Category: societe

  • [Quoi de neuf] « Le parcours judiciaire, c’est le parcours du combattant »

    [Quoi de neuf] « Le parcours judiciaire, c’est le parcours du combattant »

    Oriane Castan : France Victimes 34 est une association d’information et d’aide aux personnes victimes. Dans quel domaine se situent ces personnes victimes et comment se traduisent ces deux pôles, informer et accompagner ?

    Roselyne Leplant-Duplouy : L’information est destinée au grand public mais aussi à tous les professionnels avec qui nous travaillons et qui ne sont pas forcément du milieu judiciaire. Nous travaillons bien évidemment de façon très étroite avec les représentants du Parquet, les avocats, tous les services qui interviennent dans le cadre des procédures judiciaires mais aussi les hôpitaux, les autres associations et avec tous ceux qui peuvent nous aider à être en bonne connaissance des difficultés que rencontrent les victimes.

    Olivier Nottale : Des psychologues aussi ?

    Roselyne Leplant-Duplouy : Oui, des psychologues, des travailleurs sociaux. C’est toujours très compliqué de parler d’une association qui intervient dans des procédures judiciaires, des parcours judiciaires. J’utilise un langage qui n’est pas toujours compris du grand public. Je discutais récemment avec quelqu’un et on parlait des classements sans suite. Moi je sais précisément de quoi il retourne mais dans le grand public, à moins d’avoir été soi-même concerné, on ne connaît pas les définitions.

    Oriane Castan : Pour bien comprendre, concrètement, c’est quoi le parcours « type » d’une personne victime ?

    Roselyne Leplant-Duplouy : Vous êtes, Madame, Monsieur, victime d’un vol de carte bleue, d’une agression ou d’insultes dans les transports, de harcèlement sur la voie publique ou, plus grave, d’une atteinte à la personne. En principe, on intervient à partir de la plainte et le temps de la procédure judiciaire.

    Oriane Castan : Votre accompagnement se fait de manière automatique ou la personne doit en faire la demande ?

    Roselyne Leplant-Duplouy :

    On ne travaille jamais sans que la personne victime nous donne son accord, évidemment. Il nous arrive d’aller au devant, d’être proactifs. Les services de police et de gendarmerie ont tout un protocole qui induit une orientation vers France Victimes pour toutes les plaintes, quelle qu’en soit la nature. Dans ce cas de figure là, quand on a la saisine, c’est-à-dire le signalement par les services de police, de gendarmerie, voire les juges d’instruction, on contacte la personne victime et on lui propose nos services. Il n’y a pas de contraintes. La justice ne contraint pas à être accompagné par France Victimes. Il faut vraiment qu’il y ait une adhésion. Cela ne pose aucun problème dans 90% des cas.

    Olivier Nottale : La personne est rassurée de trouver une oreille attentive ?

    Roselyne Leplant-Duplouy : Oui, une oreille attentive et des professionnels qui vont lui expliquer quel va être son parcours. Car le parcours judiciaire, c’est le parcours du combattant.

    Oriane Castan : Comment
    ce parcours se traduit-il
     ?

    Roselyne Leplant-Duplouy : La plupart des associations du réseau national de France Victimes – nous sommes 130 associations sur le territoire, en métropole et outremer – nous avons des juristes formés en droit pénal et des psychologues formés en victimologie. C’est l’équipe de base. Après, il y a le volet social dont on s’occupe avec notre partenaire, le Département [de l’Hérault] qui depuis de nombreuses a engagé des fonds pour mettre à disposition des commissariats et des gendarmeries des assistants du service social. Ils sont spécifiquement là pour compléter notre travail.

    Oriane Castan : Si vous n’intervenez pas pour accompagner ces personnes victimes qui le fait ?

    Roselyne Leplant-Duplouy : Personne. Les avocats font leur travail. Après on a tout un réseau d’associations partenaires et de services qui nous connaissent. On peut venir taper à notre porte quelle que soit l’étape du parcours judiciaire.

    Olivier Nottale : Les personnes victimes se trouvent confronter à un mur, celui de la justice…

    Roselyne Leplant-Duplouy : Oui, vous avez complètement raison. On n’est pas là pour minimiser la nature de l’infraction. Un vol de carte bleue, par exemple, je vais savoir quoi faire. Mais un vol de carte bleue chez une personne qui est fragilisée sur le plan social, psychologique ou voire en situation de handicap ou âgée, peut représenter un traumatisme. Tout le monde peut être victime à un moment de sa vie, potentiellement.

