Category: social

  • Une mobilisation inédite au conservatoire de Marseille

    Une mobilisation inédite au conservatoire de Marseille

    Mouvement social inédit au conservatoire de musique de Marseille ce jeudi. Enseignants des Beaux-Arts et agents d’accueil expriment leur colère quant à la gestion de l’Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille Méditerranée (INSEAMM).

    Ils se mobilisent à l’occasion d’un conseil d’administration après une fermeture totale du conservatoire Pierre Barbizet, mercredi, du fait de la grève des agents d’accueil soutenue par la CGT. « De mémoire c’est la première fois qu’il y a une aussi grosse mobilisation », glisse un agent.

  • Le mouvement social prend de l’ampleur au conservatoire de Marseille

    Le mouvement social prend de l’ampleur au conservatoire de Marseille

    « On s’est levé pour rien ! » Ce mercredi matin, les minots repartent du conservatoire Pierre Barbizet à Marseille, sans avoir pu mettre la main sur leurs instruments. Sur place, des salariés annoncent, avec un air désolé : « Les cours sont annulés toute la journée. » En cause ? Le mouvement de grève lancé par les agents d’accueil et de sécurité du site, sur un préavis de grève de la CGT, se durcit. « On était sur deux heures le matin et deux heures l’après-midi depuis plus d’une semaine, mais on passe sur une grève toute la journée », explique un agent gréviste de l’établissement qui fait partie de l’Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille Méditerranée (Inseamm).

    Pour rappel, ils revendiquent une « meilleure reconnaissance » de leur travail essentiel au fonctionnement du conservatoire, via une hausse salariale et une amélioration de leurs conditions de travail (lire notre article du 07/01). Et si la direction, par la voix du saxophoniste Raphaël Imbert, affiche une ouverture au dialogue social et dit « entendre les revendications », reste que les agents ne sont pas convaincus par ses propositions. « Elles ne sont clairement pas à la hauteur », dénoncent les agents, après un premier round de discussion.

    En parallèle, un collectif d’agents, notamment des enseignants, des Beaux-Arts de Marseille toujours de l’Inseamm, mais situé à Luminy, fait aussi part de son opposition quant « à l’évolution » de l’institut public, avec le lancement d’une pétition. Ils citent « des conditions salariales dégradées » sur fond de « réduction des moyens alloués au Conservatoire comme aux Beaux-Arts ». De quoi animer le conseil d’administration prévu ce jeudi.

  • Du soutien pour les agents de sécurité de Grand Littoral

    Du soutien pour les agents de sécurité de Grand Littoral

    Les militants de la CGT ont répondu présents pour soutenir les agents de sécurité de Grand Littoral, ce mardi. Le rendez-vous, le troisième depuis leur première mobilisation début décembre, était fixé aux abords du centre commercial des quartiers Nord tôt le matin. Ils se mobilisent toujours afin d’obtenir « une reconnaissance salariale » et la fin d’une « répression syndicale » sur le site de la part de l’entreprise Triomph Sécurité, qui assure la sécurité de Grand Littoral. Pour rappel, le conflit a débuté avec un mouvement de grève inédit pour les petites mains de la sécurité, sur fond de demande de revalorisation et de prise en compte de « l’insécurité » particulière du lieu. Lequel s’est suivi d’un autre rassemblement, au lendemain de Noël, mais en soutien à des agents proches de la CGT menacés de mutation « à l’autre bout du département ».

    Une « série d’agressions »

    Rebelote donc ce mardi, avec une mobilisation liant les deux problématiques. « Les agents sont agressés au quotidien, les alertes sont ignorées par la direction, les syndicats de terrain sont écartés », dénonce le syndicat CGT Prévention-Sécurité du département.

