Category: social

  • Sophie Binet est officiellement réélue à la tête de la CGT

    Sophie Binet est officiellement réélue à la tête de la CGT

    Après le vote de la commission exécutive confédérale par les participants au 54e congrès, la veille, et son élection en son sein par le CCN (comité confédéral national), la réélection de la secrétaire générale sortante vient d’être proclamée. Elle rempile pour un second mandat de 3 ans, sous les applaudissements massifs des congressistes.

    De notre envoyé spécial, Amaury Baqué.

  • Sophie Binet est sur la voie d’un nouveau mandat

    Sophie Binet est sur la voie d’un nouveau mandat

    De notre envoyé spécial, Amaury Baqué

    Un avant-goût de la future direction de la CGT a été entériné lors de cette avant-dernière journée du 54e congrès de l’organisation. Car la commission exécutive confédérale (CEC), et la liste de noms de syndicalistes qui la composent, ont été élues sans modifications par les congressistes. « Tout le monde a été élu, largement élu, c’est une bonne chose », note positivement Sandrine Mourey, secrétaire confédérale sortante. « La liste proposée pour composer la commission exécutive confédérale correspond à la meilleure équipe de direction en capacité de porter les orientations confédérales », abonde Myriam Lebkiri, également secrétaire confédérale.

    Si le rôle de cette instance est un poil technique, il faut la voir comme une direction élargie et ciment du futur bureau confédéral, ce dernier étant l’instance dirigeante majeure de l’organisation. « La CEC assure la direction de la CGT et de la conduite de l’action confédérale dans le cadre des orientations du congrès », explique Myriam Lebkiri. C’est de la composition de la CEC dont dépend l’élection du, ou de la future, secrétaire générale de la CGT. À un détail d’importance près : c’est le comité confédéral national (CCN), instance réunissant dirigeants d’Union départementale et des différentes Fédérations, qui élit le bureau confédéral, à partir de la CEC. En clair, le bureau confédéral et le secrétaire général de la CGT sont issus de la CEC, mais après un vote du CCN.

    Au regard des débats du congrès, notamment du vote à une majorité écrasante en faveur du bilan d’activités de la direction sortante, et de la validation sans appel du document d’orientation, Sophie Binet va être sans surprise reconduite en tant que secrétaire générale de la confédération, seule candidate officielle pour sa succession. Des sources concordantes au sein du CNN le confirment. Elle est évidemment présente au sein de la CEC approuvée par le congrès. Le CCN du 29 avril dernier avait approuvé la liste de candidats pour cette CEC dans des proportions parlantes : 79 pour, 5 contre et 12 abstentions.

    Quoi qu’il en soit, le mot de la fin sera dévoilé officiellement e vendredi matin, pour le dernier jour du congrès.

  • L’avenir de l’hôtel Première Classe de la Seyne-sur-Mer toujours aussi incertain

    L’avenir de l’hôtel Première Classe de la Seyne-sur-Mer toujours aussi incertain

    C’est une partie de billard à trois bandes qui se joue actuellement entre le propriétaire, le gestionnaire et les employés de l’hôtel Première Classe de La Seyne. Ces derniers, accompagnés de représentants de l’Union Locale CGT, ont mené une action devant l’inspection du travail de Toulon, jeudi, où ils ont été reçus dans la matinée, face à une situation qui n’évolue pas.

    Depuis début février, neuf salariés sont en arrêt maladie, confrontés à une succession de retards de salaire, puis à une absence de paiement à partir de novembre. L’établissement a été placé en redressement judiciaire le 28 avril, mais rien n’évolue pour les salariés, toujours dans l’expectative et seulement indemnisés à hauteur de 50% de leur salaire. L’UL CGT de La Seyne a pourtant tenté un référé à ce sujet, en mars, mais celui-ci n’a pas été pris en compte par le tribunal de commerce. « Ce qui nous engage dans une procédure longue, sur le fond. Ça étonne l’Inspection du travail, tout comme la non-reconnaissance du tort de l’employeur », affirme Marc Louis, secrétaire général de l’UL CGT La Seyne.

