Category: politique

  • [Entretien] Nicole Giraudi, France Cuba Marseille Bouches-du-Rhône : « On a dépassé le stade de l’urgence sur l’île »

    [Entretien] Nicole Giraudi, France Cuba Marseille Bouches-du-Rhône : « On a dépassé le stade de l’urgence sur l’île »

    La Marseillaise : En quoi consiste le mouvement Semillas de solidaridad et quelle place prend Aleida Guevara dans ce projet ?

    Nicole Giraudi : Elle joue un rôle d’ambassadrice non-officielle de la pensée et du socialisme cubain. Son objectif est de faire connaître les difficultés de son pays et solliciter l’aide, la coopération et le soutien, en se déplaçant dans différentes villes pour y faire des rencontres et des conférences. D’où le mot Semillas, qui signifie graine : elle sème la solidarité. Semillas de solidaridad est né grâce notamment à la branche du Gard de l’association France Cuba. Aleima s’est donc rendue dans le Gard, mais viendra aussi à Marseille et dans le sud-ouest.

    Il sera question, lors de la conférence, de la situation médicale actuelle à Cuba. Qu’en est-il aujourd’hui ?

    N.G. : Aujourd’hui, on a dépassé le stade de l’urgence à Cuba. Comment pouvez-vous espérer que les hôpitaux fonctionnent quand il y a parfois vingt heures de coupure de courant par jour ? L’OMS a comptabilisé, rien que sur le mois de mars, 1 800 nouveau-nés qui sont morts à l’hôpital à défaut d’assistance respiratoire, et c’est la même chose pour les personnes âgées. La crise s’étend au-delà du milieu médical, les transferts d’argents sont bloqués par les Américains, le troc a fait son retour dans l’économie. Même le gouvernement cubain a dû diminuer les rations pour la population depuis janvier.

    Toujours au sujet de la santé, Cuba opère depuis 1959 une politique d’aide médicale internationale. En quoi consiste-t-elle ?

    N.G. : Dans le cadre de coopérations, Cuba envoie des médecins dans les endroits qui ont besoin d’une aide médicale. Au départ, cette aide s’est concentrée sur les pays en voie de développement, mais depuis le Covid, des médecins cubains interviennent aussi en Europe. En France par exemple, dans le Gard, mais aussi en Bretagne. En Italie également, certaines régions en ont bénéficié et en redemandent. C’est une manière pour Cuba d’affirmer la paix et la coopération internationale. Mais les États-Unis mettent la pression à tous les États qui seraient enclins à accepter cette collaboration médicale.

    La formation médicale est donc particulièrement bonne à Cuba ?

    N.G. : Oui, Cuba a beaucoup investi dans l’alphabétisation depuis 1961. La lutte contre l’analphabétisme était d’ailleurs un des objectifs de la révolution. Ce qui témoigne encore aujourd’hui de la qualité de la formation, c’est que sont formés à Cuba, des futurs personnels soignants étrangers.

  • La Codex 83 dénonce avec force l’imposture du RN et de ses alliés

    La Codex 83 dénonce avec force l’imposture du RN et de ses alliés

    Dans le Var, les 2 348 grands électeurs qui étaient appelés à renouveler quatre sièges ont élu deux LR avec 907 voix (38,63%) et deux RN avec 691 voix (29,43%). Le parti frontiste opérant une percée pas seulement due à ses propres forces revendiquées associées à celles de l’UDR.

    Ces deux sénateurs représentent deux des quatorze sièges obtenus par le parti à la flamme, lui permettant de constituer un groupe parlementaire.

    Pour la coordination, si l’élection d’au moins un sénateur d’extrême droite était largement prévisible, compte tenu des élections de mars dernier en décrochant avec au moins 300 élus municipaux et 70 élus communautaires dont elle pouvait compter, le score de 691 voix révèle une autre réalité. Démontrant que d’autres, avançant plus ou moins cachés au mépris de leurs électeurs, ont franchi le pas.

