Category: politique

  • Le conseil municipal d’Oraison interrompu par des militants écologistes

    Le conseil municipal d’Oraison interrompu par des militants écologistes

    Les chants revendicatifs, casseroles et slogans des militants contre les centrales photovoltaïques se sont à nouveau fait entendre depuis le conseil municipal d’Oraison, jeudi. Mais cette fois-ci, le maire, Benoît Gauvan (Ren.), avait prévu le coup en appelant trois policiers municipaux, qui ont expulsé manu militari plusieurs militants assis dans le public qui avaient interrompu le conseil en prenant la parole pendant la délibération permettant une modification du PLU pour installer une centrale solaire sur la commune, adoptée pour la deuxième fois après que le maire ait oublié de faire voter le huis clos.

    « C’est surtout de ma faute », a-t-il à nouveau reconnu jeudi. L’édile a donc « préféré présenter de nouveau toutes les délibérations » au vu du « vice de procédure ».

    « Vous n’avez pas parlé du CO2, ni de l’extractivisme qui est requis ! », ont notamment invectivé les militants pendant le conseil. Après avoir été sortis, ils ont continué à perturber la séance en faisant entendre leurs hurlements, leurs chants et en tapant aux fenêtres de la salle. « Nous reviendrons », criaient-ils notamment. « La démocratie a bon dos quand on ne la respecte pas », a réagi l’édile.

    Le conseil a été suspendu pendant plusieurs minutes « le temps que cela se calme ». « C’est le premier acte d’une lutte », a promis Marie Veroda, coprésidente du groupe national de surveillance des arbres. « La biodiversité n’est pas à vendre. »

    Un nouvel amendement

    La conseillère d’opposition Isabel Gamba (DVC), opposée au projet, a présenté jeudi un nouvel amendement proposant de « reporter l’examen de la délibération afin que le conseil puisse disposer d’éléments complémentaires avant de se prononcer sur l’intérêt général du projet », absent lors du premier conseil municipal irrégulier, ce que lui a reproché le maire. « Je vous fais part de ma surprise au moment de l’arrivée de cet amendement alors qu’aucun document » n’avait été présenté au précédent conseil. « Vous m’aviez avoué ne pas avoir eu le courage de vous plonger dans l’étude des documents », a-t-il accusé.

    « Nous reconnaissons les avantages avancés et les retombées économiques, mais ces avantages doivent être mis en balance avec l’ensemble des conséquences du projet », a avancé Isabel Gamba. « Les éléments ne permettent pas au conseil municipal d’apprécier de manière suffisamment claire l’intérêt général » de ce projet, a-t-elle défendu.

    Le maire a longuement défendu le projet et présenté ses arguments avec de nombreuses diapositives. Les incidents sur la faune sont « modérés à faibles », selon lui.

  • [Primaire PS/Place Publique] Les « extrêmes » renvoyés dos-à-dos chez Glucksmann

    [Primaire PS/Place Publique] Les « extrêmes » renvoyés dos-à-dos chez Glucksmann

    Ils sont maires, conseillers départementaux ou plus souvent régionaux membres de la majorité Delga mais, assurent-ils, pas téléguidés par elle. « Ce n’est pas la présidente de Région qui nous a forcé la main. Nous ne sommes pas les pions de Carole Delga », insiste la vice-présidente Myriam Gairaud.

    À l’instar de la maire de Cabrières (Hérault), une vingtaine d’élus d’Occitanie prennent position la veille du premier tour de la primaire sociale démocrate (9-10 octobre). Non encartés dans un parti politique, si ces élus de la société civile ont décidé de travailler ensemble au-delà même de la primaire (un laboratoire d’idées sera peut-être créé), c’est parce qu’ils partagent un constat et deux convictions.

    Le constat, c’est que dans un contexte géopolitique mondial « fracturé », la France va mal et doit trouver une « voie raisonnable sociale-démocrate », estime Marie-Thérèse Mercier, élue régionale et ex-présidente du Medef Montpellier-Sète. « Nous sommes dans un moment très, très grave », s’inquiète Patrice Canayer à 6 mois de la présidentielle.

