Category: social

  • La mobilisation se poursuit à l’ex-Holiday Inn

    La mobilisation se poursuit à l’ex-Holiday Inn

    Les salariés de l’hôtel restent mobilisés après l’annonce de licenciements pour motif économique au lendemain de Noël (notre édition du 29/12). Sur les sept personnes concernées par ce plan, seules deux ont été officiellement informées par la direction, tandis que les cinq autres, des femmes de chambre, craignent encore pour leur avenir. L’inquiétude est forte mais la détermination demeure. « On ne baisse pas les bras. S’il faut venir tous les jours, on viendra tous les jours », assure Karima, qui a été informée de son licenciement.

    Des conditions de travail dégradées

    Les femmes de chambre dénoncent des conditions de travail assez difficiles. « Aujourd’hui, il n’y a plus que deux femmes de chambre pour s’occuper de tout l’hôtel » qui compte 120 chambres, rappelle l’une d’entre elles. Originaires du Cap-Vert pour la plupart, elles évoquent leur situation familiale : « Nous voulons travailler, c’est notre droit. On a des enfants à nourrir. » Maria Luiza, 56 ans, confie : « Je n’ai jamais voulu partir d’ici. J’attendais la retraite. »

    Les salariés se disent d’autant plus surpris que, peu de temps avant l’annonce, des formations étaient prévues et certains plannings s’étendaient jusqu’au mois de mars. « Une semaine avant, on recevait des diplômes. Deux jours après, on nous convoque au bureau pour nous annoncer notre licenciement », résume Karima.

    Délégué syndical CNT-SO, Toufik Ghodbane fait partie des deux salariés officiellement informés du licenciement. Malgré l’incertitude, la mobilisation continue et il se dit « confiant car il n’y a pas de raison valable pour qu’il ne nous réintègre pas ». Il conteste le motif économique avancé par la direction de l’établissement.

    Cette dernière n’a pas donné suite à nos sollicitations.

  • [Rétro 2025] La verrerie de Vergèze à l’arrêt

    [Rétro 2025] La verrerie de Vergèze à l’arrêt

    « Rien ne justifie cette décision. L’année dernière, on a fini à plus 7% de bénéfices. Ici, nous sommes la quatrième usine sur les neuf de France  », indiquait Yohan Goupille, délégué CGT de la verrerie. Malgré de fortes mobilisations – 1 000 personnes le 1er-Mai, 3 000 en juillet – et le soutien de personnalités (Sophie Binet, François Ruffin, Vincent Bouget), la direction n’a rien voulu entendre et les négociations ont échoué. Le site a alors été bloqué par les grévistes en octobre avant qu’OI n’annonce la fermeture définitive du four, signant la fin d’un autre fleuron industriel gardois. Sans candidat sérieux, les chances d’un repreneur s’amenuisent de jour en jour. Un temps cité, Nestlé pourrait faire l’affaire. Mais empêtré dans ses scandales sanitaires avec Perrier, l’option semble incertaine.

  • [Entretien] Damien Nicolaï : « Le sujet de la prostitution cumule beaucoup de tabous »

    [Entretien] Damien Nicolaï : « Le sujet de la prostitution cumule beaucoup de tabous »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir organisé cette journée ?

    Damien Nicolaï : Cette journée, on l’a organisée bénévolement avec Lina Ouatiya, éducatrice à Avignon et porteuse de projets en direction des jeunes en situation de prostitution, et Jessica Lecce, réalisatrice de podcasts. L’objectif était de permettre aux professionnels, mais aussi aux habitants, de mieux appréhender la question de la prostitution chez les mineurs et les jeunes adultes. Et, surtout, parce que les pratiques évoluent de plus en plus à l’heure du numérique. Il s’agissait aussi de créer une culture commune de compréhension. C’est important d’avoir du lien entre les acteurs afin d’agir en commun de la meilleure des manières.

    La prostitution est-elle particulièrement présente en Vaucluse ?

    D.N. : Avignon et le Vaucluse sont concernés, mais je ne peux pas vous dire si c’est plus qu’ailleurs. Il est très difficile d’avoir des chiffres précis sur la question. Souvent, des personnes comme Lina sont obligées de faire des maraudes numériques pour rencontrer des jeunes dans ces situations. Et c’est en offrant un espace sécurisant que l’on peut en savoir plus.

