Category: politique

  • Franck Allisio se sépare de son collaborateur accusé d’antisémitisme

    Franck Allisio se sépare de son collaborateur accusé d’antisémitisme

    En pleine affaire Bardella, voilà un dossier qui plombe un peu plus encore l’effort de respectabilité du Rassemblement national. Le député RN des Bouches-du-Rhône, Franck Allisio, a d’ailleurs annoncé, vendredi, mettre fin au contrat de son attaché parlementaire Louis Grégoire, après la publication d’une enquête de Libération consacrée à d’anciennes publications diffusées sur Facebook par ce collaborateur.

    Dans un communiqué, l’élu d’extrême droite affirme avoir reçu son collaborateur suite à la parution de l’article. « Ces écrits dont il est accusé étaient inconnus de tous et antérieurs à son recrutement par l’Assemblée nationale », déclare-t-il ce vendredi. « Afin de lui laisser le temps de la clarification, j’ai pris la décision de mettre fin à son contrat », ajoute Franck Allisio.

    Louis Grégoire travaille aux côtés de Franck Allisio depuis les municipales de 2020. Il l’a ensuite suivi au conseil régional puis à l’Assemblée nationale. L’enquête publiée le 8 octobre par nos confrères de Libération rapporte que celui-ci a partagé entre 2018 et 2022 plusieurs publications faisant référence à l’extrême droite radicale, à des auteurs collaborationnistes ou relayant des contenus à caractère raciste, complotiste et antiféministe sur un compte privé suivi par le député RN.

    Le site y a relevé pêle-mêle, « des apologies de l’Allemagne hitlérienne, des conseils de lecture collaborationnistes, des blagues racistes et des slogans fascistes », à travers des messages présentant le débarquement allié de 1944 sous un angle favorable à l’Allemagne nazie, des références à Robert Brasillach ainsi que différentes publications visant des femmes, des migrants, des musulmans ou des juifs.

  • Les Républicains veulent afficher une unité retrouvée

    Les Républicains veulent afficher une unité retrouvée

    C’est au milieu des bruits de raquette et des séances de musculation que la fédération des LR des Bouches-du-Rhône a fait sa rentrée, ce jeudi soir, au Set Squash de Marseille. Avec l’ambition d’afficher un visage uni, trois mois après l’élection du vice-président de la Région, Ludovic Perney, à sa tête.

    « On a retrouvé une dynamique que nous n’avions pas depuis de longues années », célèbre le maire des Pennes-Mirabeau, Romain Amaro. « Il y a une fédération qui reprend vie autour de Ludovic Perney », complète le vice-président de la Métropole, David Ytier. « En quelques mois tu as réussi à rassembler », le félicite la troisième adjointe de La Ciotat, Eva-Pauline Bonan, qui vient d’adhérer.

    Mais dès son mot d’accueil, le responsable de la circonscription Noé Blin avertit les anciens dissidents : « Le renouvellement, c’est changer les habitudes, considérer qu’une décision collective doit être respectée. » Message envoyé au national, après les dissidences aux sénatoriales. Invitée à prendre la parole en signe d’apaisement, l’ancienne candidate à la tête de la fédération, Catherine Pila, salue justement la victoire de la sénatrice Valérie Boyer, applaudie par tous. « Elle a été affublée de tous les noms, et elle y est arrivée à contre-courant », souligne-t-elle. Le président de la fédération, pour sa part, regarde davantage vers les échéances à venir, la présidentielle mais aussi les législatives, où il souhaite un candidat pour chaque circonscription. Et les échéances locales. « Nous devons préparer un nouvel espoir pour Marseille », assume-t-il, souhaitant une opposition « ferme et constructive ». Hors des murs du conseil municipal, où pour la première fois le parti n’a plus d’élus. Y.S.

  • David Gehant élu président de l’association des maires

    David Gehant élu président de l’association des maires

    David Gehant a pris jeudi la suite de Daniel Spagnou, maire de Sisteron pendant 43 ans décédé le 31 août, à la tête de l’association des maires des Alpes-de-Haute-Provence. Aucun candidat ne s’était présenté face à lui.