    Sans partager les mêmes idées sur tout, ces élus non encartés en ont. « Sans parti oui, mais apolitique certainement pas. On a des valeurs ! », recadre le maire de Clermont-l’Hérault, Gérard Bessière. Son homologue ariégeoise, Mélanie Tisné-Versailles de la génération Erasmus, est « attachée à l’Europe ». Le médecin Vincent Bounes à la « construction d’un plan Marshall de la santé ». Ou son collègue à la Région, Jalil Benabdillah, à « l’European buy act ».

    La peur d’un duel LFI-RN

    Autant de propositions portées par Raphaël Glucksmann qui leur fait dire qu’il est la meilleure option. « Il donne envie, de l’espoir, il réenchante la politique », estime l’élue biterroise d’opposition, Nadia Boulet. « Il est nouveau, lui non plus on ne l’a pas essayé ! », abonde le maire de Castanet-le-Haut, Max Alliès.

    Au-delà de Glucksmann, ces élus sont terrifiés à l’idée d’un duel Mélenchon-Le Pen que seul J. Benabdillah tranche sans hésiter. « Certains voteraient blanc, d’autres Mélenchon. Pour ma part, je ne mets pas sur le même plan l’extrême gauche et un parti fondé par des SS. » S’ils promettent qu’« aucune de leurs voix n’irait à Le Pen », ils renvoient dos à dos « les extrêmes », autrement dit le RN et LFI.

    Et si Glucksmann perdait la primaire ? « Je ne soutiendrai aucun candidat qui s’alliera avec LFI », tranche P. Canayer. « L’arc républicain doit absolument être au 2e tour de la présidentielle », assure le maire de Gignac, Jean-François Soto. La plupart avouent qu’il leur serait plus facile de voter E. Philippe que J-L. Mélenchon face à Le Pen. Voilà qui en dit long sur l’état de la gauche.

  • [Extrême droite] Le procès de l’attaque du Prolé d’Alès reporté

    [Extrême droite] Le procès de l’attaque du Prolé d’Alès reporté

    C’est une première victoire », s’est félicitée Cécile Alphon-Layre, sur le perron du tribunal d’Alès. La secrétaire de la section alésienne du PCF – partie civile dans ce dossier – regrettait en effet que le caractère politique et la préméditation n’aient pas été retenus (les trois agresseurs seront jugés pour violence aggravée par l’usage et la menace d’une arme et la commission des faits en réunion). C’est l’une des raisons qui a poussé les trois avocats à réclamer le renvoi de l’audience.

    L’annonce de cette demande a été effectuée à plus de 200 personnes rassemblées devant le tribunal dès 8h30 mardi 6 octobre. Avant de rentrer dans la salle, Cécile Alphon-Layre a rappelé le déroulement de cette attaque en pleine feria et a réaffirmé que « ce n’est pas une affaire isolée ». « Notre bassin a été particulièrement marqué par l’assassinat d’Aboubakar Cissé dans une mosquée de La Grand-Combe ou l’agression antisémite d’un septuagénaire à Anduze. La violence de l’extrême droite n’est pas nouvelle. Elle a frappé en 2002 avec l’assassinat de François Chenu puis le meurtre raciste de Mohamed Maghara, de Clément Méric ou encore avec celui de Frederico Martin Aramburu », a-t-elle détaillé.

    En déplacement dans le Gard pour l’occasion (voir page 11), le sénateur (PCF) et patron de L’Humanité Fabien Gay a rappelé la percée de l’extrême droite partout dans le monde, « au Brésil avec le fils Bolsonaro qui est arrivé devant le camarade Lula, au Chili, en Colombie, en Argentine avec Javier Milei qui est un copain de Donald Trump. Trump qui est copain avec Giorgia Meloni, qui est elle-même copine avec des néofascistes ». « Ils mènent une bataille culturelle sans merci pour réduire nos droits. Et comme en 1936, le capital a choisi l’extrême droite plutôt que la gauche. Il y a donc alerte et mobilisation générale. Nous devons faire barrage mais notre responsabilité est aussi d’ouvrir un chemin d’espoir », a-t-il ajouté.

