Category: social

  • À Gap, les syndicats dénoncent un hôpital qui « meurt en silence »

    À Gap, les syndicats dénoncent un hôpital qui « meurt en silence »

    Devant l’hôpital de Gap, les passants ne peuvent pas louper la pancarte « Hôpital en grève » agrémentée des drapeaux de la CGT, de la CFDT et de FO. Dans le hall gît un cercueil en carton. Autour, une quinzaine de membres du personnel portent un brassard noir pour signifier le deuil. En cette journée de mobilisation de la fonction publique hospitalière, les soignants du Chicas se sont mobilisés pour porter des revendications nationales et locales.

    « Un sentiment d’abandon »

    À commencer par une amélioration des conditions de travail, des effectifs et de la protection contre les fortes chaleurs. Manque de ventilateurs, agents contraints de scotcher des couvertures de survie sur les fenêtres, tenues non adaptées… « La canicule était une catastrophe pour les agents et les patients », regrette Florence Cheilan, déléguée CGT. Les syndicats dénoncent aussi le sous-effectif et l’obligation d’alternance jour/nuit qui « détériore gravement la santé physique et mentale ».

    Ils demandent par ailleurs une revalorisation salariale et un dégel du point d’indice, ainsi que la mise en place d’une Protection sociale complémentaire pour garantir une couverture santé pour tous les agents.

    « À Gap, on a l’hôpital central du bassin, donc on absorbe tout, lance Charlotte Blandin, aide-soignante. C’est un vrai sentiment d’abandon, et la population ne se sent pas concernée ».

    Les agents en grève sont tout de même assignés au travail. « Donc nous ne sommes pas entendus. Tant que ça continue de tourner, même si on en peut plus, personne ne fait rien », ajoute Ingrid Gallerini, diététicienne et secrétaire de la CFDT Chicas.

    Selon la direction, 41 agents se sont déclarés grévistes mais ont été assignés pour assurer le service minimum et un agent gréviste était absent sur les 892 prévus au planning.

    Agathe Di Lenardo

  • Les agents hospitaliers de Manosque font face à l’austérité

    Les agents hospitaliers de Manosque font face à l’austérité

    « Il y a déjà eu des suppressions de postes depuis le début de l’année, mais le plan funeste n’est pas fini » : les syndicats sont montés au créneau mardi, mobilisés devant l’hôpital de Manosque contre le plan d’efficience annoncé par la direction « face à une situation financière durablement dégradée ». Ce plan, qui devrait permettre d’économiser 3,83 millions d’euros, prévoit « la réduction de 20 postes », selon la direction. Cette dernière nie toute suppression de poste à proprement parler, mais confirme des « réductions d’effectifs, des fins de contrats de remplacement, des départs à la retraite non remplacés et des diminutions d’heures supplémentaires ». « Pas de licenciements, mais des suppressions sèches, avec la mise à la porte de CDD qui sont là depuis deux, trois, voire quatre ans, des départs en retraite forcés, des règles RH qui poussent à la démission », déplore la secrétaire générale de la CGT de l’hôpital, Nadège Bonanno. Cette dernière parle de « plan social » et redoute que des agents soient « sacrifiés au nom de la rentabilité ». « Ce n’est pas un projet de sauvegarde de l’hôpital public, mais bel et bien sa casse. L’objectif de la direction et de l’ARS est de faire des économies en réduisant l’offre et l’accès aux soins », a-t-elle lancé au micro devant une soixantaine de personnes, majoritairement des agents et quelques citoyens venus en soutien.

    « L’humain avant

    les économies »

    Même son de cloche du côté de la CFDT, qui s’est dite « opposée à toute suppression de poste ». « Les professionnels doivent constamment compenser les manques d’effectifs. Nous ne voulons pas d’un hôpital où l’on demande à chacun de faire le travail de deux. Les personnels hospitaliers ne sont pas une variable d’ajustement », a déclaré Catherine Riguet, la secrétaire de la CFDT du centre hospitalier, demandant un hôpital « qui mette l’humain avant les économies ».

    « Nous refusons que l’avenir de notre établissement soit construit sur une logique exclusivement comptable », a abondé Patrice Richaud, secrétaire de FO à Manosque et technicien biomédical. Son syndicat exige « une réflexion sur certaines fonctions directionnelles, dont les missions peuvent parfois apparaître redondantes ». « Il faut regarder partout où des économies sont possibles. Chacun sait que la rémunération d’un seul poste de directeur peut représenter l’équivalent de plusieurs postes de soignants. Ce sont pourtant eux qui sont au chevet des patients jour et nuit », a expliqué Patrice Richaud.