    L’organisation énumère plusieurs agressions et incidents qu’auraient vécus les agents, allant de 2022 jusqu’à récemment : « Coupure à la main suite à une agression à l’arme blanche d’un agent », puis en 2024 « l’utilisation de bombe lacrymogène contre les agents lors d’une interpellation », ou encore en juillet 2025 « une altercation physique avec jets de tables et chaises à Starbucks ». D’où le constat : « Ces incidents montrent l’exposition quotidienne au danger des agents, sans protection ni reconnaissance par la direction. » Et d’où l’appel des militants : « L’heure n’est plus à subir. »

  • Le fonds Apollo va-t-il lâcher Kem One ?

    Le fonds Apollo va-t-il lâcher Kem One ?

    On est au fond du trou, criblés de dettes », s’inquiète Michaël de Dios, secrétaire adjoint du syndicat CGT de l’usine Kem One de Fos-sur-Mer. Ce dernier et son homologue du site de Lavéra, Geoffrey Del Baldo, nous ont sollicités, vendredi 9 janvier, pour livrer leurs inquiétudes sur l’état et la gestion de la société chimiste, propriété du fond d’investissement états-unien Apollo global management, alors que débutent, ce mercredi, les négociations annuelles obligatoires (NAO).

    Car, cinq ans après l’acquisition de Kem One par Apollo, les comptes ne sont pas bons, selon les syndicalistes. « On a payé 38 millions d’euros sur les intérêts de la dette en 2025, affirme Geoffrey Del Baldo. C’est comme si on commençait l’année dans le négatif. » « C’est approximativement le résultat net qu’on faisait avant, abonde Michaël de Dios. Tout ce qu’on gagne passe dans le remboursement des intérêts de la dette. »

    La conjoncture économique n’aide pas. « La dette grossit à cause du contexte de la chimie », détaille Didier Chaix, délégué syndical de Kem One au niveau national. « Il a fallu réemprunter 200 millions d’euros, cette année, car le marché du PVC est déprimé en prix et en volumes. 2026 est une année charnière et les interrogations se posent sur le maintien de l’activité », estime le syndicaliste.

    Un air de déjà vu

    Les syndicalistes pointent le besoin d’investissement. Pour Didier Chaix, « même dans une période compliquée, il faut investir pour préparer l’outil de production pour les bonnes années ». En substance, la CGT « prend ses responsabilités », selon le délégué central, et demande à Apollo de « ne pas piloter Kem One sur son activité, mais sur son avenir », parlant d’un « monstre financier de 900 milliards de dollars pour lequel ça ne devrait pas être un problème de sortir quelques dizaines de millions pour l’outil ».

    L’utilisation de l’argent est au cœur des critiques. « On est shooté aux consultants imposés par Apollo », tance Didier Chaix. « Entre 2024 et 2025 ça nous a coûté 25 millions d’euros. On sera très loin de cette somme pour nous aux négociations annuelles », fait-il remarquer. « Ça n’apporte aucune plus-value », juge Geoffrey Del Baldo, qui abonde : « Pendant ce temps, on a des retards de paiement auprès des sous-traitants. Avec le manque de trésorerie, des électriciens et échafaudeurs ont été payés avec trois mois de retard. » « L’image de Kem One est celle d’un mauvais payeur et on pense avoir perdu des clients comme ça », déplore-t-il.

    Et pas que des clients. « Nos dirigeants ont perdu la confiance des salariés », lance Michaël de Dios, indiquant que « les cadres, ouvriers, jeunes apprentis, fuient Kem One. On n’arrive pas à recruter et les gens partent ou veulent partir » déplore-t-il. Didier Chaix confirme et constate « beaucoup de démissions, de ruptures conventionnelles et de CDD qui ne sont pas reconduits et ça dégrade les conditions de travail de ceux qui restent ».

    Le doute, pour ne pas dire la défiance, s’installe. « Partout où Apollo est venu, ils n’ont rien investi et font payer les intérêts de la dette jusqu’à la bascule », s’insurge Michaël de Dios. Le passage du fond d’investissement entre 2011 et 2014 à Ascométal, à proximité, s’était soldé par un redressement judiciaire. « Il y a intérêt à ce que les propriétaires trouvent une solution, car notre activité impacte la filière », conclut Didier Chaix.

