Category: politique

  • [Rue de la République] Marc Pietrosino : « Les jeunes mobilisés ont un discours très proche de celui de la CGT »

    [Rue de la République] Marc Pietrosino : « Les jeunes mobilisés ont un discours très proche de celui de la CGT »

    Le climat social

    Didier Gesualdi : Comment jugez-vous la situation sociale ? Elle est très inflammable ?
    Oui, il y a un bouillonnement de colères que l’on sent arriver. Plusieurs sujets viennent se mêler : d’abord c’est la vie chère. Tout le monde le voit en faisant le plein. Le carburant pèse vraiment sur la vie des ménages, mais il n’y a pas que ça, il y a le prix de la nourriture, des loyers… Et dans le même temps, tout ce qui est pensions, salaires ou traitements a stagné. Dans les entreprises privées, les négociations salariales sont catastrophiques et dans la fonction publique, il faudrait faire des fouilles archéologiques pour retrouver le moment où le point d’indice n’était pas gelé. Un calcul montre que pour les catégories C, avec les augmentations « normales » dont ils ont été privés, les fonctionnaires auraient 700 euros en plus sur la feuille de paie. Ce n’est pas négligeable. Vous imaginez la perte de pouvoir d’achat ?

    Léo Purguette : Pour faire baisser les prix des carburants, on entend parler de nationaliser Total. Quels leviers faut-il actionner selon vous ?
    Le levier des nationalisations peut être actionné, c’est sûr. On peut envisager le blocage des prix également. Pour défendre le pouvoir d’achat, il faut aussi rattraper les salaires, qu’ils soient vraiment indexés sur l’inflation. Bien entendu, il faut aussi se pencher sur notre dépendance aux énergies fossiles.

    Léo Purguette : Il y a une autre catégorie de la population qui exprime son mécontentement : ce sont les lycéens qui veulent plus de professeurs, de moyens, des locaux en bon état et la suppression de Parcoursup. Aviez-vous vu venir ce mouvement ?
    Pas de cette ampleur, mais les revendications que vous évoquez sont aussi celles de la CGT. Quant à Parcoursup, il n’y a pas que la CGT. Je pense que n’importe quel parent qui a un enfant qui passe le bac, il a des sueurs dès qu’il faut entrer sur Parcoursup. Il y a des tas d’exemples qui montrent que c’est un système très aléatoire. Ce que nous disons, nous, à la CGT, c’est que Parcoursup, c’est une machine à inégalités. Des étudiants se retrouvent sans leurs choix. Ceux qui ont les moyens pourront finalement payer une école et faire les études qu’ils veulent, les autres resteront sur le bord du chemin. Ça, c’est condamnable. Sur l’état des locaux dénoncé par les lycéens, force est de constater que beaucoup de locaux sont des passoires thermiques, qu’il y a encore beaucoup d’amiante. Il faut un plan de rénovation très important. S’agissant du manque d’effectifs, l’Éducation nationale, comme les autres services publics, a perdu des postes année après année. On est vraiment à un point critique.

    Léo Purguette : On parle d’une génération dont beaucoup d’observateurs avaient dit qu’elle était rongée par l’individualisme, lobotomisée par les écrans.

    Est-elle en train de faire la démonstration du contraire ?

    Voir des jeunes qui s’investissent, qui ont un discours très proche du nôtre et qui veulent changer la société, c’est rassurant. Pour moi, c’est la démonstration qu’il faut toujours faire confiance à la jeunesse, à l’intelligence. Ces jeunes ont la possibilité de s’exprimer, ils le font très bien. Effectivement, c’est une génération qui a sans doute des problèmes, mais à vrai dire comme toutes les générations. Moi, ce que je vois, ce sont des jeunes avec des cerveaux et qui savent s’en servir.
    Didier Gesualdi : Le gouvernement dit que la dette va justement impacter cette génération qui manifeste.

    Quel est votre avis ?

    L’économie n’est pas une science exacte. On est sur un paradigme libéral qui dit qu’il ne faut pas s’endetter ou alors sur des marchés privés avec des gros taux d’intérêt. Il y a d’autres choses qui sont possibles en économie. Le tournant libéral initié par Thatcher, pris dans les années 1980 et pris par tous les pays européens, a fait des ravages. Cela a commencé par détruire les services publics. Avec quelles conséquences ? Faire monter la misère. C’est tellement le cas, qu’aujourd’hui, dans un pays comme l’Allemagne, marqué par le nazisme, on se retrouve avec un parti néofasciste qui gagne des positions de pouvoir.
    Le rôle de la CGT

    Léo Purguette : Vous appelez les militants CGT à descendre dans la rue aux côtés des lycéens. N’y a-t-il pas un risque d’instrumentalisation ?
    En tout cas, nous à la CGT, on fait très attention à descendre dans la rue pour protéger ces jeunes en étant à leurs côtés. On est logoté CGT puisqu’on a un service d’ordre. On n’a pas de banderoles, pas de slogans, on les laisse avoir les leurs. On est là pour les protéger, faire en sorte que ça se passe bien en faisant tampon entre eux et les forces de l’ordre et éventuellement pour dégager les intrusions abusives.

