Category: societe

  • Contre les virus, le côté obscurde certaines cellules de l’immunité

    Contre les virus, le côté obscurde certaines cellules de l’immunité

    Une petite révolution en immunologie ? « On peut le dire », estime Elena Tomasello, chercheuse CNRS au Centre d’immunologie de Marseille-Luminy (CNRS, Inserm, Aix-Marseille Université) et spécialiste des cellules dendritiques plasmacytoïdes (pDC), considérées comme des piliers de l’immunité antivirale des vertébrés. Et pour cause : quand un virus arrive, elles sont parmi les plus réactives et produisent de grosses quantités d’interférons, ces protéines qui contrôlent l’infection. Seulement, la chercheuse et son équipe montrent dans un article paru dans Nature Immunology que les souris qui en sont dépourvues s’en sortent très bien contre des virus pathogènes des souris ou des humains – comme la grippe ou le sars-cov-2. Voire, certaines s’en sortent mieux. « Les cellules pDC peuvent donc avoir un rôle délétère, résume la chercheuse. Cela nous amène à revoir leur rôle dans l’immunité contre les virus ».

    La question animait une petite communauté depuis un moment. Car il avait été observé que des patients ayant des cellules pDC défaillantes ne s’en sortaient pas plus mal face à certains virus – sauf contre la grippe. Quant au sars-cov-2, « il y avait deux écoles », rappelle Elena Tomasello. Certains pensaient que la production d’interférons par les cellules pDC était indispensable pour contrôler l’infection et qu’il fallait la booster. Pour d’autres, cette fonction pouvait être délétère et aggraver la maladie. « Notre étude renforce cette deuxième hypothèse », indique la chercheuse.

    Trop tard

    L’effet délétère viendrait d’une production trop tardive d’interférons. « Ils sont bénéfiques au début, pour contrôler l’infection. Mais d’autres cellules en produisent suffisamment, note Elena Tomasello. Lorsque les cellules pDC arrivent, plus tard, les interférons qu’elles produisent provoquent une inflammation ».

    Le rôle des pDC est ici établi grâce à des souris dépourvues de cellules de ce type. Via quelques modifications génétiques, les cellules pDC produisent une toxine qui les détruit, et ce dès la naissance. « A priori, cela n’affecte pas d’autres cellules, précise Elena Tomasello. Cela permet d’étudier leur rôle de manière plus spécifique que ce qui avait été fait avant. Les études existantes avaient des biais car les méthodes utilisées affectaient aussi d’autres cellules ».

    Pourquoi l’évolution aurait-elle conservé ces cellules pDC chez tant de vertébrés si leur production d’interférons est redondante, voire néfaste ? « Nous essayons de savoir si elles n’auraient pas un rôle dans l’homéostasie », glisse Elena Tomasello. C’est-à-dire dans le maintien des tissus, par exemple pour réparer une lésion. Peut-être sont-elles aussi importantes lorsque le virus frappe là où elles sont les seules à pouvoir intervenir. Ou peut-être seraient-elles utiles contre certains virus disparus ou encore inconnus. Ne les enterrons donc pas trop vite.

  • La préfecture a débloqué la situation des trois salariés

    La préfecture a débloqué la situation des trois salariés

    Vous nous avez sauvés ! Je vais recevoir ma carte de séjour qui sera valable jusqu’en 2035 et je reprends le travail lundi. Merci, merci ! J’étais désespérée. Je me demandais comment j’allais faire. Merci à La Marseillaise, vous êtes notre sauveur ! », exulte Mariama, 43 ans, mère de quatre enfants âgés de 9 à 16 ans, dont le titre de séjour avait expiré malgré ses démarches pour son renouvellement. Elle nous confirme la reprise lundi de son contrat de travail d’agent de production chez Kalhyge. La blanchisserie industrielle du chemin de Saint-Jean-du Désert (5e) avait dû la suspendre, dans l’attente du renouvellement de sa carte décennale de séjour.