    Les services publics en font-ils assez ?

    D.N. : Le sujet cumule beaucoup de tabous : celui de la sexualité déjà, le fait que les clients soient surtout des hommes de tous milieux, et le fait que cela touche des jeunes, voire très jeunes. On ne fait déjà pas assez en matière d’éducation à la vie affective, donc nous avons beaucoup à faire collectivement. Nous sommes tous concernés, à la fois l’Éducation nationale, mais aussi les associations, le milieu de la santé et les centres sociaux. Il faudrait que tout le monde soit formé à ce sujet et, ensuite, faciliter les interventions de structures extérieures spécialisées.

  • Ces visages de luttes sociales en 2025

    Ces visages de luttes sociales en 2025

    Pour les conditions de travail, les salaires ou la pérennité des emplois et des outils de production, sans oublier la réforme des retraites… les exemples existent de victoires possibles. Et les travailleurs sont aussi montés au front pour défendre des valeurs, contrer l’extrême droite, s’opposer à la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza ou, simplement, faire respecter le droit syndical.

    Ce sont ces luttes que nous mettons aujourd’hui en avant en zoomant sur celles et ceux qui ont incarné ces combats toujours collectifs.

    Jean-Michel Roccasalva, CGT Centrale de Gardanne

    L’aboutissement de sept années de lutte

    Une année intense, entre tensions et optimisme : « Depuis trois ans, chaque année qui démarre nous met dans de meilleures perspectives et c’est une bonne chose », pousse Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT Centrale de Gardanne. Et pour cause, 2025 débute par le relancement de l’activité. Puis, viennent les premières réembauches après sept années de lutte acharnée et grâce à un projet de biométhane porté par l’association des travailleurs de la centrale. « Le site serait totalement plié si la CGT et les travailleurs n’avaient pas mis un niveau de combativité et de détermination tel qu’on a pu le faire », pousse le syndicaliste. « Pas toujours dans la facilité, quelquefois dans la douleur : il y a eu des licenciements, des divorces, des attaques personnelles, mais aussi une usure. La charge mentale a été lourde pour tout le monde et même pour ceux qui n’étaient pas concernés par le PSE », tient-il à souligner.

    Pour lui, l’année 2026 sera « charnière à l’aboutissement du projet sur les 20 années à venir ». Sans oublier l’aspect politique avec des échéances électorales à venir, dont les élections municipales restent le fait majeur, si une dissolution n’est pas prononcée au cours de l’année. « L’enjeu politique est étroitement lié avec le dossier de la centrale. On reste quand même très vigilant, parce que malgré tout les expériences du passé nous ont prouvé qu’il y a eu des écrits qui n’ont pas été respectés. »

    Laureen Piddiu

    Renaud Henry, CGT Énergie Marseille

    La « belle lutte » des énergéticiens

    « Ca a été un peu intense, difficile d’y entrer, mais aussi d’en sortir. » C’est ainsi que Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie de Marseille, résume la grève de septembre. Revendiquant une augmentation des salaires et une baisse de la TVA sur les factures, les énergéticiens ont tenu plus de trois semaines sur le piquet de grève. Un combat soutenu par le PCF local, des cheminots, des portuaires et même des agriculteurs. « C’était une belle lutte, on était en 24/24, les week-ends, la nuit et tout ça en occupation illicite », relate Renaud Henry.

    Mais « le combat n’est pas terminé », assure-t-il et précise que « [ce mouvement] a permis d’ouvrir des négociations, toujours en cours, au niveau de la branche, en ce qui concerne à minima la prise en compte de nos revendications salariales ». Il est prêt à mener la bataille. « Chez les électriciens gaziers, les employeurs s’en mettent toujours plus dans les poches, les dividendes remontent en permanence tandis que le monde du travail n’a jamais le fruit de ce qu’il produit », dénonce-t-il.

    Durant l’année écoulée, il a été de toutes les manifestations, battant le pavé contre l’austérité budgétaire ou pour la fin des bombardements dans la bande de Gaza. Souvent, le micro à la main sur le toit du camion bleu emblématique de son secteur, ou plus discrètement en tant que citoyen engagé. « Le combat dans les années à venir sera celui contre la répression et contre la montée de l’extrême droite. Les deux étant liés », prévient-il.

    L.Pi.

