Category: societe

  • [Chronique corse] Se souvenir du 8 mai 1945, sans oublier 1943

    [Chronique corse] Se souvenir du 8 mai 1945, sans oublier 1943

    C’est une victoire contre le fascisme, une victoire pour la liberté, arrachée au prix de millions de vies et de sacrifices immenses. Une victoire qui rappelle le courage de celles et ceux qui ont résisté à la barbarie et refusé la soumission.

    Mais se souvenir du 8 mai, c’est aussi refuser une mémoire incomplète. Car la Libération ne s’est pas faite en un seul jour, ni partout au même moment.

    Bien avant 45, des territoires avaient déjà engagé ce combat décisif pour la liberté. La Corse en fait partie.

    En septembre et octobre 1943, la Corse devient le premier territoire français métropolitain libéré.

    Cette libération est le résultat d’un soulèvement de la Résistance corse, appuyée par les forces françaises venues d’Afrique du Nord et les Alliés. Dans un contexte difficile, les Corses ont su refuser l’occupation fasciste, organiser la lutte et ouvrir la voie à la reconquête du territoire national.

    Danielle Casanova

    Cette résistance, la Corse l’a portée sous de multiples formes sur son sol comme bien au-delà. Elle a aussi des visages, ceux de Danielle Casanova, jeune Ajaccienne morte à Auschwitz en 43, ou de Jean Nicoli, figure de la Résistance fusillé la même année. Leur engagement rappelle que ce combat s’est mené partout, souvent au prix de la vie, dans l’espoir d’un avenir débarrassé du fascisme et de l’oppression.

    Rappeler le rôle de la Corse dès 1943, ce n’est pas opposer les mémoires, bien au contraire, mais rendre justice à toutes celles et ceux qui ont combattu.

    Le 8 mai 1945 marque la victoire contre le nazisme. En Corse, cette victoire porte aussi le souvenir d’un peuple engagé dans la Résistance et le combat pour la liberté dont la libération de l’île en 1943 constitua l’un des premiers grands actes de la reconquête du territoire national. Une mémoire précieuse, qui oblige encore aujourd’hui à défendre sans relâche les valeurs de paix, de justice et de fraternité.

  • Au Crous, le repas à 1 euro enfin généralisé

    Au Crous, le repas à 1 euro enfin généralisé

    Depuis lundi 4 mai, le repas à 1 euro n’est plus réservé aux seuls étudiants boursiers. Dans les restaurants universitaires du Crous, tous les étudiants peuvent désormais bénéficier de ce tarif unique, partout en France. À Montpellier, où la vie étudiante pèse lourd dans la ville (17% de la population), la mesure prend une résonance particulière. Les étudiants auront droit à un plat et deux accompagnements : entrée, fromage, dessert ou fruit.

    À Montpellier, 37 points de restauration du Crous sont concernés : 6 restaurants universitaires, 9 brasseries, 21 cafétérias et une pizzeria, auxquels s’ajoutent 14 restaurants conventionnés. Il suffit de présenter une carte étudiante ou d’être doctorant ou volontaire en service civique, avec un compte Izly actif. Pour beaucoup, l’économie paraît modeste vue de loin. Mais, dans un budget étudiant, les 2,30 euros gagnés à chaque repas comptent. « Entre le loyer, l’essence et les courses, je calcule tout. Là, je sais que je peux manger chaud, équilibré, sans exploser le budget. Ce n’est pas juste un repas moins
    cher, c’est un stress en moins
     », témoigne Lina, étudiante à Montpellier.

    Le défi de l’affluence

    Reste désormais à tenir la cadence. À Montpellier, plus de 2,7 millions de repas ont été servis en 2025 par le Crous, dont 1,7 million à des étudiants boursiers. Le Crous de Montpellier-Occitanie s’attend à une hausse de fréquentation, estimée nationalement autour de 12%. Pour y faire face, 20 équivalents temps plein doivent être recrutés, en renfort des quelque 250 agents déjà mobilisés. Une enveloppe de 82 500 euros est aussi prévue pour des investissements d’urgence, notamment à Vert-Bois, Boutonnet et Triolet.

