Category: social

  • [Entretien] Marc Pietrosino : « Nous avons de grands défis à relever à la CGT 13 »

    [Entretien] Marc Pietrosino : « Nous avons de grands défis à relever à la CGT 13 »

    Élu secrétaire général de l’organisation lors du 59e congrès de l’UD CGT 13, Marc Pietrosino succède à Olivier Mateu. Il prend ses fonctions en pleine crise politique, avec un gouvernement qui évite de peu la censure, prévoit de suspendre la réforme des retraites tout en préparant un budget rempli de mesures antisociales.

    La Marseillaise : Le gouvernement Lecornu II n’a pas été censuré ce jeudi, quelle est votre réaction ?

    Marc Pietrosino : C’est dommage de voir que l’espoir qu’avait créé le NFP auprès des travailleurs s’est fissuré avec cette absence de censure, puisque c’est le Parti socialiste qui n’a pas voté la censure. Cela implique donc une fissure de l’union de la gauche à l’assemblée nationale. Et, surtout, cela laisse le champ libre au gouvernement pour mener des mesures antisociales.

    Quel est votre point de vue
    sur la suspension de la réforme des retraites
     ? C’est insuffisant ou une victoire du monde du travail ?

    M.P. : Soyons clairs, ce n’est qu’une suspension et pas une abrogation comme le revendique la CGT. On va dire que c’est mieux que rien, mais que ce n’est vraiment pas grand-chose. Nous ne sommes pas dupes, c’est un piège ou un appât. Un appât pour hameçonner et laisser passer un budget beaucoup plus contraignant. Qui dit suspension, dit potentiellement reprise de la réforme. Concrètement, ce n’est pas un arrêt définitif. Le gouvernement fait miroiter quelque chose à courte durée dans le temps et qui peut reprendre à tout moment. C’est une très faible compensation face aux sacrifices qui vont être consentis par les foyers les plus modestes, les travailleurs et les plus précaires avec le reste du budget. Je ne sais pas si le jeu en vaut la chandelle. Mais on sait aussi que c’est un sujet qui va revenir d’ici l’élection présidentielle.

    Vous appelez à se préparer à
    de nouvelles mobilisations
     ? Une date de mobilisation des retraités est prévue au 6 novembre prochain.

    M.P. : S’il n’y a pas de mouvement social d’ampleur, la réforme des retraites ne sera pas abrogée. Oui, il faut qu’on se prépare à la mobilisation. Il faut déjà que nos délégués fassent le tour des entreprises, discutent avec les travailleurs et débattent avec eux afin de préparer la grève.

    Plus globalement, quel point de vue sur le budget ? Sophie Binet évoque un « budget catastrophique ».

    M.P. : Malheureusement, nous ne sommes pas étonnés : c’est un budget à l’image des précédents budgets présentés sous Emmanuel Macron. On est sur des budgets avec des mesures antisociales. Il va impacter le plus grand nombre, ceux qui en ont le plus besoin. C’est complètement inégalitaire, mais c’est la suite logique des politiques menées depuis le premier mandat.

    Quelles sont vos priorités pour ce mandat ?

    M.P. : La priorité est d’avoir une Union départementale unie, où toutes les organisations qui la constituent puissent combattre à l’unissons en vue d’obtenir de nouveaux droits pour les salariés. L’idée est de mettre en ordre de bataille les organisations et les syndiqués. Mais également de s’atteler à agrandir nos troupes, avoir des nouveaux syndiqués. Et, pour cela, il faut aller au plus près des professions dans lesquelles on n’est pas implanté.

    Votre expérience en tant que travailleur du commerce joue dans cette réflexion ?

