Category: social

  • Dans l’Aveyron, deux entreprises annoncées sur l’ancien site de la SAM

    Dans l’Aveyron, deux entreprises annoncées sur l’ancien site de la SAM

    C’était une promesse de la présidente de la Région Occitanie. Il y a cinq ans, en avril 2021, alors que la Société aveyronnaise de métallurgie (SAM) fermait ses portes, un crève-cœur pour le bassin d’emploi de Decazeville, fortement impacté par la désindustrialisation, la socialiste Carole Delga se lançait dans une bataille afin de rouvrir l’usine.

    « Ici, nous avons subi beaucoup de fermetures. Il y a eu les mines, la sidérurgie puis les 3 330 emplois de la SAM », raconte Pascal Mazet, conseiller régional PCF de la majorité et également élu à Vivez, où est implanté le site. Alors l’annonce, le 27 mai, de l’arrivée, fin 2026 de Matière, spécialisé dans la fabrication de pylônes électriques et fin 2027 de Paragon-ID, société britannique de production de puces de traçabilité, est perçue comme une bouffée d’oxygène.

    375 emplois annoncés

    375 emplois sont annoncés pour 2032. « C’est intéressant pour le territoire : nous perdons des habitants, là nous allons en attirer. Sans parler des emplois indirects : quand il y a des salaires, les gens consomment dans les commerces. Tout le monde est gagnant », fait valoir Pascal Mazet.

    Aux côtés de ces deux industries tournées vers des technologies d’avenir, la Région Occitanie entend construire un hôtel PME afin d’attirer d’autres entreprises sur le site, plus de la moitié du foncier étant encore disponible. Ces implantations d’entreprises montrent que la réindustrialisation reste possible dans l’Hexagone. Car, comme souvent, la puissance publique a été le moteur de l’opération. 11 millions d’euros ont été mobilisés par la collectivité socialiste pour le rachat, la dépollution et la réhabilitation du site et une trentaine de millions sont prévus pour la construction des futurs bâtiments, pour un montant total compris entre 45 et 50 millions d’euros. « Cela montre qu’avec de la volonté, on peut le faire. Le problème est le manque de conviction de l’État. Par exemple nous avons fait le choix de faire le train à 1 euro, si bien que de plus en plus de monde le prend. La SNCF aurait pu faire le même choix. Pour l’industrie, c’est pareil. Si la SAM a fermé, c’est l’État qui n’était pas intéressé et préférait que les fonderies partent à l’étranger. La réindustrialisation du pays se fait avec des actes, pas des mots », fait valoir Pascal Mazet.

  • La Croix-Rouge inaugure un nouveau lieu dédié à la solidarité à Marseille

    La Croix-Rouge inaugure un nouveau lieu dédié à la solidarité à Marseille

    Vous venez amener des dons ? », demande Awéna, bénévole depuis neuf mois. Un couple vient déposer un siège auto et des vêtements. Même le jour de l’inauguration, la boutique solidaire de la Croix-Rouge ne désemplit pas. Ouvert depuis octobre dernier, ce concept est unique dans la région car il réunit dans un même lieu une épicerie solidaire, du textile de seconde main, mais aussi des espaces d’accueil, d’écoute et de formation. Ce Carrefour des solidarités a déjà accueilli plus de 9 000 personnes.

    Parmi elles, Eliane, 87 ans, habitante du quartier. Elle pousse la porte de la boutique pratiquement tous les jours : « J’adore cet endroit et je trouve toujours mon bonheur. Il y a aussi l’avantage qu’ici, tout le monde est sympathique », sourit-elle.

    Entre les portants et les réfrigérateurs, des t-shirts et gilets rouges, brodés « la Croix-Rouge », s’activent. Au total, ce sont 400 bénévoles qui aident des personnes en situation de précarité. Awéna travaille aujourd’hui à la partie textile. « Les clients ne viennent pas uniquement pour acheter ou pour donner, ils viennent aussi pour parler. On a l’impression que ça leur fait du bien », décrit-elle, en triant des chemisiers. à ses côtés, son fils de 13 ans, Imad, est également bénévole : « J’ai appris le fonctionnement de la caisse. J’aimerais continuer à être bénévole plus tard, ça me plaît d’aider les gens. »

    Contribuer à une vie meilleure

    Le choix du quartier du Camas n’est pas anodin : « On cherchait un endroit accessible par les transports en commun. L’objectif était de concentrer tous les services sur un même lieu, pour que les gens n’aient pas besoin de traverser la ville », explique Stéphane Lemonnier, président de l’unité locale de Marseille.

