Category: social

  • Les rendez-vous du 6 novembre pour une nouvelle mobilisation nationale et intersyndicale

    Les rendez-vous du 6 novembre pour une nouvelle mobilisation nationale et intersyndicale

    Le rendez-vous est fixé à 10h30 sur le Vieux-Port à Marseille pour les Bouches-du-Rhône, avec un appel relayé par l’Union nationale interprofessionnelle des retraités solidaires (Unirs).

    À Avignon, l’intersyndicale appelle au rassemblement à 10h30 devant la préfecture.

    Dans le Var, le cortège se rassemblera à partir de 10h30 sur le parvis de la gare à Toulon, également à l’appel du groupe des 8.

  • La grève continue au lycée du Golfe de Saint-Tropez

    La grève continue au lycée du Golfe de Saint-Tropez

    En grève dès le premier jour de cette rentrée pour s’opposer à la réintégration de leur chef d’équipe dont les agissements, disent-ils, portent atteinte à leur santé, les personnels techniques du lycée du Golfe de Saint-Tropez étaient à nouveau mobilisés mardi. Pour mémoire, ce cadre mis en cause avait été suspendu de ses fonctions à titre conservatoire en novembre 2024 par le proviseur du lycée. Or, la Région a décidé de le réintégrer dans ce même établissement.

    « La vice-présidente s’est déplacée hier, nous a écoutés mais apparemment ne nous a pas entendus, puisque la collectivité reste sur ses positions », lâche Éric Moretti pour le syndicat CGT des personnels du conseil régional.

    Visiblement donc, le mouvement est parti pour être reconduit si rien ne bouge. Pas ce mercredi puisque les personnels sont reçus par la Région pour leur demande de protection fonctionnelle. Mais sans avancée… « La demi-pension a été fermée jusqu’à ce qu’une décision favorable pour les agents soit prise », confirme Florence Capello, en expliquant que « des alertes, au niveau du syndicat, ont été faites auprès des instances sur la protection des agents concernant la maltraitance ».

    « On vit ça au quotidien avec eux et on les soutient à 100%. Comme d’ailleurs toute la communauté scolaire, parce que tout le monde sait ce qui se passe au sein d’un établissement scolaire, les choses sont connues de tous », déclare une secrétaire sortie devant l’établissement pour accrocher une banderole.

    Elle ajoute : « Quand on voit les agents en pleurs, dépités, dans l’incompréhension… ça laisse peu place au doute ! Ce qu’ils vivent, c’est abominable ! »

    « En tout cas lorsque ce monsieur est absent, ils viennent au lycée avec le sourire », confirme Carine, agent administratif également. Et de poursuivre : « On ne peut pas aller au travail en ayant peur, en ayant une boule au ventre. »

    Des élèves de BTS venus exprimer leur solidarité sont visiblement choqués par ce que vivent leurs aînés. « Ça, c’est du harcèlement psychologique », tranche Ambre. « Et vous imaginez un harceleur qu’on remettrait à côté de la victime… »

    « Il faut soutenir tout le monde. Élèves comme profs ou agents du lycée. Pour moi tout le monde est au même niveau », insiste Lisa approuvée par Léa et Émile.

    La CGT rappelle que dans leurs revendications adressées à la collectivité, les agents ne demandent pas de sanction mais se contentent de demander la mutation de ce chef de service pour pouvoir exercer leurs missions sereinement.

    « Si le proviseur a pris cette décision l’année passée, c’est qu’il y avait des raisons sérieuses ou un dysfonctionnement grave », insiste Florence Capello.

    La vice-présidente Florence Bulteau-Rambaud, contactée hier par téléphone, a confirmé que le retour de ce cadre aux méthodes peu conventionnelles a bien été acté au sein de l’établissement. « Mais avec une fiche de poste adaptée, c’est-à-dire qu’il n’aura plus de fonction d’encadrement auprès des agents », précise-t-elle. Et de concéder également qu’« il est apparu au cours de l’enquête administrative qu’il y avait certains points sur lesquels cet agent devait être accompagné ». Visiblement, oui. Pour le moins.