    Une carte de séjour provisoire de trois mois lui a été délivrée jeudi avec une convocation pour se voir remettre sa nouvelle et troisième carte de séjour de dix ans. Elle avait perçu son dernier salaire de 1 700 euros et s’accrochait à la promesse faite par son employeur de la reprendre dès qu’elle obtiendrait la carte. L’entreprise n’avait pas d’alternative, le Code du travail l’oblige dans cette situation à suspendre la relation contractuelle. Mariama consultait régulièrement son dossier en ligne qui lui indiquait que sa nouvelle carte était « en construction ».

    « Tous les salariés étaient contents »

    Le délégué syndical CGT de l’entreprise, Kamel Bouanani, s’était immédiatement mobilisé pour venir en aide à cette mère et à deux autres salariés de l’entreprise placés dans la même situation : le dossier de renouvellement était quelque part en stand-by dans les méandres informatiques de la plateforme Anef (Administration numérique pour les étrangers en France) qui depuis juillet 2024 dématérialise complètement les démarches. Pour le syndicaliste, cela génère des situations extrêmement injustes et pénalisantes. « Les salariés comme les employeurs se retrouvent sans recours immédiat, la décision relevant exclusivement de la préfecture. Cette situation crée une impasse sociale et humaine inacceptable. »

    Faute de titre de séjour valide, le Code du travail ne laisse en réalité pas de choix à l’employeur, sauf à s’exposer à des poursuites pénales. « Nul ne peut, directement ou par personne interposée, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l’autorisant à exercer une activité salariée en France » dispose l’article L. 8256-2 du Code du travail modifié en janvier 2024 qui punit sa violation de cinq ans de prison et d’une amende de 30 000 euros. L’amende est en outre appliquée « autant de fois qu’il y a d’étrangers concernés ». La loi Immigration de janvier 2024 a même ajouté une amende administrative à l’employeur allant jusqu’à 5 000 fois le minimum garanti soit plus de 20 000 euros par salarié en infraction.

    L’article de La Marseillaise relatant cette terrible injustice aux lourdes conséquences humaines et sociales, a fait immédiatement réagir la Préfecture des Bouches-du-Rhône dont les agents se sont investis pour débloquer la situation. « C’est bon pour nos collègues. Un reprend le travail cet après-midi et les deux autres lundi », soupire de soulagement Kamel Bouanani. « Tous les salariés étaient contents d’apprendre que leurs collègues reprennent et au nom de tous les salariés nous remercions beaucoup La Marseillaise d’avoir relayé notre alerte. » La CGT a revendiqué de manière constante la délivrance d’un titre de séjour de plein droit pour tout travailleur.

    Des dysfonctionnements de la plateforme Anef remontent régulièrement et sont dénoncés comme des atteintes à l’exercice effectif des droits au séjour. Il faut saluer l’intervention rapide de la préfecture des Bouches-du-Rhône désireuse de trouver une solution pour ces trois travailleurs.

  • [On passe à table] Les petits et gros choux au praliné de Mr. Chou

    [On passe à table] Les petits et gros choux au praliné de Mr. Chou

    Douceur et générosité sont les maîtres-mots de la recette que vous propose de réaliser à la maison Loïc, le pâtissier et fondateur de Mr. Chou.

    Pour commencer, réaliser votre pâte à choux en versant dans une casserole l’eau et le beurre coupé en petits morceaux. Faites bouillir et ajouter la farine pour faire ce que l’on appelle une panade. Baissez ensuite le feu et remuez à la spatule pour ôter l’humidité. Une fois que c’est fait, enlevez du feu et écrasez bien à la spatule pour refroidir un peu la pâte et éviter que les œufs ne coagulent. Ajoutez ensuite les œufs les uns après les autres pour éviter de mettre trop de liquide. D’ailleurs, ce sont les œufs qui permettent à la pâte de gonfler.

    Une crème onctueuse

    Quand celle-ci est homogène et crémeuse pochez-la en petits choux sur une plaque beurrée ou recouverte de papier cuisson. Déposez la pâte en quinconce sur la plaque pour que la chaleur puisse circuler uniformément. Préchauffez le four et faites cuire 30 à 35 minutes à 180° chaleur tournante. Laissez ensuite refroidir. Pendant ce temps réaliser la crème pâtissière en portant à ébullition le lait et 100g de sucre, à part dans un saladier mélangez la maïzena et le sucre. Une fois que le lait est à ébullition versez-en une petite quantité dans la maïzena, mélangez et reversez le tout dans le liquide. Chauffez jusqu’à épaississement, ôtez du feu et laissez refroidir.

