Category: societe

  • Les lycéens lauréats du prix Elie-Kakou contre la grossophobie

    Les lycéens lauréats du prix Elie-Kakou contre la grossophobie

    Plus qu’un concours d’humour, le prix mobilise les lycéens contre les préjugés, par la création de sketchs en hommage à Élie Kakou, figure marseillaise emblématique connue et reconnue pour ses imitations. Cette année, le thème exploré était « la grossophobie ». Deux lycées professionnels se sont fait face dans cette finale : le lycée Charlotte-Grawitz (13e) et le lycée Jacques-Dolle d’Antibes. Les élèves ont su relever le défi en proposant l’imitation d’une modèle Victoria Secret en surpoids, le portrait d’une tante un peu trop proche du buffet et une visite médicale quelque peu décalée. Un spectacle scruté par un jury composé de Jean-Michel Jisphan, neveu d’Élie Kakou, Virginie Foucault, productrice, Emmanuel Fell de Ladurance, directeur artistique, auteur et metteur en scène de Dans la cour des grands et David Galtier, conseiller régional. Le lycée marseillais a finalement remporté la première place et un chèque de 1 500 euros destiné à des cours de théâtre et un prix personnellement remis par Brigitte Kakou, la sœur de la légende de l’humour. Pour Kyllian, grand gagnant du prix : « La grossophobie est devenue banale. Faire passer cette sensibilisation sur le ton de l’humour ça peut faire passer un message plus impactant que des rappels éducatifs et sérieux », estime-t-il.

    Rire pour comprendre

    Au-delà du rire, c’est le message d’Élie Kakou qui résonne. L’humoriste qui influence aujourd’hui encore les plus grands du métier savait imiter le Beauf, le Kabyle ou le Marseillais. Des figures du quotidien, souvent issues de l’immigration, qu’il incarnait avec une tendresse désarmante plutôt qu’une moquerie blessante. Pour Lionel Stora, président régional du Fonds social juif unifié : « On ne se rappelle pas de sa taille, de sa tête ou de ses origines. On se rappelle qu’il cultivait le goût des autres. » Un héritage que Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région, résume ainsi : « Il incarnait une manière de voir la société en tant que juif, pied noir, tunisien. Il faisait rire la France entière avec son humour fin, pas toujours décalé et bien adapté. L’utiliser comme exemple pour la jeunesse, c’est leur montrer que l’humour permet de se faire écouter, comprendre, accepter et permet de lutter contre l’intolérance. » C’est précisément cette direction artistique qu’Amine Othmani, professeur au lycée Jacques-Dolle, a transmise à ses élèves : « Ils ne connaissaient pas Élie Kakou. Alors que moi c’était toute mon enfance. Donc, on a essayé de comprendre ses personnages, comme madame Sarfati : un cliché qui cachait une morale. » Lionel Stora a conclu solennellement, en s’adressant aux jeunes : « Vous avez le choix de répéter les préjugés ou de prendre du recul, les comprendre et d’éviter d’être perméable aux clichés. » Les protagonistes de ce prix auront la lourde tâche de décliner les thématiques en lien direct avec le harcèlement scolaire, au fil des éditions.

  • Une collecte de sang sur le Vieux-Port avant la saison

    Une collecte de sang sur le Vieux-Port avant la saison

    Le chapiteau de la collecte du sang vient d’ouvrir depuis une heure ce lundi ensoleillé et déjà les premiers donneurs affluent sur le Vieux-Port. Environ 900 donneurs sont attendus sur l’ensemble de la semaine. Sur place, le professeur Jacques Chiaroni, ancien directeur de l’Établissement français du sang Paca-Corse et spécialiste des groupes sanguins rares, explique les attentes spécifiques pour cette collecte : « Le secteur Paca-Corse n’est pas autosuffisant en poches de sang pour les transfusions. En période de pré-vacances d’été, le risque de pénurie est plus élevé, lié au tourisme dans la région. Grâce à cette collecte, nous allons réalimenter notre stock. » Marseille et Paris sont les seules villes-réserves de sang en France, avec respectivement environ 1 800 et 8 000 poches pour alimenter les différents secteurs.

