Category: social

  • À Avignon, le lycée Mistral ne veut pas de classes à 35 élèves

    À Avignon, le lycée Mistral ne veut pas de classes à 35 élèves

    Bis repetita. Après un premier rassemblement fin mars, dès l’annonce de prévisions de moyens « en baisse drastique » pour la rentrée, professeurs et élèves du lycée Mistral ont remis le couvert ce jeudi midi. Et ce, quelques heures avant une audience des représentants syndicaux avec le rectorat.

    « C’est inimaginable d’avoir une rentrée avec ce qui est prévu », prévient Stéphane Geslin, délégué FO et professeur d’histoire-géographie. À savoir 120 heures de moins de dotation horaire globale [DHG], ce qui se traduirait par une perte de classe en seconde, mais aussi « la fin de certains demi-groupes pour des cours de travaux pratiques », précise Stéphane Geslin.

    Avec une moyenne actuelle de 31 à 32 élèves par classe, les syndicats redoutent de monter à 35. « Depuis trois ans, on perd des moyens, mais là, c’est la douche froide avec des coups de rabot encore plus francs », s’alarme Sylvain Bartet, délégué FSU. Selon lui, « même au regard de leur calcul de la DHG, avec la baisse démographique, cela va bien au-delà : on devrait être à moins 80 heures et pas 120 ».

    Idéalement, les professeurs aimeraient ne pas dépasser 25 élèves par classe pour un encadrement optimum, « surtout en seconde, pour un meilleur accompagnement car, en 12 ans ici, c’est la première année où on doit gérer autant de débordements et conseils de discipline », constate Stéphane Geslin.

    « Le gouvernement fait des économies sur l’éducation, la santé, pour dépenser beaucoup ailleurs comme sur les armées, cela obère l’avenir de la jeunesse », dénonce celui qui a aussi été candidat aux dernières municipales (Parti des travailleurs). En fonction des conclusions de l’audience de ce jeudi avec le rectorat, les enseignants se disent prêts à se mobiliser une nouvelle fois. Fin mars, à Carpentras, une opération « lycée mort » avait également eu lieu devant la mairie pour protester contre la baisse des moyens dans les établissements Victor-Hugo et Jean-Henri-Fabre.

  • La gauche seynoise interpelle les députés sur la situation du service de psychiatrie

    La gauche seynoise interpelle les députés sur la situation du service de psychiatrie

    L’avenir du service de psychiatrie de l’hôpital George-Sand, dont dépendent neuf communes et environ 180 000 habitants, s’écrit en pointillé. Depuis plusieurs semaines, l’intersyndicale CGT-CFDT-Sud de l’établissement alerte sur une situation déjà périlleuse (manque d’effectifs malgré des prérogatives en hausse, accueil saturé…), bientôt fragilisée par le départ annoncé de trois des quatre médecins du service. Malgré les demandes de recrutement en urgence et plusieurs réunions avec la direction, aucune annonce n’a été faite.

    De quoi susciter inquiétude et indignation, d’autant plus que le gouvernement a décidé de prolonger en 2026 la grande cause nationale 2025 dédiée à la santé mentale.

    Un combat bientôt porté devant la Métropole

    « Cela pourrait laisser penser que ce problème est réellement pris en compte. Or, force est de constater que ce n’est pas le cas », dénonce le groupe municipal d’opposition seynois, Alternative progressiste. Il n’est pas le seul à gauche, les socialistes appelant aussi à « sauver le service psychiatrie ».

    Les doléances ne datent pas d’hier et avaient déjà été exprimées par les syndicats en 2020 au sujet des baisses d’effectifs et de l’absence de remplacement. Six ans plus tard, le danger se précise, à tel point qu’Alternative progressiste interpelle, dans une missive, les députés du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, afin « que tout soit mis en œuvre pour débloquer la situation et que des médecins psychiatriques soient recrutés en urgence afin de permettre que les patients en grande difficulté mentale continuent à être soignés dans les meilleures conditions ».

    Un combat à la fois matériel et symbolique, car « investir dans la psychiatrie, c’est investir dans la cohésion sociale, la dignité humaine et l’avenir de notre société. Le manque de moyens apporté (…) nous interroge sur la réelle volonté de continuité. Mais aussi sur le devenir de l’hôpital où, petit à petit, les services ferment (maternité, chirurgie, cardiologie, service palliatif…) ». Et si les départs ne sont pas compensés, « il ne restera que 0,5 équivalent temps plein de médecin psychiatre dans le service », soit « sa mort assurée ». Si ces mots n’étaient pas entendus, Stéphane Sacco (GRS), élu Alternative progressiste, les portera lors du prochain conseil métropolitain TPM, dont il est le seul élu de gauche, le 21 mai.

  • Quand la SNCF déraille, un film donne la voix aux cheminots

    Quand la SNCF déraille, un film donne la voix aux cheminots

    Le Casi des cheminots de Paca est à l’initiative de ce documentaire, réalisé en pleine ouverture du service public ferroviaire à la concurrence. Un film qui s’adresse au grand public. « Une occasion de porter un autre regard sur le monde cheminot face à ce bouleversement et de comprendre l’attachement de ces hommes et de ses femmes à leur entreprise et à leur mission de service public », présente Sébastien Gronnier, secrétaire du Casi.

