Category: societe

  • À Aix, des ateliers pour adapter le logement des seniors

    À Aix, des ateliers pour adapter le logement des seniors

    Ils sont moins d’une dizaine à avoir bravé la canicule pour aller jusqu’au centre socioculturel la Rose des Vents. Organisé par le pôle infos seniors du CCAS, animé par le Creedat 13, association spécialisée dans l’adaptation et le réaménagement de logements, tenait un deuxième atelier permettant aux plus âgés, ou aidants, de réfléchir à des alternatives pour qu’un senior reste plus longtemps chez soi. Proposer d’autres options que l’Ehpad, ou l’emménagement chez un proche. « L’idée de la société en ce moment, c’est de favoriser le maintient à domicile le plus possible, rappelle Aline Baccon, responsable coordination du pôle infos seniors du CCAS. Il y a tout un panel de dispositifs qui permettent de rester à son domicile le plus longtemps possible. C’est un coût, mais il y a quand même beaucoup d’aides (….) ». Déjà le 17 juin dernier, le même atelier était organisé, au centre socioculturel La Provence.

    Des rencontres régulières

    Et sera réitéré dans les mois à venir. « On essaie d’en faire plusieurs par an sur différentes thématiques, poursuit Aline Baccon. L’intérêt de ces rencontres, c’est de faire de la prévention, d’anticiper et faire en sorte que les gens aient l’information au plus tôt pour éviter des situations dégradées, éviter les chutes, les risques… Mais aussi faire en sorte que les gens ne se disent pas que (rester chez soi) n’est pas une option, faute de moyens ». Au cours de l’atelier, Lucille Besson Papin, ergothérapeute au sein de la Creedat 13, animatrice de la rencontre pour la journée, expose les chiffres. Chez les personnes âgées, les chutes représentent 130 000 hospitalisations par an. 70% d’entre elles ont lieu au domicile, et 10 000 d’entre elles par an sont une cause de décès. « La population en France est vieillissante, vit de plus en plus longtemps, il y a donc de nouveaux besoins chez les seniors. Ici, on vient faire de la prévention pour lutter contre les risques de chute, d’aggravation des problématiques de santé, dans le but qu’on puisse intervenir avant même qu’il y ai des soucis au sein du logement des bénéficiaires », déroule Lucille Besson Papin. Parmi le petit groupe présent, les raisons de venues varient. « J’ai des amis qui ont eu des problèmes de santé, ça peut leur être utile », résume Réjane. « De mon côté, j’ai fait plusieurs chutes sur le dos, j’ai besoin de pouvoir aller mieux au quotidien. Il faut que je puisse adapter mon logement par rapport à cette pathologie. C’est une kinésithérapeute qui m’a envoyée ici », explique de son côté Marie-Laure. D’autres ateliers sont à venir, dans les centres sociaux.

  • Ces officiers pompiers formés au cœur de l’Arbois

    Ces officiers pompiers formés au cœur de l’Arbois

    Sur le plateau de l’Arbois, à proximité immédiate de la D9 et du Stadium de Vitrolles, un drôle de carrefour se trouve en pleine pinède. Plusieurs bâtiments en béton, à l’allure plus de bunkers que de gais foyers, se dressent aux quatre coins, avec une laverie d’un côté, ou un hall d’immeuble de l’autre. Une station-service à la pompe désuète termine l’ensemble.

    Une infinité de scénarios

    Tout autour, des pompiers et leurs véhicules terminent leur exercice, encore possible ce mercredi 24 juin au matin avant de subir les chaleurs de la journée. La boucle passant par cette ville factice du plateau technique de l’École nationale des officiers sapeurs-pompiers (Ensosp) forme un parcours-type pour les escadrons de combattants du feu placés sous les ordres des élèves officiers en formation. « Ici, on n’apprend pas à ouvrir une lance. On apprend à de futurs lieutenants chefs de groupe à gérer 4 engins », explique le commandant Frédéric Puel directeur du plateau technique.