    Les trois syndicats ont donné rendez-vous au prochain conseil de surveillance, début octobre, pendant lequel le plan d’efficience sera mis au vote. La secrétaire de la CGT de l’hôpital a appelé à « mettre la pression aux élus et aux représentants des usagers pour qu’ils votent contre ».

    Interrogé au sujet de la mobilisation, le maire DVD de Manosque Camille Galtier a regretté que les syndicats se mobilisent sans attendre la réunion de jeudi, pendant laquelle la direction présentera le plan d’efficience à l’édile et aux syndicats. « Ce n’est pas respectueux du dialogue social que de faire des manifestations avant qu’il n’y ait eu présentation », a-t-il lancé.

    Si la direction a envoyé un mail aux agents mardi midi expliquant qu’une heure de salaire serait déduite pour une heure de grève, la secrétaire de la CGT de l’hôpital affirme que des membres de l’encadrement ont déclaré à des agents qu’une « demi-journée de travail serait déduite de leur salaire alors que le préavis était d’une heure », et auraient « menacé des agents de sanctions s’ils descendaient ». La CGT dénonce une « entrave manifeste au droit syndical et au droit de grève ».

  • Les salariés d’Atalian en grève dénoncent la surcharge de travail

    Les salariés d’Atalian en grève dénoncent la surcharge de travail

    Ils ont décidé de dire « stop ». Enfin, surtout elles, car la majorité des salariés de l’entreprise de nettoyage Atalian, basée à la Seyne-sur-Mer, sont des femmes, et le « chantier » de Cuers ne fait pas exception. Mardi, six sur les huit qui travaillent au sein des bâtiments de la commune ont établi un piquet de grève devant la mairie pour faire savoir leur mécontentement. « La direction ne nous répondant pas, nous venons voir le client pour qu’il soit au fait de la situation, et demande des comptes à l’entreprise », déclare Sébastien Bois, secrétaire général CGT propreté et services associés du Var. Un moyen de pression qui a déjà fait ses preuves : « Au printemps 2025, deux salariées avaient fait grève devant le conseil départemental, ce qui avait coûté sa place au directeur d’Atalian », rappelle-t-il.

    Cette mobilisation fait suite à la dégradation des conditions de travail des employés. Khadija Sandour, déléguée syndicale et représentante du personnel de l’entreprise, dont elle est salariée depuis 14 ans, a pu s’en rendre compte à travers le temps. Principale cause : des appels d’offres sur lesquels « le client baisse au maximum les coûts, et les sociétés acceptent ça et économisent de l’argent sur le dos des salariés ». Cela se traduit par des contrats avec des volumes horaires réduits, pour des tâches qui restent pourtant similaires : « On donne 1h contre 3 auparavant, ce n’est pas possible. C’est inacceptable que les agents se mettent à quatre pattes. La surcharge de travail est inimaginable. Certaines salariées ont un quart d’heure pour faire un chantier, 1h30 pour faire un bâtiment de trois étages », peste-t-elle, appelant « les dirigeants à venir voir si ce qu’ils demandent est possible ».

    La directrice de cabinet du maire est venue échanger

    En conséquence, face à la pression exercée et l’insatisfaction exprimée par le client, les agents s’affairent à la tâche plus longtemps, et « les heures ne sont pas payées, les contrats pas à jour. On se bat depuis avril pour être payés », s’indigne la représentante du personnel. Les départs en congés, eux, ne sont pas compensés, et à leur retour, les employés, tous affectés à un site qui leur est propre, « doivent faire le double de travail ». Sans parler des périodes de vacances d’entreprise, durant lesquelles ces derniers ne sont pas payés, aucun chantier ne leur étant proposé. Il y a également des situations totalement incongrues, comme celle de Mohamed, pas prévenu de sa mutation d’un chantier à un autre car parti en vacances, et qui a, à cause de ce défaut de communication, « perdu 400 euros sur un salaire déjà très bas », déplore-t-il.

