelles. Les instances peinent à traiter les plaintes. En « réponse », le ministre de la justice Gérald Darmanin présente en janvier un tout nouveau décret (SURE) qui comporte plusieurs volets. Parmi ces lois, on retrouve l’éventuel « plaider-coupable » qui s’appliquait déjà sur les petits délits depuis 2004. Si le texte entre en vigueur il serait aussi possible d’y avoir recours dans les affaires de crimes. Plus de séance en Cour de Justice, plus d’audience publique. Seulement l’accusé face au parquet, entre les quatre murs de son bureau. Une « privatisation » des démarches de condamnation selon Zoé Poncelet, avocate au Barreau de Marseille. « Cette loi est la goutte de trop qui vient confirmer la prise de position du gouvernement pour une justice plus rapide mais moins éthique. Ce n’est pas une négociation équitable. L’accusé sort de détention provisoire. Affaibli par des conditions de vie compliquées. Il peut facilement céder à de faux aveux », déplore-t-elle. Des textes qui viendraient brouiller les choix et déclarations des personnes jugées. Favoriser les aveux, au risque d’en obtenir de faux sous pression. Et qui ne laisseraient plus tellement de place aux plaignants. L’avocate poursuit : « C’est bénéfique et libérateur pour les victimes de débattre sur la peine. Pour certains, il faut plusieurs années. Le procès est parfois le théâtre de nombreux rebondissements. » À la suite des négociations, la partie civile aurait 10 jours pour s’opposer ou non à l’accord. Un délai que l’avocate considère « insuffisant ».

    Julie Jarno, responsable de la commission pénale à Marseille confirme. Selon elle, ces mesures s’inscrivent dans un changement de couleur politique de notre système judiciaire.

    Revirement des valeurs

    de notre République

    « Contrairement à d’autres pays comme les États-Unis, l’aveu est, en France, un élément parmi tant d’autres. Avec cette réforme, il devient une preuve principale. C’est un revirement complet des valeurs de notre République. » Faciliter les démarches, alléger les dossiers en attente de procès. Mais à quel prix ? SURE fait suite à plusieurs lois récemment adoptées notamment en 2023. On y compte la création des Cours Criminelles Départementales. Avec des délais d’audience écourtés, en grande partie utilisés pour les affaires d’agressions sexuelles. Bien qu’elles soient rapides, les séances sont dispensées de participation citoyenne. Dès 2025 la possibilité de téléconsultation en garde à vue pour les accusés qui nécessitent de l’aide médicale. Un dispositif qui remet en doute le respect du consentement éclairé ainsi que le secret médical. Et enfin cette année, le projet de loi RIPOST qui promet plus de pouvoirs pour les polices municipales. Des mesures jugées « punitives et répressives » pour Julie Jarno et qui, selon elle, « préparent le terrain pour une possible arrivée de l’extrême droite au pouvoir d’ici la prochaine élection présidentielle ».

    La commission des lois du Sénat examinera le texte en séance publique les 13 et 14 avril. Le ministre de la Justice se dit toutefois « prêt à discuter ».

  • Rue de Tivoli, l’hommage et le sentiment d’abandon

    Rue de Tivoli, l’hommage et le sentiment d’abandon

    L’hommage sans discours est ponctué d’une minute de silence et d’un dépôt de gerbes au pied d’une plaque commémorative, accrochée par le collectif Tivoli-9 avril, où figurent les prénoms des victimes. Huit bougies sont allumées. « On a décidé d’un recueillement intime et de cette plaque pour interpeller parce qu’on se sent oublié et envahi par les tagueurs. On commence à ne plus y croire, chaque victime se sent abandonnée à ses contrats privés en l’absence d’un accord-cadre », explique Johanne Raimbault, membre du collectif.

    Lettres au Préfet

    Le 9 avril 2023. Une explosion au gaz provoque l’effondrement de deux immeubles, faisant huit morts et entraînant l’évacuation d’environ 350 personnes au Camas. Trois ans plus tard, six immeubles toujours inhabités, les murs de la dent creuse couverts de tags et un permis de construire décrépi, traduisent une situation au point mort. Dans la foule, Didier Jau, le maire (EELV) du secteur ne cache pas son « émotion » avec en tête les images de la nuit du 9 avril. Plusieurs adjoints du Printemps marseillais sont présents. Avec eux, le vice-amiral, Lionel Mathieu, du Bataillon des marins pompiers et Céline Lefléfian, la directrice de la police municipale.