    Pour le praliné faites chauffer dans une casserole le sucre à sec une fois qu’il est blond, versez les amandes et les noisettes. Mélangez bien, versez sur une plaque pour refroidir le tout et mixez. Une première quantité de façon un peu grossière et l’autre plus longtemps pour que le praliné soit lisse. Dans un batteur versez la crème fraîche et montez en chantilly. Enfin, versez le praliné lisse dans la crème pâtissière, ajoutez petit à petit la crème fouettée mélangez bien et placez dans une poche à douille votre crème diplomate.

    Coupez les choux en deux, garnissez avec de la crème à hauteur. Un cœur au praliné et recouvrez à nouveau de crème. Enfin, le chapeau du chou. Saupoudrez le tout de sucre glace ! Bonne dégustation.

    – Pour la pâte à choux : 1/2 L d’eau, 200g de beurre, 5g de sucre, 10g de sel, 400g de farine, 10 œufs

    – Pour la crème pâtissière : 1L de lait, 200g de sucre, 70g de maïzena, 3 œufs

    – Pour le praliné : 100g d’amandes, de noisettes et de sucre

    – Du sucre glace et de la crème fraîche végétale ou classique à 30% de mat. grasse

  • Le centre dentaire Santéa autorisé à rouvrir

    Le centre dentaire Santéa autorisé à rouvrir

    La suspension totale de l’activité du centre de santé dentaire Santéa à Avignon a été levée par l’Agence régionale de santé (ARS) de Paca ce jeudi 22 janvier, après plus de trois mois d’arrêt.

    Dans l’arrêté portant sur cette réouverture, l’ARS estime qu’après une visite de contrôle effectuée le mardi 23 décembre dernier dans l’établissement par deux inspecteurs de santé publique et de l’action sanitaire et sociale, et des documents complémentaires fournis le 31 décembre, « les divers manquements portant atteinte à la qualité et à la sécurité des patients ont totalement cessé ». La suspension avait été maintenue une première fois le 17 novembre dernier par le directeur général de l’ARS Paca.

    Une décision qui peut faire l’objet d’un recours contentieux devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois à compter de sa notification.

    Graves manquements

    La fermeture du site faisait suite à une inspection menée le 23 septembre dernier par des agents de l’ARS. Dans l’arrêté publié alors par l’organisme de santé, on faisait état d’une « absence de respect des règles de bonnes pratiques de stérilisation des dispositifs médicaux critiques et semi-critiques », ainsi que d’une « absence de respect des règles d’hygiène élémentaires lors des soins dentaires ». Dans le détail, étaient évoqués des porte-instruments rotatifs « susceptibles d’engendrer des contaminations croisées entre deux patients », l’absence « de preuve de maintenance interne et externe des équipements de la salle de stérilisation » et une « salle de stérilisation inadaptée à l’activité de préparation des dispositifs stériles du fait de sa configuration et de ses équipements ». Ce qui expose la patientèle à « un risque de contamination bactérienne et virale (VHC, VHB, VIH) ».

  • Campus Hoche : l’Université de Nîmes entre dans une nouvelle ère

    Campus Hoche : l’Université de Nîmes entre dans une nouvelle ère

    Sous la chapelle restaurée, baignée de lumière et surmontée de son dôme majestueux, l’émotion était palpable ce mardi 20 janvier. Devant élus, représentants de l’État, partenaires institutionnels, personnels et invités, Benoît Roig, président de Nîmes Université, a inauguré la seconde et dernière tranche du site Hoche. Un moment attendu de longue date, qui marque l’aboutissement d’un projet engagé au milieu des années 2000 et devenu, au fil du temps, bien plus qu’un simple chantier immobilier.

    Installé dans l’ancien hôpital Gaston-Doumergue, fermé après les inondations de 1988 et les fragilités structurelles révélées par le temps, le site Hoche raconte à lui seul une histoire nîmoise : celle d’un patrimoine transformé en lieu de savoir. Racheté par la Ville en 2003, réhabilité par étapes successives – ouverture de Hoche 1 en 2013, livraison du bâtiment de recherche en 2023, puis restauration de l’aile sud-ouest et de la chapelle en 2026 –, le campus est désormais pleinement achevé.