    Didier Gesualdi : La CGT défend beaucoup l’industrie, l’emploi…
    Et l’environnement ?
    Aussi, d’abord parce qu’on est très inquiets de la santé des salariés qui sont employés dans ces industries. Une industrie plus noble, plus vertueuse sur le plan écologique protégera la santé des salariés. Nous faisons très attention à tous ces aspects. Pour la CGT, il faut que l’industrie coche les cases de l’emploi, de la santé et de l’écologie. On est conscient aussi que toute production industrielle polluera toujours un petit peu, mais il faut restreindre au maximum cet impact et le mettre en rapport avec la satisfaction des besoins humains.

    Le RN

    Didier Gesualdi : Dans les entreprises, ça dit quoi de l’extrême droite ? On est dans une période idéologique très troublée. Il y a une explosion de colères, certains peuvent être séduits par ses discours, ça peut-être très confus. La ligne pseudo-sociale de Marine Le Pen peut faire dire à certains que ce parti a changé. Nous, par l’histoire et par nos pratiques, on sait que ce parti sera toujours l’ennemi des salariés.

    Léo Purguette : Avez-vous été surpris parvles propos antisémites attribués à Jordan Bardella ?
    Non ! Quand on connaît l’histoire du Rassemblement national… C’est un petit peu leur fonds de commerce. Aucune surprise à ce niveau-là. On se souvient tous des propos de Jean-Marie Le Pen sur les chambres à gaz, mais aussi avec qui il a fondé ce parti : des antisémites et des nostalgiques d’un certain régime qui a déclenché la Seconde Guerre mondiale. Le vernis s’est juste craquelé.

    Les dossiers chauds

    Léo Purguette : L’UD CGT s’est beaucoup tenue aux côtés des salariés de Fibre excellence, à Tarascon, qui ont des difficultés à obtenir des réponses. Est-ce que Fibre excellence, c’est fini ?
    Non, ce n’est pas fini ! Il y a des projets. Nous avons eu une réunion avec la Région, vendredi dernier, avec des industriels qui étaient là pour évaluer la possibilité de reprendre Fibre excellence. C’est le leader de la pâte à papier et ça fait vivre toute la filière bois, toute une filière la logistique aussi. Fibre excellence, c’est 260-270 emplois directs, mais c’est 5 000 emplois induits donc il y a beaucoup d’acteurs qui ne veulent pas que Fibre excellence ferme. On a un outil de travail qui a déjà été modernisé. Il suffit de pas grand-chose. Ce qui nous manque, c’est un papetier. En France, il n’y en a plus, donc on est en train de chercher à l’étranger. La difficulté, c’est de conserver les locaux en état. Le liquidateur ne nous a pas aidés dans cette démarche !

    Léo Purguette : La CGT est favorable à la ligne très haute tension (THT) pour décarboner le golfe de Fos. Quels sont vos arguments ? Car elle suscite beaucoup d’opposition de la part de riverains.
    Il y a des oppositions. Ce n’est pas tellement sur la THT, mais sur la question : faut-il enterrer la ligne ou la mettre en aérien. Nous, on n’a pas de préférence, on veut qu’elle arrive. Si on veut décarboner l’industrie, on est obligé d’avoir la THT, mais aussi ce qui produit l’électricité. On a besoin que cette ligne arrive sur le Port pour l’électrifier aussi et, plus largement, alimenter toute notre région tout en rénovant notre réseau électrique qui en a bien besoin.

    Léo Purguette : Il y a eu un conflit social récent sur la liaison avec la Corse. On sent d’importantes tensions à l’intérieur du consortium qui dirige Corsica Linea. Êtes-vous inquiet pour son avenir ?
    Cela fait des années que la CGT se bat pour le pavillon français afin d’embaucher des marins au droit français. Je constate qu’on a laissé des compagnies faire autrement. Aucune nouvelle occasion ne doit être saisie pour contourner le pavillon français.

    Didier Gesualdi : Comment allez-vous mener la campagne pour les élections professionnelles dans la fonction publique ?
    D’abord, je voudrais souligner qu’il y a eu une grève suivie en intersyndicale dans la fonction publique avant les élections professionnelles, ce qui est très rare. Cela montre que les problèmes sont profonds et que tout le monde a su faire preuve de responsabilité. Notre objectif est de conserver notre première place dans la fonction publique. Nous menons campagne au plus près des agents pour entendre et faire gagner au mieux leurs revendications.

    L’industrie

    Léo Purguette : L’UD CGT s’est beaucoup tenue aux côtés des salariés de Fibre excellence, à Tarascon, qui ont des difficultés à obtenir des réponses. Est-ce que Fibre excellence, c’est fini ?