    Sur les 24 hectares du centre, plusieurs simulateurs permettent d’aborder presque toutes les situations du quotidien du pompier. « Nous avons une base de 130 scénarios différents avec une possibilité de variation quasi infinie : une, deux, cinq victimes, avec ou sans propagation du feu », illustre le commandant. Tout est question d’évolution pédagogique : « On travaille sur trois niveaux de difficulté. La première mise en situation comporte une seule évolution » prévue dans le scénario, comme par exemple une victime en plus de ce qui était prévu. Le deuxième échelon prévoit jusqu’à trois évolutions. Enfin, le troisième échelon prévoit « une situation complexe de plusieurs évolutions pour forcer l’élève officier à réorganiser son chantier » indique Frédéric Puel.

    Chaque exercice est simulé en conditions proches du réel. Une alerte est créée par un formateur, envoyée par le centre de traitement et réceptionnée à la base opérationnelle sous forme d’un ticket comprenant les infos essentielles. Dans le hangar attenant, sept centres de secours sont simulés, chacun disposant d’une voiture de commandement, d’une ambulance et de deux pompes. « Chaque officier doit produire une stratégie et prendre des décisions, seul. La finalité est qu’il ressente la solitude du chef », détaille Frédéric Puel. Tout est prévu pour accueillir entre 6 et 7 000 élèves officiers par an en formation initiale ou complémentaire sur site, sur des périodes de quinze jours en moyenne.

  • Les Bouches-du-Rhône renoncent à l’uniforme dans les collèges

    Les Bouches-du-Rhône renoncent à l’uniforme dans les collèges

    En cette rentrée 2024, au moment de remettre leurs nouveaux uniformes scolaires aux élèves du collège Château-Forbin dans le 11e arrondissement de Marseille, la présidente (DVD) du conseil départemental, Martine Vassal, se réjouissait d’une expérimentation qui allait « renforcer le sentiment d’appartenance à l’établissement scolaire, de répondre aux problématiques de harcèlement scolaire et d’améliorer le pouvoir d’achat des familles ». Mais deux ans plus tard, celle-ci tourne court. Ce 22 juin, la collectivité a brusquement résilié le marché signé avec la Quincaillerie aixoise pour fournir ces tenues uniques testées par 1 200 élèves à Château-Forbin et au collège Mont-Sauvy à Orgon. Officiellement, le conseil départemental estime que l’envolée du prix des uniformes proposée le 22 avril -plus de 31,90% en moyenne- remet en cause le contrat. Mais cette résiliation vient surtout mettre discrètement un terme à l’expérience largement médiatisée à son lancement.

    « Nous arrêtons effectivement l’expérimentation », confirme la conseillère départementale (DVC) déléguée aux collèges, Béatrice Bonfillon-Chiavassa, reconnaissant que les coûts de fabrication « avaient significativement augmenté ». Mais tandis que le collège d’Orgon comptait bien poursuivre l’expérience, le conseil d’administration de Château-Forbin s’est prononcé contre sa poursuite le 30 mars. « La gestion quotidienne des élèves ne respectant pas le port de la tenue représente une charge de travail trop importante », explique la conseillère départementale. Surtout, « l’État a décidé après ces deux ans d’expérimentation d’y mettre fin et donc d’arrêter la subvention qui l’accompagnait. C’est la raison pour laquelle nous avons arrêté cette expérimentation, avec regret », indique Béatrice Bonfillon-Chiavassa.

    « Pas un gâchis »

    Au total, près de 210 000 euros ont été initialement consacrés à cette expérimentation, indiquait le conseil départemental lors de son lancement, soit 127 euros par élève pris en charge pour moitié par la collectivité. « On ne peut pas dire que c’est un gâchis quand on réalise une expérimentation pour aller vers le mieux, défend l’élue. S’entêter à aller dans ce dispositif quand une équipe ne souhaite plus le faire, ça, cela aurait été du gâchis. » Elle espère désormais en tirer le bilan avant de regarder plus en avant. « Pour les avoir rencontrés, c’était plutôt bien perçu par les parents mais aussi par les élèves », explique-t-elle, y voyant une manière de lutter contre le harcèlement et d’aider les familles. Une étude de l’Éducation nationale publiée le 12 mai montrait que si les directions d’établissement appuyaient la mesure, l’uniforme était vu comme « une contrainte inutile » par la moitié des collégiens.

