Category: politique

  • [Gratuité des transports] Le sénateur Jérémy Bacchi salue une victoire

    [Gratuité des transports] Le sénateur Jérémy Bacchi salue une victoire

    Au lendemain de l’annonce d’un moratoire sur l’abandon de la gratuité dans les transports en commun du pays d’Aubagne, révélé dans nos colonnes, le sénateur (PCF) des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi, salue « une très bonne nouvelle » pour les habitants concernés. « Cette première victoire est celle d’un territoire rassemblé pour défendre un acquis social auquel il est profondément attaché », appuie-t-il en remerciant ceux qui se sont mobilisés depuis l’annonce par le président (L)R de la Métropole Aix-Marseille Nicolas Isnard, le 24 septembre dernier, de toute forme de gratuité dans les transports du territoire. « Nous avions demandé la suspension de cette mesure annoncée dans la précipitation, c’est désormais chose faite », apprécie le parlementaire qui, dans une tribune publiée le 30 septembre dernier dans nos pages, estimait qu’il était « urgent de suspendre ce projet et d’ouvrir une véritable concertation avec les maires, les usagers et l’ensemble des acteurs concernés ».

    « Dans un contexte de hausse du prix des carburants et de difficultés persistantes pour le pouvoir d’achat, la gratuité des transports est plus que jamais essentielle au quotidien de milliers d’habitants », rappelle-t-il désormais. En appelant à poursuivre la mobilisation et à rester « unis et vigilants pour que cette suspension ouvre la voie au maintien durable de la gratuité dans le Pays d’Aubagne et de l’Étoile ».

    C’est que sur le territoire, des voix continuent de se lever pour défendre cet acquis vieux de dix-sept ans. L’élue (DVG) d’opposition à Roquevaire, Hélène Spinelli, a ainsi publié, ce mardi, le courrier envoyé le 1er octobre dernier par son groupe au maire de la commune, lui demandant de clarifier sa position et de présenter les actions engagées « pour garantir cette gratuité face aux évolutions institutionnelles ».

    L’eurodéputée LFI Marina Mesure a de son côté pris la parole au Parlement européen, ce lundi, pour dénoncer le « choix cynique » de la Métropole. Elle a réclamé que les fonds européens dédiés à la transition écologique versés à l’intercommunalité soient « strictement conditionnés au maintien de la gratuité des transports en commun dans le pays d’Aubagne ».

  • Le déplacement de la prison de Digne évoqué en conseil municipal

    Le déplacement de la prison de Digne évoqué en conseil municipal

    Le maire de Digne, Julien Di Benedetto, a évoqué mardi, en conseil municipal, son projet de déplacement de la maison d’arrêt de la commune, questionné à ce sujet par le conseiller d’opposition Pascal Rovere. L’édile souhaite faire construire une nouvelle maison d’arrêt, plus grande, afin de pouvoir récupérer l’ancien château dans lequel l’actuelle prison est installée, en plein centre-ville.

    « Si on passe de 35 à 90 places, derrière, c’est autant de fonctionnaires pénitentiaires qui peuvent venir s’installer sur Digne, avec des familles, des enfants ; on augmente le nombre de juges et de magistrats au tribunal de Digne ; et c’est plus d’actes pour l’hôpital », a défendu Julien Di Benedetto.

    Le maire espère ainsi construire un musée dans l’ancien château, actuellement occupé par la maison d’arrêt, afin que les Dignois « se réapproprient leur ancien château et son histoire », tout en « attirant les touristes » et « redynamisant le centre-ville », déserté.

    La construction d’une nouvelle prison, plus grande, pourrait également permettre de pallier la surpopulation carcérale, alors que la maison d’arrêt de Digne accueillait 55 détenus pour 35 places en septembre. La localisation actuelle de la prison, en plein centre-ville, pose également problème pour les extractions de détenus, ce qui ralentit parfois les audiences, a expliqué, lundi, la nouvelle présidente du tribunal.