    Avec ce nouveau mandat, le maire de Forcalquier espère faire peser le département rural. « La ruralité n’est pas une variable d’ajustement. Nos communes ne peuvent pas être sollicitées pour tout, puis oubliées lorsqu’il faut décider ou financer. Nous voulons une association qui pèse, qui porte nos exigences et qui obtient des réponses », a-t-il lancé au moment de son élection.

    « Peser davantage »

    Également vice-président de la Région, il veut « unir les élus pour peser davantage, défendre la liberté d’action des maires et faire entendre les Alpes-de-Haute-Provence dans les décisions qui concernent leur avenir ».

    Le nouveau président de l’association des maires a choisi comme premier vice-président Camille Galtier, maire DVD de Manosque. Le maire de Digne, Julien Di Benedetto, qui se revendique sans étiquette, sera lui quatrième vice-président. Jean-Pierre Templier, maire (DVD) de Sisteron depuis le départ de Daniel Spagnou, a été choisi comme sixième vice-président.

    « Ce ne sera pas une présidence de salon. Ce sera une présidence de terrain, qui agit, qui dérange s’il le faut et qui défend chaque commune sans baisser la voix », a promis David Gehant.

    Des rencontres thématiques seront organisées dans les territoires pour « définir les priorités, partager les solutions et accompagner les élus ».

  • Les maires de la Métropole réunis face aux coupes du projet loi de finances

    Les maires de la Métropole réunis face aux coupes du projet loi de finances

    Loin du psychodrame budgétaire traversé par l’intercommunalité depuis le mois d’avril, les maires de la Métropole Aix-Marseille retrouvaient un front uni ce jeudi à l’occasion de leur conférence, au palais du Pharo, soudainement rassemblés par la perspective de nouvelles coupes imposées par le gouvernement dans le projet de loi de finances. Un sujet qui a occupé la majeure partie des échanges à huis clos. « Cela me fait plaisir d’entendre certaines personnes parler de services publics », souriait le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, à la sortie de l’hémicycle, face à la perspective d’une « catastrophe pour le service public et ceux qui en ont besoin ». Avec environ 60 millions d’euros en moins pour la Métropole, estime la maire (UDI) d’Aix Sophie Joissains, qui déplore : « On prend sur les services publics locaux pour rembourser les intérêts de la dette ». L’hémicycle devrait voter une motion pour dénoncer ces coupes, le 15 octobre, tandis que les idées fusaient pour les dénoncer, jusqu’à la proposition d’un sit-in à Paris. Charge au président des maires des Bouches-du-Rhône, Georges Cristiani, de les recueillir.

    Mais pour le maire (DVG) d’Aubagne Jean-Pierre Squillari, cette conférence était aussi l’occasion de saluer « une victoire directe du terrain » après le moratoire sur l’abandon de la gratuité dans le pays d’Aubagne. Alors que la nouvelle grille de la RTM doit être dévoilée mardi, il portera une motion pour demander au gouvernement une hausse du versement mobilité payé par les entreprises.

  • Aix Avenir lance son plan pour une ville plus fraîche

    Aix Avenir lance son plan pour une ville plus fraîche

    « Nous avions déjà dans notre programme cette ambition. Nous n’avons pas gagné les élections, mais on ne peut pas rester les bras ballants. » Ainsi résume Marc Pena, à la tête du groupe d’opposition de gauche Aix Avenir, l’initiative présentée dans son local du Puits-Neuf. Dès ce jeudi soir et pour les prochains mois, le groupe propose des réunions publiques de travail autour de la construction d’un « plan fraîcheur ». Un condensé de propositions « réalisables » pour faire face aux canicules dès l’été prochain, qui seront ensuite soumises à la majorité municipale.

    Le contexte est présenté dès l’ouverture de cette première rencontre : un été marqué par trois épisodes caniculaires, d’autant plus difficiles à vivre à Aix-en-Provence, dont « les projections sont particulièrement inquiétantes », estime Marc Pena. Celui-ci rappelle que « d’ici à 2100, Aix pourrait devenir la ville la plus chaude de France, avec une hausse des températures pouvant atteindre 4,8 degrés de plus ».