    « Être encore plus nombreux en novembre »

    Après la brève audience où seul un suspect était présent, les avocats sont ressortis du tribunal avec une première victoire en poche. « Cette nouvelle audience du 25 novembre permettra de consacrer le temps nécessaire pour examiner cette affaire parce qu’il y aura des débats techniques mais aussi pour prendre le temps de statuer sereinement sur l’ensemble des éléments de ce dossier. Nous allons vraiment insister pour caractériser la préméditation et le motif politique dans ce dossier. Nous y tenons parce que le retour de la violence politique dans notre pays est dramatique et c’est souvent parce qu’on occulte la violence de l’extrême droite. Il faut qu’on soit lucide sur ce qu’il se passe dans notre société pour pouvoir combattre ce fléau politiquement et dans les juridictions », a expliqué Sophie Mazas, avocate au barreau de Montpellier.

    À la sortie de l’audience, Ralph Blindauer s’est aussi amusé de la demande de nullité de la partie adverse. « Deux des prévenus n’étaient pas là. C’est facile de manier la trique et le coup de poing mais c’est un peu plus difficile de venir assumer ses actes devant un tribunal. Ils ont demandé la nullité de la procédure parce que la police aurait outrepassé ses pouvoirs et aurait agi sans les réquisitions adéquates du procureur de la République. Ces gens qui ont comme “programme” politique de donner les pleins pouvoirs à la police, qui disent que la police est entravée par des règles juridiques qui n’ont aucun sens et que les droits de l’Homme sont du pipi de chat… Aujourd’hui, ils tentent de se mettre sous la protection des règles de droit dont ils réclament l’abolition. C’est cocasse », a expliqué l’avocat qui a appelé la population « à être encore plus nombreuse le 25 novembre » et à venir « avec son pique-nique le midi parce qu’on va y passer la journée ».

  • À Sisteron, l’opposition de gauche fait le bilan de six mois de mandat

    À Sisteron, l’opposition de gauche fait le bilan de six mois de mandat

    Trois élus du département ont raconté, mercredi soir, autour d’une table ronde organisée par le groupe d’opposition de gauche Demain Sisteron !, les difficultés rencontrées en tant que jeunes, nouveaux élus marqués à gauche dans un département rural, dominé par l’extrême droite.

    « Même si je suis né à Sisteron, avec mon nom et mon origine nord-africaine, ça ne plaît pas beaucoup », a regretté Farid Rahmoun, maire de Peipin, affirmant être « l’un des seuls maires d’origine étrangère du 04 et du 05 ». « Depuis petit, on me dit que je vais construire une mosquée, faire venir mes cousins et manger du couscous », a-t-il témoigné.

    Les trois élus ont abordé leur engagement dans la lutte contre l’extrême droite. « Notre rôle dans l’opposition est de surveiller les liens qui peuvent se créer entre les élus de la majorité et les élus d’extrême droite, et de lutter contre ce chemin qui se trace peu à peu entre le centre-droit, la droite et l’extrême droite, qui a l’air de plus en plus facile à emprunter », a avancé Zoé Lerouge, tête de la liste Demain Sisteron !, appelant également à « lutter contre la désinformation et tout ce qui circule et favorise les idées d’extrême droite ».

    Si les deux maires de Saint-Vincent-sur-Jabron et Peipin ne cachent pas leur engagement sur les questions sociales, ils ont présenté une liste « apolitique » pour les dernières élections municipales. « Le côté gauche, qui veut faire bouger les choses, n’est pas stratégique en contexte rural. Si je m’étais mis divers gauche, je n’avais aucune chance d’être élu », a avancé le maire de Saint-Vincent-sur-Jabron, Kerouan Le Roux (DVG, élu SE). « On sait très bien que nos villages ici votent beaucoup extrême droite », a abondé Farid Rahmoun.

