Category: social

  • Fibre Excellence : à Tarascon, la CGT alerte sur 400 000 litres d’eau contaminée dans le Rhône

    Fibre Excellence : à Tarascon, la CGT alerte sur 400 000 litres d’eau contaminée dans le Rhône

    Alors que les administrateurs judiciaires contestent, ce jeudi 10 septembre, devant le tribunal administratif de Marseille, l’arrêté de réquisition du préfet de région visant à assurer la mise en sécurité du site classé Seveso, le délégué CGT de l’usine a enfin pu accéder de nouveau aux données techniques. « Elles sont sans appel : de l’eau non traitée est déversée dans le Rhône », affirme-t-il.

    Les relevés dont dispose l’ancien salarié feraient d’ores et déjà état de « 400 000 litres d’eau contaminée » déversés directement dans le Rhône entre le 3 et le 6 septembre.

    Pour Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, « une catastrophe environnementale menace le Rhône à la papeterie de Tarascon, site Seveso en liquidation judiciaire, abandonné par l’Etat. Pourtant, le liquidateur judiciaire refuse d’exécuter la réquisition du préfet. L’Etat doit immédiatement mettre le site sous protection ».

  • La CGT ne compte pas subir l’élection présidentielle

    La CGT ne compte pas subir l’élection présidentielle

    Au lendemain d’une commission exécutive de rentrée, l’Union locale CGT Sorgues-Carpentras organisait ce mercredi un point presse. Manière d’aborder l’année sociale, qui ne doit pas être éclipsée par les enjeux politiques. « À huit mois de la présidentielle, il est hors de question de subir l’agenda politique et patronal, nous allons occuper les espaces de parole avec nos revendications », prévient Sylvain Espenon, secrétaire de l’UL. Après notamment un été caniculaire, le syndicat attend non plus des mesurettes mais un vrai texte de loi qui protège les salariés « et contraint les entreprises ».

    « Le discours dominant reste le même : il faudrait réduire les dépenses publiques et sociales mais de l’argent il y en a, la question est celle de sa répartition, nous refusons que les salariés, les retraités et privés d’emploi soient encore ceux à qui l’on présente la facture », brosse Sylvain Espenon. Un message qui sera délivré à l’occasion des élections professionnelles dans la fonction publique le 10 décembre mais avant, dans la rue. Ce mardi, l’UL CGT appelle à rejoindre la manifestation régionale à Marseille autour de la santé et l’action sociale, puis le 26 septembre à participer à une marche pour le climat, la paix et solidarités [départ à 14h du cours Jean-Jaurès, vélorution à 13h depuis la bibliothèque Renaud-Barrault] avant le 29 septembre une manifestation intersyndicale autour de la fonction publique. Un cortège est en prévision à Avignon. Sans oublier les retraités qui se mobiliseront le 14 octobre puis le 19 novembre à Paris lors des débats sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale.

  • [La Marseillaise Breaking Cup] Danse, graff et DJ animent la Paternelle

    [La Marseillaise Breaking Cup] Danse, graff et DJ animent la Paternelle

    « Moi bâtiment M », « Moi D », « Et moi juste ici », s’empressent de répondre, tour à tour, Ilyana, Sarah et Jasmine, pointant chacune une direction, lorsqu’on leur demande où elles habitent. Pop-corn à la main, elles ont entre 8 et 10 ans et sont venues assister à la 3e étape de La Marseillaise Breaking Cup, ce mercredi de passage dans leur quartier, à la Paternelle (14e). Initiations au breakdance, au graff ou au DJ Mix, les activités pour divertir les toutes jeunes filles sont nombreuses. C’est là tout l’intérêt de l’événement selon Houssam Zguep, directeur du centre social CCO Sainte-Marthe. « C’est important qu’il puisse y avoir ce genre de rendez-vous, souligne-t-il. Il n’y a pas beaucoup d’événements culturels dans les quartiers et c’est bien que les gens de l’extérieur viennent à nous. D’habitude, ce sont toujours les habitants qui doivent faire le déplacement. » Un point de vue partagé par Fadela Hadjadji, présidente de l’association Jeunes renaissance, gestionnaire des lieux qui accueillaient mercredi la Breaking Cup. « C’est super que les enfants puissent se mélanger et, du même coup, découvrir de nouveaux horizons, s’enthousiasme-t-elle. Notre objectif c’est qu’ils deviennent des adultes épanouis, qu’ils se nourrissent des connaissances extérieures. » Et ce moment est aussi l’occasion de rencontres, entre jeunes, entre parents, mais aussi entre associations. Sur place, on trouve aussi l’Addap 13, spécialisée dans l’éducation de rue et l’insertion sociale, et le Secours populaire, venu présenter son mouvement Copain du Monde, qui permet aux enfants de devenir bénévoles. Prochaine étape ce jeudi au Plan d’Aou.