    Sandrine Cloarec, directrice générale du Crous Montpellier-Occitanie, se veut rassurante : « Dans l’assiette, rien ne change. Il s’agit du même repas, des mêmes quantités, de la même qualité et de la même diversité que ce que nous proposions la semaine dernière. » Elle rappelle aussi que « la production d’un repas servi au Crous coûte entre 8 euros et 9 euros », désormais proposé à 1 euro à l’ensemble des étudiants.

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : 50 ans de luttes et de mémoire

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : 50 ans de luttes et de mémoire

    Dans la chimie, il fallut quatre arrêts collectifs de travail d’une heure dans quatre usines. Ainsi, aux usines Kuhlmann, Rocca‑Tassy de Roux, les actions se répétaient pour le maintien des avantages acquis, le paiement de 25% sur les primes et pour protester contre les employeurs qui maintenaient l’abattement de 10% sur les salaires des femmes. Le 28 août, le personnel de la Compagnie générale des pétroles arrêta le travail le matin de 7h30 à 8h30. Des points de vue divergents décidèrent de porter le différend devant le ministre du Travail. La réaction des travailleurs ne se fit pas attendre. Le soir même, les ouvriers arrêtèrent le travail à l’Électrochimie de la Barasse en laissant sur place le personnel nécessaire au fonctionnement de l’usine. Le lendemain matin, le travail reprenait normalement, le syndicat respectant les mots d’ordre de la CGT en faveur de la production et des arrêts de travail de brève durée. La chimie avait un patron de combat, Keller, que nous dénoncions et qui n’avait qu’un but : arrêter le progrès social en fomentant des refus et des troubles. Le syndicat dirigé par deux bons camarades, Antoine Vabre et Maurice Alby, déjoua ce piège. En général, notre action porta ses fruits : en octobre les revendications ouvrières étaient satisfaites et les accords tenaient compte des avantages acquis.

    Mais l’inspecteur divisionnaire du travail fut rappelé à Paris, dénoncé par le CNPE, le Parti socialiste et le préfet comme un « ami de Lucien Molino et de la CGT ». Il est vrai que, dans de nombreux cas, il avait aidé les travailleurs. C’était un inspecteur honnête qui fut regretté par les syndicats. À Paris, on l’installa dans un bureau sans responsabilité et il attendit l’âge de la retraite. Dans mes déplacements dans la capitale, je lui rendais visite et j’ai pu me faire une idée de ce qu’étaient capables de faire les ennemis de la classe ouvrière.

    Les élections municipales du 19 octobre 1947

    Ces élections furent marquées par la montée du RPF et l’effondrement du MRP, tandis que le Parti maintenait, dans les grandes villes, les positions obtenues en novembre 1946. À Marseille, le PC augmentait son score de 1 000 voix et la SFIO de près de 4 000 voix. Pourtant, les bouleversements dans notre département furent importants. Nous perdîmes Marseille au bénéfice de Carlini, avec la complicité du Parti socialiste, et Aubagne à la suite d’une entente entre la SFIO, le RPF et le MRP. Arles, La Ciotat et Martigues passaient aux mains des socialistes soutenus par le RPF. La SFIO gardait la mairie d’Aix grâce au MRP. À Salon, Francou (MRP) obtenait sa réélection avec l’aide des socialistes.

    à suivre la semaine prochaine…

  • [La recette du Vieux-Port] Seiche au fenouil et à la tomate

    [La recette du Vieux-Port] Seiche au fenouil et à la tomate

    C’est sur l’étal de Sandrine et Kylian, que le choix d’Élisabeth s’arrête ce matin. Ce sera de la seiche ! Explications : « Je sors mon faitout et je fais revenir dans l’huile d’olive des oignons émincés, 2 ou 3 fenouils et une gousse d’ail tout en remuant. Puis j’ajoute un fond d’eau. Je coupe en gros morceaux ma seiche que j’ai nettoyée, délestée de son os et mets à part son encre pour une future recette. Je les dépose dans la marmite avec des tomates fraîches. Sel, poivre et je laisse cuire à feu doux environ 30 mn. Je l’accompagne dans l’assiette de riz de Camargue. »

  • Dix projets innovants primés

    Dix projets innovants primés

    Dix projets portés par des acteurs de la région et financés par l’Union européenne ont été récompensés ce jeudi 7 mai à l’hôtel de Région, à Marseille. C’est le projet de l’ambulance connectée qui a remporté le prix du public lors de cette 4e édition.