    D’une superficie totale de 300m2, ce concept de boutique comprend aussi un service de microcrédit, en partenariat avec la Caisse d’épargne. « Il permet de donner un coup de pouce. La plupart du temps, les personnes ne savent pas qu’ils en sont bénéficiaires, alors on les accompagne », ajoute Stéphane Lemonnier. Une permanence pour lutter contre la précarité énergétique, en partenariat avec EDF, est également mise en place, ce qui a permis à l’association d’obtenir un chèque de 20 000 euros d’aides.

    à Marseille, le taux de pauvreté peut atteindre 25%, selon Isabelle Epaillard, préfète déléguée à l’égalité des chances, qui n’a pas manqué de saluer le travail des bénévoles. Et d’aller plus loin : « La question du logement est préoccupante. Environ 7 000 personnes dorment dans des centres d’hébergement ou des hôtels. » En 2025, la Croix-Rouge de Marseille a distribué 89 tonnes de produits à 41 000 personnes dans le besoin.

  • Les salariés de Decathlon veulent leur juste part

    Les salariés de Decathlon veulent leur juste part

    Une entreprise « à fond la forme », mais on ne peut pas en dire autant du dialogue social… Comme un peu partout en France, à l’appel d’une intersyndicale CFDT-CFTC-CGT-CFE-CGC-Unsa, les salariés des 14 magasins Decathlon des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse se sont mobilisés, ce samedi 6 juin, pour réclamer une hausse de salaire et ont convergé devant le magasin de Bouc-Bel-Air, le siège régional de l’entreprise.

    « Les bénéfices sont énormes. Encore cette année, le premier semestre est très positif. Les équipes sont super engagées et pourtant, on n’a plus de primes, plus de valorisation de salaire », dénonce Luca Antonellini, délégué syndical Unsa pour Decathlon Marseille-Vaucluse. De fait, l’entreprise affiche une santé de fer. En avril, Decathlon a annoncé avoir dégagé un bénéfice net en hausse de 16% en 2025, à 910 millions d’euros, et réalisé un chiffre d’affaires de 16,8 milliards, en progression de 4%. Pas moins d’un milliard d’euros de dividendes ont été reversés, fin 2024, aux 1 000 membres de la famille Mulliez, propriétaire du groupe, et ce sera presque autant cette année, estiment les syndicats.

    Avec une grille des salaires très ramassée, du Smic à moins de 3 000 euros bruts pour les cadres, les rémunérations ne sont pas au niveau, jugent les syndicats. « Quelqu’un qui a dix ans d’expérience se retrouve payé presque comme un nouveau qui entre », résume Laurent Curti, délégué syndical CGT à l’entrepôt d’Ensuès-la-Redonne, qui alimente les magasins de la zone, mais aussi de Rhône-Alpes. « On tourne 7 jours sur 7, on nous en demande toujours plus avec des responsabilités supplémentaires, et en contrepartie, on a de moins en moins », déplore-t-il, du haut de ses plus de 30 ans de boîte.

    Une pétition de soutien

    Les affaires marchent au point qu’un camion, voire deux, de 4 à 12 000 articles, déballe chaque jour sa cargaison au magasin de Bouc-Bel-Air, précise Juliette, vendeuse, également syndiquée CGT.

    Pourtant, les demandes de négociations sont restées pour le moment lettre morte, ajoute Matthieu Wolle, représentant CFDT : « Dans un courriel, la direction nous a opposé une fin de non-recevoir au nom de l’équilibre financier, technologique de l’entreprise et pour continuer à investir dans les magasins. » Et de déplorer un dialogue social « rude depuis 5 ou 6 ans ».