    Au programme

    Jeudi, c’est au Plan d’Aou (15e), dans le centre social Grand Saint-Antoine, que se poursuivront les animations de la Breaking Cup. À partir de 16h30, des initiations au breakdance, au graffiti et au DJ Mix seront de nouveau proposées et des ateliers seront également animés par l’association Ambition 360.

    M.M.

  • Le bras de fer sur Fibre Excellence au tribunal

    Le bras de fer sur Fibre Excellence au tribunal

    « Il y a déjà des valeurs hors limites de produits toxiques rejetés dans le Rhône », suite aux pluies de la veille, informait François Batista, secrétaire de l’UD CGT 13, dans la matinée du 9 septembre. Ce 10 septembre c’est devant le tribunal administratif de Marseille, où ils seront reçus en audience, que les liquidateurs jouent l’avenir d’un vaste territoire.

    Les termes de l’arrêté pris par le préfet étaient pourtant très clairs. « La société Realtec est réquisitionnée afin d’assurer le redémarrage de la pomperie au Rhône et de la station d’épuration » en proposant « des contrats de travail aux personnels compétents dans les mêmes conditions que celles qui prévalaient à la date 28 août pour les salariés de la société Fibre Excellence Provence ». Une réquisition exécutoire « jusqu’au jeudi 10 septembre à 23h59 ».

    Le Rhône menacé

    Après les alertes des ex-salariés sur des écoulements dès la prise en main par Realtec (groupe Monticelli) et plusieurs inspections, le préfet de région, Jacques Witkowski, avait exigé le redémarrage « immédiat » de la pomperie au Rhône et de la station d’épuration, ne pouvant être arrêtées « que sur demande justifiée et motivée et après accord explicite de l’inspection des installations classées ». Mardi 8 septembre, l’arrêté, renouvelé, n’avait toujours pas été respecté, sachant « qu’un arrêt brutal rendra le redémarrage impossible », précise François Batista. Il ne l’était pas plus ce mercredi. Pour la CGT : « Sécuriser l’usine, c’est protéger les populations et le Rhône. C’est aussi maintenir l’outil industriel en état de redémarrer et préserver jusqu’au bout la possibilité d’une reprise et de l’emploi industriel à Tarascon. »

    Ce que ne souhaitent visiblement ni les mandataires, ni l’entreprise missionnée. Depuis le 28 août, Realtec, spécialisée dans les arrêts d’usines, refuse de réembaucher les salariés de Fibre Excellence qui maîtrisent le process complexe des installations. Sur le site, la présence d’employés de la filiale roumaine de la société, témoigne Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT de l’usine, « ne facilite pas la compréhension des directives ». Depuis leur liquidation, les salariés licenciés continuent de protéger leur outil de travail et de se rendre disponibles, conscients des risques d’incendie sur le site et de pollution dans le Rhône à la soude, aux sulfures et sulfates. « En aval, ce sont 75 kilomètres de Rhône jusqu’à Port-Saint-Louis, la Camargue, ses nappes phréatiques, la riziculture, le maraîchage, l’ostréiculture et tout un écosystème qui sont menacés », rappelle l’UD CGT 13.

