Category: societe

  • À Toulon, une conférence pour s’emparer des droits humains et faire reculer la haine

    À Toulon, une conférence pour s’emparer des droits humains et faire reculer la haine

    Les résultats des urnes dans le département, la montée de l’extrême droite et la banalisation de paroles racistes montrent qu’il y a urgence à mobiliser tous les outils de résistance civile et à les faire connaître plus largement. C’est ce que propose de faire ce soir le Comptoir des idées à l’Hélice avec une conférence intitulée « Des droits de l’Homme aux droits humains : la société civile toujours concernée », animée par Pierre Mitrano, un Varois membre du conseil national d’Amnesty International.

    « On compare beaucoup la période dans laquelle on se situe aux années 1930, et c’est sûr qu’on vit aujourd’hui des choses que nos aïeux ont vécues. La grosse différence, c’est que depuis, l’humanité s’est dotée de textes pour prévenir ces erreurs », explique-t-il pour commencer.

    À la société civile donc de s’en emparer et de se lever pour faire respecter le droit. Et de poursuivre : « Nous tous, au quotidien, on peut être porteurs de ces valeurs pour bloquer, ou du moins ne pas propager des discours toxiques qui peuvent discriminer les personnes, prononcés parfois même sans que son émetteur s’en rende compte. »

    Une sensibilisation qu’Amnesty international exerce auprès des jeunes publics au sein des établissements scolaires. Une éducation aux droits humains qui s’opère de manière très pratique par des mises en situation, et des échanges, précise le militant.

    Le travail de sensibilisation d’Amesty international

    « Aussi surprenant que ça puisse paraître, beaucoup ne connaissent pas ces textes. Beaucoup ne savent pas que ça existe », ajoute-t-il. Il précise : « On a l’impression que ça leur passe un peu au-dessus de la tête et que ce n’est pas du tout dans leurs préoccupations, qui sont davantage tournées vers l’immédiateté de la consommation que par le vivre ensemble. » Et ce alors même qu’ils sont souvent visés par des discriminations.

    L’objectif, insiste Pierre Mitrano, est de leur faire comprendre qu’on ne peut pas vivre en société avec des préoccupations uniquement physiologiques et qu’il y a des règles pour respecter l’autre et que les autres nous respectent.

    Des mises en situations ludiques basées sur la réflexion qui amènent à la prise de conscience, avec parfois « des étincelles dans les yeux ». Ils peuvent alors découvrir que les discriminations dont on leur parle sont des situations qu’ils vivent presque quotidiennement, sans toujours réussir à mettre des mots dessus.

    Le militant des droits humains développe : « Ce sont eux qui, petit à petit, nous livrent des témoignages qui montrent clairement qu’ils sont discriminés, que ce soit par leurs origines, par leur âge, leur quartier ou leur couleur de peau. »

    L’idée est également de les aider à prendre conscience, dans le même temps, que des petites vannes qu’ils s’échangent parfois entre eux sont aussi discriminatoires. Et comment de « victimes », ils se transforment en « agresseurs ». Même si la personne qui émet ces propos-là ne se rend même pas compte de leur sens et de leur portée.

    « Justement, on est là pour ça, pour montrer que quand on lance un “Sale pédé !” ou qu’on parle de “travail d’Arabe”, des insultes malheureusement courantes, ce n’est pas anodin, que derrière, il peut se cacher quelque chose », insiste Pierre Mitrano. L’occasion de leur montrer que ces propos peuvent activer des idées et des actions aussi.

    « On leur explique que ça peut amener jusqu’à l’apartheid, et on sait que l’apartheid peut amener jusqu’au génocide », rappelle le membre du conseil national d’Amnesty international.

    Le public d’adultes de ce jeudi soir en tirera certainement matière pour continuer la lutte de tous les instants et participer pleinement à faire société.