    Non, ce n’est pas fini ! Il y a des projets. Nous avons eu une réunion avec la Région, vendredi dernier, avec des industriels qui étaient là pour évaluer la possibilité de reprendre Fibre excellence. C’est le leader de la pâte à papier et ça fait vivre toute la filière bois, toute une filière la logistique aussi. Fibre excellence, c’est 260-270 emplois directs, mais c’est 5 000 emplois induits donc il y a beaucoup d’acteurs qui ne veulent pas que Fibre excellence ferme. On a un outil de travail qui a déjà été modernisé. Il suffit de pas grand-chose. Ce qui nous manque, c’est un papetier. En France, il n’y en a plus, donc on est en train de chercher à l’étranger. La difficulté, c’est de conserver les locaux en état. Le liquidateur ne nous a pas aidés dans cette démarche !

    Léo Purguette : La CGT est favorable à la ligne très haute tension (THT) pour décarboner le golfe de Fos. Quels sont vos arguments ? Car elle suscite beaucoup d’opposition de la part de riverains.

    Il y a des oppositions. Ce n’est pas tellement sur la THT, mais sur la question : faut-il enterrer la ligne ou la mettre en aérien. Nous, on n’a pas de préférence, on veut qu’elle arrive. Si on veut décarboner l’industrie, on est obligé d’avoir la THT, mais aussi ce qui produit l’électricité. On a besoin que cette ligne arrive sur le Port pour l’électrifier aussi et, plus largement, alimenter toute notre région tout en rénovant notre réseau électrique qui en a bien besoin.

    Léo Purguette : Il y a eu un conflit social récent sur la liaison avec la Corse.On sent d’importantes tensions à l’intérieur du consortium qui dirige Corsica Linea. Êtes-vous inquiet pour son avenir ?
    Cela fait des années que la CGT se bat pour le pavillon français afin d’embaucher des marins au droit français. Je constate qu’on a laissé des compagnies faire autrement. Aucune nouvelle occasion ne doit être saisie pour contourner le pavillon français.

    Didier Gesualdi : Comment allez-vous mener la campagne pour les élections professionnelles dans la fonction publique ?
    D’abord, je voudrais souligner qu’il y a eu une grève suivie en intersyndicale dans la fonction publique avant les élections professionnelles, ce qui est très rare. Cela montre que les problèmes sont profonds et que tout le monde a su faire preuve de responsabilité. Notre objectif est de conserver notre première place dans la fonction publique. Nous menons campagne au plus près des agents pour entendre et faire gagner au mieux leurs revendications.

    Les gilets jaunes

    Didier Gesualdi : On parle d’une résurgence des Gilets jaunes, le 17 octobre. Vous parlez avec eux ?
    Oui, on a quelques contacts avec des mouvements citoyens qui s’appellent parfois sur leurs tracts « ex-Gilets jaunes ». Cela ne nous surprend pas, ce qui était dénoncé est toujours là… en pire. Pour nous, la porte est ouverte à des actions communes.

    Didier Gesualdi : Vous n’êtes pas un peu concurrents ? Ça avait été compliqué en son temps ?
    À une époque oui, sans doute parce que c’était un mouvement très divers avec un éventail politique large et varié. Aujourd’hui, ça a l’air d’être plus compact. Concurrents, non. Plus on sera nombreux sur les mêmes revendications, mieux ce sera.

    La question des lecteurs

    Catherine : J’ai fait partie de la génération qui s’est mobilisée contre la loi Devaquet, je pense qu’il faut protéger les jeunes d’aujourd’hui contre la violence policière.
    Catherine, vous vous êtes mobilisée contre le projet de loi Devaquet, moi j’étais de la génération des grandes grèves de 1995. Je commençais à être étudiant. Il y avait de la répression, mais effectivement, quand on manifestait, on n’avait pas cette peur de se faire matraquer ou gazer. Parallèlement, si je fais un comparatif, quand les agriculteurs, avec la FNSEA, manifestent avec les tracteurs, on ne leur balance pas des grenades dessus. Nous, on a pris nos responsabilités. Il faut protéger les jeunes. On ne nie pas qu’il y a eu des débordements, il y a eu du personnel enseignant blessé, mais globalement, il y a eu une disproportion de la réponse policière et de la répression, donc on va continuer à encadrer les jeunes du mieux qu’on pourra pour qu’ils puissent porter leurs revendications de manière sereine et que ce soit ça qui soit entendu. Les débordements détournent l’attention des causes du mouvement. Nous nous impliquons parce que nous voulons que les jeunes puissent s’exprimer et rentrer chez eux en un seul morceau.

  • L’eau, le feu et la rue : la préfète sur tous les fronts

    L’eau, le feu et la rue : la préfète sur tous les fronts

    À peine les établissements rouverts après l’épisode méditerranéen de la veille, les lycées montpelliérains se retrouvaient jeudi 1er octobre devant des barrages. Un télescopage qui résume la rentrée de Chantal Mauchet : dans l’Hérault, les crises s’enchaînent.

    Sur les blocages lycéens, « le phénomène est inquiétant et prend de l’ampleur », a-t-elle reconnu. Elle insiste sur des jeunes « assez déterminés », parfois cagoulés, des jets de pierre et la nécessité de débloquer les établissements « fermement », mais « avec tact, méthode et proportionnalité ». Une prudence dans les mots qui résiste mal aux images et aux chiffres de la répression en cours.

