Category: social

  • [Grève dans l’éducation nationale] À Avignon, « On veut que le gouvernement assume »

    [Grève dans l’éducation nationale] À Avignon, « On veut que le gouvernement assume »

    « On nous avance sans arrêt le prétexte de la baisse démographique. Mais, en réalité, l’austérité vise l’Éducation nationale. La situation ne cesse de se dégrader », lâche Sylvain Bartet, secrétaire départemental de la FSU en Vaucluse, ce mardi 31 mars, en amont d’un rassemblement devant la direction académique de Vaucluse, à Avignon.

    Une cinquantaine de manifestants ont bravé le mistral pour répondre à l’appel national d’une intersyndicale « pour plus de moyens dans l’éducation ». À Avignon, étaient présents des membres de la FSU, de la CGT, de Solidaires et de l’Unsa. « Nous dénonçons des choix politiques, budgétaires d’abord, synonymes de dégradations des conditions de travail, de poursuite du déclassement salarial de nos professions et d’abandon des ambitions émancipatrices du service public », appuie Sylvain Barthet.

    Le bateau coule

    Dans le premier degré, 46 fermetures de classes et 13 suppressions de postes sont envisagées dans le département. Pour le second degré, un comité social d’administration (CSA) est prévu, ce jeudi 2 avril, à la direction académique de Vaucluse. Le syndicat Force ouvrière a annoncé la tenue d’une manifestation en amont de cette réunion. « On voit le bateau couler d’année en année », ajoute Xavier Cerna, co-secrétaire CGT Éduc’action 84 et enseignant au lycée de l’Arc, à Orange. Les deux responsables syndicaux insistent sur le fait que la baisse démographique, argument utilisé par la direction académique pour justifier les fermetures de classes et les suppressions de postes d’enseignants, « devrait permettre un enseignement de meilleure qualité ». « Il y a dix ans, j’avais 22 élèves par classe. J’en ai aujourd’hui plus de 30 et ça devient très compliqué », illustre le représentant de la CGT. « La départementalisation des remplaçants n’amène rien de bon et ne résoudra aucun problème », ajoute Mélanie Saïsse, autre co-secrétaire du syndicat. « On veut que le gouvernement assume qu’il s’agit de choix politiques, et qu’il privilégie, par exemple, l’armée plutôt que l’éducation », conclut Xavier Cerna.

  • [Entretien] Christiane de Félice : « Les malades d’aujourd’hui sont les salariés d’hier »

    [Entretien] Christiane de Félice : « Les malades d’aujourd’hui sont les salariés d’hier »

    La Marseillaise : Quel est le bilan de l’Adevimap pour 2025 ?

    Christiane de Félice : Cette année, 18 adhérents sont décédés des suites de leur maladie professionnelle. Depuis 2002, on a connaissance de 506 victimes décédées. On a ouvert 431 dossiers, dont 226 pour des cancers, un record en un an. On a permis à 60 victimes et 35 ayants droit d’être indemnisés à hauteur de 2,88 millions d’euros environ. On a de plus en plus de dossiers, ça explose. Cette année, une dizaine de bénévoles ont donné 5 239 heures. On passe un appel au renfort.

    Ces chiffres montrent-ils que les maladies professionnelles progressent ou qu’elles sont mieux reconnues ?

    C.D.F. : Les troubles musculo-squelettiques sont sous-déclarés. Officiellement, entre 29 700 et 57 400 cas par an passent sous les radars. Pour les cancers, on oscille entre 66 900 et 99 400 cas. En octobre 2025, la Cour des comptes a estimé que ça représentait entre 2 et 3,6 milliards d’euros. Ce qui est grave, c’est que cette sous-déclaration ponctionne la branche Assurance maladie au profit de la caisse d’Accident de travail-maladie professionnelle (ATMP), abondée uniquement par le patronat. (…) C’est un manque à gagner énorme, alors que la branche ATMP est toujours excédentaire et que le patronat cherche toujours à faire diminuer ses cotisations.

    Quels sont les freins à la reconnaissance des maladies professionnelles et environnementales ?

    C.D.F. : La grande majorité du corps médical a des difficultés à mettre en lien les pathologies avec les conditions de travail et de vie. C’est pour ça que nous nous sommes rapprochés de la Communauté professionnelle territoriale de santé de Martigues en signant une convention, il y a deux ans, pour faire de la sensibilisation sur ces questions-là et dire aux soignants qu’il faut chercher une origine professionnelle ou environnementale aux pathologies, surtout dans nos bassins d’emplois.