  • Un chantier éducatif pour découvrir travail et solidarité à Cabriès

    Un chantier éducatif pour découvrir travail et solidarité à Cabriès

    À l’étage de l’entrepôt, deux nouvelles paires de mains s’affairent à trier et étiqueter des jeux de seconde main. Une autre s’attèle au tri de vêtements à l’extrémité du site Emmaüs. Depuis ce mardi, quatre jeunes – dont l’une était malade, ce jour – intégrés à un chantier éducatif rémunéré, encadré par les éducateurs de l’association Addap 13 (qui œuvre pour la protection de l’enfance en prévention spécialisée) participent au quotidien du mouvement solidaire.

    Le lieu, est habitué à accueillir des jeunes, et personnes exclues de façon plus générale. « C’est dans nos gênes, on est ouverts à tous les partenariats », précise Aurélie, co-responsable du site. Derrière l’initiative, l’ambition, par le social, de ramener de jeunes profils vers le chemin de l’emploi ou de la scolarité. Après visite des lieux la veille, suivie d’une rencontre des équipes d’Emmaüs, les postes ont été distribués, et les jeunes, âgés entre 16 et 19 ans, se sont mis au travail. « Pour certains, c’est un premier emploi », précise Wissam Annane, éducateur de l’Addap13.

    Trois jours intensifs

    À l’issue, les jeunes travailleurs toucheront un salaire. Avant d’attaquer le chantier, entourés de leurs éducateurs, ils ont passé une visite médicale et signé un contrat en conditions réelles… Le chantier, n’est qu’une étape sur tout un suivi au long terme, personnalisé. « C’est un outil à l’accompagnement individuel. Ce n’est pas une fin en soi. Un éducateur est d’abord là pour renforcer l’autonomie de son public (…) mais c’est surtout un vecteur de relais », rappelle Michaël Crovasce, chef de service éducatif pour l’Addap13. Pour Yacine, 16 ans et demi, attelé à « trier un puzzle de mille pièces » et pointe la pile de jeux rangés derrière lui, résultat du travail d’une journée, ce chantier permettait « de faire quelque chose, découvrir d’autres métiers, mais surtout vis-à-vis de ma situation… Ça va permettre d’avoir un peu plus d’argent ». Le jeune homme racontera avoir été, pendant plusieurs mois, en situation d’errance. À ses côtés, Mekki, même âge, découvre le milieu de la recyclerie et de la seconde main. Un peu plus loin, Zahra, 19 ans, n’en est pas à sa première expérience, déjà employée comme vendeuse dans le prêt à porter. « Ça me permet de m’occuper, de découvrir, en attendant de reprendre un BTS en septembre. Mais ça reste mon premier chantier avec l’Addap. Je ne savais pas qu’Emmaüs, c’était tout ça, je ne connaissais pas tout cet environnement de communauté, entre les travailleurs, et les clients », détaille la jeune femme. Ce jeudi, le travail sera restitué, sur site.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, ils refusent une fermeture de classe en maternelle

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, ils refusent une fermeture de classe en maternelle

    « On manifeste tout de suite parce qu’une fois que la décision sera prise de fermer la classe, ils ne pourront pas revenir dessus, ce sera trop tard. C’est maintenant qu’il faut nous faire entendre », explique Céline Philip, présidente de l’APE (l’association des parents d’élèves des Mées). Les instituteurs et les parents d’élèves ont appris en fin de semaine dernière la menace de fermeture d’une classe à l’école maternelle Paul-Langevin des Mées, lors d’un groupe de travail sur la carte scolaire. La décision finale doit être prise le 10 avril.

    « On a décidé de se mobiliser parce que c’est important pour nous qu’il y ait le maintien d’une toute petite section. On est quand même une commune où on a des enfants en difficulté, des familles en difficulté aussi. Et ce dispositif permet d’intégrer l’école en douceur », souligne Elodie Buslig, membre du bureau de l’APE.