    La « rationalisation »

    qui interroge

    Le climat, lui, ne laisse guère de répit. La veille encore, certains cours d’eau avaient pris deux mètres en une heure, sans faire de blessé. Après des mois de sécheresse et de chaleur, l’été a laissé 1 700 hectares brûlés. Le 4 juillet, trente départs de feu avaient été recensés dans la même journée. « Ce type de canicule va être la norme, nous en prenons acte », résume-t-elle. L’État promet un retour d’expérience sur les incendies, et, pour les écoles, pas seulement de la climatisation, mais « un vrai plan d’adaptation ».

    Sur le front social, le ton change. Le jour même où fermait le centre de nuit Coallia de Montpellier, la préfète a mis en avant 2 600 places d’hébergement d’urgence, dont 900 à l’hôtel. « C’est certainement insuffisant », a-t-elle concédé. Mais la réponse tient en un mot : « Rationalisation. » L’hébergement « ne peut pas être inconditionnel », il faut éviter les « sorties sèches ». Dans le même temps, quelque 180 places vont fermer à l’approche de l’hiver.

    Sur le reste, la représentante de l’État veut se poser en facilitatrice. « L’action ne doit pas se conduire seulement depuis Montpellier », insiste-t-elle, promettant de travailler avec les élus locaux.

  • Une ultime séance en mode tapis rouge pour Dominique Santoni

    Une ultime séance en mode tapis rouge pour Dominique Santoni

    Dans un petit mois, Max Raspail rependra le flambeau de Dominique Santoni dans l’hémicycle. Non pas que le maire (DVG) de Blauvac ambitionne – a priori – de devenir président du Département mais, c’est lui, en tant que doyen des élus qui sera chargé de présider la séance d’installation du nouveau président, consécutive à l’élection de Dominique Santoni au Sénat. Une séance qui devrait intervenir début novembre.

    En attendant, ce vendredi, c’est bien dans le fauteuil de présidente que s’est assise une dernière fois Dominique Santoni. Un ultime round qui s’est déroulé à l’inverse d’un train de sénateur : 50 minutes pour 40 délibérations, adoptées sans presque une intervention. Tout juste le partenariat avec la mutuelle sociale agricole (MSA) pour accompagner les agriculteurs au RSA a suscité quelques questions à gauche. Alexandre Roux (DVG), lui-même agriculteur, a demandé si la profession devait se soumettre aux 15 heures d’activité d’insertion par semaine [réponse, non], quand Rémy Blanc (PCF) en a profité pour évoquer la décision du Conseil d’État de rétablir dans ses droits une allocataire suspendue (notre édition de vendredi).

    Les séances du Conseil départemental ne donnent jamais lieu à de vifs asticotages, celle de ce vendredi en a été l’illustration criante. « Personne ne peut contester le bilan, tout au long des 5 années, il y a quand même eu beaucoup de votes unanimes ou des abstentions », analyse Dominique Santoni, estimant que sa méthode de « consensus, consultations et concessions » contribue à ce résultat. « Gardons-nous du bruit inutile et des querelles, gardons le sens de l’intérêt général », enjoint-elle pour la suite.

    En ouverture de l’ordre du jour, la présidente a évidemment dressé son bilan et s’est fait applaudir dans tous les rangs. Sans que personne, aussi bien dans sa majorité, que dans les oppositions de gauche ou d’extrême droite, ne vienne abonder, nuancer ou critiquer. Même le préfet, présent pour présenter le rapport d’activité des services de l’État en Vaucluse, a salué « l’engagement pour le territoire » de Dominique Santoni.

    Cette dernière a pu livrer un plaidoyer pro domo sur une demi-décennie à la tête de Vaucluse. « Nous pouvons regarder le travail accompli avec fierté, nous avons fait 95% de ce qu’on avait promis », dit-elle. Le tout en investissant 175 millions d’euros par an et en conservant un faible taux d’endettement. Et de balayer les différents champs d’interventions du Conseil départemental : aménagements et routes (chantier de Bonpas, déviation d’Orange dont l’ouverture est une question de jours), financement au Sdis, états généraux de l’eau, appui d’ingénierie aux 151 communes, modernisation des collèges, insertion (dispositifs d’accompagnement du RSA) et même santé avec le recrutement de médecins salariés. Rien, en revanche dans son propos, sur la protection de l’enfance ou les personnes âgées et handicapées, compétences majeures des Départements.

    Pas de confirmation

    pour sa succession

    « Je quitte la fonction de présidente, pas la maison du département », martèle Dominique Santoni, qui reste conseillère départementale mais abandonne son mandat d’élue municipale à Apt. Et se défend d’avoir choisi le confort du Sénat plutôt que livrer une périlleuse bataille aux départementales de 2028. « Je n’ai pas choisi la facilité, les sénatoriales ont été une élection compliquée », soutient-elle. Hervé de Lépinau (RN) s’est aventuré à poser la question de sa succession. « On a évoqué dans la majorité la personne qui va me succéder », répond-elle sans livrer de nom, bien que tous les regards se soient portés sur Christian Mounier, vice-président en charge de l’eau et de l’agriculture, et qui est ensuite resté auprès de Dominique Santoni devant la presse. La présidente a toutefois esquivé toutes les questions autour du nom de son successeur.

