Category: social

  • [Vaucluse] Les profs remplaçants contre le regroupement

    [Vaucluse] Les profs remplaçants contre le regroupement

    Le soleil pointait tout juste le bout de ses rayons ce vendredi 13 mars qu’une centaine de personnes se sont rassemblées devant la direction académique de Vaucluse. Ils manifestaient à l’appel d’une intersyndicale constituée de l’Unsa, de la CGT Éduc’action, du Snudi FO et de la FSU contre le projet de « départementalisation du remplacement » dans le premier degré.

    Car aujourd’hui, les enseignants remplaçants sont répartis par circonscription. Mais une réforme portée au niveau national souhaite mettre en place en Vaucluse une fusion des titulaires remplaçants (TR), qui interviennent sur des remplacements plutôt courts au sein d’une zone précise et sont rattachés à une école, et des brigades départementales. Ce qui conduit à un remplacement possible dans n’importe quel établissement de Vaucluse à partir de la rentrée de septembre 2026 en l’état. À l’image de Nicolas Jousselme, remplaçant TR. « Je suis dans une zone réduite car souvent, on m’appelle le matin même pour remplacer une absence. Je connais les écoles, les classes, les équipes et c’est bien mieux pour les enfants que si j’arrive dans une ville et un établissement que je ne connais pas », explique-t-il. Et de rajouter « que si on est amené à faire de la distance, on va accumuler de la fatigue, ce qui aura des conséquences sur notre vie personnelle aussi ». « Comment feront les collègues pour aller chercher leurs propres enfants s’ils ont une heure de route ? », s’interroge Tanguy Langlet, secrétaire départemental de Force ouvrière Enseignement. « C’est la souffrance au travail qui augmente. Les gens vont craquer les uns après les autres si on met ce système en place », ajoute Mélanie Saïsse, cosecrétaire à la CGT Éduc’action.

    Plus de postes

    Devant les manifestants, les différents responsables syndicaux ont successivement pris la parole pour évoquer les revendications avant d’aller à la rencontre de la direction académique dans la matinée. Parmi lesquelles le maintien des titulaires remplaçants dans une circonscription précise. « Rien n’oblige réglementairement le directeur académique à ne faire qu’une seule zone de remplacement », assurent les syndicats.

    Mais aussi la création de postes de remplaçants. Car il en manque cruellement sur le territoire, comme dans le reste de la France. Les syndicats estiment qu’en Vaucluse, il manque 50 remplaçants dans le premier degré. « On nous fait croire que cette réforme va résoudre la crise du remplacement. Mais elle vise avant tout à accroître la flexibilité et réaliser des économies budgétaires », assure la CGT Éduc’action. « Elle a déjà été mise en place dans le Gard et ça n’a aucunement résolu les problèmes », insiste Tanguy Langlet. Contactée par La Marseillaise, la direction académique de Vaucluse n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • Arcelor va relancer le haut-fourneau n°1 en juin

    Arcelor va relancer le haut-fourneau n°1 en juin

    C’est une nouvelle que beaucoup attendaient. ArcelorMittal a annoncé vendredi par communiqué le redémarrage du haut-fourneau numéro 1 du site de Fos-sur-Mer, fixé pour juin 2026, après une série de travaux visant à « prolonger sa durée de vie », selon la direction du site. Une « bonne nouvelle » accueillie par le syndicat CGT de l’entreprise, employeur de 2 500 salariés organiques et missionne 1 200 travailleurs sous-traitants. Le deuxième, en production, poursuivra son fonctionnement.

    La décision de redémarrage de ce haut-fourneau endommagé par un incendie en octobre 2025 a été prise au regard d’une confiance retrouvée dans le marché de l’acier européen et en « considérant que les mesures de défense de l’Union européenne seront mises en œuvre rapidement », d’après la direction de l’usine.