    « On a pâti du fait qu’on ne nous connaissait pas, du fait de l’âge, de ne pas venir d’ici », a constaté Zoé Lerouge. « Les gens se méfient des jeunes », a abondé Kerouan Le Roux, qui était « face à une équipe qui se revendiquait d’ici » aux élections municipales. Les deux sont élus pour la première fois et Farid Rahmoun pour la première fois en tant que maire, après avoir été adjoint et conseiller municipal d’opposition.

    Le maire de Peipin a également défendu le fait de verser des indemnités à tous les élus de la majorité. « Mes 15 élus ont une indemnité. C’est du boulot, c’est normal. Si l’opposition s’investit, ils pourraient aussi être indemnisés », a-t-il affirmé.

  • Le sénateur Fabien Gay mène ses combats à Nîmes

    Le sénateur Fabien Gay mène ses combats à Nîmes

    Il était venu avec 211 milliards d’euros sous le bras. Mais, lundi 5 octobre, à Nîmes, Fabien Gay a vite laissé les colonnes de chiffres côtoyer les colères du moment. Le sénateur communiste de Seine-Saint-Denis et directeur de L’Humanité, est venu présenter son livre 211 milliards. Révélations sur les aides publiques aux entreprises, a trouvé dans le Gard un terrain où se croisent ses principaux combats : partage des richesses, jeunesse, union de la gauche et lutte contre l’extrême droite.

    Dans la cour du Prolé nîmois, l’actualité s’est invitée dans la conférence de presse : à moins d’une centaine de mètres, devant le lycée Daudet, des lycéens manifestaient en effet leur colère. L’élu refuse de réduire ce mouvement, qui touche de nombreux établissements en France, aux blocages ou aux dégradations. « La question est de savoir pourquoi, partout en France, des dizaines de milliers de lycéens se mettent en grève et revendiquent. C’est ça, la question qu’il faut se poser », insiste-t-il.

    Classes surchargées, enseignants absents, manque de moyens, Parcoursup qualifié d’« algorithme froid » : le sénateur dénonce « une dégradation générale des conditions d’étude ». Et s’il condamne les dégradations, il fustige aussi la réponse policière : « Ce sont nos gamins, ils ont 15 ou 16 ans. Quand la seule réponse, ce sont des coups de matraque et du gaz lacrymogène, c’est insupportable. »

    Des milliards

    sans contreparties

    Reste le chiffre qui donne son titre à son livre : 211 milliards d’euros d’aides publiques versées aux entreprises en 2023, mis en lumière par la commission d’enquête sénatoriale dont Fabien Gay fut le rapporteur. Six mois d’auditions, près de la moitié des patrons du CAC 40 entendus, et une question centrale : que demande réellement la puissance publique en échange ? Le communiste dénonce des aides trop peu conditionnées à l’emploi, aux salaires, aux délocalisations ou aux engagements environnementaux.

    À Nîmes, Fabien Gay a également retrouvé Vincent Bouget, nouveau maire communiste de la ville. Une victoire qu’il regarde comme un possible laboratoire. « Il a réussi à unir les citoyens, cela montre que rien n’est figé. En partant du local, cela peut essaimer partout », estime-t-il. À huit mois de la présidentielle, le sénateur assure que « tout doit être mis en place pour barrer la route à l’extrême droite » et plaide, pour les législatives, pour « une large coalition » des forces de gauche.

    Car c’est bien là que le ton se durcit le plus. « La préférence nationale n’a pas d’autre nom que l’apartheid social », tranche-t-il, dénonçant « une politique de division et de haine généralisée » visant migrants, syndicalistes, femmes ou encore opposants politiques. À ses yeux, le danger dépasse les frontières françaises : Trump aux États-Unis, Milei en Argentine, Meloni en Italie ou la poussée de l’extrême droite allemande témoignent d’« un mouvement mondial ».

    Son déplacement gardois devait d’ailleurs se prolonger mardi 6 à Alès devant le tribunal, en soutien aux victimes de l’attaque du Prolé lors de la Feria 2025. Fabien Gay avait annoncé sa présence aux côtés des militants agressés. « L’extrême droite fait mal. Elle porte des coups. Pas seulement démocratiques : des coups », martelait-il à Nîmes. Des milliards versés sans contrepartie à la violence politique, le sénateur aura finalement déroulé le même fil : rendre visibles les rapports de force que certains préféreraient laisser hors champ.

