Category: societe

  • De Minneapolis à Marseille, le rejet de la police de l’immigration

    De Minneapolis à Marseille, le rejet de la police de l’immigration

    Renée Good. Alex Pretti. Les noms des deux dernières victimes de l’ICE, la brutale agence fédérale américaine chargée de l’immigration, s’affichent sur les pancartes brandies sous l’ombrière. Deux rassemblements de soutien au peuple américain ont eu lieu en simultanée, sur le Vieux-Port à l’appel de la Digue, et à Paris à l’appel d’Invisible.

    Partout, des voix s’élèvent contre le bras armé de la politique raciste du président Donald Trump, qui vient de montrer son vrai visage aux yeux du monde. Les manifestations d’une population choquée à Minneapolis trouvent de forts échos. Aux États-Unis, des stars (Katy Perry, Natalie Portman…) prennent position contre les violences de l’ICE. à Paris ou Marseille, les ressortissants américains ne sont pas seuls à descendre dans la rue. La solidarité des forces progressistes les accompagne. Et c’est efficace.

    « L’administration Trump commence à reculer, encourage le journaliste Cole Stangler. Le chef de l’ICE a été retiré de ses fonctions, Trump lui-même commence à prendre ses distances avec ses conseillers… Il est en train de perdre la bataille de l’opinion ! » Jennifer, qui a passé sa vie à Saint-Paul et a encore sa famille aux États-Unis, témoigne en remerciant l’élan solidaire avec émotion : « Il est difficile de croire ce qu’on voit. Qu’on aille à l’école ou faire ses courses, on ne peut plus sortir sans croiser les ICE, cette police qui tue. » « Cette leçon américaine, on en a des prémices en France », souligne Hendrik Davi (L’Après), du réseau de députés qui ont créé « La Digue, contre le fascisme ».

  • La situation au Rojava mobilise 150 personnes à Avignon

    La situation au Rojava mobilise 150 personnes à Avignon

    Devant la cité administrative d’Avignon, alors que le soleil s’est couché depuis quelques minutes, ce sont les drapeaux jaune, rouge et vert du Rojava, zone autonome kurde du nord-est de la Syrie, et du PYD (Parti de l’union démocratique kurde-syrien), qui ont illuminé la place. 150 personnes se sont rassemblées en soutien au territoire qui subit, ces dernières semaines, des attaques du régime syrien dirigé par Ahmed al-Charaa, ancien combattant d’Al-Qaïda et de Daech.

    « Il faut mettre la pression sur l’État français et ses politiques pour qu’ils empêchent tout ça, clame Mehmet Ceri, représentant du Centre démocratique kurde d’Avignon. La première chose que les dirigeants syriens exigent, c’est l’arrêt de l’armée des femmes. Une défaite serait aussi un énorme revers pour le droit des femmes. » Pendant que le cortège remontait la rue de la République en direction de la place de l’Horloge et que des militants distribuaient des tracts expliquant la situation aux passants, des « Erdogan terroriste » résonnaient à travers la tranchée haussmannienne de la cité des Papes. Il est reproché au dirigeant turc de soutenir l’offensive des factions syriennes contre le Rojava.

    « Pour le peuple kurde, il s’agit clairement d’une guerre de survie face à un État islamiste. La révolution du Rojava porte nos espoirs à tous et toutes d’une société égalitaire véritablement démocratique », lance Pierre, militant du collectif No Pasaran 84, qui a coorganisé cette manifestation.

    Fumigènes interdits

    Le rassemblement s’est tenu dans le calme, avec une mobilisation policière conséquente, notamment devant le conseil départemental. La préfecture de Vaucluse avait notamment publié, ce mardi 27 janvier, un arrêté portant sur la « réglementation de l’achat, de la vente, de la cession, de l’utilisation, du port et du transport des artifices de divertissement et des articles pyrotechniques ». Ceci « afin de prévenir les débordements de voie publique à l’occasion de la manifestation revendicative », justifié à la fois par des tirs de mortiers survenus ces derniers mois dans plusieurs villes du département et par les incidents ayant émaillé la manifestation de Marseille du jeudi 22 janvier, au cours de laquelle des individus masqués avaient tiré sur les forces de l’ordre avec des mortiers d’artifice (lire notre édition de vendredi). Ces actes avaient été condamnés « avec la plus grande fermeté » par les organisateurs. À Avignon, le samedi 24 janvier, « une dizaine de participants » auraient également « tiré des fusées d’artifice ».