    M.P. : Évidemment. Je viens d’un secteur d’activité qui a été le laboratoire du patronat. Ouverture 7 jours sur 7, automatisation à outrance qui a supprimé énormément de postes tout en imposant des cadences toujours plus grosses pour les travailleurs qui restaient… J’ai vu aussi apparaître des entreprises comme Amazon et ses plateformes, qui enchaînent les salariés via les nouvelles technologies. Cette expérience-là nourrit ma réflexion, il faut aller vers ces travailleurs. D’autant plus que beaucoup de travailleurs, avec le développement de nouvelles technologies, prennent le statut d’autoentrepreneurs et donc sortent des régimes généraux…

    Pour autant, vous avez également un secrétariat où l’on retrouve des représentants du grand port de Marseille, du service public postal, des territoriaux…

    M.P. : La force du secrétariat est justement d’avoir le port, les activités postales, la fonction publique, mais aussi d’avoir une coiffeuse, une garde d’enfants et un camarade à Malakoff. Il y a ce mélange entre bastions et territoires à conquérir.

    Le congrès a été houleux, avec un renouvellement important des instances décisionnaires. Comment rassembler les militants après ça ?

    M.P. : Il a été effectivement houleux parce qu’il a fallu qu’on se dise certaines choses, qu’on a peut-être attendues trop longtemps pour se les dire. Et ce n’est pas une bonne chose que ça éclate au congrès. Cependant, on sort avec une direction avec une participation à plus de 90% et la plupart des membres du secrétariat sont élus avec plus de 80% des voix. Cette liste a été validée par l’ensemble des organisations. Donc, on a une bonne base, avec cette liste. Les organisations nous ont fait confiance et nous ont suivis car elles ont voulu aller vers une autre voie que ce qui était proposé. C’est un gros challenge, on a de grands défis à relever à la CGT des Bouches-du-Rhône.

    C’est d’autant plus compliqué en cette période politique instable ?

    M.P. : On est dans un contexte bien particulier, effectivement. Comme je l’ai dit dans l’intervention de clôture du congrès, on fait face à de grands médias qui font passer le RN pour des gens fréquentables. Il y a une volonté de faire croire que c’est normal d’avoir peu de très riches et beaucoup de très pauvres. On est aussi dans une crise de la Ve République où l’on arrive au bout du bout d’une constitution qui ne convient pas, faite pour l’hyperprésidentialité. Les repères sont brouillés.

    Vous sentez les militants et les travailleurs prêts à répondre aux mauvais coups du gouvernement ?

    M.P. : On sent un bouillonnement social, c’est prêt à exploser. Mais c’est à nous d’aller vers les salariés pour les aider à exprimer leur colère, que les choses changent. Le monde travail est à bout.

  • FO réclame la sécurisation des hôpitaux marseillais

    FO réclame la sécurisation des hôpitaux marseillais

    Un cri d’alarme. « Nous comprenons la détresse des parents mais rien, absolument rien, ne peut justifier qu’un soignant soit insulté, humilié ou frappé alors qu’il tente simplement de sauver une vie », glisse Cindy, la gorge nouée. Cette infirmière en réanimation pédiatrique à la Timone est venue témoigner de l’insécurité touchant les hôpitaux marseillais. Il y a une semaine, un père de famille et des proches ont voulu en découdre avec le personnel et ont menacé de mort le chef de son service. Ce week-end, « une bande » a débarqué pour frapper le personnel de neurochirurgie.

    « Droit vers un drame »

    « Depuis un an, malgré les mesures insuffisantes prises par la direction générale, l’insécurité s’aggrave avec des incidents de plus en plus graves », note Audrey Jolibois, secrétaire générale de FO AP-HM, qui a déposé en novembre 2024 un préavis de grève reconductible sur le sujet. « Je croise vraiment tous les doigts pour ne pas avoir raison, mais on va droit vers un drame qui risque de tous nous marquer. »

    De janvier à septembre 2025, 47 faits de violences physiques ont été recensés sur la Timone. Une augmentation de 52% par rapport à la même période de 2024, selon le syndicat, qui déplore la présence de seulement 13 agents de sécurité pour un site de 18 hectares. « La Timone est une vraie passoire », reprend la secrétaire générale du syndicat, évoquant la « circulation de personnes étrangères » ou la présence « de SDF qui errent dans les couloirs, peuvent se coucher dans les lits, se servir des plateaux-repas, s’installer dans les offices du personnel paramédical… C’est devenu une auberge ».

