Category: politique

  • Grand Avignon : déjà 6 millions d’euros pour un tramway nommé fantôme ?

    Grand Avignon : déjà 6 millions d’euros pour un tramway nommé fantôme ?

    En décembre 2022, le Grand Avignon déprogrammait des crédits pour la réalisation de la seconde phase du tramway, qui devait relier Saint-Lazare à l’île Piot. Gelé, le projet estimé alors à 56 millions d’euros, n’a jamais été enterré mais seulement reporté. La mandature précédente sous Joël Guin a préféré d’abord miser sur des parkings-relais avant d’étoffer le réseau d’une nouvelle ligne structurante. Or, depuis près de 4 ans, si aucun coup de pioche n’a eu lieu, les lignes budgétaires ont, elles, bien avancé.

    Une décision d’ici

    à la fin de l’année

    Ainsi, près de 6 millions d’euros au total ont ou vont être dépensés jusqu’en 2027. Et ce selon le tableau récapitulatif des autorisations de programme, qui sera présenté ce lundi soir en conseil communautaire (18h, salle de Montfavet), dense de 52 rapports dont aussi l’augmentation des tarifs de l’eau (lire notre édition du week-end). Trois millions d’euros ont été mis sur la phase 2 du tram en 2023, 440 000 euros l’an dernier et 252 000 euros cette année. Les élus du Grand Avignon doivent voter une nouvelle avance de trésorerie à Tecelys [la décriée SPL en charge du réseau] de 442 000 euros dans le cadre de son mandat de la phase 2 du tramway.

    Contacté, le Grand Avignon parle d’une « délibération purement administrative, l’avance de trésorerie a pour objet d’assurer la cohérence et la compatibilité des études entre elles (chron’hop et tramway) ». L’agglo n’a, en revanche, pas souhaité synthétiser l’ensemble des études. « L’exécutif disposera d’ici la fin de l’année de tous les éléments techniques, financiers, économiques et fonctionnels lui permettant de prendre les décisions éclairées et procéder aux arbitrages nécessaires à la priorisation et à la programmation des projets de transport collectif », nous répond la collectivité.

    Les bureaux d’études n’ont donc pas chômé avec des perspectives de prolongement tournées vers l’hôpital, mais aussi Agroparc, voire même la rue de la République, avec un 8e avenant au contrat signé début mars. Sans qu’aucune décision politique ne soit prise derrière. Rappelons que 6 millions d’euros, cela équivaut à plus d’une année de gratuité pour tous du réseau Orizo, les recettes de billettique rapportant 5 millions d’euros.

    Mais surtout, ces études pourraient bien finir à la poubelle. Car Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon et président de l’agglo, plaide pour réaliser des bus à haut niveau de service (BHNS) plutôt que développer le tramway. « Le prolonger à Agroparc est un mensonge », disait-il pendant la campagne face au coût prévu de 250 millions d’euros. Début mai devant la presse, il réaffirmait son opposition au tramway. « C’est 30 millions d’euros du kilomètre, contre 3 pour le BHNS, dix fois moins ! », soulignait Olivier Galzi. L’équivalent de deux kilomètres de BHNS auront donc déjà été engloutis en études.

  • « On a une bataille politique et idéologique à mener »

    « On a une bataille politique et idéologique à mener »

    La Marseillaise : Quel est votre parcours professionnel et militant ?

    Jacques Chabalier : J’ai 62 ans et je suis né à Nîmes. J’ai fait l’essentiel de ma scolarité ici, puisque j’ai été élève au collège Romain Rolland puis au lycée Daudet où j’ai passé mon bac en 1981, belle année ! J’ai ensuite fait mes études de lettres à Montpellier où j’ai obtenu mon Capes de lettres classiques. Je suis ensuite parti en Indre-et-Loire où j’ai exercé mon métier d’enseignant. Au plan politique, je suis devenu secrétaire départemental de la Fédération d’Indre-et-Loire. À partir de 2008-2009, j’ai intégré l’exécutif national, puisque j’étais responsable de la vie du Parti entre 2009 et 2016. J’ai travaillé un peu avec Marie-George Buffet puis avec Pierre Laurent. J’ai d’ailleurs intégré le secrétariat de Pierre Laurent jusqu’à l’arrivée de Fabien Roussel en 2022. Comme les saumons qui remontent à la source, je suis revenu à Nîmes en 2022 et je suis devenu cette année secrétaire de la section de Nîmes.