  • La nouvelle procureure d’Avignon séduite par son cadre de travail

    La nouvelle procureure d’Avignon séduite par son cadre de travail

    Ses « perspectives et axes d’actions » sont réservés à son discours d’installation, le 6 février, lors de l’audience de rentrée du tribunal d’Avignon. Mais Stéphanie Aouine, qui a pris ses fonctions de procureure de la République le 5 janvier, a toutefois reçu la presse, ce mercredi matin. La nouvelle cheffe du parquet est pour l’heure en phase exploratoire, mais prône une méthode « de proximité et de coordination, j’ai toujours travaillé comme ça, il n’y a pas de raison pour que ça change ».

    À 49 ans, Stéphanie Aouine prend la responsabilité de son 3e parquet, après avoir été procureure de la République à Châteauroux puis Angoulême, d’où elle arrive. « J’y ai passé à chaque fois 5 ans et demi, il est temps de relever de nouveaux défis », expose-t-elle. Et ils ne manquent pas. Comme avec le narcotrafic, un sujet abordé avec humilité : « Les acteurs de cette lutte n’ont pas attendu mon arrivée pour faire des choses, ma logique est plutôt de m’inscrire dans les stratégies locales qui sont déjà mises en œuvre. »

    La procureure n’occulte pas non plus « les atteintes aux personnes et violences intrafamiliales » ainsi que « la prise en charge et l’accompagnement des victimes ». Un sujet qui résonne pour celle qui a rédigé un mémoire de fin d’études universitaires sur les femmes victimes de viol. Après un peu plus de trois semaines à Avignon, Stéphanie Aouine pose un premier regard « optimiste et bienveillant ». « J’ai été très bien accueillie. Je suis frappée par l’engagement et la motivation des gens, attachés à leur territoire, cela, je ne l’ai pas forcément trouvé partout de manière aussi prégnante », salue la procureure.

    Des renforts attendus

    d’ici à une année

    Pourtant, il y aura « du travail » en interne pour redonner confiance à son équipe de parquetiers, ébranlée par le management de sa prédécesseure, Florence Galtier. Il y a deux mois, nous révélions que son départ était lié à un lourd malaise, ayant déclenché une inspection. « Je l’ai découvert en vous lisant », sourit-elle, sans vouloir « s’appesantir dessus ». « Ma préoccupation n’est pas de m’intéresser à ce qui s’est passé avant, mais d’observer en faisant la connaissance des équipes et en établissant un diagnostic du territoire et de la juridiction pour avancer », se projette la procureure. À son sujet, « le ressenti est plutôt très positif », nous confie-t-on au sein du parquet, en attendant « de voir à la pratique ». Des moyens humains, réclamés en interne, devraient arriver d’ici à un an avec deux nouveaux parquetiers attendus, contre dix aujourd’hui. « Notre ministère a tiré les conséquences des hausses d’activité à laquelle l’institution judiciaire doit faire face », conclut-elle.

  • Logement social à Aubagne : la Maison de l’habitat en première ligne

    Logement social à Aubagne : la Maison de l’habitat en première ligne

    Effet de la tension sur le logement, la Maison métropolitaine de l’habitat*, ouverte à Aubagne le 17 mars 2025 suite à une convention entre la Ville et la Métropole Aix-Marseille, a enregistré 1 119 sollicitations jusqu’en décembre dernier, détaille la Métropole. Cette structure a vocation à constituer un guichet unique, offrant information, orientation et accompagnement pour l’ensemble des démarches liées au logement. L’an dernier, l’essentiel des demandes ont concerné « le logement social, avec 533 sollicitations, portant sur le suivi des dossiers, les démarches et les délais d’attribution », nous a répondu la Métropole.