    Un contexte qui a déjà poussé certains « à démissionner et à partir en larmes », se désole Khadija Sandour. « Et malgré plusieurs courriers et des réunions CSE inutiles, la direction est sourde et aveugle. » Un nouveau mail a été envoyé à la direction – qui n’a pas répondu à nos sollicitations – ce mardi, avec plusieurs demandes : paiement des heures impayées et régularisation des situations ; augmentation du temps de travail et des salaires ; arrêt de la surcharge de travail et de l’ingérence des clients dans le travail des salariés ; respect des droits, des conditions de travail et de la dignité des salariés ; mise en place d’un 13e mois. « Dans le Var c’est une dégradation généralisée. Les clients veulent des prestations sans payer, et les entreprises de nettoyage le font payer aux salariés. À la CGT, on appelle ça de l’esclavage moderne », assène Sébastien Boi s.

    Parmi ces clients, la directrice de cabinet du maire de Cuers Bernard Mouttet (DVC), venue dialoguer avec les manifestants, a fait savoir qu’elle ferait remonter leurs doléances à l’édile. Un petit motif de satisfaction pour les salariés. « On est prêts à se mobiliser chaque jour tant qu’on n’obtiendra pas ce qu’on demande », prévient Khadija Sandour.

  • Le Scum poursuit son combat contre la précarité

    Le Scum poursuit son combat contre la précarité

    Deux mille six cents cinquante euros. C’est en 10 ans la perte de pouvoir d’achat annuelle d’un étudiant, alerte le Scum. Vendredi 28 août, devant le parvis de la faculté de médecine, le Syndicat de combat universitaire a dressé, étude de l’Union étudiante à l’appui, un constat alarmant sur la détérioration des conditions de vie des étudiants.

    En l’espace d’une décennie, le coût de la vie a bondi de 16,5 à 24,3% en fonction des villes pendant que les bourses n’étaient revalorisées que de 1% en 2021 puis 4% en 2022. Au mieux, elles s’élèvent à 633,5 euros plus 233 euros d’aide au logement tandis que le coût de la vie étudiante* à Montpellier était estimé à 1 165 euros mensuels en 2023. La hausse des loyers (+19,2% en 7 ans) impose aux étudiants un surcoût de 102 euros annuel. Et bien que les boursiers en sont exonérés, le montant élevé (105 euros soit +25 euros depuis 2018) de la taxe CVEC n’arrange rien.

    Le Crous n’étant en capacité de loger que 10% des jeunes et le parc privé étant trop onéreux, le Scum réclame « la construction massive de logements étudiants à des prix abordables ». Le porte-parole Vincent Pagano interpelle aussi le maire Michaël Delafosse (PS), « qui ne semble pas particulièrement préoccupé par la situation » sur la nécessité de « mettre en place des logements d’urgence ». L’an passé, au moins 150 étudiants s’étaient retrouvés sans toit. L’étudiant en 5e année de médecine déplore aussi la monétisation des parkings autour des facultés (150 euros l’abonnement annuel).

    La généralisation des repas à 1 euro effective à cette rentrée devrait apporter un peu d’air aux 80 000 étudiants montpelliérains, 15 000 Nîmois, 2 500 Biterrois et 2 200 Alésiens. Mais la mesure est insuffisante pour Théo Haffner-Martin. « On craint une saturation des structures du Crous qui se réserve le droit de diminuer le nombre de repas à 1 euro servis », tempère le porte-parole du Scum.

    La raison pour laquelle le syndicat s’apprête à reprendre ses distributions régulières de colis alimentaires. Elles auront lieu un vendredi sur deux à la cité U la Colombière ou au restaurant universitaire Triolet pour les distributions de pain. Côté Paul Valéry, les distributions se tiendront tous les mercredis de 13h30 à 14h30 dans l’espace La Ruche. L’an passé, 15 000 colis ont été distribués. « 41% des étudiants sautent des repas faute de moyens », rappelle Vincent Pagano.

    Des repas à 1 euro insuffisants

    Dès la rentrée, le Scum entend aussi poursuivre son soutien** aux « sans fac », victimes d’une sélection jugée « sociale et raciste ». Sans parler des frais d’inscription exponentiels pour les étudiants étrangers. « On compte 207 400 candidats pour 151 887 places sur MonMaster soit 23 615 places de moins qu’en 2025 ! », alerte Lison Galzin. « Les universités doivent s’adapter pour accueillir plus d’étudiants. La sélection doit être supprimée. Stop au tri social ! », harangue l’étudiante en 5e année de médecine.

    * Manif contre la suppression des APL mardi 15 (18h) devant la préfecture à Montpellier. **Réunions d’info : jeudi 10 (18h) salle J. Moulin (Paul-Valéry), vendredi 11 (18h) bâtiment 2 fac de droit.

