Category: social

  • Franck Bergamini réélu à la tête de l’UD FO 13

    Franck Bergamini réélu à la tête de l’UD FO 13

    Un 32e congrès sans accroc pour l’Union départementale Force ouvrière des Bouches-du-Rhône. Présidé par le secrétaire général de FO, Frédéric Souillot, au sein du Palais du Pharo à Marseille, il a pris fin, ce vendredi, après une journée de débats. Plus de 700 délégués et 130 syndicats représentés ont réélu à sa tête Franck Bergamini, le sortant.

    « Le rapport d’activité, ce qui permet de jauger si l’on est dans la bonne ligne, a été voté à l’unanimité, comme celui de la trésorerie et toutes les autres instances », explique-t-il. Avant de se féliciter : « On est sur une bonne dynamique, on va la maintenir, on prend ça comme une confirmation de ce qui a été fait durant le mandat. » Celui qui est arrivé à la tête de FO à la fin 2015 pour prendre le relais de son oncle décédé, Gérard Dossetto, figure du syndicat avec sept mandats, puis élu en 2018 et réélu 2022, entend « renforcer et développer l’organisation ». Avec notamment de « nouveaux entrants au bureau : par exemple les syndicats de la Seramm et la Sem [Service d’assainissement de Marseille Métropole et Société des eaux de Marseille, Ndlr] ».

    Autre signal : l’entrée du nouveau syndicat FO de la Métropole Aix-Marseille, dissident de l’historique dirigé par Patrick Rué, au bureau de l’UD. « Le syndicat de la Ville de Marseille a fait des modifications statutaires qui les amènent à être en dehors des statuts confédéraux, on ne pouvait pas les inviter pour la régularité du congrès », précise Franck Bergamini, sans polémiquer.

  • Un hommage à Pierre Semard pour « lutter » encore contre l’extrême droite à Avignon

    Un hommage à Pierre Semard pour « lutter » encore contre l’extrême droite à Avignon

    Comme chaque année, la commémoration a été rythmée d’un discours, d’une minute de silence et d’une dépose de gerbe. Mais cette année, « elle a une certaine résonance vu la situation actuelle, et la venue de Bernard Thibault a ramené du monde », explique Loïc Guigou, le secrétaire général de la CGT Cheminots d’Avignon. Une cinquantaine de cheminotes et cheminots étaient présents. « C’est une commémoration qui nous tient vraiment à cœur, elle nous rappelle le passé, mais aussi le présent », continue le cheminot, « il avait prédit la montée du fascisme, les similitudes d’aujourd’hui avec ce qu’il décrivait sont alarmantes ». Lorsque le Front populaire triomphe en 1936, c’est en tant que secrétaire général de la Fédération CGT des cheminots réunifiée qu’il agit aux côtés de Léon Blum pour l’obtention de 21 jours de congés payés et la semaine de 40 heures dans les compagnies de chemins de fer. Pierre Semard est fusillé par les nazis le 7 mars 1942, après avoir été remis aux autorités allemandes par le régime de Vichy.

    Un précurseur

    En avance sur son temps, « on l’honore aussi parce qu’il prônait déjà le rassemblement des salariés et la dimension unitaire à donner aux luttes pour la construction du rapport de force », confie Loïc Guigou. La CGT Cheminots d’Avignon revient sur ce qu’on permit les militants de l’époque : « Ils sont parvenus, à élever les consciences, à gagner des conquêtes sociales qui nous servent encore de bases revendicatives. Rien ne doit nous faire douter, rien ne pourra nous arrêter, car notre combat se place dans le prolongement du leur. » Rappelant qu’honorer la mémoire de Pierre Semard « n’a rien d’archaïque ou de passéiste comme certains pourraient le laisser penser. »

    Loïc Guigou explique « qu’il a porté la nécessité d’un syndicalisme qui doit garder son indépendance vis-à-vis des partis politiques, tout en précisant qu’indépendance ne signifie pas neutralité ». Et d’insister : « Pierre Semard avait une grande lucidité quand il demandait à ses camarades cheminots de poursuivre inlassablement le combat contre le fascisme, car celui-ci est toujours sous-jacent et s’alimente de la misère pour en faire son lit. »

  • À Briançon, les lycéens ont bloqué leur établissement

    À Briançon, les lycéens ont bloqué leur établissement

    « Notre bac mérite des moyens ! », « Du fric pour l’école publique ! » ou encore « Rendez les heures ! ». Pancartes à la main, les lycéennes et lycéens se sont mobilisés pour bloquer leur établissement à 8h ce jeudi. Une action organisée en concertation avec les enseignants pour dénoncer la baisse de la dotation horaire « décidée par le gouvernement ». Une coupe dans le budget de l’éducation publique qui entraînerait la perte de 80 heures d’enseignement pour la rentrée 2026 et menacerait la tenue des cours en option.