    Sur place, le directeur général délégué de Realtec a reçu la visite de la police nationale, de la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets) et de la Carsat. Suite à l’intervention d’un inspecteur du travail, le badge du délégué syndical CGT a été réactivé. Jean-Michel Bulinge entend enfin « accéder à des données plus précises sur les nouveaux écoulements ». C’est ce jour dans la salle d’audience du tribunal de Marseille que se poursuit le bras de fer entre le préfet Jacques Witkowski et les administrateurs judiciaires qui contestent l’arrêté préfectoral de réquisition. En question, la responsabilité du risque d’une plus large pollution. « La mise en sécurité du site se déroule dans des circonstances préoccupantes », a affirmé le préfet.

  • Tarascon : les liquidateurs de Fibre Excellence contestent la réquisition devant le tribunal

    Tarascon : les liquidateurs de Fibre Excellence contestent la réquisition devant le tribunal

    Un arrêté préfectoral avait déjà été pris jeudi dernier pour la mise en sécurité de l’usine à papier liquidée où subsistent des tonnes de produits dangereux et polluants, mais il n’a pas été respecté. En tout ce ne sont pas moins de quatre arrêtés et deux ordres de réquisition pour sécuriser le site qui sont restés sans effet. A la barbe du préfet, les liquidateurs refusent de redémarrer l’outil de production et, alors qu’une pollution est déjà en cours, ils contestent la réquisition. Ce jeudi à 15h aura lieu l’audience devant le tribunal administratif de Marseille.

    Une situation qui alertait également Jérémy Bacchi, sénateur (PCF) des Bouches-du-Rhône, représenté sur place par une assistante parlementaire. « Le maintien à l’arrêt du site fait peser un risque sanitaire et environnemental considérable. Les conséquences d’un tel incident seraient désastreuses pour l’ensemble de l’économie locale en aval, notamment la riziculture camarguaise et les bassins ostréicoles », rappelle-t-il.

  • Fibre Excellence : les salariés appellent à sécuriser le site de Tarascon

    Fibre Excellence : les salariés appellent à sécuriser le site de Tarascon

    « S’il pleut ce soir, on se retrouve avec tous ces produits nocifs dans le Rhône », lance Jean-Michel Bulinge, secrétaire CGT Fibre Excellence Tarascon devant l’usine à l’arrêt suite à la liquidation judiciaire prononcée en juillet dernier. Il appelle le mandataire de mettre en route la station d’épuration avant que la pluie, qui est bien tombée ce mardi 8 septembre en soirée, ne fasse couler les produits accumulés dans les égouts directement dans le Rhône. Malgré les alertes, rien n’a été fait. Des dizaines de milliers de litres de produits polluants se sont potentiellement déversés dans le Rhône dans la nuit.

    La préfecture de Région est également intervenue aux
    alentours de 17h. Contactée par La Marseillaise, elle confirme qu’un arrêté de réquisition a été signé et notifié dans la journée, mais, qu’il « ne fait que demander l’application de l’arrêté du 03.09.2026 ». Qui n’aura donc pas été appliqué en ce mardi 8 septembre.

    La décision prise ce jeudi 3 septembre par le préfet de région, Jacques Witkowski, exigeait le redémarrage de la pomperie au Rhône et de la station d’épuration. Ce, après les premières alertes des salariés concernant des incidents. Ce que confirmait le préfet dans son arrêté, considérant après inspection que « cette situation constitue un manquement aux obligations réglementaires ». Et affirmait que la pomperie et la station d’épuration ne pouvaient être arrêtées « que sur demande justifiée et motivée et après accord explicite de l’inspection des installations classées ».

    Mais celle-ci ne fonctionnait toujours pas en début de matinée ce mardi. « Dans les égouts, on retrouve toutes les liqueurs noires qui ont été déversées ces derniers jours ainsi que d’autres produits », assure la CGT. Qui ajoute également que les badges d’accès au site des responsables syndicaux ont été bloqués par le mandataire. Autour de ces derniers, quelques dizaines d’ex-salariés attendaient de pouvoir intervenir sur place. Une situation qui alertait également Jérémy Bacchi, sénateur (PCF) des Bouches-du-Rhône, représenté sur place par une assistante parlementaire. « Le maintien à l’arrêt du site fait peser un risque sanitaire et environnemental considérable. Les conséquences d’un tel incident seraient désastreuses pour l’ensemble de l’économie locale en aval, notamment la riziculture camarguaise et les bassins ostréicoles », rappelle-t-il.