    « La dimension quantitative est tout aussi importante que la dimension qualitative », continue le professeur Chiaroni. « En effet, il existe 400 groupes sanguins dans le monde. Cela ne se limite pas au système “ABO”, qui représente la surface des globules rouges. La médecine française manque de sangs rares, principalement de populations d’ancestralité africaine. »

    Des donneurs rares attendus

    Le spécialiste explique l’importance des donneurs d’origine africaine dans les collectes. « Des antigènes spécifiques existent en Afrique, le berceau de l’humanité. C’est là que l’on trouve le plus de groupes sanguins différents. Il existe notamment le système Duffy, qui s’est développé dans le sang des populations subsahariennes contre le paludisme. » Un système sanguin que l’on retrouve chez la quasi-totalité des personnes originaires d’Afrique, mais presque inexistant en dehors. « C’est pour cela que les événements de collecte sont importants. Ils attirent des populations moins informées sur le don du sang, mais ces dons sont nécessaires pour la médecine. » Le professeur souligne l’importance de la communication dans des médias faisant le lien avec le continent, mais aussi dans des lieux locaux comme les mosquées.

    Outre ces sangs rares, les donneurs jeunes sont aussi attendus durant la semaine. Il est possible de donner son sang dès 18 ans, jusqu’à la veille de son 71e anniversaire et si l’on pèse plus de 50 kilos. « Notre intérêt est de sensibiliser les futures générations de donneurs », explique le spécialiste. Le parcours de don au chapiteau dure une heure au total. D’abord, les donneurs remplissent un formulaire. Ils réalisent ensuite un entretien avec une infirmière pour déterminer s’ils sont aptes à donner leur sang. Dans la majorité des cas, il n’y a pas de contre-indications et, si tel est le cas, « elles peuvent être liées à des maladies récentes, à des prises d’antibiotiques et sont souvent temporaires », précise le professeur Chiaroni. Le don de sang dure une dizaine de minutes. « Le corps humain contient 5 litres de sang. Lors d’un don, on prélève entre 350 et 450 millilitres. » Le conseil du spécialiste : « Ne pas venir à jeun ! ».

    Chapiteau de l’Établissement français du sang, sur le Vieux-Port, ouvert jusqu’au vendredi 15 mai de 13h à 18h30 et le samedi 16 mai de 11h30 à 17h.

  • La Banque alimentaire tire la sonnette d’alarme

    La Banque alimentaire tire la sonnette d’alarme

    Initialement prévue en novembre, la collecte de la Banque alimentaire des Bouches-du-Rhône fait son retour les vendredi 29 et samedi 30 mai pour une session différente, puisque le réseau lance un signal d’alerte avec un cruel besoin de ressources, afin de pouvoir remplir les stocks pour les prochains mois. « On traverse des moments très difficiles, on a un stock de sécurité de 600 tonnes qui s’effrite avec un risque de pénurie pour le mois de juillet », explique Joseph Arakel, président de la Banque alimentaire 13.

    La demande s’accroît

    Le probable risque de pénurie que pourrait connaître la Banque alimentaire 13 s’explique par des demandes qui augmentent jour après jour : « En 2019, nous avons 300 étudiants dans le besoin, aujourd’hui on en a plus de 3 000. Il y a 110 000 personnes qui dépendent de la Banque alimentaire, dont 70% sur Marseille », déclare-t-il. De plus, les donateurs donnent moins et les grandes surfaces ne sont plus aussi présentes qu’auparavant, ce qui explique l’annonce d’une collecte qui arrive comme une bouée de sauvetage. Depuis plus de quarante ans, le réseau compte plus de 79 banques dans tout le pays. C’est une grande institution qui traverse une période plus que délicate. Les jours avancent et le risque de ne plus pouvoir aider les personnes dans le besoin se ressent de plus en plus. « Que tout le monde prenne conscience que la Banque alimentaire a une mission : donner des denrées à des associations qui vont les donner aux plus fragiles. Si aujourd’hui on n’a pas des denrées ou de l’argent, on ne pourra plus assumer notre mission », annonce Joseph Akarel. Face au manque de ressources, la Banque alimentaire recherche 1 000 bénévoles pour accueillir, sensibiliser et collecter le maximum de produits.