    Pas sûr que cette position soit acceptable par les agents d’entretien.

    À suivre, donc.

  • Grève à la cimenterie Imerys pour l’obtention d’une prime de pénibilité

    Grève à la cimenterie Imerys pour l’obtention d’une prime de pénibilité

    C’est leur quatrième jour de grève. Ce mardi matin, les salariés d’Imerys, cimenterie à l’entrée de Fos-sur-Mer, sont sur le piquet de grève devant le portail de l’entreprise depuis lundi, après avoir reconduit à l’unanimité leur mouvement, suspendu le week-end pour négocier.

    « Nous discutons depuis un an avec la direction pour obtenir la même prime que tout le reste de l’entreprise au service fabrication », explique Ludovic Olive, délégué syndical CGT de l’usine, pour une somme équivalente à six euros par personne et par jour. « Aujourd’hui, les contremaîtres ont la possibilité de pointer les primes, et ce depuis le mois d’octobre. Mais ils ne le font pas », déplore-t-il. Une revendication pourtant « modérée » selon le syndicaliste, qui affirme que « sur 28 postes en fabrication, 26 sont grévistes, comme 80% des collègues à l’expédition » pour une « large participation » au global pour les ouvriers, dans une usine où l’encadrement et la maîtrise sont nombreux.

    Climat social dégradé

    Contactée, la direction d’Imerys ne « commente pas le mouvement social en cours », mais affirme pourtant en réponse à notre sollicitation « rester ouverte au dialogue social avec nos parties prenantes syndicales comme c’est le cas depuis le début du mouvement ».

    Mais après le dernier rendez-vous de vendredi, le dialogue social est au point mort depuis la reprise de la grève lundi, « la direction ne s’est même pas présentée », commente un élu CGT au Comité social et économique (CSE). La prime de pénibilité n’est pas le seul sujet de discorde. En cause, un climat social dégradé qui avait déjà fait l’objet d’un mouvement de grève à la mi-octobre. « Il y a une mauvaise ambiance, un management toxique », tance le secrétaire du CSE Gautier Moreno (CGT). « Il n’y a plus de lien entre les managers et les collègues sur le terrain. Sans parler des pressions sur les élus alors qu’on demande des réponses sur la présence de Chrome-6 dans les ateliers », un agent cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction (CMR).

    La période tient d’un prélude à l’approche des négociations annuelles obligatoires (NAO), qui doivent avoir lieu « d’ici deux-trois semaines » d’après Ludovic Olive, pour lesquelles il « n’y a pas encore de calendrier », mais qui doivent déboucher sur un accord « avant Noël ».

  • Les arrêts maladie passibles de licenciements à La Poste

    Les arrêts maladie passibles de licenciements à La Poste

    Ils étaient une quinzaine à se mobiliser devant le siège de leur direction à l’appel de la CGT, mais à « 82% en grève sur le secteur 05 », précise Éric Chesnais, responsable CGT Activités postales 13 pour exiger la réintégration de Gaëtan, facteur depuis 20 ans, visé par une mesure de licenciement. Un arrêt maladie de 15 jours en 2025 lui est reproché.

    « On est facteur, tous soumis aux aléas des intempéries, à tirer des charges de plus de 30 kg sur des tournées de 13 km en moyenne. On a tous des problèmes au dos », lâche un des collègues de travail aux côtés de Gaëtan. L’argumentaire de l’organisation syndicale, reçue en audience par les directeurs d’établissement le jeudi 30 octobre, est resté sans effet. « On est dans une colère terrible », réagit Stella Estaque, secrétaire générale CGT APT 13, qui estime que la raison est ailleurs. « Quand le groupe décide de fermer les bureaux de proximité, de fusionner les agences, forcément, il faut réduire la masse salariale. »

    Une dizaine d’exceptions

    Sollicitée, la direction assure tranquillement qu’elle « ne remet pas en cause la légitimité des absences pour raison de santé », et précise que cette démarche « ne constitue en aucun cas une sanction disciplinaire ». C’est la nécessité « d’assurer la continuité et la bonne organisation de l’activité de l’entreprise, dans l’intérêt collectif » qui a motivé sa décision.