  • [Entretien] Delphine Tisseyre, Secours populaire : « Derrière les chiffres, une réelle détresse humaine »

    [Entretien] Delphine Tisseyre, Secours populaire : « Derrière les chiffres, une réelle détresse humaine »

    La Marseillaise : La Banque alimentaire faisait état de 63 500 bénéficiaires en 2025. Quel constat faites-vous sur le terrain ?

    Delphine Tisseyre : Les chiffres sont une chose mais derrière il y a une réelle détresse humaine, un malaise qui est créé. On détecte dans nos familles, chez nos ados, de plus en plus de troubles psychiques et maintenant on n’arrive plus à les nourrir correctement. Aujourd’hui, on distribue des produits de l’Union européenne, des pâtes, du riz. Mais sans beurre ni légumes, ni fruits, c’est insuffisant. Pour les produits frais, il faut toute une logistique, surtout l’été. Peu d’associations en ont les moyens. Et le pendant de l’entrée dans l’ère de l’anti-gaspi, c’est qu’on nous fait payer, le recyclage des vêtements par exemple, et c’est un poids en plus sur le dos des bénévoles. Les associations sont la soupape de sécurité de notre société et on compte beaucoup sur elles, mais on a l’impression d’être abandonné des priorités de l’État.

    Où en est le Projet alimentaire départemental (PAD) mis en place en 2019 et destiné à promouvoir les produits locaux dans la lutte contre la précarité alimentaire ?

    D.T. : Mieux manger pour tous est une bonne chose et on est reconnaissant de l’aide au financement. Mais c’est insuffisant par rapport aux besoins. Le quotidien va vite. Et face au développement des discounters, nous ne sommes pas armés pour le rachat en gros volumes donc ce qui pouvait être donné l’est moins. Il y a aussi cette difficulté de coller à un cahier des charges des producteurs locaux. Les œufs par exemple, la quantité est un problème. Or nous ne sommes pas en mesure de garantir la commande si l’éleveur agrandit ses poulaillers car on ne sait pas à l’avance de quel budget on disposera l’année suivante. Ce système a tendance à se mordre la queue.

    L’été est-il plus cruel que l’hiver pour les personnes en grande précarité ?

    D.T. : L’hiver, on se couvre, on arrive à distribuer des vêtements chauds et des couvertures. L’été, on cherche des lieux climatisés, des points d’eau fraîche, c’est plus compliqué. Pour nos maraudes, il faut des équipements pour réfrigérer. Et du fait que de nombreux lieux ferment durant les vacances, les associatifs sont aussi moins nombreux sur le terrain durant cette période et le sentiment d’isolement des personnes démunies est plus important.

    Quelles demandes feriez-vous ?

    D.T. : On n’en est plus aux préconisations, mais à répondre à une véritable urgence sociale. Il y a l’inflation, mais pas seulement. Certaines mesures administratives créent des situations de pauvreté ou les aggravent. C’est bien de renforcer les contrôles contre les fraudes en tout genre, mais ceux-ci sont parfois faits sans aucune analyse fine. On s’est retrouvé avec une vague de coupures de RSA. Il a fallu démêler bien des erreurs. Et quelques mois sans revenus, ça plonge vite les gens dans la misère absolue. Souvent les mesures d’accompagnement pour le retour à l’emploi ou pour l’aide à la garde d’enfants ne suivent pas ou sont mises en place beaucoup trop lentement. On perd plus rapidement et facilement ses droits qu’on y accède.

    Les publics rencontrés sont-ils
    de plus en plus divers ?