    La liste des magasins solidaires : ba.13.banquealimentaire.org

  • Le concours d’écriture « Voix de femmes » signe son retour

    Le concours d’écriture « Voix de femmes » signe son retour

    Rassembler les femmes face à la montée des masculinismes » et promouvoir « la force poétique et créatrice des femmes » du pourtour méditerranéen : tel est le projet de l’association Forum Femmes Méditerranée (FFM), créée il y a 34 ans par Esther Fouchier.

    Trois jours avant l’inauguration de la saison Méditerranée, le 15 mai, à Marseille, l’association FFM lance une « saison off » dans le but de porter des sujets qui ne figureront pas au programme officiel. « Les questions relatives aux droits des femmes, à l’écriture et aux résistances en Méditerranée ne sont pas assez abordées et c’est pour cela que nous organisons la journée Voix de femmes autour de l’écriture de femmes de l’Algérie jusqu’à la Bulgarie », explique Esther Fouchier. Des débats, des lectures de poèmes et un concert sont prévus sur la journée. Basée à Marseille mais présente dans chaque pays du pourtour méditerranéen via un réseau composé de la société civile locale, l’association avait lancé un concours de nouvelles annuel pour promouvoir des « textes poignants à vocation universelle ».

    « Le salon littéraire a été organisé sans aucune aide, nous avons dû économiser pour relancer ce concours de poésie, en espérant avoir la force de le poursuivre », confie la présidente du FFM avant d’ajouter : « On ne peut plus tout faire bénévolement. Nous n’avons pas pu inviter des écrivaines faute de budget. » Comme d’autres associations, le tarissement de subventions nationale et européenne se fait lourdement ressentir depuis 10 ans.

    Le salon littéraire « Voix de femmes », organisé par Forum Femmes Méditerranée, se tient le mardi 12 mai de 9h à 18h30 à la Maison des associations, 93 la Canebière (1er).

  • La façade du PCF 9e vandalisée par l’extrême droite

    La façade du PCF 9e vandalisée par l’extrême droite

    Les tags s’étendent sur toute la largeur de la façade, débordant même sur un logement riverain. Ce dimanche, les militants de la section PCF du 9e arrondissement ont découvert que leur local situé rue Ernest-Rouvier, dans le quartier de Mazargues, avait été vandalisé à l’occasion de ce week-end prolongé du 8-Mai.

    « Alors que pour la première fois le parti des héritiers de la Collaboration dirige notre secteur, la haine de l’extrême droite se libère toujours plus dans nos quartiers et vient s’en prendre à ses ennemis bien identifiés, celles et ceux qui portent les combats de la liberté, de l’égalité, de la dignité humaine et de l’émancipation », dénonce la section dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux ce lundi matin. Et de rappeler la temporalité de cette attaque : tandis que les tags traitent les militants de « bande de collabo », les militants communistes des 9e et 10e arrondissements avaient pour la première fois boycotté les commémorations du 8-Mai, refusant qu’elles soient présidées par la mairie de secteur RN (notre édition du 07/05), et avaient rendu hommage aux résistants communistes de leurs arrondissements morts pour la France. « Une plainte a été déposée et la préfecture a été alertée », précise également la section PCF.