    Zidane Merabet, CGT ArcelorMittal Fos-sur-Mer

    Pour un site classé amianté

    Plus de deux mois après l’incendie qui a mis à l’arrêt l’aciérie d’ArcelorMittal, l’activité a repris le 22 décembre dernier à Fos. Une bonne nouvelle qui ne doit pas éclipser le manque d’investissement dans l’appareil industriel qui date de 1974, selon la CGT. « On est toujours sur du système D, une marche dégradée sur une modification d’installation classée », dénonce Zidane Mérabet, élu au CSE. « Il n’y a pas de réparation, pas d’investissement digne de ce nom. » Le syndicat demande « la décarbonation pour la pérennité du site, des emplois et pour la sécurité des travailleurs ».

    La CGT milite aussi pour que le site soit classé amianté. Après avoir été reçu au ministère du Travail le 17 novembre, elle avait obtenu un délai pour apporter des pièces justificatives supplémentaires prouvant l’exposition de près de 600 travailleurs bénéficiant d’un suivi médical renforcé en lien avec le matériau cancérogène, dont « 363 de manière récurrente depuis des années », soit plus de 15% de la masse salariale.

    « Au total, en comptant tous les salariés entrés et sortis du site sur la période, l’allocation des travailleurs de l’amiante concernerait 6 000 personnes », affirme Zidane Merabet. Les documents envoyés ont été réceptionnés le 5 décembre. Pour maintenir la pression, l’organisation syndicale a adressé une lettre au ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, lue dans l’hémicycle par la députée LFI Alma Dufour, mardi 9 décembre. « Je pense qu’on aura une réponse fin janvier », glisse l’élu syndical.

    Alice Magar

    Christophe Claret, CGT Port et Docks de Fos-sur-Mer

    Les portuaires contre la guerre

    Alors que les bombardements israéliens ravagent la bande de Gaza, à Fos, les dockers montrent que la mobilisation de chacun peut faire la différence face au génocide perpétré contre les Palestiniens. Le 4 juin, ils annoncent par voie de communiqué refuser de charger des maillons de l’entreprise marseillaise Eurolinks à destination du port d’Haïfa, dans le Nord d’Israël. « Quand on a été averti qu’il y avait des composants, des matériaux militaires et des pièces détachées d’armes, on a refusé de les embarquer », se souvient Christophe Claret, secrétaire général CGT des dockers et portuaires de Fos. Trois conteneurs sont bloqués. Cette action est saluée de toutes parts, au delà des frontières hexagonales. « On est opposé à toutes les guerres, on est pour la paix entre les peuples », martèle le représentant syndical.

    La guerre peut aussi être sociale. C’est ainsi que les portuaires ont continué à « combattre la réforme des retraites et obtenu une cinquième année de pénibilité », rappelle Christophe Claret qui, toute l’année durant, « est intervenu un peu de partout pour le développement du port de Marseille-Fos ».

    L.Pi.

    Anaïs Pascual, CGT Primark à Toulon

    Le respect syndical dans le commerce

    « On est maltraités. On est en sous-effectif. On nous demande de travailler pour dix personnes, de tenir la barre, d’en faire toujours plus… Tout ça pour être des travailleurs précaires à temps partiel », entonne ce jour-là au mégaphone la secrétaire générale de la CGT Primark La Valette, Anaïs Pascual, dans le magasin d’Avenue 83. Nous sommes le 7 mai 2025 et une opération coup de poing d’envergure est en cours dans le magasin. Avec 250 manifestants venus dire stop à la maltraitance et aux entraves à la liberté syndicale.

    Un combat sans faille mené tout au long de cette année comme des précédentes qui a payé, avec une belle progression du syndicat lors des dernières élections professionnelles, qui est passé de 17% à 25%.

    De quoi rendre encore plus déterminés en 2026 les salariés de Primark accompagnés par la CGT. Bien décidés, confirme Anaïs, à continuer à « s’opposer à la pression de la direction sur la force de travail afin réduire les coûts aux détriment des personnels ».

    Thierry Turpin

    Khalatoumi Ibouroi, CGT Pamar Marseille

    Debout face aux intimidations et menaces

    Après deux ans de lutte et de piquets de grèves, c’est une nouvelle victoire que les salariées de la blanchisserie Pamar ont obtenu le 12 décembre. La cour d’appel d’Aix-en-Provence a de nouveau donné raison aux petites mains en obligeant l’entreprise Pamar, sous le giron du GIE Sainte-Marguerite, à réintégrer les employés. Un combat long et semé d’embûches qui a permis aux travailleurs « de connaître leur droits et leur valeur », affirme Khalatoumi Ibouroi, ancienne déléguée syndicale CGT, qui a souvent été la voix de cette lutte.

