Category: societe

  • La cuisine thérapeutique pour lutter contre les troubles alimentaires à l’hôpital

    La cuisine thérapeutique pour lutter contre les troubles alimentaires à l’hôpital

    Plaques de cuisson, four, micro-ondes et ustensiles flambant neufs. Nous ne sommes pas dans un restaurant, mais dans la cuisine thérapeutique de l’hôpital de jour adolescents l’Odyssée, composante de l’hôpital George-Sand, qui accueille en son sein l’unité Revam (Réseau varois autour de l’anorexie mentale), destinée aux jeunes de 11 à 25 ans souffrant de troubles anorexiques.

    Cet outil, qui permet de réduire l’angoisse liée à l’alimentation, restaurer l’autonomie et le plaisir sensoriel, renforcer les liens familiaux et favoriser les échanges avec les soignants « a fait ses preuves dans d’autres centres », affirme le Docteur Laurent Pes, du pôle pédopsychiatrie. Il vise à « savoir comment ça se passe dans la tête des jeunes au niveau des repas, et réunir les parents afin de trouver des ressources pour l’alimentation de l’adolescent ».

    Un premier atelier

    la semaine prochaine

    Sont en premier lieu concernés les jeunes « ayant déjà un peu évolué, et étant en capacité de cuisiner », qu’ils soient pris en charge en externe, en hôpital de jour ou en hospitalisation complète. « On voit d’abord avec la famille comment ça se passe niveau repas. Ensuite, l’objectif est de cuisiner quelque chose et de le manger à la fin », détaille le docteur Pes.

    Le premier atelier, encadré par une infirmière et une diététicienne, aura lieu la semaine prochaine. « On rencontre d’abord les jeunes pour réaliser le menu en amont et éviter les surprises et angoisses. Ensuite, on prépare le repas, on le mange, avant un petit temps de parole et un questionnaire individuel », précise Danila Reiss, infirmière, qui ajoute que « d’autres cadres sont prévus plus tard, avec des repas partagés avec une psychologue et les familles. »

  • À Avignon, l’université poursuit son chantier sur la santé mentale

    À Avignon, l’université poursuit son chantier sur la santé mentale

    « Il faut que la santé mentale devienne un sujet plus important à l’université. Il est essentiel de miser dessus pour essayer de réparer ce que l’on n’a pas soigné plus tôt », lance Hugo Mazure, étudiant en deuxième année de sciences politiques et relais santé à l’université d’Avignon, ce mardi 7 avril, à l’occasion des assises territoriales de la santé étudiante.

    En plus d’un petit « village santé » avec plusieurs stands sur le campus Hannah-Arendt, un congrès s’est tenu à quelques mètres de là, à la Villa Créative. Et le constat des différents acteurs se rejoint : il faut en faire plus. En France, seuls quatre jeunes sur dix interrogés se disent en bonne santé mentale. « On voit tellement d’étudiants en détresse psychologique. On a l’impression qu’il n’y a pas assez d’actions pour y remédier et déstigmatiser l’accès aux soins », abonde Liana Pellat-Finet, vice-présidente étudiante à l’université d’Avignon. « C’est un enjeu vraiment important. Que ce soit une cause nationale deux années de suite montre que c’est un signe marquant de notre époque. Ce genre de journée a pour but de trouver des solutions et des actions concrètes pour les étudiants au plus tôt », lance de son côté Alain Richaud, vice-président d’Avignon Université.

    D’autant que « le Vaucluse est un territoire encore plus fragilisé car c’est un département parmi les plus pauvres et avec une offre de soins sous tension », précise Alizée Susler, médecin directrice du Service de Santé étudiante d’Avignon Université.

    Besoins immenses

    Un constat que partage le docteur Rafaël Ortiz, psychiatre au Service de Santé étudiante d’Avignon Université, qui pointe des « besoins immenses » et rappelle qu’« un Français sur cinq sera touché par un trouble de santé mentale dans sa vie ». Il explique qu’en Cité des Papes, il est notamment confronté à de nombreuses personnes avec des antécédents d’abus sexuels mais moins de personnes avec des addictions à différents produits. S’il se réjouit de l’existence de dispositifs d’aide, comme Santé Psy Étudiant, il pointe quelques problématiques. « J’ai moi-même testé sur mes appareils. On ne trouve à Avignon que cinq psys et après, on est renvoyé dans le Gard ou les Bouches-du-Rhône. Cela pose question car les délais sont longs et, quand on est dans une situation à risque, on ne peut pas attendre. C’est plus facile de dire qu’on a mal au genou que de dire qu’on entend des voix, mais ça ne devrait pas l’être. » « De nombreux étudiants ne savent même pas qu’ils peuvent prendre des rendez-vous. Notre objectif est qu’à terme, les gens s’y intéressent et que ce soit remarquable », pousse Hugo Mazure.