    Le syndicat FO s’oppose à ce projet, jugé « inutile et coûteux », avec des craintes « de délinquance accrue ». FO redoute « une dégradation des conditions de travail des personnels, l’augmentation potentielle des nuisances liées à une structure de plus grande capacité » avec « l’arrivée probable de détenus extérieurs au bassin dignois, modifiant profondément la population pénale actuellement accueillie ».

    Une indemnité supplémentaire

    Le conseil municipal a par ailleurs voté une indemnité supplémentaire pour une nouvelle conseillère municipale déléguée au logement et à l’habitat, Cathie Laurent, ce qui augmente l’enveloppe totale.

    Les conseillers ont également approuvé le principe de recours à un bail emphytéotique pour la réhabilitation d’immeubles du centre-ville, qui permettra de créer des logements locatifs sociaux. La conseillère d’opposition Nadia Tsalamlal a fait part de ses inquiétudes à ce sujet : « Le bail emphytéotique me pose question : pourquoi 80 ans et pas plus court ? Quelles sont les garanties prévues pour que les logements soient rendus en bon état à l’issue du bail ? ».

    Les élus ont finalement voté la création de 14 conseils de quartier, dont les premières réunions commenceront en novembre.

  • L’extrême droite fait son entrée dans les instances du Sénat

    L’extrême droite fait son entrée dans les instances du Sénat

    Avec 15 sénateurs, le RN et ses alliés de l’Union des droites pour la République (UDR) obtiennent en effet un poste de vice-président de la Haute assemblée, qu’ils occuperont à tour de rôle avec deux autres groupes lors des trois prochaines années, selon la composition du Bureau ratifiée mardi. Le sénateur RN du Pas-de-Calais Christopher Szczurek, désigné par son groupe, pourra donc diriger des séances dans l’hémicycle à partir du 1er octobre 2028, en tant que vice-président. En attendant, il occupera pendant deux années le poste de secrétaire du Bureau, selon les accords noués lors d’une réunion des présidents de groupe mardi midi.

    Le règlement du Sénat prévoit une représentation proportionnelle des différents groupes parlementaires au sein du Bureau. Arrivé ex æquo avec le groupe des Indépendants et le groupe écologiste avec 15 membres, le groupe d’extrême droite doit donc partager ce poste clé avec ces deux autres formations. Les six autres groupes du Sénat obtiennent une vice-présidence. Le groupe Les Républicains, de loin la première force de l’hémicycle avec 124 sénateurs, en aura deux, occupés par le sénateur des Hauts-de-Seine Roger Karoutchi et la sénatrice de Loire-Atlantique Laurence Garnier, une proche de Bruno Retailleau. Le sénateur communiste Pierre Barros figurera également parmi les élus à cette vice-présidence. Le groupe CRCE (Communiste Républicain Citoyen et Écologiste – Kanaky) devient le quatrième du palais du Luxembourg avec 18 élus.

    Le Bureau est présidé par le président du Sénat Gérard Larcher (LR), réélu confortablement jeudi pour la sixième fois.

    « Séparation étanche » avec le groupe RN-UDR

    Les trois questeurs du Sénat, chargés notamment de la direction administrative et financière de l’institution, ont été reconduits. Il s’agit du LR Antoine Lefèvre, du centriste Olivier Cigolotti et de la socialiste marseillaise Marie-Arlette Carlotti. À noter également la désignation par le groupe écologiste du sénateur Place publique Bernard Jomier comme vice-président du Sénat. Cet élu, soutien de Raphaël Glucksmann, vient de quitter le groupe socialiste pour siéger au groupe écologiste, une décision qui a suscité le mécontentement de sa formation politique, celle-ci affirmant ne pas avoir validé ce choix.

    Parmi les secrétaires, figure la sénatrice communiste du Pas-de-Calais Cathy Apourceau-Poly qui occupera cette fonction jusqu’au 1er avril 2028 avant d’être remplacée par le sénateur du parti radical de gauche des Alpes-de-Haute-Provence Jean-Yves Roux. Le sénateur centriste des Hautes-Alpes Jean-Michel Arnaud a vu sa présence au bureau du Sénat renouvelée.