    Pourtant, « c’est bien sur nous, vendeurs, qu’ils capitalisent leur image aussi », rappelle l’un d’entre eux. Alors que l’enseigne va fêter ses 50 ans cette année, pour l’occasion, « on nous a promis une paire de baskets et un tee-shirt », ironise un autre. C’est aussi l’anniversaire du magasin de Bouc-Bel-Air, « happy birthday », se marre une troisième.

    Sur le parvis du magasin, les clients, peu nombreux, apportent quasiment tous leur soutien. « Franchement, c’est eux qui font le boulot, ils ne comptent pas leurs heures et l’entreprise va bien. Il faut partager les richesses », estiment Marlène et Muriel, chargées de sacs. En tenue de course, Lydie est aussi de « tout cœur avec eux ». Près de 1 400 personnes ont signé la pétition nationale lancée par les syndicats. À l’abri du cagnard, les grévistes réfléchissent déjà à l’après. Un « CE central doit se tenir, ce jeudi, on va voir un peu ce qu’on va faire », précise Luca Antonellini. Un rassemblement est déjà prévu dans les entrepôts, dont celui d’Ensuès, ce lundi 8 juin tôt le matin.

    Contactée, la direction a assuré que « le dialogue social chez Decathlon se déroule de manière continue », s’appuyant « sur des rendez-vous réguliers avec les partenaires sociaux pour mener l’ensemble des négociations de l’année ». Et précise que « depuis ce [samedi] matin, 99% de nos 324 magasins en France sont bien disponibles pour [les] clients ». Grâce aux cadres et CDD mobilisés pour l’occasion…

  • [Entretien] Romain Pitelet, CGT cheminots : « Nous sommes à la SNCF dans un état d’urgence sanitaire »

    [Entretien] Romain Pitelet, CGT cheminots : « Nous sommes à la SNCF dans un état d’urgence sanitaire »

    La Marseillaise : Vous appelez les cheminots à la grève, ce mercredi 10 juin, avec un mouvement unitaire. Quel a été le déclencheur ?

    Romain Pitelet : Nous observons une dégradation de plus en plus visible de la situation sociale et sanitaire de l’ensemble des cheminots à la SNCF. Depuis plusieurs années, ils subissent des réorganisations importantes, des déstructurations des collectifs de travail, une diminution de plus en plus forte des moyens. Cela amène à des tensions, auxquelles s’ajoute le désengagement de l’État sur la question du ferroviaire. Et il y a la question de l’ouverture à la concurrence, de la filialisation, du transfert de personnels, qui sont des épreuves pour les salariés. Cela amène à un climat de souffrance extrêmement fort, qui dure depuis plusieurs mois. Au fil des combats locaux, des mobilisations de proximité, que ce soit pour défendre une gare, une ligne, des emplois, des conditions de travail, petit à petit, il y a une colère qui monte de plus en plus, partagée par l’ensemble des organisations syndicales qui, depuis des mois, interpellent la direction de la SNCF. À cette heure, le peu de réponses apportées ne suffisent pas à régler la situation. Nous sommes dans un état d’urgence sanitaire extrêmement préoccupant.

    Comment se manifeste cette urgence sanitaire au quotidien ?

    R.P. : Cela s’exprime de la manière la plus dramatique. Le sujet des suicides a fait la Une de l’actualité [douze suicides de cheminots ont été recensés en quatre mois au début de l’année, Ndlr.], mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg. La situation est grave aussi bien chez les employés, les ouvriers, les agents de maîtrise, que chez les cadres, y compris supérieurs. Nous ne nous retrouvons plus dans la politique menée dans l’entreprise SNCF et, plus globalement, dans l’ensemble des entreprises de la branche ferroviaire. Les statistiques internes montrent une hausse des arrêts de travail, une hausse des risques psychosociaux, une augmentation des burn-out… De nombreux cheminots, y compris de l’encadrement, viennent nous voir et font état de situations totalement folles dans leur quotidien, ils font et défont leur travail en permanence, ou sont placardisés… Nous sommes dans une situation qui rappelle les processus qui ont eu lieu dans d’autres entreprises, qui ont amené à des drames. Nous ne voulons pas en arriver là. Nous avons alerté à de multiples reprises la direction de la SNCF sur des mesures d’urgence, avec un moratoire sur l’ensemble de ces réorganisations, l’arrêt de la concurrence. Et il y a la question salariale, exacerbée par le retard de paiement du travail des cheminots depuis plusieurs années, pas à la hauteur de la reconnaissance de leurs qualifications.