    L’élu poursuit : « Alors que le gouvernement prévoit de diviser, dans ce budget, par trois les crédits du Fonds vert (…), nous ne pouvons plus compter sur l’état pour porter nos politiques à la hauteur de l’urgence. » Avant de prévenir la dizaine de participants présents : « L’opposition ne peut pas simplement s’opposer, elle doit être proactive. Mais attention, à tous ceux qui ne sont pas des élus ou engagés autour de nous, on ne veut rien instrumentaliser. » Le plan, se veut « sérieux, une politique publique qui concerne tout le monde, sans oublier une catégorie de la population. Il faut qu’elle concerne tous le territoire et tous les aspects de politique publique de cette ville. On n’a eu que des réponses fragmentées, jusque-là, de la majorité », précise Cyril Di Méo, élu d’Aix Avenir.

    « être force de proposition »

    Avant de se mettre au travail, un premier tour de table a été organisé autour du ressenti de chacun après les fortes chaleurs de cet été. Deux groupes ont ensuite été constitués : l’un chargé de réfléchir aux mesures « à court terme », l’autre aux mesures « à moyen ou long terme ».

    Parmi les participants, les canicules subies ces derniers mois ont souvent constitué la principale motivation pour assister à cette première réunion. « Terrible. Je me suis dit “il faut faire quelque chose” », déroule Laurence. Si elle ne sait « pas trop » quoi attendre des réunions, elle assure « écouter ».

    « Un mois d’octobre à 25 degrés, ce n’est pas normal. J’espère être force de proposition. Mais on a tous des idées, notamment en prenant exemple sur des villes et villages qui ont déjà beaucoup plus avancé sur l’adaptation [climatique, Ndlr] », espère de son côté Evelyne, militant Les écologistes.

  • Le prix du stationnement à l’hôpital s’invite au conseil municipal de Martigues

    Le prix du stationnement à l’hôpital s’invite au conseil municipal de Martigues

    « Quand on va à l’hôpital, ce n’est pas par choix et le stationnement ne devrait pas être une charge supplémentaire », lance Carole Collado (groupe RN) au moment d’examiner le résultat du parking de l’hôpital de Martigues en conseil municipal, jeudi soir.

    Au parking des Rayettes, géré par la Société d’économie mixte de la Ville, un tiers des usagers stationnent moins d’une heure, trois quarts moins de deux heures, pour un ticket moyen de 3,24 euros. L’élue du groupe d’extrême droite demande à instaurer une demi-heure gratuite, invoquant « des établissements plus favorables à Aix et Marseille », et rapprochant cela de « l’augmentation du prix de l’essence et du pouvoir d’achat des Martégaux ».

    « C’est tout faux ! » réplique le maire (PCF) Gaby Charroux, « il y a longtemps que vous n’êtes pas allé à la Timone ou à l’Hôpital Nord où les prix ont été multipliés » argue l’édile, indiquant qu’« il existe des dizaines de places gratuites autour de l’hôpital ». À noter que le parking des Rayettes facture 4,50 euros pour deux heures, contre 5 euros au CH d’Aix et 6,60 euros à l’Hôpital Nord.

    « On n’a pas de leçons

    à recevoir » du RN

    Deux délibérations plus tard, le rapport du délégataire du centre de vacances d’Ancelle (Fol 69) a été examiné. « Le niveau d’activité est supérieur à celui prévu par le contrat, de nouveaux séjours sont proposés et l’équipe s’est agrandie », présente l’adjoint (PCF) Gilles Picard. Mais « 2025 se solde par un déficit de 50 000 euros, principalement lié à la baisse conjoncturelle d’activité, l’augmentation des charges de fonctionnement, l’achat d’un véhicule et à des créances irrécouvrables non provisionnées », ajouté par décision comptable. La redevance versée à la commune est de 13 000 euros.