    « La Direction interministérielle d’aide aux victimes a envoyé un mauvais message », poursuit Johanne Raimbault. Les deux ministres nommés à l’époque ont été démis sans explication en décembre. Le nouveau préfet ne répond pas. « Je pense qu’ils n’y croient plus… Le dernier Comité local d’aide aux victimes pour monter accord-cadre a eu lieu en mai sans résultat. » Celui de décembre a été annulé. Ce long bras de fer avec les assurances et la disparition de dispositifs d’aide aux victimes alimentent le sentiment d’oubli. « Seul un accord-cadre permettrait une indemnisation groupée et le maire Benoît Payan a de nouveau écrit au Préfet pour demander avec toute la force de la ville qu’il puisse intervenir », reprend Didier Jau.

    L’information judiciaire se poursuit. L’enquête vise à déterminer le mécanisme ayant conduit à l’écoulement du gaz et l’explosion. Elle pourrait être clôturée dans l’année à l’issue d’une contre-expertise toujours en cours. Aucune mise en examen n’a été prononcée.

    « On continue à se battre puisqu’on est renvoyé à notre assurance privée », reprend Johanne Raimbault. « Notre combat maintenant sera aussi de faire évoluer la loi car il y aura d’autres accidents collectifs de ce genre, pour que les prochaines victimes ne subissent pas la double peine qu’on vit. »

  • Cinq interpellations pour dérive sectaire dans les Alpes de Haute-Provence

    Cinq interpellations pour dérive sectaire dans les Alpes de Haute-Provence

    Parmi les mis en cause, « un couple suspecté d’avoir exercé une emprise psychologique sur de nombreux adeptes ». « Un signalement relatif à des pratiques d’endoctrinement », avait alerté le procureur en décembre 2025. Le parquet avait alors « immédiatement » ouvert une information judiciaire. Le groupe sectaire se surnommait « Lève-toi » et était animé par un couple qui recevait régulièrement des adeptes dans leur « refuge » à Bellaffaire. Pour assurer son développement et sa communication, le couple utilisait une chaîne Youtube « Lève-toi international », où les prédications du pasteur étaient visionnées des milliers de fois. « Plusieurs adeptes sont soumis à une forte emprise psychologique, conduisant certains à modifier leurs choix de vie, s’endetter, rompre avec leur entourage ou interrompre leurs traitements médicaux », relatent la gendarmerie et le parquet.

  • Criminalité organisée : Laurent Nunez vient faire l’état des lieux

    Criminalité organisée : Laurent Nunez vient faire l’état des lieux

    Suite à une visite en février, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, est finalement de nouveau attendu dans la cité phocéenne ce jeudi 9 avril. Précédemment accompagné du ministre de la Ville, Vincent Jeanbrun pour causer un peu prévention et beaucoup répression, c’est seul qu’il vient faire un point cette fois-ci sur la lutte contre la criminalité organisée et « l’état de la menace en France et à Marseille ».

  • Le collège Sylvain-Menu dans les coulisses de La Marseillaise

    Le collège Sylvain-Menu dans les coulisses de La Marseillaise

    « Sous la dictature du régime de Vichy, La Marseillaise résistait à l’occupation nazie. Nos fondateurs risquaient leur vie pour briser le mur de désinformation et la censure. » C’est autour d’une table ronde que Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise raconte aux élèves l’histoire du journal. Il en profite pour évoquer les différentes notions associées au paysage médiatique : transparence journalistique, pluralisme, déontologie. Des discussions sur les outils nécessaires pour appréhender, vérifier, situer l’information. Après quelques échanges, le directeur tend un journal pour le présenter à la classe. Certains connaissaient déjà, d’autres un peu moins…

    « Tombée dans

    la désinformation »