    « On ne savait pas que le redressement allait durer six mois », s’inquiète une employée. Ses collègues et elle espéraient une évolution rapide, avec une éventuelle « liquidation pour que la propriétaire reprenne l’établissement ou qu’on ait des indemnités de licenciement et qu’on sorte de cette situation ». Celle-ci pourrait ne jamais arriver. Le gérant, Matthieu Derats, assure que ce n’est pas à l’ordre du jour, information confirmée par l’Inspection du travail. En revanche, une procédure a été engagée par la propriétaire – qui n’est autre que la mère du gérant – envers ce dernier pour mauvaise gestion. L’audience est prévue le 18 juin devant le tribunal de commerce, mais ne conduira pas au dépôt de bilan.

    Employés en arrêt et propriétaire mis en cause

    « On n’envisageait pas la démission, là, on commence à y penser », avoue l’employée, toutefois prête, à l’instar de ses collègues, à retourner au travail « si aucune solution n’est trouvée ». Ils pourraient ne pas avoir le choix : trois d’entre eux n’ayant plus droit aux indemnités, retoquées par l’Assurance maladie. Une salariée a même été soumise à une procédure de licenciement lorsqu’elle a voulu reprendre, finalement annulée, car le redressement judiciaire en cours ne le permet pas.

    De son côté, Matthieu Derats dit ne pas comprendre l’objectif de ses employés : « Avec le redressement, ils vont être indemnisés par le régime de garantie des salaires (AGS). Ils n’obtiendront pas plus, pas moins. » Et dit regretter aussi la situation : « Il y a peut-être eu des manquements, mais les salariés ont participé à la situation par leur attitude et l’abandon de leurs postes. » Quant à la question du maintien de l’activité malgré le manque d’effectif, le directeur dit travailler avec une entreprise prestataire.

    Trois employés continuent par ailleurs de travailler. L’un d’eux, arrivé fin janvier, alors que le torchon brûlait depuis longtemps, fustige le choix de ses collègues : « L’intérêt commun est la continuité de l’activité. Il y a eu des comportements, des actes de négligence, qui ont contribué à aggraver la situation de la trésorerie. » Une situation imputable, selon lui, à la propriétaire des lieux, que nous ne sommes pas parvenus à joindre. « Les difficultés viennent de ses carences et de l’activité elle-même, qui n’est pas rentable. On parle du sort des salariés : elle n’a aucune intention de les reprendre. Elle souhaite vendre, pour son intérêt capitalistique », assure-t-il.

    La CGT promet de rester mobilisée pour le paiement des salaires non versés. « L’inspection du travail envisage de saisir d’autres administrations au vu de la nature du dossier », précise Marc Louis, malgré tout satisfait de cette audience « qui a fait avancer les choses. On aimerait que ça aille plus vite, mais on en saura sûrement davantage d’ici septembre ». À l’issue du redressement judiciaire, donc.

  • Les cheminots de la Blancarde décrochent des garanties

    Les cheminots de la Blancarde décrochent des garanties

    Alors qu’un préavis de grève avait été déposé pour le vendredi 5 juin par les cheminots du dépôt de la Blancarde (lire notre édition du 4/06), une rencontre a eu lieu, ce jeudi, entre la CGT Cheminots de Marseille et la direction régionale de la SNCF. Ces derniers exigeaient notamment la fin des externalisations et s’opposaient à la suppression de cinq postes dans la région.

    À l’issue de cette rencontre, la CGT se déclare satisfaite. « Ça s’est très bien passé », affirme Renaud Darbas, représentant du syndicat : « On a eu plusieurs garanties de la part de la direction, notamment concernant les suppressions de postes prévues, qui n’auront finalement pas lieu. Un calendrier de discussion a d’ailleurs été établi pour discuter des conditions de travail et de l’arrivée de la nouvelle filiale. »

    Renaud Darbas précise que le dialogue et les mesures prises par la direction suffisent aujourd’hui à temporiser la situation : « La direction a entendu les revendications locales des cheminots », un point essentiel selon lui. Contactée par La Marseillaise, la direction indique ne pas souhaiter faire de commentaire.