    Olivier Nottale : Il y a la question du temps de la justice, des moyens mis à disposition…

    Roselyne Leplant-Duplouy : La France a un des dispositifs sociaux, dans son ensemble, qui ne ressemble à aucun autre pays en Europe. On a des choses très structurées depuis des lustres qui ont besoin d’être mises au goût du jour. On a un système judiciaire très structuré et, en même temps, ces rouages font que, lorsque l’on fait remonter, cela prend du temps.

    Les choses sont faîtes très sérieusement en matière judiciaire, je le dis haut et fort parce qu’il y a des discours en ce moment. Il faut avoir les moyens et se focaliser sur ce que l’on peut améliorer.

  • Une unité pour les détenus atteints de troubles psy à Béziers

    Une unité pour les détenus atteints de troubles psy à Béziers

    « La prise en charge des détenus présentant un trouble psychiatrique est une grosse problématique aujourd’hui dans nos établissements pénitentiaires », assure David Parmentier, secrétaire de l’Ufap Unsa-justice du centre pénitentiaire de Béziers. Aussi, l’annonce faite par Gérald Darmanin, en déplacement à Béziers le 4 juin, de la création prochaine, aux abords directs de l’établissement biterrois, d’une unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) de 40 lits destinée à accueillir des détenus souffrant de troubles psychiatriques, est « une bonne nouvelle », admet David Parmentier. Un projet pour lequel le ministre de la Justice a annoncé une enveloppe de 32 millions d’euros.

    Toutefois, « on est encore loin du compte », nuance le responsable syndical. « On avait déjà, en Occitanie, une UHSA de 40 lits basée à Toulouse. Avec celle qui va voir le jour à Béziers, dont la vocation sera là aussi régionale, on monte à 80 lits pour toute la région. Or l’Occitanie, c’est 7 400 détenus, dont environ 30% (soit près de 3 000) souffrent de troubles psychiatriques. Donc ces 80 places ont certes le mérite d’exister, mais ça reste très insuffisant », estime le représentant de l’Ufap Unsa Justice.

    « Aucunement leur place en centre pénitentiaire »

    « Il faut imaginer la cohabitation, au sein d’une cellule, avec un détenu schizophrène qui a des hallucinations toute la journée ! Quant à nous, personnels pénitentiaires, nous ne sommes pas formés à la gestion au quotidien de ces détenus qui demandent beaucoup d’attention et dont on ne sait jamais comment ils vont réagir, sachant qu’on est dans un contexte de surpopulation doublée d’un manque d’effectifs de plus en plus important », insiste David Parmentier. « On ne peut malheureusement apporter aucune réponse structurelle et sérieuse face à ces détenus qui, pour beaucoup, n’ont aucunement leur place au sein d’un établissement pénitentiaire », considère le responsable syndical. « En échangeant avec des professionnels de santé, on s’aperçoit que la psychiatrie est également le parent pauvre de la médecine… Comme on ne sait pas où mettre ces gens, on les met en prison », déplore-t-il.

    Les agents pénitentiaires ont également échangé avec le ministre au sujet de la surpopulation carcérale (193% de taux d’occupation à Béziers, avec 190 matelas au sol dans le quartier maisons d’arrêt) et du manque d’effectifs. Si Gérald Darmanin a annoncé l’arrivée de 17 nouveaux agents sur le site en septembre, « il ne s’agit pas de la création de 17 postes », précise David Parmentier. « Ces 17 arrivées se feront dans le cadre de mutations qui viendront compenser une quinzaine de départs à la retraite. On va donc se retrouver, à quelque chose près, dans une situation identique. »

  • La commune de La Grand-Combe fête ses 180 ans

    La commune de La Grand-Combe fête ses 180 ans

    Dans le Gard, il existe deux types de communes : celles construites au Moyen-Âge et d’autres créées au XIXe siècle pour accompagner l’essor industriel. C’est le cas de La Grand-Combe, au nord d’Alès, dont l’histoire de la commune est intimement liée à l’exploitation du charbon.