    La dernière tranche inaugurée représente près de
    2 400 m² supplémentaires, avec dix salles de cours et douze salles de travaux pratiques dédiées aux pôles scientifiques (physique, chimie, biologie). Dès la rentrée prochaine, les formations scientifiques quitteront le site des Carmes pour rejoindre Hoche, permettant à terme l’accueil d’environ 1 500 étudiants sur ce campus en cœur de ville. Un équipement moderne, pensé pour les usages pédagogiques actuels, avec une attention particulière portée au confort thermique, visuel et acoustique.

    Au total, le projet représente un investissement d’environ 53 à 54 millions d’euros, financé dans la durée par l’État, la Région, le Département, l’Agglomération, la Ville et l’université elle-même. Un engagement collectif salué par le président de Nîmes Université, qui voit dans cette inauguration « l’aboutissement d’un projet mené sur le long terme », rendu possible par « l’appui constant de l’État et l’engagement déterminant des collectivités ».

    « Un nouveau chapitre »

    Mais pour Benoît Roig, pas question de parler de consécration ou de point final. « Ce n’est pas une fin, c’est un nouveau chapitre », a-t-il insisté, inscrivant cette inauguration dans une trajectoire plus large : celle d’une université construite progressivement, avec parfois peu de moyens mais une volonté intacte. De simples antennes universitaires dans les années 1980 à une université forte de plus de 6 000 étudiants aujourd’hui, implantée à Nîmes, Mende, Le Vigan et demain à Alès, le chemin parcouru est considérable. Lors de ses vœux pour 2026, prononcés à l’issue de l’inauguration, le président a réaffirmé la vocation profondément territoriale de l’établissement. Plaidant pour une université « ouverte sur les bassins de vie et les réalités sociales du département », il a rappelé que près de la moitié des nouveaux étudiants sont les premiers de leur famille à accéder à l’enseignement supérieur. Une donnée qui dit beaucoup de la mission sociale de Nîmes Université et de son rôle comme levier d’émancipation.

    Le message s’est aussi adressé aux élus et acteurs économiques présents : l’université doit être pleinement considérée comme un moteur d’attractivité, de cohésion sociale et de développement. « Il n’est pas nécessaire de passer le Vidourle ou le Rhône pour trouver des talents », a lancé Benoît Roig sous la chapelle, dans une formule qui a fait mouche. Avec son dôme reconstruit par les compagnons du devoir, sa chapelle transformée en salle de prestige, ses bâtiments mêlant mémoire et modernité, le site Hoche est désormais bien plus qu’un campus. Il devient un symbole : celui d’une ambition universitaire assumée pour Nîmes et pour tout un territoire qui, longtemps, a dû se battre pour faire reconnaître sa place dans le paysage de l’enseignement supérieur.

  • Des soignants unis pour un meilleur parcours de soins

    Des soignants unis pour un meilleur parcours de soins

    Quasiment tous les dirigeants des établissements et organisations de santé du Vaucluse étaient réunis ce vendredi 23 janvier à l’occasion de la signature de la convention-cadre entre les Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) et le Groupement hospitalier de territoire (GHT) de Vaucluse pour une « coopération territoriale entre les acteurs de santé et l’amélioration du parcours des patients ».

    Derrière ces termes techniques se cache une vraie demande des professionnels de santé, comme évoqué lors de la signature du document dans les locaux de la CPAM de Vaucluse. « Cela permettra de mieux connaître le fonctionnement de chacun », précise Valérie Lapierre, présidente de la CPTS Synapse Comtat Venaissin et infirmière libérale à domicile autour de Carpentras. Avec une attention particulière sur le parcours des patients entre les acteurs de la médecine de ville, à savoir les professionnels de santé libéraux, et les établissements de santé comme les hôpitaux publics du territoire. « On souhaite fluidifier le parcours du patient. Parfois, par exemple, une infirmière apprend qu’une personne qu’elle suit a été hospitalisée pendant le week-end. Ou encore que la médication a changé. Ces nouveaux processus doivent régler ces questions », poursuit Valérie Lapierre. On trouve au total dix établissements hospitaliers et neuf CPTS sur le département.