  • Les pompiers en exercice déblaiement à Aix

    Les pompiers en exercice déblaiement à Aix

    Sur un vaste terrain ou trônent des bâtiments d’apparence abandonnés, l’équipe départementale de sauvetage déblaiement (USAR 13, certifiée par l’ONU), se déploient, aux côtés de l’équipe cynotechnique et des sauveteurs en milieu périlleux où des sapeurs pompiers des Bouches-du-Rhône (Sdis 13) sont dispersés. Depuis 8h du matin ce mardi, jusqu’à minuit, soit seize heures, les sapeurs pompiers se livrent à un exercice de sauvetage et déblaiement d’ampleur dans le cadre de leur formation de maintien des acquis. Au total, quatre-vingts hommes et de femmes, dispatchés sur différents « chantiers » de ce terrain désaffecté, près de l’Ensosp, simulent un sauvetage qui aurait eu lieu après un séisme majeur, émis à cinq heures du matin dans la Région d’Aix-en-Provence. « Les Pompiers 13 ont nécessité à se former et acquérir du matériel pour le sauvetage déblaiement puisque le territoire est soumis aux risques sismiques, au-delà du bâtimentaire qui avec le temps s’use et parfois tombe, ce risque est présent, le Schéma départemental d’analyse et de couverture des risques le redit à chaque fois, on a donc nécessité à se former à ça, explique le colonel Franck Briend, directeur départemental adjoint au sein du Sdis 13. Notre intérêt, au-delà des recherches, est aussi d’assurer la sécurité de l’ensemble des sapeurs-pompiers. C’est pour ça qu’on organise cet exercice trois à quatre fois par an pour permettre de s’entraîner un maximum pour être prêts en situation », explique-t-il.

    Un radar de pointe pour détecter les survivants

    Fixation des priorités et évaluation des risques, stabilisation des structures et balisage des zones dangereuses et du bâti, repérage des zones de survies, extraction de victimes… Les équipes sur place, qui travaillent en simultané, se relaient toutes les quatre heures : la passation, fait de rapporter en détail les éléments repérés sur le terrain aux équipes de relais, est l’un des points de travail majeurs de la journée. Ce jour, en plus des chiens, des drones, des techniques d’étaiement sur lequel les sapeurs pompiers s’appuient, un nouvel outil intervient dans l’exercice de sauvetage déblaiement. Acquis en novembre 2025 pour « une quarantaine de milliers d’euros », un radar de pointe permettant de détecter des « poches de vie » sous les décombres, intègre désormais les équipes de l’USAR. « Nous avons acheté un radar extraordinaire qui arrive à repérer une respiration, souligne Richard Mallié, président du Sdis 13. Nous le mettons en œuvre aujourd’hui pour la première fois, c’est un équipement qui peut être projetable dans toute la France comme dans le monde entier. Nous avons 22 [agents] spécialisés dans le maniement du radar. » Apposé contre un épais mur en béton d’une des bâtisses désaffectées, le radar, dans sa boîte orange, les sapeurs pompiers analysent, depuis une tablette « au niveau de l’oscillogramme, s’il y a une courbe qui s’apparente à une respiration. Au plus il va y avoir de décombres, au plus l’analyse va être longue », explique l’un des opérateurs. « On estime qu’il faut lancer deux à trois analyses pour être certains d’avoir une victime réelle. » Le Sdis 13, est d’ailleurs le seul en France à être doté de ce matériel, en dehors de la Formation Militaire de la Sécurité Civile (FORMISC).

  • Place de Rome à Marseille : faire la misère aux locataires pour les déloger

    Place de Rome à Marseille : faire la misère aux locataires pour les déloger

    Procès en vue pour le gestionnaire du Manhattan, un hôtel meublé en péril, situé 3, place de Rome. Hamid Yahiaoui avait succédé au marchand de sommeil, Morde Khai Didi, mis en examen pour sa gestion de 14 établissements miteux mais juteux dont le Manhattan. Ce réseau d‘hôtels pouilleux était conventionné par l’État pour l’hébergement d’urgence des familles en grande précarité.