  • [Entretien] Rémi Nicolas : « Nous voulons ouvrir une nouvelle histoire pour l’Agglo »

    [Entretien] Rémi Nicolas : « Nous voulons ouvrir une nouvelle histoire pour l’Agglo »

    La Marseillaise : Vous avez beaucoup œuvré à la constitution de la majorité autour de Vincent Bouget. Quel est aujourd’hui votre rôle ?

    Rémi Nicolas : J’ai œuvré pour constituer ce que j’appelle une « majorité de territoire », autour d’un projet le plus large possible et rassemblant le plus de maires. L’objectif était d’éviter une agglomération en opposition avec sa ville-centre, qui représente plus de la moitié de la population et des richesses de Nîmes Métropole. Aujourd’hui, comme premier vice-président, je suis effectivement « au cœur du réacteur » : je suis quasiment quotidiennement en relation avec Vincent Bouget et son cabinet et je ne suis pas limité à ma délégation. Je ressens aussi chez le président une volonté de travailler de manière plus collective qu’auparavant.

    Qu’est-ce qui a changé
    dans la manière de gouverner par rapport au précédent mandat
     ?

    R.N. : On est encore au début de la mandature et Vincent Bouget est toujours dans un temps d’inventaire, nécessaire pour s’approprier tous les dossiers. Mais le ressenti que j’ai, c’est une volonté d’associer le plus grand nombre et de travailler de manière plus collective qu’on ne pouvait le faire auparavant. Il y a aussi cette volonté de construire un projet politique en concertation avec les élus, la population et nos partenaires. Le constat que l’on fait, c’est aussi que beaucoup d’habitants connaissent mal l’Agglo et ses missions. Fin 2026 ou début 2027, nous allons donc lancer un grand travail autour du projet de territoire à l’horizon 2040, avec l’objectif d’aller à la rencontre des habitants, de mieux leur faire connaître les compétences de Nîmes Métropole et de recueillir leurs attentes. Cela doit permettre de poser la question de l’évolution de nos compétences. Je pense, par exemple, à la petite enfance ou à la restauration.

    Magna Porta est l’un des grands dossiers hérités. Que voulez-vous en faire ?

    R.N. : Aujourd’hui, le projet porte sur 60 hectares. Mais pour aménager cette surface, on nous demande plus de 400 hectares de compensation : ce n’est pas possible. Notre objectif est donc de sortir environ 20 hectares à l’échelle du mandat. Il faudra probablement faire évoluer le projet. Jusqu’ici, on imaginait uniquement de l’activité économique ; pour trouver un équilibre, il faudra peut-être aller vers une zone mixte, avec du logement et de l’activité. Je suis élu communautaire depuis 2014 et depuis 2014 j’entends parler de Magna Porta. L’objectif, c’est qu’enfin une partie du projet sorte et que le serpent de mer ne serpente plus.

    L’aéroport de Nîmes-Garons est lui aussi en pleine remise à plat. Quel avenir lui voyez-vous ?

    R.N. : Les ambitions du délégataire autour de 400 000 voyageurs par an sont aujourd’hui inatteignables. Le rêve économique vendu autrefois autour de ce chiffre s’écroule. La DSP arrive à échéance en 2028 : il faudra alors regarder si, avec environ 258 000 voyageurs par an, le trafic commercial peut trouver un équilibre économique. Mais l’avenir de l’aéroport ne repose pas sur les lignes commerciales. Il peut vivre sans elles. La clé, c’est la Sécurité civile et notre ambition de faire de Nîmes-Garons la base française, voire un hub européen, autour duquel on peut développer une industrie aéronautique. Aujourd’hui, avec Ryanair comme mono-opérateur, l’Agglo n’a quasiment aucune maîtrise sur les destinations. Nîmes ne peut pas prétendre concurrencer Montpellier ou Marseille.