    La CGT demande à ce que le site fosséen d’ArcelorMittal soit reconnu comme amianté. Suivez-vous ce dossier ?

    C.D.F. : Bien sûr. Arcelor fait partie de ceux qui nous apportent le plus de dossiers de cancers, avec Naphtachimie. Comme ce sont des maladies latentes qui se déclarent des décennies après l’exposition, c’est invisible dans les entreprises. Les malades d’aujourd’hui sont les salariés d’hier. Pour l’amiante, c’est la troisième demande déposée par les syndicats. Il y a tous les ingrédients. On a fait condamner Arcelor je sais pas combien de fois en faute inexcusable. Il y a un passif, une réalité, tout le monde le reconnaît, c’est simplement une question politique. Sans oublier qu’il y a aussi tous les préjudices d’anxiété déposés par les intérimaires et les sous-traitants par rapport au benzène, suite à un rapport de l’inspecteur du travail.

  • [Grève dans l’éducation nationale] À Toulon, les AESH et enseignants spécialisés sont à bout de souffle

    [Grève dans l’éducation nationale] À Toulon, les AESH et enseignants spécialisés sont à bout de souffle

    L’inconstance : la seule constante de la vie professionnelle de Florence Dho. Cette accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH) – deuxième corps le plus important à l’Éducation nationale après celui des enseignants – est arrivée à l’école primaire Saint-Exupéry de Hyères en mars. Un nouveau changement d’affectation qui nuit autant à son travail qu’aux élèves qu’elle accompagne. « J’en suis à mon 5e emploi du temps depuis septembre, certains sont à huit. Le bien-être des enfants n’est pas respecté. Ils changent d’AESH, les parents n’en sont même pas informés », déplore-t-elle. « Certains se retrouvent même sans accompagnement. On déshabille Pierre pour habiller Paul. »

    Derrière ce constat, une situation qui n’évolue pas, à l’image du vote du Sénat leur refusant le statut de fonctionnaire, en janvier. Avec pour autres conséquences des temps de travail incomplet et un salaire moyen évalué en 1 030 euros pour l’année 2024-2025. « On préfère nous laisser vacataires car ça coûte moins cher », dénonce Véronique Rinaldi, AESH à l’école Excelsior de Hyères.

    La politique d’accompagnement, incarnée par la généralisation des Pôles d’appui à la scolarité (PAS) depuis la rentrée 2025, ne convainc guère non plus. Ces dispositifs étaient censés offrir un suivi personnalisé aux élèves grâce à un travail collaboratif entre enseignants, éducateurs et professionnels de santé. Mais ils peinent à tenir leurs promesses. « Le PAS consiste en un enseignant ou un éducateur qui oriente les familles vers des spécialistes en dehors de l’école, plutôt que de traiter en interne. Cela n’apporte aucun moyen supplémentaire », soutient Élodie Hernandez, professeure spécialisée au collège La Marquisanne de Toulon et secrétaire départementale CGT éduc’action. Elle regrette l’effacement progressif des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) : « Les Rased impliquaient des instituteurs spécialisés, des psychologues scolaires, qui prenaient en charge les enfants sur le temps d’école. Aujourd’hui, tout est externalisé. L’école ne vient plus en aide à ceux qui en ont besoin. »

    « L’école inclusive est une coquille vide »

    Pour la syndicaliste, la création de 1 200 postes d’AESH, pour la rentrée prochaine, « est un pansement qui ne palliera pas un manque énorme », tant en effectifs qu’en formation, dans le cas de l’enseignement spécialisé : « Le certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive (Cappei) n’est plus spécialisé selon le public. Et, à partir de la rentrée, la moitié des heures de formation se fera sur du temps libre, les mercredis ou pendant les vacances. » Une mesure qui montre, selon elle, que « le gouvernement n’a pas l’intention d’agir sur le fond. L’école inclusive est une coquille vide. »

  • [Grève dans l’éducation nationale] À Marseille, les lycéens en force dans la rue

    [Grève dans l’éducation nationale] À Marseille, les lycéens en force dans la rue

    En lutte depuis près de quatre semaines, les lycéens ont répondu présents à l’appel à la grève nationale lancé le 20 mars par la FSU, l’Unsa Éducation, la CFDT Éducation formation et recherche publiques, la CGT Éduc’action et Sud Éducation. Après avoir participé au blocus de leur lycée – les établissements de Montgrand (6e), Saint-Charles (1er), Nelson-Mandela (12e), Perrier (8e) et de César-Badalccini (7e) étaient bloqués mardi matin -, près de 200 élèves militants se sont rendus à la manifestation. Parti à 11h45 des Réformés (1er), le cortège a rassemblé 800 personnes, selon la préfecture.