  • Publications haineuses : Franck Allisio vire son collaborateur

    Publications haineuses : Franck Allisio vire son collaborateur

    Allez faire les poubelles sur dix ou quinze ans si ça vous intéresse », invitait Franck Allisio le 7 mars dernier, quand La Marseillaise l’interpellait à l’occasion de la visite de Jordan Bardella sur les pedigrees de haines et de violences de ses colistiers aux municipales. Moins de deux semaines après la révélation par Mediapart des propos antisémites tenus par le président du RN, c’est le journal Libération qui a suivi son conseil en dévoilant, ce jeudi soir, les publications haineuses de son plus proche collaborateur, Louis Grégoire.

    Sur son compte Facebook privé, auquel était abonné le patron du parti lepéniste dans les Bouches-du-Rhône, l’assistant parlementaire partageait ainsi blagues racistes et conseils de lecture antisémites. « La nature est fasciste, il faudra bien qu’ils s’y fassent un jour », écrivait-il ainsi en 2018 en s’en prenant aux « grosses moches ». Alors qu’une plaisanterie douteuse sur la Shoah diffusée sur France 2 avait suscité l’indignation, il relaie aussi une publication du site d’Alain Soral, Égalité et réconciliation, en commentant : « Pour faire une blague sur les Maghrébins, il faut être Maghrébin, sur les Noirs, il faut être Noir, sur les Juifs, il faut avoir un bon avocat. » Il partage aussi une certaine passion pour la Seconde guerre mondiale, en penchant davantage du côté de la francisque. Ainsi ce 6 juin 2018, où il publie l’image d’un lance-roquette allemand avec la mention : « Defend Normandie. » « 6 juin 44 : destruction des côtes normandes et bretonnes, première étape du plan Marshall », explicite-t-il. « L’armée française reconstituée par Pétain en Afrique du Nord aurait pu faire l’affaire si le colonel de Gaulle n’avait pas cassé les cou*** », écrit-il aussi. Dans ses conseils de lecture : l’auteur antisémite Pierre Hillard, ou le pro-pétainiste Adrien Abauzit, quand il ne cite pas les poèmes du collaborationniste Brasillach.

    Indignations immédiates

    Dès le lendemain de la publication, le délégué départemental du RN annonçait mettre fin au contrat de son attaché parlementaire, « afin de lui laisser le temps de la clarification », justifie Franck Allisio dans un communiqué. « Ces écrits dont il est accusé, et qui dateraient d’il y a dix ans, étaient inconnus de tous et antérieurs à son recrutement par l’Assemblée nationale », jure-t-il.

    Sans éteindre l’indignation. Le président du conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Aix-Marseille Bruno Benjamin apporte ainsi « une condamnation sans ambiguïté ». S’il prend acte du licenciement, « cet épisode doit néanmoins nous rappeler combien la vigilance est indispensable, particulièrement dans l’entourage de celles et ceux qui exercent des responsabilités ». Le président de la Licra Aix-Marseille, Serge Tavitia, demande pour sa part à Franck Allisio de condamner « sans réserve » les propos antisémites attribués à Jordan Bardella. « Le programme même du RN se nourrit des mêmes idées racistes et xénophobes que celles des fondateurs du Front national », souligne-t-il.

  • « Engager tout le monde à faire République »

    « Engager tout le monde à faire République »

    La Marseillaise : Pour sa rentrée, Mad Mars pose la question « S’engager en politique, ça vaut encore le coup ? ». Pourquoi ce fil rouge ?

    Olivia Fortin : Parce que beaucoup d’entre nous sommes en colère de la situation, on le voit avec le mouvement de jeunesse, et sentent que le réel pouvoir de décision sur les choses qui structurent notre monde est en réalité très loin. On est beaucoup à essayer de faire bouger les lignes localement mais dans un cadre qu’on ne maîtrise pas, et cela crée de la désespérance, surtout quand des forces obscures essaient d’apporter des réponses simplistes à des problèmes complexes. Pour nous mouvements citoyens engagés à Marseille, il est important de créer une occasion d’en débattre. Des Marseillais, nos élus Juliette Masson, Clara Jaboulay et Kader Bennacer auront la parole, mais aussi à deux personnalités qu’on apprécie : Camille Pouponneau, l’ex-maire de Pibrac qui a fait de sa démission un geste politique dans le livre Maires, le grand gâchis. Et Quitterie de Villepin qui a initié plein de mouvements démocratiques.

    Quelle est l’idée ?

    O.F. : Évidemment nous nous tournons vers l’espoir d’une action politique partagée. L’idée est de ne pas s’en tenir à de la désespérance mais de pouvoir se dire qu’on a tous et toutes intérêt, mais aussi de la joie à trouver, dans le fait de combattre. Mad Mars est un mouvement différent d’un parti politique classique, qui par nature n’est pas amené a priori à soutenir tel ou tel candidat mais à défendre le modèle de société auquel on aspire. Et donc à être présent auprès des habitants, et des Marseillais.

    En 2027, quel peut être l’engagement national d’un mouvement local comme Mad Mars ?