    Baguette magique

    Avec la présence d’élus locaux, l’occasion de remettre également une couche sur la possibilité de continuer l’activité. « On a un projet pour repartir avec de faibles moyens », assure François Batista, secrétaire de l’UD CGT 13. Avec l’idée de travailler sur la revalorisation de déchets et éventuellement de fabriquer de la pâte à papier à partir de cartons recyclés. Mais subsiste un problème. « Dans une liquidation normale, il faudrait un mois pour que les produits soient retirés, mais ils ont décidé de procéder autrement. S’ils arrêtent l’usine comme ça, il sera impossible de la redémarrer. C’est le seul acteur qui est contre l’ensemble des autres et cherche par tous les moyens à ce que l’usine ne puisse plus redémarrer », peste-t-il. Et demande l’aide de la Région, qui était représentée par le conseiller régional et élu municipal arlésien Cyril Juglaret. « On se rencontre régulièrement. On n’attend pas que l’État fasse une table ronde car ils ne le font pas. Mais on n’a pas non plus de baguette magique », pose-t-il. « En attendant, on tombe dans la précarité et personne ne fait rien », peste Martine, ex-salariée qui assure ne pas avoir reçu les papiers nécessaires pour s’inscrire à France Travail.

  • L’appel des Scop-Ti pour un nouvel élan

    L’appel des Scop-Ti pour un nouvel élan

    « Vous avez le pouvoir d’aider Scop-Ti ! ». Ce mardi à Gémenos, Gérard Cazorla, premier président de Scop-ti et Olivier Leberquier, son successeur, ont le regard de ceux qui déplacent des montagnes. Au cœur de l’usine qui a été reprise à la multinationale Unilever par la sueur, 1336 jours de lutte et l’intelligence collective via l’actuelle coopérative, les ex-Fralib veulent mettre les bouchées doubles pour 2026.

    « On a une activité qui progresse énormément mais ça nécessite des besoins de trésorerie importants. Il faut qu’on développe encore plus notre marque 1336 », explique Olivier Leberquier, figure du long combat des anciens travailleurs du thé marseillais Éléphant. Si Scop-Ti est maintenant bien installée dans le paysage des coopératives qui réussissent, reste que la petite entreprise « sociale et solidaire » fait toujours face à moult obstacles. « La grande distribution ne joue pas le jeu, c’est toujours plus compliqué de faire sa place dans les magasins », commente Olivier Leberquier. Gérard Cazorla abonde : « Et on n’a pas les moyens de se faire des pubs comme les grands groupes ! ».

    Ajoutez à cela la crise sanitaire de 2020, et les « spéculateurs de guerre » qui surfent sur les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, l’équation reste complexe pour les 60 coopérateurs et 37 salariés de Scop-Ti. D’où l’appel du jour : « On lance une nouvelle campagne de sociofinancement mais c’est bien plus que cela ». Par « plus que cela », ils entendent proposer tout un panel de moyens pour soutenir 1336 à différents niveaux. Par exemple, avec la possibilité à venir d’abonnements mensuels ou annuels pour leurs produits, le développement de l’offre sur leur site internet ou encore la possibilité de devenir « ambassadeur » de la marque. « Un militant qui connaît notre histoire et qui est dans une association sportive pourra mettre en vente nos produits pour les adhérents », explique Gérard Cazorla. Une nouveauté qui concerne notamment ce qu’ils appellent « le réseau militant », alias les entreprises et travailleurs du secteur de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS), c’est-à-dire d’autres coopératives mais aussi des mutuelles ou associations. Un secteur où le jeu du libre marché et les bénéfices passent après « les hommes et les femmes » qui travaillent.