    Grève nationale le 10 juin

    La CGT Cheminots s’est également réunie, jeudi, en assemblée générale, pour discuter de la marche à suivre en vue de la levée de ce préavis. « Aujourd’hui, on suspend le préavis local, mais on rentre complètement dans la mobilisation du 10 juin », assure Renaud Darbas. Les cheminots de la Blancarde se joignent donc au mouvement de grève national de mercredi, lancé sur l’ensemble du territoire par Sud Rail, la CGT, l’Unsa et la CFDT.

    Maéna Guérin

  • Le Port sensibilise ses équipes sur la sécurité au travail

    Le Port sensibilise ses équipes sur la sécurité au travail

    Un total de 26 accidents de travail a été enregistré dans l’enceinte du Grand Port maritime de Marseille (GPMM), en 2025, dont 28% entraînant plus de 100 jours d’incapacité totale de travail (ITT). « C’est beaucoup trop », s’est désolé, jeudi, Christophe Castaner, président du conseil de surveillance du Port, à l’occasion d’une matinée de sensibilisation organisée dans les locaux marseillais de l’établissement public.

    Pour la quatrième année consécutive, le port invitait, mardi à Fos et jeudi à Marseille, tous ses employés à participer à un moment d’apprentissage et de formation autour de la sécurité et de la santé au travail. L’occasion pour l’ex-ministre de l’Intérieur de rappeler la nécessité d’une vigilance collective. « Il y a notre propre comportement face à l’accident, mais il y a aussi celui de nos collègues, du manager, des chefs de service, a-t-il souligné. Il ne faut pas hésiter à en parler entre vous, surtout lorsqu’un accident est évité de peu, ça peut permettre d’adopter les bons réflexes. » Et de glisser un mot de remerciement à l’attention de Pascal Galéoté, leader de la CGT du Port : « Je veux saluer les partenaires sociaux qui portent ces exigences [celles de la sécurité et de la santé au travail, Ndlr]. Pascal Galéoté les porte aussi, au-delà de sa condamnation, sur laquelle je ne me prononce pas. La pression que nous mettent les syndicats est constructive. » Pascal Galéoté a, lundi, été condamné à 12 mois de prison avec sursis et 3 ans d’inéligibilité pour « abus de confiance » dans le cadre de sa gestion des comptes du comité social et économique (CSE) du port entre 2014 et 2018. Il a annoncé faire appel.

    1 260 salariés

    et 300 compétences

    Avec ses 1 260 salariés à Marseille, le Port fait cohabiter de nombreux métiers, 54 au total, qui impliquent des risques plus ou moins importants dans leur pratique quotidienne. Parmi les métiers les plus exposés aux accidents du travail, « la réparation navale et tous les métiers industriels emblématiques, mais aussi le service voyageurs, où les déplacements doivent se faire vite, ce qui est très accidentogène », détaille Nathalie Bakhache, secrétaire générale du port. « Il y a aussi la restauration collective et, bien sûr, la partie eau et électricité », poursuit-elle. Parmi les 26 accidents répertoriés en 2025, les métiers cités par la secrétaire générale sont très majoritaires.

    Mais c’est bien à l’ensemble des salariés qu’était destinée cette matinée ludique et instructive de jeudi : quizz sur la sécurité routière, atelier sur l’usage des extincteurs, sur l’addiction au travail ou escape game autour des risques du Port, les employés du GPPM ont pu évoluer de stand en stand entre 8h et 13h30. « C’est intéressant, on apprend plein de choses. On revient chaque année ! », s’enthousiasme un groupe de gestionnaires de finance. 600 salariés ont participé à l’événement.

  • Les futures orientations de la CGT plébiscitées par son congrès

    Les futures orientations de la CGT plébiscitées par son congrès

    De notre envoyé spécial, Amaury Baqué

    L’avant-dernière journée du 54e congrès de la CGT, à Tours, a débuté sur les chapeaux de roues pour la suite des débats autour du document d’orientation, qui définit la stratégie de l’organisation pour les trois prochaines années. « Les débats vont être apaisés, sereins, vifs, animés tels que la CGT sait le faire », plante Laurent Brun, administrateur de l’organisation, à l’ouverture des débats.