    O.F. : Ma conviction, c’est que nous, élus locaux mais pas que, sommes d’une certaine façon le visage de la République. Les Français peuvent parfois se sentir abandonnés, avec d’énormes difficultés sur le pouvoir d’achat, l’accès à des services publics de base, la non-gestion de la crise climatique, avec, légitimement parfois, l’impression d’être abandonnés par un pouvoir public national qui ne prend pas en compte les injustices. Je nous vois, nous qui sommes engagés dans la société, et ce n’est pas seulement les élus, une responsabilité à combattre ce sentiment, en étant à nos places et à nos rôles, auprès des habitants, en allant discuter avec eux et prendre un prétexte pour le faire. La meilleure manière de faire campagne aujourd’hui pour la société à laquelle j’aspire, c’est d’engager tout le monde à faire République, parce que c’est le meilleur rempart à ce qu’on veut nous proposer.

  • Laurent Belsola : « Une ville de paix et de vivre-ensemble »

    Laurent Belsola : « Une ville de paix et de vivre-ensemble »

    La Marseillaise : Que vous inspire la tenue du congrès national du Mouvement de la paix à Port-de-Bouc ?

    Laurent Belsola : Je suis d’abord très fier pour la section locale du Mouvement de la paix de Port-de-Bouc, qui est tenue par Élise Taillaumard et Boulenouar Sirat. C’est une belle récompense pour le travail qu’ils réalisent depuis des années. Je rappelle qu’ils sont allés à Hiroshima, par exemple, mais ils sont de tous les combats. Les militants du Mouvement de la paix organisent d’ailleurs régulièrement des réunions au niveau départemental à Port-de-Bouc.

    À vous entendre, la paix est presque dans l’ADN de Port-de-Bouc, finalement ?

    L.B. : Nous sommes une ville de paix. Nous sommes opposés à tous les conflits, on préfère largement la négociation. On a pu voir l’embrasement des situations au Moyen-Orient, en Ukraine, en Iran. Je dis qu’il faut que la diplomatie reprenne ses droits. Que le droit international reprenne le pouvoir sur les armes et la loi du plus fort. Car voir les bombes arriver sur n’importe quel peuple sera toujours un désastre pour moi.

    Port-de-Bouc compte de nombreuses communautés issues de l’immigration, comme la communauté chypriote. La paix est-elle indispensable au vivre-ensemble, et inversement ?

    L.B. : On peut remercier les anciens qui ont créé l’association Amitié France-Chypre suite à un voyage et qui militent pour que Chypre redevienne ce qu’elle était. Nous recevrons bientôt la visite de M. le consul honoraire de Chypre à Marseille, à l’occasion d’une soirée consacrée à une chorale prochainement. Cela s’annonce comme une belle soirée. La paix et le vivre-ensemble sont des obligations dans notre ville, on ne peut vivre en paix que si tout le monde se respecte. La République est en cela un projet politique non ethnique, qui inclue toutes les différences, culturelles comme religieuses, et qui nous unit.

  • Deux jours de congrès à Port-de-Bouc pour changer le monde

    Deux jours de congrès à Port-de-Bouc pour changer le monde

    On veut changer le monde, et ça urge », résume Pierre Villard en introduction de la conférence de presse du Mouvement de la paix, vendredi midi, présentant les enjeux du congrès national de l’organisation qui se tient à Port-de-Bouc, vendredi et ce week-end. « L’Homme a la capacité de disparaître plus rapidement que les dinosaures et on propose de ne pas essayer », reprend le coordinateur régional du mouvement. « La paix est un moteur des transformations sociales du monde et c’est en construisant la culture de paix qu’on répondra aux conflits mondiaux », affirme Pierre Villard.

    En plein mouvement lycéen, cet aspect moteur se révèle. « Cela interpelle sur la capacité des lycéens à pouvoir s’exprimer pacifiquement. » La professeure de droit Raphaëlle Maison, invitée du Forum, relève qu’« il y a une forte conscience politique dans ce mouvement », citant des pancartes vues comme « financez nos facs, pas des génocides ».

    Une illustration concrète de cette culture de paix que Pierre Villard appelle « boussole de la convergence des aspirations ». Celles des femmes, enfants, racisés, Lesbienne-Gay-Bi-Trans (LGBT), handicapés… « Toutes les minorités sociales ont intérêt et droit à la paix. Les oppressions auxquelles ils font face servent le même objectif de faire régner l’ordre par la force et non la loi. Nous, on voudrait l’inverse : au lieu de la loi de la force, la force de la loi. »

    Question démocratique

    La culture de paix revêt un caractère particulier en Paca, région clé du complexe militaro-industriel de la France. « Nous avons décidé, localement, de nous inscrire dans le congrès et dans la campagne pour le désarmement nucléaire », indique Michel Dolot, porte-parole du Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône. L’organisation d’une grande manifestation régionale devant la base aérienne 125 d’Istres est envisagée le 20 mars 2027 « pour témoigner du refus des armes nucléaires », d’après le responsable.