    « L’autogestion, ça marche »

    En bref, plus que de simples dons, les ex-Fralibs proposent que les citoyens puissent « accompagner le développement ». De quoi remettre en lumière les valeurs de Scop-ti : « Nous faisons la démonstration que le collectif et l’autogestion, ça marche et c’est viable ». Et surtout la qualité de ses produits : « Emballages écoresponsables et recyclables, recettes composées uniquement d’arômes naturels, avec le label Origine France Garantie », énumère Olivier Leberquier. C’est aussi l’assurance de faire vivre des producteurs locaux et bio comme ceux du tilleul des Baronnies provençales.

    In fine, l’objectif est bien d’assurer la pérennité financière de la coopérative, qui était dans le positif en 2020, mais aussi participer à la visibilité de la marque à l’histoire sociale unique au monde. « On a besoin de développer de nouveaux produits, et pour cela, on a besoin de financements ! », conclut Gérard Cazorla.

    LES FEMMES ET LES HOMMES DERRIÈRE 1336

    Rim Hidri, assistante comptable

    Dans l’un des couloirs de l’usine 1336, couverts d’affiches du Che et d’appel à manifester de la CGT, Rim Hidri interrompt sa marche. « C’est moi ! s’exclame-t-elle, désignant une photo d’elle prise il y a plus de 10 ans entre les mêmes murs. Je me rappelle, le photographe m’avait dit de penser à un truc qui me mettait en colère. J’ai pensé au moment où on nous a annoncé la fermeture ». Présente « tout au long de la lutte », elle est coopératrice de la Scop depuis sa création. « C’est quand même grisant d’être à la fois patronne et salariée, s’extasie-t-elle. J’ai le pouvoir de prendre des décisions et en même temps la possibilité de les mettre en application par moi-même ». Contrôleuse qualité avant la reprise, puis assistante comptable depuis l’ouverture, elle assure que son quotidien n’a aujourd’hui « plus rien à voir ».

    M.M.

    Thierry Lauthelier, bénévole à Fraliberthé

    Dans les bureaux de Fraliberthé, association de bénévoles qui travaille à la promotion de la marque 1336, Thierry Lauthelier se fait discret. Pourtant, il est de ceux pour qui l’économie solidaire sonne comme une évidence. Informaticien, il a lui aussi créé sa Scop il y a 16 ans, au moment où les actuels salariés de 1336 entament leur combat pour poursuivre leur activité. Familier des conflits sociaux « depuis l’enfance », il vient souvent soutenir ses camarades géménosiens, jusqu’à devenir bénévole régulier pour la structure. « La différence ici, comme dans les Scops en général, c’est qu’on sent que ce qu’on fait a du sens, note-t-il. C’est là qu’on se rend compte à quel point le sens du travail manque à nos sociétés modernes et capitalistes, qui ne tournent qu’autour du pognon ».

    M.M.

    Laurence Nicolas, contrôleuse assurance qualité

    Présente avant la reprise et tout au long de la lutte, Laurence Nicolas est de retour chez 1336 depuis deux ans seulement, après une longue parenthèse dans le secteur social, aux côtés des personnes en situation de handicap. « Je suis coopératrice depuis le départ et je n’ai jamais cessé d’être scopiste. Il y a deux ans, quand j’ai quitté mon ancien travail, je me suis dit que j’allais retenter l’aventure », retrace-t-elle. À l’origine partisane de ce modèle d’économie solidaire, elle dit aujourd’hui constater quelques limites. « Bien sûr que c’est différent d’une entreprise et qu’il y a des avantages : on est autonome, on apporte notre savoir-faire, notre plus-value, concède-t-elle volontiers. Mais c’est vrai qu’a contrario, il y a quelques soucis, avec des scissions entre certains services qui apparaissent, comme dans une entreprise lambda ».

    M.M.

