Category: social

  • À l’Argentière, la friche sera le « premier enjeu du mandat »

    À l’Argentière, la friche sera le « premier enjeu du mandat »

    « Il faut dire les choses, c’est une verrue au milieu du village, mais aussi une grande opportunité », pose Jean-Pierre Rippert, candidat à la mairie de l’Argentière-La-Bessée. La « verrue » en question, c’est une zone industrielle abandonnée, laissée en l’état après la fermeture des Fonderies et Aciéries de Provence en 2012. Or, depuis près de quinze ans, le réaménagement du site se fait cruellement attendre. Pour Jean-Pierre Rippert, ce sera même « le premier enjeu du mandat à venir ».

    Si la zone abandonnée suscite l’exaspération des habitants, elle ouvre aussi un champ des possibles, à condition de trouver le bon projet. Jean Pierre Rippert et sa liste « Quoi de neuf l’Argentière ? » veulent y installer en priorité des logements locatifs, ce dont la commune manque sévèrement. Ils projettent aussi d’y construire une nouvelle crèche plus grande que l’actuelle et y attirer des centres de formation professionnelle en lien avec les métiers du sport de montagne, du secourisme et de l’environnement. « Le tout en préservant l’attractivité visuelle du lieu, car on est en plein centre du village », s’engage le candidat.

    Un récent projet avorté

    Remi Rioux, tête de liste de « l’avenir au cœur de l’Argentière », souhaite lui aussi créer une nouvelle crèche sur le site, ainsi qu’un centre social, et nouvelle bibliothèque agrandie. Il veut également dédier une partie du lieu à l’histoire industrielle de la commune, en complément du musée et des anciennes mines ouvertes au public. « Ce patrimoine attire 10 000 visiteurs chaque année mais ça peut encore être complété, se projette-t-il. On peut faire de l’histoire industrielle du village une vraie attraction touristique. »

    Tout projet devra obtenir un précieux sésame : la dotation du fonds « vert », un financement de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) pour les reconversions de friches industrielles. Pour Alain Sanchez, actuel maire candidat à sa réélection, tout ne sera pas réalisable dans l’immédiat. Dans une publication parue ce mardi, l’édile prévient qu’un consensus entre tous les partenaires sera « très difficile » à trouver. Une prudence qui s’explique aussi par la déception générée par un échec récent. La Haute école du bois et de la forêt devait ouvrir une antenne sur le site pour la rentrée 2027, mais le projet a finalement été avorté.

  • La CGT des services publics monte au créneau

    La CGT des services publics monte au créneau

    L’Union départementale et son collectif services publics jugent nécessaire d’intervenir dans la campagne des élections municipales », campe Frédéric Larrivée, pour la CGT des Finances publiques du département, ce mardi, aux côtés des représentants des travailleurs de différents pans des services publics.

    Tous portent le même message en vue du premier tour, ce dimanche : « Il y a la possibilité d’avoir un relais au rapport de force. » Et, in fine, que l’élection des maires, « premier échelon politique », est cruciale sur bien des aspects pour le monde du travail comme pour les administrés. « Il y a des règles d’injustice fiscale, au national comme au local », entame Frédéric Larrivée, prenant l’exemple de la taxe foncière, compétence municipale. Monia Haddaoui, pour la CGT Éduc’Action 13, abonde avec l’exemple de « la loi pour le statut des AESH [accompagnants d’élèves en situation de handicap, Ndlr] refusée par les sénateurs ». Lesquels sont élus par les grands électeurs et représentent les collectivités.

    Le lien est tout trouvé avec l’alerte de la CGT Métropole AMP : « La montée du fascisme pourrait donner un représentant de l’extrême droite à la tête de l’établissement », s’inquiète Dominique Maccari pour le syndicat. Car la composition de l’hémicycle métropolitain dépend des municipales. « La question du visage politique qu’aura la Métropole peut entraîner une vraie baisse de moyens via les dotations aux communes », ajoute Véronique Dolot, de la CGT AMP.

    « L’extrême droite,

    c’est du recul social »

    Laquelle craint « des mesures dont l’objectif serait d’affaiblir tout bloc d’opposition aux idées fascistes ». Johnny Benoît, pour les agents territoriaux du Département, en sait quelque chose : « Quand une collectivité est gérée par l’extrême droite, c’est du recul social. À Marignane, la priorité est d’investir dans la levée de drapeau et les uniformes plutôt que de rénover le bâti scolaire. »

    Même inquiétude à l’hôpital, avec la CGT de l’AP-HM (Assistance publique – Hôpitaux de Marseille) qui dénonce un potentiel relais des politiques libérales dans la santé : « Les conseils de surveillance des hôpitaux publics sont présidés par les maires. C’est là que se votent les budgets et se décident les orientations », conclut Greg Fontaine pour l’organisation.