  • Vers un délai de trois mois pour l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens en Occitanie

    Vers un délai de trois mois pour l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens en Occitanie

    Le tribunal de commerce de Toulouse rendra sa décision mardi 15 septembre. Mais il fait peu de doute qu’il devrait, sauf mauvais coup de théâtre, prononcer la poursuite de l’activité de l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) pour au moins trois mois. Objectif de ce délai : permettre aux industriels candidats à la reprise de proposer un projet solide. Un enjeu majeur après la liquidation du site Fibre Excellence de Tarascon dans les Bouches-du-Rhône où l’espoir pourrait aussi renaître. Lors d’une audience du tribunal, tenue à huis-clos ce mardi 8 septembre à Toulouse, le ministère public a en effet demandé au tribunal de commerce d’accorder un délai de trois mois à l’entreprise. Autrement dit, de permettre la poursuite de l’activité.

    Ce délai doit permettre « de sécuriser le site et de donner le temps nécessaire à la finalisation d’une solution industrielle pérenne. Pour permettre la poursuite de l’activité pendant cette période», explique la Région Occitanie qui met sur la table 3,5 millions, l’Etat assurant pour sa part un engagement de 2 millions jusqu’au 30 septembre. «Ces financements permettront d’assurer les charges courantes, de préserver l’outil industriel et de maintenir les emplois, tout en laissant aux industriels le temps nécessaire pour finaliser leur projet de reprise» explique la présidente de la Région, Carole Delga (PS), dans un communiqué publié la veille de l’audience. Une pugnacité qui commence à porter ses fruits.

    Relire : Fibre Excellence : après des incidents à Tarascon, le préfet exige le redémarrage de la station d’épuration
  • Vers une rentrée sociale de haute volée

    Vers une rentrée sociale de haute volée

    C’est le mouvement féministe qui va débuter les hostilités face au pouvoir en place avec le retour des rassemblements devant les tribunaux dès le 7 septembre. S’ensuivra une journée de grève et de manifestation concernant plusieurs secteurs sensibles : les travailleurs de la santé, des industries électriques et gazières, de l’enseignement supérieur avec le soutien des étudiants, le 15 septembre. Et le rythme
    va monter crescendo jusqu’à la fin du mois avec
    la date du 26 septembre dans le viseur. Avant une journée qui va faire office de point d’orgue avec
    un appel intersyndical dans la fonction publique
    et une grande manifestation des sapeurs-pompiers à Paris, le 29. Septembre s’annonce chaud !

    7 septembre

    Retour féministe devant les tribunaux

    La mobilisation pour avoir une loi-cadre contre les violences sexuelles et sexistes sur les femmes et les enfants a été suspendue pour l’été, le 7 juillet, on va donc reprendre dès ce 7 septembre », explique Annick Karsenty, présidente de Femmes solidaires Marseille.

    Un appel lancé par « l’ensemble des forces qui constituent la coalition ». Coalition qui rassemble 150 organisations et associations féministes à l’origine de la mobilisation devant les tribunaux notamment lancée suite à l’affaire Lyhanna. « On veut maintenir la pression et relancer la mobilisation au plus tôt ! C’est à partir de là que la loi peut être discutée au Parlement », développe la militante féministe. En clair, la coalition espère que la pression sur le terrain appuie ses revendications et permette ainsi qu’elles soient reprises par le Parlement. « On réclame 3 milliards d’euros par an, on propose 140 recommandations, la balle est dans le camp du gouvernement. Et vu les mobilisations qu’il y a eues entre le féminicide de Lyhanna et début juillet, le gouvernement a été obligé de nous entendre », insiste Annick Karsenty. D’où l’intérêt de poursuivre la mise sous pression.

    15 septembre

    Un mouvement électrique et une grève massive dans le secteur de l’énergie

    On s’attend à des taux de grévistes jamais vus dans le secteur. » Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille, est plus que confiant sur l’ampleur de la mobilisation à venir chez les travailleurs du secteur de l’énergie.

    L’intersyndicale (CGT, FO, CFE-CGC, CFDT…) des agents des industries électriques et gazières (IEG) appelle à une journée de grève ce 15 septembre et elle promet d’être suivie. « On fait face à une attaque généralisée, avec en ligne de mire la fin du «tarif agents« suite à un rapport de la Cour des comptes », explique le syndicaliste marseillais.