    Pourquoi la SNCF pousse-t-elle ces réorganisations ?

    R.P. : La plupart du temps, il s’agit d’accroître la productivité non pas pour améliorer le service – on voit le service public se dégrader – mais pour une raison simple : la SNCF se met en disposition pour pouvoir répondre à des appels d’offres. Donc il faut saucissonner, étanchéifier un certain nombre de sujets de production et pressurer les cheminots pour qu’il y ait des bénéfices sortis. Le système libéral amène jusqu’à tenter de sacrifier un certain nombre de sujets de sécurité, un élément fondamental du métier de cheminot.

    Quels sont ces risques pour la sécurité ?

    R.P. : Cela peut-être des sujets réglementaires : essayer de rogner des repos, allonger de manière forcée le temps de travail, rogner sur la question de la formation professionnelle. Nous embauchons beaucoup à la SNCF, mais conduire des trains, entretenir des voies, faire un poste d’aiguillage, être sur les quais demande une connaissance très fine du milieu ferroviaire. C’est un milieu dangereux et donc il faut une formation extrêmement solide. Les signes envoyés vont en permanence vers un rabougrissement de cette formation, pour des questions de coûts. On le voit dans toutes les entreprises du ferroviaire, avec des tentatives de formations de conducteurs en cinq mois, alors que notre critère, ce sont des formations de douze mois. C’est extrêmement dangereux pour la cohérence de l’ensemble du système.

    Vous parliez de l’ouverture à la concurrence du rail. Quelles conséquences observez-vous ?

    R.P. : Il y a le sujet de la gabegie financière. Le comité central d’entreprise a diligenté une expertise sur les surcoûts de la concurrence. Ce document a bousculé le gouvernement et les directions d’entreprises parce qu’il montre un système absurde de mise en concurrence dans un système qui doit être intégré. Oui, la concurrence coûte plus cher que de maintenir une entreprise publique intégrée. Le deuxième aspect, c’est sur la qualité du service : en rabougrissant les moyens, on ferme une gare, des dessertes, on met en danger des lignes qui pourraient faire circuler des trains. Dans le centre de la France, autour de Limoges, les associations d’usagers, avec la CGT cheminots, font de multiples initiatives parce que, bientôt, il n’y aura plus de train dans le Limousin. Et il y a le quotidien, le prix du billet qui s’envole parce qu’il faut que la machine à cash fonctionne à plein, que ce soit à la SNCF ou pour les autres entreprises. On pressure les cheminots sur les droits, on pressure les autres usagers en baissant du service : c’est ça la réalité de la concurrence.

    Il y avait déjà eu des mobilisations nationales pour le fret ferroviaire. Où en sommes-nous ?

    R.P. : Nous alertons jusqu’à la direction de la SNCF parce que nous avons des possibilités de reprendre un certain nombre de trafics, voire d’en créer de nouveaux, mais la direction de Rail et logistique Europe, l’antenne fret de la SNCF, ne se positionne pas dessus. Il faut du sérieux, les enjeux environnementaux sont importants. La bataille continue aussi sur les sites, pour le maintien des triages, des wagons, des locomotives, qu’on ne brade pas cet outil indispensable.

    Quelle mobilisation attendez-vous pour le 10 juin ?

    R.P. : Nous attendons une forte mobilisation parce qu’elle est unitaire. Les quatre organisations syndicales ont pris leurs responsabilités et il faudra qu’elles le fassent après les annonces que pourrait faire le président de la SNCF, Jean Castex. On sent une température qui monte, les initiatives, les appels locaux, complétés par les appels unitaires au niveau national créent un climat de conflit qui s’annonce extrêmement fort. Nous appelons la direction de la SNCF à nous recevoir le plus rapidement possible pour que nous puissions avoir de réelles négociations. Sur les points portés par les organisations syndicales, nous avons des propositions, nous sommes ouverts à la discussion et nous pouvons avancer rapidement sur un certain nombre de sujets, pour régler la situation.