    Marie-Claire Amato, bénévole à Fraliberthé

    Ferronnerie « Scop-Ti » et affiche du Che sirotant une tasse de thé, Marie-Claire Amato détient sur son bureau tout l’attirail d’une bonne communicante. Bénévole pour Fraliberthé, elle participe à la promotion et à la gestion administrative de la coopérative. Aujourd’hui à la retraite, elle est entrée en contact avec 1336 il y a plus de 12 ans, à l’occasion d’une journée de solidarité organisée par son syndicat de l’époque, la CGT territoriaux d’Aubagne, pour soutenir le combat de l’usine de thé. C’est elle qui sera à l’initiative de l’écriture de la pièce de théâtre 1336, qui raconte les 1336 jours de lutte des salariés. « Je donne du sens à ma retraite, s’émeut-elle. J’ai l’impression d’aider à construire quelque chose pour lequel je me suis battue toute ma vie, en tant que syndicaliste. »

    M.M.

  • Scop-Ti : historique de la lutte

    Scop-Ti : historique de la lutte

    Septembre 2010

    Unilever annonce la fermeture

    Le groupe Unilever annonce son intention de fermer l’usine Fralib (thés Éléphant et Lipton) de Gémenos. 182 emplois directs et 50 induits sont menacés. Une délocalisation en Pologne est envisagée. À l’époque, le groupe embauche 167 000 salariés au total, cumule un chiffre d’affaires de 44 milliards d’euros et ses produits sont vendus dans plus de 180 pays.

    Automne 2010

    Les salariés refusent de plier

    Dès l’annonce de la fermeture, 76 salariés Fralib se mobilisent, occupent leur usine et revendiquent le maintien des 182 emplois. Les employés en lutte organisent des rotations pour que leur outil de travail soit surveillé 24h sur 24.

    2012

    Le site est racheté

    La métropole marseillaise rachète le site de Gémenos mais la bataille juridique continue. Les trois premiers Plan de sauvegarde de l’emploi proposés par Unilever sont tour à tour refusés par la justice.

    Mai 2014

    Unilever accepte le plan de fin de conflit

    Après 1336 jours de lutte, Unilever accepte finalement la signature d’un protocole de fin de conflit avec ses anciens salariés. L’industriel leur verse 19,1 millions d’euros pour que soit monté leur projet de coopérative Scop-TI. Seuls 3 millions d’euros reviennent effectivement à cette dernière. La majorité de la somme, soit environ 11 millions d’euros, sert à reverser les salaires non payés pendant la lutte et les cotisations sociales que le groupe avait également refusé de payer.

    2016

    Première année d’exercice plein

    C’est le début des activités et la première année d’exercice plein. Le chiffre d’affaires atteint 1,8 million d’euros, mais le déficit est encore d’1,4 million d’euros.

    2025

    Meilleur chiffre d’affaires

    La Scop-Ti réalise un chiffre d’affaires de 4,6 millions d’euros, les meilleurs résultats de son histoire. Mais la coopérative reste en déficit d’environ 250 000 euros. Et de lancer un nouvel appel.

  • [Fibre Excellence] Carole Delga : « Nous avons eu raison de nous battre »

    [Fibre Excellence] Carole Delga : « Nous avons eu raison de nous battre »

    « Une étape majeure vient d’être franchie. Avec les industriels engagés dans le projet, nous nous battons pour obtenir ces trois mois supplémentaires indispensables à la finalisation de la reprise. Aujourd’hui [lire mardi], devant le Tribunal de commerce, cette demande collective a reçu le soutien de l’ensemble des parties. Le sérieux et l’engagement des investisseurs ont été reconnus » a réagi mardi la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), à l’issue de l’audience du tribunal de commerce de Toulouse. « Nous avons eu raison de nous battre et de ne jamais renoncer ! Depuis des mois, nous travaillons et prenons nos responsabilités pour donner un avenir au dernier producteur français de pâte à papier. Nous avons construit un projet industriel solide, pérenne et rentable » insiste l’élue. « Je pense aujourd’hui d’abord aux salariés et à leurs familles, qui vivent depuis des mois dans l’incertitude et se battent eux aussi pour leur usine. Ces trois mois vont désormais nous permettre de travailler sereinement avec les industriels pour finaliser et consolider le projet de reprise. », appuie Carole Delga.