    Contactée, la direction de Kem One n’a pas répondu à nos sollicitations dans les délais. Le syndicat CGT de Lavera appelle à la mobilisation devant l’entrée, ce mercredi dès 7h.

    « Apollo nous fait payer sa dette jusqu’à la bascule »

  • CHU de Montpellier : la CGT craint un « plan social déguisé » avec l’IA

    CHU de Montpellier : la CGT craint un « plan social déguisé » avec l’IA

    D’ici 5 ans, pas moins de 12% des effectifs du CHU de Montpellier pourraient disparaître avec la mise en place d’outils d’intelligence artificielle (IA). Quand on sait que le premier employeur public de l’Hérault emploie quelque 10 000 salariés, 1 200 postes seraient ainsi concernés. Telle est la crainte de la CGT à la suite de plusieurs réunions avec la direction qui a annoncé que l’hôpital public montpelliérain faisait partie des premiers « CHU tests ».

    En fin d’année 2025, lors du Comité social d’établissement (CSE), aucune donnée chiffrée n’a été gravée dans le marbre. Ce qui peut expliquer que seule la CGT s’est pour l’heure prononcée contre le dispositif (FO, l’Unsa et la CFDT ont voté pour ou se sont abstenues). Mais « ces chiffres avaient été révélés lors de réunions préalables », assure Pierre Renard. Et le délégué syndical CGT de redouter un « plan social déguisé ».

    Pour l’heure, pas de licenciements secs en vue mais des « non renouvellements de CDD et des non remplacements de départs à la retraite » qui au fur
    -et à mesure feront baisser la masse salariale du CHU, pourtant en sous-effectif chronique comme ailleurs. « On le voit avec la grève des médecins libéraux. Rien n’a été anticipé par l’ARS ni les pouvoirs publics. Résultat  : les urgences du CHU sont débordées. Si on connaissait un drame semblable à l’incendie en Suisse, on n’aurait pas les moyens humains de prendre en charge tous les patients ».

    Le « prétexte » de l’IA ?

    Dans les discours officiels, l’IA médicale sur laquelle travaille le CHU vise à faire gagner du temps et de l’efficience aux services. Et même Pierre Renard en convient : cette technologie en devenir peut avoir des effets bénéfiques sur l’organisation des services, la coordination des tâches. « Un patient pourra repartir avec son compte rendu médical le jour même, ce qui n’était pas toujours le cas ». Mais le cégétiste prévient : « L’IA ne pourra pas répondre au téléphone pour renseigner une mamie. Elle ne réglera pas tout ». Surtout pas remplacer la présence humaine indispensable auprès des patients. « La CGT n’est pas contre l’IA mais contre la façon dont on pourrait l’utiliser. L’IA ne doit pas amener moins de réflexion chez les médecins ni remplacer des postes administratifs », prévient Pierre Renard.

    En attendant le prochain Comité d’établissement, il craint que l’administration soit dans le viseur. « Des postes de secrétariat, de coordination d’infirmiers ou dans l’interprétation de l’imagerie médicale… », illustre-t-il. « Cela ouvre la porte à des dérives qui auraient aussi des répercussions sur la Caisse de retraite de la fonction publique, dont le déficit se creuse à cause des suppressions de postes ». Pour Pierre Renard, l’IA doit venir « en accompagnement » d’un service public hospitalier qui devrait au contraire renforcer sa masse salariale. « Là, on sent que l’IA sera un prétexte pour la réduire ».