    Face à l’arrivée historique d’un groupe RN-UDR, la présidente du groupe écologiste Mélanie Vogel a écrit mardi aux autres présidents de groupe pour appeler à l’instauration d’un « cordon sanitaire » vis-à-vis de l’extrême droite. Elle les invite notamment à « ne pas collaborer avec ce groupe, ne cosigner aucun texte ni aucun amendement avec ses membres, ne voter aucune de leurs initiatives », selon ce texte dont l’AFP a eu copie.

    La sénatrice regrette aussi le « règlement corseté » du Sénat, qui empêche selon elle toute opposition à l’arrivée du RN au sein du Bureau. À l’Assemblée nationale en revanche, un vote est possible si les chefs de groupe ne s’accordent pas sur la composition du Bureau. Le RN compte actuellement deux vice-présidents au Palais Bourbon.

    Le président du groupe socialiste écologiste et républicain Patrick Kanner a aussi regretté l’application « automatique » de ces dispositions, dans un courrier à Gérard Larcher publié sur les réseaux sociaux. M. Kanner appelle à « dresser une séparation étanche » avec le groupe RN-UDR. « Le Sénat ne saurait être le lieu où s’émoussent les convictions ou se fissurent les digues. Il doit au contraire s’affirmer comme le rempart le plus solide, le gardien le plus inflexible de notre héritage républicain », a-t-il encore écrit.

  • Des réunions publiques pour mieux affronter les canicules à Aix

    Des réunions publiques pour mieux affronter les canicules à Aix

    On a vécu un été caniculaire terrible, avec cinq canicules en cinq mois. À Aix-en-Provence, il n’y a eu quasiment aucune mesure d’urgence de prise, quand d’autres villes ont, par exemple, ouvert les piscines municipales gratuitement », constate Clément Frel-Cazenave, militant Les Écologistes et élu dans le groupe d’opposition municipale à gauche (Aix Avenir).

    Ses membres veulent, dès ce jeudi soir, lancer une série de réunions de concertations et de « coconstruction » en vue de travailler « sur des mesures pour créer un plan fraîcheur à Aix, qu’on proposera à partir d’avril ou de mai », précise Clément Frel-Cazenave, qui poursuit : « Il faut qu’on prenne le relais, il faut que le groupe municipal se saisisse de la question, mais pas pour travailler tout seul, pour travailler avec les habitants, les associations, les entreprises, la société civile, tous ceux qui le veulent (…). Ce ne seront pas des meetings politiques, ce seront vraiment des réunions de travail ». Chacun est invité à s’inscrire, pour participer aux rencontres, qui auront lieu tous les deuxièmes jeudis du mois, dans le local du Puits Neuf qu’occupe le groupe d’opposition.

    « Mettre les mains dans

    le cambouis »

    Le premier rendez-vous est prévu ce jeudi 8 octobre, dès 18h30. L’idée première, selon les élus, est de recenser les différentes problématiques liées à la canicule, rapportées par les Aixois, la façon dont elles ont été vécues, avant d’élaborer et proposer des mesures. « Ce sera ensuite notre rôle d’élus de voir ce qui est faisable, voir ce qui relève de la compétence communale, ce qui relève de la compétence métropolitaine ou régionale… », déroule Clément Frel-Cazenave.

    Reste la question de leur mise en œuvre dans un contexte budgétaire contraint, alors que la Métropole peine à voter son budget. Pour le groupe, certaines mesures pourraient être déployées sans peser lourdement sur les finances publiques. Exemple : ouvrir les piscines municipales gratuitement, comme plusieurs villes alentour ont pu le faire lors des grosses vagues de chaleur. « Mais faire de la politique, c’est aussi faire des choix, des arbitrages. Ce seront nous qui ferons (les) premiers. Ensuite, à la municipalité de décider, où non, s’ils reprennent quelques propositions (…). Je veux bien constater l’inaction chaque année, mais à un moment, il faut mettre les mains dans le cambouis pour que l’on puisse avancer (…). Les orientations budgétaires peuvent être revues, on ne dit pas qu’il faut démolir pour ensuite construire des parcs, on dit qu’il y a aussi de l’existant à remettre en place. Ce sera tout l’intérêt de ces réunions », tranche l’élu Les Écologistes. Les inscriptions aux réunions, restent ouvertes.