    Une offre étoffée en 2026

    Les questions juridiques arrivent en second, avec 337 demandes liées aux rapports locatifs (droits et obligations, dettes, charges, conflits). 77 signalements ont été transmis sur le mal-logement. Enfin, la Maison de l’habitat a accompagné des usagers dans leurs projets de réhabilitation, notamment pour l’accès aux aides de l’Agence nationale de l’habitat (121 sollicitations). Elle s’appuie sur un accueil physique et téléphonique, ouvert à tous. Afin d’apporter des réponses fiables et adaptées, elle mobilise un réseau de partenaires spécialisés, tels que Action logement, des associations sociales (…).

    Des permanences sur rendez-vous permettent un accompagnement personnalisé, notamment juridique, ou pour le montage de dossiers complexes. La Maison de l’habitat a observé « une hausse de demandes d’accompagnement » à partir de septembre dernier. De nouvelles permanences et un renforcement de l’offre d’accompagnement devraient être proposés cette année.

    * 71, allée des Verriers.
    Tél : 04.42.62.80.90.

  • Du cinéma pour débattre du harcèlement scolaire à Aix

    Du cinéma pour débattre du harcèlement scolaire à Aix

    Les chiffres 2025 du baromètre E-enfance sur le harcèlement et le cyberharcèlement chez les jeunes sont affichés sur l’écran du cinéma Renoir. C’est sur ce thème, justement, que s’est ouverte la 9e édition du Festival du film judiciaire aixois, ce mercredi 28 janvier, dans les salles noires, jusqu’au mercredi 4 février.

    L’événement à destination des lycéens, conjointement organisé par la Ville d’Aix, le tribunal judiciaire, le conseil départemental de l’accès au droit, le rectorat, et les Cinémas Aixois, programme cette année le film TKT (Solange Cicurel, 2025). « Un film, qui montre la dynamique du harcèlement, la posture de chacun, la responsabilité de chacun dans ce type de situation », estime Christine Roux, responsable académique de la cellule Non au harcèlement pour le rectorat d’Aix-Marseille, qui le rappelle : « On a au moins quatre élèves sur dix qui sont concernés par ce phénomène de violence. »

    Pour cette première journée de festival, près de 200 lycéens ont inondé le cinéma pour assister à la projection mais, surtout, échanger en fin de séquence avec des personnalités du monde judiciaire, policier, scolaire…

    Dialoguer, responsabiliser

    « L’objectif est de favoriser la réflexion et le dialogue autour de thématiques importantes », rappelle Solène Trévidic, déléguée du Conseil local de sécurité et prévention de la délinquance (CLSPD). Parmi les intervenants présents pour démêler les interrogations, le commandant de police Grégory Omnes, ou Marie Kerbart, vice-présidente en charge des fonctions de juge des enfants. « Il y aura chaque jour un magistrat du tribunal judiciaire qui viendra répondre aux questions et réagir, rappelle la magistrate. On traite beaucoup la question du harcèlement côté victimes. Parmi les problématiques des enfants en danger, la situation du harcèlement revient régulièrement et peut être signalée par les établissements scolaires. »

    Pour Hélène Judes, présidente du tribunal judiciaire d’Aix, il faut « responsabiliser », les acteurs de ces situations de harcèlement, même jeunes : « Les harceleurs peuvent être condamnés et avoir, alors qu’ils sont mineurs, un casier judiciaire (…). C’est un début dans la vie qui est compliqué, explique-t-elle. Alors il y a cet aspect pénal, mais le message que je veux surtout faire passer, c’est qu’on sait que les harceleurs sont parfois eux-mêmes des victimes. Ce qu’il faut faire passer, comme message sociétal, c’est celui de briser la loi du silence (…) L’idée est de faire entendre qu’on peut les aider d’un côté comme de l’autre. Avant que ça n’aille trop loin. C’est avant qu’il faut agir. Cette responsabilité, leur appartient. Parce qu’ils savent. Nous les parents, on ne sait pas, eux savent. »