    Cette majorité très large peut-elle tenir lorsqu’arriveront les grands arbitrages ?

    R.N. : Je le crois, parce que la manière dont fonctionne Vincent Bouget consiste justement à éviter qu’un désaccord majeur apparaisse. Rien ne se construit contre les 39 maires, et c’est aussi ce qui fait la particularité de ce mandat. Il peut y avoir des oppositions ponctuelles, éventuellement un maire qui quitte la majorité, mais je ne crois pas à une majorité qui vacille. Nous sommes réunis autour d’une vision de territoire et d’un projet commun. Et nous avons aussi une opposition RN qui, par son attitude et ses postures au conseil communautaire, nous rassemble et nous renforce. Une Agglo, c’est une collectivité de construction à plusieurs, même quand certains essaient de court-circuiter le processus ou de faire de l’hémicycle une simple tribune politique. Et c’est bien ce que nous comptons faire, afin d’ouvrir une nouvelle histoire pour l’Agglo, qui ne soit plus uniquement construite autour de la ville de Nîmes, mais à l’échelle des 39 communes.

  • Le maire RN de Rognac joue la provocation en bénissant un équipement public

    Le maire RN de Rognac joue la provocation en bénissant un équipement public

    L’extrême droite provoque. Ce samedi 3 octobre, la mairie RN de Rognac inaugurait sa nouvelle voie verte, rue Lamartine. Le lendemain, La Provence rapporte que l’édile, Christophe Gonzalez, a « procédé à la bénédiction de l’ensemble du parc avec le prêtre de la commune, le père Martin Savy ».

    « C’est inadmissible, réagit le conseiller municipal d’opposition, Stéphane Duchesne (DVD). Il y a deux choses que je trouve lamentables : qu’un élu de la République se permette ça sous couvert de la tradition, sous les yeux attentifs du préfet, et d’être le seul que ça choque. »

    Stéphane Duchesne annonce avoir envoyé un signalement au procureur de la République d’Aix-en-Provence, au titre de l’article L2122-34-2 du Code général des Collectivités territoriales, qui dispose : « Pour les attributions qu’ils exercent au nom de l’État, le maire ainsi que les adjoints et les membres du conseil municipal agissant par délégation du maire dans les conditions fixées à l’article L. 2122-18 sont tenus à l’obligation de neutralité et au respect du principe de laïcité. »

    Flou juridique

    Cette neutralité est imposée aux élus « dans l’exercice de leurs fonctions d’agents publics, mais pas forcément à l’occasion d’actes politiques ou d’inaugurations de mon point de vue », commente William Benessiano, maître de conférences en droit public, spécialiste de la laïcité et des institutions publiques, qui précise que son analyse « ne préjuge pas d’une prise de position de la justice ».

    « Qu’un élu puisse participer en tant qu’élu à une cérémonie religieuse, ça ne pose pas de problème au niveau du droit », poursuit-il. D’autant que l’inauguration n’a pas eu lieu « dans un bâtiment qui abrite un service public, mais dans l’espace public ». William Benessiano soulève tout de même une limite : « La loi du 22 décembre 2025 impose aux élus d’exercer leurs fonctions dans le respect d’un certain nombre de principes et notamment celui de laïcité. » Avec une question : la laïcité implique-t-elle nécessairement la neutralité ? Jusqu’ici, la jurisprudence était constante : cette obligation des agents publics ne s’étendait pas aux élus. Mais le 18 mars dernier, le tribunal administratif de Dijon a refusé de suspendre une délibération d’un conseil municipal qui interdisait le port de signes religieux par les élus.

    « Juridiquement, on est entre deux eaux, mais au regard de la complexité de ces questions aujourd’hui et du financement public de cet équipement, qui est censé être accessible à tous et qui n’a pas de dimension religieuse ou cultuelle, c’est critiquable. »

  • François Bernardini condamné à deux ans ferme

    François Bernardini condamné à deux ans ferme

    La justice a tranché. Quatre mois après le procès, la 32e chambre correctionnelle du tribunal de Paris condamne l’ancien maire d’Istres François Bernardini (DVG) à deux ans de prison ferme, assortis d’une amende de 200 000 euros, cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire et dix ans d’interdiction d’exercice dans la fonction publique. Une peine aménagée sous bracelet électronique.