  • Rendez-vous très prochainement aux Fêtes de La Marseillaise !

    Rendez-vous très prochainement aux Fêtes de La Marseillaise !

    Samedi 23 mai

    Fête de La Marseillaise Var. Toulon, plages du Mourillon

    entrée gratuite

    De 10h à 20h30. Expositions, village du monde, féministe, librairie, animations, jeux d’enfants, guinguette, restauration rapide. Lectures, fresques, animations, poésies. Concerts Chichi et Banane de 12h30 à 14h30. Tremplin groupes locaux 19h. Concours de boules doté. 2 euros par personne. Débat « la paix » avec des témoins de ces enjeux humains, industriels, diplomatiques et sociétaux.

    https://www.fetelamarseillaise83.fr

    Dimanche 24 mai

    Fête de La Marseillaise Vaucluse. Avignon, île de la Barthelasse, parc des Libertés

    entrée gratuite

    10h30 Débat « Le rôle social du roman noir ». Repas. 14h15 Théâtre « Emballages », pièce d’André Benedetto compagnie La Parole Rouge. 15h15 Débat. La démocratie mise en péril par le numérique ? Avec Alexandre Basquin, sénateur du Nord. 17h Concert, Reno Bistan. Suivi de la Chorale Sauvage.

    Samedi 27 juin

    Fête de La Marseillaise Alpes.

    La Bâtie-Neuve,

    La Carline

    entrée prix libre

    De 10h à 1h du matin. Débats, bar, restauration concerts punk rock et métal. Groupes Los Fralibos, De Mist, Airain, scène ouverte…

    Contact : 06.76.27.84.73

  • [Chronique des invisibles] Il existe pire que mourir, c’est vivre avec ses morts

    [Chronique des invisibles] Il existe pire que mourir, c’est vivre avec ses morts

    L’extrême solitude de celui où celle qui reste, enfermé dans ses souvenirs, le silence pour ombre, est insoutenable et pourtant le lot quotidien de nombreuses personnes, à force d’être dans les replis sombres de la société, on en vient à les oublier. C’est cette mamie, dont l’âge ne peut être donné, qui promène son chien dans une poussette d’enfant tout en s’en servant comme déambulateur.

    C’est cet homme qui essaie maladroitement d’engager une discussion par une blague et dont on s’écarte comme s’il refoulait du bec. C’est cette veuve taciturne, dont les sorties sont fléchées, au Super U, à sa boîte aux lettres dont la gueule reste toujours vide… Il y a aussi cet homme aux mains tremblantes, assis toujours à la même table du café, devant un demi. Il n’y touche presque pas. Il regarde la porte. On pourrait croire qu’il attend quelqu’un. Mais personne ne vient jamais. Le serveur, par habitude plus que par compassion, lui adresse un signe de tête. C’est leur seul échange. Les âmes esseulées ne font pas de bruit. Elles ne cassent rien, ne revendiquent rien. Elles s’effacent doucement, polies jusqu’à disparaître. Elles apprennent à réduire leur présence, à ne pas déranger, à occuper le moins d’espace possible, comme si exister encore était déjà de trop. On les croise sans les voir. Ou plutôt, on choisit de ne pas les voir. Parce qu’il y a dans leur solitude quelque chose de contagieux, une peur sourde qu’elle nous désigne, nous aussi, comme futurs habitants de ce désert. Alors elles développent des rituels. Des trajectoires immuables. Le même banc, à la même heure. Le même journal acheté sans être lu. Le même pain, parfois durci avant d’être entamé. Le temps, pour elles, n’avance plus vraiment. Il se répète, en boucle, comme une phrase dont on aurait oublié la fin. Et pourtant, il reste, chez certaines, une étincelle presque imperceptible. Un sourire esquissé quand un enfant les regarde sans crainte. Un merci trop appuyé pour une porte tenue. Un mot de trop à la caissière, comme une tentative fragile d’exister encore dans le regard de quelqu’un. C’est peut-être là, dans ces infimes débordements, que la vie résiste encore. Pas dans les grandes déclarations, ni dans les gestes spectaculaires. Mais dans ce presque rien qui refuse de s’éteindre. Parce que vivre avec ses morts, ce n’est pas seulement porter leur absence. C’est continuer, malgré tout, à chercher une présence.

