Category: social

  • Refus de carence des salariés du Groupe SOS

    Refus de carence des salariés du Groupe SOS

    Ils étaient plus d’une vingtaine sur la cinquantaine de salariés du Groupe SOS affectés sur le centre d’hébergement d’urgence de la Minoterie dans le 15e et autant sur celui de Fontainieu dans le 14e, ainsi que sur le CHRS Chez Simone dans le 3e à exprimer leur colère et leurs inquiétudes. Une action soutenue par la CGT, dans le cadre d’un mouvement national. En débrayage depuis 11h avec ses collègues, accompagnant éducatif depuis dix ans au sein du Groupe SOS, Rudolph Buhlert déplore : « Nous avons fait une pétition qui a recueilli plus d’un millier de signatures, nous avons alerté via le CSE, mais la direction n’a rien voulu savoir. » Les salariés dénoncent une note reçue fin septembre, « où le groupe décide de mettre fin à l’accord qu’on avait, de ne pas subir de carence en cas d’arrêt maladie ».

    Restriction matérielle

    Pour le délégué syndical CGT, « cette dérive risque de nous mettre en situation de travailler même malade au risque de contaminer les collègues et les publics hébergés, dont la santé est souvent très fragile ». Une réunion devait se tenir au siège pour tenter de revenir sur cette mesure. Mais les salariés pointent également « des difficultés financières du Groupe, qui, malgré sa taille, subit les restrictions budgétaires de l’État et a déployé un plan de retour à l’équilibre ».

    Devant le grand bâtiment de la Minoterie d’une capacité de 200 places, ils font état d’une détérioration des conditions de travail et d’accueil : « Les morceaux de pains sont comptés, un par personne le matin avec un café, les couvertures et les draps commencent à manquer, dans la réserve le stock d’équipement s’amenuise, on tire sur le chauffage ou la clim… » De quoi s’inquiéter de l’avenir des structures gérées par le Groupe SOS. « Nous avons deux postes d’aide soignantes qui ont été gelés », regrette encore un salarié.

  • Deux cents cheminots attendus en gare d’Alès pour défendre la ligne

    Deux cents cheminots attendus en gare d’Alès pour défendre la ligne

    La défense du rail s’arrête en gare d’Alès vendredi 28 novembre. Comme elle l’a déjà effectué dans plusieurs villes de la région, la CGT cheminots organise un village avec une dizaine de stands consacrés aux associations d’usagers pour échanger sur l’avenir du rail de 10 à 15h. « Il y aura des associations d’usagers du Gard, de l’Hérault, de l’Aude et des Pyrénées-Orientales avec deux cents cheminots rassemblés sur la défense du service public et sur la réouverture des lignes. Le but, c’est aussi d’occuper le terrain et de présenter chaque association et son travail », détaille Éric Bringuier, le nouveau secrétaire général de la CGT des cheminots de Montpellier.

    Avec cette rencontre, la CGT veut favoriser le dialogue entre les cheminots et les associations d’usagers pour qu’elles présentent leur travail et réfléchissent à des moyens d’action communs. « Cet événement revendicatif s’inscrit dans une démarche nationale de la fédération CGT des cheminots pour développer le service public ferroviaire et notamment le maintien des lignes de desserte fine du territoire comme celle d’Alès-Bessèges, la ligne des Cévennes, ou la Rive droite du Rhône », confirme Olivier Mauras, de la CGT d’Alès.

    La CGT veut en profiter pour rappeler un certain nombre de points comme le retour à « une entreprise unique et intégrée » ou le fait de repasser la gestion des lignes régionales à l’État et non à la Région comme c’est le cas aujourd’hui. « Même si nous avons une Région pro ferroviaire avec un vice-président Jean-Luc Gibelin (PCF) qui est pro ferroviaire, nous sommes opposés que ce soit les Régions qui prennent en charge les lignes parce que selon les Régions, il y aura une disparité de l’offre ferroviaire. Ça veut dire qu’on n’assure pas des services publics sur l’ensemble du territoire », explique Éric Bringuier.