    En proie à un démantèlement, la grande famille du rail se dit en souffrance. « La concurrence, la filialisation, les transferts de personnels, les horizons bouchés, les réorganisations, y compris dans des établissements qui ne sont pas soumis à des transferts, ce sont de vrais chocs pour les cheminots, a déclaré Romain Pitelet, secrétaire général adjoint de la CGT Cheminots. On en est à treize cas de suicide depuis quelques mois. » Une situation si préoccupante qu’elle a poussé les quatre syndicats de la SNCF à lancer, mercredi 6 mai dernier, un appel unitaire à la grève pour le mercredi 10 juin prochain afin d’exiger un moratoire.

    Le service public sacrifié

    à la rentabilité

    Les syndicats cheminots ont dénoncé le manque d’investissements dans l’outil ferroviaire depuis des années, de même que le découpage de la SNCF en plusieurs entités. Aujourd’hui, la vétusté des rails et des rames fait partie des arguments avancés par l’ex-Premier ministre Jean Castex, devenu PDG de la SNCF, et par Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région Sud, pionnier de cette ouverture à la concurrence, tablant sur l’effet d’aubaine des Jeux olympiques d’hiver pour moderniser des lignes (lire notre édition du 7/05)… qui devront être rentables.

    Mais le service public échappe par définition à toute considération de rentabilité. Un moratoire serait donc l’occasion pour la population « d’avoir toutes les cartes en main pour se faire une opinion sur ce choix politique, précise le secrétaire du Casi. L’ouverture à la concurrence est une vraie bataille des idées. » L’organisation de cheminots a déjà publié une BD sur la privatisation de la SNCF, suivie d’un livre qui collecte des témoignages sur le passage au système concurrentiel. Dans la lignée, le film affiche cette visée didactique. Le grand public est la cible de ce documentaire, dont le parti pris est de focaliser sur le vécu humain et non l’aspect économique des réorganisations de la SNCF.

    On s’y écarte des prises de paroles syndicales pour se fixer sur « des témoignages de cheminots, des hommes et des femmes qui ont fait le train hier et qui le feront demain. Ce sont les mêmes, passés du public aux mains du privé, confrontés à un manque de moyens, une perte de sens. Car pour répondre à un appel d’offres, il faut baisser la facture, donc rogner sur la sécurité et les conditions de travail », résume Sébastien Gronnier. L’Angleterre en a déjà fait les frais. Ici, c’est le rapport de ces cheminots à leur travail qui est exploré, « comment ils vivent et ressentent ces bouleversements. Comment, au guichet, ce qui se faisait à deux est demandé à un seul… ». Dans la salle, le processus de libre concurrence trouve un autre éclairage : « Les gens réagissent et disent que ce schéma a conduit également à une baisse de qualité de service à La Poste ou à EDF. »

    Le documentaire continue son chemin à la rencontre du public. Draguignan était la douzième projection du film depuis le début de l’année. Sept autres suivront avant l’été et le documentaire sera disponible sur les plateformes après la période estivale.

    Prochaines séances : le 18 mai
    à Mandelieu-la-Napoule lors
    du festival Visions sociales (06),
    le 21
     mai à Tregunc (29), le 26 mai à Rouen (76) et à Chambéry (73), le 27 mai à Caen (14), le 10 juin
    à Lille (59) et le 12 juin
    à Annecy (74).

  • « Renouveler l’engagement auprès des jeunes »

    « Renouveler l’engagement auprès des jeunes »

    La Marseillaise : Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste le dispositif Place engagée ?

    Estelle Bodo : Place engagée est un dispositif solidaire qui permet de donner du sens à l’accès à des événements populaires. L’idée est de transformer une invitation en une opportunité sociale, humaine et inclusive. Concrètement, la Solimut propose aux jeunes de participer à une action de solidarité. Ça peut être un atelier cuisine, une maraude, des concerts solidaires, de la prévention santé, des manifestations. On était notamment présents à la manifestation du 8 mars. En échange de leur participation à une de ces actions solidaires, les volontaires obtiennent la possibilité de participer à des événements organisés par des partenaires. Il y a, par exemple, des places pour le Delta Festival, La Marseillaise à pétanque, le festival Jazz des cinq continents ou encore Marsatac, cette année. L’idée est donc d’ouvrir les portes de la culture à des jeunes qui n’en ont pas forcément les moyens ou qui sont souvent exclus des événements dont nous sommes partenaires. Il y a aussi, bien sûr, une volonté de créer du lien social et solidaire.

    À quels types de profils s’adresse le dispositif ?