    Mais il faut bien le dire : cette solitude n’est pas un accident. Elle n’est pas une fatalité tombée du ciel comme la pluie ou l’hiver. Elle est organisée, produite, entretenue. On parle de « liens sociaux » comme on parle d’un service public défaillant, avec des mots technocratiques qui masquent mal l’abandon. On ferme les lieux de rencontre, on raréfie les services de proximité, on remplace les visages par des interfaces, les voix par des messages automatiques. Et l’on s’étonne ensuite que certains disparaissent dans les interstices.

  • [Quoi de neuf] Lise Simonetti : « L’histoire de l’esclavage est encore bien vivante »

    [Quoi de neuf] Lise Simonetti : « L’histoire de l’esclavage est encore bien vivante »

    Rémy Cougnenc : Quel est le sens de cette semaine de commémoration de l’abolition de l’esclavage (5 au 12 mai) à Montpellier ?

    Lise Simonetti : La semaine des libertés s’est construite assez récemment. Notre collectif du 10 mai pour la mémoire de l’esclavage existe depuis 2006 et tâche, chaque année, de transmettre l’histoire de l’esclavage et de la traite négrière au public de Montpellier. On avait un programme autour des conséquences psychologiques. Notre envie c’était de dépoussiérer l’Histoire pour la replacer dans sa contemporanéité, pour faire réfléchir le public sur les conséquences aujourd’hui. Depuis les abolitions, l’histoire a été occultée en permanence. Elle est apprise à l’école de façon tronquée, les enseignants manquent de formation et elle est enseignée à un âge où on ne laisse pas aux enfants l’occasion de faire des liens avec des phénomènes plus récents comme la colonisation, le néo-colonialisme et l’économie actuelle, le libéralisme débridé… Or, l’histoire de l’esclavage est un bouleversement originel qui, par son idéologie, a conduit à l’économie telle qu’on la connaît. Elle a eu des conséquences graves : le racisme s’est construit durant ces périodes avec la « négrification » de l’esclavage, poursuivi par la pensée coloniale. La pensée de Patrice Lumumba [homme d’État congolais, figure des luttes pour l’indépendance et la dignité des peuples africains, Ndlr.], dont on fêtera le 100e anniversaire de la naissance, l’illustre bien. On souhaite faire prendre conscience aux gens que cette histoire est malheureusement encore bien vivante.

    Olivier Nottale : Ferdinand Fortes (Divergence), quelque chose à ajouter ?

    Ferdinand Fortès : Beaucoup de choses de notre histoire actuelle émanent des maux de l’esclavage. On gagnerait à l’enseigner à nos enfants pour arriver à dépasser cette vision qu’on peut avoir de l’Africain, du noir. En Afrique, on dit que l’esclavage ne s’est jamais vraiment arrêté, il a juste changé de visage, mis un autre masque. On a eu ensuite la colonisation puis le travail forcé, une sorte de retour de l’esclavage, les indépendances, puis à la sortie ce qu’on a appelé la « colonisation à la cuillère ». À la sortie de la colonisation, on a expliqué qu’elle leur avait beaucoup apporté et qu’ils devaient de l’argent ! Il fallait garder sous emprise ces peuples. On a eu la Françafrique…

    Rémy Cougnenc : Avez-vous le sentiment qu’il subsiste un tabou en France sur le sujet ?

    Ferdinand Fortès : Ce n’est pas un sentiment, il y a un tabou. On n’a qu’à voir ce qu’a voté la France aux Nations Unies. Quand il a fallu reconnaître l’esclavage comme plus grave crime contre l’humanité (résolution du Ghana à l’ONU le 25 mars dernier), la France, comme une bonne partie de l’Europe, s’est abstenue. Alors même que depuis 2001, la loi Taubira le reconnaît.