    Le préfet interpellé

    « J’ai écrit ce jour au préfet pour lui signifier à la fois mon indignation et lui demander qu’une enquête puisse être ouverte et qu’on puisse trouver les coupables de ces dégradations, mais aussi pour redire notre détermination à lutter contre les fascismes et contre toutes les intimidations », indique de son côté le sénateur Jérémy Bacchi, secrétaire départemental de la fédération PCF des Bouches-du-Rhône, qui partage « une condamnation ferme de la fédération, une nouvelle fois ».

    « Non contents de s’attaquer aux communistes, ils s’attaquent à un symbole de la Résistance, Missak Manouchian », insiste le parlementaire, en évoquant la fresque qui orne la façade du local représentant le résistant arménien des Francs tireurs et partisans – Main d’œuvre immigré (FTP-MOI) entré au Panthéon, qui a été lacérée.

    Ce n’est pourtant pas la première fois que la section et la fresque qui orne la façade du local sont prises pour cible. En avril puis en novembre 2022, celle-ci avait déjà été dégradée avec des tags avec le symbole identitaire de la croix celtique proclamant que « le Sud est nationaliste ». Puis après sa restauration elle avait de nouveau été prise pour cible en novembre 2024, entraînant un dépôt de plainte de la fédération PCF (notre édition du 30/11/2024).

    « Ces intimidations fascistes répétées ne font que renforcer nos convictions et nos engagements, assurent cependant les militants communistes de la section. À l’heure où nombreux sont celles et ceux qui brouillent les repères et se compromettent avec les héritiers du camp pétainiste, jamais nous ne ferons un pas en arrière face à l’extrême droite. »

  • Pour la CGT, l’hôpital « n’est pas prêt » à une pandémie

    Pour la CGT, l’hôpital « n’est pas prêt » à une pandémie

    La ministre de la Santé Stéphanie Rist, a déclaré sur France Inter, que le pays était suffisamment équipé « en termes de masques » chirurgicaux et FFP2, « de tests » ou encore « de médicaments d’usage symptomatiques », en cas de potentielle propagation du virus.

    « Gestion d’entreprise »

    Une projection qui laisse Greg Fontaine, infirmier à la Timone (5e) et syndicaliste CGT dubitatif : « Il y a un manque de transparence sur les stocks. Nous n’avons pas les chiffres, mais j’en doute. Le projet de lois et de finances et celui des dépenses de l’assurance maladie ne prévoient que peu de budget pour les hôpitaux publics. »

    Les équipes soignantes de tous les hôpitaux après avoir été applaudies tous les soirs à 20h, pendant la période de la Covid ont vécu les plans d’économie successifs comme une véritable douche froide. Avec des conditions de travail toujours aussi difficiles voire encore plus, au prorata des difficultés de recrutement.

    Pour l’heure, « il n’est pas question de pandémie », insiste le syndicaliste. Mais si la situation venait à s’aggraver, « nous ne serions certainement pas prêts », cingle-t-il. Manque de personnel, mais aussi de matériel, le budget alloué aux hôpitaux publics « ne suit pas l’inflation, ce qui affaiblit les chances de guérison des patients », déplore-t-il.

    Depuis 2020, le taux de fermeture de lits ne fait qu’augmenter. Si bien, que pendant la pandémie de la Covid 19, « des soignants s’étaient mobilisés pour constituer des lits de réanimation », rappelle l’infirmier. Un manque d’équipements, qui résulte « d’une gestion d’entreprise de l’hôpital », dénonce-t-il. « L’État réduit les temps d’hospitalisation des malades pour ne pas avoir à augmenter les effectifs. Si rien n’est fait, nous ne serons pas prêts pour une éventuelle pandémie. »

  • À Marseille, une formation dédiée aux travailleuses du BTP dans le quartier de Gèze

    À Marseille, une formation dédiée aux travailleuses du BTP dans le quartier de Gèze

    Les femmes ne représentent que 12% des travailleurs du bâtiment en 2026. « Je voulais donner des outils à ces femmes pour se sentir mieux dans leur environnement de travail », indique Leila Mariaud, ancienne RH dans le bâtiment devenue cheffe d’entreprise dans la formation. Elle a vécu de près « certains comportements déplacés » de ses collègues. Elle a ainsi décidé, il y a deux ans, de lancer sa formation.

