[Entretien] Loïc Delpech : « Par devoir, on ne pouvait pas courber l’échine »

La Marseillaise : Aujourd’hui, c’est l’aboutissement de votre combat ?

Loïc Delpech : L’aboutissement sera concret quand on aura fait émerger notre projet complètement. Mais, aujourd’hui, c’est une belle victoire avec ces trois embauches, dont une réembauche. Deux ont été licenciés car ils étaient avec nous pendant la lutte avec la CGT et donc dans le projet depuis le début. C’est donc une première victoire qui doit en amener d’autres, avec la réembauche progressive de tous les licenciés jusqu’en janvier 2027.

Comment s’est déroulé le passage d’une association de travailleurs à la création d’une société d’exploitation ?

L.D. : La CGT de la Centrale a monté son association, l’ATCG, pour qu’elle porte ses projets. Cette association a créé une société, dont je suis président, la Speg, société de production d’énergie gardannaise. Laquelle a ensuite monté le projet BioMéthane Provence (BMP) avec l’entreprise partenaire Gazotech. Et, à la fin, on a créé la société d’exploitation Provex, qui appartient indirectement aux salariés, puisqu’elle appartient à BMP, c’est-à-dire la Speg et Gazotech. Mais aussi à GazelEnergie, à hauteur de 20%, qu’on ne dédouane pas, puisqu’à l’origine des licenciements. D’où l’accord signé, en juillet dernier, avec la CGT, BMP, GazelEnergie et l’État, qui oblige tout le monde.

Vous perpétuez l’histoire du bassin minier avec ce projet ?

L.D. : De par l’histoire des mines, du syndicat des mineurs, on ne pouvait pas courber l’échine et se faire licencier comme ça. On avait ce devoir de faire en sorte que la centrale continue à vivre. On le devait aussi aux salariés licenciés. C’était un devoir de mémoire qu’on s’était tous fixé au syndicat : qu’on continue à être une terre d’industrie et d’emplois. Et nous y arrivons par la lutte et l’intelligence collective.

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