    Jeudi, des représentants de l’ensemble des sites hospitaliers étaient présents pour témoigner du même constat : à l’hôpital Nord, certains accès ne sont toujours pas verrouillés la nuit malgré un plan de prévention de la violence mis en place il y a dix ans. À la Conception, les violences et agressions en psychiatrie et en urgences obstétriques sont en augmentation, des véhicules dégradés dans les parkings, des vols dans les bureaux…

    Force ouvrière exige donc auprès de la direction et des autorités de tutelle, État et l’Agence régionale de santé, des moyens supplémentaires pour la sécurité. Il pose sur la table plusieurs revendications : accélération des travaux de sécurisation et fermeture de tous les services de nuit avec digicode ou moyen d’appel au personnel, augmentation du nombre d’agents de sécurité. S’inspirant du CHU de Nice, le syndicat majoritaire de l’AP-HM envisage aussi l’installation de portiques de sécurité, ainsi que de nouvelles caméras de vidéosurveillance et la fermeture de l’ensemble des bâtiments et des accès de tous les sites la nuit.

  • La force en guise de maintien de l’ordre

    La force en guise de maintien de l’ordre

    Canon à eau. Blindés sur la place de la Comédie. Policiers municipaux et brigade anticriminalité (Bac) déployés. Les manifestations de septembre dans l’Hérault et plus particulièrement à Montpellier ont soulevé un certain nombre de questions sur la conception du maintien de l’ordre de la part de la préfecture et les consignes envoyées par le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau. « Le dispositif est disproportionné. Mais la question c’est : qu’est-ce qui fait craindre au préfet de l’Hérault de telles difficultés ? De quelles remontées d’informations dispose le préfet pour prévoir un tel dispositif ? », s’interroge Sophie Mazas, avocate de la Ligue des droits de l’Homme.

    Le 18 septembre par exemple, 350 policiers ont été mobilisés à Montpellier et deux véhicules Centaure étaient postés place de la Comédie. Ces véhicules blindés de 14,5 tonnes, dotés de 300 chevaux, de canons de tir de lacrymogènes guidés par laser et d’une caméra d’une portée de 9 km, avaient été déployés pour la première fois lors des émeutes de 2023 après la mort de Nahel à Nanterre. Pour la gendarmerie, ces véhicules sont utiles pour « affronter de nombreuses situations : terrorisme, guérilla urbaine, catastrophes ». Dans un rapport consacré aux forces de l’ordre, la Cour des comptes avait déjà exprimé des « doutes » sur « l’adéquation entre ce matériel, bien plus lourd, armé et coûteux que les matériels dont disposait la gendarmerie auparavant, et l’usage effectif qui en sera fait ».

    Le 10 septembre, l’utilisation du canon à eau avait également fortement tourné sur les réseaux sociaux. Un homme, situé à une quinzaine de mètres du camion, touché à la tête, avait été légèrement blessé. « Les policiers ont fait leur travail et sont intervenus en respectant le cadre réglementaire. Des sommations ont été faites à plusieurs reprises et avant l’emploi de l’engin lanceur d’eau », avait alors réagi Baptiste Chauveau, chef du service communication à la préfecture de l’Hérault, auprès de France 3 Occitanie.

    Une version contestée par Sophie Mazas : « J’avais déjà vu des canons à eau sur des manifestations à 150 000 personnes mais pas sur 10 000 personnes à Montpellier. L’instruction faite sur le maintien de l’ordre de 2017 explique que l’usage des canons à eau ne peut être fait qu’après une charge au sol de la police. Elle n’a pas eu lieu. Le principe de proportion de l’usage de la force n’est pas respecté. On commence tout de suite avec une répression très forte ».