    Jeudi dernier, elle a réuni les onze femmes qu’elle a accompagnées durant toute la semaine pour un brunch. Les participantes sont chargées de travaux, RH, plombières, maçonnes… Dans une salle de réunion prêtée par l’entreprise Constructys pour la durée de la formation, les directeurs des différentes entreprises partenaires sont aussi présents. L’ambiance est conviviale, un moment pour faire le bilan de ces quatre premiers jours d’ateliers. Les femmes participantes à cette formation obligatoire témoignent globalement de bonnes relations avec leurs collègues masculins. Malgré tout, des échanges de groupe durant la semaine ont permis à certaines de prendre conscience de leurs biais.

    Faire ses preuves

    « Ma formation porte principalement sur les comportements à adopter face à des collègues ou des employeurs, détaille Leila Mariaud. Dans ce milieu, les femmes ont tendance à s’excuser avant une phrase, à s’effacer face à des hommes. Elles ne conscientisent pas forcément leur posture. Pourtant, cela affecte jusqu’à leur salaire. Par exemple, en entretien d’embauche, les femmes osent moins parler argent. »

    « Dans mon métier, la manière de parler est très directe, il faut s’habituer à ne pas être pris avec des pincettes », témoigne Amandine, 41 ans, ancienne RH dans le spectacle vivant reconvertie dans la maçonnerie du bâti ancien. « C’est une profession physique, j’ai dû faire mes preuves. Parfois, mes collègues hommes me proposaient de l’aide, je refusais, je voulais montrer que j’étais aussi forte qu’eux. » Elle confie ne pas avoir eu de mal à s’intégrer dans l’équipe, seulement « une blague sexiste en début d’apprentissage, mais je suis passée au-dessus, je n’ai pas réagi ».

    « On voudrait que cette formation soit un bon réflexe pour les entreprises majeures du secteur, espère Olivier Dehez, directeur de Geic Formation Méditerranée, partenaire du projet. Mais pour qu’elles y soient enclin, il faudra trouver un bon ratio de durée. »

    Les femmes interrogées s’accordent sur un point positif : leurs collègues plus jeunes ont moins de comportements problématiques à leur égard.

  • Contournement d’Arles, le président de la CCI interpelle l’État

    Contournement d’Arles, le président de la CCI interpelle l’État

    Le contournement d’Arles revient sur le devant de la scène. Après 25 ans d’instruction par les services de l’État, le projet a été désavoué par la commission de l’enquête publique, le 28 février dernier. Dans son avis défavorable au classement de l’ouvrage en autoroute, celle-ci pointe les incertitudes budgétaires ainsi que le report du trafic sur les voies secondaires. Pour éviter tout enlisement, les acteurs économiques du territoire interpellent l’État dans un courrier que Stéphane Paglia a adressé au ministre chargé des Transports, Philippe Tabarot.

    Le président de la CCI du Pays d’Arles appelle « à la saisine du Conseil d’État afin d’obtenir la déclaration d’utilité publique dans les délais légaux », pour ce projet qu’il estime être « d’intérêt national et européen », puisqu’il « contribuera au développement économique d’un territoire stratégique, à la croisée de l’axe rhodanien et de la zone industrialo-portuaire de Fos-Marseille », en assurant une « continuité autoroutière entre l’Italie et l’Espagne ».

    Concernant le dispositif de péage, envisagé en 2024 puis remis en cause car il pourrait engendrer un report de près de 10 000 véhicules par jour, dont 3 000 poids lourds, sur le réseau secondaire gratuit, il assure que « ces paramètres peuvent encore évoluer ».