    Après cette phase de rencontre devant les gares où un repas convivial est aussi prévu le midi, la CGT souhaite passer à une nouvelle phase à la rentrée 2026 en étant notamment reçue par le préfet de région pour lui faire part de ses revendications. « La deuxième étape se fera par site au premier semestre 2026 pour peser sur les réouvertures de ligne et démontrer leur utilité. Nous avons fait des études sur les lignes avec une analyse du nombre de voyageurs qui pourraient les emprunter, le nombre de voitures que l’on pourrait remplacer et même les coûts induits. Le but c’est d’inciter l’État à s’investir », poursuit le syndicaliste.

    Soutenir la réouverture de la ligne Alès-Bessèges

    Ce rassemblement aura aussi pour but de rappeler la nécessité de la réouverture de la ligne Alès-Bessèges retardée et désormais prévue en deux phases avec le lancement d’Alès-Saint-Ambroix à la fin 2028 puis la poursuite jusqu’à Bessèges fin 2030. « Nous voulons expliquer aux usagers où en est la réouverture de cette ligne et les alerter sur la situation. En 2018, il y avait déjà des contraintes environnementales mais depuis, tous les ans, il sort de nouvelles contraintes. Maintenant, il y a des problèmes avec les passages à niveau. Dès qu’on règle un problème, il y en a un nouveau qui apparaît », s’agace Thierry Ferré, responsable du collectif de défense de la ligne Alès-Bessèges qui a organisé plusieurs tractages fin novembre sur les marchés de Bessèges, Molières et Saint-Ambroix ainsi que dans les villages le long de la ligne des Cévennes (Villefort, Génolhac, la Grand-Combe et Chamborigaud). Le but là aussi était d’informer la population sur le retard pris sur la réouverture de cette ligne qui s’appuie pourtant sur le même tracé qu’avant 2012.

    « La ligne Alès-Bessèges est très attendue. Il y a beaucoup de potentialités avec cette ligne », confirme Éric Bringuier. En effet, entre les possibilités autour de la filière bois qui se développe à Bessèges et la desserte des lycées alésiens, cette ligne où sept allers-retours sont prévus par jour, pourrait désenclaver des zones particulièrement touchées par la désindustrialisation. « Il y a un potentiel énorme sur la vallée de la Cèze. Il y a une forte demande parce que c’est une des vallées les plus pauvres du Gard avec beaucoup de retraités et de personnes en difficulté. En plus, il y a la halte d’Alès, du lycée Jean-Baptiste-Dumas, qui permet d’amener les élèves. Cela permettrait ensuite de déployer les bus autrement. Si l’on prend un bus scolaire qui dessert par exemple Saint-Ambroix au lycée d’Alès, on pourrait enlever ce bus pour le mettre de Saint-Ambroix à Saint-Jean de Maruejols et faire du rabattement sur la gare de Saint-Ambroix. Ça permettrait de multiplier les rotations avec la même enveloppe budgétaire », ajoute Thierry Ferré.

    Le militant du rail veut en effet peser sur l’État pour que celui-ci accélère sur les études environnementales. Le collectif de défense de la ligne Alès-Bessèges a de son côté prévu d’être à l’initiative d’une action en avril 2026.

  • Séché Assainissement 34 : la grève a payé

    Séché Assainissement 34 : la grève a payé

    Depuis le rachat de l’entreprise par Séché Environnement en 2022, les salariés ont vu leurs revenus et leurs conditions de travail décliner. « On n’avait jamais fait grève jusqu’ici, mais nos rétributions ont été considérablement dégradées », confirme Patrice Mandelli, délégué CGT. « Nous avons des heures de travail en moins, des primes avaient été retirées… La direction s’était justifiée par une perte d’activité, mais en juin dernier, les trois actionnaires du groupe – le père et ses deux fils – se sont partagés 9 millions d’euros. Nous, on ne veut pas de surplus ; on veut seulement récupérer ce qui a été supprimé ».