    Pour la Coordination, une étape supplémentaire vient ainsi d’être franchie dans la « banalisation du Rassemblement national et des idées d’extrême droite ». D’où l’urgence avant les prochains scrutins de continuer à dénoncer sans relâche l’imposture du RN et de ses alliés.

  • Six-Fours-les-Plages : Le foot jusqu’au Conseil d’État ?

    Six-Fours-les-Plages : Le foot jusqu’au Conseil d’État ?

    Le feuilleton footballistique se poursuit à Six-Fours. Alors que la mairie a été condamnée par le tribunal administratif de Toulon à rétablir l’accès du Six-Fours – le Brusc FC aux stades de la commune (le 1er septembre), et à lui donner des créneaux d’accès exploitables (le 22 septembre), ces décisions, assorties d’une astreinte de 300 euros par jour de retard, n’ont, selon l’avocat du club Me Arnaud Mazille, toujours pas été appliquées. « La mairie maintient les mêmes propositions de créneaux, sur lesquels à peine 12 heures sont exploitables », affirme-t-il.

    Le club appelle au dialogue

    Le maire RN Frédéric Boccaletti martèle, dans un communiqué en date du 5 octobre, que les décisions ont été respectées, et que « la justice n’a jamais imposé la restitution des anciens horaires, l’attribution de 45 heures hebdomadaires ou le choix des créneaux ». Il y a quelques jours, l’édile fustigeait une « ordonnance rendue sans contradictoire » et annonçait qu’il formerait un pourvoi en cassation devant le Conseil d’État.

    Le club, qui a perdu des dizaines de licenciés et a dû déclarer forfait pour de nombreux matches à domicile, a appelé la mairie au dialogue. Frédéric Boccaletti affirme avoir rencontré les dirigeants à son initiative et être prêt à le faire à nouveau si ces derniers présentent les comptes du club, objet, selon lui, des décisions prises à son encontre par la mairie. « C’est la première fois qu’il propose alors qu’on a demandé à être reçu, et on n’aura aucun problème à produire les comptes », répond Me Mazille à ce sujet.

  • La Métropole trouve une issue de secours pour son budget

    La Métropole trouve une issue de secours pour son budget

    C’est un tour de passe-passe financier que la Métropole sort de son chapeau pour sortir de sa crise budgétaire. Près d’un mois après le séisme qui a secoué l’institution avec l’échec de son président à faire passer en force pour faire porter à Marseille l’essentiel des coupes dans les dotations aux communes, les maires se réunissent de nouveau, ce jeudi matin dans l’hémicycle du Pharo, pour un point d’étape, avant le prochain conseil métropolitain du 15 octobre.

    Pour la première fois depuis le début de l’année, son exécutif pourra présenter un budget à l’équilibre. Sans couper dans les dotations aux communes. « Il y avait une solution technique qui n’était pas vue jusque-là comme une solution », explique le vice-président (LR) aux finances, David Ytier. Une solution comptable, validée auprès des services de l’État du trésor public, qui consiste à retirer les 53 millions qui manquaient encore dans les amortissements des investissements métropolitains, qui seront donc financés par l’emprunt. Sans ajouter, dans l’immédiat, aux 91 millions de coupes claires dans les dépenses de l’institution. « Mais cela va dégrader les ratios financiers de la Métropole qui sont scrutés par les marchés, les banques », pointe l’argentier de l’intercommunalité. Avec en bout de course une épargne nette négative. Une façon de reculer avant de sauter dans l’année 2027, où la trajectoire financière anticipe un trou plus important encore, auquel s’ajoutent les nouvelles coupes de l’État, que la Métropole espère chiffrer d’ici la fin de la semaine.