    Cette toute petite section permet d’accueillir les enfants à partir de deux ans. Le dispositif est notamment destiné aux « familles qui n’ont pas les moyens financiers de payer une crèche ou une assistante maternelle », et aux « familles qui sont à l’écart socialement, pour sociabiliser l’enfant », précise Céline Philip.

    « On nous dit d’utiliser le dispositif des moins de trois ans comme une variable d’ajustement de la carte scolaire », alors qu’il permet « d’accueillir des familles très éloignées des codes de l’école, qui ont des difficultés à avoir un mode de garde payant », déplore Agnès Wolff, déléguée syndicale FSU SNUipp 04, qui soutient la mobilisation.

    « On fusille le dispositif »

    Cet accueil « très souple » permet aux parents d’être accueillis avec leurs jeunes enfants de moins de trois ans à l’école, une heure par jour, pour une période de transition. Le temps de présence dans la classe est augmenté au fur et à mesure. « Dans des milieux défavorisés comme Les Mées, ce dispositif est vraiment important », insiste Agnès Wolff. Pourtant, « en groupe de travail, on nous dit de casser le dispositif en intégrant des enfants de petite section dedans et en accueillant moins d’enfants de toute petite section », regrette la déléguée syndicale. « Ils essayent de calmer la colère, mais dans les faits, même si c’est pas affiché, on fusille le dispositif des moins de trois ans », alerte-t-elle.

    « Nous avons immédiatement saisi la Directrice académique pour demander la reconsidération de cette décision », a annoncé la mairie des Mées dans un communiqué. « Les éléments dont nous disposons aujourd’hui ne permettent pas de conclure à une baisse durable des effectifs », estiment la mairie, les parents d’élèves et les institutrices.

    Une pétition des parents d’élèves rassemble pour l’instant plus de 350 signatures. Le rendez-vous pour le rassemblement de jeudi est fixé devant l’école Pasteur. Des agriculteurs devraient venir avec leurs tracteurs pour soutenir les manifestants et ralentir la circulation sur la route départementale afin d’alerter les passants.

    Manifestation ce jeudi à partir
    de 16h30 devant l’école Pasteur.

  • Deux jours d’exercice nucléaire grandeur nature à Toulon

    Deux jours d’exercice nucléaire grandeur nature à Toulon

    Et si la métropole toulonnaise était victime d’un accident nucléaire majeur ? Avec pas moins de sept bâtiments à propulsion nucléaire présents sur la base navale, le risque zéro n’existe pas et doit être pris au sérieux.

    À cet égard, le Code de la sécurité intérieure relatif aux Plans particuliers d’intervention (PPI) introduit l’obligation d’exercice tous les cinq ans. Ces dispositifs concernent tous les sites industriels ayant une activité à risque, qui sont tenus d’en disposer.

    Préparé par le préfet, le PPI définit les mesures impliquant l’ensemble des acteurs concernés (exploitant, services d’urgences et d’État, communes avoisinantes, médias, exploitants de réseaux de transport, d’énergie, de télécommunications, éducation nationale…). Il précise aussi l’organisation et l’intervention des secours pour assurer la protection des populations et la sauvegarde de l’environnement, en cas d’accident radiologique.

    Ainsi, en complément des exercices d’état-major réalisés trois à quatre fois par an, la Marine, le préfet du Var et l’Autorité de sûreté nucléaire de défense organisent un exercice PPI afin d’entraîner les équipes des services publics, civils et militaires, et de mécaniser les procédures. Débuté mercredi, celui-ci se poursuit ce jeudi à la base navale de Toulon.

    Pour l’exercice en cours, un scénario fictif a été imaginé autour d’un accident majeur affectant la chaufferie d’un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) basé en zone protégée Missiessy, au sein de la base navale de Toulon. Des dispositions sont alors mises en œuvre avec, dans un premier temps, les déclenchements des plans d’urgence interne (PUI) « installation » par le commandant du sous-marin et du PUI « site » de la base navale de Toulon, par le commandement d’arrondissement maritime. Puis, dans un second temps, le déclenchement du plan particulier d’intervention (PPI) par le préfet du Var.