    « Aujourd’hui marque une étape de tout le travail qui a été effectué et qui restera à poursuivre. On ne doit plus avoir de silo, de frontière entre la ville et l’hôpital », lance fièrement le docteur Borhane Slama, président de la Commission médicale de groupement de Vaucluse, à l’initiative du texte, et qui souhaite aussi le voir évoluer « vers les établissements privés ».

    Partage des tâches

    Il précise ensuite comment se traduit concrètement cet accord avec les établissements signataires, à savoir la création de « groupes de travail sur des problématiques spécifiques », ou encore le fait de « travailler sur la télémédecine et la téléconsultation », et surtout le « déploiement d’outils numériques communs ». « Cela ne rend rien obligatoire mais tout possible », avance Pierre Pinzelli, directeur de l’hôpital d’Avignon.

    Loïc Souriau, directeur de l’ARS en Vaucluse, évoque parmi les priorités le suivi de la santé mentale, estimant que « la ville doit prendre sa part ». Ce à quoi Marie-Laure Piquemal-Ratouit, directrice du CH de Montfavet, ne manque pas de rebondir en estimant « que ce n’est pas en grossissant l’établissement que l’on va régler le problème mais en partageant les tâches ».

  • [Kalliste] Quand le brocciu se fait beignet

    [Kalliste] Quand le brocciu se fait beignet

    Produit emblématique de l’île, le brocciu est un fromage frais élaboré à partir de petit-lait de brebis ou de chèvre. Sa production, strictement saisonnière, s’étend traditionnellement de l’automne au printemps. Frais et délicat, il occupe une place centrale dans la gastronomie corse, aussi bien dans les recettes salées que sucrées.

    La pâte des beignets se prépare avec 1 kg de farine, 120 g de beurre ramolli, 20 g de levure de boulanger, 4 œufs, 200 g de sucre, ½ mesure de verre d’eau, 2 cuillères à soupe d’eau-de-vie et 1 cuillère à café de sel. La levure est d’abord dissoute dans de l’eau tiède, puis mélangée au beurre. On ajoute ensuite la farine, le sucre, le sel et l’eau afin d’obtenir une pâte de consistance moyenne. Les œufs sont incorporés un à un, puis la pâte est pétrie pendant environ 15 minutes, jusqu’à devenir souple et homogène. Elle est ensuite laissée au repos pendant une heure, le temps de lever.

    Une bouchée
    de culture corse

    Pendant ce temps, 500 g de brocciu sont découpés en petits carrés. Une fois la pâte reposée, un morceau de brocciu est déposé sur la pâte. À la main, on recouvre le fromage, on forme une boule entre l’index et le pouce, puis, à l’aide d’une cuillère à soupe légèrement huilée, on détache la boule pour la plonger directement dans une friture chaude et abondante. Les beignets gonflent et dorent rapidement avant d’être retirés et aussitôt saupoudrés de sucre.

    Ces beignets peuvent aussi être préparés nature, sans brocciu, et se dégustent de préférence tièdes. À travers cette recette simple et généreuse, c’est une part de la culture populaire corse qui continue de se transmettre, au fil des saisons.

    Merci à la page Facebook « défi cucina corsa et inspirations culinaires » pour la recette

  • Eudes, le talent au service de la carrosserie

    Eudes, le talent au service de la carrosserie

    Il l’avoue volontiers : la carrosserie n’était pas une vocation innée, ou un héritage familial. Mais Eudes Stenger, jeune carrossier peintre de 19 ans, a fini par en faire une vocation : « Je ne savais du tout quoi faire en sortant du collège. Comme je suis assez minutieux, je suis allé vers la carrosserie. C’était un peu un hasard, mais j’ai directement adoré, donc j’ai continué », explique-t-il humblement. Un métier qui lui permet cependant de travailler au plus près d’une de ses passions : le sport automobile.