    Un combat qui débute lorsque certains salariés reçoivent des menaces de morts et des intimidations de la part de leur cheffe d’équipe, en décembre 2023, après avoir alerter l’inspection du travail sur des manquements en terme d’hygiène et de sécurité. Face à ces menaces, les salariés font valoir leur droit de retrait. Une mobilisation qui n’a pas plu à la direction, qui les licencie en mai 2024. Mais après le conseil des Prud’hommes, c’est donc la cour d’appel qui s’oppose à ces licenciements et impose la réintégration de tous les salariés.

    Mais pour Khalatoumi Ibouroi et ses collègues, le combat n’est pas fini : « La directrice des ressources humaines nous a dit qu’aucun plan d’action n’allait être mis en place, c’est-à-dire que la cheffe d’équipe qui nous a menacé devrait rester. Donc, ce n’est pas fini. »

    Eva Janus

    Claude Mas, Union syndicale des retraités CGT Bouches-du-Rhône

    Les retraités en première ligne

    Alors que le mouvement social a imposé le thème des retraites dans le débat public, les retraités eux-mêmes ont été pointés du doigt comme des privilégiés dans le discours médiatique dominant au moment d’imposer de nouvelles coupes budgétaires. « Il n’y a pas de retraités privilégiés, contrairement à la vieille rengaine du gouvernement et du patronat », tient à rappeler la secrétaire de l’Union syndicale des retraités CGT dans les Bouches-du-Rhône, Claude Mas. Si le Parlement a reculé sur l’abattement fiscal des retraités ou la franchise médicale, « c’est révélateur de ce que le gouvernement veut faire, prendre dans la poche de ceux qui en ont le plus besoin ». Dans ce climat, l’USR CGT 13 s’est largement mobilisée, souvent en intersyndicale, au mois de février pour la gratuité des transports en commun, en mars pour défendre la Sécurité sociale, en octobre pour les retraites complémentaires, en novembre contre les projets de loi de finances. « Les retraités sont constitutifs du rapport de force pour défendre nos revendications », appuie Claude Mas. Soulignant l’engagement pour la paix, qui l’a particulièrement marquée, de ceux qui ont connu la guerre. « La colère est intacte », insiste-t-elle, en annonçant une manifestation dès le premier trimestre.

    Yves Souben

    Catherine Lecoq, Syndicat français des artistes interprètes de la CGT Bouches-du-Rhône

    En grève contre l’extrême droite

    Il aura suffi de huit grévistes pour faire annuler la soirée du bien commun, événement caritatif associé à la figure conservatrice de Pierre-Edouard Stérin, qui devait avoir lieu au 6mic, à Aix-en-Provence. Lundi 6 octobre, jour de programmation de l’événement associé au milliardaire, ils étaient une trentaine sur le piquet de grève à soutenir les grévistes.

    Parmi ces syndicalistes, Catherine Lecoq. La conseillère nationale du Syndicat français des artistes interprètes de la CGT porte haut, dans ses combats, la lutte contre la bataille culturelle menée par l’extrême droite. « Lorsque l’on a appris que la nuit du bien commun, dont les liens avec l’extrême droite avaient été révélés dans L’Humanité, venait à Aix-en-Provence, dans une salle gérée en partie par la Ville, on a voulu l’empêcher en intersyndicale », explique la comédienne.

    Après avoir essayé d’interpeller la municipalité et la Métropole, c’est par la grève que les syndicalistes ont décidé d’agir. En faisant marcher son réseau, Catherine Lecoq a pu convaincre les techniciens de faire valoir leur droit de grève pour empêcher la tenue de l’événement. « Cette victoire prouve que quand on s’organise et qu’on fait valoir notre droit de grève, cela fonctionne », affirme la comédienne.

    E.J.