    Les revendications ne bougent pas : professeurs, élèves et personnels éducatifs sont tous venus dénoncer les coupes budgétaires annoncées par le gouvernement, impliquant notamment la suppression de 4 000 postes dans l’éducation nationale, à la rentrée 2026. Dans les lycées, c’est d’abord le nombre d’heures d’enseignement qui risque d’être réduit : 22 établissements publics sont concernés dans les Bouches-du-Rhône, dont 11 à Marseille.

    « Dans notre lycée, on devrait perdre 77 heures de cours, s’indigne Joseph, en terminale à Saint-Charles. Plusieurs options de seconde doivent être supprimées, sans doute des heures de soutien, et toutes les heures en demi-groupe qui nous permettent de mieux bosser. » À Montgrand, Camille est tout aussi inquiète : « Comme d’habitude, on nous supprime des heures. Là, ça va être en musique, en théâtre, en langue… On est là pour revendiquer un ras-le-bol général. »

    Marche antimilitariste

    Au milieu des traditionnels chants anticapitalistes, les lycéens n’ont pas manqué d’insister sur leur position antimilitariste. « C’est pas l’éducation qui coûte trop cher, c’est l’armée, c’est la guerre », ont-ils scandé à de nombreuses reprises. Cette revendication se constate aussi sur les tracts revendicatifs des jeunes militants, où sont comparées les évolutions budgétaires de l’Éducation et de la Défense : « De manière continue depuis 2012, le budget par étudiant a baissé de 22%, celui de la défense a augmenté de 60% », lit-on sur le document distribué devant le lycée Perrier.

    « Quand on voit toutes les coupes budgétaires qui se font et tout l’argent que l’armée récupère, avec le déploiement de milliards d’euros, on ne peut que faire le lien. On se bat aussi contre la militarisation et la mise au pas de la jeunesse, insiste Gwendal, membre du Mouvement national lycéen 13. La situation géopolitique nous inquiète, surtout quand on entend des phrases telles que “il faut de la jeunesse pour faire une guerre”, ce qu’un animateur a dit lors de ma journée d’appel. » Une délégation de parents d’élèves, professeurs et d’un représentant lycéen a été reçue à la préfecture. Les jeunes militants projettent de poursuivre les mobilisations, y compris pendant les vacances.

  • Le carnaval de la Plaine s’est conclu par des tensions

    Le carnaval de la Plaine s’est conclu par des tensions

    La joyeuse fête du carnaval de la Plaine, qui a attiré dimanche près de 14 000 personnes, s’est achevée en début de soirée avec quelques incidents. Interdite par la préfecture à partir de 19h en raison des « précédents troubles à l’ordre public » enregistrés lors d’éditions précédentes, la manifestation n’a commencé à se disperser qu’à partir de 21 heures, après usage de bombes lacrymogènes par les forces de l’ordre. Celles-ci ont sur place fait face à « quelques tirs de mortiers » selon la préfecture, et ont ensuite utilisé des « engins lanceur d’eau ».

    La dispersion s’est finalement clôturée à 22h30. Aucun manifestant n’a été blessé, tandis que 17 policiers ont été légèrement blessés, selon le ministère de l’Intérieur. Treize carnavaliers ont été interpellés.

    Le lieu de mémoire de la rue d’Aubagne dégradé

    Des dégradations ont été constatées sur les caméras de surveillance et sur l’esplanade, du fait du traditionnel incendie du caramantran, grimé cette année en « Netha Voyou ».