    Inscriptions via : contact@aixavenir.fr

  • [Entretien] Josée Massi : « Nous aurons des candidats avec l’étiquette majorité municipale »

    [Entretien] Josée Massi : « Nous aurons des candidats avec l’étiquette majorité municipale »

    La Marseillaise : Les jeunes sont à nouveau mobilisés aujourd’hui pour réclamer des moyens pour l’enseignement. Comment l’ancienne professeure de mathématiques analyse-t-elle la situation ?

    Josée Massi : Leurs revendications sont légitimes. Je suis allée à leur rencontre, la semaine dernière, avec Monsieur le préfet, le futur président de la Région et le Dasen (Directeur académique des services de l’Éducation nationale) devant le lycée Bonaparte, dans lequel j’ai été élève puis j’ai enseigné, après avoir été pion comme on disait avant. Donc, je connais par cœur ces bâtiments. Je pense qu’en effet, ils ont un peu vieilli.

    Vous connaissez ma méthode, je suis plutôt pour écouter, consulter et trouver des solutions. Je regrette simplement que certains profitent de leur mobilisation pour casser. Mais, je le répète, ils ont des revendications tout à fait légitimes et il faut les écouter. Je leur ai d’ailleurs proposé une table tonde.

    Vous revendiquez depuis votre première élection une position sans étiquette. Est-ce toujours aussi important pour vous ?

    J.M. : Oui, c’est important. C’est uniquement l’intérêt général qui me guide à chaque fois. On peut avoir de bonnes idées à gauche et de bonnes idées à droite. Ce qui m’intéresse, c’est : qu’est-ce qui est bien pour les Toulonnais ? Dans ma liste, il y a des personnes de sensibilités différentes et je ne leur ai pas demandé d’être encartées. C’est pour cela que je ne me suis pas positionnée pour les sénatoriales. J’ai été beaucoup approchée pour aller sur des listes, mais j’ai fait le choix de rester cohérente. Après, la liberté de s’engager a été laissée à chacun tout en précisant simplement que rejoindre untel ou untel reviendrait à s’inscrire en sortie de la majorité municipale. Il faut être cohérent.

    Deux sénateurs RN ont été élus dans le Var. Quel regard portez-vous sur ce résultat ?

    J.M. : C’est la démocratie, il faut la respecter. Je veux d’abord féliciter les deux autres sénateurs, Françoise Dumont et Christian Simon. Ce que je crois, c’est que la division nous a coûté un sénateur. Ils auraient pu s’entendre et mettre de côté des problèmes d’ego… Quand on passe à quatre listes à droite, franchement, on peut se poser des questions. J’espère que cela servira de leçon à tous pour les prochaines échéances électorales.

    Toulon peut-elle rester la place forte qui dit non au RN, comme elle l’a fait lors des dernières législatives, en étant la seule circonscription sur les huit à ne pas mettre genou à terre devant l’extrême droite. Vous engagerez-vous dans la bataille ?

    J.M. : Je vous confirme : nous entrerons dans la bataille. Il y aura des candidats issus de la majorité municipale aux législatives, aux départementales et aux régionales. Nous n’étions pas prêts pour les sénatoriales avec une équipe issue principalement de la société civile, mais là, nous le serons. « Majorité municipale », je pense que c’est une bonne étiquette. Et comme vous le dites, Toulon est la seule circonscription du Var à ne pas avoir un député RN. J’espère bien qu’on va continuer. En tout cas, je mettrai tout mon poids dans la bataille.

    Votre prédécesseur, Hubert Falco (DVD), ne rate jamais une occasion, depuis quelque temps, de lâcher une vacherie à votre encontre…

    J.M. : C’est son droit. Je remarque que, dernièrement, il s’exprime beaucoup sur les réseaux sociaux. Mais moi, je n’ai plus de nouvelles depuis la campagne. Je pense simplement qu’il y a des données qu’il n’a pas sur certains sujets, notamment sur la cité judiciaire.