    Pour Stéphane Paglia, « le renouvellement, dans les prochaines années, de plusieurs concessions autoroutières [telle qu’Escota, filiale de Vinci Autoroute, Ndlr] constitue pour l’État une véritable fenêtre d’opportunité : intégrer la réalisation du contournement autoroutier d’Arles dans un ensemble remis en concurrence, plutôt que d’en porter une concession autonome et isolée ». Une option qui permettrait, selon lui, de sécuriser « un montage financier robuste », d’inscrire l’infrastructure de 26 km dans une « logique de réseau » et de répartir « l’effort économique dans le temps, sans faire peser une charge excessive sur les usagers locaux ».

  • À Aubagne, une micro-ferme pour sensibiliser à la biodiversité

    À Aubagne, une micro-ferme pour sensibiliser à la biodiversité

    Une micro-ferme agroécologique et pédagogique, c’est le projet qu’a imaginé Florent Bonello, fondateur des Jouals. À travers cette ferme, une cueillette de fruits et de fleurs se réalise afin de sensibiliser et de faire découvrir la biodiversité locale dès le plus jeune âge. « Le but était de faire découvrir et d’enseigner l’agroécologie », explique Florent Bonello.

    Depuis son plus jeune âge, le natif de Marseille vit au contact de la nature. Après avoir obtenu son diplôme d’ingénieur en agroécologie, il a immédiatement imaginé un projet pédagogique autour de la biodiversité. Les visites auront lieu chaque samedi du mois de mai, de 14h à 16h. Pour le moment, elles se limiteront à la découverte du site, sans cueillette, les fruits et végétaux étant encore en pleine croissance.

    Un autre aspect important du projet concerne le financement. L’acte d’acquisition du terrain est en cours de finalisation et le fondateur des Jouals a lancé une campagne de parrainage, disponible jusqu’au 31 mai.

    Un appui majeur

    Les Agri’Culteurs, plateforme de financement spécialisée dans les projets agroécologiques, soutiennent le projet des Jouals. Pour financer les 657 arbres et arbustes, Florent Bonello a acté un partenariat avec la société qui a ouvert ses portes depuis plus d’un an maintenant. « Nous partons du principe que les agriculteurs ne peuvent pas porter seuls la charge de prendre soin de l’environnement », déclare Jeanne Bonnet, présidente de la plateforme les Agri’Culteurs. Une rencontre décisive pour Florent Bonello, qui a pleinement adhéré à la démarche. « Elle (Jeanne Bonnet) est venue directement sur le terrain et m’a orchestré un panel de médias avec des vidéos, des images et du son pour la communication des Jouals, c’était parfait », ajoute-t-il. Jeanne Bonnet complète : « Son idée de projet correspond totalement à nos valeurs. L’idée est de soutenir des agriculteurs engagés en allant les aider à trouver des financements. »

    À ce jour, 31 donateurs ont déjà contribué, et le projet continue de progresser. Florent Bonello espère voir ses végétaux pleinement développés d’ici septembre, tout en poursuivant son ambition pédagogique : « La sensibilisation par l’émerveillement, c’est la clé de la réussite. C’est même un spectacle pour les enfants », affirme-t-il.

    Campagne de parrainage sur le site lesarbri-culteurs.fr

  • Plein champ sur la culture des tomates sous serres

    Plein champ sur la culture des tomates sous serres

    Cela fait bien dix ans que Jean-Pierre Perez n’a pas mis les pieds dans la terre au boulot. Installé à la sortie de Saint-Rémy-de-Provence, cet agriculteur produit pourtant, sur 2,5 hectares, 800 tonnes de tomates par an, récoltées de mars à octobre. La raison ? Deux immenses serres de production hors-sol « high-tech », comme le reconnaît le producteur, 3e du nom au sein de cette société familiale créée par son grand-père dans les années 60. Treize variétés y poussent, sous l’œil de 40 salariés en période de récolte. « La tomate est le légume le plus consommé en France, 14 kg par an et par personne. Or, on importe une tomate sur deux contre encore une tomate sur trois avant-Covid, on a perdu 25% de souveraineté alimentaire », campe Jean-Pierre Perez, par ailleurs secrétaire adjoint de la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône.