    Concrètement, le gouvernement veut rompre avec ce tarif préférentiel sur l’électricité et le gaz pour les travailleurs du secteur et prévoit tout un panel de mesures austéritaires pour les petites mains de l’énergie en France. « On est dans la poursuite de la doctrine de ce gouvernement : appauvrir les travailleurs et enrichir le capital », résume Renaud Henry. Autant dire que cela ne passe pas. Et cela passe encore moins lorsqu’on sait que cette même profession était déjà mobilisée pour des augmentations salariales, l’an dernier à la même époque.

    Leur mouvement avait lancé la riposte sociale de la CGT en 2025, les électriciens et gaziers sont donc bien partis pour redevenir la locomotive du monde du travail en 2026. « C’est insupportable pour les agents : l’année passée nous avons fait grève car notre grille de salaires débute en dessous du Smic et aujourd’hui on a la présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin, une ancienne ministre qui a participé aux 1 000 milliards de dettes qui vient donner des leçons à des travailleurs qui ont du mal à finir le mois. »

    De quoi surtout reposer dans le débat public la question du pouvoir d’achat et des augmentations salariales qui ne suivent pas l’inflation. « Cela fait 15 ans qu’on a des augmentations salariales entre 0,5% et 1,5%, voire 2% les grandes années où l’on faisait des grèves pour avoir un peu plus… Mais la Cour des comptes demande l’arrêt des augmentations pour le secteur », dénonce Renaud Henry. Preuve que la colère est réelle, ce sont les quatre organisations représentatives du secteur qui sont dans le coup. « Même les cadres poussent à la mobilisation », assure Renaud Henry. Avant de glisser : « La question de la reconduction de la grève se pose déjà. » Les agents comptent envoyer un message limpide au patronat et au gouvernement.

    15 septembre

    Étudiants, enseignement supérieur et santé dans la bataille

    Si ce sont les agents de l’énergie qui montent au créneau en premier lieu ce 15 septembre, ils sont loin d’être les seuls travailleurs à se mobiliser à cette date. Plusieurs autres fédérations de la CGT appellent à la grève le même jour, à l’instar de la Fédération nationale des industries chimiques (Fnic-CGT).

    Cette dernière entend pousser pour des augmentations salariales à la hauteur de l’inflation et s’opposer plus globalement au projet de budget austéritaire que prépare le gouvernement : « Sans riposte d’envergure, nous serons condamnés à vivre ou à revivre les heures les plus sombres de notre histoire sociale. » Même analyse pour la Fédération CGT de la santé et de l’action sociale qui dénonce les mesures à venir avec un appel à la grève également, qui concerne toutes les structures du secteur de la santé et du médico-social : « De nouvelles dégradations s’annoncent pour les budgets de l’État et de la Sécurité sociale : restriction d’accès aux soins, suppression de personnels, augmentation du reste à charge pour les patients… »

    Ajoutons à cela l’intersyndicale de l’enseignement supérieur (CGT, CFDT, Unsa, Solidaires…) qui prévoit aussi une large mobilisation, là encore contre le budget à venir. Les travailleurs de la recherche pourront aussi compter sur le soutien des étudiants puisque plusieurs organisations de jeunesse appellent aussi à la riposte. De quoi faire du 15 septembre un moment de convergence.

    26 septembre

    Culture, climat et paix au programme

    La CGT Spectacle et plusieurs organisations progressistes du monde de la culture, appellent à « une semaine d’actions à partir du 21 septembre avec comme point fort le 26 septembre » avec le mot d’ordre : « Organisons une rentrée sociale. »

    Au programme : toujours la défense des droits des intermittents notamment, avec en ligne de mire les négociations autour de l’assurance chômage. Mais aussi l’opposition aux baisses de dotations des collectivités locales qui impliquent une baisse des subventions pour les structures artistiques. Ce timing tombe à pic puisque deux dates encadrent cette semaine d’actions. Dont le 21 septembre qui marque la journée mondiale pour la paix. « Il va y avoir une série d’initiatives dans plusieurs villes. On réfléchit à un rassemblement à Istres où se trouvent des armes nucléaires », explique Michel Dolot, pour le Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône. Son organisation a aussi dans le viseur son congrès national à Port-de-Bouc, en octobre.

    Et le 26 septembre s’annonce aussi comme un temps fort avec l’organisation de « marches pour le climat, la paix et les solidarités » dans plus de 50 villes en France.