    L’une de ces mesures est le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), règlement européen visant à soumettre les produits importés à un tarif équitable, au regard du carbone émis lors de la production de biens à fort impact carbone entrant en Europe. L’autre est l’ensemble des contingents tarifaires qui limitent l’import sans frais de douane et doublent ces frais lorsque les quotas francs sont dépassés.

    Des recrutements et 60 millions d’euros investis

    Ce plan de relance comprend un volet humain et financier. D’abord, l’entreprise va compléter ses équipes avec des recrutements d’opérateurs et de techniciens de maintenance tels que des électriciens, mécaniciens ou automaticiens. D’autre part, un budget d’investissement dédié est prévu par la direction, « portant ainsi l’enveloppe d’investissements du site de Fos-sur-Mer à 90 millions d’euros » pour l’année 2026 « afin d’accompagner cette montée en puissance du site ».

    ArcelorMittal précise que « dans le même temps, la démarche d’amélioration de la productivité et de la performance se poursuit afin de renforcer la compétitivité du site ». Les études pour la décarbonation ne sont pas remises en question : « Les études d’installation d’un four à arc électrique se poursuivent » conformément à la trajectoire initiée en 2024. Ces sujets ont été présentés au personnel en CSE « dans le cadre du dialogue social », conclut l’entreprise.

    Une avancée « satisfaisante » pour Stéphane Martins de Araujo, secrétaire du syndicat CGT du site de Fos-sur-Mer. Mais insuffisante : « il y a certes des investissements pour les hauts-fourneaux, mais à court terme, entre 3 et 5 ans », considère le syndicaliste. « Quand on veut faire marcher un four pendant 15 à 20 ans il faut entre 120 et 150 millions d’euros. Quid de l’avenir au-delà de 2030 ? De plus le projet de décarbonation n’englobe que 20% de notre capacité de production, ce n’est pas suffisant pour pérenniser notre activité », détaille le responsable.

    Sur le plan humain, « 80 des départements du site vont perdre du personnel par rapport à l’ancienne marche à deux fours », indique Stéphane Martins de Araujo, parlant de 210 emplois en moins. Un manque couplé, selon le syndicaliste, « au recours à l’intérim sur des postes clés avec des risques d’accident qui s’accroissent », considérant qu’« il faut entre 6 mois et un an pour former des agents autonomes, voire plusieurs années pour certains postes de maintenance les plus importants, alors que le redémarrage est prévu dans 3 mois », pointe-t-il. Dans ce contexte, Stéphane Martins de Araujo et la CGT « ne lâcheront pas » sur la nationalisation du groupe, à défaut « de vraies annonces à Fos et Dunkerque à hauteur des besoins d’acier de la France ».

  • Ces lycées qui dénoncent la baisse des dotations

    Ces lycées qui dénoncent la baisse des dotations

    Grève, blocages, mobilisations… Depuis maintenant une semaine des lycées de Marseille protestent contre la baisse des dotations horaires globales (DHG) prévue pour la rentrée 2026. Ces enveloppes budgétaires, qui déterminent les heures d’enseignement hebdomadaires, se voient réduites dans de nombreux lycées.

    Au lycée Denis-Diderot (13e), qui perdrait 70 heures de sa DHG, les élèves ont bloqué l’établissement dès 7h30 ce jeudi 12 mars. Selon un professeur d’histoire-géographie présent sur place, plus de soixante lycéens étaient mobilisés, et une trentaine d’enseignants en grève.

    Grande journée

    de mobilisation mardi

    Dans un communiqué, Marthe Bonifay, enseignante au lycée Diderot et de la CGT Educ, rappelle les revendications du mouvement : « Nous ne voulons ni classes surchargées, ni options ou spécialités supprimées. » Le « personnel en lutte » du lycée déplore par ailleurs que « la seule réponse des autorités soit la police ». Présentes dès 7h, les forces de l’ordre auraient organisé un corridor pour laisser passer des élèves et des professeurs. Le lycée Antonin-Artaud (13e) est également « rentré dans la danse » ce jeudi matin, raconte Jean Cugier, professeur d’EPS et secrétaire académique Snep-FSU. Contre la baisse de 60 heures de sa DHG et les « économies faites sur le dos des jeunes » , les lycéens ont bloqué l’établissement. Au lycée Montgrand (1er), déjà mobilisé depuis mardi, un communiqué de presse indique que 70% des enseignants se sont mis en grève le même jour.