    La direction du lycée a autorisé la mise en place d’un blocus total durant une demi‑heure de prise de parole. L’opération s’est ensuite transformée en barrage filtrant. Si l’ambiance était conviviale, l’inquiétude était réelle parmi les lycéens. « Le président annonce le financement de nouvelles têtes nucléaire et, pendant ce temps, l’éducation publique passe à la trappe, alors que c’est un fondement de notre démocratie », s’indigne Mélusine Faure, élève de terminale mobilisée.

    Les enseignants en grève

    Ces suppressions d’heures de cours pénalisent plus particulièrement les établissements éloignés, comme celui de Briançon. « On est le lycée le plus au nord de l’académie d’Aix-Marseille, rappelle Patrick Charlier, enseignant mobilisé. Dans le centre de Marseille, un élève pourrait suivre un cours en option dans un établissement voisin, mais pour nous, ce n’est pas possible, le lycée le plus proche est à 50 minutes de voiture. » L’équipe pédagogique a voté la grève pour le vendredi 6 mars, journée durant laquelle les enseignants se rendront au rectorat, à Aix-en-Provence.

  • Des lycées de la région en colère contre la baisse des dotations

    Des lycées de la région en colère contre la baisse des dotations

    Ce jeudi 5 mars, la colère gronde devant plusieurs lycées marseillais. Alors que l’Académie d’Aix-Marseille prépare la distribution des enveloppes aux établissements pour les rentrées 2026, élèves et enseignants s’insurgent de la baisse des heures de la Dotation globale horaire (DGH) allouée par le rectorat. Ils dénoncent l’impact de cette perte sur l’organisation et la qualité des enseignements. En protestation, des blocages et des grèves ont été organisés dans plusieurs lycées de la ville.

    Une éducation maltraitée

    Au lycée Nelson-Mandela, dans le 12e arrondissement, les enseignants se sont mis en grève et se regroupent devant les grilles de l’établissement. Sur les banderoles, leur mot d’ordre : « Non à une fonction publique carencée, à une éducation au rabais, à une éducation maltraitée. » Dans ce lycée, la baisse de la DGH impliquerait « la perte de 80 heures hebdomadaires pour assurer les cours », explique Christophe Bernardo Dos Santos, professeur d’histoire-géographie et délégué syndical SNFO 13.

    80 heures de cours, cela signifie « la fin d’un certain nombre de dispositifs et la diminution des heures de spécialités », ajoute une professeure de français du même établissement. Elle continue : “Surtout, c’est l’impossibilité d’organiser des séances en demi-groupe, qui sont pourtant essentielles pour accompagner efficacement les élèves. ” Plus d’élèves par classe, notamment en langues vivantes et dans des matières comme le français et les mathématiques. « C’est la catastrophe assurée », selon la professeure. Les enseignants ont demandé à être reçus en audience par le rectorat, pour le moment sans succès.

    Des priorités politiques questionnées

    Les élèves du lycée Saint-Charles partagent la même frustration. Ce jeudi, ils ont décidé de bloquer leur établissement. « On se sent abandonnés », explique une lycéenne postée devant l’une des entrées, pancarte à la main. Chez eux, la DGH prévoit la suppression de 77 heures hebdomadaires. Conséquence : « On va moins bien apprendre et les profs vont être encore plus débordés qu’ils ne le sont déjà. »

    Les élèves voient aussi dans cette décision le résultat d’un arbitrage politique qui délaisse l’éducation « au nom de l’austérité », alors même que « des secteurs comme la défense voient leur budget largement augmenter ». Le blocage s’inscrit donc dans un mouvement plus large contre « la militarisation des jeunes », poursuit l’un des lycéens de Saint-Charles. L’enjeu des mobilisations est grand, car « tout le monde est à bout », souffle une accompagnante d’élève en situation de handicap (AESH) du lycée Diderot, venue en soutien à la grève.