    13 millions votés par les élus

    Pour assurer la continuité de l’activité de l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens, La Région mobilisera 3,5 millions (sur une enveloppe globale de 13 millions d’euros), d’octobre jusqu’à début de décembre. Le financement régional sera versé mensuellement, en fonction de l’avancement du projet de reprise. L’État aura assuré la continuité en engageant 2 millions jusqu’au 30 septembre. Ces financements permettront d’assurer les charges courantes, de préserver l’outil industriel et de maintenir les emplois, tout en laissant aux industriels le temps nécessaire pour finaliser leur projet de reprise.

    Lundi, Les élus régionaux ont voté une enveloppe de 13 millions d’euros en faveur de la relance de Fibre Excellence. Sur cette enveloppe, 3,5 millions seront donc mobilisés pour financer la poursuite de l’activité pendant les trois prochains mois. « Le reste de l’engagement régional accompagnera le projet industriel de 90 millions construit ces derniers mois avec l’ARIS [Agence régionale des investissements stratégiques] et les partenaires industriels, destiné à relancer la production de pâte à papier et à développer de nouvelles activités sur le site ». En parallèle, « les échanges se poursuivent avec les deux investisseurs solides et sérieux, dont Soprema, qui travaillent activement à la finalisation du projet, de son business plan et de ses activités », précise la Région. Ils avaient eux-mêmes exprimé le besoin de disposer d’environ trois mois supplémentaires.

  • [Maj] Vers un délai de trois mois pour l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens en Occitanie

    [Maj] Vers un délai de trois mois pour l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens en Occitanie

    Le tribunal de commerce de Toulouse rendra sa décision mardi 15 septembre. Mais il fait peu de doute qu’il devrait, sauf très mauvais coup de théâtre, prononcer la poursuite de l’activité de l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) pour au moins trois mois.

    Objectif de ce délai : permettre aux industriels candidats à la reprise de proposer un projet solide. Un enjeu majeur après la liquidation du site Fibre Excellence de Tarascon dans les Bouches-du-Rhône où l’espoir pourrait aussi renaître à la faveur de la reprise de l’usine occitane.

    « Les salariés ne baisseront pas la garde »

    Ce délai doit permettre « de sécuriser le site et de donner le temps nécessaire à la finalisation d’une solution industrielle pérenne. Pour permettre la poursuite de l’activité pendant cette période », explique la Région Occitanie qui met sur la table 3,5 millions, l’État assurant pour sa part un engagement de 2 millions jusqu’au 30 septembre.

    « C’est une nouvelle étape, mais ce n’est pas encore la victoire qui aura lieu le jour où l’usine redémarrera », a déclaré Pauline Salingue, représentante de la CGT de Haute-Garonne. « Le projet (de reprise) est là, on a gagné un peu de temps pour avancer sur ce projet, il y a des repreneurs, les salariés ne baisseront pas la garde et resteront mobilisés dans les prochaines semaines ». La représentante du ministère public a demandé trois mois supplémentaires de poursuite d’activité, conformément à la volonté de la Région pour permettre à un repreneur de finaliser une offre de reprise. Le ministre de l’Industrie Sébastien Martin a demandé « des engagements précis » de la part des porteurs du projet de reprise.

    Un industriel portugais

    a manifesté son intérêt

    La présidente de la Région Occitanie, la socialiste Carole Delga (lire ci-dessous), avait appelé l’État à nationaliser temporairement Fibre Excellence pour une durée de plusieurs mois afin de permettre à un éventuel repreneur de finaliser une offre de reprise. Selon les informations du journal La Tribune, un industriel portugais serait très intéressé et aurait visité le site de Saint-Gaudens. Il pourrait s’agir du groupe Papermar. Une lettre d’engagement aurait été déposée. Un autre partenaire industriel, le groupe alsacien Soprema fait aussi partie du tour de table.

    À l’issue de l’audience, Cédric Byé, président du CSE de Fibre Excellence, délégué CGT chez Fibre Excellence, a qualifié de « geste fort » l’annonce du gouvernement et de la Région d’un soutien financier nécessaire pour la poursuite de l’activité. Un représentant de la Région a indiqué que le sérieux des repreneurs potentiels justifiait ce délai de trois mois pour bien préciser leur projet de reprise.