    Pourquoi avez-vous voulu prendre la suite de Denis Lanoy ?

    J.C. : Je trouve que la victoire de Nîmes en commun, l’élection de Vincent (Bouget) comme maire et la pratique politique tout à fait inédite qui a permis cette écoute des citoyens, de construire avec eux, crée une situation complètement nouvelle dans la ville. Je pense que le Parti communiste doit en tirer toutes les leçons pour déployer sa propre activité. Il y a beaucoup à apprendre pour renforcer le Parti, pour le développer, pour identifier les atouts et voir où nous avons du mal à être présents. Je pense notamment aux cités et aux quartiers dits populaires. On constate aussi qu’il y a une nouvelle génération d’adhérents qui arrive et mon souhait, avec modestement l’expérience qui est la mienne, c’est d’aider ces nouveaux responsables, ces animateurs possibles de la vie du parti, à prendre toute leur place.

    Comment envisagez-vous le rôle de la section dans une ville gérée par un communiste?

    J.C. : Nous ne serons pas le porte-parole de la mairie car elle n’en a pas besoin. Nous aurons des rencontres régulières avec les élus de la Ville. Mais nous allons jouer notre rôle de parti politique en parlant de dossiers de la ville qui intéressent la population. Mais au-delà, on a une bataille politique et idéologique à mener, car il y a, ici comme ailleurs,
    l’inquiétante progression du Rassemblement national.

  • [Rue de la République] Benoît Payan : « Aujourd’hui, c’est Marseille qui fait la richesse de la métropole »

    [Rue de la République] Benoît Payan : « Aujourd’hui, c’est Marseille qui fait la richesse de la métropole »

    Les 100 premiers jours

    Didier Gesualdi : Nous sommes à 100 jours de votre élection, vous êtes le maire le mieux élu par les Marseillais, ce qui vous oblige…
    Il faut prendre cela avec beaucoup d’humilité. Certains me disent : « C’est fantastique, tu es le maire le mieux élu de l’histoire et en plus tu as été le plus jeune… » Ce n’est pas comme cela qu’il faut penser la politique. Il faut juste penser que c’est une responsabilité et qu’il faut la prendre avec humilité. C’est sept ans au service des Marseillaises et des Marseillais dans des conditions qui ne sont pas faciles. On va vivre des moments peut-être très compliqués l’année prochaine pour les élections présidentielles. On vit actuellement des moments difficiles. Le rôle d’un maire est de protéger sa population, toute sa population. Marseille est une ville qui ne ressemble à aucune autre et a besoin d’être protégée car c’est une ville qui est merveilleuse, forte, fragile, jeune, qui a aussi besoin qu’on la ménage, qu’on pense à elle et qu’on soit là tous les jours.

    Léo Purguette : Vous avez fait le choix de rebattre toutes les délégations de vos adjoints. Est-ce que cela ne vous fait pas perdre un peu de temps dans la mise en œuvre de votre programme ?
    Au contraire ! Ça fait du bien. La monotonie, quand elle s’installe, que ce soit dans la vie, au travail, dans un couple ou dans une mairie, devient l’ennemie de ce qu’il y a de plus beau : l’exaltation. Aujourd’hui on a des adjoints qui hier s’occupaient des écoles et qui ont pris dès le lendemain leurs nouvelles délégations, à qui la sécurité, à qui la solidarité et qui le font avec un entrain absolument incroyable. Certains d’entre eux, ceux qui avaient déjà une délégation, ont cette habitude la gestion. Donc les tâtonnements qu’on pouvait avoir au début du premier mandat sont aujourd’hui derrière nous. Tout le monde m’a dit : ça va faire un chamboule-tout. C’est le contraire qui s’est passé. On a des services heureux, des élus heureux et des gens qui se sont mis au travail tout de suite. Et c’était cela : je ne voulais pas de rupture dans le temps de travail.