    Jean-Luc Di Maria (LR) estime que « ce bâtiment coûte cher en entretien et réparation, il fait profiter les enfants et seniors, mais pour 13 000 euros par an, il ne faudrait pas que ça devienne un problème financier pour la commune ». « C’est un sujet Ancelle, on y tient, mais c’est compliqué à entretenir avec les menaces qui planent sur nous », reconnaît Gaby Charroux. L’édile pointe en même temps que « Madame Le Pen promet 8 milliards de coupes pour les collectivités dans son projet de budget, c’est plus que quiconque. Merci à ceux qui défendent ces positions ». « Aucun rapport » s’offusque Amandine Gide, du groupe RN. Il en faudrait, pourtant, des tickets de parking pour compenser 8 milliards.

  • Plusieurs milliers de votants attendus pour la primaire du PS

    Plusieurs milliers de votants attendus pour la primaire du PS

    Loin des 1,7 million de participants de la primaire citoyenne qui en 2017 avait désigné Benoît Hamon comme candidat à la présidentielle, quelque 140 000 votants sont attendus ces vendredi et samedi pour participer au premier tour de la primaire organisée par le Parti socialiste, rejoint par Place publique et la Gauche républicaine et sociale. Parmi eux, ils sont plusieurs milliers dans les Bouches-du-Rhône qui pourront voter en ligne ou dans les dix points de vote qui y sont ouverts, sans décompte précis des votants ni des résultats à l’échelle du département. Sans la participation du maire de Marseille Benoît Payan. « Je ne m’occupe pas des partis », confiait-il à La Marseillaise le 18 septembre. En lançant un appel : « vous n’avez pas le droit de vous diviser ».

    « Là où un grand nombre pensait que cette primaire serait un échec, on découvre que pas moins de 140 000 personnes se sont inscrites, et elle a permis de poser des questions de fond au cours de trois débats qui ont réuni 3 millions de nos concitoyens », applaudit l’adjoint marseillais Yannick Ohanessian (PS). S’il déplore les 15 euros de participation demandés, il se félicite de voir de nombreux militants retourner vers le parti à la rose, « entre 100 et 150 par semaine » pour la fédération des Bouches-du-Rhône.

    Équation à deux inconnues

    Parmi les cinq candidats en lice, seuls deux sont venus faire campagne dans le département. Après le débat télévisé consacré à l’intelligence artificielle au stade Vélodrome, le premier secrétaire Olivier Faure est venu dédicacer son livre sur le cours d’Estienne-d’Orves le 25 septembre. Le coprésident de Place publique Raphaël Glucksmann de son côté organisait une réunion publique au Blum – ça ne s’invente pas – ce lundi.

    L’occasion pour chacun de rallier ses soutiens. Dans cette fédération qui l’avait largement placé en tête lors des deux derniers congrès, Olivier Faure peut compter sur le soutien de la plupart des élus socialistes du territoire, dont Yannick Ohanessian qui a été désigné porte-parole national. « Il a porté dans cette campagne quelque chose d’essentiel, la question de l’union de la gauche », défend-il. Outre les militants de Place publique dont son ancienne secrétaire générale Pascaline Lécorché, Raphaël Glucksmann a aussi reçu le soutien du député PS Laurent Lhardit, de l’adjoint marseillais Yoan Levy. Si elle ne veut pas s’investir dans les débats du PS, la maire (GRS) des 1-7 Sophie Camard votera « par amitié » pour Emmanuel Maurel. « J’appelle de mes vœux une composition bien plus large de la gauche », souligne-t-elle. Si elle s’est éloignée du PS en 2018, Samia Ghali a de son côté annoncé soutenir Ségolène Royal. « Elle a l’expérience de l’État, mais elle a conservé une liberté de parole, une proximité et cette capacité à sortir des discours convenus », défend la présidente de la RTM.

    Reste l’inconnue du vote des nouveaux inscrits. Et surtout celle d’un François Hollande qui reste en embuscade et espère court-circuiter cette primaire, soutenu activement par la sénatrice Marie-Arlette Carlotti. « On doit faire confiance au processus et aux candidats », balaie Yannick Ohanessian. Si aucun candidat n’a de majorité, le second tour se tiendra les 16 et 17 octobre.