  • Les postiers de SUD PTT au front contre les sanctions

    Les postiers de SUD PTT au front contre les sanctions

    « C’est le cinquième entretien, il y a une forme très claire d’acharnement. » Devant l’Hôtel des Postes, rue Colbert à Marseille, le postier et syndicaliste Yann Quay-Bizet de SUD PTT, va droit au but. « Il y a une grande solidarité, on peut être serein et droit dans nos bottes. Si ça finit en conseil de discipline, on sera 3 milliards sur cette place ! », tonne-t-il avec humour, devant des militants de l’organisation venus le soutenir. Habitué des « entretiens préalables à sanction » comme celui pour lequel il est convoqué ce jour, le syndicaliste n’en démord pas et peut compter sur le soutien de son organisation syndicale. « La nouvelle direction nationale vient pour taper fort. Elle table sur 5 à 6 000 emplois qui vont être supprimés à la Poste. Cette attaque contre Yann est télécommandée, il y a la volonté de couper les têtes de ceux qui disent que cette politique est néfaste », juge Yann Remblé, représentant de SUD PTT.

    Si le motif exact de la convocation n’est pas communiqué, les militants ont bien une idée : « On se doute qu’ils vont encore lui dire qu’il désorganise le service. Mais qui désorganise réellement ? Aujourd’hui, on fait face à des bureaux qui ferment, un management toxique, une charge de travail qui s’accroît et de la précarité », poursuit Yann Remblé. Logiquement, l’organisation dénonce une « répression et une discrimination syndicale ». D’autant qu’elle se targue d’une victoire aux prud’hommes qui contredirait largement la position du service public postal à son encontre : « Le conseil des prud’hommes a annulé toutes les précédentes sanctions, le 30 juin dernier. La liberté d’informer et d’expression à la Poste existe depuis des années. » Le député de la 5e circonscription des Bouches-du-Rhône, Hendrik Davi était également présent en soutien.

  • « On risque de perdre la dimension humaine de la médecine »

    « On risque de perdre la dimension humaine de la médecine »

    La Marseillaise : Pourquoi aller manifester à Paris ce samedi ?

    Alice Starkman-Eusebio : C’est la dernière chance. Je suis en grève pour protester contre diverses mesures du budget de la Sécurité sociale et j’irai manifester contre les éléments de ce projet. Ils mettent, selon moi, fin à l’exercice de la médecine générale, celle qui me motive. Tout deviendrait régi par des décisions comptables et économiques. On perd complètement la dimension humaine qu’on a déjà du mal à faire encore dans notre pratique quotidienne.

    Prenons l’exemple des transports médicalisés. Qu’en est-il ?

    A.S.-E. : Pour nos patients très âgés qui ne peuvent pas se rendre à l’hôpital autrement qu’en ambulance, je prescris le transport. Ça fait déjà plusieurs fois que la Sécu vient me voir en me disant que je prescris trop d’ambulances. Or, j’ai une patientèle plutôt âgée avec beaucoup de pathologies, ce qui n’est pas pris en compte, car la Sécu ne recoupe pas les fichiers. Si je prends un exemple, j’ai une dame de 94 ans, sans famille, qui a besoin d’aller voir son rhumatologue à l’hôpital. Quand je lui ai dit que je ne pourrais peut-être plus continuer à marquer le bon de transport pour l’ambulance, elle est partie en pleurs. C’est une source de stress énorme pour elle. Je me suis dit, c’est pas possible, je ne peux pas travailler comme ça.

    Sur la question des dépassements d’honoraires, comment sont-ils définis ?

    A.S.-E. : On est censé décider de nos dépassements « avec tact et mesure », c’est la formule consacrée. Ça veut dire qu’on est censée s’adapter aux gens que nous avons en face de nous, et ne pas faire n’importe quoi. Le premier problème est d’arriver à le faire comprendre et accepter par les patients. Pourquoi fait-on du dépassement ? Par exemple, moi, je me pose la question sur les consultations très longues. J’ai de plus en plus de patients qui arrivent avec huit problèmes, ou tous leurs résultats d’un coup. J’ai des créneaux de 20 minutes, et là, c’est pas possible. Pareil, si on doit reprendre un dossier sur plusieurs années, voir tout un historique. Je n’ai pas le droit de coter plus d’une seule consultation dans le cadre de la convention. Le dépassement correspondrait alors au temps supplémentaire. Aujourd’hui, toutes les consultations sont plus longues, on doit trouver des solutions pour le manque de rendez-vous de dermato ou de scanner… On perd du temps et tout ça n’est pas pris en considération, ni valorisé. Une de nos revendications est d’ailleurs une cotation sur les consultations longues ou compliquées, qui serait conventionnée.