    Après une semaine de grève et un dialogue parfois difficile, la mobilisation et la médiation de l’inspection du travail ont fini par payer le mardi 25 novembre dernier. « On a eu gain de cause sur une partie de nos revendications. Nous avons par exemple obtenu le passage de la convention 3D (désinfection, désinsectisation, dératisation) à la convention Assainissement, qui est notre activité principale, et puis la mise en place d’une prime d’intéressement. Nous avons aussi obtenu quelques arrangements, comme le jour de repos qui avait été perdu pour les astreintes et les déplacements », détaille le syndicaliste.

    Pas d’augmentation pour le moment

    La direction a également consenti à payer aux salariés la moitié des jours de grèves, mais pour l’heure, elle n’a pas cédé d’un iota sur l’une des revendications les plus importantes : l’augmentation des salaires ! En effet, depuis 2022, les salariés ont perdu 30 minutes de temps de travail par jour, soit une dizaine d’heures par mois. « Cela représente entre 120 et 150 euros sur la fiche de paie », explique Patrice Mandelli. A ce sujet, la direction renvoie les salariés vers les prochaines négociations annuelles dédiées aux augmentations, qui devraient démarrer en février prochain. « Si on a repris, c’est qu’on a trouvé un terrain d’entente. Pour le reste, nous verrons au prochain combat », poursuit Patrice Mandelli, qui salue une belle mobilisation. Selon lui, près de 95% des 40 salariés étaient bel et bien en grève entre le 18 et le 25 novembre, puisque seuls les personnels administratifs étaient restés à leur poste.

    Cotée au Cac 40 depuis 1997, le groupe Séché Environnement regroupe une cinquantaine d’entreprises en France et 120 à l’international, dont neuf agences dédiées à l’assainissement. Au total, elle dénombre aussi plus de 7300 collaborateurs. Au 31 décembre 2024, le groupe a affiché un chiffre d’affaires contributif de 1 110,4 millions d’euros. Un résultat en progression de + 9,6 % par rapport à 2023…

  • Des embauches plus que symboliques pour les salariés de la Centrale de Gardanne

    Des embauches plus que symboliques pour les salariés de la Centrale de Gardanne

    Enfin, la lumière au bout du tunnel pour les salariés de la Centrale de Gardanne. En sous-préfecture d’Aix-en-Provence, ce mercredi, représentants des salariés, de l’État, de l’association des travailleurs du site et de la CGT se sont réunis pour des signatures de contrats de travail inédites. Inédites, car le projet industriel qu’ils portent depuis plusieurs années, fruit d’âpres luttes syndicales et d’innombrables conflits sociaux, devient enfin concret.

    Après la fermeture de la centrale à charbon en 2018, depuis reconvertie en centrale biomasse, l’idée de la création d’une unité de production d’énergie sur le site, qui permettrait la réembauche des salariés licenciés du fait de la fin du charbon, avait germé. Cette idée est désormais une réalité avec la signature des trois premiers contrats de la société d’exploitation Provex, issue du travail de l’Association des travailleurs de la Centrale de Gardanne (ATCG) porteuse du projet « BioMéthane Provence ».

    « On a toujours eu les idées claires pour l’avenir, on avait l’exemple des Fralib… Comme quoi la lutte paie ! », se réjouit Michaël Bounoua, pour la CGT du site. « C’est une journée un peu exceptionnelle qui scelle dans le marbre un combat de 7 ans », renchérit Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Grand port maritime de Marseille (GPMM) et représentant l’UD CGT 13 ce jour. Même le sous-préfet d’Aix, Mathieu Gatineau, s’affiche grand sourire : « c’est la clôture heureuse d’un épisode social douloureux. » Avant de développer : « C’est la fin d’un épisode historique et le début d’une nouvelle ère que nous espérons tous. Les travailleurs de la centrale ont été dans l’innovation. »

    Une nouvelle ère qui devient concrète pour Nicolas, Khalil et Bouziane, qui signent un contrat au statut des travailleurs des Industries électriques et gazières (IEG). Tous ont été licenciés du site, deux sont issus d’un sous-traitant de GazelEnergie, propriétaire de la Centrale, mais ont quand même « subi de plein fouet le plan de licenciement puisqu’ils étaient avec la CGT dans le mouvement social ». Le troisième a directement été visé par le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) mené à la centrale, en 2021, et fait partie des « 27 licenciés » pour lesquels les travailleurs de la Centrale se sont tant battus.

