Category: social

  • Missions locales : en Vaucluse, un impact pour 2 300 jeunes

    Missions locales : en Vaucluse, un impact pour 2 300 jeunes

    Cette semaine, la mission locale du Grand Avignon démontrera, s’il y en avait besoin, son rôle majeur auprès des 16-25 ans du territoire. Deux initiatives sont prévues : ce mercredi après-midi à Sorgues, le forum « Bouger pour réussir », dédié à la mobilité, à la prévention routière, à l’emploi et à la formation, est organisé. Le lendemain, à Avignon (Château Saint-Chamand), c’est l’orientation qui sera mise en avant à l’occasion d’un forum dédié. Deux événements qui s’adressent potentiellement aux plus des 5 500 jeunes (16-25 ans) suivis par la structure du Grand Avignon. Qui, à l’instar de ses trois autres collègues vauclusiennes (Comtat Venaissin, Luberon et Haut Vaucluse) s’inquiète de la potion budgétaire amère actuellement concoctée par le gouvernement. Si la baisse de 13% des crédits est actée, une vingtaine de postes de conseillers pourraient être supprimés. Avec comme répercussion immédiate un défaut de suivi pour 2 300 jeunes Vauclusiens. Le tout dans un département présenté comme le 5e plus pauvre de France.

    « La jeunesse n’est pas une variable d’ajustement, c’est de l’investissement dans l’avenir du pays », revendiquait, il y a dix jours, la présidente de la mission locale du Grand Avignon, Lilou Quennesson, également conseillère municipale d’Avignon déléguée à l’emploi et l’insertion. Le dossier budget doit arriver au Sénat la semaine prochaine, les missions locales poussant pour des amendements annulant cette coupe financière.

  • Missions locales : aides, écoute, suivi… c’est « important » pour la jeunesse

    Missions locales : aides, écoute, suivi… c’est « important » pour la jeunesse

    Entre le moment où Léna, 24 ans, sonne pour monter à la mission locale du Vieux-Port, et celui où la porte s’ouvre, quatre autres jeunes l’ont déjà rejoint et attendent aussi de monter. Ce lundi, ils sont plusieurs dizaines, âgés de 16 à 25 ans, à passer la porte du 19 rue Vacon à Marseille (1er) pour se faire accompagner dans la recherche de travail, de logement ou pour trouver une écoute.

    Une bonne partie de ceux présents viennent pour leur premier rendez-vous. C’est le cas de Léna qui vient surtout pour avoir accès à des aides. « J’ai fait un service civique et j’ai rompu un contrat saisonnier. Comme je n’ai pas 25 ans, je n’ai le droit ni au RSA ni au chômage. ça fait un mois et demi que je n’ai plus de revenu, c’est très compliqué », confie-t-elle. Les aides apportées par la mission locale, sont « importantes pour moi », assure-t-elle. Si les missions locales permettent d’avoir accès à des aides financières avec le contrat d’engagement jeune (CEJ), elles assurent avant tout un suivi personnalisé pour des jeunes qui n’ont pas forcément de réseau familial ou professionnel. C’est le cas de Genta, 19 ans, réfugié en France depuis quelques mois. « J’habite seul et j’avais besoin d’aide pour trouver des formations et des stages. » Redirigé vers la mission locale par son assistance sociale, le jeune homme espère trouver une formation dans la couture grâce aux conseillers de la structure. Aurore, arrivée il y a un mois à Marseille, y cherche quant à elle de l’aide pour trouver un logement. Car l’accompagnement proposé ne se limite pas à la recherche d’emploi mais englobe l’accès « à la santé, au logement, aux droits, à la citoyenneté et à la mobilité », indique le site du ministère du Travail et des solidarités.