    Léo Purguette : Quels sont les premiers marqueurs de ces 100 jours, de quoi êtes-vous fiers ?
    On a passé des épisodes extrêmement difficiles et compliqués. Revoir toute la gouvernance de la métropole, insérer une ville qui ne l’a jamais été dans la Métropole, qui a toujours été rejetée par la gouvernance de la Métropole : j’en suis très fier. Se mettre au travail ne serait-ce que sur la question des transports, de la propreté où on voit de plus en plus de passages en centre-ville notamment. On continue à avancer dans les écoles. Vous allez voir de nouvelles écoles sortir de terre à partir de la rentrée… L’idée de se dire qu’après une élection tout est magique et merveilleux, je préfère la laisser aux démagogues et aux populistes.

    Léo Purguette : On vit un épisode caniculaire très dur. Quand on n’est pas un Marseillais qui a les moyens d’avoir la climatisation, c’est difficile. Que peut une municipalité face au changement climatique ?

    La municipalité se mobilise. On ouvre par exemple en centre-ville une plage 24h/24 en mettant de la police municipale, des maîtres-nageurs sauveteurs, une équipe de gardiennage, de l’éclairage… on ouvre les musées et les bibliothèques où il y a de la climatisation, on fait la gratuité des piscines, on étend les horaires… Quand on fait un bâtiment public, je ne le construis pas aux normes d’aujourd’hui. Je le construis pour que dans 50 ans il soit encore efficace, qu’il soit climatiquement responsable, avec des produits sourcés, que l’hiver comme l’été la température soit tempérée. Ça, c’est une nécessité. Si vous me demandez si je vais acheter des climatiseurs pour tous les Marseillais, certains vous auraient répondu : « Oui bien sûr. » Moi je dis non.

    Léo Purguette : Pourquoi ?
    Parce que financièrement ce n’est pas soutenable pour 900 000 habitants.

    Léo Purguette : C’est donc plus financier que philosophique ? On a entendu une partie de la gauche nous expliquer que la climatisation serait presque intrinsèquement d’extrême droite ? Ça a choqué.
    Je ne partage évidemment pas cela. On sait tous que la climatisation n’est pas la panacée et que ce n’est pas une réponse à long terme au changement climatique. C’est même quelque chose qui accélère quelque part le changement climatique. Quand on a un bébé de 6 mois ou comme moi une grand-mère de 95 ans… On sait qu’elle ne serait peut-être plus là si elle n’avait pas mis la climatisation.

    La polarisation politique

    Didier Gesualdi : La nouvelle donne politique au conseil municipal est marquée par une forte extrême droite dont on va reparler aux élections nationales.
    Les Marseillais ont dit ce qu’ils avaient à dire aux élections du mois de mars. Je suis évidemment très inquiet de voir que la droite traditionnelle a disparu, ce n’est pas à moi de m’inquiéter mais quand la droite disparaît c’est l’extrême droite qui fait son lit. Aujourd’hui quand on écoute des gens comme Éric Ciotti dire « je vais grand-remplacer la droite », quand on écoute des gens comme Jordan Bardella ou Marine Le Pen dire « la droite, c’est nous », et voir la droite républicaine, gaulliste avec qui on a partagé une certaine idée de la France et notamment au moment de la Résistance, disparaître, je ne m’en réjouis pas. Il y a des différences fondamentales entre la droite et nous, on avait quelque chose en commun. Avec l’extrême droite, on n’a rien en commun. Quand on utilise les mots de quelqu’un, les gens préfèrent toujours l’original à la copie. Et c’est exactement ce qui s’est passé.