    29 septembre

    La fonction publique contre le budget

    La date du 29 septembre s’annonce comme l’autre temps fort de cette rentrée sociale avec un appel à la grève de l’intersyndicale de la fonction publique au complet (CGT, FSU, FO, Unsa, Solidaires, CFDT et syndicats autonomes). « Les agents de la fonction publique que nous représentons ont toutes les raisons de se mettre en grève et de pouvoir exiger justement un autre budget puisque le lendemain le 30, Sébastien Lecornu fera ses annonces budgétaires », explique Virginie Akliouat, secrétaire de la FSU 13. Des manifestations vont avoir lieu dans plusieurs villes de la région Sud avec toujours l’objectif de faire plier le gouvernement. « Cette mobilisation est là pour influer sur les arbitrages qui vont être rendus et peser sur le débat qui va s’ouvrir pour obtenir un nouveau budget », développe la syndicaliste.

    Outre la large unité syndicale sur le sujet, qui englobe d’ailleurs les trois pans de la fonction publique, plusieurs organisations de la CGT entendent faire convergence avec les fonctionnaires, comme l’Union syndicale des retraités CGT des Bouches-du-Rhône. Cette dernière relaie la dernière communication du Comité confédéral national (CCN) de la CGT, l’une des instances décisionnaires de la centrale syndicale : « Rejoignons-les et faisons du 29 septembre une grande journée de grèves et de manifestations pour les services publics et l’augmentation des salaires. »

    Une manière d’enfoncer le clou après le 15 septembre et peut-être de préparer de nouvelles dates de mobilisations interprofessionnelles en octobre ? En tout cas, tous les mouvements sociaux de septembre s’accordent sur un fil rouge : l’opposition au budget austéritaire en préparation.

    29 septembre

    Les pompiers montent à Paris

    Plus qu’un symbole, l’ensemble des syndicats de pompiers appelle à une manifestation à la capitale ce 29 septembre après un été plus que rude pour leur profession. « Il va y avoir du monde à Paris, des sapeurs-pompiers de toute la France et des personnels administratifs », assure Laurent Guilloteau, pour la CGT Sdis et pompier des Bouches-du-Rhône. Pour faire monter la pression en amont, l’intersyndicale a justement déposé un préavis de grève dès le 8 septembre jusqu’au 20 octobre.

    Et aussi

    8 septembre. Grève dans les librairies à l’appel de la CGT et SUD de la profession à l’occasion de négociations dans le secteur sur les salaires.

    10 septembre. Marylise Léon, la secrétaire générale de la CFDT va être dans le Var, le 10 septembre. Une visite pour préparer les élections professionnelles dans la fonction publique mais pas uniquement puisqu’un passage à l’arsenal de Toulon est aussi au programme.

    7 au 11 septembre. La Confédération nationale des buralistes annonce des mobilisations du 7 au 11 septembre avec un rendez-vous à Salon-de-Provence, le 9 septembre.

    15 septembre. Le secrétaire général de Force ouvrière, Frédéric Souillot, sera à Marseille, ce 15 septembre, pour un meeting de rentrée de l’Union départementale FO des Bouches-du-Rhône.

    20 septembre. Manifestations prévues dans plusieurs villes contre la loi dites du « permis de tuer ».

    28 septembre. De nombreuses associations féministes appellent à la mobilisation dans le cadre de la journée mondiale pour le droit à l’avortement.

  • Selon l’Unsa, 48% des profs préoccupés par leur salaire

    Selon l’Unsa, 48% des profs préoccupés par leur salaire

    Trois chiffres parmi les 45 000 réponses des personnels sondés sont particulièrement révélateurs de l’état d’esprit de cette rentrée : « Ils sont 14% de plus qu’en 2024 à penser d’abord au salaire, 71% ne ressentent ni respect ni reconnaissance de leur travail et seuls 0,3% se disent confiants en l’avenir du système éducatif », relève Franck Delétraz, secrétaire départemental SE-Unsa et Unsa éducation.

    Si le salaire arrive en tête des sujets de préoccupation des enseignants, c’est que leur pouvoir d’achat a terriblement dégringolé. « La moitié des enseignants perçoit moins de 2 000 euros par mois. Dans les années 80 leur revenu moyen était de 2,3 fois le Smic, aujourd’hui il le dépasse à peine ». C’est sans compter la rémunération des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) « qui peinent à en vivre ». Sur les 16 000 élèves nécessitant un accompagnement dans les Bouches-du-Rhône, 7 000 restent en attente. Par ailleurs, « plutôt que fermer des classes, la baisse démographique pourrait être une opportunité pour renforcer la brigade de remplacements ». En somme, « on n’assiste pas à un rejet de l’école, mais à celui des conditions de travail et d’enseignement », résume Franck Delétraz.