    Aide psychologique

    Keyra, 22 ans, vient elle depuis un an. Elle a trouvé entre ces murs une oreille attentive à ses problèmes. « Quand j’ai commencé, je n’étais pas très assidue. Mais mes conseillères m’ont poussée à revenir, se rappelle la jeune femme. Elles ont été très à l’écoute. Au lieu de me fermer les portes, elles ont essayé de me comprendre. » La jeune fille, qui est suivie par un psychiatre, a pu trouver une réponse appropriée au sein de l’institution. « On m’a conseillé des structures plus adaptées à mes soucis. Mes conseillères m’aident beaucoup sur le plan psychologique plutôt qu’à chercher du travail », explique-t-elle. Un psychologue est d’ailleurs présent au sein de la mission locale pour les bénéficiaires du CEJ. Un accompagnement personnalisé et complet qui risque d’être dégradé par la baisse du budget et du nombre d’employés, alors que les jeunes en difficulté ne cessent d’être de plus en plus nombreux, chaque année.

  • [Entretien] Claude Fournet : « On fait un travail de formation citoyenne » avec les missions locales

    [Entretien] Claude Fournet : « On fait un travail de formation citoyenne » avec les missions locales

    La Marseillaise : Pourquoi les missions locales se mobilisent aujourd’hui ?

    Claude Fournet : Dès la parution du projet de loi de finances 2026, nous avons vu qu’il était prévu une baisse significative de 13%, qui représente 77 millions d’euros de moins sur l’ensemble des missions locales. C’est énorme, d’autant que l’an dernier nous avions déjà eu une baisse, le tout arrivant à 20%. Les organisations syndicales de la région organisent notamment ce rassemblement à la préfecture. C’est complémentaire avec la mobilisation nationale impulsée par les présidents et conseils d’administration des missions locales notamment pour mobiliser les élus contre cette baisse.

    Quelles conséquences de ces baisses ?

    C.F. : Les premiers touchés seront les jeunes et les salariés des missions locales. On estime à 13 000 jeunes qui seront peu, mal ou pas accompagnés, seulement pour notre région si ce budget passe. Ce sont aussi 120 emplois menacés. Et donc des points d’accueil qui vont fermer ou qui seront moins longtemps ouverts.

    Quelle est votre analyse de cette politique de l’emploi ?

    C.F. : Il y a quelque chose d’antinomique. Il y a trois ans, le Président a fait une loi du plein-emploi et donne des moyens et des mesures pour l’accompagnement des jeunes. Les missions locales ont donc recruté, accueilli beaucoup plus de jeunes. Mais depuis, les financements diminuent ! Alors qu’on est au moment où on en a le plus besoin : le chômage remonte, et c’est celui des jeunes qui remonte le plus fort, avec plus de 20% sur un an.

    Pourtant, vous défendez un modèle d’accompagnement bien spécifique…

    C.F. : Nous sommes un exemple de décentralisation. Nous avons une mission de service public de proximité qui répond aux besoins des jeunes et aux exigences des territoires. Je rappelle qu’on travaille avec 12 000 entreprises dans la région pour les jeunes, nous sommes donc aussi une forme de développement économique. Il faut aussi avoir en tête qu’on propose un accompagnement global. Parfois, avant de parler d’emploi à un jeune, il faut qu’on parle de mobilité, de logement, de santé, de famille. On a une série de dispositifs qui aident à avoir une certaine autonomie, laquelle participe à l’entrée dans le monde du travail. On fait un travail de formation citoyenne, et même plus : culturelle, civique… Nous ne sommes pas une structure d’emploi bis de France Travail. On a une certaine vision de l’emploi pour les jeunes.

    Au niveau du calendrier parlementaire, il y a encore de l’espoir d’amoindrir la baisse prévue ?

    C.F. : Il y a une forte mobilisation des parlementaires, grâce à notre pression, et un certain nombre d’amendements, qui ont été retenus en commission des finances contre cette baisse. Et ça a été relativement transpartisan. Il y a donc des chances.