    C’est un sujet qui me tient à cœur parce que je pense qu’il est incroyable que le tribunal de Toulon soit dans un état d’insalubrité pareil. J’en ai fait un combat depuis trois ans. L’État demande maintenant aux collectivités de mettre la main à la poche. Le projet représente environ 130 millions d’euros, dont 30 millions pour une cité provisoire. Nous avons donc cherché des solutions permettant de diminuer ce coût. Il existe notamment des locaux de la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer) qui sont vides et sécurisés. Un chargé d’admission est venu les examiner. Il faudrait y réaliser quelques travaux, notamment pour les salles d’audience. Nous avons proposé que toutes les collectivités se mettent autour de la table et aident. Pour le moment, nous en sommes là.

    Pourquoi cet acharnement de sa part aujourd’hui ?

    J.M. : Il faudrait lui poser la question. Je suis devenue maire de Toulon en 2023 pour le dépanner, parce que j’étais la seule en qui il avait confiance et de qui il pouvait dire : « Si je dois revenir, c’est la seule qui me rendra la place. » Et l’année dernière, en juin, il a fait un communiqué me demandant d’y aller. C’est important de le rappeler. Après, il a changé d’avis. Vous pourriez me demander pourquoi, mais je ne vais pas rajouter de la polémique à la polémique. Il n’a qu’à prendre ses responsabilités. J’ai toujours été loyale, je crois que celui qui n’a pas été fidèle, c’est quand même lui. Quand je vois sa garde rapprochée, je me demande ce qu’est devenu son positionnement politique ? Certains d’entre eux sont partis rejoindre Éric Ciotti ou carrément le RN… En tout cas, puisqu’on parle de parole donnée, je tiens à rendre hommage à Michel Bonnus [ancien sénateur LR et candidat à la mairie de Toulon, ndlr] qui se bat contre la maladie et à qui je souhaite de remporter ce combat. Il avait promis que, s’il n’était pas devant, il se retirerait. Et c’est ce qu’il a fait.

    Vous êtes régulièrement attaquée par l’extrême droite. Comment le vivez-vous ?

    J.M. : Madame Lavalette cherche la polémique. C’est sa technique. Moi, je ne rentre jamais là-dedans. Elle me caricature, mais je ne réponds pas. En conseil municipal, elle cherche la confrontation. C’est la stratégie du chaos. Elle répète que j’ai été élue avec les voix de la gauche ou de La France insoumise, quelle importance ? Ce sont les Toulonnais qui ont choisi. J’ai fait 52%. Elle a fait 48%. Elle peut dire ce qu’elle veut. Et mon programme, je vais l’appliquer. Elle parle d’idéologie en critiquant la mise en place de la piste cyclable sur l’avenue de la République. Mais les résultats sont là et c’est un grand succès. Nous faisons toutes les mesures. Entre 7 et 8 heures du matin, il passe 600 vélos et on constate 5 000 voitures en moins par jour. Je regarde maintenant si elles se sont reportées ailleurs. Elle prétend aussi que la ville est saccagée par les tags de l’extrême gauche depuis mon élection. Bizarrement, elle passe sous silence ceux du groupe Némésis, des identitaires… Alors qu’il y en a beaucoup.

    L’État menace de torpiller encore davantage les finances des collectivités territoriales. Comment réagit la maire de Toulon et présidente de la Métropole ?

    J.M. : On sait qu’avec la dette colossale de la France, on va tous devoir faire des efforts. Moi, j’en suis consciente. Mais ce n’est pas nouveau, ça fait trois ans que je suis maire et qu’on construit des budgets sans savoir ce qu’on va avoir en termes de dotation de l’État. Après, j’ai regardé ce que va proposer le Rassemblement national, qui se positionne, lui, sur 150 milliards de moins. Je ne sais pas où ils vont les trouver.