    Un appel à une mobilisation générale a été lancé pour mardi 17 mars. Un rassemblement doit se tenir aux Réformés à partir de 11h. Le mouvement devrait se poursuivre jusqu’à la semaine prochaine.

  • Le centre social de l’Estaque en grève contre un plan de licenciement

    Le centre social de l’Estaque en grève contre un plan de licenciement

    Devant le centre social Estaque Bassin de Séon, une trentaine de personnes se sont réunies à l’appel de la CGT Uspaoc jeudi 12 mars au matin. Les salariés, soutenus par des habitants du quartier, s’indignent de l’annonce de la suppression du poste d’animatrice famille dans l’établissement. Le centre social est l’un des quatorze que gère la Ligue de l’enseignement-Fail 13 à Marseille. En poste depuis quinze ans et élue du personnel, Sabrina Mahfoud raconte avoir été « très surprise » d’apprendre « dans un mail de convocation à une réunion du CSE » le 7 février que son poste était sur la sellette.

    Le désarroi des salariés et des habitants du quartier

    « On ne peut pas faire les choses comme ça ! », déplore Nadia Timricht, déléguée syndicale CGT Uspaoc et agente-secrétaire à la Ligue de l’enseignement 13 depuis 18 ans. Elle ajoute : « C’est une fédération qui prône des valeurs de solidarité. Mais la solidarité doit aussi s’appliquer aux salariés. »

    Une habitante de l’Estaque, retraitée et fidèle du centre social, s’inquiète : « Si le poste d’animatrice disparaît, qui va s’occuper de nos ateliers ? » Inauguré en 2013, le centre social était l’aboutissement d’un long combat qui avait mobilisé les riverains pour répondre aux besoins des familles et des enfants.

    Après une première vague de suppression de postes en 2025, six autres emplois seraient concernés en 2026. Nadia Lacheter, coordinatrice famille au centre social de l’Estaque, explique « soutenir les collègues des autres structures » mais qu’il est « difficile pour eux de se mettre en grève car cela représente une grosse perte de salaire ». Les employés demandent l’abandon du plan de licenciement et à « retrouver du bien-être dans leur travail, où on ne vient plus avec le sourire ».

    Contactée, la Ligue de l’enseignement 13 annonce avoir reçu la déléguée syndicale le 11 mars et rester « pleinement attachée au dialogue social ». Elle précise que les postes supprimés « résultent d’un contexte économique et financier particulièrement contraint » et qu’elle « travaille à trouver des solutions de reclassement pour les salariés concernés ».

  • Le Kalliste reste à flot, pas la desserte du Maroc

    Le Kalliste reste à flot, pas la desserte du Maroc

    Son coût d’exploitation l’avait voué, selon La Méridionale, au démantèlement dans un chantier turc. Sauvé in extremis par son entrée dans la flotte de Corsica Linea, baptisé Capu di Muru, rhabillé de rouge, il reprendra du service le 20 avril sur la ligne de l’Île-Rousse, ce qui pousse le Monte Doro à la sortie. Un arrêt technique de trois semaines à Marseille permettra de l’armer pour la connexion électrique à quai et de moderniser ses aménagements passagers.