    Les projections pourraient donc avoir un impact hors salles de cinéma. « On espère que ces jeunes lycéens auront des petits frères et sœurs à qui parler [de ce sujet], espère Rémi Peyron, directeur des Cinémas Aixois. Et qui sait, cela suscitera peut-être des vocations. »

  • Le carnaval de tous les records se prépare collectivement à Martigues

    Le carnaval de tous les records se prépare collectivement à Martigues

    Il s’annonce comme le carnaval de tous les records. L’extraordinaire carnaval de Martigues, prévu samedi 7 février, est l’objet de tous les superlatifs depuis l’inauguration – pour le moins loufoque – de son quartier général, fin décembre (voir notre édition du 20/12).

    La devanture de l’espace Simone-Veil donne le ton : « Pas fini, déjà un record », « records imaginaires acceptés » sont inscrits au correcteur blanc sur les vitres, tandis que le logo d’une célèbre marque de pastis a été détourné en « Record ». Le lien avec le carnaval ? La participation populaire à un délire collectif. « L’idée est de ne pas être juste spectateur. Le principe du carnaval est de créer de l’interaction entre les participants, que tout le monde puisse contribuer », explique Santillane Sabouret, à l’organisation et en charge de l’accueil du QG du carnaval, ce mercredi.

    Tout est prévu pour cela. À l’entrée, des formulaires « cerfo » permettent de consigner par écrit les idées de records les plus folles. Un pan de mur leur est dédié, avec en exemple le « vlan la godasse » consistant à établir le record du plus long lancer de chaussure dans un filet de pêche.

    Ce côté absurde assumé attire justement les curieuses. Virginie, sa compagne et leurs trois filles passent la porte du QG, ce mercredi après midi. « Ce sont les inscriptions comiques et le bon accueil, la semaine dernière, qui nous ont fait revenir », confie-t-elle. Les trois écolières sont accueillies par Adrika Badjoudj, experte de la machine à coudre, le temps de réaliser quelques cocardes en feutre.

    Préparation participative

    Elles n’ont jamais participé au carnaval, ni à sa préparation. Mais « ça donne envie » assure la mère des jeunes filles. Adrika Badjoudj, habituée du carnaval depuis 25 ans, guide ces dernières, tout comme le reste du public, pour « aider à réaliser des chapeaux, des masques et des lunettes décorées ».

    Une autre équipe s’affaire cet après-midi. De l’autre côté du local, une structure en bois sur chariot reçoit une parure de roseau des mains de bénévoles de l’association Afrosafari. Juste à côté, un portant est chargé de costumes colorés réalisés avec la costumière de la compagnie Camélopard, partenaire de la Ville.

    Suzanne Belba est de la partie. Elle explique qu’« au carnaval, ces tenues sont faites pour délirer. Mais il y a une histoire derrière ». « Notre message est que nous voulons abolir l’excision. Ces costumes sont portés par les filles quand elles sont excisées, pour faire honneur à leurs parents. Mais on n’a pas besoin d’être excisée pour mettre ça », revendique la bénévole. C’est d’ailleurs pour cette raison que la structure sur chariot porte le record de « la case la plus militante », comme l’indique Mauve, membre de l’organisation.

    Il est encore possible de créer son costume et de préparer son carnaval avant le jour J, le 7 février. Le QG du carnaval accueille le public le lundi, mardi et mercredi de 10h à 13h puis de 14h à 18h, et les vendredis de 11h à 20h, en présence de la compagnie Camélopard.