    Quelles propositions mettez-vous sur la table ?

    R.P. : Sur les questions de salaires, on ne peut pas se contenter de primes. Il y a aussi les questions de formation, du maintien des droits des cheminots qui sont transférés, et le maintien de l’unicité de l’entreprise qui doit perdurer. C’est un outil public dont on va tous avoir de plus en plus besoin dans les années à venir. Nous ne voulons pas hypothéquer l’avenir, contrairement à ce que certains veulent faire. Mais, aujourd’hui, l’urgence, c’est la situation sanitaire des cheminots, leurs conditions de travail, que l’on remette le sens du travail au cœur des discussions.

  • Des salariés en colère devant Decathlon à Bouc-Bel-Air

    Des salariés en colère devant Decathlon à Bouc-Bel-Air

    Ils veulent leur « part du gâteau ». Alors qu’en avril, Decathlon a annoncé avoir dégagé un bénéfice net en hausse de 16% en 2025, à 910 millions d’euros, et réalisé un chiffre d’affaires de 16,8 milliards, en progression de 4%, les salariés des magasins des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse se sont réunis en intersyndicale CFDT-CFTC-CGT-CFE-CGC-Unsa, ce samedi 6 juin, devant le village Decathlon de Bouc-Bel-Air, le siège régional, pour réclamer des hausses de salaires.

    « Si le Smic augmente, nos salaires ne progressent plus, les fins de mois sont de plus en plus difficiles et Decathlon ne suit plus, alors que les bénéfices sont énormes », explique Luca Antonellini, délégué syndical Unsa, tandis que ces collègues distribuent des tracts aux clients venus faire leurs emplettes.

    Avec une grille des salaires très ramassée, du Smic brut à moins de 3000 euros brut pour les cadres, les rémunérations ne sont pas au niveau, estiment les syndicats. « Quelqu’un qui a dix ans d’expérience se retrouve payé peu ou prou comme un nouveau qui entre », résume Laurent Curti, délégué syndical CGT à l’entrepôt d’Ensuès-la-Redonne, qui alimente les 14 magasins de la zone mais aussi de Rhône-Alpes. «On tourne 7 jours sur 7, on nous en demande toujours plus avec en contrepartie de moins en moins ».

    Les demandes de négociations sont restées pour le moment lettre morte, ajoute Matthieu Wolle, représentant CFDT : « Dans un courriel, la direction nous a opposé une fin de non recevoir au nom de l’équilibre financier, technologique de l’entreprise et pour continuer à investir dans les magasins. » Et de déplorer un dialogue social « difficile depuis 5 ou 6 ans. »

    Des débrayages ont également eu lieu partout en France, un entrepôt de logistique ayant même fermé ses portes, à Caen, ont affirmé les grévistes. Decathlon compte environ 750 salariés dans les deux départements, 230 000 dans le pays.

    Contactée, la direction a assuré que « le dialogue social chez Decathlon se déroule de manière continue », s’appuyant « sur des rendez-vous réguliers avec les partenaires sociaux pour mener l’ensemble des négociations de l’année.» Et précise que « depuis ce [samedi] matin, 99% de nos 324 magasins en France sont bien disponibles pour [les] clients. »

    À noter que des cadres et des CDD avaient été mobilisés pour assurer la vente…

  • La FSU s’alarme des coupes budgétaires à la Métropole

    La FSU s’alarme des coupes budgétaires à la Métropole

    Le syndicat FSU des agents territoriaux de la Métropole Aix-Marseille ne veut pas que les personnels et les services à la population payent le prix du déséquilibre budgétaire de la Métropole.