    Plusieurs façades ont également été taguées, notamment celle du lieu ressource en cours de construction sur le site des effondrements de la rue d’Aubagne (1er), où était notamment inscrit « Noailles libre et indépendante ». Sur X, plusieurs élus ont déclaré fermement condamner ce type de dégradation, comme le maire (DVG) Benoit Payan : « Le lieu ressource de la rue d’Aubagne est un lieu de mémoire qui doit être respecté. Huit d’entre nous y ont perdu la vie. Sa dégradation est inacceptable. »

    Plainte annoncée

    Sophie Camard (GRS), maire de secteur des 1-7, s’est elle aussi dite « très choquée » des dégradations sur le lieu de mémoire et a annoncé que la Ville de Marseille va porter plainte.

    Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a lui aussi réagi sur X pour remercier ses équipes et dire son soutien aux policiers légèrement blessés. « Ciblés par des jets de projectiles et de mortiers, ils [les policiers, Ndlr.] ont fait 13 interpellations. Je condamne fermement ces violences intolérables. Force restera toujours à la Loi. »

  • La CGT juge « inacceptable » la gestion de la politique sociale

    La CGT juge « inacceptable » la gestion de la politique sociale

    Depuis plusieurs séances plénières, la CGT a désormais pris l’habitude d’organiser un rassemblement devant l’entrée de l’hôtel du Département. Ce lundi, deux pans majeurs de la politique sociale étaient visés : la gestion du RSA et les délais d’attente à la MDPH (maison départementale des personnes handicapées, lire aussi notre édition du 17 février). « Des dossiers s’accumulent, parfois jusqu’à 8 mois d’attente », s’irrite Amandine Laugier, secrétaire CGT des personnels du Département, faisant redouter que la MDPH « devienne un service qui fabrique de l’exclusion ». Le syndicat réclame « des renforts pérennes ». Une préoccupation relayée dans l’hémicycle par Rémy Blanc (PCF) à laquelle a répondu Suzanne Bouchet, vice-présidente, en charge des solidarités et du handicap. « La numérisation des dossiers fait qu’on a pris de retard mais in fine on gagnera du temps, justifie l’élue. On a embauché des contractuels, tout n’est pas encore résorbé mais énormément de progrès ont été faits. »

    Le sujet du RSA (notre édition de lundi) n’a en revanche pas été abordé dans l’hémicycle. Interrogée à l’issue de la séance, Dominique Santoni, reste droite dans ses bottes : « On ne peut pas être contre le fait de remettre des gens au travail, tout ne peut pas être blanc ou noir mais des ajustements ont été faits », défend la présidente sur ce sujet au long cours. D’ici à cet été, la collectivité prévoit une large communication dessus. En attendant, « la situation est inacceptable », selon Amandine Laugier qui relève une « multiplication de décisions arbitraires ». « J’ai été contrôlée 14 fois en un an et demi », n’en revient pas Nina *, 46 ans, qui a depuis retrouvé un travail mais a été confrontée à une suspension indue de droits.

    * Le prénom a été modifié

  • À Saint-Auban, la CGT veut préserver le site

    À Saint-Auban, la CGT veut préserver le site

    Les élus CGT du site de Saint-Auban, réunissant Kem One et Arkema, s’inquiètent de l’avenir de la plateforme et de ses travailleurs au vu des difficultés économiques importantes rencontrées par Kem One. Les deux entreprises, qui forment un bassin industriel primordial dans le département, sont interdépendantes et partagent de nombreuses ressources en commun. « Si on venait à tomber, toute notre plateforme à Saint-Auban tomberait », avance la CGT du site de Kem One.

    « On est dans une situation critique depuis plusieurs mois. Kem One perd de l’argent chaque mois et la trésorerie est fortement impactée », alerte Fabrice Daumas, délégué syndical CGT à Saint-Auban et élu au CSE. Avec la grève organisée ce mardi 31 mars, ils espèrent « alerter le gouvernement, la préfecture, le ministère de l’Industrie et les médias ».

    « Apollo nous a plongés dans la difficulté depuis qu’ils nous ont endettés pour racheter l’entreprise en 2021. Ce système financier n’est pas adapté à l’industrie chimique », déplore le délégué syndical. C’est pour cela que la CGT exige un investisseur industriel pour la reprise de Kem One. « Les emplois ne sont pas remplacés, les projets sont en standby, on n’a pas l’argent pour aller voir nos clients. C’est une spirale négative qui se met en place. »

    « Kem One a toute sa place dans l’industrie française et mondiale, on vend du PVC dans le monde entier », rappelle le syndicaliste. La CGT est particulièrement inquiète de la somme d’argent importante, « plusieurs millions d’euros », qui sera nécessaire pour mettre le site aux normes environnementales européennes d’ici la fin de l’année. « On n’a pas l’argent pour », s’inquiète Fabrice Daumas. « L’idée est de contraindre Apollo à mettre cet argent avant de s’en aller, ou alors qu’il y ait des engagements forts du futur repreneur », résume Sylvain Moretti, secrétaire général de l’union départementale CGT.

