Category: social

  • La grande colère des salariés du médico-social

    La grande colère des salariés du médico-social

    Alors que des négociations à Tours sont en cours ces 10 et 11 mars à l’occasion de la « Mêlée » de Nexem, le principal syndicat patronal, les quatre organisations syndicales représentatives (CGT, CFDT, FO et Sud) ont appelé les salariés de la branche associative sanitaire, sociale et médico-sociale (Bass) à se mobiliser pour réclamer de meilleures conditions de travail et de rémunération à leurs employeurs.

    Des salaires pour sortir la tête de l’eau

    Devant le siège social de l’Agence régionale pour l’intégration (ARI), l’un des plus gros employeurs du médico-social de la région Paca avec 1 500 salariés et plus de 50 établissements, Didier Zika ne décolère pas : « Chaque année, l’ARI réalise un excédent budgétaire grâce aux postes non pourvus. » L’éducateur spécialisé, en poste depuis 13 ans dans une des structures spécialisées de l’ARI et délégué syndical, déplore l’absence de réponse de la direction sur le sujet des salaires alors même « que les conditions de travail se dégradent d’année en année et qu’on a un turn-over énorme, avec des salariés exposés plus qu’ailleurs aux risques psychosociaux ». Ces départs en cascade, ce n’est pas la preuve d’un « secteur en crise d’attractivité », mais plutôt « d’un dysfonctionnement et d’un mal-être de tous les travailleurs de la Bass », renchérit Bernard Cresta, délégué syndical CGT Araimc. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le financement du secteur s’est réduit de 20% en 25 ans, tandis que les salaires réels de la branche ont reculé, écrasés par l’inflation, jusqu’à s’aligner sur le Smic.

    Le sens au travail

    Un ras-le-bol partagé par Sandrine et Haroune, éducateurs spécialisés à l’institut médico-éducatif Les écureuils, géré par l’association Fouque. Les deux témoignent de la difficulté à se projeter dans un métier « dont les conditions de travail finissent par rendre maltraitants ». Christian Barbe, instituteur spécialisé et délégué syndical dans le même IME, raconte que « le recours systématique à l’intérim » est « un problème pour l’accompagnement des enfants, qui ont besoin de repères ». Une autre mobilisation a eu lieu devant le siège social de l’Unapei mardi après-midi, avec les mêmes mots d’ordre.

  • [Entretien] Thierry Ganzerla : « On dénonce le mal-être du médico-social »

    [Entretien] Thierry Ganzerla : « On dénonce le mal-être du médico-social »

    La Marseillaise : Pourquoi appelez-vous à la grève aujourd’hui ?

    Thierry Ganzerla : Nous rejoignons l’appel de l’intersyndicale à une mobilisation nationale des salariés du secteur social et médico-social ce mardi 10 mars. La grève est interprofessionnelle car le constat est le même partout : la dégradation de nos conditions de travail et de notre convention collective, celle des établissements et services pour personnes inadaptées et handicapées. Plus largement, nous dénonçons la baisse des budgets qui entraîne un sous-financement chronique et engendre de la souffrance.

    Quelles difficultés rencontrent les salariés de votre association ?

    T.G. : L’Unapei Alpes Provence emploie 1 500 salariés, sur trois départements, et gère près de 60 établissements pour accueillir et accompagner des enfants et des adultes en situation de handicap. Depuis 2023, nous constatons un gel des salaires qui stagnent autour du Smic. Les salariés sont épuisés par le manque de moyens. Il y a un gros turn-over et les postes ne sont souvent pas remplacés. Résultat, on dépend en grande partie d’intérimaires, et ce sont les titulaires qui en paient le prix, avec un mal-être croissant. Il y a aussi des disparités entre salariés : l’Unapei refuse par exemple de verser la prime Laforcade aux apprentis.

    Ce n’est pas la première fois que vous vous mobilisez…

    T.G. : Oui, depuis la fusion des associations qui a vu la naissance de l’Unapei en 2019, le dialogue social est compliqué. Les représentants du personnel subissent des pressions. C’est devenu difficile de continuer à exercer notre mandat.

    Quelles revendications portez-vous devant votre direction ?

    T.G. : Nous demandons d’abord à être entendus et que la délégation syndicale soit reçue par la direction générale au plus vite. Nous voulons des réponses concrètes face au mal-être des équipes : des revalorisations salariales cohérentes avec l’ancienneté et l’expérience, un accès plus facile à la formation, la reconnaissance de la pénibilité de notre travail. Les conditions doivent s’améliorer pour fidéliser les salariés et stopper l’hémorragie. Pour que les salariés du médico-social soient bien-traitants, il faut qu’ils soient bien traités.