  • À Marseille, la grande colère des travailleuses de la petite enfance

    À Marseille, la grande colère des travailleuses de la petite enfance

    Frustration et déception sont palpables sur le visage de la soixantaine de travailleuses de la petite enfance rassemblées dans les locaux de l’unité locale FO 13, à Noailles, ce jeudi. Alors qu’une manifestation intersyndicale (CGT 13, FO 13, UNSA, FNEJE, CFDT, SNPPE, SNUTER-FSE 13), à l’appel du collectif « Pas de bébés à la consigne » devait se tenir à 14h, celle-ci a été annulée par la préfecture, indiquent les organisations, pour des raisons sécuritaires liées au mouvement lycéen.

    Assise à un pupitre aux côtés de représentants syndicaux et de travailleuses, Muriel Schneider, éducatrice de jeunes enfants dans une crèche associative marseillaise, se désespère : « C’est l’avenir de nos enfants et de la nation qu’on met en péril ». Cet épisode est vécu comme un signe de mépris gouvernemental par cette membre du collectif « Pas de bébés à la consigne », qui espérait ainsi faire entendre les revendications d’un secteur des crèches confronté à une crise chronique.

    Manque de moyens et de personnels, crèches qui ferment, manque de places disponibles, pénurie de vocations, turnover important, taux d’encadrement trop élevé, burn-out en chaîne… Les dysfonctionnements listés par les professionnelles sont légion dans la filière. Leurs conséquences transparaissent sur le visage des auxiliaires puéricultrices, assistantes maternelles et éducatrices de jeunes enfants présentes dans la salle.

    « Quand on se retrouve toute seule avec huit enfants et que l’un se blesse, on ne peut même pas aller le soigner : c’est de la maltraitance indépendante de notre volonté », confie la gorge serrée Aicha Abdallah-Ould, auxiliaire de puéricultrice et déléguée syndicale FO 13.

    Les déboires

    de la privatisation

    « La recherche de profit dans la prise en charge des personnes vulnérables, ça ne fonctionne pas », assure Aurélie De Brie, éducatrice de jeunes enfants ayant pris une pause après un burn-out dans une structure privée. « On se retrouve avec huit enfants et seulement sept repas, c’est vraiment comme ce qui est raconté dans le livre », ajoute Aïcha, faisant référence au livre-enquête Les Ogres de Victor Castanet (Flammarion ; 2024), où il décrit les dérives structurelles du gestionnaire privé People & Baby.

    Pour faire évoluer la situation, les idées fusent parmi les participantes : recenser tous les dysfonctionnements et fermetures de crèche dans des cahiers de doléances, faire une manifestation nationale, communiquer sur TikTok… « On pourrait récupérer toutes les couches usagées de nos crèches et les déposer devant la préfecture », ironise Aurélie.

  • Le Département de Vaucluse reste au secours des pompiers dans l’incendie social

    Le Département de Vaucluse reste au secours des pompiers dans l’incendie social

    Des banderoles « pompiers en grève », toujours visibles sur les camions des pompiers vauclusiens, rappellent que l’incendie social chez les soldats du feu n’est pas circonscrit. Depuis le 8 septembre et jusqu’au 20 octobre, un préavis national court chez les pompiers professionnels. « Des revendications légitimes en raison d’une sollicitation opérationnelle croissante », pose Thierry Lagneau, président du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) 84, au moment, ce jeudi, de présenter la nouvelle convention liant le Département de Vaucluse et le Sdis.

    Si sa signature ne figure pas encore à l’ordre du jour de la séance plénière de ce vendredi (lire ci-contre), le cadre est formalisé. « En cinq ans, le nombre d’interventions a progressé de 25% [50 000 interventions par an], derrière ces chiffres, il y a une nécessité de moyens humains et matériels non négligeable », estime Thierry Lagneau.

    Ainsi, de 38,9 millions d’euros en 2026, la part du Département prévoit de passer à 41,2 millions l’an prochain et 42,3 millions en 2028. « C’est un montant important mais totalement indispensable », juge Dominique Santoni. La présidente LR du conseil départemental souligne que la collectivité abonde pour 64% dans le budget de fonctionnement du Sdis, le reste provenant de l’État. Dans le détail annuel, 464 000 euros sont consacrés à la prime de feu, 300 000 euros à la location d’un hélicoptère bombardier d’eau ou 900 000 euros dédiés au renouvellement de la flotte. 400 000 euros sur deux ans serviront à financier l’embauche de pompiers professionnels. Actuellement au nombre de 500, ils sont épaulés par 1 900 pompiers volontaires. « Il y a nécessité de recruter pour évoluer vers les gardes de 12h et non plus de 24h », assure Christophe Paichoux, directeur du Sdis 84, allusion à cette forte revendication des grévistes.