    « Si on ne se modernise pas, on meurt »

    Son rendement permettrait de nourrir l’équivalent de six fois la population de Saint-Rémy ou les deux tiers des Avignonnais. S’il vend à quelques grossistes locaux, sa production est en immense majorité destinée aux grandes surfaces, « là où sont les débouchés puisque 72% des fruits et légumes en France y sont achetés », note Jean-Pierre Perez. Il fait partie de la coopérative AOPn tomates et concombres (association d’organisations de producteurs nationale), réunissant quelque 400 agriculteurs en France que l’on retrouve sous la marque Les Paysans de Rougeline. Ce qui n’empêche pourtant pas le gaspillage. « L’an dernier, 300 palettes de tomates cerises de notre coopérative ont été jetées par la grande distribution », déplore-t-il. La faute à un prix de vente trop élevé, « le système de grande distribution appliquant toujours du x2 entre prix d’achat et de vente ».

    Mais, si la filière cherche à communiquer aujourd’hui, c’est pour mettre en avant son nouveau label Serres d’avenir, vanté comme durable et respectueux de l’environnement. « On a été souvent dénigré, avec des reportages à charge d’Elise Lucet [Cash investigation], mais ça commence à aller mieux, je suis ambassadeur aussi auprès de la Région pour montrer aux jeunes notre travail », expose Jean-Pierre Perez. « Le Français veut son iPhone, sa voiture électrique, mais souhaite toujours un agriculteur avec son chapeau de paille et ses bottes en plastique. Or, si on ne se modernise pas, on meurt au sens figuré comme au sens propre. »

    Très standardisées, boostées à la technologie et supposées moins riches nutritivement, les tomates hors sol sont effectivement loin de l’image d’Épinal d’un légume façonné dans la terre, chouchouté par le paysan. « Venez goûter à l’aveugle, vous verrez ou pas les différences, ce qui compte, c’est la qualité de la graine, si elle est mauvaise et qu’elle pousse en terre, la tomate ne sera pas bonne », se défend Jean-Pierre Perez, qui ne « cherche pas la surproduction, mais la qualité ». « En plein champ, mon grand-père mettait 98 traitements par an, qui polluaient la santé et les sols, aujourd’hui, ça fait 8 ans que je n’ai pas mis de pesticides », se targue-t-il.

    4,5 millions d’euros d’investissements

    L’agriculteur agit en bio contrôle « avec des bébêtes gentilles qui mangent des bébêtes méchantes », schématise-t-il. « Avec les serres, on est à l’abri des intempéries et des ravageurs extérieurs, mais on est obligé de recréer un environnement naturel avec, par exemple, des ruches d’un bourdon pollinisateur », expose l’exploitant, adhérent du syndicat FDSEA.

    Les puristes pourraient y voir la négation même du métier. « Tout est géré par ordinateur et relié sur mon téléphone avec des interventions pilotables à distance, mais rien ne remplace l’œil averti que m’a transmis mon grand-père pour savoir si la plante a soif ou pas », justifie Jean-Pierre Perez. Surtout, ce système a une forte vertu environnementale. « On consomme quatre fois moins d’eau qu’en terre avec aucune perte, du recyclage et des réponses adaptées en permanence », fait-il valoir.

    Si son père avait été précurseur dans les années 80 avec des premières serres en plastique puis en verre, le virage pris avec ses serres ultramodernes était un passage obligé pour sa survie. « Il y a 10 ans, avec mon épouse on perdait de l’argent, on s’est posé la question d’arrêter ou alors d’évoluer grandement et de s’adapter », se souvient-il. Un investissement colossal de 4,5 millions d’euros a donc été choisi pour pérenniser l’exploitation. « On vivote, parfois, on perd de l’argent, d’autres années on en gagne beaucoup, mais je crois à notre métier, à condition d’avancer », conclut Jean-Pierre Perez.