    À l’origine, 90 travailleurs de la Centrale étaient concernés par ce PSE, dont une « quarantaine de licenciés contraints ». Mais, entre les départs à la retraite et ceux qui ont préféré partir pour d’autres horizons, on arrive aux fameux 27. Lesquels ont été soumis à un congé spécifique d’accompagnement (CAS), dispositif mis en place suite à la fin du charbon, qui devait bientôt prendre fin pour la plupart, impliquant donc du chômage pour ces derniers. Mais il faut retenir que tous vont être réembauchés, à terme, grâce à BioMéthane Provence. « Une solution a été trouvée pour chacun », insiste Mathieu Gatineau. « C’est ce qui nous a animés : que chaque salarié retrouve un emploi », abonde Loïc Delpech, président de l’ATCG (lire entretien ci-contre).

    « Décarboner en créant

    de l’emploi »

    Après ces trois recrutements, une deuxième vague de huit autres salariés est prévue, le mois prochain, puis le reste des licenciés d’ici janvier 2027. À terme, le projet prévoit une cinquantaine d’emplois directs. « Même si ça a été un sentier long et tortueux, on salue la responsabilité des autorités, qu’il a fallu bousculer, par des mots et par moments », note Pascal Galéoté. Avant de souligner « le travail colossal » des salariés pour faire aboutir le projet et d’applaudir « l’exemple de ce que peut amener la lutte ».

    Un exemple à plus d’un titre, notamment sur le plan industriel et écologique. Maël Disa, fondateur de Gazotech, entreprise nantaise et associée aux salariés pour la création de Provex, loue une « première étape d’un projet de reconversion sociale qui est bien plus large : un projet industriel neuf sur le site de la Centrale ». Il rappelle que l’industrie à venir est « ambitieuse, quasi une première mondiale », puisqu’elle s’appuie sur de la récupération de bois déchet et un procédé de pyrogazéification pour la création de biogaz et son injection dans le réseau. « Et, ultimement, être liquéfié pour servir de carburant GNL [Gaz naturel liquéfié] pour les navires », développe-t-il. Avant de préciser : « On est sûr un projet circulaire, avec des intrants locaux, qui sinon partiraient ailleurs par camions. Et avec une récupération des cendres pour en faire du biocharbon qui remplace le fossile ». En bref : « Décarboner tout en créant de l’emploi. »

    Encore des étapes à franchir

    « On va continuer à accompagner le projet, sur le plan financier avec une partie des études qui restent à faire et aider à aller chercher des financements auprès de l’ensemble des partenaires institutionnels », précise le sous-préfet, Mathieu Gatineau. Car il reste bien quelques étapes d’importantes. Comme le résume Pascal Galéoté : « On ne parle pas encore de victoire, car le chemin est encore long. » Et notamment « des études qui doivent permettre l’aboutissement total du projet », précise Loïc Delpech. Et aussi une « autorisation environnementale à faire instruire ». Le tout étant intrinsèquement lié à l’activité de la centrale de Gardanne, dont l’arrêté préfectoral d’autorisation d’exploitation avait fait l’objet de débats juridiques et d’une nouvelle enquête publique, cette année.