    Vendredi dernier, le tribunal a fixé le procès au 4 décembre 2026. Avec sa société Alamar, M. Yahiaoui répondra de « menace ou acte d’intimidation en vue de contraindre une personne vulnérable occupant un local insalubre ou en péril à renoncer à son droit au relogement » et de « refus de relogement ». Cet Algérien de 58 ans qui gère deux résidences hôtelières aux Catalans (7e) et avenue de Toulon (5e), avait repris l’exploitation du Manhattan. L’ensemble immobilier très dégradé, propriété de Georges Sabbah qui lui loue aussi les murs de l’hôtel aux Catalans, est frappé d’une série d’arrêtés de mise en sécurité depuis novembre 2018 et de quatre arrêtés d’insalubrité.

    Coupures d’électricité

    et faux policiers

    L’immeuble à deux pas de la préfecture est formé d’un bâtiment donnant rue de la Palud de 41 logements, des bouges de 11 à 25 m². Le second en retrait comprend huit logements dévastés. En septembre 2023, les enquêteurs entendaient les occupants de ce Bronx, parmi lesquels de nombreux Nigérians qui payaient Didi ou ses sbires alors que les loyers étaient suspendus. Dans une écoute fin août 2023, Didi menaçait de « virer tout le monde, de couper l’eau et l’électricité » et « qu’ils peuvent crever dedans ».

    Faire peur pour déloger, c’est ce dont est aussi accusé Yahiaoui alors que la situation déjà dangereuse était sanitairement intenable (notre édition du 26 octobre 2023, L’hôtel Manhattan en péril sombre avec ses occupants). Les agents de la Ville rapportaient des coupures d’électricité répétées, autant de manœuvres pour rendre la vie infernale que la mairie dénonçait le 14 février 2024 au procureur. Yahiaoui était devenu gestionnaire au terme d’un deal avec Sabbah : un « bail offert gracieusement en échange de refaire tous les travaux » dans cet « immeuble tout pourri » et « sans évoquer plus que ça les locataires ». Le loyer de 8 000 euros devait débuter en janvier 2026.

    Un chantier démarrait en site occupé avec des ouvriers pas payés. Sous pression de la Ville, Yahiaoui prenait un contrat d’électricité qu’il résiliait le lendemain, promettant de se réabonner sans jamais le faire. Des locataires ont témoigné de menaces et de tentatives d’évacuations forcées avec des individus se présentant comme des policiers en civil portant un brassard de police ou en tenue « pour faire peur ». Les agents de la Ville ont aussi surpris le propriétaire tambouriner aux portes pour demander aux occupants de partir invoquant faussement une demande de la Ville alors qu’aucune évacuation n’était prévue. L’évacuation officielle et complète était ordonnée le 13 mars 2024 par la Ville qui tente depuis de recouvrer les frais de relogement d’urgence des occupants qui s’élevaient en avril 2025 à déjà plus de 50 000 euros. Interpellé en mai 2025 dans sa villa hollywoodienne avec piscine sur un hectare aux Pennes-Mirabeau, le gérant a nié toutes menaces, distinguait entre les squatteurs, les 27 anciens locataires de Didi et les siens. « Je n’ai jamais fait d’intimidation. Au contraire, j’ai payé les gens pour qu’ils s’en aillent. Cinq locataires ont accepté de partir avec 1 000 euros. J’ai récupéré trois locataires dans un hôtel qui appartient à ma femme. »

  • Le sentier de Niolon à l’Erevine sécurisé et rouvert au public

    Le sentier de Niolon à l’Erevine sécurisé et rouvert au public

    La réception officielle des travaux s’est tenue en présence des représentants du Conservatoire du littoral, des entreprises mobilisées, ainsi que du maire du Rove, Paul Sabatino (PCF). Engagé le 3 novembre 2025, ce chantier visait à sécuriser, nettoyer et requalifier cet itinéraire emblématique de la Côte Bleue, fortement fréquenté et fragilisé par l’érosion et l’usage intensif.