    Après des discussions vigoureuses autour du 100% Sécurité sociale et de la sécurité sociale professionnelle, la veille, qui avaient provoqué un report du vote du thème 2 du document orientation , le cheminot vient tranquilliser la salle : « Pour apaiser les esprits d’entrée de jeu : l’amendement est intégré. » Une référence à un amendement porté, la veille, par une travailleuse de la fédération des organismes sociaux qui réaffirmait la place centrale du 100% Sécurité sociale au cœur de la démarche revendicative. De quoi satisfaire une partie des congressistes et ainsi passer sereinement au vote du thème 2. Lequel a été largement adopté avec 78,98% des suffrages exprimés, 21,02% de contre et 3,73% d’abstentions.

    Mais c’est l’examen du 3e thème du document d’orientation, autour des « stratégies des luttes », qui a concentré les débats de la journée. « La stratégie des luttes, c’est en réalité une question simple : comment faire pour gagner ? », introduit Kamel Brahmi, de l’Union départementale de Seine-Saint-Denis. Au sein du thème : les questions de rapport au politique, le combat contre l’extrême droite, mais aussi, et surtout, la question de l’unité syndicale. Avec en son sein l’objectif d’un rapprochement avec la FSU et la fameuse « maison commune », véritable serpent de mer de l’organisation depuis le précédent congrès.

    La maison commune agite le congrès

    Un point qui partage les congressistes. Louise Paternoster, secrétaire générale de la CGT Educ’Action 93, loue « la construction d’une maison commune, qui n’est pas la négation des différences, mais un dépassement dans un but commun. […] Avec la FSU, on partage la même vision, la même pratique de la camaraderie », développe-t-elle. Avis tout autre pour Véronique Dolot, de la CGT Aix-Marseille Métropole : « Dans mon syndicat, la FSU, on n’en veut pas. Sur cette question, on est pris en otage par des fédérations qui ne sont pas concernées par la maison commune. » Vincent Bohan, de la fédération des services publics de la Vienne, va dans le même sens : « Pourquoi la FSU, mais pas d’autres organisations ? Ça sera une maison vide de sens sur le terrain. C’est la CGT qui tire le wagon de l’intersyndicale. » De quoi faire écho à d’autres interventions questionnant plus globalement les stratégies intersyndicales de la confédération. « Nous ne sommes pas la CFDGT ! », tonne le Marseillais Yannick Van Biervliet. Quand la bordelaise Marie-Laure Charchar revient sur la stratégie d’intersyndicale lors de la réforme des retraites : « La stratégie choisie était celle de journées saute- mouton pour ne pas braquer la CFDT. »

    Un résultat sans appel

    Kamel Brahim temporise sur la fameuse « maison commune » : « Ce n’est pas une super structure, il n’y a rien dans les statuts. Il y a des liens historiques, des combats communs avec la FSU, elle sera sous le contrôle du CCN. »

    Si les débats ont été vifs, le résultat du vote du thème 3 est sans appel : 74,47% de voix favorables et 25,53% de voix contre, 3,69% d’abstentions. Le vote du document d’orientation dans sa globalité est dans la même veine : 74,74% pour de votes favorables et 25,26% de contre, 4,34% d’abstentions. En clair, les congressistes ont largement plébiscité les orientations établies par la direction sortante et affinée par les débats et autres amendements discutés en séance. « On peut être satisfaits du déroulé du congrès, notamment sur la stratégie des luttes qui a été voté à 75%, c’est encourageant », se félicite Sandrine Mourey, secrétaire confédérale sortante.

  • La CGT Cheminots lance une grève à la Blancarde contre les externalisations

    La CGT Cheminots lance une grève à la Blancarde contre les externalisations

    « Tous ensemble nous ne lâcherons rien ! », peut-on lire sur l’affiche qui annonce la grève des cheminots de la Blancarde. Ce vendredi 5 juin, le rendez-vous est donné à 8h par le syndicat CGT Cheminots de Marseille. Les revendications des travailleurs tournent autour de plusieurs points : la reconnaissance des instances représentatives du personnel et l’arrêt des externalisations. Des remaniements prévus qui devraient entraîner la suppression de cinq postes selon le syndicat. C’est la première fois depuis 11 ans que les travailleurs de la Blancarde se mobilisent. Ce rassemblement fait suite à un manque de considération, estiment-ils. « La direction a toujours su faire un pas vers nous, mais aujourd’hui ça bloque. Plusieurs discussions n’ont mené à rien », déplore Renaud Darbas, représentant du syndicat CGT des cheminots.