    Amaury Baqué
  • La mobilisation prend de l’ampleur dans les lycées de Marseille

    La mobilisation prend de l’ampleur dans les lycées de Marseille

    Après des premiers blocus la semaine passée, les élèves et le personnel éducatif des lycées Saint-Charles, Diderot, Victor-Hugo et Montgrand se sont de nouveau mobilisés ce 10 mars. Ils sont vent debout contre la baisse des dotations horaires attendue pour la rentrée prochaine. Le mouvement, soutenu par l’intersyndicale (CGT Educ’action, FSU, SGEN-CFDT, SUD Éducation), a été suivi avec près de 90% du personnel enseignant en grève à Montgrand et Victor-Hugo, selon les syndicats.

    Moins d’heures pour moins d’accompagnement

    Dans un communiqué de presse, les enseignants du lycée Montgrand disent constater « une dégradation de leurs conditions de travail et des conditions d’étude des élèves » ignorée par un gouvernement qui mène « une politique de destruction du service public d’éducation avec la suppression de 4 000 postes pour la rentrée prochaine ». 900 postes seraient concernés dans l’académie Aix-Marseille.

    Dans ce lycée, la dotation horaire globale (DHG) se voit amputée de 100 heures. Autrement dit, « une coupe de près de 10% par rapport à notre enveloppe actuelle », rage un professeur de physique-chimie de l’établissement. Pour les enseignants, la suppression des heures signifie « la fin des cours dédoublés en français en classe de première, des effectifs plus importants dans les groupes de spécialités » ou encore « la suppression de l’accompagnement personnalisé en classe de seconde ».

    Le lycée Victor-Hugo se voit quant à lui retirer 83 heures de la DHG, soit une réduction de 5% par rapport à l’enveloppe actuelle. Le constat est similaire : « Une fois encore ce sont nos élèves qui vont faire les frais de cette suppression à la rentrée prochaine », précise les personnels du lycée dans un communiqué. Et tous partagent la même colère : « On nous demande de faire toujours mieux avec moins : l’équation est impossible ! »

    Un lycéen en garde à vue

    Alors que les lycées Montgrand et Saint-Charles étaient bloqués mardi matin, des élèves en ont profité pour étendre la mobilisation au lycée Thiers. La raison ? « Le lycée Thiers, avec ses classes préparatoires étoiles et son public privilégié n’est quasiment pas concerné par les coupes. Ce n’est pas un hasard, c’est toujours les mêmes qui subissent les conséquences des politiques d’austérité », justifie une lycéenne affiliée au syndicat Mouvement national lycéen 13. Elle raconte que les étudiants ont souhaité « filtrer les entrées du lycée pour sensibiliser les élèves à la mobilisation en cours ». Alors que le blocus se mettait en place, des agents de la police sont intervenus « brutalement » pour évacuer les lieux et un lycéen a été interpellé. Des vidéos prises sur le moment montrent pourtant que le groupe de manifestants était pacifique. Le jeune est mis en cause pour « outrage et rébellion » a confirmé la préfecture auprès de nos confrères de La Provence.

    Placé en garde à vue, un rassemblement de soutien devant le commissariat Noailles s’est tenu à partir de midi. Des événements que l’Union départementale CGT 13 a dénoncés mardi soir dans un communiqué, disant « condamner avec la plus grande fermeté cette répression policière » et appelant à « défendre le droit fondamental de manifester ».

  • À Avignon, l’action sociale dénonce le manque de moyens

    À Avignon, l’action sociale dénonce le manque de moyens

    « À bac +3, une éducatrice spécialisée n’est qu’à quelques dizaines d’euros au-dessus du Smic. » Devant la préfecture de Vaucluse ce mardi 10 mars, entourée d’une trentaine de manifestants, Christine Sebe, animatrice CGT de l’action sociale en Vaucluse, illustre les difficultés du secteur en termes de salaires et de conditions de travail.