  • Martigues : la gestion des déchets est toujours un sujet à Croix-Sainte

    Martigues : la gestion des déchets est toujours un sujet à Croix-Sainte

    Les déchets, le tri sélectif et leur gestion par la Métropole sont devenus des sujets incontournables des assemblées citoyennes. Le conseil de quartier de Croix-Sainte, mercredi soir, en a une nouvelle fois apporté la preuve lorsque plusieurs riverains ont signalé différentes difficultés.

    Cet habitant du quartier fidèle au tri sélectif se demande s’il « ne serait pas possible d’inverser les passages pour en avoir deux de tri sélectif et un d’ordures ménagères », contrairement à ce qui se fait actuellement. Le chef du service déchets de la Métropole à Martigues, Thomas Fian, rapporte qu’« on a encore des quantités d’ordures ménagères » justifiant cette organisation. Il rappelle que les fréquences ne sont pas sectorisées et sont « une décision d’envergure métropolitaine votée par les conseillers ». « Si vous avez de trop grosses quantités, demandez des bacs plus grands, 140 litres, c’est suffisant pour une fois par semaine », estime l’agent.

    L’adjointe (PCF) et conseillère métropolitaine, Valérie Baqué, n’est pas convaincue : « Quand on fait le tri sélectif, on est censé n’avoir que l’emballage en définitif. Là où j’habite, les bacs ne sont pas assez grands et, du coup, le tri sélectif n’est pas fait. » Thomas Fian objecte à l’idée d’un grand bac collectif que « les bacs de tri sélectif sont pollués à 50 voire 70% » quand ils sont collectifs. Selon lui, « le refus de tri est plus bas quand les résidents ont des bacs individuels ».

    Transfert de compétence ?

    Le sujet soulève une question plus politique chez un habitant. « Il était question de rétrocession des compétences métropolitaines durant la campagne », se souvient-il. L’adjoint et élu métropolitain, Pierre Dharréville, explique que « le débat n’a pas été engagé au regard du budget qui occupe la totalité des séances du conseil depuis notre élection ». « Nous devons gérer un budget en partie consommé, espérons que cela pousse l’institution à la réorganisation. Les rétrocessions font partie des sujets qui préoccupent les élus, mais certaines demandent une intervention législative. »

    Le même habitant demande si la gestion des ordures ménagères fait partie des compétences susceptibles d’être rétrocédées. Pierre Dharéville estime qu’« il y a peut-être un cadre, au moins pour la gestion opérationnelle que nous avons demandé à récupérer sans avoir eu de réponses, alors qu’on paye le service deux à trois fois tout en étant moins bien rendu que lorsqu’on le gérait nous-mêmes », avant d’éloigner le centre de décision.

    En attendant, des moyens de signaler les désagréments existent. Pour la majorité des cas, l’application « Adoptez le réflexe » de la Métropole permet de saisir les services compétents. D’autre part, l’application « Allô Martigues » donne lieu à un ticket consulté par les services de la Ville. « On est aussi là pour vous aider à la mise en relation avec la Métropole », insiste l’agent du service Développement des quartiers dédié à Croix-Sainte.

  • Des échanges pour faciliter l’intégrité des élus locaux

    Des échanges pour faciliter l’intégrité des élus locaux

    Jean Maïa, président de la HATVP, était présent, ce mercredi matin au conseil régional, pour échanger avec les responsables publics de la région. La HATVP, qui est l’institution qui contrôle les déclarations d’intérêts et de patrimoine des élus, surveille également les influences étrangères, ainsi que les activités de lobbying en France.

    « Il s’agit de répondre à l’obligation de transparence démocratique. Le contrôle qui est exercé sur les élus permet de lutter contre l’idée du “tous pourris”. Il nous permet de dire que la quasi-totalité des responsables publics répondent aux exigences de probité. C’était fondamental pour moi qu’on puisse avoir ce dialogue avec les acteurs du territoire aujourd’hui et faire un point ensemble sur les perspectives dans ce domaine », affirme Jean Maïa.