    La question des déserts médicaux revient aussi souvent…

    A.S.-E. : Premier questionnement : pourquoi les médecins, si personne d’autre n’y va ? S’installer dans un endroit, sans école, sans service public… C’est quand même compliqué. Après, sur la mise en place, il y a le projet pour que les internes de 4e année de médecine générale s’installent là-bas. Nous, on trouve ça un peu limite d’envoyer des jeunes seuls, pas expérimentés, dans des endroits où ils vont devoir se roder. Pas vraiment favorable, ni pour eux, ni pour leurs patients.

    Envoyer des médecins installés travailler un ou deux jours par mois dans des déserts médicaux ?

    A.S.-E. : À la limite, mais ça pose plusieurs problématiques. Est-ce qu’il y a une secrétaire ? Des dossiers médicaux ? On ne connaît pas les gens. La complexité des consultations devient énorme. Depuis quand n’ont-ils pas vu de médecins ? Quand ont-ils été pris en charge ? Où sont les correspondants ? Les spécialistes ? Les hôpitaux ? Concrètement, ça paraît un peu compliqué. Quid du cabinet principal ? Les charges ? Mes patients ? On a posé des questions, sans vraiment avoir de réponse. À part « prenez un remplaçant ! ». Sachant qu’il n’y en a pas, le problème reste entier. Et je n’évoque pas la prise en charge des déplacements, ni du logement. À ce jour, on a juste reçu un courrier pour savoir si on était volontaire pour les déserts médicaux.

    Quelle serait la solution ?

    A.S.-E. : Il faudrait décentraliser la formation. Dans la réalité, les médecins s’installent soit là où ils ont grandi, soit là où ils ont fait leur internat, car c’est là qu’ils ont créé des liens. Il faut prendre ça en considération. C’est logique. C’est bien d’être entourés.

    Les modifications du numerus clausus dans les écoles de médecines, ont-elles changé des choses ?

    A.S.-E. : La situation démographique aujourd’hui de la profession était prévisible, et ce qui a été fait lors de l’augmentation des numerus clausus était totalement insuffisant. Ensuite, il y a quelque chose de nouveau, parmi les étudiants de première année : une proportion énorme qui abandonne. Ma génération en 96, nous étions une centaine. Si un abandonnait, c’était l’événement. Aujourd’hui, c’est de l’ordre de 20%. Autre fait, actuellement tous les généralistes fraîchement diplômés ne s’installent pas en tant que médecin traitant. Ils préfèrent faire des remplacements. Par exemple, dans le 7e, sur le nombre de médecins généralistes déclarant exercer dans l’arrondissement, seule la moitié est réellement installée, et suit des patients comme médecin traitant.

  • La CGT alerte sur les points chauds du département

    La CGT alerte sur les points chauds du département

    L’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône commence l’année sur les chapeaux de roues. L’organisation syndicale a mené sa première action d’ampleur, ce vendredi dans la matinée, avec un rassemblement devant le siège de la chambre de commerce et d’industrie métropolitaine (CCIAMP) à Marseille. « Unis rien n’est inéluctable. Aujourd’hui, nous sommes réunis et tous issus d’entreprises et de secteurs d’activités différents pourtant complémentaires et essentiels à la vie dans le département », tempête Marc Pietrosino, secrétaire général de l’organisation. À ses côtés, on retrouve les militants et représentants syndicaux de plusieurs secteurs clés de l’activité économique locale : agents du Grand port maritime, des industries métallurgiques du pourtour de l’Étang de Berre comme Arcelor ou encore des travailleurs de l’énergie. Mais aussi des figures des « dossiers » du syndicat, à l’instar de Kalathoumi Ibouroi, déléguée syndicale de Pamar, Nicolas Guglielmacci pour la Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne (CPMM) ou encore une délégation de la Centrale de Gardanne. Il faut aussi compter sur la présence des cheminots de Marseille, de postiers ou encore d’agents territoriaux et de la santé. « Nous sommes tous dépendants des uns des autres. La convergence existe entre la métallurgie, l’énergie, la santé, les activités maritimes, le rail, la distribution de la presse ou le commerce », développe Marc Pietrosino, insistant sur le fait « qu’il n’y a pas de petits ou grands dossiers ». Et certains sont particulièrement sensibles : par exemple, la CPMM fait face à une diminution de taux de rémunération des messageries. De quoi « mettre en péril à court terme la viabilité même des coopératives ».