    La Bac dans les lycées

    Le choix des unités de police ou de gendarmerie pose également problème à l’avocate de la LDH : « La Bac n’est pas du tout formée pour encadrer les manifestations ou pour gérer l’ordre public. Quand vous envoyez la Bac qui intervient en civil, parfois sans brassard, sans RIO [référentiel des identités et de l’organisation, Ndlr.], avec des matraques et des méthodes d’intimidation, il y a quand même un problème. Ce sont eux qui ont été envoyés dans les lycées le 10 septembre. »

    La polémique a aussi enflé concernant la présence de la police municipale, dont les missions de maintien de l’ordre sont interdites. « Nos policiers étaient engagés uniquement pour une mission de protection, et de nos effectifs ainsi que des citoyens », a expliqué Sébastien Cote, l’adjoint en charge de la sécurité à Montpellier. Des arguments qui n’ont pas convaincu Sophie Mazas : « Je ne comprends pas, ils sécurisent des gens qui font du maintien de l’ordre ? Ils font donc bien du maintien de l’ordre ».

    Face à cette accumulation, la question du droit de manifester se pose pour la LDH. « Cet usage de la répression commence vraiment à poser problème », conclut Sophie Mazas.

  • [Info La Marseillaise] Marc Pietrosino est élu secrétaire général de la CGT 13

    [Info La Marseillaise] Marc Pietrosino est élu secrétaire général de la CGT 13

    Après 3 jours de débats intenses, l’Union Départementale CGT 13 a élu son nouveau secrétaire général, ce mercredi en début de soirée. C’est Marc Pietrosino, qui prend la tête de l’organisation syndicale et qui succède ainsi à Olivier Mateu.

    Travailleur de la Fnac, Marc Pietrosino est bien connu des salariés des secteurs du commerce et du service. Il a mené plusieurs mouvements de grève, notamment sur les questions de hausse de salaires et de conditions de travail dans son enseigne et sur le magasin de la Valentine à Marseille. Fusion entre Fnac et Darty, fermetures d’enseignes et rapport de force dans un secteur où la syndicalisation est souvent difficile, il a l’habitude de faire face à tous les aspects des politiques néolibérales. En charge des questions de commerce à l’UD CGT 13, il est également secrétaire général de l’Union locale CGT de la Vallée de l’Huveaune, une des UL de la cité phocéenne. « Il faut rester sur le ciment de notre organisation, les idées qui ont fait la gloire de la CGT, et aller les diffuser sur le terrain au plus près des salariés », insiste-t-il.

  • [Info La Marseillaise] Marc Pietrosino est élu secrétaire général de la CGT 13

    Après 3 jours de débats intenses, l’Union Départementale CGT 13 a élu son nouveau secrétaire général, ce mercredi en début de soirée. C’est Marc Pietrosino, qui prend la tête de l’organisation syndicale et qui succède ainsi à Olivier Mateu.

    Travailleur de la Fnac, Marc Pietrosino est bien connu des salariés des secteurs du commerce et du service. Il a mené plusieurs mouvements de grève, notamment sur les questions de hausse de salaires et de conditions de travail dans son enseigne et sur le magasin de la Valentine à Marseille. Fusion entre Fnac et Darty, fermetures d’enseignes et rapport de force dans un secteur où la syndicalisation est souvent difficile, il a l’habitude de faire face à tous les aspects des politiques néolibérales. En charge des questions de commerce à l’UD CGT 13, il est également secrétaire général de l’Union locale CGT de la Vallée de l’Huveaune, une des UL de la cité phocéenne. « Il faut rester sur le ciment de notre organisation, les idées qui ont fait la gloire de la CGT, et aller les diffuser sur le terrain au plus près des salariés », insiste-t-il.