    L’annonce de sa mise au rebut par La Méridionale avait provoqué des remous à la CGT marins, déplorant une erreur stratégique. Sa cession officielle à Corsica Linea le 5 mars dernier, « est une bonne nouvelle », se félicite Frédéric Alpozzo. Mais rodé à la duplicité des annonces des directions, le secrétaire général de la CGT Marins de Marseille ajoute aussitôt : « C’est ce qui suit, la réorganisation de la flotte, le retrait de La Méridionale sur le Maroc, qui ne va pas.» Dans une note interne, transmise la veille de la cession aux membres du CSE de l’entreprise, la direction de La Méridionale explique que cette vente est couplée à la mise à disposition temporaire du navire Massalia à la Corsica Linea d’ici septembre pour les besoins de la desserte de Priopriano. Ce qui permet à Corsica Linea de maintenir son périmètre à neuf navires.

    Pour La Méridionale, en proie à de lourdes difficultés financières, la stratégie vire au repli sur la desserte Corse avec le Piana, le Girolata et le Massalia, et à l’abandon de la ligne déficitaire entre Marseille et le Maroc. Enfin, la commande à un chantier naval chinois de deux navires au GNL par son actionnaire CMA-CGM reste conditionnée à la rentabilité des opérations.

    Pas de stratégie commune

    Ce rachat stratégique inscrit dans une plus vaste redistribution des cartes par les deux armateurs n’offre pas vraiment de quoi rassurer les équipages des compagnies françaises. « Cette réorganisation de flotte cache mal le fait que nos compagnies ne s’organisent toujours pas ensemble sur l’Algérie et laissent faire les compagnies low-cost qui progressent sur Sète, craint Frédéric Alpozzo, ça sent la sortie de piste de la part de l’actionnaire CMA-CGM, avec en fond, toujours à l’œuvre, la discussion sur une compagnie territoriale à deux bateaux sur la Corse.»

  • Élèves et personnels des lycées se relaient pour être entendus à Marseille

    Élèves et personnels des lycées se relaient pour être entendus à Marseille

    « Ce sont les élèves qui sont en ligne de mire. Ce sont leurs conditions d’apprentissage qui sont remises en question. » Réunis devant le lycée Montgrand (1er), les enseignants ont reconduit leur grève, ce mercredi. Déjà mobilisés la veille, avec plus de 90% des personnels en grève, ils ont profité, mercredi matin, du « relais des lycéens », explique Didier Castino, professeur de lettres et de membre de la CGT Educ, en désignant l’amoncellement de poubelles qui bloquent l’entrée de l’établissement. Avant de continuer : « On a vraiment des revendications qui se complètent. Avec les élèves qui se mobilisent, on ne peut qu’embrayer. »

    Convergence

    Au lycée Montgrand comme au lycée Diderot (13e), enseignants et élèves se sont mobilisés, mercredi, contre la suppression des heures d’enseignement prévue par les dotations horaires globales (DHG). Les critiques concernent aussi « la suppression des 4 000 postes annoncée pour la rentrée 2026 » et « la baisse des moyens pour l’éducation, tandis que de l’argent, il y en a pour financer la guerre et l’armée », explique a CGT Educ 13 .

    Les personnels éducatifs et les élèves se rejoignent aussi sur la crainte de voir des établissements qui accueillent des publics scolaires déjà fragiles mis encore plus en difficulté. La perte de 100,5 heures, soit 9,2% de sa dotation, signifierait par exemple, pour le lycée Montgrand, « la suppression des groupes de soutien en première, qui sont mis en place pour que les élèves puissent réussir leur bac de français », indique une professeure. Des lycéens mentionnent « des classes surpeuplées qui monteraient à 35 élèves ». Au lycée Diderot, la même crainte s’exprime. « On va perdre le dédoublement des classes dans la formation professionnelle », redoute un professeur d’histoire-géographie.

    Une assemblée générale des établissements mobilisés, réunie à la Bourse du travail mardi, a voté un appel à la grève plus large pour le mardi 17 mars. « Pour faire aboutir nos revendications, nos luttes et nos grèves doivent converger », note la CGT Educ 13, qui appelle « les établissements durement touchés par des pertes d’heures à rejoindre le mouvement ».