    Estelle Bodo : C’est ouvert à tout le monde. On avait commencé avec l’idée de travailler surtout avec des jeunes, mais en fait, il n’y a pas vraiment de limite d’âge sur ce dispositif. Actuellement, on est en partenariat avec la Ligue de l’enseignement. C’est avec eux qu’on a commencé le dispositif. C’est là qu’on a découvert Jeunesse Place, une association qui existe à l’intérieur de la ligue, dont Sherazade est la fondatrice. Puis, après, ça s’est étendu. Aujourd’hui, on travaille avec le Grep (Gémenos rugby Est Provence), mais aussi avec des adhérents de l’association ES 13, qui ont plus de 55 ans donc. Il n’y a pas besoin d’être partenaire de Solimut pour participer au dispositif. N’importe qui peut nous solliciter. Il n’est même pas nécessaire d’appartenir à une association. Il n’y a pas de critères de sélection, sauf si les événements refusent les moins de 16 ans, par exemple.

    Yanis Guille. : L’objectif, c’est de faire un vrai maillage des cultures, de rassembler tout le monde à des endroits où l’accès est plus compliqué pour certains. C’est l’occasion de créer des échanges, des opportunités. On travaille avec tous les publics, avec des jeunes comme avec des personnes âgées, issus des quartiers populaires, mais aussi de secteurs plus aisés.

    Les participants ont-ils tendance à revenir ?

    Estelle Bodo : Oh oui ! On a créé un groupe WhatsApp avec les anciens participants pour les tenir au courant des actions qu’on mène et on a toujours des volontaires pour venir aider. Je pense par exemple au concert solidaire que Solimut a porté au Dôme, en fin d’année dernière, [Solimut était en octobre partenaire du « Concert pour sauver des vies en mer » , dont l’intégralité des bénéfices a été reversée à des associations qui œuvrent pour le sauvetage en mer ou l’accueil des exilés, Ndlr]. Beaucoup de jeunes ont souhaité être présents. C’était aussi l’occasion d’accéder aux coulisses…

    Pourquoi vous associer à des événements festifs ?

    Estelle Bodo : Le festif, on le sait tous, donne envie. C’est donc une bonne façon d’inciter les jeunes à participer. Mais on se rend compte, au bout d’un certain temps, que les jeunes ne viennent pas que pour la récompense. Bien sûr, le Delta festival attire, car les places sont en temps normal au tarif de 80 euros, mais parfois, certains ne demandent même pas leur contrepartie après leur action. Mais le principe reste : une action, une invitation.

    Y a-t-il aussi la volonté, de la part de Solimut, de présenter à un public plus large le concept d’une mutuelle ?

    Estelle Bodo. : Oui, bien sûr. Quand on a rencontré les jeunes de la Ligue de l’enseignement par exemple, la première chose qu’on a faite a été de présenter la mutuelle. On fait toujours des micros formations. On commence par demander ce qu’est qu’une mutuelle pour eux. On a des réponses du type : « c’est comme telle ou telle prétendue mutuelle ». C’est là qu’on leur explique qu’on n’a pas d’actionnaire, qu’on ne fait pas de profit, que tous nos bénéfices sont reversés à nos adhérents. On met en avant notre ligne politique, qui s’oppose à tout type de discrimination.

    Pourquoi est-il important de faire connaître la mutuelle auprès des jeunes ?

    Estelle Bodo : La mutuelle, c’est quelque chose de très large pour eux. On le voit lorsqu’on intervient sur des événements comme le Delta Festival, où on rencontre les 18-30 ans. Souvent, ce sont les parents qui gèrent. Ils ne savent pas bien de quoi il s’agit. Ils ont besoin de connaître ces valeurs-là, de savoir qu’une mutuelle, c’est indispensable. On les informe aussi sur l’avenir des remboursements santé, l’avenir des mutuelles. Aussi, une mutuelle vit parce qu’il y a des élus et des gens qui s’investissent quotidiennement. Il faut renouveler cet engagement. Je pense que les jeunes peuvent à leur tour diffuser ce genre de valeurs et les incarner.

    Sherazade Mlili : Moi, par exemple, je ne savais pas à quoi correspondait vraiment une mutuelle. Aujourd’hui, je sais que c’est indispensable pour se protéger. C’est ce qui te permet de te soigner, de rembourser tes soins quand tu vas à l’hôpital, chez le docteur, à la pharmacie… Je sais aussi que Solimut ne propose pas de t’accompagner exclusivement sur le plan santé. J’ai appris qu’il proposait aussi des formations, des maraudes…

    Riad Zedal : C’est ça, et ça permet aussi d’avoir un regard différent, parce que nous, quand on pense à mutuelle, on pense surtout à quelque chose de mécanique, c’est-à-dire simplement à quelque chose qui permet de rembourser ta consultation chez le médecin. On n’a jamais accès aux personnes qui travaillent derrière, comme Estelle et plein d’autres personnes qui ont aussi l’air tout aussi géniales.

    Estelle Bodo : On essaie de leur montrer que la mutuelle, ce n’est pas qu’un parcours de soins. Nous, avec notre service de gestion des partenariats qui a été créé il y a un an, un rôle de prévention santé, d’actions solidaires et d’engagement territorial. Mais aussi dans d’autres cadres, avec la possibilité de s’engager en sécurité, sans discrimination et pour faire de très belles choses.