    Quel regard portez-vous sur les prochaines échéances électorales nationales ?

    J.M. : Je suis résolument optimiste. Je pense que les Français, à un moment, prennent leurs responsabilités. Et ce ne sont pas ceux qui hurlent le plus qui feront l’élection. Moi, je suis relativement confiante. Je rappelle que j’étais donnée perdante face à la numéro 3 du RN, Laure Lavalette, et que ce n’est pas du tout ce qui s’est passé au final. Moi, je suis relativement confiante.

  • À Marseille, la défense de l’école et le refus de la répression

    À Marseille, la défense de l’école et le refus de la répression

    Jean-Yves n’est pas descendu. Les appels de la foule massée devant la Direction des services de l’éducation nationale à l’arrivée de la manifestation, ne l’ont pas convaincu. Jean-Yves Bessol, le directeur académique, a refusé de venir rencontrer les lycéens. Une contre-proposition validée par un vote à main levée au départ de la manifestation, après que l’interlycéenne se soit vue proposer d’être reçue en délégation dans les locaux de la DSDEN.

    Jean-Yves Bessol, qui a fait photographier l’an dernier des lycéens mobilisés contre la réforme des lycées pour leur mettre un coup de pression, aurait pourtant pu faire de belles images. Ils étaient plusieurs milliers, 30 000 selon les organisateurs, 4 800 selon la police (sic), à réclamer des moyens pour l’éducation. Dans le calme et la bonne humeur, avec de l’enthousiasme et une ferme détermination, malgré la répression policière opérée dans le pays.

    Cette violence était sur beaucoup de pancartes. « 1 prof pour 35 élèves, 5 CRS pour 1 élève », peut-on lire sur ce carton tenu par une élève. « On ne sait plus si on est en manif ou dans GTA », affiche sa voisine. « Gazez les violeurs pas les mineurs » ou « Trop jeunes pour se faire écouter, assez grands pour se faire violenter », lit-on encore là. Cette « génération 67 » (lire six/seven), disposée à refaire mai 68 avant un 69 (« La nuit c’est pour baiser, pas pour travailler »), a été exemplaire ce mardi matin.

    La foule massive s’est élancée à 10h des Réformés. Un rendez-vous bien travaillé la veille, lors d’une réunion à la Bourse du travail avec les organisations syndicales. Dans le cortège, encadré par le service d’ordre de la CGT, des lycéens, des étudiants, des parents, des professeurs. Autocollant du Snes-FSU sur l’épaule, Séverine partage « des revendications qu’elle porte depuis des années ». « Le non-remplacement des personnels se retrouve partout dans le second degré », justifie cette enseignante du collège Malraux (13e). Là-bas, plus d’assistante sociale, ni de secrétaire général. « C’est émouvant de voir cette jeunesse qui s’engage pour défendre ses conditions d’études et son avenir. »

    « Des années que nos profs manifestent »

    Soline et Anaïs sont venues du lycée Nelson Mandela (11e) avec d’autres camarades et des professeurs. « Dans notre lycée, les toilettes n’ont jamais été réparées et quand il pleut, l’eau coule sur les panneaux électriques. On est souvent dans des classes à 35, sans chauffage ni clim, avec des ventilateurs qu’on doit éteindre parce qu’ils sont trop bruyants », explique la première. « ça fait des années que nos profs manifestent sans être entendus, c’est dommage qu’on ne parle de nos problèmes que parce qu’il y a une violence… qu’on condamne. »

    Amandine et Lili, scolarisées en première à la cité scolaire internationale Jacques-Chirac (2e), sont venues en soutien des autres lycées. Le leur, ouvert en septembre 2024, est en bon état, mais le sujet du non-remplacement des profs est le même qu’ailleurs. Depuis la rentrée, leurs cours d’histoire en anglais ne sont pas dispensés. « L’Éducation nationale ne veut pas investir, on manque de budget ici aussi, les photocopieuses et les ventilateurs ne fonctionnent plus », ajoute son amie.