    Les aménagements ont permis de consolider les portions les plus exposées, améliorer les conditions de circulation et préserver le caractère naturel exceptionnel du site. La signalétique d’entrée et les panneaux directionnels sont en cours de finalisation et seront prochainement installés. La municipalité appelle les visiteurs à un comportement respectueux et vigilant afin de préserver ce « véritable joyau du littoral rovenain ».

    En parallèle, le maire du Rove a réuni en mairie les acteurs concernés par la gestion et la sécurisation des calanques de La Vesse et de Niolon : gendarmerie, sapeurs-pompiers, police municipale, UCPA, comités des calanquais et élus municipaux. Cette réunion de coordination visait à anticiper l’afflux de visiteurs à l’approche de la saison estivale et à prévenir les risques.

    Dès le 1er mai, un dispositif de filtrage des accès sera mis en place les week-ends et jours fériés, de 10h à 20h. Une vigilance particulière est prévue lors des périodes de forte affluence, notamment le pont de l’Ascension et le 14 juillet. Les patrouilles de la police municipale et de la gendarmerie seront renforcées, avec une attention spécifique portée au stationnement anarchique, incivilités et comportements dangereux. Des renforts significatifs de gendarmerie sont également annoncés pour l’été. Par ailleurs, un projet de vidéoprotection est à l’étude. « Nous devons être à la hauteur des enjeux que représente la fréquentation de ces sites exceptionnels », a souligné le maire, rappelant que « la tranquillité publique est l’une de nos priorités » et insistant sur la nécessité d’une coordination sans faille entre tous les acteurs.

  • Parents, enseignants et lycéens réclament des moyens décents

    Parents, enseignants et lycéens réclament des moyens décents

    « Plus d’une centaine de classes sont menacées dans le département, principalement à Marseille mais aussi à Aix, à La Bouilladisse ou Salon. Et si nous n’avons pas de chiffres sur les dotations globales horaires, de nombreux établissements, principalement des lycées sont impactés. » Pour Letizia Vignone, administratrice du Mouvement départemental des parents d’élèves des Bouches-du-Rhône (MPE 13) qui se prépare à une audience avec le Dasen (Directeur académique des services de l’Éducation nationale), ce mercredi 8 avril à Aix-en-Provence, la situation au sein de l’Éducation nationale s’est nettement dégradée, au détriment déjà des élèves.

    « Au lycée, cela veut dire concrètement des options en moins, des classes qui peuvent atteindre 30 à 35 élèves lorsqu’ils font des travaux pratiques, en SVT ou physique-chimie. Au collège, les classes dédoublées pour l’apprentissage du français sauteraient avec la coupe budgétaire » illustre-t-elle, espérant « grappiller » un maximum d’heures. Le MPE 13 compte également mettre la pression sur le préfet qui doit valider la carte scolaire et les dotations globales horaires cette semaine.

    À Aubagne, Jadran Svrdlin, professeur des écoles et syndiqué à la CGT Educ’action mesure déjà le manque de postes d’enseignant dans son école. « Depuis janvier, nous approchons les 130 journées non remplacées soit 2,7 à 2,8 absences par jour pour nos 9 classes », explique-t-il.

    « En mode dégradé permanent »

    Les élèves sur le carreau étant répartis sur les classes qui restent, « nous sommes en mode dégradé permanent. Le nombre de remplaçants affectés n’a pas changé depuis des années ». Raison principale pour laquelle il sera présent ce mercredi au rassemblement organisé devant le collège Lou Garlaban à 11h avec la CGT, le syndicat SUD mais aussi les associations de parents d’élèves. Une autre mobilisation étant prévue le vendredi à 16h30 devant l’école de la Tourtelle.

    De la primaire au secondaire, cet enseignement « dégradé » a de terribles conséquences pointe Jadran Svrdlin. Réformes injustes finalement avortées, annonces ministérielles intempestives, « on met en place des échéances couperet comme le brevet dont M. Attal faisait un préalable obligatoire au lycée », analyse-t-il, se souvenant aussi de l’expérience des groupes de niveaux que nombre d’enseignants ont refusé d’appliquer. Un « tri social » où « on élimine » estime-t-il, déplorant que les premières victimes soient les « enfants des classes populaires qui n’ont que l’école publique comme patrimoine ». La CGT Educ’action s’inquiète aussi dans un communiqué de la « mise à mal de l’école inclusive » avec un nombre d’AESH (Accompagnant des élèves en situation de handicap) insuffisant, tout comme celui des personnels de Rased (Réseau d’aide spécialisée aux élèves en difficulté).