    Faites-vous désormais la différence avec une assurance classique ?

    Sherazade Mlili : Oui, je vois la différence. Mais ça m’a aussi appris des choses sur l’engagement. Je peux solliciter Estelle pour savoir s’il y a une action qui se prépare. Ça me permet d’être plus là, pour ma ville.

    Cela vous donne-t-il envie d’adhérer plus tard ?

    Sherazade Mlili : Oui, bien sûr, maintenant qu’on sait ce qu’est la mutualité et, plus précisément, leur mutualité [Solimut], ça donne envie. D’autant que, maintenant que je connais les gens qui y travaillent, je suis beaucoup plus en confiance. Je sais que ce n’est pas de l’arnaque, qu’ils ne vont pas m’escroquer. Je sais que les personnes qui sont derrières ont envie de bien faire leur métier, qu’ils ont vraiment beaucoup de volonté.

    Le fait que Solimut ne fasse pas de profit et s’oppose à tout type de discrimination vous touche-t-il ?

    Riad Zedal : Bien sûr. Une mutuelle n’a pas pour objectif de faire du profit, ça donne plus confiance.

    Sherazade Mlili : On a la sensation que la démarche est plus sincère. D’autant qu’en choisissant de ne faire aucune discrimination, ils prennent des risques que les certaines assurances ne prennent pas. Et pour nous, les jeunes, ça nous permet de nous sentir plus écoutés. Ça montre que tout ce qui est raconté n’est pas faux : ce qui arrive aux jeunes, mineurs comme majeurs, n’est pas un mensonge. Il y a bien de la discrimination, il y a bien du racisme et il y a des gens qui le voient et qui ont envie de nous aider.

    Estelle Bodo : Je pense qu’ils se sont rendu compte qu’on avait les mêmes valeurs qu’eux. Eux ont créé une association pour lutter contre les discriminations. Et ils se sont rendu compte qu’en fait, la mutuelle a fait ce même choix de dire : tu es malade, on te couvre, tu es de nationalité x ou y, on te couvre, t’as tel âge, on te couvre… Ils se sont rendu compte, avec Place engagée, qu’on avait envie de leur ouvrir des barrières en leur permettant d’être présents là où ils ont envie d’être. Cela rejoint la volonté de l’association Jeunesse place qu’ils ont fondée.

    Jeunesse place est une association que vous évoquez souvent. Sherazade, vous êtes l’une des fondatrices. De quoi s’agit-il ?

    Sherazade Mlili : C’est une association que nous avons créée entre jeunes. Je suis l’une des fondatrices, mais au total, nous étions quatre, tous adhérents de la Ligue de l’enseignement. On a voulu créer notre propre organe associatif parce qu’on s’est rendu compte que lorsqu’on participait à des événements, notamment lors des séjours comme le Summer camp [voyage au cours duquel des personnalités sont invitées pour parler aux jeunes de leur métier et de leurs engagements, Ndlr], beaucoup de portes nous étaient fermées. Pour la réservation des lieux par exemple, nous étions souvent refusés par les enseignes, parce qu’on était des jeunes, en majorité issus des quartiers nord. Nous avons aussi reçu des insultes, moi en tant que jeune fille voilée, et un ami parce qu’il est noir. On a donc eu la volonté de montrer qu’on était capables, en tant que jeunes des quartiers nord, de faire tout ce qu’on souhaitait sans les gens qui voulaient nous mettre à l’écart. C’est donc nous qui avons repris l’organisation du Summer Camp. On participe à plein d’actions, avec la Ligue, avec Solimut, mais aussi avec d’autres organismes.

    En quoi l’association vous permet de dépasser les barrières auxquelles vous étiez auparavant confrontées ?

    Sherazade Mlili : La Ligue est une grande association, qui opère dans toute la France. On n’était donc pas vraiment décideurs dans les actions qui étaient menées. Grâce à Jeunesse place, on est maintenant en contact direct avec les gens avec qui on travaille, ça nous permet de confronter directement les personnes. Disons qu’on porte notre propre voix, en montant nos propres projets.

    Au-delà de votre engagement dans l’association, avez-vous parlé autour de vous du dispositif Place engagée et, plus largement, de la mutuelle ?

    Sherazade Mlili : De mon côté, oui, surtout dans mon cercle familial. Quand je dis à ma sœur que je vais au Delta Festival, elle me demande tout de suite comment j’ai réussi à me payer une place. Donc, je lui explique que je peux y aller grâce à Solimut, parce que j’ai participé à une maraude ou autre chose. Donc, elle me demande si elle peut venir participer à la prochaine. Et c’est le même schéma avec mes amis. Ils demandent ce que j’ai fait pour aller à tel endroit. Je leur explique et ça les motive.

    Estelle Bodo : On a commencé, vous étiez cinq je crois, et sur le groupe WhatsApp, on est presque 40 maintenant.