    Léo Purguette : Est-ce qu’il n’y a quand même pas un problème du côté des catégories populaires qui ne se mobilisent pas sur la gauche ?
    Ce n’est pas ce qu’on a vu à Marseille. On a vu remonter comme on ne l’avait pas vu monter depuis longtemps, le vote des classes populaires. Ça a été très net dans les 13-14, dans les 2-3 aussi où je m’étais présenté en 2020 et je peux vous dire que ce n’est pas encore la panacée mais on voit de l’effet quand les politiques tiennent leurs engagements. Les gens sont intelligents, ce ne sont pas des clients. Il ne faut pas leur mentir. Je prends des coups pour ceux qui pendant 30 ans on dit « vous allez voir avec moi, tout sera formidable ». C’est pour cela que j’ai essayé d’être sur une ligne la plus juste possible.

    La rentrée scolaire

    Léo Purguette : Qu’est-ce qui va changer à la rentrée pour les petits Marseillais ?
    Je me suis engagé pendant la campagne à faire un kit scolaire de meilleure qualité. Il y aura donc un kit scolaire plus fourni, plus beau, toujours en concertation avec les parents et les enfants, pour qu’on puisse être au rendez-vous sur la question du pouvoir d’achat quand on voit que les prix des fournitures scolaires sont en train d’exploser. Préparez-vous à aller dans les grandes surfaces à partir du 15 août, et vous verrez qu’une gomme qui valait 1,10 euro, vaut 1,80 euro. Mis bout à bout, le panier à la fin, au lieu d’être à 120 ou 130 euros il va passer à 170 euros. Et quand on a deux ou trois enfants, ce n’est pas supportable. C’est pour ça qu’on a décidé de faire cette mesure – la seule grande ville en France à le faire – pour tous les élèves. C’est notre choix, car la question du pouvoir d’achat concerne tout le monde, comme celle de la dignité car quand on est petit, qu’on arrive dans une classe et qu’on n’a pas toutes ses affaires scolaires, on a honte. Tout ça, c’est fini et j’en suis très fier.

    La Métropole

    Léo Purguette : Marseille est désormais dans la gouvernance de la Métropole. Elle a été un gros caillou dans votre chaussure durant le premier mandat. Mais aujourd’hui on a l’impression qu’elle ne fonctionne pas vraiment : elle est sous tutelle, elle n’a pas de moyens…
    Je comprends la question et vous avez raison. Cela a été six années difficiles et compliquées. Aujourd’hui, le choix qui a été fait d’accepter les coupes sombres par le président et par d’autres en expliquant que c’était des économies n’est pas mon choix. Moi je considère que la politique de la Ville, que s’occuper des plus fragiles, que la culture, que le sport ne sont pas des endroits où on fait des économies. Ce n’est pas un sujet qui devrait normalement être mis sur la table car on sait que derrière cela, quand on ferme une association, 2, 10, 20… 100 associations sont concernées. Ce sont des plans sociaux que l’on fait et ce n’est pas acceptable. Bien sûr que j’ai accepté d’entrer dans la gouvernance pour les Marseillais…

    Léo Purguette : … Mais vous n’avez pas accepté d’être vice-président.
    Car je suis maire de Marseille et je ne suis pas friand de mandats, de postes, d’indemnités… Ça ne m’intéresse pas. Je suis et je reste maire de Marseille et je m’occupe des Marseillais. Pourquoi j’accepte d’aller dans une gouvernance partagée ? Parce que je pense qu’à ma ville, au développement métropolitain, à ce qui peut aider les communes autour à se développer pour que Marseille rayonne, pour que les autres communes puissent exister… Marseille a toujours été vue comme le vilain petit canard, sauf que les gens ont oublié que c’est Marseille qui a fait la richesse de la métropole. Vous pensez que des zones d’activité comme on en a à Géménos existeraient sans les Marseillais ? Vous pensez que les milliers d’habitants de Mimet travaillent à Mimet ? Ils travaillent à Aix. Ceux de Gémenos travaillent à Aubagne, à Marseille. J’entends le maire de Gémenos dire qu’il a créé la zone d’activité de Gémenos. Non, c’est un maire communiste qui l’a créé et créé des emplois. Donc il faut revenir à la réalité. Les Marseillais ne sont pas là pour payer, payer, payer. On paye la taxe foncière métropolitaine la plus importante, pourquoi ? En fait, les Marseillais payent deux fois plus que les autres pour un service qui est deux fois moins important. J’ai voulu entrer dans la gouvernance pour réparer cette injustice.