    Sous un ciel grisonnant, elle regrette le rejet de la proposition de loi de la sénatrice Annie Le Houerou (groupe socialiste écologiste et républicain) en janvier, ainsi que le refus du patronat de renégocier les salaires. « Ils renvoient ça à la présidentielle. C’est pour cela que l’on voulait marquer ce temps », insiste-t-elle.

    Risque de suppression de postes

    La situation se ressent notamment dans deux établissements vauclusiens. À l’hôpital de Montfavet, une mobilisation cet été « qui a porté ses fruits », confie Ludovic Laffont, élu CGT. « Mais le déficit est toujours là. Donc il y a le risque d’une suppression d’éducateurs, des agents qui sont là depuis des années », ajoute-t-il. Et il pointe comme responsable la création de nouvelles structures comme une nouvelle unité résidentielle « alors qu’il n’y a pas les moyens », poursuit-il. De son côté, Patrice Durand, élu CGT, évoque la situation de l’Institut médico-éducatif du château Mérignargues. Ce lieu accueille des enfants et adolescents en situation de handicap. Mais le responsable syndical regrette que, par manque de moyens, ils se retrouvent « séparés de la pédopsychiatrie alors qu’on se retrouve avec des cas lourds ». « Alors qu’on est à 500 mètres de l’hôpital, on doit appeler le Samu pour intervenir. Il faut jumeler, d’une façon ou d’une autre, avec la pédopsychiatrie », insiste-t-il.

  • La grande colère des salariés du médico-social

    La grande colère des salariés du médico-social

    Alors que des négociations à Tours sont en cours ces 10 et 11 mars à l’occasion de la « Mêlée » de Nexem, le principal syndicat patronal, les quatre organisations syndicales représentatives (CGT, CFDT, FO et Sud) ont appelé les salariés de la branche associative sanitaire, sociale et médico-sociale (Bass) à se mobiliser pour réclamer de meilleures conditions de travail et de rémunération à leurs employeurs.

    Des salaires pour sortir la tête de l’eau

    Devant le siège social de l’Agence régionale pour l’intégration (ARI), l’un des plus gros employeurs du médico-social de la région Paca avec 1 500 salariés et plus de 50 établissements, Didier Zika ne décolère pas : « Chaque année, l’ARI réalise un excédent budgétaire grâce aux postes non pourvus. » L’éducateur spécialisé, en poste depuis 13 ans dans une des structures spécialisées de l’ARI et délégué syndical, déplore l’absence de réponse de la direction sur le sujet des salaires alors même « que les conditions de travail se dégradent d’année en année et qu’on a un turn-over énorme, avec des salariés exposés plus qu’ailleurs aux risques psychosociaux ». Ces départs en cascade, ce n’est pas la preuve d’un « secteur en crise d’attractivité », mais plutôt « d’un dysfonctionnement et d’un mal-être de tous les travailleurs de la Bass », renchérit Bernard Cresta, délégué syndical CGT Araimc. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le financement du secteur s’est réduit de 20% en 25 ans, tandis que les salaires réels de la branche ont reculé, écrasés par l’inflation, jusqu’à s’aligner sur le Smic.

    Le sens au travail

    Un ras-le-bol partagé par Sandrine et Haroune, éducateurs spécialisés à l’institut médico-éducatif Les écureuils, géré par l’association Fouque. Les deux témoignent de la difficulté à se projeter dans un métier « dont les conditions de travail finissent par rendre maltraitants ». Christian Barbe, instituteur spécialisé et délégué syndical dans le même IME, raconte que « le recours systématique à l’intérim » est « un problème pour l’accompagnement des enfants, qui ont besoin de repères ». Une autre mobilisation a eu lieu devant le siège social de l’Unapei mardi après-midi, avec les mêmes mots d’ordre.

  • [Entretien] Thierry Ganzerla : « On dénonce le mal-être du médico-social »

    [Entretien] Thierry Ganzerla : « On dénonce le mal-être du médico-social »

    La Marseillaise : Pourquoi appelez-vous à la grève aujourd’hui ?

    Thierry Ganzerla : Nous rejoignons l’appel de l’intersyndicale à une mobilisation nationale des salariés du secteur social et médico-social ce mardi 10 mars. La grève est interprofessionnelle car le constat est le même partout : la dégradation de nos conditions de travail et de notre convention collective, celle des établissements et services pour personnes inadaptées et handicapées. Plus largement, nous dénonçons la baisse des budgets qui entraîne un sous-financement chronique et engendre de la souffrance.