  • Gardanne : Concertation à venir pour le projet des salariés de la centrale thermique

    Gardanne : Concertation à venir pour le projet des salariés de la centrale thermique

    Top départ, ce lundi, pour la concertation préalable volontaire autour du projet Bio-Méthane Provence, à Gardanne.

    Ce dernier, porté par la Société de production d’énergie gardannaise (Speg), détenue par l’Association des travailleurs de la centrale de Gardanne (ATCG) et résultant d’une lutte sociale de plusieurs années, a pour but de produire du gaz renouvelable sur le site de la centrale thermique de la commune.

    « On a saisi volontairement la Commission nationale du débat public (CNDP), on a pris les devants pour une totale transparence dans l’élaboration du dossier d’un point de vue administratif », campe Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT du site, cheville ouvrière de l’ATCG. Ce dernier rappelle : « On n’est pas des porteurs de projet lambda, la genèse du projet BMP vient en réponse à l’arrêt du charbon sur le site, pour une transition avec le maintien d’emplois et des compétences… ». Les travailleurs espèrent produire du gaz dit « vert » via un procédé industriel de pointe pour transformer du bois de récupération en fin de vie en combinant pyrolyse et méthanation, mais sans incinération.

    « Informer les riverains »

    Concrètement, trois réunions publiques sont au programme : les 12 mai, 26 mai et 16 juin, à 18h, à la Maison du peuple à Gardanne. Un dossier de concertation est à disposition dans les mairies du périmètre large du projet : Gardanne, Meyreuil, Fuveau, Bouc-Bel-Air et Aix-en-Provence. De même qu’un site internet est dédié à la concertation. « On veut éteindre toute incertitude sur ce qu’est le projet BMP, ce qu’on va faire, ce qui va être exploité, quelle ressource… », résume Jean-Michel Roccasalva. Avant de développer : « On ne convaincra pas certaines associations qui sont opposées à tout projet qui peut émerger dans le bassin. On s’en accommode, mais on souhaite surtout informer les riverains, directement concernés ou pas, le plus précisément possible. »

    D’où un déroulement précis des réunions : « On prévoit une réunion de deux heures, les garants de la CNDP présenteront la concertation. Il y aura un premier volet sur l’élaboration et le pourquoi de l’émergence du projet, puis un échange avec le public et un volet technique : comment on fabrique, quels enjeux, quels risques, quel niveau d’étude… ».

  • La CGT de l’hôpital d’Avignon convoquée au tribunal pour diffamation

    La CGT de l’hôpital d’Avignon convoquée au tribunal pour diffamation

    Le conflit entre la direction du centre hospitalier d’Avignon et la CGT sort des murs de l’établissement et se poursuit désormais au tribunal. Ce mardi 5 mai, le secrétaire général du syndicat, Patrick Bourdillon, et une autre syndicaliste étaient convoqués pour « diffamation envers particulier(s) par parole, écrit, image ou moyen de communication au public par voie électronique ». L’affaire est finalement renvoyée au 30 juillet prochain.

    La peine encourue en cas de condamnation est une amende pouvant aller jusqu’à 45 000 euros, voire davantage en cas de circonstances aggravantes. Peu d’échanges se sont tenus devant les juges avant l’annonce du renvoi. Mais sont notamment visés, dans la plainte, des propos tenus les 20 et 21 janvier lors d’une conférence de presse organisée par le syndicat. À cette occasion, des extraits d’un rapport d’expertise réalisé par un cabinet agréé sur les conditions de travail au bloc opératoire avaient été présentés par des membres de la CGT, qui dénonçaient alors « un environnement propice à la souffrance, aux risques sanitaires et à la dégradation des soins ».

    « C’est un gros dossier pour lequel ils vont réserver une plage horaire de plusieurs heures », glisse maître Turrin, avocate de la défense, à la sortie de l’audience.

    Devant le tribunal, quelques dizaines de membres de la CGT se sont rassemblées en soutien, dont Isabelle*, infirmière au centre hospitalier Henri-Duffaut, qui estime que c’est « une atteinte au droit syndical ». « Ils visent les articles sortis après cette conférence de presse. Sauf qu’y sont donnés des éléments qui figurent dans ce rapport, qui montrent qu’il y a de la souffrance au travail. Cette démarche détourne le débat de fond, c’est-à-dire la situation compliquée que l’on vit au quotidien », poursuit-elle. Une situation qui n’aurait que peu évolué d’après elle. En février dernier, l’équipe dirigeante avait, de son côté, affirmé qu’un plan d’action pour « travailler avec l’ensemble des partenaires sociaux » allait être mis en place. « On ne dit pas que tout va bien. On est sur le chemin pour essayer de régler les problèmes. On pense que l’organisation mise en place est un socle pour sortir de la crise », affirmait alors le docteur Vincent Pestre, président de la commission médicale d’établissement (CME).

    Pas de commentaires

    Le directeur de l’hôpital, Pierre Pinzelli, n’était pas présent dans l’enceinte du tribunal. Contactée par La Marseillaise, la direction de l’hôpital a répondu que « l’affaire est entre les mains de la justice » et qu’elle ne ferait « pas plus de commentaires ».