    Un mouvement de grève national est prévu mercredi 10 juin sur l’ensemble du territoire français, lancé par SUD Rail, la CGT, l’Unsa et la CFDT. Les cheminots de la région Paca ont prévu de se mobiliser à cette occasion. « On est complètement investis dans la grève du 10 juin », précise Renaud Darbas, « mais aujourd’hui on estime que nos revendications sont locales, d’où notre mobilisation le 5 juin ».

    Une grève nationale

    Une rencontre entre une délégation des cheminots et la Direction régionale de la SNCF, est néanmoins prévue ce jeudi 4 juin. De son côté, la SNCF considère qu’il s’agit d’un « dialogue social en interne » et ne souhaite pas le commenter. Pour autant, le mouvement « la circulation des trains ne sera pas perturbée vendredi », selon la direction.

    Maéna Guérin

  • 54e congrès de la CGT : à l’international, des liens entre féminisme et syndicats

    54e congrès de la CGT : à l’international, des liens entre féminisme et syndicats

    De notre envoyé spécial, Amaury Baqué

    Ce mercredi a aussi marqué un moment de communion des congressistes avec la cause féministe à l’internationale.

    Une cause représentée par des figures du militantisme : Anne-Marie Nzila, secrétaire générale de l’Union des syndicats du Congo Brazzaville, Mélanie Atapo, présidente du syndicat USTKE-Kanaky, et Léone Laali, de la branche iranienne du collectif kurde Roja. « C’est très important de pouvoir leur donner la parole, et que cette parole résonne dans le monde entier », a introduit Myriam Lebkiri, secrétaire confédérale sortante.

    Chacune a fait part de son vécu à un niveau syndical d’une part, mais aussi en tant que féministe d’autre part. « Nous ne sommes pas neutres face aux enjeux économiques, sociaux et politiques de notre pays », entame Anne-Marie Nzila. Elle évoque notamment le travail de son syndicat auprès « des milliers de femmes travailleuses domestiques qui travaillent chez des particuliers dans des conditions inacceptables : insultes, salaires dérisoires, congés non payés, maltraitance… ». Et explique que son organisation plaide pour « l’inscription de la notion de violence économique dans les violences faites aux femmes ».

    Mélanie Atapo cible, elle, « la colonisation française qui a déstructuré notre société et a abouti à la non prise en compte des Kanaks dans le droit du travail ». Avant de poursuivre : « Les femmes kanaks et océaniennes sont encore plus durement touchées dans la société. Ce sont souvent les femmes qui assument une grande partie de la charge sociale. » Comme un pont entre féminisme et syndicalisme, elle martèle : « Il ne faut pas dissocier la question de l’égalité entre femmes et hommes à celle de la justice sociale. Nous sommes à la fois femmes, syndicalistes, militantes, océaniennes, kanaks. » Enfin, elle soulève un point qui fait écho à la lutte iranienne et les propos de Léone Laali : « La lutte des femmes ne s’oppose pas à celle de libération nationale » Cette dernière conclut en soulignant le rôle social de « l’immense vague du mouvement “femme vie liberté” ».

  • Appel à la grève à l’hôpital de Toulon-La Seyne le 18 juin

    Appel à la grève à l’hôpital de Toulon-La Seyne le 18 juin

    L’hôpital public est en souffrance, et le centre hospitalier de Toulon-La Seyne (CHITS) ne déroge pas à ce triste constat. Alors que la mobilisation, menée depuis de longs mois, reste importante au sein du pôle psychiatrie face à la perspective imminente d’une perte de moyens (notamment celle de trois de ses quatre médecins), c’est cette fois l’ensemble de l’établissement qui est appelé à se mobiliser pour défendre son droit à exercer dans des conditions dignes.