    Adresse aux candidats

    Des résultats qui « en disent long sur les politiques menées », estime le syndicat, qui souhaite accompagner « dans le dialogue » la réforme de la formation mais « reste vigilant quant aux moyens de sa mise en œuvre ». Enfin, « après 10 ans de macronie, 91% des personnels considèrent qu’ils n’ont pas été entendus et demandent une vraie méthode de consultation ». C’est, avec l’exigence « d’une revalorisation salariale pour tous par la grille indiciaire et un statut éducation nationale pour les contractuels et AESH », ainsi que d’une « carte scolaire qui ne soit pas prétexte à une baisse budgétaire », un des points sur lesquels L’Unsa interpelle les candidats à la présidentielle, à l’exception de l’extrême droite.

  • Les liquidateurs de Fibre Excellence sous surveillance

    Les liquidateurs de Fibre Excellence sous surveillance

    Il y a urgence à donner du temps ! C’est ce que demandent les salariés et leurs syndicats CGT et FO, la Région Occitanie ou encore l’Union des coopératives forestières. À Saint-Gaudens, comme à Tarascon. Et à Grand-Couronne, où le projet de relance de la papeterie Chapelle-Darblay est suspendu à l’avenir des deux sites.

    L’audience dédiée à l’étude des offres de reprise de Fibre Excellence au tribunal de commerce de Toulouse est prévue le 8 septembre. Carole Delga, présidente socialiste de la Région Occitanie, annonce qu’un acteur du secteur de la pâte à papier manifeste son intérêt. Il lui faut quatre mois pour transformer l’essai en offre ferme. À Tarascon, la mise en sécurité du site exige la prudence et les salariés ont proposé un plan sur six mois. Ces délais, l’État peut les donner en réunissant, d’urgence, autour de la table « les acteurs engagés sur ce dossier, exige la CGT à Montreuil. Cette réunion doit permettre aussi de traiter les graves carences en matière de sécurité constatées sur le site de Tarascon en dépit des alertes faites auprès de la préfecture et des solutions proposées par les salariés avec leur syndicat CGT ».

    C’est jusqu’à Jean-Louis Borloo qui s’en alarme. « C’est un drame. On ne peut pas laisser partir des bouts de tissus industriels. Ce n’est pas possible », s’est offusqué l’ancien ministre de l’Économie, ajoutant que Carole Delga faisait « un boulot formidable en région Occitanie. Il faut l’épauler. Merci le Premier ministre de vous en occuper », a insisté l’ex-député et président de l’UDI en référence à la demande de « nationalisation temporaire » de l’usine. Mais c’est l’ensemble de l’industrie qu’il faut relever, pas un seul morceau, si l’on veut éviter une immense casse sociale avec les 10 000 emplois induits par l’activité de Fibre Excellence.

    Toute l’usine, toute la filière

    Pour Tarascon, la présidente de la Région Occitanie a aussi prié « de ne pas démanteler ». Dans un communiqué, FO appuie, au nom de l’intersyndicale CGT FO CFDT : « Il est plus que temps de liguer toutes les forces pour exiger la nationalisation de Saint-Gaudens et de Tarascon. »

    À Tarascon, les salariés, toujours présents sur le site pour protéger l’outil industriel, ont une nouvelle fois alerté sur la présence de produits toxiques et dangereux ; trois incidents ont donné des sueurs froides au préfet Jacques Witkowski, qui a pris un arrêté en urgence le 3 septembre. Il y met en demeure la SELAS Egide de redémarrer la station d’épuration et la pomperie « immédiatement ». Ce 4 septembre, les inspecteurs des installations classées sont revenus constater que les liquidateurs n’ont rien mis en œuvre pour fermer le site de manière à garantir la sécurité des installations, des populations comme de l’environnement.

    « Des intervenants entrent sans pointage systématique. Des salariés de l’entreprise mandatée, censés travailler avec les anciens salariés de Fibre Excellence, ne parlent pas français et ces derniers ne disposent même pas de leurs numéros de téléphone pour les joindre en cas d’urgence », témoigne François Batista, responsable UD CGT 13, qui demande « la mise sous protection industrielle immédiate du site de Tarascon ». Pour « préserver toute cette filière industrielle qui permettrait d’assurer en particulier notre indépendance de production », précise les responsables FO de la Fédération Construction secteur Papier-carton et des départements des Bouches-du-Rhône et de Haute-Garonne.