    Mais, lors d’une conférence de presse tenue au début du mois de février, le directeur et son équipe médicale évoquaient la possibilité d’engager des actions en justice, ce qu’ils ont donc fait. Ils avaient alors notamment remis en cause « la neutralité » du rapport, l’expert diligenté étant un membre de la CGT dans une autre région.

    Une situation tendue au sein de l’hôpital alors que les équipes se préparent à la visite de la Haute Autorité de santé (HAS) d’ici la fin du mois, afin de tenter de récupérer la certification du centre hospitalier, perdue en janvier 2024.

    *le prénom a été modifié

  • [Entretien] Jean-Marie Angeli : « La fraude intervient dans un système de marchandisation de la santé »

    [Entretien] Jean-Marie Angeli : « La fraude intervient dans un système de marchandisation de la santé »

    La Marseillaise : La CPAM 13 a engagé de plus grands moyens pour lutter contre la fraude et les résultats ont quasiment quadruplé en trois ans. Qu’en pensez-vous ?

    Jean-Marie Angeli : Il est très important de lutter contre la fraude, car on ne fait pas n’importe quoi avec l’argent public. Et on se félicite de cette volonté d’augmenter les moyens de la lutte. Mais, s’il y a eu une vraie volonté d’embaucher à la CPAM, je dois mettre un bémol à ces chiffres : c’est très nouveau, ça date de trois ans et on part de zéro. Il n’y avait pas de postes spécifiques d’enquêteurs. Le pôle d’experts décelait des anomalies dans des dossiers. Mais les fraudes ne sont pas les mêmes selon le type de professionnel. Aujourd’hui, on est 70, en collectif, avec des services judiciaire et policier. Il reste que nous n’avons que 10 enquêteurs sur toute la région dans notre pôle PIEJ. On progresse. Il est temps. Mais on est encore bien loin du compte. Il va falloir aller chercher les gros trusts au lieu de taper sur le RSA et le chômage. Sans oublier qu’en 2025, ce sont 80 milliards d’exonérations de cotisations patronales qui ne sont pas tombés dans les caisses de la Sécu.

    On trouve 58% d’assurés à l’origine des fraudes, mais les professionnels concentrent 72% des montants détectés. Comment analysez-vous ces résultats ?

    J.-M. A. : C’est sans commune mesure. On ne peut pas mettre dans le même plan une erreur de déclaration d’un particulier et une arnaque d’un centre de santé. Ce qui me choque, c’est qu’on va encore criminaliser l’assuré là où la fraude est minoritaire en pointant les arrêts de travail. Mais, à aucun moment, on interroge les raisons de ces arrêts.

    Les chiffres font apparaître que les abus sont majoritairement liés aux arrêts maladie. Cela peut-il justifier le durcissement de la loi de financement de la Sécurité sociale sur ce point ?

    J.-M. A. : La loi prend le problème à l’envers. Au lieu de demander pourquoi il y a autant d’arrêts, elle cherche à faire revenir le travailleur à son poste. On met le salarié au pied du mur pour qu’il reprenne le travail en considérant qu’il n’est plus malade et s’il l’est, il lui faut contester la décision. Pendant ce temps, ses droits sont suspendus, il n’est payé ni par la Sécu, ni par l’employeur. Quant aux accidents de travail et aux maladies professionnelles, c’est l’employeur qui paye. Il n’a aucun intérêt à les déclarer. Les sous-déclarations se comptent en milliers. Et depuis que les CHSCT ont été refondus en CSE, on a cassé les outils pour alerter sur la sécurité.

    Les chiffres montrent également que, parmi les professionnels de santé, les fraudeurs se sont « professionnalisés ». Un signe de marchandisation de la santé ?

    J.-M. A. : Les chiffres indiquent que les centres de santé font partie des gros fraudeurs. Mais ils se sont mis en place dans la logique de marchandisation de la santé. Il y a eu ce feu vert donné au business, où la fraude intervient. Il faut s’interroger sur les centres qui ouvrent et ferment un ou deux ans après… Et on continue à soumettre notre système de Sécurité sociale au marché. Au dernier CSE, on a appris que tous nos logiciels allaient passer sous Microsoft, alors qu’il en existe en France, en accès libre. Mais c’est un marché énorme et on fait du business avec notre santé, des informations médicales stratégiques et, à côté de ça, on va chercher à toujours rechigner sur 10 euros de remboursement à l’assuré.

    La sécurisation et la numérisation de l’accès à la santé participent aussi à une augmentation des renoncements aux soins. Y a-t-il des données sur cette problématique ?

    J.-M. A. : Absolument aucune. Quand il y a des remontées, elles viennent d’associations de terrain, du défenseur des droits. Ils font le fusible là où la Sécu se désengage. Nos administrations sont prises dans une logique de casse des services publics de proximité. Cette stratégie de délocalisation et dématérialisation incite les précaires à abandonner leurs démarches. Les jeunes travailleurs et les retraités sont les plus touchés.