    Le maire de Château-Arnoux-Saint-Auban, Philippe Bertrand, ancien syndicaliste à Kem One, a apporté son soutien aux travailleurs mobilisés et compte rencontrer la direction « pour faire en sorte que Kem One redevienne Kem One ».

    Rencontre en préfecture vendredi 3 avril à 14h30.

  • [Grève dans l’éducation nationale] Des parents martégaux veulent conserver une classe

    [Grève dans l’éducation nationale] Des parents martégaux veulent conserver une classe

    La nouvelle carte scolaire ne passe pas pour les parents d’élèves de l’école Louise-Michel, à Martigues. Ils dénoncent la fermeture prévue d’une classe, sur les dix actuelles, à la rentrée prochaine.

    « L’école accueille 237 élèves, des effectifs élevés et évolutifs », rappelle l’association des parents d’élèves, dont Julie Hoinkis fait partie en tant qu’élue. Pour elle, « l’avenir de nos enfants » est en jeu. « L’école élémentaire est importantes dans l’acquisition de la lecture et de l’écriture », insiste-t-elle, d’autant qu’il s’agit de « l’école de secteur de l’Aide sociale à l’enfance, qu’il faut accompagner ». « Toutes les études montrent que moins ils sont nombreux en classe, mieux les élèves apprennent », renchérit Valérie Zikka Dussol, de la FSU. « Le gouvernement doit voir l’école comme un investissement permettant de meilleurs emplois et donc recettes fiscales à long terme », rappelant par ailleurs la crise des vocations chez les enseignants, alimentée par des conditions de travail qui se dégradent.

    Le maire (PCF) Gaby Charroux, venu avec son équipe, promet de « batailler », indiquant avoir demandé à rencontrer « en urgence » la direction académique à ce sujet.

  • [Grève dans l’éducation nationale] à Marseille, les lycéens toujours mobilisés

    [Grève dans l’éducation nationale] à Marseille, les lycéens toujours mobilisés

    En première ligne depuis le début du mouvement, lancé le 5 mars, les lycéens ne s’essoufflent pas. Déterminés à défendre la qualité de leurs enseignements et les conditions de travail de leurs professeurs, ils prendront part, ce mardi, aux mobilisations organisées dans le cadre de l’appel de l’intersyndicale (FSU, Unsa Éducation, CFDT Éducation formation et recherche publiques, CGT Educ’Action et Sud Éducation), lancé le 20 mars.

    En proie à d’importantes coupes budgétaires, impliquant notamment la suppression de 4 000 postes dans l’éducation nationale, le secteur de l’enseignement est poussé à de sérieuses restructurations à la rentrée 2026. Dans le cas des lycées, c’est d’abord le nombre d’heures d’enseignement délivré qu’on menace de réduire, avec 22 établissements publics concernés dans les Bouches-du-Rhône, dont 11 à Marseille. « Certains de mes proches vont être directement impactés par cette politique d’austérité, s’inquiète Gwendal, élève de terminale au lycée César-Baldaccini (7e) et membre du Mouvement national lycéen 13 (MNL). Des spécialités doivent être supprimées, comme humanité, littérature ou philosophie. C’est triste que les générations futures n’aient pas accès aux dispositifs que nous avons connus nous. »

    D’après un communiqué de Sud éducation, publié le 9 mars, ce sont 80 heures qui devraient être perdues au lycée Nelson-Mandela (12e), 180 heures à Jean-Perrin (10e), 146 à Marie-Curie (5e), 100 à Montgrand (6e), 80 à Diderot (13e) ou encore 77 à Saint-Charles (1er).