    D.T. : Oui et on a aussi des situations de détresse qui ne sont pas toujours visibles. Des couples qui font la priorité du loyer et qui ne mangent pas à leur faim alors qu’ils travaillent. Une personne traitée pour un cancer à qui on ne peut pas donner n’importe quel aliment. Certains font le tour des associations pour trouver ce dont ils ont besoin et c’est douloureux d’avoir l’air de quémander mais heureusement qu’ils le font.

  • Noailles : les habitants se sentent esseulés suite à l’effondrement

    Noailles : les habitants se sentent esseulés suite à l’effondrement

    « On a cru qu’on allait mourir. Et en fait, non. Puis, il y a eu de l’incompréhension, de la sidération et de la colère. Ils nous ont niqués nos vies pour un bon moment », rappelle, les yeux embués mais le cœur vaillant, Jihane El Meddeb. Délogée de son appartement du 3, rue Vacon, suite à l’effondrement, jeudi 18 juin à 21h, d’un immeuble en chantier de la SPLA-IN situé sur la place Halle-Delacroix, elle ne cesse d’enrager contre cette société publique locale d’aménagement d’intérêt national. « J’ai demandé hier [vendredi] un point d’information au responsable des relations citoyennes de la SPLA-IN mais zéro retour. Tout est tombé mais comment peut-on savoir ce qu’il s’est vraiment passé ? », s’interroge-t-elle en ce samedi 27 juin, tandis que les deux passages vers la Halle-Delacroix, condamnés, ne font qu’entendre les engins des ouvriers qui s’y activent.

    « Je me sens méprisée. On est en France quand même. On attend toujours des informations sur la chaîne de responsabilités dans le chantier. J’ai très envie de retourner chez moi, mais j’ai aussi très peur. On ne sera jamais rassurés », ajoute Jihane El Meddeb, pendant que certains riverains participent à un point d’information tenu par le Collectif du 5 novembre et l’Assemblée des personnes délogées. « Il y a une fiche pour les habitants du quartier qui veulent porter plainte contre X, déjà pour avoir accès aux documents et savoir ce qu’il se passe pour l’enquête », indique au micro la militante Anissa Harbaoui.

    « Mutualiser nos infos »

    Le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour mise en danger de la vie d’autrui. « Oui, il y a eu des erreurs, quelque chose d’anormal qui s’est passé. C’est un incident majeur dont je ne connais pas les causes réelles », expliquait il y a quatre jours à La Marseillaise Franck Caro, directeur général de la SPLA-IN. « Ce n’est pas possible de ne pas nous informer. La réunion de ce matin est un moyen de mutualiser nos informations », explique Jihane El Meddeb. Délogée elle aussi, Margaux rappelle que, « malgré qu’on ne puisse pas accéder à nos logements, nous devons quand même payer nos loyers. Nos propriétaires ou les agences immobilières s’en foutent et disent que ce n’est pas à eux de gérer cela. »

    Traumatismes

    Juste avant, Mona, enfant d’une petite dizaine d’années, témoigne de sa « peur » lors de la nuit de l’effondrement. « Depuis une semaine, nous sommes relogés dans un appart’hôtel et nous sommes toujours dans le stress », confie-t-elle. Autant de traumatismes ravivant le drame de l’effondrement des numéros 63 et 65 de la rue d’Aubagne qui avaient coûté la vie à huit Marseillais, le 5 novembre 2018, à quelques mètres de la Halle-Delacroix. « On a l’impression que l’histoire se répète », regrette Laurent, du Collectif du 5 novembre. « Le soir des effondrements, on a assisté à la même incohérence et au chaos des autorités qu’à l’époque. Dans un premier réflexe, très grave, les pompiers disaient aux gens d’aller chez des amis. Il existe pourtant à Marseille une charte du relogement pour laquelle on s’est battus. Les délogés doivent être pris en charge jusqu’à la fin du sinistre », dit cet habitant de Noailles et militant qui exhorte l’auditoire à se « monter en interassociations. On a vraiment besoin d’un accompagnement juridique pour répondre aux gens dans la panade. »