    Après avoir levé sa main, Briac rétorque : « C’est démodé les journaux ! » Il réajuste ses lunettes, puis tente de se justifier entre les quelques rires de ses camarades. Le jeune garçon de troisième scolarisé au collège Sylvain-Menu n’a pas pour habitude de lire le journal. Et il n’est pas le seul. Sur la quelque vingtaine d’élèves du collège du 9e arrondissement, la plupart s’informe sur internet. C’est le cas de Chloé, qui raconte être déjà tombée dans la désinformation. « Sur les réseaux sociaux nous n’avons même pas à chercher l’actualité, elle nous tombe dessus. C’est plus simple, plus rapide, et gratuit. Il faut cela dit faire attention à ne pas se faire avoir par l’IA ! », réplique-t-elle avec humour. Sur ces nouvelles plateformes, on retrouve en outre, des vidéos générées par l’intelligence artificielle, qui mettent en scène des situations inventées de toutes pièces.

    Pour Laurent Bedos, professeur d’histoire-géographie, il est important de sensibiliser les collégiens à la désinformation le plus tôt possible. « Cette visite s’inscrit dans le programme d’éducation morale et civique. J’ai pour habitude de pousser mes élèves à réfléchir. S’intéresser au monde qui les entoure. Les confronter à des idées qui ne sont pas les leurs. »

    Apprendre à se renseigner

    L’objectif : savoir se renseigner correctement pour prendre du recul sur ce que l’on apprend. Confronter, comparer, opposer. Maîtriser sa gestion de l’information et ne pas tomber dans la propagande. Après une visite de l’open space, le groupe se dirige vers l’entrée. Au mur, des plaques gravées du nom de personnes qui ont perdu la vie pour la liberté de la presse et pour que vive La Marseillaise. Mala Kriegel, Jean De Bernady, Léon Paranque. Le directeur éditorial en profite pour rappeler : « Mala Kriegel s’est faite mitrailler alors qu’elle distribuait un tirage de La Marseillaise pendant l’insurrection pour la libération de Marseille. Les personnalités inscrites sur ces plaques se sont battues pour qu’aujourd’hui, vous ayez le choix du média sur lequel vous vous informez. » La pluralité. Mais encore faut-il savoir faire le bon choix. Selon lui : « Une partie des jeunes s’informe sur les médias traditionnels. L’autre exclusivement via les réseaux sociaux. C’est très inégal. Les matinées de sensibilisations comme celle-ci sont nécessaires pour que tous les collégiens partent avec le même bagage. »

  • À Aix, une délégation de parents d’élèves reçue au rectorat

    À Aix, une délégation de parents d’élèves reçue au rectorat

    Après une vague de mobilisations avant-hier, une délégation du Mouvement départemental des parents d’élèves des Bouches-du-Rhône (MPE13) a été reçue au rectorat, à Aix-en-Provence, ce mercredi (voir notre édition du 8 avril). « On espère sauver quelques écoles et quelques établissements du secondaire de cette baisse drastique de moyens, résume Letizia Vignone, administratrice MPE13. On va essayer de défendre un maximum d’enfants et de familles qui sont impactés par la baisse de dotations globales horaires (DGH). » En d’autres termes, empêcher des fermetures de postes prévus dans plusieurs écoles, « récupérer des heures de DGH pour les collèges et lycées », atténuer des fermetures d’options pour les groupes dédoublés, des CPE supplémentaires dans certains établissements, mais aussi demander « plus de moyens » pour les AESH et AED qui, selon le MPE13, ne sont pas remplacés, ou peu nombreux. « Dernière étape, ce sera la préfecture, avant l’envoi la signature, vendredi, de l’arrêté budgétaire à Paris, décidé par le Dasen et le Rectorat sur les fermetures de classes et l’adjudication du budget pour le secondaire », poursuit Letizia Vignone. « Pour l’instant ce ne sont que des propositions et c’est pour ça que nous avons une marge de négociation. On nous parle de démographie qui baisse, mais cela ne justifie pas les dotations », poursuit Julie de César, parent adhérent du MPE13. À l’issue de la rencontre, la délégation rapporte avoir eu un « échange très constructif. On garde espoir. La DGH actuelle reste provisoire. Pendant deux heures, nous avons pu échanger sur les particularités de plusieurs établissements. La décision sur ce reliquat de DGH se fera d’ici le début des vacances [d’été] ». Sollicité, le rectorat n’a pas pu nous répondre avant notre bouclage.