  • Rassemblement pour défendre la semaine de 4 jours à Avignon

    Rassemblement pour défendre la semaine de 4 jours à Avignon

    C’est dans cet esprit que le comité 4 jours a organisé, samedi matin, un rassemblement pour réclamer le retour de la semaine à 4 jours à l’école. « Parce qu’il ne revient pas aux élus politiques locaux de fixer la semaine scolaire à leur guise, ni de faire subir aux personnels des règles locales », souligne aussi le syndicat FO éducation qui milite pour cette mesure.

  • La CGT Cheminots rend hommage à Pierre Semard à La Seyne-sur-Mer

    La CGT Cheminots rend hommage à Pierre Semard à La Seyne-sur-Mer

    « Pierre Semard n’était pas seulement un dirigeant syndical. Il était un homme de conviction, militant infatigable, défenseur passionné des cheminots et du monde du travail. Secrétaire général de la fédération des cheminots CGT, dirigeant engagé, il consacra sa vie à la justice sociale, à la dignité ouvrière et à la paix. Jusqu’au bout, il refusa de renier ses convictions », ont rappelé les cheminots, avant de déposer une gerbe de fleurs sur la stèle à son honneur.

  • [Entretien] Karim Bouzana : « La charge des postiers est de plus en plus lourde »

    [Entretien] Karim Bouzana : « La charge des postiers est de plus en plus lourde »

    Les 15 et 22 mars, les habitants éliront leur futur maire en se rendant aux urnes avec les documents électoraux reçus à domicile. Karim Bouzana, secrétaire départemental CGT Fapt-Poste 13, détaille un dispositif d’acheminement lourd : un travail intense, sur des délais serrés, « sans compensation » pour les travailleurs.

    La Marseillaise : À quelle charge de travail les postiers vont-ils faire face pendant cette période électorale ?

    Karim Bouzana : Dans le contexte des municipales, il y a la distribution des plis électoraux. On doit les mettre dans toutes les boîtes aux lettres de l’ensemble des habitants du département. Par exemple, vous avez 40 000 boîtes aux lettres dans le 15e arrondissement de Marseille et, dans chacune, vous avez potentiellement deux, voire trois, électeurs. Donc, on risque d’avoir 80 000 ou 90 000 plis à distribuer rien que sur le 15e. Avec le changement de scrutin, cette année, ça double la charge à Marseille. Et il faut prendre en compte le poids de cette charge. Toujours dans le 15e, il y a 26 facteurs titulaires. Donc imaginez ce que ça représente en termes de charge pour 26 personnes. Même s’il va y avoir des renforts, ça va être peu : quatre personnes. Ce sont des estimations, mais ça donne une idée. C’est un casse-tête parce qu’on va faire trois tâches au lieu de deux. Pour résumer, on se retrouve avec une trentaine de personnes pour des dizaines de milliers de plis, avec très peu de temps.

    Justement, quels sont les délais ?

    K.B. : C’est ça le souci. Pour le premier tour, on pourra plus ou moins gérer, il y a plus de souplesse. Mais le second, ça va être compliqué. On va récupérer les plis le jeudi soir, donc on aura que deux jours pour les distribuer avant la date limite. Les agents vont être amenés à venir pendant leurs jours de repos. Les samedis, on aura des journées très longues. S’il y a des maires qui sont élus au premier tour, tant mieux, ça va faire des contents au niveau des facteurs. Mais il y a la probabilité qu’on ait des triangulaires ou quadrangulaires, et ça va compliquer la tâche.

    Que demandez-vous à la direction ?

    K.B. : Cette tâche n’est pas dans les missions qu’on a d’habitude, on porte une charge largement supplémentaire. Donc on demande une compensation, juste pour récompenser l’effort. La Poste répond clairement non. On a fait différentes demandes : la mise en place d’une prime exceptionnelle couvrant les deux jours, ou un panier-repas par jour de distribution. La Poste refuse. Un dépôt de préavis de grève a été déposé, de ce mardi jusqu’au samedi, 24 heures reconductibles. La semaine d’après, pour le second tour, il va être posé du mercredi au samedi. La Poste doit réfléchir à comment partager.

    Quelles sont les réactions des travailleurs ?