  • Sainte-Marguerite : les salariés repris très inquiets

    Sainte-Marguerite : les salariés repris très inquiets

    Situation lunaire et reprise rocambolesque pour les près de 2 000 salariés du groupe de santé privé Sainte-Marguerite.

    Dans le silence quasi total, les hôpitaux de Beauregard et Vert Coteau à Marseille, mais aussi ceux de Saint-Jean et Saint-Roch à Toulon ainsi que la clinique de La Ciotat sont passés sous le pavillon du groupe Almaviva. « Ça a été fait en l’absence totale de transparence et de consultation des salariés », dénonce, ce jeudi, Sandrine Cartier, secrétaire CGT du Comité économique et économique central (CSEC) du groupe, et élue sur l’hôpital de Beauregard. En effet, la reprise aurait normalement dû faire un peu de bruit vu l’importance du groupe Sainte-Marguerite sur le territoire (11 sociétés, dont certaines en charge de l’informatique, de la maintenance des équipements de santé des établissements ou encore blanchisserie avec le GIE Pamar). Encore plus, quand il devient propriété d’Almaviva, 4e plus important groupe de cliniques privées en France, détenu à 60% par le fonds koweitien Wren House Infrastructure. « À chaque instance du personnel, on nous a assuré qu’il n’y aurait pas de rachat. On l’a découvert avec les publications de l’autorité de la concurrence », relate Sandrine Cartier. Elle prend un exemple parlant : « On n’a pas eu de procédure d’information-consultation. » Une procédure pourtant basique quand une reprise de cette ampleur a lieu.

    Un sens du timing qui questionne

    Les syndicats avaient des soupçons avec la cession de la clinique de Hyères au même groupe, un an avant mais rien de concret. Le 13 janvier, le président du groupe, le docteur Bruno Thiré, envoyait un courrier aux salariés annonçant qu’une « évolution de l’actionnariat est à l’étude ». S’ensuit un Comité économique et social central, le 22 janvier dans lequel il explique « chercher un successeur ». « Lors du CSEC, le PDG expliquait qu’aucune société ne s’était positionnée. Et tout accord pour une reprise était démenti », assure Karine Cheniclet, élue de la même instance pour l’Unsa et secrétaire médicale à Vert Coteau. Comme un pied de nez, l’autorité de la concurrence rend une décision, quatre jours plus tard, validant « la prise de contrôle exclusif » des titres détenus par la société mère du groupe Sainte-Marguerite « par le groupe Almaviva ». « Dans la foulée, on a reçu une demande de réunion extraordinaire du CSEC pour le 3 février », raconte Sandrine Cartier. Au passage, en oubliant les délais légaux de convocation. La réunion se tient le 3 février à 11 heures… Une nouvelle direction s’y pointe. Surprise : « Le nouveau président nous informe que la signature a eu lieu à 10h45. »

    Si la direction d’Almaviva assure aux syndicats que des temps d’échanges et consultation vont avoir lieu, ils n’ont pas, pour l’heure, de réponses à leurs questions : « Pas d’engagement sur le maintien des effectifs et des accords collectifs. » Mais « des réorganisations et regroupement d’activités envisagés » sans plus de détails. « Comment un groupe comme Almaviva peut se positionner pour ces établissements en difficulté sans projets ? On n’a pas de visibilité », questionne Karine Cheniclet. Le pire est à craindre pour Sandrine Cartier au regard de « la situation économique alarmante » du groupe Sainte-Marguerite. Quid des risques psychosociaux pour les salariés « qui ne savent pas où ils vont ». « Beaucoup de postes ne sont pas déjà remplacés, des CDD ont été arrêtés… Les structures sont en suspens », conclut-elle.

  • Hautes-Alpes : la CGT lance de faux billets pour un vrai combat

    Hautes-Alpes : la CGT lance de faux billets pour un vrai combat

    Si vous trouvez un billet de 20 euros par terre dans un couloir de votre entreprise, n’allez pas le dépenser trop vite, retournez-le d’abord. Il y a fort à parier qu’il s’agisse en réalité d’un tract de la CGT. « On les froisse, on les passe à la machine, on les abîme pour qu’ils soient le plus réaliste possible, explique Alexandra Pourroy, cosecrétaire de la CGT 05, à l’origine de cette campagne. Le but, c’est de rappeler que cette somme, c’est ce que gagne en moins chaque jour, en moyenne, les femmes par rapport aux hommes, à poste équivalent. »