  • Le service de psychiatrie de La Seyne-sur-Mer demande des renforts

    Le service de psychiatrie de La Seyne-sur-Mer demande des renforts

    Un poste sur quatre vacant dans 40% des hôpitaux publics, un patient sur deux soumis à des délais d’attente trop longs, et des demandes qui, en parallèle, augmentent (32% pour la pathologie, 25% pour les addictions) : la situation dans les services de psychiatrie se dégrade et les moyens n’augmentent pas, selon des chiffres de la Fédération hospitalière de France datés de 2024. Celle du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne (CHITS) en est un exemple concret. Avec trois psychiatres sur le départ (mutation, retraite…), l’inquiétude grandit au sein du service qui ne compte à l’heure actuelle que quatre, deux stagiaires et un médecin généraliste pour trois unités d’hospitalisation (dont une sous contrainte) et sept unités ambulatoires.

    En 2025, le service, basé à l’hôpital George-Sand de la Seyne, revendique 16 000 journées d’hospitalisation, un taux d’occupation de 90%, 1 100 patients suivis en extra hospitalier dont 349 à domicile, pour près de 5 000 consultations. Et si aucun recrutement n’était effectué, cela mettrait « en péril la prise en charge » ainsi que « la continuité et la sécurité des soins » dénonce l’intersyndicale CGT – CFDT – SUD.

    Aucune mesure annoncée par la direction

    « Malgré plusieurs réunions avec la Direction aucune mesure concrète n’est annoncée », dénonce cette dernière. Une situation qui « laisse planer un doute inquiétant sur l’avenir de ces services », d’autant plus « incompréhensible » que « le gouvernement déclare pour une deuxième année la santé mentale comme Grande Cause Nationale. » L’intersyndicale demande ainsi « des recrutements en urgence » pour que « l’établissement devienne une référence, un lieu où les psychiatres ont envie de venir et rester. »

    Le service a reçu le soutien de patients, regroupés au sein du collectif « Patients en Danger », et qui se sont mobilisés mardi devant l’établissement. Mais aussi celui du groupe d’opposition municipale « Alternative progressiste », pour qui « la psychiatrie publique ne peut être la variable d’ajustement des politiques hospitalières. Défendre ce service, c’est défendre une conception humaine, solidaire et ambitieuse de la santé. »

  • Rue de Tivoli : l’hommage aux victimes avec l’amertume sur l’accord-cadre oublié

    Rue de Tivoli : l’hommage aux victimes avec l’amertume sur l’accord-cadre oublié

    « Nous nous réunirons pour ne pas oublier l’explosion effroyable qui a eu lieu à cet endroit et qui a coûté la vie à huit personnes, Anna, Anne-Marie, Antonietta, Marion, Nicole, Jacky, Jacques et Michael, pour nous remémorer cet instant qui a aussi démoli deux immeubles, entrainé le délogement de plus de 300 personnes, délogement encore d’actualité pour certain-es d’entre nous – et modifié à jamais le visage de tout un quartier », déclare le Collectif Tivoli 9 Avril dans un communiqué.

    L’information judiciaire est toujours en cours. Trois immeubles impactés par l’explosion n’ont pas encore vu débuter des travaux, deux immeubles et une maison de fond de cours sont en attente d’une totale reconstruction et plusieurs immeubles alentour sont encore en travaux partiels ou en attente de travaux.

    Ses membres remercient les marins-pompiers, les associations et les commerçants, les solidaires qui leur ont tendu la main, leur ont offert aides psychologiques et financières, recherches de logement, dons et matériels. Ils saluent aussi les agents municipaux dans l’accueil des 350 évacués, la mairie de Marseille « toujours présente dans notre combat pour l’élaboration d’un accord-cadre avec les assurances, qui permettrait d’indemniser les victimes à hauteur des préjudices réels », mais aussi les différents préfets, avocats qui les accompagnent et les soutiennent. Depuis le débarquement des deux coordonnateurs nommés en 2023 par la Première ministre, Élisabeth Borne, ce renoncement des autorités à aboutir à un accord-cadre avec les assurances « pour encadrer des dépenses exceptionnelles dues à un accident exceptionnel », ne passe pas.