  • Mobilisation pour l’égalité sur les primes au Grand Avignon

    Mobilisation pour l’égalité sur les primes au Grand Avignon

    « Certains sont dans le même service, font le même travail et ne touchent pas la même prime. Ce n’est pas normal », confie Jean-Philippe Quiot, agent autonome au Grand Avignon et représentant du syndicat PFA. Quelques heures plus tôt, lui et une vingtaine d’autres agents de l’intercommunalité avaient interpellé les élus sur cette « rupture du principe d’égalité », rappelant que sur 650 agents, 350 ne bénéficient pas de la prime annuelle de 900 euros.

    Dans un tract distribué le matin même, ils renvoient le président de la communauté de communes, Joël Guin, à sa déclaration lors de son élection en 2021 où il promettait de « gommer les inégalités de prime entre agents ». « Or, aujourd’hui, ce n’est toujours pas le cas. Dans le contexte actuel, c’est dommage », regrette le représentant syndical.

    Pas cette année

    Déjà mobilisés en juillet dernier, leur demande de mise à égalité n’avait pas été acceptée par le Grand Avignon. Contactée par La Marseillaise à l’époque, l’intercommunalité assurait que, « soucieuse des conditions de travail et de vie de ses agents », elle privilégiait « des dispositifs améliorant le pouvoir d’achat de tout son personnel en augmentant, par exemple, la valeur faciale des tickets-restaurants et la prise en charge de la part employeur ».

    « C’est un choix politique et on sait qu’on ne l’aura pas cette année, mais il faut rester mobilisés », constate Jean-Philippe Quiot, qui demande à ce que soient mises en place des mesures compensatoires. « On nous dit que ce n’est pas possible, mais cela a déjà été fait pour 132 agents. Et c’est possible financièrement », ajoute-t-il, en chiffrant la mesure à environ 330 000 euros.

  • La grève pour les salaires à Aubagne débouche sur un rendez-vous

    La grève pour les salaires à Aubagne débouche sur un rendez-vous

    Il est un peu plus de 11h et les salariés de l’Association régionale d’aide aux infirmes moteurs, cérébraux et aux polyhandicapés (Araimc) en grève pénètrent, en silence, dans l’Espace des Libertés où se tient la journée de l’association. Après les avoir accueillis par une brève allocution, Augustin Moyolo, le directeur général de cette association qui gère 4 établissements dans le secteur médico-social, Saint-Thys, les Violettes, Decanis à Marseille, et la Gauthière à Aubagne, leur demande si quelqu’un veut prendre la parole. Les salariés alors, toujours en silence, lui tournent le dos et s’en vont… Ambiance.

    Depuis 10h du matin, les grévistes et les délégués syndicaux (DS) de la CGT se sont massés devant l’Espace des Libertés. Sophia Meberki, DS aux Violettes, a lancé : « Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous faisons grève, c’est à cause du mépris de la direction. » Dans la foule, les pancartes brandies donnent le ton : « Ma pancarte est pourrie, mon salaire aussi ! ». « L’engagement on l’a, la reconnaissance on l’attend ! ».

    Grève très suivie

    aux Violettes

    Une des principales revendications de la CGT porte en effet sur les salaires. « On était prêts à une revalorisation même minimale, avec par exemple plus 7 euros pour les plus bas salaires », expose Sophia Meberki. « La direction nous dit qu’elle n’a pas d’argent, mais dans le même temps elle a acheté un nouveau siège social à Gémenos à plus d’un million d’euros… », épingle-t-elle. En milieu de matinée, Bernard Cresta, DS CGT central, annonce « 95% de grévistes aux Violettes, 45% à la Gauthière, 30 à 40% à Saint-Thys, 90% lors du débrayage d’une heure trente à Decanis ».

    Accompagnante éducative et sociale aux Violettes, Esther, 47 ans, témoigne : « On se donne corps et âme pour un salaire avec lequel on n’arrive pas à boucler les fins de mois. On fait des heures supp’. On voudrait de la reconnaissance, qui passe entre autres par la revalorisation salariale. » Joint par téléphone, Augustin Moyolo, directeur général de l’Araimc, a argué : « La CGT demande à ce qu’on augmente les salaires de tout le monde, avec un coefficient multiplicateur appliqué chaque année. Mais en 2025, nos établissements sont en déficit d’activité. On ne peut pas donner cette prime. Notre financement repose sur les subventions de l’Agence régionale de santé et du conseil départemental. Et je ne peux pas déroger à la convention collective. Chaque année on essaie de faire quelque chose au niveau social, mais on ne peut pas mettre en difficulté notre association. » Quant au nouveau siège social, « il a été financé avec nos fonds d’investissement pour améliorer les conditions de travail des salariés ».