    Les élus de la Région reconnaissent l’importance du travail de la Haute Autorité, dont la compétence s’exerce sur 18 000 responsables publics, dont 1 500 en Paca. « Je crois que le contrôle a toujours du bon quand il est fait à bon escient. Dans cette institution, il y a la volonté d’être irréprochable. Nous nous devons d’être exemplaires, une institution se doit de s’appliquer à soi-même ses propres règles. Nos administrés attendent de la rigueur de notre part et que l’exercice de nos fonctions soit vérifié et contrôlé. On l’accepte », partage François de Canson, vice-président de la Région. Il se réjouit d’avoir l’opportunité d’échanger avec Jean Maïa : « Je crois que ce temps d’échanges avec la personne qui dirige la Haute autorité est absolument indispensable pour que nous puissions nous comprendre. Les liens entre celui qui contrôle et le contrôlé doivent permettre d’établir cette relation de confiance. »

    Prévenir plutôt

    que sanctionner

    Le but de cette visite est aussi d’assurer aux élus la disponibilité de la HATVP. Jean Maïa souligne en effet la nécessité de dialoguer avec les élus locaux afin de prévenir l’enrichissement illicite et le risque de conflit d’intérêts.

    « Nous sommes une autorité de contrôle, mais pas seulement. Nous sommes également dans une optique de conseil et d’accompagnement des responsables et des collectivités publiques dans leurs démarches déclaratives. Il ne s’agit pas seulement d’un contrôle unilatéral, on a aussi énormément d’échanges avec les déclarants », précise le président de la Haute Autorité.

  • Le maire de Manosque veut interdire les aides pour les casseurs

    Le maire de Manosque veut interdire les aides pour les casseurs

    Après avoir annulé la soirée rap du festival gratuit Musiks à Manosque pour punir les lycéens suite aux dégradations de jeudi, le maire Camille Galtier a annoncé, mercredi, vouloir interdire les aides de la commune et de la communauté d’agglomération pour les jeunes qui seront condamnés pour dégradations, dans le cadre de la mobilisation lycéenne, et pour leurs parents.

    « Ça m’apparaît compliqué de récompenser ou d’aider des parents quand on n’est pas capable de garder ses gosses à la maison », a-t-il lancé lors d’une conférence de presse. « Ceux qui ont manqué à leurs devoirs n’ont pas le droit à avoir des droits supplémentaires. »

    Les aides concernées sont l’aide à l’acquisition d’un vélo, les 5 000 euros donnés aux moins de 40 ans pour acheter un logement, les bons essence, électricité, les bourses sportives pour les enfants, les aides aux entreprises, aux commerçants et aux agriculteurs. « Je proposerai au conseil communautaire et au conseil municipal qu’en fonction de la gravité de la sanction qui aura été donnée aux jeunes condamnés, on fera un panel d’interdictions de ces aides et on verra la durée. C’est les conseils communautaires et municipaux qui décideront la graduation », a précisé Camille Galtier. Concrètement, l’édile souhaite ajouter au règlement et aux critères de ces aides que « telle personne dont l’enfant a été condamné ne puisse pas bénéficier de cette aide pendant telle durée ».

    Le procureur de Digne-les-Bains, Antoine Pesme, a affirmé à La Marseillaise qu’il ne « transmettra pas de liste de condamnés mineurs ». Aucune poursuite pour dégradation n’est engagée, a-t-il précisé, mais seulement pour des faits de violence.

    « Il veut renforcer les difficultés des familles qui sont déjà en grande difficulté. Si sa réponse est celle-là, c’est lamentable », a réagi Patrick Rousset, conseiller municipal d’opposition (PCF) du Regain Manosquin, liste d’union de la gauche. Il demande « une réponse concrète aux problématiques » plutôt que des sanctions, et accuse le maire d’être « toujours dans la provocation, sans contact avec les lycéens ».