    « La ville a été créée en 1846 sur ordonnance royale pour répondre aux exigences de la compagnie des mines de la Grand-Combe pour mieux développer les concessions », raconte Patrick Malavieille, l’ancien maire de la commune. « Dans ce récit il y a tout : l’épopée industrielle, l’épopée technologique avec la première ligne de chemin de fer dans le Gard entre La Grand-Combe et Beaucaire, toutes les périodes historiques marquantes avec la guerre de 14-18 avec plus de 500 mineurs qui troquent le pic et la lampe pour le fusil et le casque puis les conquêtes sociales de 1936 et la résistance et la libération. C’est une ville qui a aussi toujours accueilli les populations et qui a toujours été solidaire. »

    Une journée d’animations le 21 juin

    L’anniversaire de la commune avait jusqu’ici été célébré pour le centenaire en 1946 et en 1996 pour le 150e anniversaire. Pour le 180e, la municipalité propose donc à la population grand-combienne et des villages alentour de venir célébrer ces 180 ans d’histoire autour d’animations 100% gratuites. Ainsi, le 21 juin, la commune accueillera toute la journée, place Jean-Jaurès, un marché artisanal et des producteurs locaux, une exposition et des démonstrations de métiers anciens et un village pour les enfants avec jeux en bois, jeux gonflables et manèges.

    Une « balade patrimoniale » autour du Puits Ricard et une visite de la Maison du mineur seront organisées à 9h30. Un défilé historique, avec habits d’époque, voitures anciennes et fanfare partira à 11h de l’espace Frida-Kahlo et permettra de retracer les périodes marquantes de la ville. La cérémonie officielle du 180e anniversaire se déroulera à 11h30 avec discours officiels avant un rassemblement place Jean Jaurès pour un « grand pique-nique citoyen ». Un lâcher de 180 pigeons voyageurs sera organisé au même moment par le conseil municipal des jeunes. L’historien Laurent Aiglon, qui collabore à la Maison du mineur, livrera ensuite une conférence sur le passé minier à 16h. La journée se clôturera sur la projection de films et de photos de la commune et de ses habitants sur grand écran sur le parvis de l’église, de 19h à 21h, suivi d’un bal populaire jusqu’à 23h30 sur la place Jean-Jaurès.

    « Nous voulons que les Grand-Combiens soient fiers de leur passé et de leur ville, mais avec une perspective d’avenir et de défis à relever. On veut vraiment se servir de cette histoire assez exceptionnelle pour créer les conditions pour aller de l’avant. L’idée c’est de donner de la force avec le passé pour envisager l’avenir », conclut le conseiller départemental Patrick Malavieille.

  • À Monclar, habitants et commerçants fulminent

    À Monclar, habitants et commerçants fulminent

    Jour de marché dans le quartier de Monclar, à Avignon. Mais aucun bus, pourtant habituellement nombreux, notamment avec le C2 à haut niveau de service qui dessert l’hôpital, ne se présente. En effet, depuis quelques jours, le réseau Orizo a décidé de ne plus desservir une vingtaine d’arrêts dans le secteur, à la suite d’une fusillade liée au trafic de stupéfiants survenue le 8 juin. La cinquième depuis le début de l’année dans le quartier.

    « Moins de monde »

    À près d’un kilomètre à la ronde, aucun arrêt n’est desservi par le réseau de transport en commun. « C’est très fatigant sous cette chaleur. J’ai marché pendant 30 minutes, alors que ça me prend 5 minutes quand il y a des bus », glisse Eliette, retraitée, en partance d’un rendez-vous bihebdomadaire. « Je pense surtout à mon fils qui passe le bac. Il prend le vélo de son père, mais il aurait été bien plus tranquille en bus comme d’habitude », ajoute Nélisse en achetant ses tomates sous l’ombrière.

    « Aujourd’hui, c’est mort et je pense que c’est à cause de l’absence de bus », regrette Ahmed, vendeur de bricoles sur le marché, à quelques mètres de l’arrêt de bus Monclar. Habitant lui-même à Villeneuve, il assure que, ces dernières semaines, les « affaires marchent bien », lui qui arpente les marchés du coin. Mais que cette journée était particulièrement calme malgré la forte fréquentation des habitants. Même constat du côté de l’une de ses voisines, Mathilde, maraîchère. « On a l’impression qu’il y a moins de monde, mais on garde une bonne base », confie-t-elle entre deux pesées.

    En face des stands et des arrêts de bus déserts, une vingtaine de clients sont attablés à la terrasse de l’Arôma Café, établissement où se trouvait la personne blessée par quatre balles en fin d’après-midi, il y a désormais une dizaine de jours. « Cela nous inquiète, mais il faut continuer à vivre », glisse discrètement Kader après avoir terminé son jus de fruit avec son fils, tout en regrettant « qu’on doive faire plus d’efforts que d’autres pour sortir du quartier, car les chauffeurs ne veulent pas venir ».