    Dans un long communiqué très détaillé, le syndicat considère que « la menace » qui pèse sur les personnels et services de la Métropole pourrait se concrétiser dans le mois : le président de la Métropole devait rencontrer ce vendredi les magistrats de la Chambre régionale des comptes, ces derniers devraient délibérer et transmettre leurs préconisations au préfet pour équilibrer un budget marqué par un déficit de 123 millions d’euros de sa branche transports, tandis que le préfet devrait arrêter « un budget à l’équilibre » d’ici fin juin.

    « La première menace concerne les agents contractuels, qui pourraient être les premiers touchés par les ajustements budgétaires », estime le syndicat. La FSU s’inquiète également « des hypothèses de réduction des effectifs par le non-remplacement d’une partie des départs ». Dans ce cas de figure, « les services opérationnels seraient les premiers impactés : collecte des déchets, nettoiement, entretien et réparation des bennes », ainsi que « les services administratifs » qui subiraient eux aussi « une dégradation des conditions de travail et de leur capacité à répondre aux besoins des usagers », indique le syndicat. À ce titre, « la Ville de Marseille serait la plus impactée » car « elle dépend fortement de l’institution métropolitaine à la fois pour la collecte des déchets et pour le nettoiement. Toute réduction significative des moyens humains aurait des conséquences directes sur la propreté et le quotidien des habitants », poursuit-il. Un tel choix serait « catastrophique pour ses habitants comme pour les agents qui assurent ces missions essentielles de service public ». Aussi, la FSU demande que « les agents ne deviennent pas la variable d’ajustement du budget métropolitain et restera pleinement mobilisée pour défendre l’emploi, les conditions de travail et la qualité du service public ». Bref, elle ne laissera pas faire.

  • Grèves à Decathlon pour un meilleur partage des bénéfices

    Grèves à Decathlon pour un meilleur partage des bénéfices

    Alors que l’enseigne prévoit de célébrer ses 50 années d’activité, les employés ne sont pas à la fête. Ils revendiquent une revalorisation des salaires pour tous.

    « Decathlon fait 910 millions de bénéfices, mais oublie ses salariés », dénoncent les syndicats Unsa-Snad, CFTC, CFDT, CGT et CFE-CGC, rappelant que « ces objectifs sont possibles grâce à l’engagement quotidien des salariés ». Depuis le 1er juin, le Smic est revalorisé de 2,41%, mais « la direction a décidé de limiter cette revalorisation aux seuls salariés concernés par le minimum légal », déplorent-ils dans le cadre d’un mouvement social national.

    Les employés de l’enseigne Decathlon à Marseille et en Vaucluse se mobilisent ce samedi 6 juin. Un rassemblement est prévu à 15h devant le magasin de Bouc-Bel-Air, accompagné d’actions variées (débrayages, grève), afin d’ouvrir des négociations concrètes sur le pouvoir d’achat. Les salariés rappellent leur attachement à l’entreprise, mais refusent d’être les oubliés des performances économiques de l’enseigne. Ils demandent l’ouverture immédiate de discussions concrètes. De même, à Ensuès-la-Redonne, un rassemblement est prévu le 8 juin devant l’entrepôt logistique. Les personnels soulignent que « l’inflation, le coût de la vie et les exigences toujours plus fortes » sont le lot de l’ensemble des salariés et revendiquent « la reconnaissance concrète du travail fourni dans les entrepôts et plateformes logistiques, ainsi que des NAO à la hauteur des résultats exceptionnels de l’entreprise ».

    50 ans d’activité

    Réunis le 2 juin, les syndicats ont précisé : « Les salariés constatent chaque jour une augmentation de leur charge de travail, des effectifs insuffisants dans de nombreux magasins et entrepôts, ainsi qu’une pression toujours plus forte pour atteindre les objectifs commerciaux. »

    En 2025, le bénéfice net de l’entreprise a augmenté de 16% et son chiffre d’affaires de 4%. Distinguée en 2026 comme « 2e entreprise préférée des Français », et pour célébrer ses 50 ans, la marque donne rendez-vous au public, le 24 juin dès 15h, sur l’esplanade du Mucem à Marseille, « pour un après-midi placé sous le signe du partage ». Une invitation qui tranche avec la crise au sein de ses effectifs.