    Quelles difficultés rencontrent les salariés de votre association ?

    T.G. : L’Unapei Alpes Provence emploie 1 500 salariés, sur trois départements, et gère près de 60 établissements pour accueillir et accompagner des enfants et des adultes en situation de handicap. Depuis 2023, nous constatons un gel des salaires qui stagnent autour du Smic. Les salariés sont épuisés par le manque de moyens. Il y a un gros turn-over et les postes ne sont souvent pas remplacés. Résultat, on dépend en grande partie d’intérimaires, et ce sont les titulaires qui en paient le prix, avec un mal-être croissant. Il y a aussi des disparités entre salariés : l’Unapei refuse par exemple de verser la prime Laforcade aux apprentis.

    Ce n’est pas la première fois que vous vous mobilisez…

    T.G. : Oui, depuis la fusion des associations qui a vu la naissance de l’Unapei en 2019, le dialogue social est compliqué. Les représentants du personnel subissent des pressions. C’est devenu difficile de continuer à exercer notre mandat.

    Quelles revendications portez-vous devant votre direction ?

    T.G. : Nous demandons d’abord à être entendus et que la délégation syndicale soit reçue par la direction générale au plus vite. Nous voulons des réponses concrètes face au mal-être des équipes : des revalorisations salariales cohérentes avec l’ancienneté et l’expérience, un accès plus facile à la formation, la reconnaissance de la pénibilité de notre travail. Les conditions doivent s’améliorer pour fidéliser les salariés et stopper l’hémorragie. Pour que les salariés du médico-social soient bien-traitants, il faut qu’ils soient bien traités.

  • Rassemblement pour défendre la semaine de 4 jours à Avignon

    Rassemblement pour défendre la semaine de 4 jours à Avignon

    C’est dans cet esprit que le comité 4 jours a organisé, samedi matin, un rassemblement pour réclamer le retour de la semaine à 4 jours à l’école. « Parce qu’il ne revient pas aux élus politiques locaux de fixer la semaine scolaire à leur guise, ni de faire subir aux personnels des règles locales », souligne aussi le syndicat FO éducation qui milite pour cette mesure.

  • La CGT Cheminots rend hommage à Pierre Semard à La Seyne-sur-Mer

    La CGT Cheminots rend hommage à Pierre Semard à La Seyne-sur-Mer

    « Pierre Semard n’était pas seulement un dirigeant syndical. Il était un homme de conviction, militant infatigable, défenseur passionné des cheminots et du monde du travail. Secrétaire général de la fédération des cheminots CGT, dirigeant engagé, il consacra sa vie à la justice sociale, à la dignité ouvrière et à la paix. Jusqu’au bout, il refusa de renier ses convictions », ont rappelé les cheminots, avant de déposer une gerbe de fleurs sur la stèle à son honneur.

  • [Entretien] Karim Bouzana : « La charge des postiers est de plus en plus lourde »

    [Entretien] Karim Bouzana : « La charge des postiers est de plus en plus lourde »

    Les 15 et 22 mars, les habitants éliront leur futur maire en se rendant aux urnes avec les documents électoraux reçus à domicile. Karim Bouzana, secrétaire départemental CGT Fapt-Poste 13, détaille un dispositif d’acheminement lourd : un travail intense, sur des délais serrés, « sans compensation » pour les travailleurs.

    La Marseillaise : À quelle charge de travail les postiers vont-ils faire face pendant cette période électorale ?

    Karim Bouzana : Dans le contexte des municipales, il y a la distribution des plis électoraux. On doit les mettre dans toutes les boîtes aux lettres de l’ensemble des habitants du département. Par exemple, vous avez 40 000 boîtes aux lettres dans le 15e arrondissement de Marseille et, dans chacune, vous avez potentiellement deux, voire trois, électeurs. Donc, on risque d’avoir 80 000 ou 90 000 plis à distribuer rien que sur le 15e. Avec le changement de scrutin, cette année, ça double la charge à Marseille. Et il faut prendre en compte le poids de cette charge. Toujours dans le 15e, il y a 26 facteurs titulaires. Donc imaginez ce que ça représente en termes de charge pour 26 personnes. Même s’il va y avoir des renforts, ça va être peu : quatre personnes. Ce sont des estimations, mais ça donne une idée. C’est un casse-tête parce qu’on va faire trois tâches au lieu de deux. Pour résumer, on se retrouve avec une trentaine de personnes pour des dizaines de milliers de plis, avec très peu de temps.