    « D’autres rencontres

    à venir »

    Concrètement, l’objectif du jour est d’alerter la chambre consulaire sur les différentes problématiques, et conflits, rencontrées sur les différents « dossiers sensibles et stratégiques ». « On porte ensemble nos revendications directement auprès des décideurs économiques et politiques », explique le secrétaire général. Avant de préciser que cette initiative est « le début d’un nouveau cycle ». Le tout en vue « d’obtenir des investissements pour nos infrastructures, pour nos industries, dans les transports ».

    L’organisation syndicale a d’ailleurs été reçue par des représentants de la CCI. « La rencontre était plutôt positive, il y a eu une écoute attentive pour certains dossiers, plus partielle pour d’autres », relate Marc Pietrosino. Avant de conclure : « Il va y avoir d’autres rencontres. »

  • « Le travail d’équipe permet de retrouver du lien social »

    « Le travail d’équipe permet de retrouver du lien social »

    En plus de son poste de coprésidente du collectif Épices, Floriane Rieu est directrice de la Table de Cana, l’un sept restaurants membres de l’association, dans la cité phocéenne. En 35 ans, l’établissement a accompagné 1 500 profils en réinsertion.

    La Marseillaise : À qui s’adressent vos programmes de réinsertion ?

    Floriane Rieu : Notre objectif est de proposer un accompagnement professionnel et social à des personnes qui soit n’ont pas travaillé depuis plus de deux ans, soit sont aux minima sociaux et ne parviennent pas à retourner sur le marché de l’emploi. Nous proposons de les former à un métier en lien avec la cuisine. Cela peut être commis de cuisine, pâtissier, chauffeur-livreur, serveur, magasinier, plongeur… L’accompagnement social permet, lui, de travailler sur les problématiques périphériques, parfois responsables de l’éloignement de l’emploi : endettement, problèmes de logement, accident de la vie… L’idée est qu’en deux ans maximum, les personnes puissent retourner sur le marché de l’emploi.

    Quelles sont les particularités d’une réinsertion par la cuisine ?

    F.R. : La cuisine se prête bien à la réinsertion, déjà parce que c’est beau et bon, donc c’est valorisant pour les personnes qui viennent. Ensuite, c’est un travail qui se fait en équipe, ce qui permet de retrouver du lien social, pour des personnes qui ont souvent subi beaucoup de solitude. La cuisine permet d’échanger, de vivre des moments de convivialité. C’est aussi un métier évolutif, c’est-à-dire qu’on peut commencer par exécuter des tâches très simples, avant d’évoluer vers des choses plus complexes. On peut commencer par éplucher les légumes, puis progressivement avancer vers de nouvelles compétences. Et, enfin, c’est un marché en tension. Un secteur qui recrute donc, notamment depuis la crise Covid.

    Les employeurs avec lesquels vous travaillez ont-ils des réticences à embaucher des profils en réinsertion ?

    F.R. : Oui, il y a beaucoup de préjugés sur l’insertion. C’est un peu tout le travail qu’on veut mener, notamment avec le collectif. Nous voulons briser ces images fausses et accompagner les entreprises qui recrutent en les incitant à appliquer de bonnes méthodes d’intégration. C’est important que le secteur de la restauration se remette aussi en question, pour accueillir les personnes dans de bonnes conditions. Notre idée est aussi de défendre une cuisine inclusive et participative, ce qui veut dire ouvrir la cuisine à des profils avec des parcours de vie différents.