    K.B. : Le mécontentement grandit dans les services et il y a des craintes. La charge des postiers est globalement de plus en plus lourde et, en plus de ça, on a la distribution des plis électoraux. Il y a une lassitude, une fatigue. Ce n’est pas une résignation, mais c’est du dégoût d’être traité de cette manière-là. Les charges de travail s’accumulent, on diversifie les fonctions, mais il n’y a pas la reconnaissance du métier. Ils ne sont pas valorisés à la hauteur des tâches qu’ils accomplissent. Donc, ils attendent une prise en charge et une reconnaissance, au moins pour la période électorale.

  • La CGT d’Alès alerte sur la situation de l’emploi

    La CGT d’Alès alerte sur la situation de l’emploi

    Alors que les débats sur l’international ou sur les élections municipales occupent une bonne partie de l’actualité, la CGT d’Alès a souhaité fin février sonner l’alarme face à une situation de l’emploi qui s’aggrave. Sur la ville d’Alès, le chômage atteint en effet 15,6% de la population active, soit le double du niveau national. « Nous estimons que 5 000 postes ont été supprimés en 25 ans, sans compter les emplois induits. Nous craignons qu’avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, de nombreux emplois ne soient encore perdus », s’inquiète Martine Sagit, la secrétaire de l’union locale CGT d’Alès.

    Pour la CGT, plusieurs facteurs expliquent ces chiffres inquiétants : fracture numérique, désindustrialisation ou encore casse des services publics : « On nous avait promis qu’avec la fermeture des mines, des industries allaient arriver sur le bassin alésien, sauf que toutes les entreprises qui sont venues ferment petit à petit. Des postes sont supprimés dans le service public. À la Sécurité sociale, on est désormais accueilli par un agent de sécurité, il n’y a plus de guichet. Nous pensons qu’il faut remettre de l’humain partout. »

    Soutien aux chômeurs

    Mais le syndicat souhaitait aussi alerter sur la situation de travailleurs pour qui le travail ne permet pas de vivre décemment : « À la CGT, nous recevons entre 100 et 120 personnes par mois. Ils sont dans des situations de pauvreté d’un autre temps. Nous avons un rôle pour accompagner ces personnes pour leur condition de travail mais aussi en dehors. Il y a une détresse morale très importante. »

    Dernier point soulevé par Martine Sagit, la « stigmatisation des chômeurs » : « On dit tout le temps que les chômeurs sont des feignants, qu’ils ne cherchent pas de travail et que les gens au RSA volent nos cotisations sociales. On stigmatise le chômeur mais jamais celui qui ne paie pas ses impôts comme les 13 000 millionnaires qui ne paient pas d’impôt. Sur le bassin alésien, il y a 169 000 habitants dont 69 000 qui travaillent. 16 000 sont demandeurs d’emplois. Sur ces 16 000, seulement 7 300 perçoivent une indemnité, le reste ne perçoit rien. Seulement 22% des gens qui peuvent toucher le RSA le touchent réellement. » Des chiffres que la CGT tente de marteler pour changer le regard sur les chômeurs.

  • Liquidation d’Alinéa : quel avenir pour les 39 salariés de Pérols ?

    Liquidation d’Alinéa : quel avenir pour les 39 salariés de Pérols ?

    C’est le dernier rebondissement dans la saga finale d’Alinéa : le groupe roumain SDC Holding est de nouveau candidat à la reprise, après avoir pourtant retiré sa première offre à la mi-février. Un dossier a été déposé en dernière minute au tribunal le lundi 2 mars, proposant de reprendre le site, plusieurs magasins, et au moins la moitié des 1 200 employés.

    Pour mieux comprendre pourquoi cette nouvelle ne constitue pas un vrai soulagement pour les 39 salariés du magasin Alinéa de Pérols, il faut remonter quelques épisodes en arrière. Créée à Avignon en 1988, l’enseigne d’ameublement est en difficulté financière depuis une quinzaine d’années déjà. En 2020, elle avait cependant en partie été « sauvée » par la famille Mulliez, septième fortune de France qui détient, entre autres, Auchan et Décathlon. L’Association de la famille Mulliez avait alors racheté dix points de vente, dont l’antenne du centre commercial Plein Sud, à Pérols. Ce n’était là qu’un soulagement temporaire : en octobre 2025, les salariés du magasin de Pérols ont été informés que l’enseigne était placée en redressement judiciaire, après avoir perdu 47 millions d’euros l’année précédente. L’enseigne Grand Frais et le groupe roumain SDC Holding s’étaient alors portés candidats à la reprise, avant de retirer leur offre chacun leur tour. Et de la proposer de nouveau donc, en dernière minute, pour le second…