    Didier Gesualdi : On est bien loin du discours œcuménique de Nicolas Isnard. Vous n’avez pas peur d’opposer les territoires en disant cela ? Les pays aixois, martégal, salonnais… Pensent aussi à défendre leurs intérêts et ils sont tous légitimes.
    Ils sont tous légitimes bien sûr à partir du moment où on regarde la réalité en face.

    Didier Gesualdi : Il n’y a quand même pas d’argent volé dans les territoires.
    Si j’en crois ce qui est écrit dans tous les rapports de magistrats financiers, de tous les experts qui se sont mis sur cette question, il y a beaucoup d’argent indus. Indus, qu’est-ce que cela veut dire ? Je vais pas faire un cours de Français. Tout le monde sait ce que cela veut dire.

    Léo Purguette : Sur ce même fauteuil la semaine dernière, le vice-président aux Finances, David Ytier disait que, non, ça n’existait pas des sommes indues et que tout cela était l’héritage de la taxe professionnelle supprimée par l’État.
    On va revenir là-dessus mais je ne veux pas opposer les territoires. En 1999, on a arrêté ce qui était donné aux communes – les attributions de compensation – donc il y a 27 ans. La vie, la ville, ont changé en 27 ans. La Ville de Marseille il y a 27 ans était au bord du gouffre, elle ne créait plus d’emplois, elle en perdait, elle avait 50 000 touristes par an, la CMA-CGM, Onet, la Sodexo… perdaient de l’argent. Aujourd’hui, nous avons des multinationales qui rapportent des milliards d’euros à l’État. Aujourd’hui, nous créons des milliers d’emplois sur Marseille, nous avons des millions de touristes sur Marseille, nous avons une attractivité du territoire avec des gens de planète entière qui viennent à Marseille. Donc si on devait calculer aujourd’hui ces taxes-là, le fruit de l’histoire dont vous parlez, vous pensez que Marseille en serait là ? Qu’on aurait moins que les autres ? Qu’on payerait plus d’impôt que les autres ? Je ne crois pas. Mais c’est opposer qui de dire cela ?

    Les finances

    Léo Purguette : Vous espérez un Plan la Métropole en Grand ? Allez chercher de l’argent auprès de l’État ?
    Il faut avoir de l’ambition dans la vie. Qu’est-ce que j’ai fait ? Je suis venu il y a 6 ans et je vous ai dit : il n’y a plus rien. Est-ce que je vous ai dit : je ferme boutique, je pleure et je dis que c’est la mort de la Ville de Marseille ? J’ai dit je vais me battre comme un lion, j’ai fait Marseille en grand et on a relevé les comptes de la Ville.

    Léo Purguette : Est-ce que Nicolas Isnard est sur cette ligne ?
    Je l’accompagne et je l’incite maintenant à se lever. Mais déjà quand on veut obtenir quelque chose de l’État on ne l’insulte pas. Je n’ai jamais été d’accord avec les gouvernements d’Emmanuel Macron et je ne m’en suis jamais caché. Mais je n’ai jamais insulté qui que ce soit, jamais dit d’un préfet que c’était un préfet stagiaire, jamais dit d’un État qu’il était complotiste. J’ai été opposé aux politiques d’austérité, libérales, de droite d’Emmanuel Macron mais on peut discuter avec eux et d’ailleurs, ça marche. Vous avez vu que le territoire a obtenu des centaines de millions d’euros pour pouvoir faire des projets. La condition, c’était quoi ? C’était de tout revoir. Ça n’a pas été fait, maintenant celles et ceux qui avaient cette responsabilité en payent les conséquences.