    Originaire de Fréjus, il débute alors un bac professionnel Réparation des carrosseries au lycée les Eucalyptus, à Nice. Une formation exigeante, qui demande de l’engagement et du sérieux. « On était 30 dans ma classe au début, mais nous ne sommes que trois, aujourd’hui, à exercer le métier », précise le jeune homme. Son bac en poche en 2024, le garçon poursuit son petit bonhomme de chemin. Pour ajouter une corde à son arc, il s’inscrit alors en CAP peintre sur carrosserie. Une formation d’un an, « la suite logique après le bac », qu’il effectue en alternance. Et qui, là aussi, demande des compétences précises et un savoir-faire qui ne s’invente pas, notamment d’un point de vue scientifique : « On mélange beaucoup de produits différents. Il faut faire attention par rapport à l’humidité, la chaleur, à la pluie… Les matières qu’on utilise ne sont jamais les mêmes. Par exemple, je ne me sers pas des mêmes produits quand il pleut ou quand il y a du vent, car l’humidité dans l’air n’est pas la même. Tout cela, nous devons le calculer », détaille-t-il.

    Deux fois parmi les meilleurs apprentis de France

    Ce second diplôme en poche, Eudes est prêt à se lancer dans le grand bain du monde professionnel. Son maître d’apprentissage est très satisfait, mais ne peut malheureusement pas le garder dans ses effectifs. Mais il le dirige vers un de ses confrères, en besoin de main-d’œuvre, à Roquebrune-sur-Argens, qui lui fait directement confiance en lui offrant un CDI, en tant que peintre, lui permettant déjà, à peine entré dans l’âge adulte, de prospecter pour acheter un logement, lui qui habite encore chez ses parents.

    Et s’il aimerait, à l’avenir, travailler également sur la carrosserie « pour ne pas faire tout le temps la même chose », avant de monter « d’ici moins de dix ans » son propre garage, son épanouissement est (presque) total : « Ce qui me plaît, c’est le résultat final, et tous les enjeux et difficultés de la peinture. Par exemple, tout à l’heure [mardi, avant l’interview, Ndlr], je travaillais sur un capot de Range Rover. Le vernis a eu une réaction : il a micro-huilé, c’est-à-dire que de petites bulles sont apparues. Il faut donc trouver pourquoi ça arrive et faire en sorte que ça n’arrive plus. Il faut toujours satisfaire le client, il faut que tout soit nickel. »

    Cette minutie, essentielle à son métier, Eudes l’a déjà mesurée en compétition. Après une première participation -infructueuse- aux World Skills en 2023, il y a brillé en 2025 (lire ci-contre). Mais ce n’est pas tout, puisqu’il a été consacré parmi les meilleurs apprentis de France en carrosserie en 2024 et en peinture en 2025. Le talent au service de la carrosserie et de la peinture.

  • Une nouvelle année de projets pour l’hôpital psychiatrique

    Une nouvelle année de projets pour l’hôpital psychiatrique

    La santé mentale, une cause nationale 2025. « Et pourtant, l’année qui s’achève a encore été exigeante pour l’hôpital public, particulièrement pour la psychiatrie. Par la tension persistante sur les ressources humaines, le départ de médecins, par l’augmentation et la complexité des besoins de soins, par les injonctions parfois contradictoires… Pourtant, malgré ces difficultés, vous avez continué à soigner », félicite le Docteur Isabelle Boudier, présidente de la Commission médicale d’établissement. Aux vœux de Montperrin, adressés ce vendredi au 3 Bis F, le bilan de l’année passée a été tiré. À noter que Montperrin « a été trois fois cité dans le classement des dix meilleurs hôpitaux de France », rappelle Marie-Pierre Sicard Desnuelle, présidente du Conseil de surveillance. Certifiée par la Haute autorité de santé en mars, signatures de diverses chartes et rencontres avec le grand public, nombreuses inaugurations, dont l’accueil de jour adolescents sur le site de Montperrin, le développement de la politique « allers vers » avec la création de deux équipes mobiles supplémentaires en psychiatrie adulte, incluent le palmarès… « Notre plateau technique à nous est exclusivement humain, ce sont nos 1 300 professionnels répartis sur ce site et dans nos 50 structures extra-hospitalières », rappelle Gaëlle Dufour, directrice de l’établissement, qui l’assure : 2026, s’ouvre sur de « belles perspectives ». À commencer par le déploiement du projet de prise en charge des adultes autistes, dès janvier.