    Le groupe aurait ainsi trouvé une faille dans le droit du travail qui permet « le licenciement pour désorganisation de l’entreprise. Une procédure exceptionnelle et strictement encadrée. Il est motivé par les absences répétées du salarié qui perturbent durablement le fonctionnement du service et rend nécessaire son remplacement définitif par l’embauche d’un salarié en contrat à durée indéterminée ». Il est surprenant que l’ensemble du service d’un groupe comme La Poste puisse être déstabilisé à ce point par 15 jours d’absence d’un facteur. « La preuve que non, puisqu’aujourd’hui, les agents ont tous été remplacés », souligne Stella Estaque.

    Par ailleurs, le caractère exceptionnel de la mesure ne le serait pas autant que cela. « Dans la région, en un an, on a déjà eu affaire à plus d’une dizaine de licenciements sur ce mobile », indique Éric Chesnais. Il est d’ailleurs notable que dans les Alpes-de-Haute-Provence, à la même heure, les agents de Digne ont démarré une grève sur le même motif. Le syndicat CGT des postiers n’entend pas en rester là et s’est armé d’un avocat pour constituer un dossier solide.

    Depuis des années, les organisations syndicales de La Poste se mobilisent contre d’incessantes réorganisations, « dont le seul objectif est de tirer plus de profit aux dépens de l’emploi, dénonce la CGT, c’est le groupe qui désorganise ce qui était un service public ».

  • La CGT des marins de Marseille demande audience à l’État

    La CGT des marins de Marseille demande audience à l’État

    Le 2 septembre des sénateurs et députés avaient publié une tribune transpartisane afin d’alerter sur l’ouverture d’une ligne passagers par la compagnie GNV entre les ports français et le Maghreb. Ils dénonçaient une menace sur l’emploi marin en France.

    Propriété de l’armateur MSC, NGV opère sous pavillon italien international, de quoi mettre en péril les missions des compagnies nationale naviguant sous pavillon français premier registre, Corsica Linea et La Méridionale. « Si nous nous félicitions de cette tribune, écrivent les responsables CGT des deux compagnies dans une lettre adressée aux parlementaires, elle ne saurait rester lettre morte. » Ils craignent que le sort des marins en Méditerranée suive celui de ceux qui opèrent sur le Transmanche « avec l’adoption d’une loi nationale -Le Gac- de libéralisation de tous les pavillons dans nos ports entre le Royaume-Uni et la France ».

    Soulignant que les ports sont sous la propriété des régions en Corse et en Occitanie, et le « poids de la région Paca sur le port de Marseille, Toulon et Nice », la CGT déplore que les compagnies low cost Corsica Ferries et GNV « ont toujours plus d’autorisations d’escales » accentuant une concurrence déloyale avec les compagnies françaises. Contre cette « catastrophe annoncée », le syndicat des marins en appelle au « courage et à la volonté politique » des signataires pour aller plus loin dans leur démarche et porter leurs propositions au niveau de l’État.

  • La CGT de l’hôpital de Martigues inquiète d’une possible suppression d’acquis sociaux

    La CGT de l’hôpital de Martigues inquiète d’une possible suppression d’acquis sociaux

    « Ils veulent faire des économies de bouts de chandelle sur le peu d’acquis qu’on a », se désole Laure Privat, secrétaire du syndicat CGT du centre hospitalier de Martigues. Dans un tract aux personnels publié ce lundi, le syndicat alerte sur une possible remise en cause par la direction de plusieurs jours de congés ainsi que la prise en compte de la pause de mi-journée dans le temps de travail, fruit d’un accord signé en 2002.