    Des messages

    sur les smartphones

    La journée de mercredi était consacrée aux actions techniques et à l’évacuation des victimes de la base navale avec, pour principal objectif, le test de la mise en œuvre du PUI et de tout ce qui lui est lié : commandement, secours et mises à l’abri, maîtrise de l’accident nucléaire, évaluation des impacts, communication interne…

    Ce jeudi sera quant à lui consacré à la simulation du rejet ou d’une menace de rejet de produits radioactifs dans l’environnement. Il s’agira de mesurer la bonne articulation des PUI et du PPI, en évaluant les mesures de gestion du trafic (routier, autoroutier, ferroviaire et maritime) susceptibles d’être mises en œuvre (itinéraires d’évacuation, de contournement…), ainsi que la circulation de l’information, interne comme externe, à l’égard des médias (en simulant une pression médiatique), des élus et de la population. Une manière de sensibiliser, notamment en ce qui concerne les stocks de comprimés d’iode, disponibles gratuitement en pharmacie, qui permettent de réduire les risques sanitaires engendrés par un accident nucléaire, et dont chacun doit disposer chez soi.

    Ainsi, les sirènes de la base navale et des communes de Toulon, La Seyne, Ollioules et Saint-Mandrier seront déclenchées dans la matinée. La préfecture testera, au même moment, le système d’alerte et d’information FR-Alert auprès des personnes présentes dans un périmètre de 5 km autour de la base navale, qui recevront une notification accompagnée d’un signal sonore. Cette alerte pourrait dépasser la zone cible et atteindre les communes alentour, ainsi que les personnes circulant dans le secteur, en train, bateau ou voiture. Enfin, des exercices de mise en situation seront réalisés jeudi après-midi, à La Seyne, par le Sdis 83.

  • Il y a 60 ans… l’explosion du pétrolier « Olympic Honour »

    Il y a 60 ans… l’explosion du pétrolier « Olympic Honour »

    Le vendredi 1er avril 1966, des tuyauteurs de la Société Provençale des Ateliers Terrin(SPAT) effectuaient des travaux de réparation sur un pétrolier L’Olympic Honour appartenant au richissime armateur Onassis.

    Pour ce faire, ils devaient découper un morceau de tuyau endommagé. Le Plan de travail remis par la compagnie pétrolière démontrait que cette tuyauterie communiquait avec la salle des pompes et les citernes transportant le brut. Tout cela était dégazé et ne comportait aucun risque. Le samedi 2 avril au matin, cette même équipe viendra souder le nouveau tuyau. C’est alors que se produisit une terrible explosion.

    Après expertise, la tuyauterie avait subi des transformations qui n’étaient mentionnées nulle part sur le plan. Cette tuyauterie communiquait avec la soute à gazoil sous gaz inerte qui alimentait l’ensemble de la machinerie du navire. Pendant la nuit, l’air s’introduira par le tuyau découpé et le mélange air/gaz produit par le gasoil provoquera ce terrible drame.

    La tôle de coque de 15m² environ sera propulsée dans la mer, une épaisse fumée noire à couper au couteau se dégagera du navire et l’on retrouvera même des rivets sur le quai d’en face à 400 m environ.

    Nuit de cauchemar

    À la suite de cette explosion, on déplorait 7 morts, dont 4 marins et 3 ouvriers de la SPAT, ainsi que 31 blessés parmi lesquels se trouvait notre camarade François Mura.

    Les marins pompiers ont lutté jusqu’à la nuit pour éteindre l’incendie. Ils ont été remarquables et courageux.

    En l’espace de deux heures, la tôlerie de la cheminée du navire est devenue complètement rouge tellement la chaleur était élevée. Il en était de même pour la mer qui était en flammes.