  • Un Carreau du cœur pour la Maison Dacor

    Un Carreau du cœur pour la Maison Dacor

    Cette association qui lutte depuis 2014 contre l’isolement des personnes en situation de handicap a ouvert en janvier 2025 la Maison Dacor, lieu d’accueil à Aubagne. Elle répartit ses initiatives en « trois types d’actions », comme nous l’explique Jean-Marc Elbhar, président de l’association : « à Aubagne, nous organisons des activités culturelles, sportives, bien-être, mais aussi de la vidéo et du montage ». Des activités « particulièrement appréciées » par le public. On peut également retrouver des « ateliers de comédie musicale » ayant pour objectif la préparation de « grands spectacles » dont le prochain est prévu pour en avril 2027. Enfin, tous les mois sont organisées des soirées « boom », avec notamment un DJ autiste présent pour l’occasion.

    Un impact attendu

    Cet espace recherche le lien entre ses membres et l’épanouissement de chacun. Une grande aide espérée dans ce but par le Mondial comme nous le révèle le président : « On a été extrêmement touché d’être invité. On va présenter notre spectacle, notre association, on s’est organisé pour avoir toujours du monde au parc. Évidemment, ça va nous donner de la visibilité, de la lisibilité, c’est pour nous quelque chose qui tombe du ciel ». Ce dernier compte bien saisir la chance de profiter de la médiatisation du concours.

    « Réseaux sociaux, conférence de presse, dossier de presse » sont mobilisés pour les événements, et particulièrement dirigés vers les entreprises et les centres sociaux, représentant plus de 30% du public aux spectacles. « Toujours à la recherche d’une tête d’affiche », Jean-Marc Elbhar avait réussi à toucher Jean-Jacques Goldman qui aurait parrainé il y a quatre ans la ligne « Regarde-moi » et accordé la diffusion de sa célèbre musique « Envole-moi ». Le président de la Maison Dacor s’attriste tout de même de la difficulté de toucher des « personnalités » avec parfois un manque de « réseau » face aux producteurs ou agents des célébrités. En attente d’un retour d’Arthus qui aurait été touché par l’association et la proximité de ses idées avec son film, l’espoir est de mise pour rencontrer de potentielles icônes au sein de La Marseillaise.

  • Camp des Milles : Alain Chouraqui passe la main

    Camp des Milles : Alain Chouraqui passe la main

    C’est une page symbolique de 44 années d’engagement qui se tourne, pour le site-mémorial du Camp des Milles. Lors du dernier conseil d’administration de la Fondation, son président et fondateur Alain Chouraqui a annoncé qu’il souhaitait se retirer de ses fonctions, « à un moment et dans des conditions qui permettent d’assurer dans la durée la continuité de l’institution et de ses missions fondamentales, patrimoniales, éducatives et citoyennes », explique-t-il par communiqué.

    Directeur de recherche émérite au CNRS, il avait repris le flambeau de Denise Toros-Marter, Louis Monguilan et de son père Sydney Chouraqui pour transformer l’ancienne briqueterie, le seul grand camp français d’internement et de déportation encore intact, en site-mémorial. Après plus de trente ans d’engagement, celui-ci avait ouvert ses portes le 10 septembre 2012. « Il est du devoir d’un dirigeant -en particulier au sein d’une organisation reconnue d’utilité publique- de préparer sa succession pour assurer au mieux l’efficacité de ses missions dans la durée,
    explique aujourd’hui Alain Chouraqui. Il est important aussi qu’une institution puisse vivre et se développer en tant que telle sans confusion trop longue avec celui ou celle qui l’a créée, la dirige ou la représente. L’inverse pourrait la fragiliser à terme. »

    Son successeur devrait être désigné pendant la deuxième quinzaine de juillet. Dans un entretien accordé à La Provence, il plaide pour passer la main
    à l’actuel trésorier de la Fondation, l’ancien préfet Claude Kupfer, fils et frère de déportés. Lui-même restera impliqué, en tant que titulaire de la Chaire Unesco qu’il dirige mais aussi en tant que président d’honneur.