  • CGT, FSU et Solidaires à l’offensive contre l’austérité

    CGT, FSU et Solidaires à l’offensive contre l’austérité

    « Le nouveau budget n’a rien à envier à celui qu’avaient sorti Bayrou et les autres. Pire, le gouvernement fait maintenant du chantage avec la suspension de la réforme des retraites », dénonce Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13. L’intersyndicale réunissant CGT, FSU et SUD Solidaires reprend la lutte contre une incessante politique d’austérité menée au détriment des services publics, de l’emploi et de la solidarité, avec un appel à la grève et à manifester le 2 décembre à 10h30, au départ des Réformés.

    Mobilisées en version large les 10 et 18 septembre, les organisations syndicales avaient « remis à l’ordre du jour les questions de justice fiscale, sociale et environnementale et d’empêcher le vol de deux jours fériés », rappelle Alice Richard, pour SUD Solidaires 13. Le débat budgétaire va se poursuivre au Parlement. Une raison pour continuer la lutte, d’autant plus que « le gouvernement persiste dans ses aides massives aux grandes entreprises qui licencient », souligne Franck Balliot pour la FSU. « Et pour la première fois, le budget de la Défense est passé devant celui de l’éducation nationale. »

    Le refus d’une économie de guerre

    « Alors même que la politique de Macron est un échec », déplorent les trois syndicalistes, le gouvernement s’entête « à vouloir faire payer les retraités et les malades longue durée ». De même qu’ils refusent un horizon dessiné par une escalade de déclarations guerrières. « Toutes ces ressources permettraient au contraire de restaurer les services publics et d’augmenter les salaires, de revenir à un droit à la retraite à 60 ans », estiment les organisations syndicales. De quoi répondre aux besoins de plus en plus urgents de milliers de citoyens. Car c’est jusqu’au secteur associatif, qui pallie les carences de l’État, que ce dernier serre la ceinture au dernier cran.

    La CGT a réuni des dossiers chauds, estimant que cette politique qui mène à « la perte en compétence d’emplois industriels ne sera pas sans incidence sur l’emploi public et privé ». De nombreux préavis sont déjà sur la table. Les salariés de Pamar, de la CPMM, de la Centrale de Gardanne, les agents des trois fonctions publiques où le gouvernement a encore prévu de supprimer 3 000 postes, les marins et les énergéticiens ont appelé à faire font front commun dans cette nouvelle mobilisation.

  • [Entretien] Loïc Delpech : « Par devoir, on ne pouvait pas courber l’échine »

    [Entretien] Loïc Delpech : « Par devoir, on ne pouvait pas courber l’échine »

    La Marseillaise : Aujourd’hui, c’est l’aboutissement de votre combat ?

    Loïc Delpech : L’aboutissement sera concret quand on aura fait émerger notre projet complètement. Mais, aujourd’hui, c’est une belle victoire avec ces trois embauches, dont une réembauche. Deux ont été licenciés car ils étaient avec nous pendant la lutte avec la CGT et donc dans le projet depuis le début. C’est donc une première victoire qui doit en amener d’autres, avec la réembauche progressive de tous les licenciés jusqu’en janvier 2027.

    Comment s’est déroulé le passage d’une association de travailleurs à la création d’une société d’exploitation ?