    Pour le patron des pompiers, la convention « témoigne de moyens conséquents, une dépense obligataire mais surtout une ressource pour le département et assurer l’équité dans la distribution des secours ». Il rappelle que si cet été le Vaucluse a plutôt été épargné par les incendies, ce n’est pas que le fruit du hasard : « On a l’impression qu’il ne s’est rien passé mais on a enregistré plus de 500 départs de feu, si 99% ont été stoppés avant d’avoir parcouru 5 ha, c’est grâce à l’hélicoptère, à notre maillage sur le terrain ou au dispositif prévisionnel dans les massifs », insiste le colonel Paichoux

  • Jérémy Bacchi portera la voix des lycéens de Martigues

    Jérémy Bacchi portera la voix des lycéens de Martigues

    « Je vais remettre votre lettre au ministre de l’Éducation nationale », promet le sénateur (PCF) des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi, à la vingtaine de lycéens conviés à l’hôtel de ville, jeudi après-midi. Le maire de Martigues, Gaby Charroux (PCF), a renouvelé la rencontre avec les lycéens de la ville, comme il l’avait fait mardi, afin de transmettre directement leurs doléances et revendications au niveau parlementaire.

    Mévann, élève de terminale au lycée Langevin, est l’un des auteurs d’une lettre de lycéens mobilisés à destination du préfet et des responsables de l’Éducation nationale. « Nous demandons des emplois du temps plus rationnels, car nous sommes présents au lycée de 8h à 18h chaque jour, soit 45 heures, mais pour 28h de cours en moyenne par semaine », détaille l’élève. En outre, les lycéens demandent des effectifs limités à 30 par classe au lieu de 36 parfois, le retour des spécialités et options supprimées, le remplacement systématique des professeurs absents, des ordinateurs qui fonctionnent et des locaux « adaptés au changement climatique », liste Mévann. Avec une anecdote : « Quand on mesure la température des classes, on est parfois à 38 voire 39 degrés à 13h ».

    Alors que le débat budgétaire a débuté au Parlement, Jérémy Bacchi insiste sur « le besoin de traduire ces revendications dans le budget adopté, car sinon, on pourra vous faire toutes les promesses qu’on veut, il n’y aura rien ».

    « Desserrer l’étau »

    Au sujet des amplitudes horaires, le sénateur remarque que « le ministre de l’Éducation nationale a demandé aux académies de faire le travail. Soit ça veut dire qu’ils pouvaient agir avant, soit qu’on leur demande de régler un problème qui est le même depuis des années ».

    Mais le sujet au cœur des échanges est celui des violences policières unanimement pointées par les jeunes présents. « Un lycéen a été plaqué au sol et violenté par trois personnes de la BAC pendant le blocus. Il est ressorti traumatisé de ses 24 heures de garde à vue, qui n’avaient pas lieu d’être puisqu’il n’y participait pas », expose ce lycéen de Lurçat. « Une copine s’est pris un flashball dans la tête alors qu’elle était sur le côté. Elle a perdu la vue et on ne sait pas si elle va la récupérer », affirme une autre élève. « Je suis pas contre les policiers, mais y’a des limites. »

    Le sénateur affirme qu’« il faut desserrer l’étau sur les lycéens (…). Nous allons demander une commission d’enquête parlementaire sur le maintien de l’ordre ». Il propose en attendant d’écrire un courrier à la préfecture de police à ce sujet.

    Quant aux exclusions prononcées à l’encontre de certains élèves en raison de leur participation au blocus, Jérémy Bacchi juge qu’« on ne doit pas amputer la vie d’un jeune qui a voulu défendre son avenir. Nous avons proposé une loi d’amnistie pour les syndicalistes, on peut faire la même chose pour les lycéens ». Une manière, aussi, de faire converger les intérêts et les luttes.