    Plus loin dans le cortège, Thomas marche avec d’autres camarades de Marseilleveyre (8e), « un lycée de bourges assez privilégié », mais qui « manque d’enseignants aussi ». « J’ai en tête une prof de spécialité SVT qui ne sera pas là une bonne partie de l’année », note le jeune. « Puis on est là en soutien des lycéens des quartiers populaires qui se font beaucoup réprimer. »

    à Thiers (1er), Ysé, élève en terminale, déplore le manque de personnel de vie scolaire, AED et psychologues. « On est dans les années bac et on a des profs de SES, SVT ou philosophie qui ne sont pas remplacés sur des mois », glisse-t-elle encore avant de pointer des locaux de plus en plus délabrés. Milo étudie à Montgrand (6e). 100 heures de demi-groupe et d’options y ont été supprimées au printemps, rappelle le garçon qui a vu son option provençale amputée d’une heure par semaine : « C’est quand même coefficient quatre au bac… »

    Jules, 19 ans, est étudiant en droit. « Lycéens, étudiants, on est tous ensemble, nos galères sont les leurs et vice versa. On demande juste à étudier dignement », explique le jeune homme. Lui a fait sa scolarité à Muret, du côté de Toulouse. « J’ai des collègues en terminale STMG qui n’ont pas eu de prof dans leur matière principale sur tout le second semestre. C’est récurrent dans tous les lycées de France. Le budget 2027 prévoit 1 500 suppressions de professeurs, il y a un trop grand écart entre ce qu’on vit et ce que les politiques veulent faire pour nous. »

  • À Béziers, Robert Ménard rêve de chasser les syndicats

    À Béziers, Robert Ménard rêve de chasser les syndicats

    Pas besoin d’avoir sa carte au RN pour ne pas aimer les syndicats. Il suffit d’être d’extrême droite.

    Depuis 2014 qu’il a mis la main sur Béziers, Robert Ménard a maintes fois cherché à se débarrasser des unions locales qu’il estime gênantes, en cela qu’elles défendent les droits des salariés, combattent les idées anti-républicaines et rétrogrades.

    Dès 2016, le maire d’extrême droite lance une première offensive pour déloger les syndicats de la Bourse du travail. « Il a essayé de nous faire payer les charges [environ 82 000 euros, Ndlr] concernant le chauffage, l’électricité, le gaz – et l’entretien au motif que cela coûtait cher et que ce n’était pas à la collectivité de payer », nous rappelait début 2026, Patricia Barbazangue, l’ex-secrétaire de l’union locale CGT.

    Unie, l’intersyndicale fait bloc. Robert Ménard recule mais supprime les 17 000 euros de subvention et fait signer aux syndicats une convention qui retire l’emploi municipal dédié à la conciergerie. Depuis, c’est la secrétaire administrative de la CGT qui s’occupe les lundis, mardis, jeudis et vendredis d’ouvrir la porte aux nombreux visiteurs de la Bourse du travail. « Les salariés viennent nous voir pour être aidés, orientés. On est d’utilité publique, la mairie devrait assumer une partie du service public », argumente Julien Rader. Au lieu de cela, l’actuel secrétaire de l’UL CGT ajoute que le syndicat doit aussi mettre la main à la poche pour le ménage deux fois par semaine.

    Réélu en 2020, Robert Ménard tente de revenir à la charge un an plus tard. Cette fois, s’il veut pousser les syndicats hors des murs, c’est « pour y loger à la place la police municipale montée  », se souvient Julien Rader. Un courrier d’expulsion est même envoyé à l’intersyndicale. Là encore, le front syndical ne cède pas à la panique. « Il cherchait à nous faire peur. On a tenu bon. Le courrier est resté lettre morte », relate le responsable syndical. « Notre solidarité a payé. S’il avait senti quelques failles, il aurait appuyé… »

    Le secrétaire de l’UL CGT en est persuadé : « Ménard ne supporte pas les syndicats. » Raison pour laquelle l’édile a un temps cherché à monter un « syndicat autonome ». « Ça n’a pas du tout pris. » Depuis, le maire d’extrême droite est réputé proche de Force ouvrière (FO), à l’instar de l’hospitalier Marc Valette, à la fois numéro 2 de FO et adjoint aux sports du maire.