  • La FSU fortifie ses militants dans la défense de la Sécurité sociale

    La FSU fortifie ses militants dans la défense de la Sécurité sociale

    « Aujourd’hui, on propose une formation aux militants de la FSU de la région Paca dans le cadre des 80 ans de la Sécurité sociale », explique Virginie Akliouat, membre de l’équipe nationale de la FSU-SNUipp. « C’est une date importante, et ce d’autant plus que la Sécurité sociale est ciblée par les attaques des gouvernements successifs sur les 30 dernières années », ajoute-t-elle. « C’est toujours bien de rappeler l’histoire et de célébrer les grandes dates, mais c’est surtout l’occasion de sensibiliser, de faire prendre conscience des enjeux du moment. Et sur la Sécurité sociale, sur la protection sociale en général, il y a des enjeux majeurs », précise Laurent Tramoni, le secrétaire national du Snes-FSU.

    Pour le responsable syndical ce n’est pas un hasard si le gouvernement Barnier a été censuré l’an dernier au moment du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Aujourd’hui, poursuit-il, « nous sommes dans un pays où la population vieillit, et donc a besoin de soins plus nombreux et plus coûteux, avec des progrès des traitements, des techniques, qui font qu’on arrive à soigner des maladies qu’on ne savait pas soigner avant ».

    Des arguments politiques et d’efficacité

    « Donc il y a un besoin de financement ce qui est, selon nous, heureux, parce que ça veut dire qu’il y a des progrès sociaux qui sont bénéfiques à tout le monde », se réjouit Laurent Tramoni. Or, face à ces besoins nouveaux qu’il faut financer, une offensive très forte s’organise pour qu’ils ne le soient pas par la solidarité publique, par la Sécurité sociale, mais à partir d’assurances privées, personnelles, individuelles proposées par des opérateurs marchands. Ces derniers cherchant d’abord à faire du bénéfice sur la santé.

    Pour la FSU c’est d’abord un enjeu politique donc, mais c’est aussi un enjeu de bon sens parce qu’en matière de santé, la mise en concurrence et la compétition des acteurs n’améliorent pas le service rendu aux assurés, insiste Laurent Tramoni. Et de préciser : « On voit dans d’autres pays où la santé est complètement privatisée que le service rendu n’est pas meilleur, au contraire. »

    L’occasion de rappeler qu’en France, notre système socialisé est très efficace. « Parce qu’il n’y a qu’un opérateur, parce qu’on ne finance pas les actionnaires, et parce qu’il y a une puissance d’achat de la part des hôpitaux publics ou autres qui est très forte dans les négociations des prix », rappelle le secrétaire national du Snes-FSU. C’est donc aussi pour ça que la Sécurité sociale peut et doit être défendue a rappelé le principal syndicat de l’Éducation nationale lors de cette journée.

  • La FSU fortifie ses militants dans la défense de la Sécurité sociale

    « Aujourd’hui, on propose une formation aux militants de la FSU de la région Paca dans le cadre des 80 ans de la Sécurité sociale », explique Virginie Akliouat, membre de l’équipe nationale de la FSU-SNUipp. « C’est une date importante, et ce d’autant plus que la Sécurité sociale est ciblée par les attaques des gouvernements successifs sur les 30 dernières années », ajoute-t-elle. « C’est toujours bien de rappeler l’histoire et de célébrer les grandes dates, mais c’est surtout l’occasion de sensibiliser, de faire prendre conscience des enjeux du moment. Et sur la Sécurité sociale, sur la protection sociale en général, il y a des enjeux majeurs », précise Laurent Tramoni, le secrétaire national du Snes-FSU.

    Pour le responsable syndical ce n’est pas un hasard si le gouvernement Barnier a été censuré l’an dernier au moment du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Aujourd’hui, poursuit-il, « nous sommes dans un pays où la population vieillit, et donc a besoin de soins plus nombreux et plus coûteux, avec des progrès des traitements, des techniques, qui font qu’on arrive à soigner des maladies qu’on ne savait pas soigner avant ».