    Dans l’heure qui suivra l’explosion, toute la réparation navale arrêtera le travail en signe de solidarité. Les ouvriers se relayant à tour de rôle jour et nuit en formant un piquet d’honneur devant le navire.

    Le lundi 4 avril, le pétrolier sera mis à sec sur le dock flottant. Cette nuit-là, les marins pompiers avec les délégués du personnel effectueront toujours les recherches des victimes avec des lampes torches au milieu des cendres et des ferrailles déformées par la chaleur. Ce fut une nuit de cauchemar.

    Lutte de 7 mois

    La grève de solidarité continuera jusqu’au jour des obsèques. À la SPAT, les ouvriers, en Assemblée Générale, décidèrent de faire don de 2 heures de leur salaire pour les attribuer aux 3 veuves.

    Ce terrible drame provoquera un conflit d’une durée de 7 mois contre les conditions de travail qui étaient de 10h y compris le samedi.

    Au mois de novembre 1966, le patronat de la réparation navale, pour en finir avec le conflit, licenciera un grand nombre d’ouvriers. À l’issue de cette lutte, il en résultera une diminution de temps de travail à 9h sans perte de salaire et le début de discussions sur les conditions de sécurité. Le personnel licencié sera réintégré, excepté le secrétaire de la SPAT.

    Yves Thorame

  • La Métropole lance une étude pour rénover le centre-ville d’Aubagne

    La Métropole lance une étude pour rénover le centre-ville d’Aubagne

    L’objectif énoncé au milieu du cahier des charges a le mérite d’être clair : « Éradiquer l’habitat indigne et très dégradé. » Ce lundi, la Métropole Aix-Marseille a lancé les procédures pour préparer le terrain à une possible opération programmée pour l’amélioration de l’habitat et de renouvellement urbain (Opah-RU), dans le centre-ville d’Aubagne, grevé par les logements vacants et les arrêtés de péril. Une étude pré-opérationnelle doit ainsi être conduite, pendant un an, pour identifier les habitations et copropriétés les plus fragilisées, le périmètre concerné et les moyens nécessaires, avant de lancer cette opération en sollicitant un soutien de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), dix ans après une première vague de restaurations encore insuffisantes.

    Recrudescence de périls

    Pour la nouvelle majorité aubagnaise, la découverte de cette procédure apparaît comme une « bonne nouvelle » au moment d’arriver aux affaires. « Le centre-ville d’Aubagne a besoin d’une nouvelle dynamique, c’est un engagement fort de la nouvelle majorité, appuie le maire (DVG) Jean-Pierre Squillari. L’amélioration de l’habitat va contribuer à cette redynamisation. » Alors que le premier conseil métropolitain de la mandature doit se réunir le 7 avril prochain, l’ancien lieutenant-colonel des sapeurs-pompiers promet d’ores et déjà : « Nous allons travailler avec la Métropole pour que les actions correspondent bien au besoin. »

    C’est que lors du dernier mandat du maire (LR) Gérard Gazay, l’opposition de gauche avait dû batailler sur la question du logement, portant en conseil municipal les combats des délogés de la rue de la République (notre édition du 21/03/2023). Des actions pourtant avaient été entreprises. Après Marseille, la Métropole avait instauré, en juillet 2023, un permis de louer dans le centre-ville historique d’Aubagne, avec un périmètre élargi depuis le 1er janvier dernier (notre édition du 24/12/2025). Une convention de lutte contre l’habitat indigne avait également été signée en 2024, avec l’État et la Métropole, pour une durée de quatre ans. Entre 2016 et 2021, quelque 232 signalements avaient été enregistrés, dont 100 encore actifs à la fin de la période. Mais le Plan local d’urbanisme adopté en 2023, s’il mentionne les nécessaires rénovations, s’attache davantage à mettre en avant les ravalements de façades et réaménagements de l’espace public pour recréer un décor de carte postale pagnolesque.