    À Marseille, le syndicat SUD Éducation 13 appelle aussi à un rassemblement devant la Chambre de commerce, sur la Canebière, ce mercredi à 17h30 « contre les coupes budgétaires imposées par l’Éducation nationale et la violente répression des lycéens ». Déjà devant l’école Leverrier (4e) ce mardi, après avoir appris la fermeture d’une classe la semaine dernière, les parents d’élèves ont déployé banderoles et mégaphones.

  • Une « année riche en travaux » pour la SNCF

    Une « année riche en travaux » pour la SNCF

    C’est une « année extrêmement riche en travaux sur l’ensemble de la Région », qu’annonce Karim Touati, directeur régional de la SNCF Réseau en Région Sud, lors du point presse annuel balayant toutes les actions et chantiers à venir pour 2026. Avec pas moins de 442,7 millions d’euros d’enveloppe totale sur la table, l’opérateur historique des chemins de fer entend mener de front les questions de maintenance, de mise en accessibilité de plusieurs de gares ou de nouvelles voies. Le tout, en vue de « garantir une circulation fiable ».

    Forcément, plusieurs opérations « emblématiques » auront lieu à Marseille. Par exemple, lors de la venue « exceptionnelle d’une grue ferroviaire unique » qui interviendra pour « le renouvellement de 9 aiguillages à Saint Charles », lors du pont de l’Ascension. La SNCF vise aussi un « chantier d’ouvrage d’art au pont-rail des Chartreux [dans le 4e arrondissement de la ville, Ndlr.] ». Et ce n’est pas une mince affaire puisque ce dernier « porte l’ensemble des voies qui quittent Marseille vers l’est », précise Karim Touati, ajoutant que l’opération se fera « en plusieurs étapes ». Avec notamment des travaux préparatoires dès mi-juillet puis « deux périodes d’interruption des circulations », du 18 septembre au 20, puis du 8 novembre au 15. Dans la même lignée de ces chantiers sensibles, le train usine unique en Europe, Eric (Engin de régénération industrielle caténaire), interviendra pour le renouvellement de 15km entre Marseille et Vintimille. Côté Vaucluse, on part sur une « opération coup de poing » de 16 millions d’euros avec le renouvellement de 9km de voies à Avignon entre juillet et décembre.

    Des études pour la « ligne ferroviaire olympique »

    « 2026, c’est aussi la suite de grands travaux autour de grands projets », note Karim Touati. Il a dans le viseur la fameuse LNPCA (Ligne nouvelle Provence Côté d’Azur), projet à plus d’un milliard d’euros sur le long terme pour améliorer tout l’écosystème du rail dans la région. « Les premiers travaux ont démarré, notamment sur Marseille Saint-Charles avec la démolition d’infrastructures obsolètes », explique le directeur régional. Mais ce projet est éclipsé par l’urgence d’un autre vaste chantier pour la SNCF, celui de la « performance ferroviaire des Alpes du Sud » et plus globalement de la « ligne ferroviaire olympique » en vue des jeux d’Hiver en 2030. « C’est un projet tout aussi ambitieux que la LNPCA. Il consiste en la modernisation des infrastructures de l’étoile de Veynes et de la ligne de Marseille à Briançon. »

    Concrètement, 2026 est l’heure du lancement des études en 2026 avant « les travaux en 2027 ». Et surtout du lancement d’une concertation publique du 13 avril au 29 mai. Au total, la SNCF prévoit « 137km de voie renouvelées, remplacement de 60 aiguillages, régénération de 108 ouvrages, modernisation de signalisation… », pour un total de 360 millions d’euros d’ici 2030. Jean-Pierre Serrus (Ren.), vice-président de la Région aux Transports annonce d’ores et déjà « du bazar » pour la circulation des trains actuels lors des travaux. Notamment en vue de tenir l’objectif de Marseille-Briançon « en 3h40 » dans ce timing serré et contraint. « On n’a pas le choix », laisse-t-il en suspens.