    Un rassemblement est prévu à 11h le 17 mars au kiosque des Réformés à Marseille, pour réunir personnels, élèves et parents. Les enseignants des lycées Montgrand et Diderot ont annoncé une nouvelle grève, ce 12 mars. Un moyen de mettre la pression sur leurs chefs d’établissement, reçus ces jours-ci par le rectorat de l’académie d’Aix-Marseille. Contacté, le rectorat rappelle que que « la période (…) est consacrée aux échanges avec les établissements afin d’identifier (…) les besoins pour la rentrée (…). Les dotations sont fixées (…) par la baisse démographique, l’objectif demeure inchangé : être au plus près des besoins des élèves et leur garantir les meilleures conditions possibles. Le retrait des emplois dans les lycées (…) de l’académie représente moins de 1% des moyens dont dispose les lycées (-0,6%) ».

    Gardanne : grève au collège Pesquier

    À Gardanne, les enseignants se sont mis en grève, les 10 et 11 mars. Ils dénoncent l’absence de réponse du rectorat devant « la recrudescence des faits de violence » dans l’établissement, qu’ils attribuent au « manque de moyens », comme l’explique Johanne Guedini Souche, professeur de français. Des postes de proviseur adjoint, de professeur de musique ou d’assistant social sont vacants depuis le début de l’année scolaire. Une délégation de l’établissement a été reçue par le directeur d’académie des Bouches-du-Rhône, mercredi. Celui-ci réaffirme « sa vigilance particulière quant à la dotation des collèges du département », note le rectorat.

  • À l’Argentière, la friche sera le « premier enjeu du mandat »

    À l’Argentière, la friche sera le « premier enjeu du mandat »

    « Il faut dire les choses, c’est une verrue au milieu du village, mais aussi une grande opportunité », pose Jean-Pierre Rippert, candidat à la mairie de l’Argentière-La-Bessée. La « verrue » en question, c’est une zone industrielle abandonnée, laissée en l’état après la fermeture des Fonderies et Aciéries de Provence en 2012. Or, depuis près de quinze ans, le réaménagement du site se fait cruellement attendre. Pour Jean-Pierre Rippert, ce sera même « le premier enjeu du mandat à venir ».

    Si la zone abandonnée suscite l’exaspération des habitants, elle ouvre aussi un champ des possibles, à condition de trouver le bon projet. Jean Pierre Rippert et sa liste « Quoi de neuf l’Argentière ? » veulent y installer en priorité des logements locatifs, ce dont la commune manque sévèrement. Ils projettent aussi d’y construire une nouvelle crèche plus grande que l’actuelle et y attirer des centres de formation professionnelle en lien avec les métiers du sport de montagne, du secourisme et de l’environnement. « Le tout en préservant l’attractivité visuelle du lieu, car on est en plein centre du village », s’engage le candidat.

    Un récent projet avorté

    Remi Rioux, tête de liste de « l’avenir au cœur de l’Argentière », souhaite lui aussi créer une nouvelle crèche sur le site, ainsi qu’un centre social, et nouvelle bibliothèque agrandie. Il veut également dédier une partie du lieu à l’histoire industrielle de la commune, en complément du musée et des anciennes mines ouvertes au public. « Ce patrimoine attire 10 000 visiteurs chaque année mais ça peut encore être complété, se projette-t-il. On peut faire de l’histoire industrielle du village une vraie attraction touristique. »

    Tout projet devra obtenir un précieux sésame : la dotation du fonds « vert », un financement de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) pour les reconversions de friches industrielles. Pour Alain Sanchez, actuel maire candidat à sa réélection, tout ne sera pas réalisable dans l’immédiat. Dans une publication parue ce mardi, l’édile prévient qu’un consensus entre tous les partenaires sera « très difficile » à trouver. Une prudence qui s’explique aussi par la déception générée par un échec récent. La Haute école du bois et de la forêt devait ouvrir une antenne sur le site pour la rentrée 2027, mais le projet a finalement été avorté.