    « Punition par procuration »

    Le secrétaire départemental du PCF, Bertrand Perrin, s’est lui aussi dit « opposé à la punition par procuration visant les fratries qui ne sont pas responsables ». Cet « effet d’annonce » est « la marque d’un maire en difficulté après une séquence des sénatoriales catastrophique pour sa candidate, qui cherche à redorer son blason en confondant autoritarisme et responsabilité », a-t-il estimé, doutant de la légalité de la mesure. Le Conseil d’État avait retoqué en 2022 une décision municipale similaire privant les délinquants d’aides versées par la commune de Caudry (Nord).

    « Si j’étais lui, j’essaierais d’apaiser les choses, l’inverse de ce qu’il fait. Il ajoute du mépris et de la répression à la colère des lycéens », déplore de son côté Jean-Claude Cauvin, de la section de Manosque du PCF, tout en condamnant les dégradations.

    « Le maire de Manosque sombre dans l’extrême-droitisation. Coupé de la jeunesse dont il ne comprend pas les motivations, il foule aux pieds l’État de droit en se livrant à une nouvelle opération de communication concernant des mesures dont il sait parfaitement qu’il ne pourra pas les appliquer, ce qui lui permettra de se victimiser », a réagi la FSU.

    « C’est une nouvelle erreur politique prise dans la précipitation. Les actes délictueux doivent être traités dans le cadre de l’état de droit, par la justice et les magistrats, a avancé Claire Henriroux, élue écologiste du Regain Manosquin. Une collectivité ne peut pas sanctionner des familles. Elle n’a pas vocation à infliger une double peine. M. le maire n’est pas un juge et la mairie n’est pas un tribunal. »

    23 gardes à vue ont eu lieu, la semaine dernière, dans le cadre de la mobilisation lycéenne dans le département, avec « un certain nombre de classements sans suite, deux majeurs déferrés et jugés dans le cadre du plaider coupable et cinq mineurs présentés à un juge des enfants qui seront jugés ultérieurement », a indiqué mercredi à La Marseillaise le procureur. Aucune garde à vue n’a eu lieu cette semaine.

    Le groupe RN-UDR-I à la Région Sud avait déjà annoncé, mardi, déposer une motion visant à priver les lycéens sanctionnés en conseil de discipline « de toutes les aides de la Région ».

  • À Marseille, les jeunes prêts pour l’acte IV

    À Marseille, les jeunes prêts pour l’acte IV

    La contestation lycéenne maintient la pression. Le dénommé « acte IV » de la mobilisation se tiendra ce jeudi à Marseille comme dans toutes les villes de la région. À l’appel de plusieurs syndicats étudiants, dont le collectif en lutte de l’AMU et l’union étudiante, une manifestation partira de la place des Réformés à 10h30.

    Parmi les participants figureront notamment les enseignants et élèves du lycée Marie Curie. Ce mercredi matin, une partie des enseignants de l’établissement s’est jointe à la mobilisation de leurs élèves qui bloquaient le lycée. Malgré le caractère « totalement pacifique de l’action », insiste Samuel Tracol, professeur d’histoire du lycée, une cinquantaine de CRS sont intervenus et ont sommé les manifestants de quitter les lieux, avant de les charger. « On s’est fait marcher dessus alors qu’on faisait un sit-in non violent et ils nous ont insultés », raconte Émy, une élève de terminale. Dans la charge, un jeune de 17 ans a été blessé à la tête et a été transféré à l’hôpital de la Timone par les pompiers. De son côté, la préfecture de police affirme que les CRS sont intervenus pour « libérer la voie publique ».

    Le maire de secteur, Didier Jau (EELV) qui s’est rendu sur place a dit sa « pleine solidarité » avec les jeunes et a proposé qu’une délégation du lycée Marie-Curie puisse être reçue en mairie de secteur et intervenir au prochain conseil d’arrondissement, soulignant l’importance « de proposer le cadre républicain pour porter leurs revendications légitimes ».