    Lionel Rigal est conseiller de vente à l’Alinéa de Pérols depuis 25 ans. Il affirme : « Il n’y a plus d’espoir depuis que SDC s’est retiré la première fois. Nous nous sommes faits à l’idée de devoir chercher du boulot ailleurs. » De fait, tout le monde s’était déjà préparé à la fermeture définitive du magasin, qui a déjà entamé un immense déstockage. De plus, le dossier du potentiel repreneur aurait reçu un avis défavorable de la part de la direction : « Le juge donnera sa décision dans dix jours, poursuit le salarié. Mais il y a très peu de chances que cela aboutisse. »

    Des salariés déboussolés

    « C’est un véritable ascenseur émotionnel », se désole Lionel Rigal. Samedi 14 février dernier, il était aux côtés de ses collègues pour manifester devant l’enseigne et demander des indemnités de départ supérieures au minimum légal. Depuis, les négociations entre le principal syndicat Sega et la direction des administrateurs ont repris. Selon Aurélie Tavernier, du syndicat Force Ouvrière 34, à date du jeudi 5 février, la dernière proposition des syndicats était une enveloppe de 10,7 millions d’euros. L’avenir de cette proposition est cependant lui aussi suspendu à la décision du tribunal d’accepter ou non l’offre de SDC Holding.

    La possible liquidation de l’enseigne représente une forme de traumatisme pour les salariés du magasin de Pérols : « Nous, le personnel, nous sommes très attachés à cette boîte, poursuit Lionel Rigal. On aimait nos produits, on en était fiers. Nous étions comme une famille. » Plusieurs facteurs expliquent ce naufrage selon lui : les mauvaises stratégies commerciales, mais aussi le contexte du secteur de l’ameublement qui se dégrade en raison de la concurrence et des changements d’habitudes de consommation des acheteurs. En attendant la fermeture définitive, prévue initialement pour la fin du mois de mars, les salariés s’étaient déjà préparés à se retrouver sur le carreau : « Ce n’est pas facile, on est tous un peu déboussolés, conclut Lionel Rigal. Les clients n’arrêtent pas de nous demander ce qu’on va devenir. Mais on ne le sait pas nous-mêmes. »

  • La Maison des femmes fête ses quatre ans

    La Maison des femmes fête ses quatre ans

    La sortie en salle mercredi 4 mars du film La Maison des femmes, réalisé par Mélisa Godet, tombe à pic. La Maison des femmes Marseille Provence, inaugurée en janvier 2022 et dont la raison d’être et le fonctionnement sont mis à l’honneur dans le long-métrage, ouvrait deux jours plus tard ses portes au public. Le projet, financé par l’ARS et des partenaires privés et adossé à l’AP-HM, s’est inspiré du modèle précurseur de la Maison des femmes de Saint-Denis, lancée en 2016. Depuis quatre ans, celle de Marseille s’attache à « offrir un accompagnement médico-social complet », expliquent Sophie Tardieu et Hélène Heckenroth, deux des co-fondatrices du lieu.

    Un guichet unique

    Cela passe par « un guichet unique sur les problématiques médicales, psychologiques, sociales et juridiques », continuent les deux médecins. 20 à 30 femmes sont accueillies chaque jour par des secrétaires-écoutantes, avant d’être reçues par des médecins pour un entretien d’évaluation et orientées dans l’un des parcours de soins. Grâce aux nouveaux locaux, rue Saint-Pierre, la plupart des consultations peuvent être réalisées sur place. Pour Zoé Chaléat, interne en médecine générale, « c’est un bon moyen de réduire le risque de “perdues de vue“ en globalisant la prise en charge ».

    Les patientes peuvent également se joindre aux groupes de parole ou à l’un des ateliers psycho-corporels de danse, cuisine ou jardinage qui « participent à la reconstruction du corps », défend Sophie Tardieu. Des permanences d’avocat et d’un réserviste de la police permettent le suivi juridique et le dépôt de plainte.

    La Maison des femmes a renforcé ces quatre dernières années son réseau de partenaires publics et privés pour étoffer l’offre de soins. L’objectif : « Guider les femmes vers l’autonomie, avec un accompagnement de long terme.»

    La Maison des femmes accueille du lundi au vendredi de 9h à 16h30 au 165 rue Saint-Pierre.

  • Les salariés de Fibre Excellence Tarascon mobilisés à Toulouse

    Les salariés de Fibre Excellence Tarascon mobilisés à Toulouse

    Sous la menace d’un redressement judiciaire en raison d’une « situation financière intenable », l’intersyndicale (CGT, FO et CFDT) du groupe organisait cette manifestation « avec le soutien appuyé de Carole Delga, présidente de la Région Occitanie ». Notamment parce que « l’usine sœur » de celle de Tarascon se situe à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, et que le siège de l’entreprise est basé à Toulouse.