  • La CGT des services publics monte au créneau

    La CGT des services publics monte au créneau

    L’Union départementale et son collectif services publics jugent nécessaire d’intervenir dans la campagne des élections municipales », campe Frédéric Larrivée, pour la CGT des Finances publiques du département, ce mardi, aux côtés des représentants des travailleurs de différents pans des services publics.

    Tous portent le même message en vue du premier tour, ce dimanche : « Il y a la possibilité d’avoir un relais au rapport de force. » Et, in fine, que l’élection des maires, « premier échelon politique », est cruciale sur bien des aspects pour le monde du travail comme pour les administrés. « Il y a des règles d’injustice fiscale, au national comme au local », entame Frédéric Larrivée, prenant l’exemple de la taxe foncière, compétence municipale. Monia Haddaoui, pour la CGT Éduc’Action 13, abonde avec l’exemple de « la loi pour le statut des AESH [accompagnants d’élèves en situation de handicap, Ndlr] refusée par les sénateurs ». Lesquels sont élus par les grands électeurs et représentent les collectivités.

    Le lien est tout trouvé avec l’alerte de la CGT Métropole AMP : « La montée du fascisme pourrait donner un représentant de l’extrême droite à la tête de l’établissement », s’inquiète Dominique Maccari pour le syndicat. Car la composition de l’hémicycle métropolitain dépend des municipales. « La question du visage politique qu’aura la Métropole peut entraîner une vraie baisse de moyens via les dotations aux communes », ajoute Véronique Dolot, de la CGT AMP.

    « L’extrême droite,

    c’est du recul social »

    Laquelle craint « des mesures dont l’objectif serait d’affaiblir tout bloc d’opposition aux idées fascistes ». Johnny Benoît, pour les agents territoriaux du Département, en sait quelque chose : « Quand une collectivité est gérée par l’extrême droite, c’est du recul social. À Marignane, la priorité est d’investir dans la levée de drapeau et les uniformes plutôt que de rénover le bâti scolaire. »

    Même inquiétude à l’hôpital, avec la CGT de l’AP-HM (Assistance publique – Hôpitaux de Marseille) qui dénonce un potentiel relais des politiques libérales dans la santé : « Les conseils de surveillance des hôpitaux publics sont présidés par les maires. C’est là que se votent les budgets et se décident les orientations », conclut Greg Fontaine pour l’organisation.

    Amaury Baqué
  • La mobilisation prend de l’ampleur dans les lycées de Marseille

    La mobilisation prend de l’ampleur dans les lycées de Marseille

    Après des premiers blocus la semaine passée, les élèves et le personnel éducatif des lycées Saint-Charles, Diderot, Victor-Hugo et Montgrand se sont de nouveau mobilisés ce 10 mars. Ils sont vent debout contre la baisse des dotations horaires attendue pour la rentrée prochaine. Le mouvement, soutenu par l’intersyndicale (CGT Educ’action, FSU, SGEN-CFDT, SUD Éducation), a été suivi avec près de 90% du personnel enseignant en grève à Montgrand et Victor-Hugo, selon les syndicats.

    Moins d’heures pour moins d’accompagnement

    Dans un communiqué de presse, les enseignants du lycée Montgrand disent constater « une dégradation de leurs conditions de travail et des conditions d’étude des élèves » ignorée par un gouvernement qui mène « une politique de destruction du service public d’éducation avec la suppression de 4 000 postes pour la rentrée prochaine ». 900 postes seraient concernés dans l’académie Aix-Marseille.

    Dans ce lycée, la dotation horaire globale (DHG) se voit amputée de 100 heures. Autrement dit, « une coupe de près de 10% par rapport à notre enveloppe actuelle », rage un professeur de physique-chimie de l’établissement. Pour les enseignants, la suppression des heures signifie « la fin des cours dédoublés en français en classe de première, des effectifs plus importants dans les groupes de spécialités » ou encore « la suppression de l’accompagnement personnalisé en classe de seconde ».