    Mais, dès ce jeudi, les enseignants et lycéens entendent clamer leurs revendications. « 23 000 euros ont été investis pour installer des caméras de surveillance dans le lycée alors qu’il y a des plaques de la toiture qui tombent et qu’on manque de tout », s’énerve ainsi Émy.

    LES RENDEZ-VOUS

    Marseille

    10h30, manifestation au départ des Réformés.

    Martigues

    Blocage des lycées Langevin et Lurçat.

    Miramas

    Blocage du lycée Cocteau.

    Aix-en-Provence

    11h, manifestation au départ de la Rotonde.

    Toulon

    9h, rassemblement devant le lycée Bonaparte.

    Carpentras

    Blocage du lycée Fabre.

    Avignon

    7h30 manifestation à partir du lycée Mistral pour se rendre au lycée Aubanel.

    Manosque

    8h, appel à une manifestation devant le lycée Esclangon.

    Gap

    8h, appel au rassemblement devant le lycée Dominique-Villard.

  • Le PCF mobilisé sur les stations Total pour partager ses propositions

    Le PCF mobilisé sur les stations Total pour partager ses propositions

    Malgré la pluie battante, un groupe de militants du Parti communiste français de Gap s’est mobilisé sur les deux stations Total de la ville, ce mercredi. « Carburant : stop au racket », peut-on lire sur les tracts distribués aux conducteurs.

    L’opération s’inscrit dans une action nationale lancée par le PCF, qui se déroule du 5 au 11 octobre, dans le but de faire connaître les propositions du parti concernant les carburants : blocage du prix à 1,60 euro le litre, baisse des taxes prélevées par l’État sur les carburants, et surtout nationalisation de l’entreprise Total pour « faire primer l’intérêt général sur la rapacité des actionnaires » et préserver la maîtrise nationale sur cette énergie nécessaire à la population.

    « Il faut arrêter cette escalade capitaliste de distribution des dividendes », alerte Catherine Dufour, secrétaire de section à Gap, alors que les actionnaires du géant pétrolier ont engrangé plus de 10 milliards d’euros de bénéfices au premier semestre 2026. « Certes, ce n’est pas simple, cela coûterait cher et ça nécessiterait un emprunt, explique la militante. Mais on aurait des retombées immédiates qui bénéficieront non pas aux actionnaires, mais au pays ! » Elle dénonce une « prise d’otage », alors que la population fait la queue dans les stations Total, qui affiche contrairement à ses concurrents un prix de 1,99 euro le litre : « Mais cette baisse des prix ne coûte absolument rien à Total. Pour la population qui a déjà un budget serré, ça n’est pas assez ! » D’autant plus que la majorité des personnes reste encore très dépendante de la voiture et donc du carburant, particulièrement dans les Hautes-Alpes, où « les transports publics ne sont pas à la hauteur ».

    La plupart des automobilistes prennent le tract et certains disent soutenir l’idée d’une nationalisation. Plus tôt, un jeune homme a montré son opposition, estimant qu’il fallait moins défendre le carburant que développer les mobilités douces. « Mais on ne dissocie pas la volonté de nationaliser Total de la lutte contre le changement climatique, explique Catherine Dufour. On a conscience que le fait que la population soit obligée de circuler en voiture est un problème. »

    Pour les militants, cette action n’a pas qu’une visée électoraliste : « C’est aussi pour aller à la rencontre des gens ! »

    Agathe Di Lenardo

  • Des annonces sur l’essence, rien sur les lycéens

    Des annonces sur l’essence, rien sur les lycéens

    « La colère des jeunes ne vient pas de nulle part. Nul ne peut être indifférent aux angoisses qu’ils expriment » : les propos Sébastien Lecornu, mercredi soir, dans une allocution enregistrée et prononcée depuis Matignon. À la veille d’une nouvelle journée de manifestation lycéenne et au surlendemain d’une très importante mobilisation, le Premier ministre a voulu tenter l’apaisement. Sans aucune annonce cependant pour répondre à la colère des lycéens qui exigent des moyens pour étudier dans de bonnes conditions que ce soit en termes d’enseignants présents ou de bâtiments, ou la fin de parcoursup.