  • À la Paternelle, l’association Schebba veut l’apaisement

    À la Paternelle, l’association Schebba veut l’apaisement

    « Cela fait 24 ans que nous sommes ici à la Paternelle, on y fait un travail de fond, sur la citoyenneté, nous souhaitons trouver une solution. » Danielle Sautet Vitiello, vice-présidente de l’association Schebba, a tenu à revenir sur la situation concernant le local qu’elle partage avec Jeunes Renaissance à l’entrée de la cité (lire notre édition de ce mercredi). Sa présidente Fadela Hadjadji, dénonçant des difficultés à poursuivre ses animations auprès des habitants faute d’accès à l’électricité notamment.

    Relations tendues

    Si Danielle Sautet Vitiello confirme la volonté de Schebba de quitter les lieux, elle précise avoir revu sa position à la demande de ses adhérentes qui souhaitaient que l’association reste, et avoir tenté de négocier avec le propriétaire du local, le bailleur de la Ville, Marseille Habitat. Mais la « résiliation du bail était actée ».

    Elle évoque des relations tendues avec Fadela. En cause, selon elle, le non-paiement de charges dues dans le cadre de la convention liant les deux structures. Raison pour laquelle Schebba a refusé que le bail passe au nom de Jeunes Renaissance quand Marseille Habitat lui a proposé.

    Assurant être toujours dans une démarche constructive, Danielle Sautet Vitiello se dit à la disposition du bailleur. En attendant, Schebba pourrait réclamer les sommes qu’elle estime dues par Jeunes Renaissance, au prorata du taux d’occupation du local et sur une durée de 3 ans… À noter que, dans le cadre de la rénovation de la cité, le local en question pourrait être déplacé, a expliqué la présidente de Marseille Habitat, Audrey Gatian, se disant néanmoins « confiante » pour trouver une issue.

  • À Marseille, l’État met aux enchères une cave… pour y habiter

    À Marseille, l’État met aux enchères une cave… pour y habiter

    Une plateforme de vente chérie des collectivités et établissements publics programme la vente aux enchères, le 10 mars prochain, d’un bien immobilier des Domaines. En l’espèce une cave de 20 m2 située en sous-sol du 106 avenue des Chartreux (4e), à Marseille, et donnant sur une cour. Mise à prix initiale : 18 750 euros.

    Rien d’anormal de prime abord, mais des détails font vite piquer les yeux. à la lecture de l’annonce, le mot « appartement » surgit, puis la mention « destination : habitation ». L’État, pilote de la lutte contre l’habitat indigne, invite sans rougir ses concitoyens à acquérir une cave « par nature impropre à l’habitation », pour y loger. La cave, dans un « état dégradé », est vantée comme un « bien atypique » pour « projet audacieux » et même un « bien d’exception ».

    Une erreur pas vraiment rectifiée

    Est-ce parce que cette cave, située deux niveaux sous terre par rapport à l’avenue, est dotée d’une ouverture donnant sur une cour intérieure en partie commune, que cela suffirait à la rendre habitable ? Dans le règlement de copropriété, c’est une cave. Pour rappel, des marchands de sommeil, qui arguaient que leur cave aménagée bénéficiait d’un éclairage naturel, ont été condamnés au pénal. Il en va ainsi de la cave du 18, rue Briffaut (4e), louée durant des années par un marchand de sommeil à une personne vulnérable. Le jugement souligne que l’éclairage naturel par un soupirail n’effaçait pas le sentiment angoissant d’enfouissement, ni le froid, ni l’humidité, ni les nuisibles.

    Interrogée, la préfecture a transmis à La Marseillaise la réponse de la Direction des Finances publiques : « L’État a récupéré ce bien dans le cadre d’une succession vacante. [Sa] vente a été confiée à un prestataire de services, Agorastore, qui effectue des ventes pour le service des Domaines dans le cadre d’un marché national. Lors de la publication de l’annonce, Agorastore a coché par erreur la case “habitation”, mais il s’agit bien d’une cave. L’annonce a été rectifiée. »