    1,2 million de personnes sensibilisées

    Le chercheur émérite en effet, au-delà de la conservation et de la valorisation du site, y a développé un « volet réflexif et citoyen » pour comprendre comment l’on passe de l’antisémitisme ou du racisme au crime de masse, et comment y résister. En 2015 fut créée ainsi une chaire de l’Unesco sur l’éducation et la citoyenneté, en lien avec Aix-Marseille Université et regroupant des universités d’une vingtaine de pays. De quoi donner un rayonnement international à une Fondation très largement reconnue et respectée. Au total, plus de 1,2 million de personnes ont été sensibilisées dans et hors les murs du site-mémorial, son Petit manuel de survie démocratique diffusé à 250 000 exemplaires. Reste un combat, l’inscription du Camp des Milles au patrimoine mondial de l’Unesco, dont la longue démarche a été lancée le 28 avril dernier.

  • La misère encore plus pénible au soleil

    La misère encore plus pénible au soleil

    Sabrina s’approche timidement des tables dressées par le Secours catholique place Félix-Baret à Marseille. « Est-ce que vous aidez à l’hébergement ? », s’enquiert la jeune femme au visage émacié. « Il n’y a pas de place au 115. Je dors dans ma voiture, ce n’est pas très tranquille pour une femme seule. En plus, avec la chaleur… Mais je ne peux pas la déplacer, je n’ai plus d’essence », justifie-t-elle. Sabrina accepte l’invitation d’une bénévole à rejoindre les autres convives. D’autant plus volontiers qu’elle est « à jeun depuis deux jours », privée « depuis le début du mois, sans savoir pourquoi » de l’allocation adulte handicapé.

    Ce 17 juin, l’association avait organisé une soupe fraternelle devant la préfecture pour interpeller les pouvoirs publics. « Nous avons franchi en 2025 le cap des 30 000 rencontres en une année, 15% de plus que l’année précédente, 50% de plus qu’il y a dix ans », explique Julien Moisan, chargé de plaidoyer de la délégation marseillaise. Les 2,7 millions d’euros par an dédiés par la préfecture des Bouches-du-Rhône aux 2 000 repas par jour pour les personnes mises à l’abri à l’hôtel ou dans la rue et les 400 000 euros alloués aux acteurs de la veille sociale ne suffisent pas à répondre aux besoins qui explosent.

    Au lendemain de son action coup de poing sur la table, le Secours catholique a repris ses maraudes. Mercredi 24 juin, le département est placé en vigilance orange. Françoise, Marc et Rémy ont fait le plein du camion : une centaine de bouteilles d’eau, presque autant de lait, 16 litres de soupe, une glacière de pâtes, des portions de fromage et des dizaines de baguettes de pain, café, thé et cacao. Après un appel au 115, la camionnette part sillonner les rues de Sainte-Anne à la préfecture, en passant par les hôpitaux Saint-Joseph et la Timone. Rémy ajoute la rue d’Aubagne. Où l’équipe de la veille, qui a rencontré 90 personnes, « en a signalé de nouvelles », précise le conducteur.

    Un premier arrêt pour s’enquérir de la santé d’une quinquagénaire qui s’est aménagé un abri discret derrière les lauriers au bout d’un parking, qu’elle tient propre. Elle ne réclame que de l’eau. Un homme, également habitué de la maraude, s’approche pour un café et un bol de soupe et demande un rasoir. Autre halte au pied de l’église de Saint-Giniez où quatre hommes sont assis sur les marches et deux adolescents sur un muret. Tous ont les traits tirés. Aucun d’eux n’a mangé depuis la veille. L’un d’eux loue « une chambre de 8m2, pour 400 euros, sans eau potable », précise-t-il. Épuisé par la chaleur, il a « dormi toute la journée ».