    Des arguments politiques et d’efficacité

    « Donc il y a un besoin de financement ce qui est, selon nous, heureux, parce que ça veut dire qu’il y a des progrès sociaux qui sont bénéfiques à tout le monde », se réjouit Laurent Tramoni. Or, face à ces besoins nouveaux qu’il faut financer, une offensive très forte s’organise pour qu’ils ne le soient pas par la solidarité publique, par la Sécurité sociale, mais à partir d’assurances privées, personnelles, individuelles proposées par des opérateurs marchands. Ces derniers cherchant d’abord à faire du bénéfice sur la santé.

    Pour la FSU c’est d’abord un enjeu politique donc, mais c’est aussi un enjeu de bon sens parce qu’en matière de santé, la mise en concurrence et la compétition des acteurs n’améliorent pas le service rendu aux assurés, insiste Laurent Tramoni. Et de préciser : « On voit dans d’autres pays où la santé est complètement privatisée que le service rendu n’est pas meilleur, au contraire. »

    L’occasion de rappeler qu’en France, notre système socialisé est très efficace. « Parce qu’il n’y a qu’un opérateur, parce qu’on ne finance pas les actionnaires, et parce qu’il y a une puissance d’achat de la part des hôpitaux publics ou autres qui est très forte dans les négociations des prix », rappelle le secrétaire national du Snes-FSU. C’est donc aussi pour ça que la Sécurité sociale peut et doit être défendue a rappelé le principal syndicat de l’Éducation nationale lors de cette journée.

  • Virés par ID Logistics, ils ont le cran de David contre Goliath

    L’aventure d’ID Logistics dans le 15e arrondissement n’aura duré que trois ans. Préparée depuis un an, la bataille juridique qu’entament les ex-salariés contre la plateforme sera probablement « un combat de longue haleine », a prévenu maître Mathilde Lanté qui a pris leur dossier en main et annonce une « séance de conciliation le 20 janvier ». Mais l’enjeu est d’importance, « il s’agit pour eux de relever la tête, voire de redonner l’espoir aux salariés, le droit du travail doit être respecté ».

    En mettant la clé sous la porte à Saint-Antoine suite à une rupture de contrat avec son client Amazon, ID Logistics donnait un mois à ses 47 salariés pour accepter une mutation à 140 km. Une clause de mobilité prévue dans leur contrat qui permettait de les licencier pour faute grave en cas de refus. ID Logistics économisait ainsi la mise en place d’un plan sauvegarde de l’emploi (PSE) dans les règles et des indemnisations. Mais la pastille ne passe pas et depuis un an vingt salariés font preuve d’une grande détermination « pour démontrer qu’il y a eu licenciement économique, pour dénoncer les conditions insalubres dans lesquelles on a travaillé sans rechigner, pour non-respect du droit syndical…et parce que se faire jeter comme des kleenex nous a laminés », résume Alex Regnault, qui n’a pas retrouvé de travail depuis et a dû quitter son logement.

    Ce licenciement pèse encore sur leur vie. « C’était impossible de faire déménager toute ma famille à Bollène. Un vrai sale coup, ça m’a coupé les jambes », regrette Zaïr, 62 ans, qui n’est plus en activité et a vu ses ressources tomber de 1 600 euros à 970. « J’ai été cariste, maçon, j’ai travaillé dans la marine, l’aéronautique, mais à mon âge… » Dans la lutte syndicale avec la CGT, « en collectif », il trouve de quoi surmonter les « gros moments de déprime ».

    Viser la jurisprudence

    Leila, 35 ans, qui avait travaillé 6 ans chez Amazon s’est sentie « trahie par ce lâchage d’ID Logistics, qui a joué sur notre conscience professionnelle pour accepter de travailler dans un hangar qui prenait l’eau ». L’ex-chef de service n’a décroché qu’un CDD à temps partiel chez un fabricant de desserts, « en attendant un poste en lien avec mes compétences » et est hébergée chez une amie.