    Plus de « 50% de la population discriminée »

    Le but de la campagne est donc d’alerter, de façon ludique sur ces inégalités pourtant interdites par la loi. « La plupart des entreprises jugent peu important que 50% de la population soit discriminée. Au rythme actuel où elles résorbent l’écart, on estime qu’on sera à l’égalité dans 160 ans, dénonce Alexandra Pourroy. Quant à l’État, il ne se donne pas les moyens de faire appliquer la loi, très peu d’entreprises sont sanctionnées. » La différence de salaire à poste et durée de travail identiques, est d’environ 15% selon l’Insee. Cette différence correspond à environ 20 euros par jour que les hommes gagnent en plus pour le même travail. Pire, la réduction de ces inégalités ralentit : l’écart de salaire n’a diminué que de 0,4 point en 2024, contre 0,9 point par an en moyenne entre 2019 et 2023, toujours selon l’Insee.

    Ce tract rend donc palpable cette inégalité, quitte à créer un (léger) faux espoir. « Quand on tombe dessus, on se dit “Super j’ai gagné 20 euros !” Et on réalise que c’est ce que gagnent en moins chaque jour les femmes en le retournant. Au final, c’est assez ludique et les gens se prennent au jeu, on en retrouve un peu partout dans les entreprises. » Pour participer à son échelle à cette campagne, il est d’ailleurs possible de contacter la CGT Fapt 05 pour se procurer les tracts… et les laisser traîner à son tour sur son lieu de travail.

    Contactez la CGT FAPT pour vous procurer les tracts : cgt.ptt.05@wanadoo.fr

  • À Avignon, Bernard Thibault analyse la place de la CGT dans le monde

    À Avignon, Bernard Thibault analyse la place de la CGT dans le monde

    Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT de 1999 à 2013, sera présent au club des Cheminots d’Avignon, ce jeudi 5 mars, pour échanger avec les militants locaux autour de la CGT et de ses relations internationales.

    Cette venue s’inscrit dans une initiative de l’Institut d’histoire sociale (IHS) CGT de Vaucluse. Bernard Thibault, également coprésident du comité de suivi de la charte sociale pour les JO de Paris, a été invité à participer à cette rencontre. « On a décidé de lancer l’initiative de faire des rappels historiques qui se retrouvent aujourd’hui dans des problématiques très contemporaines. On veut aller plus loin que la mémoire locale », explique André Castelli, président de l’IHS de Vaucluse, qui se réjouit de la venue « d’une figure du syndicat dans son évolution et sa transformation ».

    Première ligne

    Un peu moins d’une centaine de personnes sont attendues lors de ces échanges, au cours desquels seront abordés le rôle du syndicat et ses relations avec les organisations étrangères. « Ces rapports sont importants, car, dans le monde entier, ce sont souvent les travailleurs qui paient les factures de décisions qui ne leur appartiennent pas, qui sont issues du monde capitaliste. Il s’agit de voir comment mener la riposte », ajoute André Castelli.

    Une initiative qui en appelle d’autres. L’IHS prévoit d’organiser plusieurs rencontres dans les prochains mois, notamment autour de la CGT face au fascisme ou encore d’un débat consacré à la paix.

  • Parkings payants : la galère s’intensifie pour les salariés de l’Avenue 83

    Parkings payants : la galère s’intensifie pour les salariés de l’Avenue 83

    Nouveau mauvais coup pour les salariés de l’Avenue 83, à qui la direction du centre commercial faisait déjà la guerre, depuis deux ans, pour les empêcher de profiter des deux grands parkings en silo devenus exclusivement réservés à la clientèle, sans égard aucun pour ceux qui viennent travailler, souvent pour pas grand-chose. Mais cette fois, plus personne ne pourra passer au travers.

    À partir du 9 mars, il faudra en effet payer pour stationner son véhicule au-delà d’une certaine durée (3 heures, plus 1 heure pour le cinéma). « Cette décision est en contradiction totale avec l’image de centre “familial” que la direction revendique », commence Anaïs Pascual, secrétaire générale de la CGT Primark. Elle rappelle également que le site emploie environ 1 500 personnes et que les riverains subissent déjà un report régulier de véhicules dans leurs quartiers faute de places suffisantes. Comme les parkings des autres entreprises situées aux alentours qui vont inévitablement être impactés par la mesure avec un nouveau report massif.