  • À l’ex-Holiday Inn, à Marseille, des licenciements après Noël

    À l’ex-Holiday Inn, à Marseille, des licenciements après Noël

    C’est la sono entraînante qui accueille les touristes de passage à l’ex-hôtel Holiday Inn Express qui jouxte la gare Saint-Charles de Marseille, ce lundi matin. Après avoir appris vendredi, au lendemain de Noël, qu’ils allaient être licenciés, une partie des équipes de l’établissement se sont mis en grève. Contestant le motif économique avancé par leur direction.

    « Nous avons été reçus pour une réunion d’information vendredi dernier, raconte le délégué syndical CNT-SO, Toufik Ghodbane. Par visioconférence, ils m’ont annoncé que je serai licencié, avec six autres salariés, et qu’il s’agit d’un licenciement économique ! » Au total, ils sont sept à être concernés, dont cinq femmes de chambre et leur équipier. Soit la moitié des équipes de nettoyage de l’hôtel. Si les courriers de convocation ne sont pas encore tombés, les entretiens préalables sont bien prévus pour le 7 janvier, indique le délégué syndical.

    Virée après 15 ans

    « Nous sommes tombées de haut », soupire parmi elles Danila, assise sur le muret de l’établissement. Cela fait plus de 4 ans qu’elle travaille là, cinq heures par jour, d’abord en sous-traitance puis depuis neuf mois intégrée avec ses collègues directement dans les équipes de l’hôtel. « Nous sommes tristes, nous pensons à nos familles, poursuit-elle. Comment on va payer les loyers ? Comment on va vivre ? Il y a quelques jours on fêtait Noël tous ensemble, et du jour au lendemain, ils nous annoncent ça ! » à côté d’elle, Cesaliny soupire, une pancarte entre ses doigts : « On n’est pas des chiffres, on est des être humains. » « J’étais choquée aussi, partage-t-elle. Nous sommes venues de loin pour travailler… »

    Plus loin, Karima, responsable des petits déjeuners de l’hôtel, plonge la main dans son sac pour en sortir un diplôme d’honneur, qui salue ses 15 ans d’ancienneté. Elle est arrivée deux mois après l’ouverture de l’établissement, a vu les conditions de travail se durcir au fil des années. « Cet hôtel, c’est notre bébé », assure-t-elle. « Félicitations et merci pour votre engagement et implication », est-il écrit sur la feuille plastifiée qu’on lui a remis lors de la fête de Noël organisée pour les salariés, le 17 décembre dernier. « Et dix jours après, on m’appelle, on me dit vous êtes licenciée. On vous félicite, et on vous renvoie. »

    La colère est d’autant plus forte que le motif économique avancé ne convainc pas les salariés. « Une fois par semaine, j’assiste aux réunions, explique la responsable des petits déjeuners. On sait que ça cartonne ! Presque tous les jours, nous sommes complets ! » Racheté par le groupe hôtelier Alboran début 2023, en cours de transformation pour passer sous le pavillon Novotel comme l’indique un panneau près du hall d’entrée, l’établissement a en plus engagé des travaux « pour être quatre étoiles, glisse Danila. Ils vont changer de gamme. » « Ce sont des licenciements abusifs, sans cause réelle ni sérieuse, appuie Toufik Ghodbane. Ils ont mis 5 millions d’euros pour faire des travaux de rénovation, ils prévoient en 2026 d’acheter des hôtels en France ! »

    La grève se poursuit

    Alors qu’à ce stade, ni reclassement, ni formation n’ont encore été proposés selon le délégué syndical, il défend : « Pour moi, c’est de la répression syndicale, parce que nous sommes tous syndiqués. Ce sont des personnes qui travaillent bien, des anciens, des piliers de l’entreprise. » Tous s’alarment de l’avenir de l’hôtel, alors que le rythme imposé de trois chambres par heure est déjà difficile à atteindre avec ces effectifs. Quoi qu’il en soit, les grévistes ne comptent pas lâcher : le piquet de grève sera reconduit ce mardi matin et une caisse de solidarité est déjà lancée.

    Sollicitée, la direction de l’établissement n’a pas donné suite.

    Caisse de grève : we-solidaire.com (solidarité grévistes hôtel Marseille centre gare Saint-Charles)

  • [Rétro 2025] Le dépôt SNCF de Béziers bientôt fermé ?

    [Rétro 2025] Le dépôt SNCF de Béziers bientôt fermé ?