    Après 21h, c’est le rush

    Face à l’hôpital, une femme est assoupie dans une voiture. « Elle y attend la sortie de son mari hospitalisé, prévue pour le lendemain. L’hôtel c’est pas dans leurs moyens », rapporte Rémy qui lui a apporté une soupe. Plus on s’enfonce dans la nuit, plus les moments de rush s’enchaînent autour de la camionnette. Devant un garage du Prado, le véhicule est repéré avant même qu’il se gare. Une vingtaine de personnes afflue. Entre deux cafés et un chocolat distribués, Rémy informe et donne le plan des points d’accueil pour SDF. L’équipe est chaleureuse et la soupe réputée excellente. Mais « on aimerait qu’ils aient plus de temps pour taper un brin de causette », lâche Éliane, retraitée toute pomponnée qui s’est résignée à la rue du fait de sa « maigre pension » et parcourt « des km par jour » avec ses deux amis, « pour la lessive, la douche, la clim… » Près de la préfecture, une quinzaine de personnes attend autour de la fontaine. « J’ai un studio et l’APL, mais au milieu du mois il ne me reste plus rien pour manger », explique un jeune au RSA. Pas mieux pour Armelle et son fils : « Ça fait cinq ans que le Secours catholique nous nourrit, nous habille. Je paye le loyer en priorité pour ne pas me retrouver dehors. Parfois je trouve un ménage à faire, ça aide. » Tandis que Marc remplit les bols de soupe ou de pâtes à tour de bras, elle s’enquiert : « C’est vendredi votre fête de l’été ? » Françoise lui tend une invitation.

    Il est minuit passé et la camionnette s’est vidée, provoquant quelques déceptions. « C’est parfois compliqué à gérer, car il y a de plus en plus de monde et on n’a pas toujours assez à distribuer », regrette Françoise en faisant, un peu épuisée, le décompte des prénoms qu’elle a consignés toute la soirée sur la feuille de route, avec les besoins spécifiques exprimés au passage : « 96 personnes » au bas mot. C’est « beaucoup plus » que lorsqu’elle a démarré les tournées il y a une quinzaine d’années, « et ça ne laisse plus le temps du dialogue ». Cette surfréquentation met en tension les capacités logistiques et humaines des associatifs. « Elle nous écarte de notre mission première : créer du lien social », déplore Baptiste Jeansoulin, animateur des tournées de nuit, suspendues le 9 juin pour répondre à l’urgence et demander plus de moyens. Comme la création d’un restaurant social ouvert le soir, pour « permettre aux gens de la rue de dîner dignement ». La belle proposition du chef étoilé Sébastien Richard avec Le République en 2021, s’est éteinte fin 2025. Et le Noga, qui dresse depuis 2007 près de 500 couverts par semaine le midi sur le cours Julien, est en difficulté.

    « Malgré un contexte budgétaire contraint, l’objectif de l’État est de garantir une reconduction des crédits alloués », indique la préfecture des Bouches-du-Rhône. Une « notification des crédits tardive » fait que les demandes des associations « sont en cours d’instruction », précise-t-elle en annonçant la tenue d’un nouveau comité départemental de lutte contre la précarité alimentaire « dans les prochaines semaines ».

  • [Science] « La vérité, rien que la vérité » : quelle efficacité du serment ?

    [Science] « La vérité, rien que la vérité » : quelle efficacité du serment ?

    Le cheminement a été long. « Il y a eu quelques réticences au départ dans la communauté scientifique, se souvient Stéphane Luchini. Certains considéraient que le serment n’était pas un objet d’étude scientifique ». Après quinze ans de travail et des collaborations avec des collègues psychologues pour mettre au point et réaliser une expérience, les scientifiques sont aujourd’hui en mesure de l’affirmer : oui, les témoins mentent moins sous serment. « Ce n’est pas juste un cérémonial », résume le chercheur, coauteur d’un article paru dans Journal of Experimental Criminology. Et ce n’est pas anodin quand on connaît l’importance, lors d’un procès, d’un témoin oculaire qui a tout vu et quand on sait que « le faux témoignage est la première cause d’erreurs judiciaires », écrivent les auteurs.