    Soumis à une « activité qui ne cesse de croître » et « des conditions de travail qui s’effondrent », l’ensemble des personnels sont appelés à faire grève, le 18 juin. Un mouvement initié par Force ouvrière, syndicat majoritaire de l’établissement, pour qui « le point de non-retour a été atteint ». L’organisation dénonce ainsi « une réalité de terrain devenue insoutenable : difficultés d’accès aux remplacements et aux heures supplémentaires, manque criant de matériel, lits fermés par manque d’effectifs, services d’urgences saturés, sous-effectif, épuisement des équipes et perte de sens au travail ». En particulier dans certains services, marqués par la « fermeture d’unités cruciales faute de médecins : les soins palliatifs, l’hôpital de jour pour enfants en pédopsychiatrie et des services sous contrainte en psychiatrie adulte ».

    Le projet social « instrumentalisé »

    Malgré cette situation, « l’information aux agents est réduite au minimum et l’accompagnement fait cruellement défaut, plongeant les personnels dans une profonde insécurité professionnelle », appuie le syndicat, qui déplore le choix de la direction « de passer en force, multipliant les décisions unilatérales et ne prenant pas en compte systématiquement les revendications ». À cet égard, FO pointe notamment le nouveau « plan de formation et les nouvelles modalités d’accès au financement des études promotionnelles », « l’instauration de quotas arbitraires sur l’évaluation de la valeur professionnelle des agents », « un dispositif de mobilité des agents mis en place sans aucune évaluation » et, plus généralement, « un déni des instances démocratiques ».

    Autant de constats qui mettent en branle « le projet social de l’hôpital », établi à l’horizon 2027, censé « sécuriser les organisations pour améliorer l’équilibre vie privée-vie professionnelle avec la mise en place des cycles de travail ».

    Un « accord local garant de l’équilibre social de l’établissement, seul levier d’attractivité et de fidélisation pour des agents hospitaliers touchés de plein fouet par une smicardisation rampante », sans avantages sociaux. Mais que « la direction instrumentalise pour déconstruire le référentiel du temps de travail en place depuis 25 ans », estime le syndicat, qui appelle, en conséquence, à se réunir devant l’hôpital Sainte-Musse, le 18 juin, à 12h.

  • La région face aux conséquences de l’IA

    La région face aux conséquences de l’IA

    « Grâce à nos centrales nucléaires, nous avons la capacité d’ouvrir des data centers et d’être au cœur du défi de l’IA », célébrait déjà Emmanuel Macron, le 10 mars. Car cette nouvelle révolution industrielle nécessite toujours plus d’infrastructures, avec des besoins en énergie qui doivent être multipliés par 3,7 en dix ans, selon l’Ademe. Porte d’entrée des câbles sous-marins en Méditerranée, la région est en première ligne. Dans le même temps, alors que 5 millions d’emplois pourraient être menacés en France, selon une étude publiée début avril, de premières mobilisations alertent sur ses conséquences en Provence, comme chez Orange, il y a deux semaines. « L’IA va être utilisée pour accompagner les suppressions d’emploi », alerte le secrétaire général de la CGT Télécoms dans les Bouches-du-Rhône, Olivier Néri.

    Digital Realty poursuit son implantation

    Tandis que s’achève la construction du cinquième centre de données de Digital Realty sur les emprises du Grand port maritime de Marseille, le long de l’A55, le géant mondial des data centers poursuit son implantation dans le département. Le dernier et plus grand de ses projets, le MRS6, a passé plusieurs caps cruciaux, en début de l’année. Le 22 janvier, la commune de Bouc-Bel-Air lui a accordé son permis de construire, tandis que le 12 février, la préfecture a signé son autorisation environnementale. « On change véritablement d’échelle », se réjouissait le président de Digital Realty France, Fabrice Coquio, auprès du site d’information Gomet. Solidement implanté à Marseille, il réalise là son plus gros projet dans le département, avec un investissement chiffré à 700 millions d’euros. Soit le double du chiffre d’affaires réalisé en France en 2025. Sur le foncier de l’ancien entrepôt logistique de Decathlon, le centre de données s’étalera sur 26 000 m². La pétition des opposants recueille près de 2 000 signatures.

    Y.S.