    Alors que le feu couvait depuis avril, c’est en septembre que le couperet est tombé. « On nous a confirmé que le site fermerait d’ici trois ans », soupirait Nicolas Midague, secrétaire de la CGT des cheminots de Béziers. Au risque de mettre sur le carreau la quarantaine de salariés du site, qui s’attellent à réparer locomotives et contacteurs. Pourtant, les cheminots mettent en avant une solution pour éviter cette casse organisée. En effet, le projet d’un Centre de maintenance du matériel (CMR) est à l’étude afin de soulager les deux existants, saturés. Or, le savoir-faire et le foncier existent dans la cité de Riquet. Mais la direction de la SNCF ne veut pas l’entendre de cette oreille et penche plutôt pour Narbonne. Une solution néanmoins plus onéreuse, à en croire la CGT, si bien que l’édile narbonnais semble hésiter. D’autant que le choix biterrois pourrait s’accompagner de la création de « 40 à 80 emplois ». La lutte continue.

  • La prime « CIA » fait des remous chez les territoriaux de Marseille

    La prime « CIA » fait des remous chez les territoriaux de Marseille

    La CGT des agents territoriaux de la Ville de Marseille débute l’année sur les chapeaux de roues. L’organisation syndicale a déposé un « préavis de grève reconductible du 1er au 31 janvier 2026, couvrant l’ensemble des services municipaux ». Et si le préavis reprend, sans surprise, des revendications d’ordre national sur fond de « politique d’austérité depuis le mandat d’Emmanuel Macron », une « nouveauté importante » s’est ajoutée dans les demandes des agents. « Face aux nombreuses situations injustes remontées par les agents ces dernières semaines, la CGT a décidé d’ajouter une nouvelle revendication au préavis : la fin des inégalités dans l’attribution du CIA », explique la CGT Territoriaux Ville de Marseille. Et cette dernière ne parle pas de l’agence de renseignement états-unienne mais du complément indiciaire annuel (CIA). Une sorte de prime, versée pour l’année 2025 en ce mois de décembre, intégrée au régime indemnitaire des fonctionnaires, lequel est une partie de la rémunération de l’agent public. « C’est la première année que le CIA est attribué d’une manière aussi injuste », dénonce Mikael Casanova, secrétaire général de l’organisation. Avant de développer : « Le CIA est en place depuis un moment à la Ville, mais auparavant il dépendait de “raisons exceptionnelles”. Par exemple pour les agents qui ont aidé sur les Jeux olympiques ou les événements de la rue d’Aubagne. » Et c’est là où ça coince pour l’organisation syndicale. Car selon elle, le CIA a été attribué « au soi-disant mérite» pour 2025. « Ce sont les supérieurs hiérarchiques des agents qui l’ont donné de manière subjective. Certains se sont investis et ont eu le niveau 1, donc 0 euro, d’autres beaucoup moins et ont eu le niveau 3, plusieurs centaines d’euros », poursuit le syndicaliste. Il y voit là « un outil opaque, source de divisions entre collègues, générateur d’injustices et de frustrations, sans critères clairs ni équité de traitement ».

    Un réexamen pour FO

    En tout cas, la CGT n’est pas la seule organisation à se pencher sur le sujet. Le 14 décembre dernier, Patrick Rué, figure du syndicat FO de la Ville, s’alarmait sur les réseaux sociaux : « FO a demandé à ce que les agents privés de prime sans critères objectifs puissent demander la révision de cette décision ! ». Deux jours plus tard, son organisation explique avoir obtenu « le réexamen des décisions de niveau 1 » après « une alerte auprès de la direction des ressources humaines ». « Les procédures d’évaluation […] ont été appliquées d’une manière différente d’un manager à l’autre ou d’une direction à l’autre. De nombreux agents s’estiment injustement lésés par la décision d’attribution », développe le syndicat. Avant de se féliciter : « Le maire [Benoît Payan Ndlr] a donné suite favorable à la demande de réexamen. »

  • Des agents de sécurité de Grand Littoral menacés de mutation après une grève

    Des agents de sécurité de Grand Littoral menacés de mutation après une grève

    Pas de trêve de Noël dans l’entreprise Triomphe Sécurité. Ce vendredi 26 décembre, les agents de sécurité de la société, qui officient sur le centre commercial de Grand Littoral à Marseille, dans le 16e arrondissement, se sont mobilisés dès 10h à l’appel de la CGT.