    Lise Simonetti : Heureusement 83 pays ont voté pour. Ce qui est important c’est que cela replace l’esclavage comme une bombe au niveau du commerce mondial. L’esclavage a transformé le commerce à l’international en mettant à jour les rapports de force entre les pays. L’esclavage, c’est 400 ans de déportation, avec la moitié des personnes raptées en Afrique qui meurent avant d’arriver de l’autre côté de l’océan. Des esclaves qui ont subi une maltraitance, une violence inouïe aux États-Unis et dans les colonies françaises (ou britanniques). À ce sujet, je vous conseille le film « Furcy, né libre », d’Abd Al Malik très bien documenté, pédagogique et visible par tous. La violence est suggérée. On voit que les esclaves étaient considérés comme des biens meubles : des tables et des chaises qui se transmettaient comme une armoire. C’est 400 ans de déshumanisation [près de 60 millions d’êtres humains, Ndlr.].

    Olivier Nottale : Ensuite il y a eu la transformation de l’esclavage…

    Lise Simonetti : Tout à fait. Il y a eu la transition entre l’esclavage et la colonisation. Avec le développement des industries, on avait besoin d’être indépendant énergétiquement. On est ainsi passé d’un besoin en force humaine à un besoin de ressources. C’est uniquement pour cela que l’esclavage a été aboli, ce n’est pas une entreprise philanthropique. On peut se demander s’il n’y avait pas eu la révolution industrielle si l’esclavage n’aurait pas perduré. C’est pourquoi le tronçonnement des événements historiques entre eux ne permet pas au public de s’en rendre compte. Il faut rétablir une continuité historique et l’enseigner aux enfants à un âge où ils sont capables de comprendre.

    Rémy Cougnenc : L’esclavage a été aboli en 1848 en France, en 1865 aux USA mais derrière a été suivi de lois ségrégationnistes, de violences de type Ku Klux Klan…

    Lise Simonetti : Oui c’est un ectoplasme qui se modifie, un kaléidoscope qui ne fait que tourner. On a les mêmes ingrédients agencés différemment mais toujours au détriment de l’Afrique avec des schémas de domination et d’exploitation. Quand on voit comment Areva au Niger extrait l’uranium, pollue l’air avec la poussière, utilise des milliers de litres d’eau issus de nappes et ne paye aucun impôt au Niger… Un rapport de l’Unesco de 2020 évoque les conséquences psychologiques et sociales de l’esclavage (…).

    * À Montpellier, une marche du souvenir est organisée le 10 mai à 15h au départ de la place Albert 1er.

    Retrouvez l’émission en cliquant sur le lien.

  • À Vauvert,la culture sabrée par la mairie RN

    À Vauvert,la culture sabrée par la mairie RN

    L’offensive du Rassemblement national contre la culture est loin d’être terminée à Vauvert. En effet, l’un des premiers actes du nouveau maire Nicolas Meizonnet a été d’annuler l’exposition photos de Sylvain Brino (pourtant très consensuelle puisqu’elle mettait à l’honneur la Camargue) pour des prises de position contre l’extrême droite sur ses réseaux sociaux. Puis, ce fut au tour de Jazz à Vauvert d’être tout simplement annulé pour des « raisons économiques ». « Jazz à Vauvert fonctionnait très bien. Il y avait des Vauverdois mais aussi des gens de l’extérieur. Ils disent qu’il n’y avait pas de retombées économiques mais ce n’est pas vrai parce qu’il y a des gens qui venaient de loin et qui logeaient et mangeaient à Vauvert », explique l’élue d’opposition Magali Nissard, qui constate également que « la droite soutient Nicolas Meizonnet aussi car ils n’ont pas supporté que nous ayons modifié ce festival où nous avions ajouté un concert dans chaque école et des animations gratuites dans la ville ». Face à cette censure, le festival jazz à Vauvert sera accueilli par la commune de Vergèze les 26 et 27 juin.

    Les associations bientôt visées ?