    Le lycée Victor-Hugo se voit quant à lui retirer 83 heures de la DHG, soit une réduction de 5% par rapport à l’enveloppe actuelle. Le constat est similaire : « Une fois encore ce sont nos élèves qui vont faire les frais de cette suppression à la rentrée prochaine », précise les personnels du lycée dans un communiqué. Et tous partagent la même colère : « On nous demande de faire toujours mieux avec moins : l’équation est impossible ! »

    Un lycéen en garde à vue

    Alors que les lycées Montgrand et Saint-Charles étaient bloqués mardi matin, des élèves en ont profité pour étendre la mobilisation au lycée Thiers. La raison ? « Le lycée Thiers, avec ses classes préparatoires étoiles et son public privilégié n’est quasiment pas concerné par les coupes. Ce n’est pas un hasard, c’est toujours les mêmes qui subissent les conséquences des politiques d’austérité », justifie une lycéenne affiliée au syndicat Mouvement national lycéen 13. Elle raconte que les étudiants ont souhaité « filtrer les entrées du lycée pour sensibiliser les élèves à la mobilisation en cours ». Alors que le blocus se mettait en place, des agents de la police sont intervenus « brutalement » pour évacuer les lieux et un lycéen a été interpellé. Des vidéos prises sur le moment montrent pourtant que le groupe de manifestants était pacifique. Le jeune est mis en cause pour « outrage et rébellion » a confirmé la préfecture auprès de nos confrères de La Provence.

    Placé en garde à vue, un rassemblement de soutien devant le commissariat Noailles s’est tenu à partir de midi. Des événements que l’Union départementale CGT 13 a dénoncés mardi soir dans un communiqué, disant « condamner avec la plus grande fermeté cette répression policière » et appelant à « défendre le droit fondamental de manifester ».

  • À Avignon, l’action sociale dénonce le manque de moyens

    À Avignon, l’action sociale dénonce le manque de moyens

    « À bac +3, une éducatrice spécialisée n’est qu’à quelques dizaines d’euros au-dessus du Smic. » Devant la préfecture de Vaucluse ce mardi 10 mars, entourée d’une trentaine de manifestants, Christine Sebe, animatrice CGT de l’action sociale en Vaucluse, illustre les difficultés du secteur en termes de salaires et de conditions de travail.

    Sous un ciel grisonnant, elle regrette le rejet de la proposition de loi de la sénatrice Annie Le Houerou (groupe socialiste écologiste et républicain) en janvier, ainsi que le refus du patronat de renégocier les salaires. « Ils renvoient ça à la présidentielle. C’est pour cela que l’on voulait marquer ce temps », insiste-t-elle.

    Risque de suppression de postes

    La situation se ressent notamment dans deux établissements vauclusiens. À l’hôpital de Montfavet, une mobilisation cet été « qui a porté ses fruits », confie Ludovic Laffont, élu CGT. « Mais le déficit est toujours là. Donc il y a le risque d’une suppression d’éducateurs, des agents qui sont là depuis des années », ajoute-t-il. Et il pointe comme responsable la création de nouvelles structures comme une nouvelle unité résidentielle « alors qu’il n’y a pas les moyens », poursuit-il. De son côté, Patrice Durand, élu CGT, évoque la situation de l’Institut médico-éducatif du château Mérignargues. Ce lieu accueille des enfants et adolescents en situation de handicap. Mais le responsable syndical regrette que, par manque de moyens, ils se retrouvent « séparés de la pédopsychiatrie alors qu’on se retrouve avec des cas lourds ». « Alors qu’on est à 500 mètres de l’hôpital, on doit appeler le Samu pour intervenir. Il faut jumeler, d’une façon ou d’une autre, avec la pédopsychiatrie », insiste-t-il.