  • Gilets jaunes dans le Var : une mémoire vive et des voix qui refusent de se taire

    Gilets jaunes dans le Var : une mémoire vive et des voix qui refusent de se taire

    « Nous sommes là pour montrer que le mouvement, certes affaibli, est toujours actif et ce sur plusieurs fronts », commence Pierre, en pointant par exemple le combat mené pour la gratuité des parkings dans les établissements de santé. Mais aussi leur participation dans des listes citoyennes pour les prochaines élections municipales.

    En tout cas tout le monde est content de se retrouver en ce début de week-end sur ce rond-point qui a abrité des mois durant leur mobilisation sans faille. Et ce même si le bilan est contrasté.

    Pour mémoire dès les premières d’action en novembre 2018, les Gilets jaunes varois occupent le terrain en masse. Salariés, retraités, travailleurs indépendants, chômeurs… tous unis par le sentiment d’un coût de la vie devenu insupportable.

    Même si les grandes mobilisations du samedi ont vécu, des collectifs locaux continuent de fonctionner, organisant des réunions ponctuelles, des actions de solidarité, et participant aux mouvements sociaux lors des grandes manifestations contre la réformes des retraites notamment.

    Entre nostalgie

    et détermination

    Ils évoquent chacun avec leurs mots le lien humain, si rare et si puissant, qui s’est noué au cœur de l’hiver 2018. Pour autant, ils ne veulent pas faire de ce septième anniversaire un rassemblement d’anciens combattants se remémorant les grands moments de camaraderie mais bien continuer de mettre en avant l’urgence sociale et de réfléchir à leur capacité à se remettre en ordre de bataille.

    « On avait raison, écrivez-le ça ! C’est important. Alors que beaucoup nous traitait de complotistes », affirme celle que tout le monde ici appelle Makry, pour Marie-Christine, en expliquant que les raisons qui les avaient poussés à se révolter n’ont pas changé. « C’est même pire aujourd’hui. On est vraiment tombé encore beaucoup plus bas que ce qu’on pensait », ajoute-t-elle. Et de poursuivre : « On demande toujours de pouvoir terminer le mois, se soigner. Rien n’a été réglé, au contraire. » Pour l’ancienne chef d’entreprise « ça ne peut que repartir » puisque « le ras-le-bol » et « la colère » sont là.

    Un peu plus loin, Laurence pense elle aussi que tous les facteurs sont réunis. Mais, pour elle « les gens ne sont pas encore assez motivés » pour franchir à nouveau le cap. « Ils nous klaxonnent, ils nous soutiennent, mais ils ne sont pas prêts à descendre dans la rue, à faire des actions », confirme Maria. « J’espère de tout mon cœur que ça arrivera parce que j’ai 70 ans et que je n’ai pas l’intention de terminer ma vie sur un rond-point », reprend Makla. « C’est vrai qu’on aimerait bien qu’ils se bougent un peu plus. On voit quand il y a des matchs de foot, de rugby, ils sont tous là à crier, et puis pour des bonnes causes, ils restent à la maison ! », déplorent Pierrette et Mariline.

    En tout cas tout le monde promet de continuer à se battre dans l’ombre ou au sein du mouvement associatif pour promouvoir un avenir meilleur.

  • Postes rurales : les maires du Gard montent au créneau

    Postes rurales : les maires du Gard montent au créneau

    L’Association des maires et des présidents d’EPCI du Gard (AMF30) tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué publié le 4 novembre, elle exprime sa « vive inquiétude » face à la réduction annoncée du financement de la présence postale territoriale dans le projet de loi de finances 2026.

    Le 6e contrat de présence postale territoriale, signé en février 2023 entre l’État, La Poste et l’Association des maires de France (AMF), devait garantir 174 millions d’euros pour assurer le maintien du réseau postal sur tout le territoire. Mais cette enveloppe risque d’être rabotée à 122 millions d’euros, selon les projections budgétaires. Cette chute s’explique par deux baisses conjuguées : la dotation annuelle de l’État passerait de 120 à 76 millions d’euros, et le produit des abattements fiscaux de La Poste (CFE, CVAE, taxe foncière) tomberait à 46 millions, contre 54 millions prévus.