    Il n’a en effet que réaffirmé que « les premières décisions du gouvernement seront présentées à la fin du mois d’octobre » afin de répondre à la crise. Ou ressorti la carte du « temps de dialogue » dans les établissements en précisant que ceux-ci se poursuivraient « à partir de demain [jeudi], dans chaque lycée et jusqu’à la semaine prochaine ». Ou celle de la plateforme de dialogue ouverte par le ministère de l’Éducation se félicitant de voir qu’elle avait déjà recueilli plus de 40 000 contributions.

    Pas d’annonces supplémentaires non plus concernant la doctrine du maintien de l’ordre qui émeut le pays après 215 élèves et 89 personnels de l’Éducation blessés parmi les manifestants. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez ayant annoncé dès le matin, au lendemain de la réunion autour d’Emmanuel Macron, la décision de suspendre l’usage des grenades assourdissantes pour ce mouvement, le Premier ministre s’est contenté de marteler que « les forces de l’ordre n’ont pas pour instruction d’affronter les lycéens ».

    Des propos qui n’ont pas convaincu les lycéens et les étudiants qui appellent à un Acte IV de la mobilisation ce jeudi, soutenus par les syndicats de l’Éducation – le Snes-FSU, la CGT, FO et Sud – qui ont appelé à une journée de grève. Les organisations de jeunesse ont demandé à être reçues par le Premier ministre. « Nous avons des propositions chiffrées que nous allons présenter et c’est pour ça que nous demandons dès la semaine prochaine un rendez-vous avec » le Premier ministre, a déclaré à la presse Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne (USL) devant le ministère de l’Enseignement supérieur.

    Baisse de 12 à 18 centimes du litre à la pompe

    Craignant la convergence des colères, si celle de la jeunesse rencontre les mécontentements d’autres secteurs, Sébastien Lecornu a concentré sa réponse sur le ras-le-bol social en annonçant une baisse à venir des prix à la pompe pour les carburants. « Nous sommes dans une situation difficile, mais nous ne sommes pas pour autant sans réponse », a-t-il dit avant de décliner des mesures susceptibles d’alléger la pression sur les prix des carburants et de l’électricité qui entament le pouvoir d’achat, thème majeur de la présidentielle.

    Il a annoncé qu’il mettrait 10 millions de barils de gazole, issus des stocks stratégiques, à la disposition des distributeurs en France « au prix de revient ». « Le gazole concerné a été acheté avant la flambée des cours et sera mis à disposition au prix de revient [et] permettra mécaniquement de baisser les prix à la pompe dans un ordre de grandeur évalué entre 12 et 18 centimes par litre de gazole », a-t-il affirmé. En ce sens, Sébastien Lecornu a annoncé qu’il réunirait à Matignon les distributeurs « pour y travailler dans les tout prochains jours ».

    Le Premier ministre a aussi indiqué que « le prix de l’électricité ne doit pas augmenter cet hiver », et « demande » à EDF « de mobiliser au maximum ses capacités de production », tout en précisant qu’il reviendra prochainement sur le sujet.

    Soutien italien à la jeunesse

    Refondation communiste et les jeunes communistes italiens ont tenu à apporter leur soutien à la mobilisation lycéenne dans un communiqué. Les jeunes « soulèvent une question majeure : Que deviendra notre avenir ? L’avenir d’une génération qui vit dans une Europe où, presque partout, on réduit les dépenses sociales pour financer des allègements fiscaux en faveur des riches et l’achat d’armes ; une Europe où les jeunes sont souvent prisonniers de vies précaires et risquent désormais, en outre, de servir de chair à canon », écrivent-ils notamment. « Ils demandent des choses simples », ajoutent-ils, avant de conclure : « Leur lutte est la nôtre. »