    Gros menteurs

    L’expérience est à la croisée de la psychologie sociale et de l’économie. « C’est très original, souligne Stéphane Luchini. Cela n’avait jamais été fait. » Confrontés à la vidéo d’un vol avec agression dans un parking, les participants devaient ensuite répondre à des questions. Exemple : « Les assaillants arrivaient-ils de la gauche ou de la droite de la voiture ? » Seulement, certains étaient incités à mentir en se voyant retirer une petite somme d’argent à chaque bonne réponse, faisant fondre la rémunération qui leur revenait pour leur participation. La comparaison entre les individus ayant prêté un serment obligatoire et ceux qui en étaient exemptés montre une différence : « Le serment réduit le mensonge de 39% », résume Stéphane Luchini.

    Un autre groupe avait le choix de prêter serment ou pas. Dans ce cas, presque tous les participants acceptent. « C’était attendu », précise le chercheur. Plus étonnant en revanche : quand le serment est libre, les gros menteurs mentent moins. « Quand il est obligatoire, ils mentent pleinement, note Stéphane Luchini. Cela souligne l’importance de la liberté dans l’engagement ».

    L’efficacité prouvée du serment invite à l’étendre au-delà du procès, par exemple dès les premiers instants de l’enquête, quand les souvenirs sont frais, les pressions extérieures déjà présentes et le risque de mensonge élevé. Voire dans d’autres contextes, comme l’éthique professionnelle ou la protection de l’environnement, concluent les auteurs de l’article.

  • [Recette] Sashimi de sériole, cornichon frais, basilic thaï et piment Gorria

    [Recette] Sashimi de sériole, cornichon frais, basilic thaï et piment Gorria

    Pour 2 personnes,
    il vous faudra :

    – Un filet de sériole frais

    – Deux cornichons frais ou un concombre

    – Un piment basque Gorria et un bouquet de basilic thaï

    – De la crème épaisse d’Issigny, de la fleur de sel

    – Une bonne huile d’olive

    Un poisson au goût naturel

    Pour débuter la recette, il vous faudra couper de jolies tranches de sériole dans le filet, sur la largeur, celles-ci doivent faire environ 5 mm d’épaisseur pour avoir quelque chose de doux en bouche, mais garder tout de même de la mâche. La sériole est un poisson blanc de Méditerranée, vous pouvez le remplacer par n’importe quel autre poisson blanc et demander à votre poissonnier de lever les filets. Assaisonnez ensuite avec un peu de fleur de sel afin de préserver le goût naturel et frais du poisson.

    Coupez ensuite vos cornichons frais en deux dans le sens de la longueur. Les cornichons frais ne sont pas plongés dans le vinaigre, il peut être donc assez compliqué d’en trouver. Cependant, le goût du légume cru se rapproche beaucoup de celui du concombre, vous pouvez donc le remplacer par celui-ci. Brûlez la face interne du cornichon au chalumeau. Si vous n’en avez pas, faites chauffer une poêle sans matière grasse et déposez-les dessus une fois que celle-ci est très chaude, pas plus de quelques secondes. Cela viendra apporter de la gourmandise et un goût fumé dans votre recette.

    Des produits frais et bruts dans l’assiette

    Découpez chaque moitié de cornichon en trois morceaux en biais. Réalisez ensuite de fines lamelles de piment gorria et sélectionnez quelques belles feuilles de basilic sur votre bouquet.

    Vient maintenant le moment du dressage. Pour cela, déposez dans un fond d’assiette creuse une belle cuillère à soupe de crème épaisse et faites un petit puits, ajoutez un léger filet d’huile d’olive, disposez les morceaux de cornichon ou concombre dans le fond de l’assiette, sur la crème, quelques lamelles de piment, puis superposez légèrement deux tranches de sériole que vous roulez légèrement sur l’une des extrémités. Déposez au centre, puis déposez quelques feuilles de basilic thaï.

    Bon appétit.