  • Les Amis de La Marseillaise vous ouvrent les portes du journal

    Les Amis de La Marseillaise vous ouvrent les portes du journal

    Serge Baroni, président des Amis de La Marseillaise et Pierre Pradel, trésorier de l’association étaient tout sourire ce mardi « aux rotatives de La Marseillaise », l’espace qui accueille désormais de nombreux événements publics. « Nous avons décidé de faire partager au plus grand nombre les locaux rénovés et la toile de Pierre Ambrogiani dont les Amis de La Marseillaise ont financé la restauration », explique Serge Baroni lors de la première matinée portes ouvertes initiée par son association.

    L’occasion de dialoguer autour des activités des Amis de La Marseillaise.

    Pierrette Forest fait partie des lecteurs qui ont répondu à l’appel. Impressionnée par la toile monumentale représentant les ouvriers du livre de La Marseillaise. Une œuvre trône désormais au cœur de la rédaction. Ravie d’avoir pu la contempler à l’œil nu, elle souligne ses couleurs éclatantes.

    Les Amis de La Marseillaise l’ont déclinée sous forme d’affiches, de cartes postales ou encore de sacs en toile pour soutenir le développement de notre journal. De quoi garder un souvenir de la visite ou faire plaisir à un proche.

    Ils vous donnent à nouveau rendez-vous dans ces lieux chargés d’histoire ces mercredi et jeudi matin.

    Mercredi 17 et jeudi 18 juin de 9h à 12h. Place du journal La Marseillaise, 15 cours d’Estienne d’Orves Marseille (1er).

  • Des archives du XVIIe retrouvées dans les Hautes-Alpes

    Des archives du XVIIe retrouvées dans les Hautes-Alpes

    C’est dans une ancienne maison de notaire, sur la commune de Château-Ville-Vieille, que Pierre Fabry, directeur des Archives, et Marc Cambray, chargé des archives des communes, alertés par la mairie, ont découvert ce qui constitue, pour leur profession, une sorte de graal.

    La découverte a eu lieu au printemps 2025 : 30 mètres linéaires de documents ont été extraits de vieux coffres en peau de sanglier et de registres en cuir. Les précieux documents, datant du XVIIe au XIXe siècle, sont des minutiers de notaires, c’est-à-dire les originaux d’actes notariés ou de jugements qui doivent être conservés par le notaire. « Tout était entreposé dans un local technique de la ville, entre un transformateur et des panneaux de signalisation », indique Christine David, relieuse et restauratrice. Les minutiers ont été dépoussiérés et décontaminés feuille par feuille avant d’être transférés aux archives départementales.

    « Un travail de fourmis »

    Christine David et Aurélie Laporte, en charge des fonds d’État et des registres notariaux, ont effectué un premier classement des registres par noms ou par communes. Une trentaine de juristes différents ressortent, sur trois à quatre générations, voire plus. Le but, à terme, est de rendre ces archives consultables au public. Mais pour cela, reste à affiner ce classement. « Un travail de fourmis qui pourrait prendre plusieurs mois », selon le service culture du Département.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les combattants précaires aidés

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les combattants précaires aidés

    « Mieux repérer et accompagner les anciens combattants en situation de grande précarité » : tel est l’objectif de la convention signée, mardi, entre la préfète, l’Office national des combattants et des victimes de guerre (ONaCVG) et la Protection civile. Cette convention crée un dispositif de détection et d’orientation pour repérer les situations de précarité et de détresse chez les anciens combattants. C’est « une première nationale », selon la préfecture.

    « Les bénévoles de la Protection civile, présents sur le terrain lors des maraudes, pourront repérer et signaler à l’ONaCVG toute personne susceptible d’être ressortissante de l’Office afin qu’elle soit identifiée, contactée et accompagnée dans ses démarches », explique la préfecture. De son côté, l’ONaCVG pourra alerter la Protection civile de la situation d’un ressortissant sans abri afin qu’une maraude soit organisée.

    « Ce que le service public doit être »

    « En associant l’ONaCVG et la Protection civile autour des anciens combattants les plus précaires, nous créons une chaîne de vigilance. La reconnaissance de la Nation se voit traduite en actes, en présence et en humanité concrète. C’est ce que le service public doit toujours être : discret, patient, obstinément tourné vers les autres », avance la préfecture.

    Le département compte près de 5 000 ressortissants de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre : combattants de toutes générations du feu, blessés, invalides, harkis, veuves, orphelins ou encore victimes d’actes de terrorisme. « Derrière chaque dossier, il y a une vie, derrière chaque demande, il y a une dignité à préserver », souligne la préfecture.