    « Malgré la mise en place, depuis plusieurs décennies, de différents dispositifs, le centre ancien d’Aubagne connaît une recrudescence de procédures de mise en sécurité et de signalements de situation de non-décence, mettant en évidence une dégradation de son habitat avec principalement des désordres structurels et la nécessité d’une intervention publique », tranche le cahier des charges, publié ce lundi.

    L’étude pré-opérationnelle, prévue pour durer un an, devra ainsi réaliser un diagnostic complet du centre-ville, avec un recensement exhaustif des situations probablement concernées par l’habitat dégradé ou indigne, des copropriétés fragilisées, en identifiant les situations sociales des occupants et les mécanismes à déployer, notamment le déploiement de procédures coercitives, des travaux d’offices aux expropriations. Avec l’objectif de définir le périmètre précis d’intervention, potentiellement étendu au centre-ville moderne, et d’un programme d’action opérationnel, le tout sous l’égide de One Provence Promotion (ex-Façonéo). Un chantier majeur pour débuter la mandature.

  • Les arboriculteurs face à la menace du gel tardif

    Les arboriculteurs face à la menace du gel tardif

    Une vague de gel tardif touche une grande partie de l’hexagone et les Hautes-Alpes ne sont pas épargnées. Les températures sont tombées à -5 C° dans certaines vallées, aux heures les plus froides. Une menace qui affecte les cultures arboricoles Hautes-Alpes, où sont produites 10% des pommes et poires du pays. « Sur les échantillons que j’ai pu visiter, pour l’instant, ce n’est pas encore catastrophique, mais j’ai déjà observé des dégâts, explique Mathilde Chabot conseillère technique en arboriculture à la Chambre d’Agriculture des Hautes-Alpes. Il y a encore des possibilités de gel jusqu’à vendredi matin. D’ici là, les arboriculteurs ne vont pas bien dormir. »

    Face à ce risque, les cultivateurs ont plusieurs techniques : asperger les vergers pour créer une couche de glace protectrice, disposer des brûlots dans les parcelles et des éoliennes pour disperser l’air froid ou encore créer des écrans de fumée par des feux de paille. La problématique n’est pas nouvelle, mais le dérèglement climatique en accentue les effets. La hausse des températures entraîne un bourgeonnement de plus en plus prématuré, qui expose alors les bourgeons des arbres fruitiers plus tôt aux gels tardifs du printemps. « Dans certaines parcelles, le bourgeonnement a un mois d’avance par rapport à il y a 25 ans, rapporte Mathilde Chabot. À part l’an dernier, qui avait été exceptionnel, c’est devenu un problème qui revient chaque année. »

    Ce gel tardif vient aussi toucher une filière déjà fragile. « L’année dernière, le puceron a fait beaucoup de dégâts. Sa toxine empêche les arbres de fleurir l’année suivante. Donc, on démarre une saison avec un potentiel de production qui est déjà faible, déplore Éric Allard, arboriculteur sur le département. En plus, en France, on ne peut plus produire et lutter contre les maladies et les ravageurs dans des conditions satisfaisantes, avec les mêmes les moyens sanitaires que les autres pays européens. »

    Peu d’agriculteurs assurés

    Sans être d’une intensité inédite, le gel peut avoir de graves conséquences pour les arboriculteurs, dont on estime qu’une majorité n’est pas assurée. En 2023, le régime des calamités agricoles a été modifié. Avant cette date, l’État indemnisait les agriculteurs en cas de catastrophe mais depuis, une indemnisation combinée de l’État et des assurances privées a été mise en place, selon le taux de perte. L’État subventionne en partie les indemnisations des assurances, mais n’indemnise directement qu’en cas de pertes estimées à plus de 70%. « Avant, on ne sortait pas d’argent et s’il y avait du gel, l’État indemnisait. Maintenant, il n’intervient pas sur des gels de petite ou moyenne ampleur, il faut donc souscrire à une assurance, c’est quand même une somme, et il y a beaucoup d’agriculteurs qui ne le font pas, explique Camille Roland, arboriculteur en bio au Monêtier-Allemont. Je ne suis pas sûr que ce soit un cercle vertueux. Pour des gels de moyenne intensité comme en ce moment, l’État ne les indemnisera pas, c’est une vraie prise de risque. » Reste encore une paire de jours à serrer les dents, les prévisions météorologiques annoncent une remontée des températures en fin de semaine.