    En substance, Laure Privat indique qu’il s’agit « de trois jours de congés lorsque l’on reçoit une médaille d’ancienneté à 20 ou 30 ans et de cinq jours avant le départ en retraite ».

    Du reste, « nous avons 20 minutes de pause pour 6 heures travaillées. Aujourd’hui la majorité des services sont en 12 heures et on arrive souvent avant la prise de poste pour aider les collègues à la relève. Pour un quart d’heure volontaire par jour, on ne demande qu’un jour de repos par an. Mais aucune négociation n’est possible », regrette la syndicaliste.

    Des « irrégularités » ?

    Ces dispositions seraient des « irrégularités » parmi d’autres citées dans le rapport de la Chambre régionale des comptes portant sur la période 2019-2023 (notre édition du 31/10). Pour la CGT, « l’État doit mettre la main à la poche pour ne pas faire d’économies sur nos acquis. Le service public est une priorité », affirme Laure Privat.

    Contactée, la direction du centre hospitalier de Martigues n’a pas donné suite à nos sollicitations dans nos délais.

  • Toulon : les droits des travailleurs étrangers niés administrativement

    Toulon : les droits des travailleurs étrangers niés administrativement

    Pour beaucoup de travailleurs étrangers la situation s’est fortement aggravée depuis janvier 2025 date de la circulaire dite Retailleau, du nom de l’ancien ministre de l’Intérieur et toujours président très droitier du parti Les Républicains. C’est pour dénoncer les menaces qui pèsent sur la vie de ces salariés au moment du renouvellement de leur titre de séjour que la CGT a tenu, lundi matin, une conférence de presse à la Bourse du travail. Menaces qui se sont déjà traduites pour certains d’entre eux par la perte de tous leurs droits. Avec une machine administrative qui broie aveuglément des existences.

    Ils sont dans la restauration, l’hôtellerie, le secteur de la propreté… mais leur nombre est difficile à évaluer explique le secrétaire général de l’UL CGT Patrice Moulun, « parce que beaucoup d’entre eux, surtout depuis que ça s’est durci, disparaissent dans la nature, se cachent ou tout simplement ne se déclarent plus ». Cette circulaire demandant aux préfets de prononcer automatiquement des Obligations de quitter le territoire national (OQTF). Et ce même si ces personnes ont déposé leur demande de renouvellement dans les délais. Leurs dossiers n’étant toujours pas traités lorsque les dates de validité des titres ont expiré, elles sont considérées comme sans papiers.

    Et là tout bascule très vite, explique le responsable syndical. Et de poursuivre : « Ça conduit les employeurs à les licencier puisque s’ils ne le font pas ils peuvent être poursuivis et sont d’ailleurs poursuivis. »

    La double peine

    Donc plus de travail, perte de tous les droits sociaux, de son logement… « Quand on est en OQTF, on ne va plus faire aucune démarche. Sinon, on est repéré et on prend le risque d’être expulsé », insiste Patrice Moulun. Des travailleurs qui pour certains viennent à l’Union locale pour être défendus.

    « On ne pouvait pas faire grand-chose jusqu’à maintenant, c’est pour ça qu’on a mis en place ce collectif. Notre objectif, ça se fait dans d’autres départements déjà, c’est de parvenir à faire pression, dossier par dossier, sur la préfecture, pour qu’ils ne soient plus retardés et que les demandeurs obtiennent dans les temps leur titre de séjour », explique-t-il. Pour la CGT « à partir du moment où ils travaillent, ils doivent avoir un titre de séjour ».