    La préfète Isabelle Tomatis, la directrice générale de l’ONaCVG Marie-Christine Verdier-Jouclas et le président de la Protection civile 04 Samuel Juestz d’Ynglemare ont signé la convention à l’occasion du conseil départemental des anciens combattants, mardi.

  • Un nouveau lieu d’accueil en commun pour la jeunesse à Avignon

    Un nouveau lieu d’accueil en commun pour la jeunesse à Avignon

    La porte des possibles. Depuis six mois, l’association les Petits Débrouillards et le point accueil écoute jeunes (PAEJ) du Planning familial ne sont séparés que par cette porte communicante. Les deux structures sont en effet en colocation, sur 200 m2, au 3e étage de l’immeuble le Vinci, et ont inauguré leurs locaux ce mardi. Le bâtiment, place Farnèse sur la Rocade, y abrite déjà la Mission locale et le Planning familial. Un même lieu, aux missions différentes, mais tourné vers l’émancipation de la jeunesse.

    « Chacun déménage dans un contexte différent, décrit Sonia McComarck, écoutante et coordinatrice du Paej. Nous étions dans un local à la Barbière devenu trop étroit et insécurisant pour tout le monde. » Le quartier a connu plusieurs épisodes de violence, difficilement tenables surtout quand on œuvre en rez-de-chaussée. Qui plus est, « le lieu manquait de confidentialité, ici le site est bien plus anonyme, on ne peut pas deviner où se rend le jeune quand il entre dans le bâtiment », poursuit Sonia McCormack.

    Un accueil anonyme et gratuit pour les 12-25 ans

    Côté Petits Débrouillards, l’association de médiation scientifique, présente en Vaucluse depuis 25 ans, était aussi à l’étroit dans ses locaux à quelques encablures de là. « Au départ, on était même voisin du Planning familial qui était dans l’appartement à côté avant de venir ici, on a déjà travaillé ensemble sur les questions d’éducation à la sexualité où on a apporté des outils interactifs », décrit Solène Merer, directrice régionale des Petits Débrouillards.

    Si pour l’heure, les deux structures colocataires finissent de prendre leurs marques, « tout est à construire », selon la coordinatrice du Paej, « l’idée est d’avoir des projets communs autour de la jeunesse et l’égalité femmes-hommes », abonde Solène Merer. « Dans un contexte de fragilité accrue de la jeunesse, cet accueil est indispensable », loue Suzanne Bouchet, vice-présidente (DVD) en charge de l’enfance et des solidarités. « Il y a un constat partagé autour de l’isolement, de la précarité et de l’accès aux droits de la jeunesse, le Paej a depuis cinq ans trouvé son public », abonde Anne-Lise Nadaud, présidente du Planning familial 84. Créé en 2021, le Paej accompagne quelque 130 jeunes individuellement par an et plus de 2 000 lors d’initiatives collectives comme des forums. « On s’adresse aux 12-25 ans de manière généraliste, gratuite et anonyme, pour un soutien social ou psychologique et de médiation en santé, expose Sonia McCormick. On est l’un des rares lieux désinstitutionnalisés qui offre une pause. »

  • Cette entreprise adaptée varoise veut grandir et recruter malgré le manque de locaux

    Cette entreprise adaptée varoise veut grandir et recruter malgré le manque de locaux

    Trouver un nouveau local : telle est aujourd’hui la priorité de CVSI-EA à Cuers. Installée depuis 2017 dans la commune, cette entreprise adaptée, spécialisée dans la signalétique industrielle, souhaite développer son activité. Un projet toutefois freiné par la difficulté à trouver un bâtiment adapté à ses besoins.

    « ça fait six mois que je cherche un local, explique Franck Raymond, président de CVSI-EA. On a besoin de bâtiments climatisés. On peut produire sur des plages de température entre 18°C et 22°C. Il faudrait multiplier par deux notre espace actuel, avec une zone de stockage. Mais ça, dans le Var, c’est très compliqué à trouver. »

    Pour mettre en lumière cette entreprise de l’économie sociale et solidaire (ESS), Denis Philippe, président de la Chambre régionale des entreprises de l’ESS Provence-Alpes-Côte d’Azur (Cress Sud), a organisé, ce mardi, une visite de presse du site cuersois. « Le rôle de la Chambre régionale, c’est de mettre cette entreprise en visibilité », rappelle-t-il.