    L.D. : La CGT de la Centrale a monté son association, l’ATCG, pour qu’elle porte ses projets. Cette association a créé une société, dont je suis président, la Speg, société de production d’énergie gardannaise. Laquelle a ensuite monté le projet BioMéthane Provence (BMP) avec l’entreprise partenaire Gazotech. Et, à la fin, on a créé la société d’exploitation Provex, qui appartient indirectement aux salariés, puisqu’elle appartient à BMP, c’est-à-dire la Speg et Gazotech. Mais aussi à GazelEnergie, à hauteur de 20%, qu’on ne dédouane pas, puisqu’à l’origine des licenciements. D’où l’accord signé, en juillet dernier, avec la CGT, BMP, GazelEnergie et l’État, qui oblige tout le monde.

    Vous perpétuez l’histoire du bassin minier avec ce projet ?

    L.D. : De par l’histoire des mines, du syndicat des mineurs, on ne pouvait pas courber l’échine et se faire licencier comme ça. On avait ce devoir de faire en sorte que la centrale continue à vivre. On le devait aussi aux salariés licenciés. C’était un devoir de mémoire qu’on s’était tous fixé au syndicat : qu’on continue à être une terre d’industrie et d’emplois. Et nous y arrivons par la lutte et l’intelligence collective.

  • Les syndicats maintiennent la pression en Vaucluse malgré le flou politique

    Les syndicats maintiennent la pression en Vaucluse malgré le flou politique

    Toujours pas de budget voté par les parlementaires. Mais, en Vaucluse, la CGT, FSU et Solidaires ne vont pas attendre que députés et sénateurs s’entendent pour retourner dans la rue : elles lancent un appel à la grève, ce mardi 2 décembre. Le même jour, une manifestation est prévue à Avignon au départ de la cité administrative, en direction de la place du Palais des Papes.

    Un mouvement qui « s’inscrit dans une période budgétaire complexe pendant laquelle, lorsqu’on se lève le matin, on ne sait jamais ce qui va être annoncé », déclare d’emblée, ce mardi 25 novembre lors d’une conférence de présentation, Laurence de Villèle, secrétaire générale de la CGT Vaucluse. Elle poursuit : « Dans une période trouble politiquement où on ne sait où va le gouvernement, nous, notre ligne, on l’a ! ».

    « C’est clair que nous sommes dans une grande période d’incertitudes. On a pu faire reculer le gouvernement grâce à nos mobilisations sur les jours fériés supprimés ou encore le décalage de la réforme des retraites. Mais ce ne sont que des petits reculs et il faut maintenir la pression », abonde Sylvain Barthet, secrétaire départemental de la FSU.

    Les syndicats dénoncent également « austérité qui s’annonce sans précédent » avec des agents du service public, « qui ont perdu 23% de pouvoir d’achat en 20 ans ». La situation est aussi tendue dans le privé, avec de nombreuses Négociations annuelles obligatoires (NAO) en cours, comme chez Marie Blachère (lire notre édition du mardi 25 novembre), mais aussi dans le département. La secrétaire syndicale liste pêle-mêle le spécialiste des plaques de plâtre Siniat, dont le siège social est à Avignon, ou le groupe agroalimentaire McCormick (ex-Ducros), implanté à Avignon, Carpentras et Monteux. « Les propositions des patrons ne compensent absolument pas l’augmentation des prix. Avec la résultante que les salariés ne vivent plus de leur travail », martèle Laurence de Villèle.

    Contre l’alliance

    des droites

    L’occasion également pour le représentant de la FSU d’évoquer « l’alliance de la droite et de l’extrême droite pour protéger les grandes fortunes, qui refusent seulement que l’on effleure le patronat ». Pour Sylvain Barthet, « les masques tombent ». Du côté de la CGT, Laurence de Villèle rappelle que « l’extrême droite est arrivée au pouvoir quand elle était appuyée par le patronat », en évoquant l’invitation du président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, aux universités d’été du Medef, à la fin de l’été.

    Elle regrette également « la volonté du gouvernement de maintenir une politique de l’offre qui est, en réalité, un détournement massif au profit des grandes entreprises et du milieu des affaires qui les dirige », abonde Sylvain Barthet. Une logique qui a pour conséquence aujourd’hui « l’austérité qui pèse sur les foyers ». Et contre laquelle « seule une pression bien plus grande et massive du monde du travail peut peser », confie le responsable syndical.