  • Dans le Gard, la Conf’ paysanne alerte sur l’extension d’un abattoir à volailles

    Dans le Gard, la Conf’ paysanne alerte sur l’extension d’un abattoir à volailles

    À Saint-Bauzély, l’abattoir de volailles Duc ne fait plus seulement débat dans le village. Si l’abattoir fait vivre la commune de 700 habitants depuis 40 ans, le projet d’extension du site, qui prévoit une montée en puissance considérable de l’activité, suscite désormais l’opposition frontale de la Confédération paysanne du Gard. Dans un communiqué publié le 22 avril, le syndicat dénonce une opération qui incarnerait, selon lui, « une fuite en avant industrielle, incompatible avec les enjeux sociaux, environnementaux et paysans actuels ».

    Le dossier prévoit de faire passer la capacité actuelle d’environ 75 tonnes de volailles par jour à près de 200 tonnes à l’issue du programme d’investissement, selon les éléments présentés lors de l’enquête publique. La Confédération paysanne évoque, elle, une perspective de 250 tonnes : cela représenterait environ 250 000 volailles abattues chaque semaine. Une échelle qui, pour le syndicat, dit tout du modèle défendu : celui d’un élevage intensif, tourné vers les volumes. « Derrière ces outils industriels se cachent des cadences élevées, une pénibilité accrue et une déshumanisation du travail », insiste le syndicat.

    Un village face aux risques

    Les inquiétudes traversent déjà une partie du village situé entre Nîmes et Alès : odeurs, bruit, circulation de poids lourds, risques d’incendie ou pollution des eaux nourrissent la contestation. Le collectif Non aux plumes et au goudron dénonçait le 19 janvier un « dossier incomplet et peu clair » et relève de « nombreuses zones d’ombre ». Il s’alarmait aussi de l’ancien abattoir incendié, toujours pas sécurisé, dont la démolition ne figurait pas dans le dossier malgré la présence d’amiante. S’ajoute un avis du Sdis 30, cité par la Mission régionale d’autorité environnementale, estimant qu’« un feu généralisé est probable » et que les secours pourraient être confrontés à une « impossibilité opérationnelle » pour en limiter la propagation, alors que l’usine se situe à 80 mètres des premières habitations et à 150 mètres d’une école.

    La question de l’eau concentre aussi les critiques. La Confédération paysanne dénonce une consommation qui passerait de 403 à 800 m³ par jour, avec des pointes pouvant atteindre 900 m³. Dans un département déjà régulièrement frappé par les sécheresses et les restrictions, le syndicat y voit « un non-sens écologique ». Plus de production, martèle-t-il, c’est « plus de pollution, des rejets d’eaux usées, une consommation d’eau exorbitante, une circulation de poids lourds incessante. À l’heure de l’urgence climatique et de la relocalisation alimentaire, ce projet fait exactement l’inverse ! ».

    Un refus du chantage

    à l’emploi

    Le débat local n’est pas nouveau. Lors de la réunion publique de janvier, la direction de Duc avait mis en avant la nécessité de répondre à une demande croissante de volaille en France et de lutter contre les importations étrangères, présentées comme moins-disantes sur les normes. Des créations d’emplois ont également été avancées : jusqu’à 100 salariés supplémentaires. Là encore, Reporterre soulignait les écarts entre les annonces publiques et le dossier déposé en préfecture, qui mentionnerait 26 créations de postes directs. D’autant que ces emplois risquent surtout d’être des postes pénibles et précaires.

    Mais pour le syndicat, la promesse d’emplois ne peut pas servir de blanc-seing à l’agro-industrie : « Soutenir ce projet revient à tourner le dos à une agriculture paysanne, locale et durable au mépris des populations environnantes », affirme-t-il. Face à ce modèle, la Conf’ met en avant d’autres choix : développement des circuits courts, abattoirs de proximité à taille humaine, soutien à l’installation paysanne. Le syndicat demande donc aux pouvoirs publics de refuser le projet, aux élus locaux de « prendre leurs responsabilités » et aux citoyens de se mobiliser. Son exigence est claire : « l’abandon du projet d’extension », « l’arrêt du soutien public à l’agro-industrie » et des « investissements massifs dans l’agriculture paysanne et les circuits courts ». La décision finale appartient désormais au préfet du Gard.

  • [Entretien] Sylvain Bego-Ghina : « La macronie tue la formation pro »

    [Entretien] Sylvain Bego-Ghina : « La macronie tue la formation pro »

    La Marseillaise : Quel état des lieux faites-vous de la formation professionnelle ?

    Sylvain Bego-Ghina : Ça va être vite vu : ils sont en train de tuer la formation professionnelle. Sur les 13 milliards d’euros récoltés par an aux entreprises, 11 sont orientés vers l’apprentissage, il ne reste donc plus d’argent pour les opérateurs de compétences [Opco, Ndlr.]. Tous les budgets baissent, les voyants sont dans le rouge. Le Compte personnel de formation (CPF) est aujourd’hui limité. À France Travail, les choix de formations se résument à celles dont les métiers sont en tension, comme l’hôtellerie-restauration ou l’aide au service… Les missions locales subissent des baisses de moyens. C’est plus que les vaches maigres ! Dans 10 ans, il n’y aura plus de centre de formation tel qu’on l’a connu, l’Afpa ne sera peut-être plus là. L’apprentissage est normalement adressé aux mineurs, ou aux moins de 20 ans… Ce n’est pas ce qu’on entend traditionnellement par « formation professionnelle ».