    À ses côtés Sébastien Beau, le secrétaire du syndicat CGT de la Propreté et des services associés intervient : « J’ai une collègue de travail qui a perdu son emploi justement à cause de cela. Quand elle les a enfin obtenus elle avait déjà été licenciée. Et malgré son engagement à la réembaucher, l’entreprise de nettoyage ne l’a jamais fait. » Refusant cette situation, la CGT va donc adresser un courrier au préfet pour solliciter une rencontre et voir comment les choses peuvent évoluer positivement. « Pour l’instant, la préfecture du Var est très dure sur ces dossiers-là », déclare le secrétaire de l’UD.

    Pour gagner en efficacité, le syndicat travaille en synergie avec le monde associatif et notamment la Cimade qui aide les personnes étrangères dans leurs démarches administratives.

    Et d’ajouter : « On a aussi à la CGT notre réseau qu’on met en action, puisqu’on a énormément de syndiqués chez les assistantes sociales, nous sommes la première organisation syndicale au conseil départemental. » Une proximité qui aide à trouver des solutions d’urgence, comme un endroit pour se loger provisoirement, en attendant de retrouver ses papiers. Et pour continuer à vivre jusque-là. Pour y parvenir « certains travaillent au noir », avec les risques que cela comporte. Comme ce salarié victime d’un accident de travail et actuellement hospitalisé à Brignoles et qui va conserver des séquelles, déplore Sébastien Beau. L’entrepreneur refusant, lui, d’endosser ses responsabilités s’est sauvé dans un autre département. Une double peine pour le salarié.

  • [Entretien] Stella Estaque : « La priorité est le maintien de l’emploi à La Poste »

    [Entretien] Stella Estaque : « La priorité est le maintien de l’emploi à La Poste »

    La Marseillaise : Vous avez été élue récemment. Quels sont les combats prioritaires de la CGT AP 13 ?

    Stella Estaque : La première des priorités du secrétariat est la sauvegarde des bureaux de poste. On a sauvé celui de Martigues grâce au comité de vigilance postale et de ses usagers. On se bat actuellement pour celui de Gardanne-Biver. L’idée est de conserver un maillage territorial et donc de l’emploi. Qui dit fermeture de bureaux, dit emplois en moins et un service rendu aux usagers en disparation. On demande des bureaux de plein exercice, avec la possibilité de faire toutes les opérations possibles. Et non pas comme les « points de contact » dans des commerces privés. C’est donc intimement lié au maintien de l’emploi, autre priorité du mandat : En 4 ans, dans les Bouches-du-Rhône, on a pratiquement perdu la moitié de notre masse salariale chez les agents, hors cadre. Le tout a un impact sur les conditions de travail, notamment des facteurs, avec des tournées de plus en plus importantes. On a aussi un autre sujet d’inquiétude : la réorganisation de la Plateforme industrielle de courrier (PIC) Provence, à Vitrolles.

    Vous alertez sur ces transformations ?

    S.E : La réorganisation de la PIC va avoir des conséquences qui vont bien au-delà de la PIC en elle-même. Elle va se transformer en plateforme « version Amazon » avec principalement des colis, où l’on risque de perdre le courrier. Cela va dire une perte d’emploi à venir, mais aussi une forme de fusion des plateformes de colis qui se trouvent aux Arcs, dans le Var, et à Cavaillon, dans le Vaucluse. Que va-t-il se passer pour les facteurs colis des Bouches-du-Rhône ? Que vont devenir les facteurs courriers ? Ce sont des questions auxquelles nous n’avons pas de réponses pour l’heure, mais il y aura un énorme chamboulement du maillage entre courrier et colis. Et c’est lié aux contrats avec Amazon et Temu…

    La direction de La Poste affirme pourtant maintenir le rôle social du facteur, avec le développement de l’aide à la personne, par exemple…

    S.E : C’est un affichage qui ne se retrouve pas dans les faits. Le nombre d’emploi fond comme neige au soleil. Et si l’on veut une utilité sociale au postier, on ne supprime pas autant d’emplois. Philippe Wahl [PDG sortant de La Poste, ndlr] évoquait la distribution des repas, mais pour cela, il faut des bras. C’est le même principe pour les bureaux de poste : ils disent qu’ils souhaitent faire revenir les usagers dans les bureaux, mais il y en a de moins en moins. Avec les fusions de bureaux, ils sont toujours plus éloignés géographiquement des usagers… Les accords avec Amazon et Temu montrent cela : ils privilégient la rentabilité plutôt que l’utilité sociale. En réalité, on est sur une chasse au coût permanente en interne, avec un PSE [plan de sauvegarde de l’emploi, ndlr] déguisé.