    Contacté, le groupe indique poursuivre un dialogue social « direct, régulier et constructif » et se dit « particulièrement attentif aux questionnements ainsi qu’aux revendications exprimées ». Samedi, la continuité de l’activité sera « assurée dans nos magasins partout en France », précise la direction.

  • La CPMM mise à l’honneur au 54e congrès de la CGT

    La CPMM mise à l’honneur au 54e congrès de la CGT

    Faire rayonner la CPMM. » C’est l’objectif de la présence d’une délégation de la coopérative, en charge de la distribution de la presse sur une partie de la Région Sud, et issue d’une lutte de haute volée, au 54e congrès de la CGT à Tours. « On voulait interpeller les délégués au congrès sur les risques pour la démocratie en lien avec la pérennité de notre coopérative », résume Maxime Picard, président de la CPMM, aux côtés de Nicolas Guglielmacci et d’Hélène Honde. Tous trois chevilles ouvrières de la reprise par ses salariés de l’ancienne société SAD, liquidée judiciairement en 2020 avec la fin de Presstalis (ancienne messagerie nationale de presse), leur présence est plus que symbolique. « Avec la CGT, il y a une histoire commune : les anciens salariés ont monté un projet de reprise avec leur syndicat et d’autres organisations CGT », rappelle le président.

    Une histoire qui se poursuit : « Il y a actuellement un combat mené par l’ensemble de la CPMM. Sur les 24 millions d’euros d’aides exclusivement fléchées sur la distribution de la presse, les dépositaires dont la CPMM, ne reçoivent absolument rien », dénonce Maxime Picard. De quoi mettre en péril son modèle économique, et donc l’accès à une presse pluraliste. D’où la volonté de « sensibiliser sur les enjeux politiques autour de la distribution de la presse et l’accès à l’information ». Leur présence avec un stand a donc fait coup double puisqu’une palette d’offres était mise à disposition des congressistes, dont une participation Mondial La Marseillaise des CSE. En clair, permettre d’aider à « l’équilibre économique de la coopérative » tout en prônant les valeurs de la structure sociale et solidaire.

  • Un pacte pour aider les travailleurs pauvres du monde agricole

    Un pacte pour aider les travailleurs pauvres du monde agricole

    Le constat est sans appel : dans le Pays d’Arles, « 20 à 23% des exploitants agricoles sont sous le taux de pauvreté », affirme Yolande Eskenazi, commissaire à la lutte contre la pauvreté auprès du préfet de région Provence-Alpes-Côte d’Azur. « En même temps, on a du dynamisme dans ce secteur, avec 1 600 entreprises, 10 000 salariés permanents…, poursuit-elle. Il y a une richesse, mais il ne faut pas qu’elle masque des situations de précarité. » Alors, devant la volonté des acteurs et collectivités du territoire, la Délégation interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté, en partenariat avec la FNSEA et la caisse centrale de la Mutualité sociale agricole (MSA), a lancé le Pacte des solidarités du Pays d’Arles.

    « Le chiffre 13 porte-bonheur : 13 signataires dans le département 13 », se réjouit Anne Rubinstein, en charge de la mission gouvernementale, qui rappelle : « Aucun acteur n’a la réponse à lui seul, nous sommes obligés de travailler ensemble. »

    Concrètement, ce Pacte a pour objectif de faciliter l’accès aux droits et de lutter contre le non-recours, de repérer les situations de fragilité et d’isolement grâce au travail de terrain de la MSA et du réseau des Sentinelles agricoles, mais aussi d’accompagner la viabilité des exploitations avec la mise en place d’un diagnostic économique et technique proposé par la Chambre d’agriculture, pour une dizaine de concernés. « On passe aussi par la formation pour sécuriser les trajectoires professionnelles des salariés en mutualisant les dispositifs et en créant une offre pour la poly-activité », détaille Yolande Eskenazi. Ce pacte met aussi en place de nouveaux espaces de dialogue pour le secteur et expérimente des solutions de logement adaptées aux besoins des salariés saisonniers.