    Une erreur rectifiée, vraiment ? Si les mentions « appartement » et « destination : habitation » ont soudain disparu, le local tout pourri reste néanmoins rangé dans la catégorie « bien atypique » et, il faut oser, « bien d’exception ». Le dossier technique téléchargeable, qui comprend les diagnostics réglementaires, mentionne toujours qu’il s’agit d’un « appartement-studio » et mentionne un mesurage de « surface loi Carrez habitable de 20 m2 ». Faut-il rappeler que l’article 46 de la loi Carrez de 1965 exclut à dessein les « caves, garages, emplacements de stationnement » de son application car ce ne sont tout simplement pas des surfaces habitables. L’article R1331-17 du Code de la santé publique stipule que « sont par nature impropres à l’habitation et ne peuvent en conséquence être mis à disposition aux fins d’habitation, à titre gratuit ou onéreux, par application de l’article L. 1331-23 : 1° Les caves, quels que soient les aménagements et transformations qui leur sont apportés ». L’article 27 du Règlement sanitaire départemental des Bouches-du-Rhône, bible des inspecteurs de salubrité, souligne « l’interdiction d’habiter dans les caves, sous-sols ». D’ailleurs, ce local ne dispose d’aucun sanitaire et pour cause.

    L’habitat souterrain encouragé

    L’annonce a été tellement été rectifiée qu’Agorastore a cru bon de créer un nouvel onglet qui suggère désormais que la cave pourrait être habitable : « Changement de destination possible sous réserve de l’obtention des autorisations de la copropriété et de l’urbanisme », peut-on lire.

    L’habitat souterrain est en plein essor à Marseille, boosté par la crise du logement. Un marchand de sommeil vient encore d’être condamné pour avoir loué à un malheureux une cave au 48 rue Curiol (1er). Il est mis en cause pour une autre cave habitée rue Saint-Savournin. Est-il nécessaire que les pouvoirs publics participent à ce phénomène, même si on l’a bien compris, l’objectif du vendeur est d’appâter le chaland pour se débarrasser d’un encombrant immobilier. Est-on conscient du pouvoir d’attraction d’une telle annonce sur les prédateurs de l’immobilier dégradé. Ne vaudrait-il pas mieux se prémunir de tout risque d’une mise en location qui nourrit le cycle de l’habitat indigne, en offrant cette cave à une association qui pourrait y stocker son matériel ? Ce n’est pas le chemin pris.

    En octobre dernier, La Marseillaise avait déjà pointé la mise aux enchères risquée, sur Agorastore, d’un studio avec son box confisqué par la Justice au Campus 1, avenue du Merlan (14e), une copropriété dégradée en péril et en plein naufrage. Aucune offre ne s’était exprimée.

  • Narcotrafic : les consommateurs dans la ligne de mire à Marseille

    Narcotrafic : les consommateurs dans la ligne de mire à Marseille

    Pas question de « culpabiliser » le consommateur, mais de lui « faire prendre conscience » qu’en prenant des stupéfiants, il contribue au narcotrafic. Corinne Simon, préfète de police déléguée, accompagnée de Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale, et de Pierre Baillargeat, commandant du groupement de gendarmerie départementale des Bouches-du-Rhône, a lancé officiellement, ce mercredi 28 janvier une vaste opération de contrôle de trois jours dans 23 villes du département, engageant 1 200 agents.

    « Nous avons eu, en 2025, de bons résultats sur les stupéfiants », se félicite Corine Simon au préalable, du pilonnage des points de deal, dont le nombre a été divisé par deux en deux ans, en passant par l’application de la loi sur le narcotrafic avec des interdictions administratives de paraître et autres fermetures de commerce. Un nouveau volet s’ouvre désormais, « la lutte contre les consommateurs ». Et la préfète de dérouler son équation : plus de consommateurs sur les points de deal égal assèchement, égal fermeture du point de deal. « Mon objectif n’est pas de piéger les gens, mais d’avertir », insiste Corinne Simon.

    Sur instruction du ministre de l’Intérieur, policiers et gendarmes sont déployés pour 159 contrôles dans « tous les quartiers sans distinction » prévient Cédric Esson, aux abords des collèges, lycées, facultés, dans les gares, dans les trains, trams, métro ou sur la route, mais aussi la nuit, à la sortie des discothèques.