    Vous appelez à la grève pour ce mardi ?

    S.E : La Poste ne fait pas de plan social. Mais la direction licencie dans des proportions importantes malgré tout. Il y avait 55 PIC il y a quelques années, il n’y en a plus que 26 aujourd’hui. Au lieu de faire un PSE, qui permettrait un accompagnement ou des formations, la direction propose des postes à l’autre bout du pays, pour que le salarié refuse et soit licencié. Il y a des départs à la retraite pas remplacés, beaucoup de licenciements pour inaptitude… La nouveauté, c’est le « licenciement pour désorganisation ». On a un exemple sur le site de Marseille 5e arrondissement, à Louis-Astruc. Notre appel à la grève concerne ce site. Un agent a eu des problèmes de santé, l’an dernier, avec 100 jours d’arrêt maladie environ. Cette année, il a eu 13 jours. La direction a donc calculé sur deux ans et juge qu’il y a trop de jours d’arrêt, et le licencie pour ce motif, la « désorganisation ». La direction expliquant que cela avait provoqué des problèmes d’organisation. On répond que ce sont des arguments fallacieux.C’est facile de crier à la désorganisation quand on manque cruellement d’effectifs. D’autant qu’on a des facteurs remplaçants qui prennent le relais en cas d’absence… C’est encore moins compréhensible d’évoquer une désorganisation pour une absence pour maladie dans un bureau. Il y a la même situation pour une agent dans les Alpes-de-Haute-Provence. On revendique leur réintégration. Et ce sont des symboles du PSE déguisé : on a plusieurs dizaines de licenciements pour désorganisation dans le département depuis l’année dernière… Nous appelons donc à un rassemblement devant le Village La Poste à Marseille, ce mardi, à 10 heures.

  • Montpellier : Huit familles à la rue campent devant la mairie

    Montpellier : Huit familles à la rue campent devant la mairie

    Huit familles, 35 personnes dont 15 enfants de 4 à 17 ans. C’est le pénible bilan de l’association Solidarité partagée. Ce lundi 27 octobre, la police a procédé à l’évacuation d’un squat situé rue de la Croix Lavit. Sans possibilité de relogement, les familles expulsées se sont réunies sur le parvis de l’Hôtel de ville de Montpellier. « Depuis plusieurs années, notre association n’a pas trouvé d’autre solution que de réquisitionner des locaux abandonnés pour loger ces familles », explique Samuel Forest, le président. « La justice nous avait accordé un délai qui est arrivé à son terme mais on ne nous propose rien. On s’est installés devant la mairie pour obtenir de l’aide et du soutien. »

    Mardi 28 au soir, après des négociations avec Michel Calvo, adjoint en charge des affaires sociales, Samuel Forest ressort les mains vides. La Ville rejette la responsabilité sur l’État. Tentes, couvertures, repas chauds, l’heure est à l’organisation pour la nuit alors que les conditions météorologiques se dégradent. « La pluie arrive. La mairie a accepté d’ouvrir ses grilles pour qu’on puisse se réfugier sous le préau, au sec. » Une promesse qui ne sera finalement pas tenue : le portail restera fermé toute la nuit.