    La fin d’un maillage

    postal équilibré ?

    « Cette baisse compromettrait le financement des agences postales communales, intercommunales et des relais commerçants », alerte l’AMF30. Des structures pourtant au cœur de la vie des villages, assurant les services postaux, mais aussi un lien social indispensable. Les commissions départementales, chargées d’adapter localement le service, seraient elles aussi privées de moyens d’action suffisants. Pour Philippe Ribot, président de l’AMF30, l’enjeu dépasse le seul cadre budgétaire : « Sans rétablissement des crédits à 174 millions d’euros, c’est la mise en œuvre du contrat de 2023 qui serait menacée, et avec elle la cohésion de nos territoires ». L’association appelle désormais les parlementaires gardois à se mobiliser dans les débats budgétaires pour maintenir ce financement intégral. A.J

  • La Poste : le licenciement pour désorganisation ne passe pas

    La Poste : le licenciement pour désorganisation ne passe pas

    Après une grève massive, le 4 novembre, contre le licenciement « pour désorganisation » de Gaëtan, facteur du 5e arrondissement de Marseille, la CGT se remobilisait, ce vendredi, toujours en soutien au travailleur. Et l’organisation syndicale est venue avec un paquet d’arguments pour faire « reconnaître l’erreur » de l’entreprise, alors qu’un CSE se déroulait le jour même.

    Elle a notamment présenté une délibération « votée par l’ensemble des élus du CSE », qui réclame « une réintégration des agents licenciés pour le motif de désorganisation de service ». « On demande un plus strict contrôle et un regard des instances représentatives sur ces procédures », explique Karim Bouzana, délégué CGT AP 13.

    Pour rappel, Gaëtan, facteur aux 20 années de service à son compteur, a été licencié pour ce motif pour le moins étonnant. La CGT estime à plusieurs dizaines ce type de procédures dans la région. « On a aussi remis à la direction une partie des dizaines de pétitions signées par les personnels pour sa réintégration. Il y a aussi une cagnotte qui a été lancée par des usagers pour le soutenir », poursuit Éric Chenais, responsable CGT. Autant de points qui vont « à l’encontre des arguments de La Poste qui affirme qu’il est toujours malade et qu’il désorganise le service ». « Les usagers disent au contraire qu’ils étaient contents de son service et qu’ils le voyaient souvent », développe le responsable.

    Préavis de grève pour

    la semaine prochaine

    Sollicitée, La Poste maintient d’ailleurs la même position adoptée depuis le début de l’affaire : « Le licenciement pour désorganisation de l’entreprise est une procédure juridiquement encadrée. Un employeur peut procéder à un tel licenciement pour motif personnel non disciplinaire lorsque les absences, même justifiées par l’état de santé, désorganisent l’entreprise et imposent le recrutement définitif d’un remplaçant. »

    Chacun jugera de la pertinence de telles justifications pour le service public postal, au plus de 230 000 salariés dans le pays. Reste qu’elle affirme que « toute décision d’engager une procédure de licenciement est prise collégialement après un examen rigoureux des éléments objectifs qui fondent un licenciement sur une cause réelle et sérieuse et reste exceptionnelle ». Quoi qu’il en soit, la CGT a « demandé à ce qu’une délégation soit reçue » et a quitté le CSE suite au refus de la demande, de même que les élus de SUD PTT. Et a déposé un préavis de grève pour la semaine prochaine.

  • Des locataires en détresse sociale et financière à Toulon

    Des locataires en détresse sociale et financière à Toulon

    Des locataires de Toulon Habitat Méditerranée (THM) pourraient voir leurs allocations logement suspendues en raison d’un reliquat d’impayés de charges locatives, alerte l’Indecosa CGT. L’an dernier, ils ont été assommé par une impressionnante régularisation de ces charges, atteignant pour certains un montant de plus de 1 500 euros. L’apurement de la dette a été étalé dans le temps.