    Des amendes jusqu’alors inutiles ?

    Les contrevenants écoperont d’une AFD (amende forfaitaire délictuelle) de 200 euros, que le « président de la République souhaite monter à 500 euros », ajoute la préfète. Une des seules « annonces » faites par Emmanuel Macron sur la lutte contre le narcotrafic lors de sa venue à Marseille, le 16 décembre. Près de 14 000 AFD ont été dressées l’an dernier sur le département en zone police. Des amendes dont le taux de recouvrement atteindrait à peine les 20%, estimait le sénateur socialiste Jérôme Durain, qui a fait une proposition de loi pour les réformer. La réponse de Corine Simon : une possible inscription au casier judiciaire en cas de récidive. « Nous allons travailler avec le parquet », promet-elle.

    Si cette opération est une première a priori en France, elle a vocation « à se reproduire tout au long de l’année, régulièrement », prévient Corine Simon, partie en « guerre » contre le trafic. Une guerre « qu’on gagnera d’autant plus vite que les consommateurs seront prévenus », estime-t-elle.

    « En zone gendarmerie, on s’aperçoit que nous sommes clairement sous l’influence de Marseille, voire d’Avignon, dans d’autres parties du département, le narco se développe, nous sommes sur une posture dynamique », ajoute le commandant Pierre Baillargeat, précisant que pour le seul mois de janvier, le stup’ a augmenté de 25% dans l’activité des gendarmes. Ce dernier misant également sur 22 équipes cynophiles, dont quatre des douanes, qui permettent de détecter la drogue de façon plus certaine.

    À l’arrêt de tram des Réformés, pas de policier canin, mais des humains qui ont engagé des séries de « palpations » sur des voyageurs se demandant bien ce qui leur arrive. Si les agents assurent sélectionner leurs cibles au hasard, la majorité des personnes contrôlées ce jour-là sont des jeunes. Certains se disant un peu découragés voire agacés de se voir contrôlés « tout le temps ».

    Et quand on demande justement à la préfète si des actions vont être menées en matière de prévention auprès de la jeunesse, elle affirme lancer des assises sur le sujet en février.

  • 30 mois ferme pour apologie de crime visant la directrice des Baumettes

    30 mois ferme pour apologie de crime visant la directrice des Baumettes

    Une grande fermeté dans la répression. Si le tribunal les a relaxés du chef d’intimidation ou menace, deux détenus ont été reconnus coupable d’apologie publique de crime à l’encontre de l’ex-directrice des Baumettes. Ils ont été condamnés à la même peine de 30 mois d’emprisonnement ferme, trois ans d’interdiction d’entrer en contact avec la victime et de séjour dans les Bouches-du-Rhône.

    Sabrina M., 30 ans et 17 mentions au casier, et Othmane B., 30 ans et 11 mentions au casier, avaient relayé, en mars 2025, sur Snapchat depuis leur cellule, un contrat criminel émis par le groupe DZ Mafia sur l’ancienne directrice des Baumettes, exfiltrée ensuite de son poste et placée depuis sous protection policière. « Marseille. 120 000 euros pour la tête de la directrice des Baumettes. »

    « Depuis un an, je suis protégée. Je prends énormément de risques à être là. Je suis partie précipitamment pour un poste que je n’ai pas choisi. Je suis partie seule pour sauver ma vie. Un an que je suis à l’isolement. Vous avez brisé ma vie », leur avait dit l’ancienne directrice, venue à l’audience du 13 janvier en gilet pare-balles et sous escorte de plusieurs gardes du corps.

    à l’origine, un premier appel au meurtre avait été émis, en novembre 2024, visant un directeur adjoint des Baumettes. Quelques jours plus tard, deux jeunes de 17 et 21 ans étaient interpellés, début décembre 2024, rodant armés près des Baumettes. Ils sont depuis mis en examen pour tentative d’assassinat et écroués.