    Et des rénovations

    de gares

    Autre pan des chantiers de la SNCF, et pas des moindres avec une enveloppe de 40 millions d’euros prévue, celui des gares. Dans les opérations notables : on retient le démarrage des travaux pour la halte ferroviaire de Plan-de-Campagne « d’ici fin 2026 ». Pour un montant de plus de 12 millions d’euros, la livraison est prévue en 2028. La mise en accessibilité de celle de Miramas devrait être terminée à l’été. Dans le Var, l’opérateur « commence à avancer sur la création des pôles d’échanges multimodaux pour La Pauline-Hyères et celle de Saint-Cyr » dans le cadre de la LNPCA. Même principe pour les gares d’Arenc et Saint André à Marseille. « Les projets sont financés et dans la phase 1 de la LNPCA », précise Jérôme Bini, directeur régional de SNCF Gares et Connexions.

    Plus concret, il table aussi sur la rénovation des bâtiments des gares de l’Estaque, de Tarascon et de Sénas. « On attaque des travaux sur celle de l’Isle-sur-la-Sorgues [en Vaucluse, Ndlr.] qui accueillera l’Office du Tourisme. » Tout un programme.

  • Le procès contre « La Marseillaise » renvoyé à 2027

    Le procès contre « La Marseillaise » renvoyé à 2027

    Rendez-vous dans un an… La présidente du tribunal correctionnel de Marseille a donc choisi de fixer la date du procès au fond au 6 avril 2027. En pleine campagne présidentielle, alors que l’extrême droite est annoncée aux portes du pouvoir, le rendez-vous aura forcément un goût particulier. D’ici là, quatre audiences intermédiaires sont programmées en juin, septembre, novembre et février.

    À l’origine de ce marathon judiciaire, le député d’extrême droite du Gard, Alexandre Allegret-Pilot, présent mardi à la barre du tribunal sans son avocat, accuse La Marseillaise de diffamation. L’objet de son action ? Deux articles. Un premier portant sur des tweets si outranciers que son compte avait été désactivé par la plateforme X qui n’est pourtant pas la plus prompte à modérer les publications injurieuses. Le second relatait la validation par ce député, lorsqu’il était haut fonctionnaire à Bercy, d’une aide publique à une entreprise privée pas encore créée… Une affaire révélée par Le Monde que notre journaliste Tristan Arnaud n’avait fait que rapporter et pour laquelle le quotidien national n’est par ailleurs pas inquiété.

    Procédures bâillon

    Un deux poids, deux mesures qui interpelle les nombreux soutiens rassemblés mardi devant le tribunal pour suivre l’audience. Comme il y a six mois, lorsque Tristan Arnaud et Léo Purguette, président de La Marseillaise, ont été entendus par la juge suite au dépôt de plainte de l’élu d’extrême droite, ils étaient des dizaines sur les marches du palais de justice pour affirmer leur attachement au journal et à la liberté de la presse, pilier de notre démocratie et de l’état de droit. Des mots dans toutes les bouches.

    Les Amis de La Marseillaise, et leur président Serge Baroni étaient en première ligne dans ce combat. « Une évidence », glisse ce dernier plus déterminé que jamais en rappelant « toutes les péripéties depuis la reprise du journal à la barre du tribunal de commerce ». À ses côtés des représentants du monde associatif et militants progressistes.

    Parmi eux, Annick Karsenty, la présidente de l’association féministe Femmes Solidaires 13, Bernard Eynaud, président de la Ligue des droits de l’homme 13, Horiya Mekrelouf, la présidente du Mrap 13, Cathy Aubron, la présidente du Mouvement de la Paix, Patrice Kantarjian, le secrétaire régional de la CGT, un représentant du MNLE, ou des jeunes communistes du MJCF 13. « Je suis venu soutenir ce journal qui nous accompagne et qui plus est face à un député du Front national. RN, FN, pour moi ce sont toujours les mêmes… Ils portent plainte pour diffamation mais il faut qu’ils se regardent dans la glace et se mouchent leur nez », persifle François le Verne, secrétaire de l’USR CGT Vitrolles.

    « La Marseillaise et CPMM ont une histoire intimement liée par rapport à notre mission qui est de distribuer la presse pour la rendre accessible partout et pour tous. Le journal a toujours soutenu notre coopérative dans ses combats de la liquidation de Presstalis à la création de la CPMM, et encore aujourd’hui dans l’évolution de nos activités », apprécie Jonathan di Ruocco, adjoint de direction de la Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne.