    Michel Dolot pointe aussi « une question démocratique », celle « du poids de ce qu’on met dans la défense au détriment de la sécurité humaine », considérant que « quand vous êtes militaire, vous n’avez pas de souci de logement ou de santé, tandis qu’à Aubagne, on n’a pas les moyens de rénover l’hôpital ».

    Alors que la France vient de faire une nouvelle démonstration de son missile nucléaire M51, le Mouvement de la paix dénonce un « acte politique qui va à contre-pied total de l’évolution du monde, selon Pierre Villard. Dans un des pires moments de la guerre froide, l’URSS et les USA ont réussi à dépasser la défiance a priori des autres. » D’où l’idée que « si l’ONU n’existait pas, il faudrait l’inventer ». Comme la paix.

  • À Avignon, le Rouge Gorge renonce à accueillir Oser la France

    À Avignon, le Rouge Gorge renonce à accueillir Oser la France

    Sarah Knafo (Reconquête), François Fillon, Natacha Polony, Valérie Boyer (LR), François-Xavier Bellamy (LR) ou encore Juan Branco : la liste des personnalités invitées aux universités d’été du mouvement Oser la France, fondé par le vice-président des Républicains Julien Aubert, oblige désormais les organisateurs à trouver un nouveau lieu d’accueil. Prévu initialement le 17 octobre au Rouge Gorge, à Avignon, l’événement ne s’y tiendra finalement pas.

    À la suite de la mobilisation d’un collectif d’associations vauclusiennes, qui s’interrogeait sur la neutralité de la salle de spectacle, la direction de l’établissement a annoncé, ce vendredi 9 octobre, mettre fin au contrat de location.

    Tout en rappelant que la réservation avait été conclue dès 2025 pour accueillir l’événement et qu’il s’agissait « d’une prestation de service privée et non d’une programmation portée par le Rouge Gorge », l’établissement justifie sa décision par la volonté de « préserver » son « indépendance ».

    « La dimension prise par cet évènement dépasse désormais le cadre de la prestation initialement convenue », poursuit le Rouge Gorge, qui souhaite « conserver la maîtrise » de son activité, de ses engagements et de l’identité du lieu, tout en assurant défendre « des valeurs de tolérance, de respect et d’inclusion ». Et d’ajouter que l’évènement était « susceptible de venir troubler l’ordre public ».

    « C’est une victoire », réagit auprès de La Marseillaise Muriel Trichet, membre du collectif féministe NousToutes 84 : « Le fait qu’ils aient fait machine arrière montre que la convergence des luttes a fonctionné. On mettait en avant le fait qu’un espace culturel ne devrait pas accueillir ce genre d’évènement ».

    Réaction ce samedi

    Contacté, Julien Aubert réserve sa réaction lors d’une conférence de presse prévue ce samedi 10 octobre. Il avait toutefois déjà répondu à la mobilisation des associations opposées à la tenue de l’événement au Rouge Gorge. « Le désaccord politique est légitime ; vouloir faire porter à un lieu culturel la responsabilité des opinions de ses locataires revient à installer une police idéologique des salles et des tribunes. C’est surtout une méthode propre aux fascistes : s’attaquer à la culture, pour asphyxier la démocratie », lançait-il dans un communiqué diffusé sur ses réseaux sociaux.

    Après avoir évoqué une « reductio ad Hitlerum », Julien Aubert poursuit en affirmant que la « démocratie ne consiste pas à décider qui mérite une salle, mais à répondre aux idées par des idées ». Avant de conclure qu’il « espère que les collectivités publiques qui financent ces associations » liront son message. Ce sur quoi il y a peu de doutes : certains membres du collectif monté par Julien Aubert pour les élections municipales sont aujourd’hui aux côtés du maire d’Avignon Olivier Galzi (DVD).

  • Occitanie : le mouvement social prend un coup de jeune

    Occitanie : le mouvement social prend un coup de jeune

    Le mouvement lycéen, parti de région parisienne il y a près de trois semaines, est désormais massif, actif et déterminé dans tous les territoires de la métropole et en outremer. Dans l’Hérault et le Gard, la quasi-totalité des lycées publics, généraux mais aussi professionnels, est dans l’action pour exiger de bonnes conditions de travail, autant matérielles qu’éducatives.

    La maturité des lycéens, dont l’écrasante majorité sont des mineurs, est un motif de fierté pour leurs aînés. Si parents, professeurs ont décidé de les encadrer et de les protéger face à la répression ahurissante du gouvernement, le mouvement lycéen reçoit aussi le soutien et la participation des syndicats de salariés, au-delà de la seule communauté éducative. Ainsi, le syndicat CGT de l’Hérault de l’action sociale précisait, le 6 octobre dans un communiqué que « les revendications lycéennes, plus que légitimes, rejoignent les [leurs] », dont « un budget de l’Éducation nationale à la hauteur des besoins des élèves et des personnels de l’Éducation nationale, pour une augmentation des salaires, des embauches et des conditions de travail décentes dans le secteur social et médico-social ».