  • L’Union locale CGT entre en résistance en occupant la Bourse du travail

    L’Union locale CGT entre en résistance en occupant la Bourse du travail

    Nous avons pris la décision d’occuper les lieux depuis 6h ce vendredi matin », indique le secrétaire général de l’Union locale CGT d’Arles, Nicolas Bourcy, lors de la conférence de presse donnée, vendredi matin, à la Bourse du travail. Ainsi, les militants de l’Union locale CGT d’Arles sont entrés en résistance face à la menace d’expulsion imminente des locaux qu’ils occupent depuis leur installation par délibération du conseil municipal, en 1900.

    En cause, le commandement de quitter les lieux reçu par voie de commissaire de justice (anciennement huissier), mercredi matin. « Le maire peut maintenant faire appel à la force publique, à des déménageurs et serruriers, résume Nicolas Bourcy. La situation se durcit. Nous avons décidé de sécuriser les locaux et d’occuper les lieux lors de notre assemblée générale de jeudi soir, avec nos syndicats locaux et l’Union départementale. »

    Élargir le conflit

    Outre l’occupation, l’UL a décidé d’« élargir le conflit au-delà de la CGT, avec les associations et les organisations politiques », dans le cadre du Comité arlésien de défense des libertés associatives, syndicales et citoyennes, créé en février 2025.

    La suite juridique du dossier se présente en trois temps. L’Union locale a fait appel de la décision du tribunal administratif de Marseille qui, à la mi-juillet, a validé la décision d’expulsion prise par le maire (Horizons), Patrick de Carolis, qui était motivée par la fin de la convention d’occupation des lieux en 2023. Selon le Conseil d’État, cet appel pourrait être instruit dans un délai moyen d’un peu moins d’un an. En parallèle, l’UL CGT a formulé une requête en sursis, pour suspendre la décision, en attendant le jugement d’appel sur le fond. « Nous en saurons plus d’ici trois mois », estime Nicolas Bourcy.

    Fait notable rapporté par le syndicaliste : « La Cour administrative d’appel a proposé une médiation que nous avons acceptée, fin août. Nous avons appris que Patrick de Carolis l’a refusée hier soir », soit jeudi. « C’est la deuxième fois que le maire refuse une médiation, ce qui illustre son état d’esprit », tance-t-il.

    Dans l’attente, la CGT espère la mise en place d’un moratoire suspensif sur la situation des 60 Bourses du travail menacées en France, dans le cadre de la mission gouvernementale dédiée. Sollicitée, la Ville d’Arles n’a pas répondu à nos demandes.

  • À Béziers, la CGT rassemblée contre la « répression syndicale »

    À Béziers, la CGT rassemblée contre la « répression syndicale »

    La CGT à NephroCare et l’union locale CGT de Béziers appellent la population à se rassembler vendredi 4 septembre pour soutenir le délégué syndical du site qui est convoqué par la direction « à un entretien préalable pouvant déboucher sur une sanction disciplinaire allant jusqu’au licenciement ». Pour la CGT, ce rassemblement est un nouvel exemple de « répression syndicale » exercée par le centre de dialyse.

    Cas de harcèlement ?

    « Après les élections de mai, la CGT est devenue majoritaire sur le site », précise Jacqueline Mirebien, l’ancienne déléguée syndicale partie à la retraite cet été. « Nous avons aussi envoyé un mail sur un danger grave et imminent car la climatisation ne fonctionnait pas. Dans les salles de dialyse, la température est montée jusqu’à 35 degrés. Il y a aussi beaucoup de turn-over et le personnel n’est parfois pas remplacé. La situation est catastrophique et pour nous, c’est tout cela qui fait que la direction a convoqué le délégué syndical. Ils veulent s’en prendre à la CGT et le meilleur moyen c’est de s’en prendre à son délégué syndical, d’autant que les autres élus sont jeunes. »

    La direction du site affirme de son côté que cet entretien fait suite à du harcèlement, la déléguée syndicale CFDT, en maladie depuis, a en effet réalisé un signalement à sa direction. Un argument balayé par Jacqueline Mirebien qui est également mise en cause par cette salariée : « C’est à la suite du CSE de mars qu’il y a eu ce signalement sauf qu’il ne s’est rien passé. La direction a diligenté un cabinet d’avocats parisiens pour faire une enquête et rendre un rapport. J’ai demandé à la direction que ce rapport nous soit envoyé avant mon départ à la retraite le 30 juin mais elle a refusé. »