    Robert, 33 ans, père de deux enfants, a repris le volant comme VTC. « Mais ma carte avait expiré. J’ai dû me payer une formation car France Travail ne prend pas en charge l’auto-entrepreneur. » Abdul, 48 ans, qui a obtenu en mai dernier un contrat en Intérim dans le nettoyage, souligne : « J’ai un meilleur salaire et des tickets restos mais je me suis battu pour ça et ça ne change rien au fait qu’ID Logistics nous doit quelque chose. À commencer par le respect. » Mohamed, ex-chef d’équipe, devra accepter d’être déclassé pour trouver un emploi. « On nous a jetés et plombé avec la faute grave », dénonce-t-il en espérant que l’affaire fera jurisprudence.

  • Virés par ID Logistics, ils ont le cran de David contre Goliath

    Virés par ID Logistics, ils ont le cran de David contre Goliath

    L’aventure d’ID Logistics dans le 15e arrondissement n’aura duré que trois ans. Préparée depuis un an, la bataille juridique qu’entament les ex-salariés contre la plateforme sera probablement « un combat de longue haleine », a prévenu maître Mathilde Lanté qui a pris leur dossier en main et annonce une « séance de conciliation le 20 janvier ». Mais l’enjeu est d’importance, « il s’agit pour eux de relever la tête, voire de redonner l’espoir aux salariés, le droit du travail doit être respecté ».

    En mettant la clé sous la porte à Saint-Antoine suite à une rupture de contrat avec son client Amazon, ID Logistics donnait un mois à ses 47 salariés pour accepter une mutation à 140 km. Une clause de mobilité prévue dans leur contrat qui permettait de les licencier pour faute grave en cas de refus. ID Logistics économisait ainsi la mise en place d’un plan sauvegarde de l’emploi (PSE) dans les règles et des indemnisations. Mais la pastille ne passe pas et depuis un an vingt salariés font preuve d’une grande détermination « pour démontrer qu’il y a eu licenciement économique, pour dénoncer les conditions insalubres dans lesquelles on a travaillé sans rechigner, pour non-respect du droit syndical…et parce que se faire jeter comme des kleenex nous a laminés », résume Alex Regnault, qui n’a pas retrouvé de travail depuis et a dû quitter son logement.

    Ce licenciement pèse encore sur leur vie. « C’était impossible de faire déménager toute ma famille à Bollène. Un vrai sale coup, ça m’a coupé les jambes », regrette Zaïr, 62 ans, qui n’est plus en activité et a vu ses ressources tomber de 1 600 euros à 970. « J’ai été cariste, maçon, j’ai travaillé dans la marine, l’aéronautique, mais à mon âge… » Dans la lutte syndicale avec la CGT, « en collectif », il trouve de quoi surmonter les « gros moments de déprime ».

    Viser la jurisprudence

    Leila, 35 ans, qui avait travaillé 6 ans chez Amazon s’est sentie « trahie par ce lâchage d’ID Logistics, qui a joué sur notre conscience professionnelle pour accepter de travailler dans un hangar qui prenait l’eau ». L’ex-chef de service n’a décroché qu’un CDD à temps partiel chez un fabricant de desserts, « en attendant un poste en lien avec mes compétences » et est hébergée chez une amie.

    Robert, 33 ans, père de deux enfants, a repris le volant comme VTC. « Mais ma carte avait expiré. J’ai dû me payer une formation car France Travail ne prend pas en charge l’auto-entrepreneur. » Abdul, 48 ans, qui a obtenu en mai dernier un contrat en Intérim dans le nettoyage, souligne : « J’ai un meilleur salaire et des tickets restos mais je me suis battu pour ça et ça ne change rien au fait qu’ID Logistics nous doit quelque chose. À commencer par le respect. » Mohamed, ex-chef d’équipe, devra accepter d’être déclassé pour trouver un emploi. « On nous a jetés et plombé avec la faute grave », dénonce-t-il en espérant que l’affaire fera jurisprudence.