    La lutte des places continue

    Pour la CGT, il est inadmissible de contraindre les salariés à payer pour venir travailler. « Les seules alternatives laissées aux salariés, c’est de sortir de leur poche 90 euros par mois, ce qui correspond à peu près à un dixième du salaire d’un 25 heures », s’indigne la responsable syndicale. Sachant que les contrats de 25 heures concernent environ 70 % des travailleurs du commerce, la mesure passe très mal. Et le comble est qu’il n’y aurait, au total, que 70 places proposées aux salariés de tout le centre commercial.

    La direction de Primark, elle, se retranche derrière la responsabilité de l’Avenue 83, tout en soulignant qu’elle ne prend en charge les places de stationnement dans aucun autre centre commercial où l’enseigne est implantée. Reste alors le système D, parfois en Zone bleue dans les rues, avec les amendes qui pleuvent et viennent encore grever un budget déjà plus que serré.

    « Aujourd’hui, on va stationner sur les parkings de Leroy Merlin, mais on a appris récemment que le magasin réfléchissait aussi à mettre une barrière pour limiter l’usage aux clients qui viennent chez eux. Donc clairement, on n’aura plus de solutions », reprend Anaïs Pascual.

    Elle alerte également sur l’impact économique que cela pourrait avoir sur les petits commerces, qui seraient, eux aussi, remontés par la mesure. « Si les clients réduisent leur temps de présence pour limiter le coût du stationnement, cela diminue ainsi les achats d’impulsion.». Avec, au final, un risque sur l’emploi.

    La CGT demande donc à l’Avenue 83 de revenir sur sa décision et ne s’interdit jusque-là aucun moyen d’action pour se faire entendre.

  • La CGT veut contrer la répression syndicale

    La CGT veut contrer la répression syndicale

    Une quinzaine de personnes sont assises autour des tables de la Bourse du travail de Marseille ce mardi 3 mars. L’ambiance n’est pas à la fête. L’union départementale (UD) des Bouches-du-Rhône de la CGT s’inquiète de la multiplication des pressions visant ses militantes et militants syndicaux. « On constate une recrudescence de signalements de la part des salariés syndiqués, surtout depuis le mouvement contre la réforme des retraites », explique Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13. Au point que l’organisation a décidé de monter un groupe de travail pour prendre le problème à bras le corps. Depuis plusieurs mois, « le syndicat a commencé à répertorier tous les actes de répression syndicale, dans tout le département et tous secteurs confondus », continue Marc Pietrosino. L’objectif ? « Réfléchir à comment lutter contre ce système mis en place par le patronat », termine le secrétaire général de l’UD avant de laisser la parole aux militants syndicaux venus témoigner à ses côtés.

    Des stratégies antisyndicales bien rodées

    Le tour de table laisse entrevoir tout un répertoire de stratégies visant à neutraliser, réprimer voire même criminaliser l’action syndicale par les directions patronales. Nadia Lacheter et Sabrina Mahfoud, coordinatrice et animatrice famille depuis plus de quinze années au sein de la Ligue de l’enseignement 13, racontent « subir des discriminations sur leur poste avec un blocage de toute évolution professionnelle » du fait de leur mandat syndical. Elles constatent « un traitement différencié par rapport à d’autres salariés à des postes équivalents, pourtant moins diplômés ou avec moins d’ancienneté ». Sabrina Mahfoud a même appris le 7 février dans l’ordre du jour d’une réunion du CSE l’existence d’un plan social qui la concernerait. Les deux femmes soupçonnent une stratégie de mise sous pression par la direction en vue des élections du personnel en 2027.

    À La Poste, Stella Estaque, secrétaire générale de la CGT Activités Postales 13, et Karim Bouzana, délégué CGT AP 13, témoignent de « blâmes » systématiques pour les salariés dont « le seul tort est d’informer les autres de leurs droits ». Valérie Lambrechts de l’union locale CGT Berre-l’Étang retrace la sanction immédiate qui s’est abattue sur les salariés du groupe Pomona en décembre dernier lorsque, pour s’organiser, ceux-ci se sont affiliés à la CGT. Résultat : deux licenciements. Même chose chez les énergéticiens de Marseille : le secrétaire général de la CGT Énergie 13 Renaud Henry raconte que « les pressions subies par les salariés syndiqués ont pour but de donner l’exemple pour décourager les autres à rejoindre la délégation ».