  • [Justice] Jusqu’à 30 mois requis au procès des anciens « bars à bouchons » de Marseille

    [Justice] Jusqu’à 30 mois requis au procès des anciens « bars à bouchons » de Marseille

    Des peines de 5 000 euros d’amende à 30 mois de prison très largement assortis du sursis, pour couvrir parfois des détentions provisoires, ont été requises, mercredi, à l’encontre des quinze prévenus du procès des anciens « bars américains » de l’Opéra.

    « C’est le dossier d’une époque révolue où les amateurs d’opéra croisaient ces dames aux vêtements tapageurs pour une clientèle plus toute jeune », a résumé la procureure, Soraya Ahras. « Ces bars sur deux rues pourries du Vieux-Port qu’on fait passer pour Broadway sont comme une valise à double-fond, où les prestations sexuelles tarifées sont directement indexées sur le niveau de consommation du client. » Et de citer l’un d’eux : « C’est comme si la fellation était incluse dans le prix des bouteilles. »

    Insensible aux postures d’innocence des tenancières, barmaids et hôtesses convoquées, la procureure a préféré souligner que « dans leur monde et leur mentalité, ces bars à bouchons dessineraient une zone de non-droit, donc de la loi du plus fort, pour que les hommes s’amusent, une zone où l’on veut créer un écrin de romantisme alors que s’y exerce le plus vieux métier du monde, avec celles qu’on appelle les “jolies filles” qui perdent leur nom pour un surnom ». Pour la procureure, « c’est du proxénétisme, même s’il s’est présenté à cette audience sous la forme d’une galerie de portraits joyeux ». D’où 7 peines mixtes requises comprenant 4 mois de prison ferme.

    « Les grands absents

    du procès »

    Seules parties civiles, alors que 52 filles entendues comme victimes dans l’information judiciaire ne réclament rien, les Équipes d’action contre le proxénétisme, représentées par Me Alain Lhote, ont rappelé la réalité criminologique du proxénétisme et réclamé 5 000 euros à chacun des quinze prévenus.

    Proposant au tribunal un « voyage au bout de la nuit » pour « tourner la page de ces bars », Me Alain Lhote a d’abord exprimé son regret sur « les grands absents du procès, ces hommes qui, dans l’ombre, étaient les organisateurs, les profiteurs d’une exploitation de ces femmes, hôtesses, barmaids, gérantes de fait ou de paille, ces protecteurs si mal nommés qui tiraient profit de ce commerce sordide ».

    Jusqu’à leur fermeture administrative définitive en 2016, une dizaine d’enseignes tournaient avec des clients qui réglaient rubis sur l’ongle des consommations surfacturées avant des passes à la sauvette, derrière un rideau ou dans les toilettes. « Tout est déguisé derrière le paiement salé des boissons. Quand la note arrive, 500 ou 1 000 euros, on rigole moins. La surfacturation est le cœur du business. On escorte même les clients au distributeur de billets »

    De rappeler que 40 000 personnes se prostituent en France, la quasi-totalité sous la contrainte d’un proxénète ou d’un réseau. Selon l’Office central de lutte contre la traite des êtres humains, 94% sont des femmes, 42% sont mineures. 51% ont subi des violences physiques. 64% sont insultés ou subissent des humiliations. 8% de la prostitution est réalisée dans des bars et salons. 62% sur internet. « L’exploitation sexuelle est la deuxième forme de criminalité la plus lucrative après les stupéfiants, dégageant 100 milliards de dollars de profit », a redit Alain Lhote.