    Qu’est-ce que ça implique
    de favoriser l’apprentissage
    au détriment de la formation professionnelle
     ?

    S.B.-G. : Plusieurs choses. Quand on est en apprentissage, on est une semaine dans une boîte de formation et trois semaines chez un patron. C’est de la main-d’œuvre bon marché pour le patronat. À l’Afpa, les stages étaient de 3-4 semaines, on n’est pas sur la même échelle de temps. On est d’ailleurs en train de devenir des centres d’apprentissage. La direction veut prendre « le train de l’apprentissage » et table sur des fermetures de CFA… On va faire la voiture balais des CFA, ça en dit long sur les politiques menées. D’autant que notre direction veut tout rentabiliser et entend fermer tout ce qui n’est pas rentable. On craint prochainement des fermetures de formations, de centres, a minima des regroupements de structures ou encore des licenciements. C’est toute l’histoire du macronisme : ils ne veulent plus de services publics de pleine compétence, faire plus avec moins… De toute façon, on est tellement dans le rouge, que la seule chose qui reste pour baisser les coûts c’est baisser la masse salariale. Et moins il y a de masse salariale, moins il y a de formations… Vous voyez le schéma.

    Quelles conséquences concrètes de ces baisses de moyens ?

    S.B.-G. : Avant, à l’Afpa, les usagers étaient hébergés, nourris, il y avait la médecine du travail, de l’orientation, une vraie égalité devant la formation… Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Également, les fermetures de centres ont une conséquence très concrète : l’impossibilité de faire une formation près de chez soi. Il y a des endroits où il faudra faire 150 km pour devenir maçon…

  • Eurenco face à un conflit social durable

    Eurenco face à un conflit social durable

    Les revendications

    Depuis le début du conflit entre la CGT, FO et la direction d’Eurenco, les syndicats portent toujours les mêmes revendications. À savoir une augmentation générale de 130 euros pour tous, le passage immédiat de la prime d’ancienneté à 20% (1% par an avec effet immédiat), une prise en charge par l’employeur de 70% du coût de la mutuelle et de la prévoyance, ainsi que la transformation en CDI des travailleurs intérimaires. « Ce sont des bases. Comme pour tout, ce sont des demandes qui sont négociables. Encore faut-il avoir envie de le faire », confie Jérémy Caillé, délégué CGT d’Eurenco. Le tout alors que les syndicats pointent des « bénéfices records pour 2025 » et « un carnet de commandes valorisé à 3 milliards d’euros ».

    Impliquer l’État

    Une situation qui a toutefois évolué ces derniers jours. Mercredi 29 avril, une rencontre a été organisée entre une délégation de la Fédération nationale des travailleurs de l’État CGT, avec la présence de Jérémy Caillé, et le conseiller social du ministre des Armées, afin de lui détailler les causes du conflit en cours, le fabricant de poudre étant propriété de l’État.

    « On lui a réexpliqué la situation de notre point de vue. Il avait déjà celui de la direction », explique Jérémy Caillé qui attend désormais « une réunion tripartite entre Eurenco, nous et l’État. »

    Grève illimitée

    Depuis ce jeudi 30 avril à 20h, la décision a été prise par les syndicats d’appeler à une grève « illimitée ». C’est-à-dire « que c’est au libre choix des salariés. Ils peuvent se mettre en grève quand ils le veulent, de nuit comme de jour », explique Jérémy Caillé. Jusqu’ici rythmé par une grève de 24h chaque semaine, le mouvement prendra cette nouvelle forme tant que de nouvelles négociations ne s’ouvriront pas. « La détermination est toujours présente. Il y a eu des hauts et des bas comme dans tous les mouvements de grève, mais il est loin d’être enterré », poursuit le responsable syndical.

    Réponse de la direction

    Contactée par La Marseillaise, Eurenco offre une autre lecture de la situation. Elle assure notamment qu’elle a proposé « des augmentations salariales de 2,7 fois le niveau de l’inflation, positionnant ainsi Eurenco France parmi les entreprises industrielles ayant consenti les engagements les plus significatifs au titre des NAO 2026 ». De plus, elle assure avoir « clairement démontré, ces dernières années, sa capacité à investir massivement, à recruter (474 CDI en trois ans) en réinvestissant 100% de ses résultats dans l’outil industriel ». La direction rappelle enfin que le troisième syndicat, la CFDT, a demandé l’organisation d’un référendum dans l’entreprise concernant les dernières propositions formulées. Celles-ci se limiteraient, d’après la CGT et FO notamment, à 500 euros « de prime Macron », sans avancée sur la prime d’ancienneté ni sur les embauches. Le sujet de la mutuelle serait, quant à lui, renvoyé aux NAO 2027.