  • [Chroniques méditerranéennes ] Le cliquetis des menottes : Voilà la « solution »

    [Chroniques méditerranéennes ] Le cliquetis des menottes : Voilà la « solution »

    Si le dissensus est le sel de la démocratie, la répression en est le poison. Depuis longtemps, l’Italie est anesthésiée par des slogans et des clichés qui alimentent une haine toujours plus grande. Le gouvernement recourt à un vieux sport national : la démonstration de force. La répression s’effectue par un recours au droit pénal qui bafoue les libertés constitutionnelles.

    Le décret sur la sécurité, entré en vigueur le 11 avril 2025, a transformé les actes de dissidence en infractions pénales. C’est ce qui est arrivé à Marco Rovelli, écrivain et musicien, et à 36 autres personnes, fichées comme suspects. Ils avaient participé à la grande manifestation de solidarité pour Gaza et la Flottille de la Liberté à Rome en octobre dernier.

    « Ces noms, m’explique Marco Rovelli, ne sont pas choisis au hasard, mais triés sur le volet. On leur reproche d’avoir bloqué les voies en gare, malgré des négociations entre le syndicat CGIL et la police. »

    Mais le clou du spectacle, c’est le « paquet sécurité », actuellement examiné par le Parlement, qui vise les pouvoirs répressifs de l’État. Il prévoit des « zones rouges », des quartiers urbains interdits d’accès aux personnes jugées dangereuses, même non condamnées, ayant commis des « délits » lors de manifestations.

    Les « indésirables » sont de nouveau sous les feux des projecteurs : exil administratif pour tout étranger jugé dangereux, même sans avoir commis de délit. Un ensemble de mesures qui permettra de bloquer les navires de migrants si le ministre de la Ligue du nord, Matteo Salvini, actuellement ministre des Transports, le juge nécessaire. Ce dernier avait été acquitté alors qu’il était poursuivi pour séquestration et manquement à ses obligations professionnelles lorsqu’en août 2019 il avait empêché le débarquement de 147 migrants secourus par le navire de l’ONG espagnole Open Arms, avec de nombreux mineurs non accompagnés à bord.

    Mais la persécution des mineurs ne se limite pas aux arrivées par bateau. La liste des délits pour lesquels des jeunes peuvent être arrêtés en flagrant délit et les amendes infligées aux familles, allant de 200 à 1 000 €, pour défaut de surveillance, s’allonge.

    Le gouvernement Meloni ne se contente pas de lois ; il va plus loin : il instrumentalise les médias.

    Il y a quelques jours, dans un lycée de La Spezia, un élève marocain, Zouhair Atif, a poignardé son camarade d’origine égyptienne, Abanoud Youssef, par « jalousie ». Une photo d’Abanoud avec son ex-petite amie, publiée sur les réseaux sociaux, serait à l’origine du meurtre. Ultime mesure répressive : l’installation de portiques de sécurité dans les établissements scolaires. Des mesures qui, au vu des faits, se sont révélées inefficaces. Ceux qui se définissent comme immigrés de deuxième génération, nés en Italie de parents non italiens ou arrivés enfants, représentent un quart des jeunes de 15 à 35 ans. Les premiers à être confrontés et à subir la discrimination. Des familles vivant dans la crainte de l’immigration clandestine, avec des emplois précaires et des logements insalubres. Des jeunes contraints d’ignorer leur culture au nom d’un semblant de lien social, ou prêts à la reconquérir par la force. C’est dans ce contexte que se cache la tragique histoire de Zouhair Atif et Abanoud Youssef.

    Mais poser des questions n’est pas de mise. La « solution » ? Le rapatriement, des mesures de sécurité renforcées, des détecteurs de métaux dans les écoles, des arrestations. Oubliant que Zouhair et Abanoud sont les enfants de cette Italie-là. Les contrôles dans les écoles ou le bruit des menottes témoignent de la fragilité d’une société décomposée. Comme le disait Piero Calamandrei : « Là où il n’y a pas de liberté, il ne peut y avoir de légalité. »

    Journaliste et romancière, Stefania Nardini vit entre Naples et Rome.