  • De nouvelles expériences à la Foire de Brignoles

    De nouvelles expériences à la Foire de Brignoles

    C’est un événement attendu à chaque début de printemps. Pendant neuf jours, la Foire de Brignoles en Provence Verte – événement centenaire créé en 1921, initialement comme exposition consacrée aux vins du Var et aux innovations liées au monde viticole – va animer le territoire.

    Au total, près de 270 exposants locaux seront de la partie pour proposer une véritable vitrine du terroir, entre habitat, gastronomie, agriculture, loisirs et innovation.

    Tradition et modernité

    Les gourmands se donneront rendez-vous dans la traditionnelle Halle des Saveurs, où seront regroupés des exposants venus partager leurs spécialités et leurs savoir-faire culinaires (vins, produits du terroir, douceurs sucrées…). En complémentarité, le Marché des producteurs proposera de découvrir des spécialités issues directement des exploitations et ateliers artisanaux, en présence de ceux qui les font vivre.

    Plusieurs nouveautés seront également au programme. Les amateurs de vins sauront apprécier un hall dédié aux vins du terroir, avec à l’honneur, cette année, l’appellation Coteaux Varois en Provence. Pendant une journée, le 12 avril, plusieurs vignerons de l’appellation viendront présenter leurs cuvées et leur savoir-faire.

    Côté modernité, l’événement s’est doté d’une application mobile, qui présente les temps forts, les exposants, le plan de la foire, les espaces restauration… Toujours au rayon numérique se tiendra, pour la première fois, le salon gaming, du 17 au 19 avril, avec au programme des tournois, démonstrations et animations dans une ambiance conviviale. Les sportifs, eux, se tireront la bourre sur le Run de la foire, le 18 avril. Une course originale au cœur de l’événement, qui associe sport, convivialité et découverte de la Foire dans une atmosphère accessible à tous. Enfin, les soirées des 11, 17 et 18 avril offriront des instants plus festifs, avec, entre autres, des animations musicales.

  • Un après-midi musical et intergénérationnel au Rove

    Un après-midi musical et intergénérationnel au Rove

    Les trois comédiennes et le comédien-musicien de la compagnie « Après la pluie » ont offert un spectacle à la fois émouvant et joyeux, mêlant chansons, jeux de scène et instants de complicité avec le public. Un moment suspendu qui a su toucher les résidents, ravis de cette parenthèse artistique.

    Les textes chantés, au cœur de la représentation, s’inscrivent dans la démarche profondément humaine portée par la compagnie. Depuis 2009, celle-ci intervient auprès des enfants et adolescents du service d’hémato-oncologie de la Timone, à Marseille, en les invitant à créer leurs propres textes, reflets de leurs personnalités et de leurs talents.

    De ces ateliers naissent des paroles sensibles et authentiques, véritables fragments de vie. Cette année encore, les artistes ont parcouru, semaine après semaine, les chemins parfois secrets de la Timone – et d’ailleurs – pour recueillir ces mots précieux. Le spectacle présenté au Rove s’est ainsi nourri de ces récits intimes, comme un carnet de souvenirs, d’expériences et de rêves partagés avec le public.

    Ce bel après-midi a également été marqué par la participation des élèves de la classe de Florence Scotto. Engagés dans un projet scolaire autour du lien intergénérationnel, les enfants ont pleinement contribué à la réussite de cette rencontre, apportant fraîcheur, énergie et sourires.

    Parents, élus et acteurs du monde éducatif et médico-social étaient également présents pour partager ce moment convivial, parmi lesquels Michel Bartoli, premier adjoint, Francis Montalban, adjoint, Elodie Tassitro, directrice de l’établissement, Sylviane Medina, directrice de l’école, ainsi que l’ensemble du personnel aidant et soignant de l’établissement.