    Insertion et performance économique

    Le site de Cuers est le plus récent des trois établissements du groupe. Dans cet atelier de 260 m², six salariés fabriquent panneaux, enseignes, marquages et supports de signalétique pour de grands groupes comme EDF, la Société générale, Groupama ou encore la RATP. « On est les seuls en France à faire de la signalétique notre seul métier », souligne Franck Raymond.

    La particularité de CVSI-EA réside aussi dans son modèle social. Environ 75% des salariés sont en situation de handicap. Pour le dirigeant, l’objectif est avant tout de permettre à ces travailleurs de retrouver leur place dans l’emploi. « Le premier handicap de ces personnes qui ont été écartées de l’emploi, c’est le manque de confiance », estime-t-il.

    Un modèle salué par Denis Philippe. « Il faut que l’entreprise soit performante, mais aussi permettre à des gens d’avoir une existence sociale, souligne le président de la Cress Sud. Permettre à ceux qui pourraient être marginalisés de continuer à mener une vie normale. »

    Aujourd’hui, CVSI-EA envisage l’acquisition d’une nouvelle machine estimée à 500 000 euros. Un investissement qui pourrait permettre à terme de porter les effectifs locaux à 40 ou 50 salariés. « On est capable de se payer la machine », assure Franck Raymond. Reste désormais à trouver le bâtiment qui permettra à l’entreprise de poursuivre son développement dans le Var.

  • À Martigues, le nouveau collège Pagnol inaugure le pôle éducatif nord

    À Martigues, le nouveau collège Pagnol inaugure le pôle éducatif nord

    Le voile tombe et Marcel Pagnol apparaît, en habits d’académicien. Ça y est : le nouveau collège Pagnol de Martigues est inauguré, mardi matin, après trois ans de travaux. Les élèves et leurs professeurs ont déjà pris possession des lieux depuis le 2 mars.

    « Je suis fier que ce collège porte le nom de mon grand-père, même si je n’y suis pour rien », réagit Nicolas Pagnol, tout sourire, devant l’assemblée, espérant « que son œuvre sera encore enseignée aux jeunes ». Les quatre élèves de 5e qui ont récité un extrait de la scène de chasse dans la garrigue de La gloire de mon père le démontrent, introduits par le solo de hautbois de leur professeure reprenant le thème du film « Jean De Florette ». « C’est la transmission de beaux sentiments, l’amitié, le travail et la famille », conclut Nicolas Pagnol.

    Le maire (PCF), Gaby Charroux, ne manque pas de reconnaître le « talent » des élèves, parlant d’une « magnifique réalisation » pour désigner le lieu. Un « investissement dans l’avenir » de 34 millions d’euros souligné par la conseillère départementale (Ren.) Laurence Angeletti, issu du plan Charlemagne de modernisation des collèges.

    « Collège du XXIe siècle »

    Chacun prend ses marques dans ce nouveau complexe, dont la surface est presque double de celle de l’ancien site, avec des salles de cours lumineuses. De la cuisine moderne au self immaculé, en passant par le gymnase, le plateau sportif et la salle de travaux manuels équipée, l’établissement offre de vastes espaces de circulation dans ses couloirs gris béton. Il est également accessible aux personnes malvoyantes : chaque porte et panneau d’indication est traduit en braille.

    L’équipement sportif est particulièrement fourni, avec mur d’escalade, tables de ping-pong, archerie, ainsi que plusieurs terrains intérieurs et extérieurs, entourés d’une piste d’athlétisme de 200 m. « C’est la moitié de l’homologation en compétition, plus adapté pour les collégiens », fait remarquer Samir Dahmani, conseiller municipal (SE). « C’est presque un J”ulien-Olive” au collège ! », s’émerveille Valérie Baqué, adjointe (PCF).

    L’établissement est « conçu pour répondre aux exigences du XXIe siècle renchérit Gaby Charroux. Il est remarquable pour ses équipements, notamment sportifs et pour la Segpa » et par « la prise en compte des enjeux environnementaux ». Tant en termes de compensations que de construction. « L’établissement est moderne par sa conception bioclimatique et sa chaufferie bois, indique Laurence Angeletti. Il prépare à vivre dans un monde plus durable. » Les bancs et les tables de ping-pong en dur, dans la cour, sont en matériaux recyclés, d’après l’architecte.

    Un chantier qui donne le ton de l’évolution de ce nouveau quartier de la ville, au cœur du « pôle éducatif » relevé par l’édile.