    Nicolas Meizonnet tente en effet de justifier cette politique en s’appuyant sur les finances de la ville qui serait « quasiment ruinée ». Sauf que beaucoup y voient plutôt la volonté d’écarter tout ce qui ne convient pas au RN qui préfère axer sa politique culturelle sur la défense des traditions taurines et camarguaises.

    Après ces annulations, la municipalité cherche en effet à couper dans les subventions aux associations, notamment culturelles. Elle aurait trois associations dans le collimateur puisque le RN a toujours fustigé lorsqu’il était dans l’opposition Jazz à Junas (qui portait le festival Jazz à Vauvert), l’association Les avocats du Diable et Atout philo. Benjamin Rouvière, son fondateur, a été convoqué par le maire mais n’a pas souhaité se rendre au rendez-vous : « On m’impose l’heure et le jour et on ne me donne pas le motif donc je n’y suis pas allé. Mais j’ose imaginer ce qu’on allait me dire, c’est-à-dire ce qu’ils disaient lorsqu’ils étaient dans l’opposition, à savoir que notre subvention était trop élevée alors qu’on fait des petits concerts l’été et qu’on mobilise des auteurs, des philosophes, des sociologues, le reste de l’année. Cela fait six ans que nous existons et nous proposons en moyenne une manifestation par mois. » Atout philo touchait en moyenne 2 000 euros par an de la part de la mairie mais Benjamin Rouvière ne « serait pas surpris si elle était sucrée cette année ».

    Le dessinateur Eddie Pons, président de l’association littéraire Les avocats du Diable, a, de son côté, honoré sa convocation lundi 4 mai où le maire lui a annoncé que la subvention serait baissée de 30%, soit une coupe de 1 000 euros. « On n’a pas encore pris de décision mais on s’interroge sur notre engagement vis-à-vis de la ville de Vauvert », confirme-t-il.

    « Pour l’instant, le maire ne nous a pas donné le détail du budget 2026 mais il faut lire entre les lignes et on voit que pour les subventions aux associations, une baisse de 93 000 euros est prévue. Une association culturelle m’a contacté et ils lui ont annoncé une baisse de 30% de la subvention. Dans les 93 000 euros, il y a les 63 000 euros de Jazz à Junas mais il en manque donc d’autres associations vont être touchées », prévient Magali Nissard qui remarque qu’aucune baisse de budget ne concerne, par contre, les festivités.

  • [Entretien] « Les météorites ont pu influencer comment la vie est apparue sur Terre »

    [Entretien] « Les météorites ont pu influencer comment la vie est apparue sur Terre »

    La Marseillaise : Vous montrez qu’il y a des sucres d’origine extraterrestre dans la météorite Orgueil. Pourquoi avez-vous choisi cette météorite ?

    Cornelia Meinert : Car ce qui nous intéresse in fine sont les échantillons ramenés sur Terre des astéroïdes Bénou et Ryugu. Nous souhaitions développer un moyen d’extraire, identifier, et quantifier les sucres dans ces échantillons, et déterminer leur chiralité – c’est-à-dire s’ils sont plus présents sous leur forme droite ou gauche. Or, la météorite Orgueil a une composition minéralogique proche de celle de ces astéroïdes.

    Avez-vous commencé ?

    C.M. : Nous venons de recevoir l’accord pour avoir des échantillons de Bénou. Nous aurons 300 milligrammes (mg). C’est énorme. Pour Ryugu, nous n’aurons que 17 mg car moins de matière a été ramenée sur Terre.

    Des sucres ont déjà été observés sur Bénou en 2025. Qu’allez-vous chercher ?

    C.M. : Ce qui nous intéresse est la chiralité de ces sucres. Sont-ils présents sous leur forme droite ? Gauche ? Les deux ? Dans quelles proportions ? Cela n’a jamais été étudié et pourrait nous aider à comprendre pourquoi la vie sur Terre n’utilise que la forme droite des sucres. C’est un grand mystère. Les acides aminés ont aussi une chiralité et seule leur forme gauche est utilisée pour faire des protéines. Or, nous observons un léger excès de formes gauche dans les météorites et les astéroïdes. Peut-être est-ce la même chose, du côté droit, pour les sucres. Dans ce cas, peut-être les météorites ont-elles influencé la manière avec laquelle la vie est apparue.