    « On n’était pas loin de 500 manifestants, dont plus de 120 salariés venus de Tarascon, avec deux bus remplis », relate Laurent Quinto pour la Filpac-CGT. Les représentants ont été reçus par le sous-préfet. « Il nous a confirmé que les négociations ont repris entre les juristes de Bercy et ceux du groupe. » Il y a urgence : l’usine tarasconaise est à l’arrêt par manque de bois depuis lundi. Une « lettre commune à l’attention de Monsieur Sébastien Martin [ministre délégué à l’Industrie, Ndlr.] » alertant sur la situation, a été signée par Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, Frédéric Souillot, secrétaire général de FO, ainsi que Renaud Muselier, président (Ren) de la Région Sud, et Carole Delga (PS). Prochain rendez-vous le 11 mars : une réunion au ministère de l’Économie avec le Ciri (Comité interministériel de restructuration industrielle).

    Dans une question écrite, jeudi, le sénateur PCF des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi, a demandé au gouvernement « de s’engager rapidement pour préserver l’activité du site de Tarascon, en envisageant, si nécessaire, une nationalisation ».

  • Les salariés d’Oxance veulent le maintien de l’offre de soins

    Les salariés d’Oxance veulent le maintien de l’offre de soins

    On voulait interpeller politiquement l’Agence de régionale de santé, qui est garante de la santé sur la région. » Devant le siège de l’ARS à Marseille, les personnels d’Oxance, groupement mutualiste et ses plus de 1 400 salariés répartis sur 125 structures, dans le Sud et l’Est de la France, dont une partie issue de l’ex-Grand conseil de la mutualité, haussent le ton.

    En procédure de sauvegarde, les syndicats s’inquiètent de l’avenir de leurs centres de santé et autres structures de soins. « Il y a plein de scénarios : ventes de structures, concentration de l’offre, arrêt de filières… On est dans le flou et on ne sait pas où l’on va », explique Pauline Jean, pour la CGT Oxance. D’où l’interpellation à l’adresse de l’ARS, qui les a reçus. « Les représentants de l’ARS ont rappelé qu’ils étaient attachés à l’offre de soins d’Oxance. Ils avaient l’air à l’écoute mais il faudra voir les actes. Sur Marseille, ils ont quand même dit qu’une transformation de l’offre était possible… », développe Pauline Jean.

    Alerte pour les usagers

    Avant de marteler : « On a rappelé la nécessité de maintenir une offre de soins à but non lucratif. » Car c’est là tout l’enjeu de la bataille des salariés : continuer à faire vivre un modèle où la santé des patients prime avant les bénéfices.

    « On rend service à la population, on n’a pas d’actionnaire, les autres font du business sur la santé, donc on a les reins moins solides », explique Stéphane, salarié du centre de santé de Bonnefon, dans le 2e arrondissement de Marseille. On comprend mieux pourquoi l’intersyndicale d’Oxance (CGT, FO, CFE-CGC) pointe « le sous-financement chronique des établissements mutualistes par l’Assurance maladie et les pouvoirs publics ». Une situation avec un impact potentiel sur les usagers. « On s’inquiète pour l’accueil du public du centre de Bonnefon qui reçoit des patients sans avance de frais. Vu la précarité d’une grande partie du 3e arrondissement, mais aussi du 2e, ils seront en rupture de soins parce qu’ils ne pourront pas faire d’avance », déplore Henry Ansaldi, pour le bureau de l’Union locale CGT Joliette, venu soutenir la mobilisation. En clair, son maintien est « un enjeu de santé publique pour la population ».

    Reste que les salariés ont plusieurs dates importantes pour y voir plus clair sur l’avenir du groupe. Dont une « audience intermédiaire au tribunal de commerce de Lyon, le 11 mars pour un inventaire des créances ». Et surtout un Comité social et économique, le 26 mars, durant lequel seront « présentées des mesures pour un plan de redressement ». Contactée, la direction d’Oxance se veut rassurante : « La procédure de sauvegarde engagée devant le tribunal vise à préserver les emplois et à assurer la continuité des soins pendant la période d’observation. » Si elle explique que rien n’est arrêté concernant les mesures à venir, elle « demeure pleinement mobilisée pour défendre la pérennité du modèle mutualiste et maintenir l’accès aux soins dans les territoires où elle est implantée si toutes les conditions sont réunies ». « En fonction de ce qui sera présenté, on déclinera une stratégie syndicale et des actions », conclut Marianne Dupont, déléguée syndicale FO.