    « Nous avons naturellement appelé à la mobilisation, poursuit Dylan Zeitoun, du PCF 13. On ne peut pas cautionner les procédures bâillon qui musellent la presse a fortiori quand elle porte les luttes sociales. C’est une méthode traditionnelle de l’extrême droite qui s’en prend aux médias progressistes », note le représentant du PCF 13, faisant le lien avec le poids croissant du journal dans le Gard.

    « Ce député ne respecte en rien les usages de notre République », abonde de son côté Sylvain André, maire PCF de Cendras, commune de la 5e circonscription du Gard où est élu Alexandre Allegret-Pilot. Il est venu « soutenir la liberté de la presse et la démocratie ». Il rappelle cet épisode où le conseil municipal de sa commune a décidé d’afficher le drapeau palestinien, le jour de la reconnaissance de l’État de Palestine par la France à l’ONU. « Il devait être retiré le lendemain, le préfet était au courant mais ce député s’est filmé dans la nuit en train de le retirer. On est dans le trumpisme, il ne vit que par le buzz et la petite vidéo », conclut Sylvain André. Hier encore, alors que Léo Purguette remerciait les présents et achevait son discours par un « Vive La Marseillaise et vive la résistance », l’élu d’extrême droite, lui, se mettait en scène en vidéo…

    Attachés aux valeurs de La Marseillaise

    Bernard Eynaud LDH 13

    « On doit résister ensemble mais on est inquiet car on voit aussi à droite, cette tendance qui fait bon ménage avec l’économie de marché capitaliste. Dès qu’ils peuvent supprimer des libertés fondamentales, ils s’y emploient. L’extrême droite, elle, c’est son boulot, elle est en embuscade, ce rapport de force a toujours existé, et on gagnera si on est capable d’avancer collectivement sur la justice sociale, d’égalité des droits. »

    Serge Baroni Amis de La Marseillaise

    « Ces attaques en justice ont pour but de mettre le journal en difficulté financière mais on peut compter sur tous les soutiens que l’on a. On sera plus fort qu’eux. Les Amis de La Marseillaise se développent dans le Gard et partout, on a des adhérents a qui le pluralisme tient à cœur en Belgique, dans les Ardennes, le sud-ouest, bien au-delà de la zone de diffusion. »

    Thierry Camusso Filpac CGT La Provence

    « Je suis là pour soutenir un journal qui nous soutient dans toutes les luttes et est toujours là pour nous. On ne comprend pas pourquoi ils sont encore attaqués par le Rassemblement national… c’est un journal libre qui s’exprime pour la pluralité de la presse. L’extrême droite gagne du terrain et ces gens veulent nous museler. On ne laissera pas faire. »

    Horiya Mekrelouf Mrap 13

    « C’est la place du Mrap et des antiracistes que d’être aux côtés de La Marseillaise pour contrer les attaques de l’extrême droite. Quand on l’attaque, on attaque la liberté d’expression mais aussi les fondements même de ce que représente ce journal né dans la résistance, qui s’est battu contre le fascisme, l’extrême droite et le racisme du gouvernement de Vichy, et continue ce combat. »

    Agnès Daures Élue d’opposition à Aix

    « On sait que le RN est l’ennemi mortel des travailleurs, il défend le grand capital, vote toutes les lois antisociales. Si il arrive aux affaires en 2027, il commencera par museler la presse, on en a l’exemple aujourd’hui. En plus d’être raciste, sexiste, l’extrême droite est hautement liberticide et c’est tout ce qu’on combat. »

    Pierre Rochard FSU 13

    « C’est important de soutenir La Marseillaise face à cette extrême droite qui essaie de la museler ou de s’approprier les médias. La FSU a toujours lutté contre l’extrême droite et continuera. Ce député s’exprime beaucoup sur X qui n’est pas un réseau impartial mais il s’est fait sucrer sa publication… il y a un problème. Il y a deux poids deux mesures. »

    Annick Karsenty Femmes solidaires 13

    « On est très liées à ce journal avec qui on mène un combat commun. Il y a la liberté de la presse, la possibilité de s’exprimer librement et il faut la conserver. Femmes Solidaires se bat là-dessus aussi. Ces attaques de l’extrême droite me font penser à 1938 quand on brûlait les livres, les journaux, qu’on interdisait la presse… il y a des relents nauséabonds qui arrivent dans ce pays, où qu’on soit. »