    Laurence de Villèle rappelle enfin les débats autour de la taxe Zucman et son rejet par l’Assemblée nationale le 31 octobre dernier : « Le RN dit qu’ils sont la solution pour les travailleurs, mais ce n’est qu’une grande mascarade, car leur intérêt est de protéger le patronat. On parle d’une imposition de 2% au-delà de 100 millions d’euros. Si je n’avais qu’un pour cent de cette somme, je vivrais très, très bien. On est vraiment dans une politique qui consiste à laisser l’argent là où il est », confie-t-elle.

    Pour l’heure, d’autres mobilisations ne sont pas programmées, dans l’attente de nouvelles annonces ou qu’un budget soit enfin voté par les parlementaires.

  • Des personnels du médico-social en grève à Aubagne pour leur salaire

    Des personnels du médico-social en grève à Aubagne pour leur salaire

    « Les brasiers chauffaient depuis longtemps… », lance Bernard Cresta. Il est le délégué syndical CGT central des établissements de l’Araimc : l’Institut d’éducation motrice Saint-Thys, le Foyer d’accueil médicalisé les Violettes, le centre Decanis à Marseille, la Gauthière à Aubagne. Cette association du secteur médico-social a son siège social à Aubagne. 500 salariés travaillent au sein de ces cinq structures.

    Ce qui a attisé les flammes ? « Dans le cadre des Négociations annuelles obligatoires (NAO), notre demande de revalorisation salariale, portée par la CGT depuis quatre mois, a échoué. Début novembre, la direction nous a annoncé son refus ferme et définitif pour manque de budget. Elle nous a baladés, on s’est sentis méprisés », réagit le délégué syndical. « Mais nous avons appris il y a peu que l’association allait acheter un siège social à plus d’un million d’euros à Gémenos… » L’autre « point de tension » évoqué par Bernard Cresta concerne « la décision unilatérale de la direction générale et du conseil d’administration de prendre l’Association pour les foyers et ateliers des personnes handicapées (Afah), environ 170 salariés, sous mandat de gestion, sans tenir compte de l’avis défavorable des élus, des salariés et de la CGT. »

    « Deux boulots pour joindre les deux bouts »

    Pour le syndicat, « la direction générale devrait plutôt se concentrer à améliorer le fonctionnement, l’organisation de ses établissements et le suivi des personnes en situation de handicap ». Dans certains établissements de l’Araimc, « le taux d’absentéisme atteint 13%, parfois 20%», indique-t-il. Il invoque « la pénibilité, l’usure du travail ». « On aime notre boulot mais ça ne paie pas les factures… On a des salaires tellement bas que les salariés, à 80% des femmes, souvent mères isolées, divorcées ont souvent deux boulots pour joindre les deux bouts », décrit-il. Par exemple, « des aides médico-sociales, des aides-soignantes qui sont toute la journée et les week-ends auprès des résidents en situation de handicap ou polyhandicap ont un niveau de salaire de 1 700 euros par mois avec dix ans d’ancienneté… ».

    Pour toutes ces raisons, les salariés de l’Araimc sont appelés à faire grève et à se rejoindre à 9h30 devant l’Espace des Libertés, avenue Antide-Boyer. La date n’a pas été choisie par hasard : « On fait cette grève à l’occasion de la journée associative de l’Araimc, à l’Espace des Libertés. On a demandé une audience en fin de matinée auprès du directeur général et nous voudrions rencontrer la déléguée interministérielle qui sera là. On veut lui dire que les salaires du secteur médico-social doivent être revalorisés. On ne résoudra pas le problème de l’absentéisme tant qu’ils ne l’auront pas été. » Une des revendications de la CGT Araimc est « le recrutement immédiat dans tous les postes vacants et le remplacement systématique des absences pour maladie ou accident du travail ».