    Combien de personnes a accompagnées le collectif depuis sa création en 2022 ?

    F.R. : Par an, le collectif accompagne environ 100 personnes. Dans le cas de la Table de Cana, 65% des personnes trouvent ensuite un emploi stable.

    Propos recueillis par Margot Milhaud

  • Le réseau mutualiste Oxance est en sursis

    Le réseau mutualiste Oxance est en sursis

    Une annonce inquiétante pour les usagers des centres de soins Oxance – Mutuelles de France. Le groupement mutualiste et ses 1 400 salariés répartis sur 125 structures, dans le Sud et l’Est de la France, risquent bien de faire face à un placement en procédure de sauvegarde auprès d’un tribunal de commerce.

    C’est l’annonce qui a été faite lors d’un comité social et économique (CSE) extraordinaire, ce mardi 6 janvier, selon la CGT. Celle-ci s’alarme, dans un communiqué de presse publié ce jeudi, des « conséquences sur l’emploi, l’organisation du travail et les conditions de travail des salariés ». Mais aussi « d’une menace grave pour l’accès aux soins » dans un « contexte de pénurie de soignants et d’aggravation des déserts médicaux ». « On ne sait pas si l’on se dirige vers une liquidation judiciaire, un redressement, un plan de sauvegarde de l’emploi ou des cessions de centres », s’inquiète Pauline Jean, déléguée syndicale CGT et élue CSE.

    La demande de placement en sauvegarde se ferait d’ici quelques jours, « soit en fin de semaine, soit début de semaine prochaine ». Contactée, la direction d’Oxance n’infirme pas les annonces de la CGT. « Je ne conteste pas et je ne nie pas les éléments de la CGT, mais nous communiquerons en temps voulu et nous ne commentons pas outre mesure », explique Jacques Seguin, président du groupe. Avant de bien confirmer qu’une « démarche judiciaire de sauvegarde est imminente », sans vouloir en dire davantage. Et de promettre plus d’explications à venir. Quoi qu’il en soit, l’annonce aurait été confirmée en conseil d’administration, ce jeudi. « À l’unanimité, on s’est abstenu de donner un avis en l’absence d’éléments concrets. Mais on a acté le recours à un cabinet d’expertise », commente Pauline Jean. Pour rappel, Oxance est issu de l’union de la Fédération des mutuelles de France et Mutuelles de France réseau santé (MFRS). Lequel avait notamment repris les structures du Grand conseil de la mutualité en 2018, à la suite d’une cessation de paiements. « Il y a 15 ans, on était la deuxième offre de soins dans le département des Bouches-du-Rhône », rappelle Pauline Jean.

    Aujourd’hui, entre les centres dentaires, de soins ou optiques, on compte plus d’une quarantaine de centres Oxance dans la région, dont une vingtaine dans les Bouches-du-Rhône. D’où les inquiétudes de la CGT quant à l’avenir des structures et des salariés : « Au Grand conseil, il y avait eu la vente de centres optiques, de cliniques pour renflouer la trésorerie. »

    D’autant que le centre de La Ciotat avait fermé ses portes peu ou prou dans la foulée de la reprise du Grand conseil de la mutualité. Plus récemment, les fermetures de ceux de Miramas et de Berre-l’Étang avaient fait grand bruit, avec des mairies qui avaient largement dénoncé ces décisions. Notamment via un courrier commun, également appuyé par Gaby Charroux, maire PCF de Martigues, demandant des comptes sur les « motivations principales de ces décisions ».

    « On savait qu’il y avait des difficultés financières, mais on n’en connaissait pas l’ampleur », commente Pauline Jean. Son organisation syndicale évoque des dettes de l’ordre de 30 millions d’euros. Un montant que la direction aurait communiqué lors d’instances représentatives du personnel.

    « On ne connaissait pas l’ampleur des difficultés financières »