« Le budget Bayrou est tombé, mais on ne s’attend pas à des heures meilleures avec Lecornu », explique Patrice Moulun, pour l’Union locale CGT de Toulon. Il insiste sur la nécessité de porter des revendications claires : « La retraite à 60 ans, la hausse des salaires et des pensions et taxer les plus riches, puisque de l’argent, dans ce pays, il y en a ! »
À ses côtés, Sébastien (CGT Propreté) renchérit : « Ce gouvernement nous a attaqués comme jamais. Alors, oui, il y a eu un changement de Premier ministre, mais on est conscients que si on ne mobilise pas, cette politique va continuer. Donc, notre objectif, c’est de bloquer et de dégager Macron. »
Plus de 300 manifestants sont à présent arrivés sur le parking de Leroy Merlin. « On est dans la lutte, aujourd’hui, aussi pour préparer le 18 », précise Nora (CGT). Récemment retraitée, elle s’indigne de la situation sociale : « Les salariés n’ont plus de quoi vivre. Certains sont obligés de cumuler deux boulots. Des retraités retournent travailler. Sans compter le nombre d’étudiants qui, aujourd’hui, ne peuvent pas manger et vivre dignement. »
De la colère à l’action
Pierre Kaspereck (CGT) met en garde contre « l’incendie que Macron est en train d’allumer ». Il ajoute : « Il n’entend rien à la colère des travailleurs. Ça peut devenir très dangereux pour tout le monde, y compris pour la bourgeoisie française qui se pense à l’abri de toute atteinte. Si j’étais eux, je me méfierais. »
Même son de cloche pour Olivier Gérard (CGT Éduc’action) : « On ne sait pas comment les choses vont se passer dans les jours qui viennent, mais ça ressemble un peu à la période de l’abolition des privilèges, je trouve. »
Après les prises de parole, le cortège de plus de 500 personnes se dirige vers le rond-point de Valgora. Parmi les manifestants, Raphaël, jeune lycéen, explique : « On n’est sous aucune bannière politique, mais on en a tous marre de Macron. On pense qu’il faut tout bloquer. On a pris beaucoup de choses dans la gueule. Et là, on en a assez. Stop ! »
à ses côtés, Lola, étudiante, confirme : « On en a marre de cette politique qui nous enlève nos droits petit à petit, tout en en conférant toujours aux plus riches. Donc c’est un sentiment de colère et de frustration, aussi. » Elle précise, avec un brin d’espoir : « L’objectif, c’est de faire prendre conscience qu’on peut changer les choses, qu’on peut être entendus. Sinon ça peut aller très loin. » Reza, jeune salarié dans la restauration, partage ce point de vue : « Ils ont voulu un bras de fer, on répond présent. Je serai en grève le 18, et autant de fois qu’il le faudra. »
Les deux accès au parking de l’Avenue 83 sont maintenant bloqués. Coraline, salariée non syndiquée, confie : « Je suis là parce que je ne suis pas du tout en accord avec le système politique actuel, sur tout un tas de niveaux. Je trouvais ça important de se mobiliser, aujourd’hui, pour être le plus nombreux possible. Quant au nouveau Premier ministre, c’est une vaste blague : un pion de plus pour retarder l’échéance. »
« Créer un rapport de force »
De nombreux jeunes ont répondu à l’appel de la CGT. « On est là aussi pour apporter un peu de joie aux manifs », sourit Lucas.
Pier, chorégraphe engagé, veut dire lui aussi son « ras-le-bol ». « La situation est grave au niveau social, au niveau écologique, et on voit que le président continue dans sa lancée », déplore-t-il. Pour ce militant associatif, « la solution, c’est de créer un rapport de force ». Il poursuit : « Le peuple ne se rend pas compte de la force qu’il a. Il faut faire comprendre que c’est nous qui avons le pouvoir, à condition de se bouger. »
Pierre Daspre, secrétaire fédéral du PCF, estime que « Macron n’a toujours pas compris les messages envoyés par les Français, dans la rue comme dans les urnes ». Il insiste : « Il faut se mobiliser pour exiger des réformes profondes et changer notre système économique. Cela suppose d’aller au-delà de la colère et de l’exaspération, pour passer du malaise profond à une véritable alternative politique. »
Anaïs Pascual (CGT Primark) résume le choix du lieu pour cette mobilisation : « Si on a choisi L’Avenue 83, c’est parce que c’est le symbole local du capitalisme, tout simplement. C’est une zone où vous avez des enseignes qui gagnent des milliards et des salariés qui sont à temps partiel et gagnent une misère, tout simplement. »
Rendez-vous est donné à la prochaine mobilisation.
« Ici, vous avez des enseignes qui gagnent des milliards et des salariés qui sont à temps partiel et gagnent une misère. »