    « Ils en effet ont reçu un courrier les enjoignant à contacter leur bailleur pour établir des dossiers FSL (Fonds de solidarité logement), alors qu’ils ne sont pas, pour la plupart, en impayé de loyers », explique André Cheinet, le président de l’association de défense des consommateurs.

    Une menace jugée particulièrement injuste par l’Indecosa CGT. D’autant que le montant de ces charges a explosé et que « les prestations fournies sont loin d’être à la hauteur », souligne Zohra Sidi Dris. Une population déjà très fragilisée et particulièrement touchée par la dégradation générale du pouvoir d’achat.

    Les militants dénoncent également un manque de transparence sur le calcul de répartition de ces charges. « Tout cela pèse décidément trop lourd sur les plus démunis », insiste Jean-Luc Trinel.

    « Éviter la dérive sociale

    et financière »

    André Cheinet poursuit : « Le logement est en crise. Toutes les associations le disent. Donc, on interpelle les politiques en leur disant qu’il n’est pas possible de rester sans réaction face aux difficultés de ces locataires. » Complètement débordés par les augmentations auxquelles ils n’arrivent pas à faire face, « les gens sont en détresse, certains paniquent face aux risques de perdre leur logement », ajoute Zohra.

    Face à cette urgence sociale, l’Indecosa CGT appelle les élus et pouvoirs publics à réagir : « Nous leur demandons de prendre des dispositions pour la mise en place urgente d’une aide, à titre exceptionnel, pour soulager ces locataires et leur éviter la dérive sociale et financière qu’entraînerait la suppression de leur aide au logement. » L’appel, sous forme de lettre ouverte, est lancé. « S’ils répondent favorablement, on ne pourra que les remercier d’avoir entendu la détresse des locataires, sinon ils s’en souviendront », conclut Zohra Sidi Dris.

  • Vers la fin des Ateliers des cheminots à Béziers ?

    Vers la fin des Ateliers des cheminots à Béziers ?

    C’est une nouvelle bataille que s’apprêtent à mener les cheminots de Béziers dans la longue lutte qui les oppose à la direction de la SNCF concernant les Ateliers de maintenance. Depuis 1993, ces derniers se sont lancés corps et âme dans ce combat pour éviter la fermeture du dernier dépôt présent dans la cité de Paul Riquet. Dernier épisode en date le 23 octobre, lors d’une audience au niveau national entre la CGT et les directions des différentes entités de la SNCF implantées sur le site biterrois. « Déjà, en avril dernier, le jour de notre congrès, notre directeur nous avait fait part de sa volonté de transférer le site. Il y a eu ensuite plusieurs interpellations du syndicat et on a décidé de monter au niveau national pour avoir la vérité. Tous les directeurs nationaux de chaque activité nous l’ont confirmé : il n’y aura pas d’avenir pour Béziers, le site fermera dans trois ans », soupire Nicolas Midague, secrétaire général CGT des cheminots de Béziers.

    Quitte à laisser à quai les 40 salariés encore présents sur le dépôt. Surtout, la CGT dénonce l’absence d’arguments de la direction pour justifier cette décision. « J’étais à l’audience, je leur ai posé trois fois la question : “Pourquoi ferme-t-on ?” Personne ne nous répond », se désole Nicolas Midague. Les raisons économiques ne sont jamais très loin. « Ça fait des années qu’ils veulent fermer. Les anciens commencent à partir, on a trois ou quatre départs avant la fin de l’année. Ils ne seront pas remplacés alors que l’entreprise prend des agents intérimaires, des agents en mission. Il y a encore des gens. Mais on vide petit à petit jusqu’au jour où ils nous diront qu’économiquement, ce n’est plus viable », observe le cheminot.