    Justement, quels sont les délais ?

    K.B. : C’est ça le souci. Pour le premier tour, on pourra plus ou moins gérer, il y a plus de souplesse. Mais le second, ça va être compliqué. On va récupérer les plis le jeudi soir, donc on aura que deux jours pour les distribuer avant la date limite. Les agents vont être amenés à venir pendant leurs jours de repos. Les samedis, on aura des journées très longues. S’il y a des maires qui sont élus au premier tour, tant mieux, ça va faire des contents au niveau des facteurs. Mais il y a la probabilité qu’on ait des triangulaires ou quadrangulaires, et ça va compliquer la tâche.

    Que demandez-vous à la direction ?

    K.B. : Cette tâche n’est pas dans les missions qu’on a d’habitude, on porte une charge largement supplémentaire. Donc on demande une compensation, juste pour récompenser l’effort. La Poste répond clairement non. On a fait différentes demandes : la mise en place d’une prime exceptionnelle couvrant les deux jours, ou un panier-repas par jour de distribution. La Poste refuse. Un dépôt de préavis de grève a été déposé, de ce mardi jusqu’au samedi, 24 heures reconductibles. La semaine d’après, pour le second tour, il va être posé du mercredi au samedi. La Poste doit réfléchir à comment partager.

    Quelles sont les réactions des travailleurs ?

    K.B. : Le mécontentement grandit dans les services et il y a des craintes. La charge des postiers est globalement de plus en plus lourde et, en plus de ça, on a la distribution des plis électoraux. Il y a une lassitude, une fatigue. Ce n’est pas une résignation, mais c’est du dégoût d’être traité de cette manière-là. Les charges de travail s’accumulent, on diversifie les fonctions, mais il n’y a pas la reconnaissance du métier. Ils ne sont pas valorisés à la hauteur des tâches qu’ils accomplissent. Donc, ils attendent une prise en charge et une reconnaissance, au moins pour la période électorale.

  • La CGT d’Alès alerte sur la situation de l’emploi

    La CGT d’Alès alerte sur la situation de l’emploi

    Alors que les débats sur l’international ou sur les élections municipales occupent une bonne partie de l’actualité, la CGT d’Alès a souhaité fin février sonner l’alarme face à une situation de l’emploi qui s’aggrave. Sur la ville d’Alès, le chômage atteint en effet 15,6% de la population active, soit le double du niveau national. « Nous estimons que 5 000 postes ont été supprimés en 25 ans, sans compter les emplois induits. Nous craignons qu’avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, de nombreux emplois ne soient encore perdus », s’inquiète Martine Sagit, la secrétaire de l’union locale CGT d’Alès.

    Pour la CGT, plusieurs facteurs expliquent ces chiffres inquiétants : fracture numérique, désindustrialisation ou encore casse des services publics : « On nous avait promis qu’avec la fermeture des mines, des industries allaient arriver sur le bassin alésien, sauf que toutes les entreprises qui sont venues ferment petit à petit. Des postes sont supprimés dans le service public. À la Sécurité sociale, on est désormais accueilli par un agent de sécurité, il n’y a plus de guichet. Nous pensons qu’il faut remettre de l’humain partout. »

    Soutien aux chômeurs

    Mais le syndicat souhaitait aussi alerter sur la situation de travailleurs pour qui le travail ne permet pas de vivre décemment : « À la CGT, nous recevons entre 100 et 120 personnes par mois. Ils sont dans des situations de pauvreté d’un autre temps. Nous avons un rôle pour accompagner ces personnes pour leur condition de travail mais aussi en dehors. Il y a une détresse morale très importante. »

    Dernier point soulevé par Martine Sagit, la « stigmatisation des chômeurs » : « On dit tout le temps que les chômeurs sont des feignants, qu’ils ne cherchent pas de travail et que les gens au RSA volent nos cotisations sociales. On stigmatise le chômeur mais jamais celui qui ne paie pas ses impôts comme les 13 000 millionnaires qui ne paient pas d’impôt. Sur le bassin alésien, il y a 169 000 habitants dont 69 000 qui travaillent. 16 000 sont demandeurs d’emplois. Sur ces 16 000, seulement 7 300 perçoivent une indemnité, le reste ne perçoit rien. Seulement 22% des gens qui peuvent toucher le RSA le touchent réellement. » Des chiffres que la CGT tente de marteler pour changer le regard sur les chômeurs.