    En cause ? Mustapha et Joseph, deux militants de l’organisation syndicale et travailleurs du site, sont dans le viseur de leur direction. « On avait des revendications et en retour, on n’a pas reçu nos plannings. Ils nous mettent la pression car l’on a revendiqué des primes que d’autres touchent », dénonce Mustapha, devant la porte du centre commercial. Si l’absence de planning pourrait être anodine, il faut avoir en tête qu’elle fait suite à un mouvement de grève, le 5 décembre dernier. Et surtout que leurs collègues « ont bien reçu leurs plannings ». D’où la crainte très concrète d’une mutation : « On risque d’être envoyés à Martigues, Port-de-Bouc ou l’autre bout du département », dénonce Joseph. Un comble alors que les deux « habitent à 5 minutes de Grand Littoral ». Ils en arrivent à la conclusion logique : « C’est de la discrimination syndicale, ce sont des représailles. »

    Au lendemain de Noël, ce traitement a de quoi faire tache. D’autant que les deux salariés auraient des états de service irréprochables selon la CGT. « Ce sont deux salariés irréprochables, investis, respectueux des règles de déontologie, appréciés par leurs collègues comme par les clients », assure Bader Maoudj, secrétaire général de la CGT Prévention Sécurité 13. Mustapha est sur le site depuis un an quand son collègue Joseph est là depuis quatre ans. « Je me suis donné pour ce travail et voilà ce que j’ai comme remerciements ! », tempête Joseph. « On demande simplement d’avoir notre planning et de pouvoir rester ici », martèle Mustapha.

    « Ils m’ont fait le même coup »

    Si rien n’est acté pour l’heure, les deux concernés sont sûrs d’eux : « Ils veulent nous diviser. En plus, on n’a pas reçu de lettres, de convocations ni de coups de fil, c’est quelle manière de faire ? ». Ils prennent l’exemple de Christopher, un ancien agent du site « qui a été envoyé à l’autre bout du département alors qu’il n’avait pas le permis ». Ce dernier, présent au rassemblement confirme : « La direction m’a fait le même coup ! ». Un des collègues de Mustapha et Joseph se désole : « Dans notre métier, les patrons pensent qu’il y aura toujours du monde pour nous remplacer. » Tous font le lien avec leur mobilisation du 5 décembre, qui portait sur des revendications salariales mais aussi sur une « reconnaissance de l’insécurité du site et les risques encourus par les salariés dans leur métier » (lire notre article du 04/12). « Notre grève était paisible, c’était un piquet classique, il n’y a pas eu de débordements ni rien », rappelle Mustapha.

    Contactée, Triomphe Sécurité n’a pas encore répondu à nos sollicitations. Mais la CGT prévient : « On ne lâchera pas Mustapha et Joseph. »

  • À Marseille, le repas de Noël solidaire des Petits frères des pauvres

    À Marseille, le repas de Noël solidaire des Petits frères des pauvres

    « Rompre l’isolement, c’est notre plus grande mission. » En ce jour de Noël, Laetitia Lesaux, coordinatrice Habitat partagé à Marseille, pour les Petits frères des pauvres ne chôme pas.

    D’un côté, il faut servir des assiettes de saumon, de l’autre quelques verres de Crémant, mais surtout être aux petits soins des 24 bénéficiaires, et quelques invités, de l’association présents pour le festin du jour. « On n’a jamais été aussi nombreux. Il va falloir pousser les murs l’année prochaine », glisse Murielle Gloux, responsable de la pension de famille Labadié (1er). Avant de rappeler l’objectif du jour pour l’équipe de l’association : « Offrir un vrai Noël à des personnes âgées et particulièrement isolées. » Autour de la table, on retrouve Laidia, Ahmed, Alain, Nouria, Jean ou Marie-Christine… Tous ont eu des parcours de vie pour le moins difficiles, entre vie à la rue, centres d’hébergement d’urgence ou hôtels pendant des années. Certains viennent de l’autre bout de l’Europe ou ont traversé la Méditerranée… « La plupart n’évoquent pas leur passé et presque tous étaient en habitat précaire », confie Marie-Jo Huyghe, bénévole depuis 5 ans.