  • Lecornu recule sans renoncer, CGT et FSU restent à l’offensive

    Lecornu recule sans renoncer, CGT et FSU restent à l’offensive

    Entre « une vraie victoire » saluée par la CFDT, « un premier pas » apprécié par FO et l’appel à « un blocage immédiat de l’application de la réforme » de la CGT qui continue d’exiger son abrogation immédiate, l’annonce de la suspension de la réforme des retraites, mardi, par Sébastien Lecornu devant l’Assemblée, a été diversement apprécié du côté des syndicats.

    Sur la même ligne que la CGT, la FSU tout en saluant « un premier recul » infligé à Emmanuel Macron et son gouvernement par le mouvement social, appelle à « pousser l’avantage ! ». La fédération « continue d’exiger l’abrogation de la réforme, la revalorisation des carrières, l’augmentation des salaires et des pensions des agent·es de la fonction publique et des mesures d’égalité salariale ».

    Et de rappeler son rejet du gel du point d’indice, de l’année blanche pour les pensions, du remplacement de l’abattement de 10% pour les retraités par un plafond de 2 000 euros, du gel des prestations sociales, du doublement des franchises médicales, des 3 000 suppressions de postes envisagées notamment dans les agences de l’État… « Et ce n’est pas l’ersatz de taxe Zucman assortie de toutes les exonérations possibles qui fera illusion ! », tance la FSU en regardant vers le PS.

    « La FSU continue d’exiger un tout autre budget pour 2026. Les défis auxquels notre pays est confronté, la crise sociale, la crise climatique, la crise démocratique exigent de mieux répartir les richesses, de renforcer les services publics, de reconnaître le rôle incontournable des agent.es publics, de mieux rémunérer le travail de se doter d’une protection sociale de haut niveau et d’en garantir l’accès universel. »

    De « la cohésion sociale »

    Mercredi, le Premier ministre a lui ouvert une nouvelle porte en proposant de « confier la gestion » du système de retraites aux partenaires sociaux, attendant des propositions « d’ici le printemps ». « J’ai confiance dans la démocratie sociale », a-t-il expliqué lors de sa déclaration de politique générale devant le Sénat. Et de citer en exemple la gestion par les syndicats et le patronat du système de retraites complémentaires Agirc-Arrco. « Pourquoi ne pas développer ce qui fonctionne ? C’est le bon sens », a-t-il souligné. Il y a deux jours, la CGT a pourtant appelé à une mobilisation le 17 octobre, jour où le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco doit statuer avec une « marge d’appréciation » sur la revalorisation des retraites complémentaires…

    Le chef du gouvernement lors de son intervention devant l’hémicycle du palais Bourbon a également répété son intention d’installer une conférence des partenaires sociaux sur les retraites et le travail qui puisse rendre des propositions « d’ici le printemps » : « Toutes les propositions sont à étudier. Certains veulent les systèmes par points, d’autre part capitalisation, d’autres veulent abandonner toute référence d’âge. Mais ces propositions ne valent que si l’on sait qui est responsable ».

    La CGT avait souligné la veille que sa participation « dépendrait de l’ordre du jour et des modalités ». Une réserve d’autant plus justifiée que face à la chambre haute où sa proposition de suspendre la réforme des retraites, n’a pas les faveurs de la majorité de droite, le Premier ministre a assuré que « suspendre, ce n’est pas renoncer, ce n’est pas reculer non plus ». Pour faire passer la pilule, lui met en avant la stabilité générée par cette mesure, en échange de laquelle le PS ne voterait pas la censure. « La cohésion sociale, l’unité du pays et donc sa stabilité sont une force », a-t-il fait valoir, face aux protestations suscitées par l’évocation d’une suspension de la réforme. « Le budget de l’État et le budget de la Sécurité sociale déposés aujourd’hui, réaffirment clairement le choix politique de l’austérité et le refus d’augmenter les recettes de l’État par des mesures de justice fiscale. Ces choix sont dangereux pour la cohésion sociale », répond la FSU.