    Il est reconnu coupable des faits de détournement de fonds publics, de favoritisme et de prise illégale d’intérêts. Au cœur de la décision : deux collaborateurs intégrés dans les effectifs de la mairie alors que l’un travaillait dans une association et l’autre en tant qu’entrepreneur – deux emplois considérés fictifs -, et l’omniprésence d’une poignée d’entreprises dans l’attribution des marchés publics. Les maîtrises d’œuvre du complexe nautique d’Entressen et de la salle polyvalente La Grange sont considérées comme irrégulières par les juges. L’ancien maire a, en revanche, été relaxé des faits de favoritisme s’agissant du marché de location de voitures. Les faits relatifs à l’hôtel de ville sont prescrits. « On a bien été entendus » sur cette partie, se réjouit Michel Pezet, avocat de François Bernardini, « peut-être pas sur les autres ». La défense a dix jours pour faire appel. L’ancien édile n’était pas seul sur le banc des accusés. Son ex-directeur général des services, Nicolas Davini, est condamné à trois ans de prison avec sursis, 100 000 euros d’amende et trois ans d’interdiction d’exercice dans la fonction publique. L’ancienne première adjointe, Nicole Joulia, a été relaxée.

  • [Quoi de neuf] Manuela Parra : « En Espagne, l’histoire est un combat politique »

    [Quoi de neuf] Manuela Parra : « En Espagne, l’histoire est un combat politique »

    Françoise Verna : La 7e édition des Rencontres franco-espagnoles, du 8 au 13 octobre prend cette année une dimension particulière, 90 ans après le début de la Guerre d’Espagne. En quoi la présence du ministre espagnol délégué à la mémoire démocratique, Fernando Lopez Martinez, est-elle importante le 8 octobre à Montpellier ?

    Manuela Parra : Cette présence c’est reconnaître l’engagement de ces hommes et de ces femmes qui se sont battus pour à la fois la seconde République et aussi pour maintenir la liberté et l’égalité. Cela les réhabilite et leur rend leur dignité qui a été bafouée même quand ils sont arrivés en France. C’est aussi le sens du secrétariat d’État à la Mémoire démocratique espagnol qui a été relancé depuis 2022 par Pedro Sánchez. Cela concerne notamment la recherche dans les fosses communes, la réhabilitation des victimes qui ont eu des procès inacceptables sous la dictature de Franco, etc.

    Olivier Nottale : C’est un message pour aujourd’hui ?

    Manuela Parra : Ces gens ont fait un sacrifice pour qu’aujourd’hui on puisse parler librement et être libre dans notre pays. Est-ce qu’un jour, on sera nous aussi à la hauteur ? Je trouve qu’il y a encore du chemin à faire et nous devons prendre celui de la transmission pour que les jeunes comprennent que la liberté, l’égalité, la fraternité, la République en France, c’est quelque chose de fragile, on le voit bien.

    Françoise Verna : La mémoire et l’histoire ont plutôt été écrites par les vainqueurs en Espagne…

    Manuela Parra : Les vainqueurs, c’est les franquistes qui ont mis une chape de plomb jusqu’au milieu des années 70. Donc c’est aussi un combat. Ce n’est pas la même façon d’appréhender la mémoire, par exemple ici en France avec la Résistance, qu’en Espagne. Le franquisme a, nous ne l’oublions pas, abattu la République. En fait, la mémoire démocratique en Espagne, c’est quand même beaucoup plus politique que ce que l’on voit en France où c’est beaucoup plus mémoriel, culturel. En Espagne, c’est la troisième génération qui combat et qui se bat pour l’histoire qui a été complètement réécrite par le dictateur -on va appeler les choses comme elles sont- par le dictateur Franco, comme font d’ailleurs tous les dictateurs. Quand on voit Trump aujourd’hui qui interdit un certain nombre de mots, c’est ce qu’a fait Franco à l’époque.