    Des résidents aux anges

    Il faut dire que l’essentiel n’est pas là pour ce jour de fête. Ce repas de Noël se déroule au sein de la salle commune de la Maison Les Héros, à deux pas de la gare Saint-Charles. Et c’est comme un grand repas de famille : il y a des éclats de rire, des dizaines de cadeaux sous un magnifique sapin, des amuse-bouches qui disparaissent en quelques instants. Il y a des retardataires, comme Michel, ancien travailleur du BTP, qui taquine Laidia : « T’es toujours amoureuse de ton infirmier ? ». Et d’autres ponctuels, comme Bella, d’origine hongroise qui arrive avec des boîtes de chocolats comme cadeau pour les bénévoles. L’ambiance est chaleureuse, fraternelle. Et pour cause : c’est l’aboutissement « d’un gros travail en amont » qui a débuté bien plus tôt dans la matinée. Le repas a été « commandé chez un traiteur », la table est dressée avec une décoration de Noël achetée par l’équipe des Petits frères des pauvres. Et les bénéficiaires sont parties prenantes de ce moment convivial. « On laisse le choix à nos résidents pour le menu », explique Laetitia Lesaux.

    Au programme : foie gras ou saumon puis civet ou chapon, plateau de fromage… « Cela fait plusieurs semaines qu’on le prépare, on a fait des cadeaux personnalisés… », abonde la salariée de l’association. Et les résidents ont l’air ravi. Marie-Christine, résidente depuis 5 ans et demi au sein des résidences des Petits frères acquiesce avec le sourire : « Qui n’aime pas recevoir des cadeaux, partager un moment, participer à une ambiance certaine ? ». Elle confie qu’elle « admire le travail de Laetitia et des bénévoles ». Derrière elle, un résident joue quelques notes de piano. Vincent bientôt 88 ans, doyen des bénéficiaires, discute avec Alain, 27 ans de Petits frères des pauvres au compteur. Ce dernier profite aussi de ce repas : « Ça fait plaisir de voir du monde, sinon je suis seul. » De quoi mettre en valeur le travail réalisé toute l’année par les Petits frères des pauvres à Marseille. Car ce repas de Noël rassemble des habitants de la pension de famille Labadié mais aussi des résidents de la Maison Les Héros, un habitat inclusif avec des logements à caractère social. « Pour la pension de famille, les résidents sont autonomes mais ils ont un besoin d’accompagnement social et médical. Pour les résidents de l’habitat inclusif, ce sont des personnes qui font le choix de vivre dans un bâtiment avec d’autres personnes qui leur ressemblent, pour ne pas être seules », conclut Laetitia Lesaux.

  • La CGT de Fibre Excellence a rendez-vous à Bercy

    La CGT de Fibre Excellence a rendez-vous à Bercy

    L’avenir de Fibre Excellence en danger ! », s’alarme le syndicat Filpac-CGT de l’usine de pâte à papier tarasconnaise, dans un communiqué de presse pour le moins inquiétant. Alors que le site est à l’arrêt jusqu’au 5 janvier (lire notre édition du 24/12), l’organisation syndicale monte au créneau car elle craint l’arrivée de nouvelles encore plus mauvaises. « Le prix du bois a augmenté de 50% depuis 2022, alors que le prix de la pâte à papier est au plus bas. On est dans une équation plus que difficile », expose Laurent Quinto, travailleur du site et responsable CGT. D’autant que « l’usine sœur » située à Saint-Gaudens en Haute-Garonne a subi une activité partielle pendant 5 semaines. « Notre site n’est pas à l’abri non plus d’un recours au chômage partiel dès le début du mois de janvier », développe la CGT, affirmant que la direction du site se serait déjà renseignée sur le sujet.

    « L’arrêt de production de Tarascon confirme la gravité de la situation pour l’ensemble du groupe. Sans mesures rapides et concrètes, c’est tout un pan de l’industrie papetière qui est en danger », ajoute le syndicat. Il a notamment dans le viseur la question du prix de revente d’électricité du site à l’état. Un prix au Kilowatt-heure qui serait plus bas que pour d’autres sites du territoire, comme la centrale de Gardanne par exemple, comme le soulignait le syndicat FO du même site.

    D’où un rendez-vous à Bercy, le 6 janvier prochain : « On va rediscuter du prix de vente du Kilowatt-heure, mais on ne veut pas les uns contre les autres. Il faut juste que l’État s’aligne, notre objectif est de protéger l’emploi », précise Laurent Quinto. Une délégation CGT des deux sites montera donc à Paris, en présence de leurs homologues de la CFDT et de FO.