    Cette « convergence » entre lycéens et syndicats de salariés s’illustre aussi dans le Gard où les unions locales CGT, FSU et FO ont signé un appel commun de soutien aux adolescents en lutte et appelé à manifester le 6 octobre. « Lors du rassemblement du 29 septembre [journée de grèves et de manifestations dans la fonction publique] nous avons donné la parole à des jeunes mobilisés. Nous leur avons proposé notre solidarité et notre soutien tout en réaffirmant un principe essentiel : leur mobilisation leur appartient et nous ne déciderons jamais à leur place », précisent les trois unions locales. Ce jeudi 8 octobre, un nouvel acte de la mobilisation lycéenne a agrégé une nouvelle fois les syndicats de l’éducation nationale et de salariés.

    Les élus locaux d’Occitanie s’engagent également. Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a exprimé son soutien lors du conseil municipal, le 6 octobre : « La casse, la destruction de biens, n’est jamais la solution et doit être condamnée. Mais la violence contre la jeunesse ne peut pas être la réponse. La réponse doit être le dialogue, l’esprit de responsabilité. Nous sommes ouverts pour dialoguer. Si les lycéens souhaitent des lieux pour s’exprimer, ils seront grands ouverts. Les jeunes veulent que leurs profs soient remplacés, que l’épreuve au Bac et les emplois du temps soient lisibles, cohérents. Ils veulent sortir de l’angoisse de Parcoursup », résume l’élu, lui-même professeur d’histoire-géo. « Je tenais à faire part de mon soutien. On ne peut pas être dans une surenchère de violence et de réponses anormales », a déclaré le maire socialiste. La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), a tenu aussi à « [s]’adresser directement aux lycéennes et aux lycéens. Votre colère, je l’entends. Vous avez raison de vous mobiliser, de demander de meilleures conditions d’études, des professeurs remplacés, davantage de moyens pour préparer votre avenir. Je sais votre inquiétude de voir les inégalités se creuser et votre sentiment de ne pas être assez écoutés ». Elle était d’ailleurs aux côtés du maire communiste de Nîmes Vincent Bouget cette semaine (lire aussi p. 7).

    Pour tous les partis de gauche, LFI, PS, EELV, NPA, PCF, il s’agit d’être aux côtés de la jeunesse dans ce mouvement à bien des égards historique. « C’est une génération entière qui aujourd’hui exprime sa colère, sa volonté de trouver dans la société la place qui lui revient. Ils et elles méritent des réponses à la hauteur de leurs attentes, de leurs espoirs et non des fins de non-recevoir quand ce n’est pas la répression et la violence policière », souligne Jacques Chabalier, secrétaire de la section de Nîmes du PCF. Pour la fédération du PCF de l’Hérault, dont la secrétaire générale est aussi élue de Montpellier, Clara Gimenez, « d’autres choix sont possibles » et « la baisse démographique (…) doit permettre de diminuer réellement le nombre d’élèves par classe, de recruter les enseignants et les personnels nécessaires et de donner davantage de temps à chacun pour apprendre et réussir ». Une visée exclue par les macronistes.

  • À Nîmes, les Fiertés virent au « vénère »

    À Nîmes, les Fiertés virent au « vénère »

    À Nîmes, les paillettes ne suffiront pas. Le 10 octobre, les Fiertés Vénères veulent remettre la lutte au centre de la marche. Présentée comme une « Pride radicale du Sud de la France », la mobilisation part d’un constat assumé par ses organisateurs : les marches des fiertés se sont progressivement vidées d’une partie de leur portée politique.

    Au départ, le constat est local. « On constate une totale dépolitisation de la Pride de Nîmes », explique Claude, membre du Collectif nîmois antifasciste et queer (Cnaq), pour qui la marche est devenue « un événement calendarisé, plutôt que vraiment un événement politique ». Derrière la manifestation, sept organisations mêlant luttes LGBTQIA+, antifascistes, syndicales et féministes veulent donc faire de Nîmes un point de rencontre régional, et replacer les revendications queers dans un front plus large contre les discriminations et l’extrême droite.

    Contre la fascisation,

    un front queer

    Le ton de l’appel, signé par 43 assos, ne s’embarrasse pas de prudence : « Nous voulons des Fiertés qui déchiquettent, des Fiertés shlags, irrécupérables et sales », lancent les organisateurs, qui dénoncent aussi l’« homonationalisme » : l’utilisation des droits LGBTQIA+ pour justifier, selon eux, des politiques nationalistes, racistes ou anti-migrants. Résumé en une formule : « Nos vies ne serviront de caution à personne. » Ils revendiquent également la solidarité avec la Palestine, la lutte contre les violences policières, la démédicalisation des transitions ou encore davantage de droits pour les familles queer.

    Cette radicalité veut surtout répondre à des urgences concrètes. Le Cnaq cite l’accès aux soins, la précarité, les difficultés dans le monde du travail et la persistance des violences verbales et physiques, comme l’agression d‘une femme trans en août à Montpellier. « On peut faire la fête, mais il faut qu’il y ait un fond politique », insiste Claude. La journée commencera à 13h place Jules-Guesde avec un village associatif. La manifestation partira à 16h, puis dès 19h, la soirée ContraQueer prendra le relais au Bar du Midi, avec cantine, drag, DJ set, tarot et jeux.