    Luc, entré au MNL 13 au début du mouvement et élève de première à Saint-Charles, est, lui, directement concerné par ces importantes baisses de moyens : « 77 heures (…), c’est un énorme impact sur la qualité de l’enseignement qui est donnée. Par exemple, dans les classes de spécialité, qui sont les cours les plus importants, aujourd’hui on est 25 élèves. L’année prochaine, avec ces baisses de dotations, on sera 35 par salle. » Et Gwendal d’ajouter : « Notre objectif est d’élargir le plus possible la lutte, à la fois au niveau national, pour que d’autres lycées nous rejoignent, mais aussi aux autres institutions du service public. Nous nous sommes déjà unis avec certains étudiants postbac. » Le MNL 13 annonce une série d’actions organisées sur les deux prochaines semaines, qui ne prendront pas forcément la forme de blocus.

  • [Grève dans l’éducation nationale] Cédric Turco (FSU-SNUipp 83) : « L’éducation n’est pas un coût, c’est un investissement »

    [Grève dans l’éducation nationale] Cédric Turco (FSU-SNUipp 83) : « L’éducation n’est pas un coût, c’est un investissement »

    La Marseillaise : Dans le Var, les syndicats dénoncent notamment la suppression de cinq postes de professeurs des écoles pour la rentrée 2026, ainsi que six postes dans le secondaire…

    Cédric Turco : C’est catastrophique. Les classes sont surchargées dans le premier degré, encore plus dans le second. On ne peut pas travailler sereinement avec 35 ou 36 élèves par classe au lycée, ou avec 30 par classe dans le premier degré. On a des élèves relevant de l’enseignement spécialisé qui se retrouvent dans le circuit général, faute de place. Nous, généralistes, n’avons pas la formation pour les accueillir correctement.

    Cela se fait au détriment de tous les élèves, tout le monde est perdant et, in fine, la nation l’est aussi. Il y a un manque criant d’enseignants du premier degré. On fait partie des départements moins bien classés au niveau professeurs par classe et élèves par professeurs.

    Pourtant, il y a 86 000 élèves dans le premier degré, dans le Var. Des effectifs assez stables.

    C.T. : On aurait dû se servir de cela pour ouvrir des postes supplémentaires et améliorer les conditions d’apprentissage, pour une école ambitieuse permettant à tous les élèves de réussir. Mercredi a lieu une commission académique pour décider des ouvertures et fermetures de postes. Je vais y siéger. On va tenir notre rôle d’élu avec force et on sera aux côtés des parents de toutes les écoles, pour qu’à la rentrée 2026, les conditions ne soient pas dégradées.

    La manifestation de ce mardi intervient quelques semaines après l’agression au couteau d’une professeure au collège de Sanary. Que dit cet événement du contexte éducatif français ?

    C.T. : La faiblesse des investissements dans l’éducation est dramatique et inexplicable, car l’école forme les citoyens de demain. Ce n’est pas un coût, c’est un investissement dans notre avenir. Et le gouvernement a 0/20 là-dessus. Le sous-investissement dans le personnel, au niveau des AESH, AED, psychologues et autres infirmières mène à des conditions dégradées. Cela engendre un mal-être au travail, pour les enseignants comme pour les élèves. Et ça se concrétise, parfois, par des violences physiques et verbales, ce qu’on a vu à Sanary dépassant les bornes.

    L’école, comme nombre de services publics, souffre également du processus de privatisation latent…

    C.T. : Tout est fait pour casser les services publics. Que ce soit l’hôpital, les collectivités ou les écoles, tout est fait pour orienter vers le privé. Les Français n’ont pas besoin de ça, ils ont besoin de services publics de qualité partout et pour tous. Heureusement que les familles ont encore confiance en l’éducation publique et y scolarisent massivement leurs enfants, c’est pour ça qu’on a besoin de moyens. Le privé fausse l’égalité. On s’oppose à ce principe-là. Les services publics sont faits pour réduire les inégalités. Avec ces politiques, on ne les réduit pas, on les creuse les inégalités et on en crée même de nouvelles, ce qui est inacceptable.

    Doit-on s’attendre à ce que la mobilisation dure ?

    C.T. : L’arc syndical est uni, avec la CGT, FSU, FO, l’Unsa, SNALC, Sud et Solidaires. Nous œuvrons main dans la main pour dénoncer la situation très difficile, dans le Var et partout en France. Très rapidement, après la journée d’action, nous nous réunirons pour échanger sur les modalités de la suite. On est uni, déterminé, on ne lâchera rien, et la mobilisation n’est pas près de s’arrêter.