    De réels besoins

    Une véritable casse organisée. Pourtant, à en croire les syndiqués, les Ateliers peuvent encore être développés. « Il y a une activité de maintenance industrielle que l’on veut garder car il y a des pièces à réparer sur des locomotives. Aussi, on propose de développer le site puisqu’on a un triage et qu’il n’y a plus de fret, mais il y a besoin au niveau régional d’avoir un centre de maintenance supplémentaire. La Région Occitanie vient de commander 18 nouvelles rames, il va falloir les entretenir. Donc on dit : le site de Béziers est prêt à recevoir un centre de maintenance régional », soutient Nicolas Midague. Ce qui permettrait de soulager les centres de maintenance régionaux existants – Toulouse et Nîmes – mais aussi la demande nationale, à l’heure où le développement du train est affiché comme un objectif de transition écologique.

    Malgré ces besoins, la direction fait la sourde oreille. « Pour l’instant, les études [pour l’implantation d’un troisième centre de maintenance] ne sont menées que sur le site de Narbonne ou sur le site de Nîmes mais il faut un lieu central, comme Béziers. De plus, l’implantation à Narbonne nécessiterait des travaux deux fois plus coûteux qu’à Béziers », souligne Nicolas Midague.

    Dans cet ultime bras de fer qui s’annonce, les salariés ne sont pas prêts à abandonner le combat. Plusieurs actions sont à l’étude. « Le 4 décembre, le député LFI Béranger Cernon, qui était cheminot, viendra nous voir sur le site, le visiter et porter nos projets », fait valoir le secrétaire des cheminots biterrois. Trente-deux ans après, la lutte n’est pas près de s’essouffler.

  • Les agents des cimetières de Marseille au tribunal

    Les agents des cimetières de Marseille au tribunal

    Un boucan à réveiller les morts. Ce mercredi matin, devant le tribunal administratif de Marseille, la CGT n’a pas lésiné sur la sono et les fumigènes pour défendre les agents des cimetières de Marseille. Ces derniers contestent les sanctions reçues suite à une série de scandales sur fond de différents manquements, allant de la présence d’alcool sur le lieu de travail à des corps perdus ou entassés dans des sacs-poubelle, en passant par des soupçons de trafic de dents en or et de ferraille. Quatre ont été révoqués et mis à la retraite d’office, le dernier ayant été suspendu pendant deux ans, en avril 2024.

    In fine, l’audience posait la question de la responsabilité des « dysfonctionnements » dans le service funéraire de la Ville de Marseille. La CGT jugeant qu’ils sont « les boucs émissaires » d’un service acculé par les « carences et manques de moyens ». Quand la Ville de Marseille défend des sanctions justifiées et proportionnées au regard des fautes constatées. Notons qu’une enquête administrative a été rendue, en juillet 2024, et détaille la situation plus que tendue dans le service, entre manquements déontologiques et manque global de formation au droit funéraire. Si la CGT a fait entendre ses arguments avec force devant le tribunal, une décision sera rendue le 3 décembre prochain.

    Le rapporteur public a analysé les situations au cas par cas, mais il arrive globalement à des conclusions similaires pour les cinq agents : il préconise le rejet de toutes les demandes d’annulation de sanctions et de réintégration dans le service. Il juge, comme la Ville, que les sanctions sont « proportionnées ». Il rappelle que « certains faits constatés étaient susceptibles de qualification pénale », mais note également que le « trafic de dents en or ne semble pas établi ». Même principe pour le supposé trafic de ferraille, où il n’y a « pas d’éléments suffisants » pour l’établir. Reste qu’il précise également que d’autres « manquements sont établis ». Et notamment les diverses négligences et le manque de respect pour les défunts.

    Des « défaillances structurelles » ?

    Par exemple, pour le coordinateur des fossoyeurs, le rapporteur estime qu’il « ne pouvait ignorer les dysfonctionnements et qu’il n’a pas averti sa hiérarchie ». Le tout aboutissant à « des manquements répétés dans la considération pour les défunts ». Pour un autre agent, il relève « des négligences dans ses fonctions » et juge que les « arguments du manque d’organisation ne sont pas convaincants ». L’absence de tenue d’un registre de consignation des corps revient comme grief.