    Une enfant de 4 ans et demi sans-abri

    Pour Armen et sa femme Marina, citoyens russes originaires d’Arménie, la nouvelle fait l’effet d’un coup de massue. « On subit la situation. C’est très compliqué. Nous sommes en France depuis 6 ans et à Montpellier depuis 4 mois », raconte le père de famille. Autour de lui, sa fille de 16 ans, son fils de 17 ans et sa benjamine de 4 ans et demi se réchauffent comme ils peuvent. « Je veux travailler mais sans papiers, les démarches sont impossibles. Mes enfants ne peuvent pas partir en voyage scolaire ou s’inscrire à l’auto-école. On dort dans notre voiture en espérant que la situation s’améliore. »

    Contacté, le 115, numéro d’urgence sociale, n’est pas en capacité de les accueillir. Dans l’assemblée, le sentiment de ras-le-bol est palpable. « On ne veut pas de solution provisoire  », alerte une mère de famille.

    Mercredi 29, après une journée pluvieuse, Michel Calvo a évoqué la solution d’un hébergement temporaire pour « une ou deux familles » dans un local actuellement utilisé par une association d’aide aux sans-abri. Inquiètes de devoir retourner dormir dehors dans quelques jours quand les enfants reprendront l’école, elles ont décliné. « Elles ne veulent pas non plus choisir qui, parmi elles, sera sortie de la rue », souligne Une école, un avenir. L’élu a indiqué « prendre acte que la préfecture ne tient pas son obligation de vous trouver une solution ». Avant d’ajouter : « De notre côté, nous n’avons pas les moyens de vous loger collectivement. » Un rassemblement est prévu samedi 1er novembre à 11h devant la préfecture.

  • Adages 34 : le personnel de nuit en grève pour sa dignité

    Adages 34 : le personnel de nuit en grève pour sa dignité

    Ils ne dorment pas pour que d’autres puissent dormir. Et pourtant, leur travail reste dans l’ombre. Depuis le 24 octobre, les quatre salariés du service de nuit du pôle social Regain, à Montpellier, sont en grève. Un mouvement soutenu par la CGT Adages 34, qui dénonce la non-reconnaissance financière et symbolique d’un métier essentiel, au sein de l’un des plus gros employeurs du médico-social dans l’Hérault. Leur préavis court jusqu’au 31 décembre. « Ce n’est pas par gaieté de cœur qu’ils se mettent en grève », confie Gérald Verrier, délégué syndical central CGT Adages 34. « Ce sont des salariés isolés, souvent à bout, qui réclament simplement le respect de leurs droits et un salaire décent. »

    Le problème principal : la convention collective 66, qui ne reconnaît pas spécifiquement le travail de nuit. Résultat  : une compensation dérisoire de 7%, bien en deçà de la réalité des risques et de la charge mentale du poste. Les revendications portent sur plusieurs volets : revalorisation salariale, paiement des temps de pause, prime de risque mais aussi amélioration des conditions matérielles et de sécurité.

    « Des précaires au chevet de précaires »

    Les agents de nuit du centre Regain accompagnent des personnes en grande difficulté sociale. « Une nuit, un seul salarié peut avoir jusqu’à quarante personnes à suivre », souligne le syndicaliste. « Et s’il y a un problème, ils n’ont même pas de dispositif pour prévenir rapidement les secours. » La CGT demande l’installation d’un système de protection du travailleur isolé, déjà en place dans les hôpitaux. Au-delà des salaires, c’est la reconnaissance du métier qui est en jeu. Les salariés dénoncent un manque d’écoute de la direction : « Leurs remontées de terrain ne sont presque jamais prises en compte », déplore Gérald Verrier. Si certaines avancées ont été obtenues sur l’organisation du travail après une réunion avec la direction le 24 octobre, les questions financières restent lettre morte.

    Et la colère dépasse les murs de Regain. Le syndicat alerte sur une crise plus large du secteur social et médico-social dans l’Hérault : « Nous sommes devenus des travailleurs pauvres au chevet d’autres précaires », résume Gérald Verrier. A.J.