  • La CGT rassemblée derrière Sophie Binet

    La CGT rassemblée derrière Sophie Binet

    J’ai une très mauvaise nouvelle pour Patrick Martin et Sébastien Lecornu : nous sommes en pleine forme, nous sommes rassemblés ! ». Tout juste réélue comme secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet a chauffé à blanc les plus de 1 000 militants qui étaient réunis ce vendredi à Tours pour la conclusion du 54e congrès de l’organisation.

    Sous un tonnerre d’applaudissements et devant un parterre de drapeaux rouges, la syndicaliste a renvoyé l’image d’une CGT renforcée à l’issue de 5 jours de débats. « Ensemble nous avons participé à un congrès qui fera date. La CGT est debout, rassemblée, déterminée », martèle-t-elle lors d’un discours de clôture enflammé. Élue en 2023 au terme d’un 53e congrès pour le moins houleux et marqué par de fortes dissensions, Sophie Binet avait un « mandat de rassemblement » et entend bien faire savoir que l’objectif est atteint : « Ce n’était pas un mandat comme les autres mais le travail que nous avons conduit nous a permis de rassembler l’organisation ». Elle cite le vote sur le bilan d’activités, jauge d’appréciation du travail de la direction sortante, qui a été « voté à 82% ». « C’est la première fois qu’on atteint ce niveau de vote depuis 2013 », développe-t-elle en conférence de presse dans la foulée de son discours.

    Forte d’une stratégie pour les années à venir également largement validée par les congressistes (75% de votes favorables), Sophie Binet a envoyé une série de messages à l’égard des ennemis du monde du travail. Elle tacle « tous les rats qui veulent nous museler » et prévient : « Nous avons décidé d’un plan de bataille clair, nous avons adopté des orientations fortes. […] Ce congrès restera historique par ses décisions ».

    Des « enjeux structurels » entérinés

    En effet, les congressistes se sont accordés sur plusieurs « enjeux structurels » pour l’organisation. « On s’est doté d’un outil opérationnel pour lutter contre les déserts syndicaux avec les syndicats professionnels de territoire. Et d’une stratégie vers les ingénieurs, cadres, techniciens et agents de maîtrise (Ictam) pour progresser dans les entreprises du CAC 40 où l’on a un défi d’implantation », rappelle Sophie Binet, citant également « la construction de notre maison commune avec la FSU ». Si elle regrette tout de même des « petits rebondissements » lors du congrès, avec un envahissement de la tribune et des discussions parfois vives, l’essentiel n’est pas là pour la secrétaire générale. Elle loue « un congrès historique car il était profondément politique ». La syndicaliste revient évidemment sur « l’internationale ouvrière contre l’extrême droite » impulsée par la CGT via un meeting rassemblant « 109 syndicalistes venus de 71 pays différents ». Et dans la même veine, les prises de position contre l’extrême droite en France à moins d’un an des élections présidentielles (lire nos articles du 02/06 et 03/06). « On ne gagne pas contre l’extrême droite sans perspectives sociales. La recette du Front Populaire dont on fête les 90 ans c’est unité, mobilisation, alternative sociale. Voilà ce qu’il faut mettre à l’ordre du jour », tempête Sophie Binet. Laquelle entend bien que son organisation « se mêle des présidentielles » : « Nous avons fait de la défense de la sécurité sociale et des services publics une bataille stratégique pour les années qui viennent, notamment dans le cadre du débat présidentiel ». Une bataille peut-être victorieuse grâce à l’envie de « mieux coordonner nos luttes ».

    Autre grande victoire : « L’annexion à nos statuts de notre cadre commun d’action contre les violences sexistes et sexuelles ». Une décision bien plus que symbolique puisqu’elle concrétise « le féminisme de lutte des classes de la CGT » pour Sophie Binet. « Le deuxième message politique de notre congrès est sur l’égalité femmes-hommes », insiste-t-elle. De quoi lui faire hausser le ton : « Ce sont de mauvaises nouvelles pour ceux qui rêvent d’une CGT affaiblie. Nous avons mangé du lion ». Le patronat n’a qu’à bien se tenir.

    « Ce congrès restera historique par ses décisions »