    Autant dire que Me Shirley Leturcq, avocate qui défendait trois agents via la CGT, n’était pas vraiment de son avis. Elle a rappelé « une situation effective d’encombrement » dans les concessions marseillaises et que « les agents ne savaient plus où déposer les corps ». Et de questionner : « Pourquoi l’on cristallise sur ce service ? (…) La division fossoyage n’agit jamais de sa propre initiative. » Sur l’absence de tenue de registre comme la supposée l’absence d’alerte de la part des agents, elle répond que « les problématiques étaient connues publiquement dès 2018 », en renvoyant à divers articles de presse et alertes lancées en interne. Et pointe un paradoxe : « La situation était parfaitement publique, mais ça serait des agents de catégorie C qui devait la faire remonter ? » Avant de développer : « Ce sont les agents eux-mêmes qui ont dit qu’il n’y avait pas de registres. » Elle pointe surtout « des dysfonctionnements beaucoup plus larges », en citant l’enquête administrative sur les « défaillances structurelles du service ». Reste à savoir si cela a convaincu la justice administrative.

  • La CGT Territoriaux conteste les sanctions des agents des cimetières

    La CGT Territoriaux conteste les sanctions des agents des cimetières

    « On a condamné ces agents pour protéger un système », tonne Mikael Casanova, secrétaire général de la CGT Territoriaux de la Ville de Marseille. Son organisation appelle à la grève et à un rassemblement, ce mercredi, devant le tribunal administratif. Lieu où seront contestées les sanctions prises à l’encontre de cinq agents des cimetières, quatre révoqués et mis en retraite d’office, le dernier exclu des services pour une durée de 2 ans. Le tout, suite à des alertes portant sur d’importants « dysfonctionnements » dans le pôle des opérations funéraires de Marseille.

    Un rapport d’enquête administrative, en date de juillet 2024, que nous avons pu consulter, relate les faits reprochés aux agents : ils vont de la présence d’alcool sur le lieu de travail à la « présence de sacs-poubelles avec des corps sans identification dans l’ossuaire » ou encore la « présence d’ossements dans les reliquaires sans identification ». Ils ont même été soupçonnés de trafic d’or via le vol de dents. Des faits que conteste la CGT. « Il n’y a pas de trafic de dents en or. On ne nie pas toutes les fautes mais il faut les mettre au regard d’un manque d’organisation, de moyens et de formation. On s’en prend aux mauvais agents, aux exécutants », défend Mikael Casanova.

    « Des problèmes systémiques »

    Il prend l’exemple des corps dans les sacs-poubelles : « Ce ne sont pas les agents qui se sont réveillés un matin et ont mis des corps dedans. Ces sacs étaient fournis par la Ville, il y avait des consignes. » En clair, l’organisation syndicale évoque « des problèmes systémiques, une gestion défaillante » et rappelle qu’elle alertait également « depuis 2018 » sur le sujet.

    Contactée, la Ville de Marseille explique maintenir ses positions en vue de l’audience : « Les sanctions prises sont appropriées et proportionnées au regard des fautes extrêmement graves relevées. » La commune cite des « atteintes à la dignité humaine » et « une situation catastrophique ». Elle reconnaît également des « problématiques systémiques » dans le service, mais affirme s’y être attaquée avec une série de mesures pour « améliorer les conditions de travail des agents ». La Ville pointe « l’acquisition de nouveaux équipements, la réorganisation du service avec le renouvellement des cadres, le recrutement d’un nouveau directeur dès 2022… ». Et de conclure : « C’est le droit des agents de faire appel des sanctions, la Ville suivra la décision de justice, mais il y a la volonté que cette situation ne puisse plus se reproduire, d’un point de vue organisationnel comme individuel. »