    Sylvain André Maire PCF de Cendras

    « Au-delà des idées de l’extrême droite, se replier sur soi et pointer des boucs émissaires, ce député est très virulent et ne respecte en rien les usages de notre République et de la démocratie. Il ne vit que par le buzz, la vidéo, le coup de com’, l’invective avec, je dirais même, avec un brin de méchanceté gratuite sur des élus de gauche. Il ne faut pas lui laisser un mètre. »

    Jonathan di Ruocco CPMM

    « Alors qu’on croule sous les informations mensongères et les polémiques, avoir un journal de presse quotidienne régionale qui fait un travail sérieux et porte une ligne éditoriale imprégnée par l’éthique journalistique au service des combats progressistes qu’elle met en avant, est important, comme montrer notre solidarité face aux attaques mensongères et politiques de ce député FN. »

    Cathy Aubron Mouvement de la paix

    « En tant que pacifistes, nous défendons la liberté de la presse qui est un des huit points de la culture de la paix dont nous faisons la promotion car pour nous, il n’y a pas de paix sans liberté de la presse. La Marseillaise est attaquée injustement quand on voit que Le Monde n’a pas été attaqué pour les mêmes informations. Pourquoi ? L’atmosphère est très particulière avec une banalisation de la haine. »

    Romane Massip MJCF 13

    « On est là pour soutenir La Marseillaise poursuivie en justice pour avoir simplement bien fait son travail. On sait que les élus d’extrême droite vont être à l’offensive que ce soit contre nos médias qui se positionnent à gauche ou contre les élus de gauche qui vont venir porter des politiques sociales. On ne laissera pas faire. »

    Patrice Kantarjian Comité régional CGT

    « C’est symptomatique de la période. On sait que les paroles de progrès qui n’entrent pas dans l’idéologie dominante seront contestées voire réprimées. C’est ce qui a été révélé par la presse progressiste justement avec le plan Sterin. On est peut-être dans ça et c’est bien que La Marseillaise incarne cet esprit de résistance qui donne voix aux travailleurs. »

  • À Marseille, les motards sur les routes pour traquer les nids-de-poule

    À Marseille, les motards sur les routes pour traquer les nids-de-poule

    C’est désormais coutume du lundi de Pâques. Pour la 6e année consécutive, les deux-roues de la Fédération française des motards en colère (FFMC) se sont levés tôt pour aller déposer, dans les nids-de-poule paille, œufs et poule en plastique. L’objectif : attirer l’attention des pouvoirs publics sur la dégradation du réseau routier français.

    À Marseille, la dizaine de personnes mobilisée s’est donné rendez-vous au pied de la mairie centrale (2e), avant de prendre la route, en groupe et à moto, vers le boulevard Oddo (15e), une « rue abandonnée et dangereuse », d’après Eric Grégori, coordinateur de la FFMC des Bouches-du-Rhône. « On est passé de la 1ère place au niveau mondial en 2012, à la 18e place en 2019 pour l’état des routes, se désole le coordinateur, surnommé « Gus ». 0,5% des accidents sont dus à un problème technique sur nos engins. 30% à l’état des infrastructures et des rues. Ce qu’on demande, c’est un contrôle technique des routes et des rues. »

    Car, d’après les motards mobilisés, les trous se rebouchent, mais « mal » ou, en tout cas, « pas de façon durable ». Il suggère donc la mise en place d’une instance de contrôle des réparations. En observateur sur le boulevard Oddo, un riverain confie son défaitisme : « Le problème, c’est que cette action ne marche pas, personne ne les écoute. » « Ça n’avance pas comme ça devrait, reconnaît Eric Grégori. À Aubagne, ça a mieux fonctionné, la mairie nous a écoutés. Ici, il faudrait qu’on soit plus nombreux à se mobiliser ».

  • Vaucluse : un beau succès pour Reporters en Herbe

    Vaucluse : un beau succès pour Reporters en Herbe

    Parmi les dix-huit classes et plus d’une centaine de collégiens ayant participé à cette nouvelle édition du concours journalistique Reporters en Herbe, c’est la classe de 5e option provençal du collège André-Malraux de Mazan qui l’emporte.

    Grâce à un financement du conseil départemental, les élèves auront l’occasion de visiter les studios de France 3 à Marseille afin de découvrir les coulisses de la fabrication d’un journal télévisé. Ont aussi été récompensées des classes du collège Champfleury à Avignon, du collège Jules-Verne au Pontet et un prix coup de cœur pour une classe Ulis du collège Arausio.