    Du 3 au 10 décembre lors des élections professionnelles dans la fonction publique, la CGT s’est d’ailleurs fixée comme objectif de redevenir majoritaire à la mairie. « On a des listes complètes et de nouveaux syndiqués. On a bon espoir de reprendre le leadership à FO, positive Julien Rader. On deviendrait le premier rempart, ce serait un pied de nez énorme. »

  • Le conseil municipal de Martigues sollicité pour confier l’urbanisme industriel à l’État

    Le conseil municipal de Martigues sollicité pour confier l’urbanisme industriel à l’État

    C’est la pierre angulaire du renouveau industriel du territoire, du moins pour le volet administratif. Le conseil municipal de Martigues, prévu jeudi soir à 17h45, est sollicité pour émettre un avis sur le périmètre concerné par l’Opération d’intérêt national (OIN) sur la commune.

    En l’occurrence, il s’agit de l’emprise du projet de réindustrialisation et de décarbonation Fos-Berre-Provence, principalement établi sur les rives du canal de Caronte et sur toute la plateforme pétrochimique de Lavéra. Concrètement, cela veut dire que si le conseil municipal approuve cette décision, l’État prendrait la main sur les autorisations d’occupation des sols et sur les demandes de permis de construire, en lieu et place de la collectivité. Même chose pour les permis d’aménager, de démolir et pour se prononcer sur les projets soumis à déclaration préalable. Le droit de préemption est aussi transféré à l’État, qui peut décider ou non de zones d’aménagement concerté ou différé, des outils d’urbanisme.

    Des subventions

    Outre ce sujet d’ampleur, le début du conseil sera consacré à l’opération Martigues en couleurs. Trois délibérations sont prévues pour l’attribution des subventions de mise en valeur des devantures commerciales et d’activités, d’embellissement des façades et des paysages de Provence, ainsi que pour la réhabilitation des logements pour l’année 2026.

    Ce dispositif d’aide à la restauration immobilière avait été présenté avec le budget 2026, en mai dernier, et doté d’1,5 million d’euros à cet effet.

  • Désinvestissement de l’état : Jean-Louis Masson voit rouge

    Désinvestissement de l’état : Jean-Louis Masson voit rouge

    « Les Départements ne peuvent plus être la variable d’ajustement de l’État », s’insurge dans un communiqué le président (LR) du Département, Jean-Louis Masson. C’est toujours d’une extrême saveur lorsque les élus de droite tapent sur l’austérité budgétaire dont ils sont pourtant les gardiens acharnés. Des contradictions qu’ils sont bien obligés de gérer lorsqu’ils en font eux-mêmes les frais à la tête de collectivités. En tout cas, les nouvelles annonces du gouvernement concernant le budget 2027 ne passent pas du tout.

    « Alors que les Départements sont confrontés à une progression continue de leurs dépenses sociales, notamment en matière de protection de l’enfance, de RSA et d’accompagnement du vieillissement, il leur est une nouvelle fois demandé de participer à l’effort de redressement des comptes publics. Cela ne peut plus durer », poursuit le patron du conseil départemental.

    Et de préciser : « Le prélèvement annoncé de 551 millions d’euros sur les recettes des Départements, dont une part importante sera supportée par les collectivités les plus fragiles, s’ajoute à des années de contraintes financières et de transferts de charges insuffisamment compensés. »

    Une situation qui intervient, insiste-t-il, alors que les collectivités doivent continuer à investir dans leurs collèges, leurs routes, leurs services de secours, leurs politiques sociales et la protection de l’enfance. Et de mettre donc en évidence l’impossibilité à laquelle sont depuis longtemps confrontés les agents des services publics, c’est-à-dire « de faire davantage avec moins de moyens ».

    Révolté, Jean-Louis Masson réclame donc que l’État laisse aux collectivités les moyens nécessaires pour exercer les compétences qui leur ont été confiées.