    Olivier Nottale : Cette histoire est aussi réécrite aujourd’hui par des partis comme Vox à l’extrême droite et le Parti populaire aussi, qui est quand même issu du franquisme.

    Manuela Parra : Quand ces gens-là reviennent au gouvernement, ils effacent tout le travail qui a été fait depuis 2007 sur ces questions de mémoire démocratique. Donc, on voit bien que l’enjeu est important pour l’Espagne. L’historien Enrique Tudela Vasquez va venir nous présenter les recherches dans les fosses communes, notamment au Barranco de Viznard où on pense que la dépouille du poète Federico Garcia Lorca pourrait être.

    Françoise Verna : C’est donc un travail très concret ?

    Manuela Parra : Je suis allée avec lui l’année dernière à Huelva, où des jeunes archéologues de l’Université Grenade ouvraient une fosse commune. Historiens et archéologues travaillent ensemble.

    On a la chance, le 10 octobre, d’accueillir Antonio Orihuela, écrivain, poète et historien. Il a fait sa thèse sur la répression et le silence dans sa petite ville de Moguer. C’est un travail sur les droites qui réécrivent l’histoire. Et il dit bien les droites Donc, en Espagne, c’est un combat qui est un combat politique.

    Françoise Verna : Federico Garcia Lorca est aussi très présent dans ces Rencontres ?

    Manuela Parra : C’est un poète, un musicien qui était ancré dans l’Andalousie et qui a fait émerger et connaître la culture populaire andalouse. Nous allons l’aborder comme symbole de l’effacement de la mémoire, puisqu’on recherche toujours son corps. Quand on parle de lui, on parle aussi des autres. Le film de Magali Negroni, Federico Garcia Lorca 1898/1936 va être le support pour en parler. La réalisatrice le traite, dans ce documentaire qui dure 50 minutes, justement sur son engagement et puis aussi sous l’angle de l’homophobie et de son homosexualité qui a été posée aussi comme hypothèse de son assassinat.

    Olivier Nottale : Des lycéens et collégiens sont aussi
    associés à ces rencontres
     ?

    Manuela Parra : J’ai tenu absolument que le film qui a été fait par les jeunes du lycée Mermoz, Entre deux frontières, une mémoire, sous la responsabilité de leurs professeurs, en partenariat avec les lycéens d’Alcalá de Henares en Espagne, puisse être projeté à l’ouverture, devant le maire de Montpellier et le secrétaire d’État à la Mémoire démocratique espagnol. Parce que c’est la concrétisation de notre démarche. Ce film est fondamental et il a certainement vocation à vivre dans les établissements. Je l’espère.

    *Du 8 au 13 octobre, « 1936-2026, Réveiller les consciences ». Programme complet sur voixdelextremepoesieetculture.blogspot.com

    Entrée gratuite.

    Écoutez l’émission en cliquant sur le lien.

  • La maison des communistes de Martigues à nouveau dégradée

    La maison des communistes de Martigues à nouveau dégradée

    « Chaque année, notre local est cible de tags et de dégradations » pointe la secrétaire de la section de Martigues du PCF, Laetitia Sabatier, dans un communiqué, mercredi.
    À nouveau, la maison des communistes et deux véhicules qui y étaient stationnés ont été recouverts de tags « je suis Israël » et « Dieu bénisse Israël », accompagnés de croix gammées, le jour du 7 octobre. « La croix gammée est le symbole du nazisme, de ses crimes et de la Shoah. L’afficher sur le local du parti dont les militants ont combattu le fascisme au prix de leur vie est une provocation », écrit la responsable. « La répétition témoigne du climat de haine et d’une extrême droite de plus en plus décomplexée, à Martigues comme ailleurs. Nous condamnons sans ambiguïté le racisme, l’antisémitisme et toute forme de haine. Nous refusons que le conflit au Proche-Orient serve de prétexte à des violences et des intimidations » conclut Laetitia Sabatier, indiquant avoir déposé plainte.