    Note

  • Mobilisés pour le maintien d’Orange à Saint-Mauront

    Mobilisés pour le maintien d’Orange à Saint-Mauront

    Ils y travaillent, y ont travaillé et ne veulent pas entendre parler de la disparition d’Orange à Saint-Mauront (3e). Métro national, devant les grilles du site, une centaine de personnes se sont rassemblées, ce mardi 3 mars, à l’appel de la CGT pour le maintien de l’entreprise, installée là depuis 1974. Des techniciens sont aussi venus en soutien depuis le Vaucluse ou les Hautes-Alpes. Après une première fermeture en novembre suite à une rixe à proximité, la direction Sud-Est de l’opérateur avait décidé de fermer de nouveau, le 8 janvier, après des impacts de tirs sur la façade. Même si la préfète de police avait indiqué que « tout [laissait] à penser que ces faits [s’étaient] produits en dehors des heures ouvrables ».

    Ce qui fait dire à Olivier Neri, secrétaire général de la CGT Télécoms 13, que tout cela n’est que prétexte. « On ne sait pas encore quelle est la vraie raison de cette décision, cela n’est pas possible qu’un opérateur historique, pour un problème de sécurité, ferme », estime le syndicaliste, rappelant que 35 millions d’euros ont été investis à Saint-Mauront en « même pas deux ans ». Sans remettre en cause le « sentiment d’insécurité », il l’affirme : « En 8 ans, on recense deux agressions. » Il dénonce les effets d’un discours d’extrême droite de la part de « certains syndicats ». En clair, la CFE-CGC dont le président, Sébastien Crozier, comparaît la situation « au même phénomène il y a 15 ans, dans une réserve d’Indiens qui s’appelle la Seine-Saint-Denis ».

    Depuis janvier, les salariés travaillent de chez eux toute la semaine ou s’inscrivent sur des sites de coworking loués par Orange. « Un retour des activités tertiaires (…) n’est pas envisagé. Le site est néanmoins pérenne car il va continuer à abriter les activités techniques », nous indique la direction, précisant avancer « en parallèle dans la recherche d’un ou deux sites complémentaires, à Marseille, pour l’ensemble des équipes tertiaires ». Après en avoir fermé ou vendu une bonne partie, rappelle la CGT.

    Manque de lien social

    Terminal des câbles sous-marins, le site de Saint-Mauront reste stratégique. Et a aussi toute sa place dans le quartier. Des habitants soutiennent les manifestants ce matin-là. « Ils ont bien raison. Et nous alors, on y vit bien ici », commente une riveraine. Jean-Paul et Monique, anciens de ce qui était alors France Télécoms, acquiescent. « Vous vous rendez compte, 1 000 salariés, c’est une perte immense pour le quartier », s’inquiètent-ils. Olivier Neri se souvient, lorsqu’il jouait « au foot avec des équipes de Félix-Pyat », que les directeurs aidaient les clubs en donnant des équipements. « Cela ne se fait plus depuis 10 ans et on est en train de le payer », pense-t-il, pointant le « manque de lien social entre Orange et le quartier ».

    Pour Jérémy Bacchi, sénateur PCF des Bouches-du-Rhône, « une fois de plus, on fait le choix de reculer face au narcotrafic plutôt que de résoudre le problème ». Et de déplorer qu’on déménage des locaux « en laissant le quartier sans réponse ». Pour lui, la disparition d’Orange s’inscrit aussi dans la fuite des services publics, s’indignant qu’il puisse y avoir « des ghettos dans notre ville ».

    Sur la même longueur d’onde, Jean-Marie Angeli (PCF), adjoint au maire de secteur, s’inquiète du « mauvais signal envoyé » et fait le parallèle avec la fermeture du bureau de poste derrière la mairie centrale. « Autant d’emplois de proximité en moins, qui font pourtant vivre le quartier », dénonce l’élu, précisant que la direction d’Orange et le préfet vont être interpellés. Alladine Abdallah Salim, tête de liste LFI aux municipales dans le secteur, se dit lui aussi inquiet, mais estime qu’il est encore possible d’en sortir « par le dialogue et la concertation ». En attendant, la CGT Télécoms prévoit d’autres rassemblements.

    « Ils ont bien raison. Et nous alors, on y vit bien ici »