  • Les JO 2030 sur la voie royale après la décision du Conseil d’État

    Les JO 2030 sur la voie royale après la décision du Conseil d’État

    Les travaux d’aménagement des JO 2030 dans les Alpes ne sont pas chantier global, mais plusieurs ouvrages « éloignés géographiquement les uns des autres, (…) de natures diverses, avec des finalités variées ». C’est la conclusion à laquelle est parvenu le Conseil d’État ce vendredi 3 avril. Une décision qui dispense donc les autorités d’organiser un débat public sur le projet global, comme l’exige la charte de l’environnement, pour tout chantier ayant un fort impact environnemental.

    La Solideo promet

    des consultations

    Le 26 janvier dernier, le Tribunal administratif de Marseille avait pourtant enjoint le Comité d’organisation des Jeux (Cojop) et la Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques), à organiser un débat public sur le projet. Ce revirement du Conseil d’État a été accueilli avec satisfaction par les trois entités. La Solideo s’est toutefois engagée à une « démarche de concertation sur l’ensemble des ouvrages ». Une promesse qui ne rassure guère les opposants. « Les mécanismes de consultation organisés ne permettent aucunement d’avoir voix au processus décisionnel », critique Delphine Larra, juriste membre de JOP, collectif citoyen d’opposition aux JO 2030. Pour elle, « le Conseil d’État vient entériner la technique du saucissonnage, avec un argument qui ne tient pas la route juridiquement ». À la fin du mois, la France doit encore présenter ses arguments devant les instances de l’ONU devant lesquelles elle est accusée de ne pas respecter la convention d’Aarhus, traité qui exige la tenue d’un débat public pour tout projet d’aménagement ayant une incidence sur l’environnement.

  • La CGT de Toulon et son secrétaire menacés de mort

    La CGT de Toulon et son secrétaire menacés de mort

    « Une situation d’une gravité exceptionnelle, un nouveau cap qui vient d’être franchi. » C’est en ces termes que l’Union Départementale CGT du Var qualifie les menaces de mort dont ont été victimes l’UL CGT de Toulon et son secrétaire général, Patrice Moulun. Des appels « à la guillotine » de la CGT et de son représentant, « d’une violence inouïe », affichées sur des panneaux et des tableaux électriques d’urbanisme, mercredi dernier, près du pont de la Gare.

    Ces faits s’inscrivent « dans un climat délétère où la parole haineuse se libère et où certains pensent pouvoir intimider celles et ceux qui défendent les droits des travailleurs, dans un contexte marqué par une progression inquiétante des idées d’extrême droite dans le département, que nous combattons sans relâche à travers nos tracts et nos mobilisations, en lien avec les orientations portées par la CGT au niveau national », décrit l’Union Départementale. « C’est certainement en lien avec nos prises de position entre les deux tours des élections municipales. La concomitance des temps est étrange », appuie Richard Roméo-Giberti, secrétaire départemental CGT 83.

    Le syndicat ajoute qu’il ne « tolérera jamais qu’un camarade et que l’organisation soient menacés pour son engagement syndical. S’attaquer à un militant CGT, c’est s’attaquer à l’ensemble de l’organisation, à ses valeurs de solidarité, de justice sociale et de démocratie. »

    Deux plaintes pour menaces de mort

    « Cela faisait très longtemps qu’on n’avait pas reçu de telles menaces », affirme Richard Roméo-Giberti, qui dit ne pas avoir de soupçons précis quant à leur provenance. En conséquence, deux plaintes ont été déposées par le secrétaire général de l’UL CGT Toulon, et par la CGT, pour « menaces de mort ». Toutefois, cette dernière n’a pas l’intention de se laisser intimider, « bien au contraire. Nous continuerons à porter la voix des salariés, à dénoncer les politiques antisociales et à combattre sans concession les idéologies de haine, de division et de repli », en réaffirmant la « responsabilité des forces démocratiques, syndicales et associatives de se lever contre la banalisation de l’extrême droite et de défendre les libertés fondamentales. La CGT appelle à la solidarité la plus large et réaffirme sa détermination à poursuivre le combat pour l’émancipation des travailleurs. »

    D’autres actions pourraient être entreprises par l’Union départementale CGT, indique Richard Roméo-Giberti, qui précise que l’organisation réfléchit actuellement à un plan global de riposte.