    La question des lecteurs

    Dominique : Bonjour M. Payan, est-ce que vous comptez un jour participer à La Marseillaise à pétanque ? Je suis bénévole.
    Est-ce que je compte un jour participer à La Marseillaise à pétanque ? D’abord j’y vais depuis que je suis petit en suivant mon père, mon grand-père. J’y vais chaque année mais cette fois c’est la première année où je m’inscris avec mon père et avec Romain Pastor [conseiller municipal délégué aux traditions, à la culture et aux pratiques sportives provençales, Ndlr.]. On attend un peu de voir où on va jouer la première partie. J’espère qu’on va passer la première pour pouvoir aller au Parc Borély. Je vais suivre tout ça avec grand intérêt. C’est une institution, La Marseillaise. C’est ce qu’on a de plus beau et de plus fort dans le monde de la pétanque.

    Léo Purguette : Vous avez le niveau ? C’est la première fois qu’un maire va participer à la compétition générale.
    Je vais être un poids mort pour les deux autres. Mon père fait ça depuis 70 ans, et Romain Pastor a été titré dans la discipline. Je serai premier pointeur et on verra bien jusqu’où on arrive !

  • Nîmes Métropole valide le compte financier 2025

    Nîmes Métropole valide le compte financier 2025

    À la tête de l’Agglomération comme à la Ville, Vincent Bouget doit surtout faire face à l’opposition de l’extrême droite. Et de sa démagogie. Alors que les élus RN n’ont pipé mot sur le bilan du compte financier 2025 – le gros dossier à l’ordre du jour de la séance de mardi 23 juin – ils ont tenté d’attaquer le président communiste sur plusieurs sujets plus mineurs.

    Ils ont par exemple voté contre le règlement intérieur fortement critiqué par l’élue Christine Tournier-Barnier. Sauf que Vincent Bouget n’a pas hésité à lui faire remarquer que c’était le même règlement intérieur que sous Franck Proust lorsque celle-ci siégeait alors dans la majorité avant de rejoindre les bancs de l’extrême droite. Puis ce fut au tour de Julien Sanchez d’entrer dans la danse sur le changement de répartition des moyens financiers alloués aux groupes politiques. Toujours adepte des recours juridiques (après avoir déjà contesté les élections à Nîmes), l’élu RN a annoncé attaquer cette délibération au tribunal administratif. En effet, Vincent Bouget a choisi d’attribuer l’enveloppe aux différents groupes « proportionnellement à leur effectif ainsi qu’en considération de la charge de travail résultant des responsabilités exercés par leurs membres ».

    « Inquiétudes légitimes » autour de l’aéroport

    Le vice-président aux Finances, Gilles Guillaud a aussi présenté le compte financier 2025 marqué par une baisse des recettes de fonctionnement de 0,6% et une hausse des dépenses de fonctionnement de 2,6%. L’épargne brute a diminué à 72,1M d’euros. 105 millions d’euros ont été fléchés vers des projets d’investissements, « ce qui est un niveau élevé ». L’endettement s’est lui stabilisé à 466M d’euros. « L’encours de la dette place Nîmes Métropole parmi les collectivités les plus endettées de France », souligne Gilles Guillaud.

    Outre le compte financier, Vincent Bouget a confirmé que « les inquiétudes qui s’expriment depuis plusieurs semaines sont légitimes », concernant la gestion par Edeis de l’aéroport de Nîmes puisque « les ambitions affichées lors de la signature de la délégation de service public et les objectifs fixés au délégataire sont aujourd’hui loin d’être atteints ».

    Il a également annoncé vouloir engager à partir de septembre un travail de « réactualisation du projet de territoire de Nîmes Métropole ». C’est dans cet optique qu’il a donc demandé « d’acter le report du vote du budget primitif de 2027 en début d’année prochaine ».

  • Quasi unanimité pour le futur Service express métropolitain

    Quasi unanimité pour le futur Service express métropolitain

    Michaël Delafosse (PS) espérait « l’unanimité » pour « donner de la force » au projet de Service express régional métropolitain (Serm). Le président de la Métropole de Montpellier a été entendu. Mardi 23 juin, à l’exception de l’abstention de LFI, le Conseil de Métropole a voté sa feuille de route qui va être aussitôt transmise au ministère des Transports dans l’espoir que le grand Montpellier soit retenu parmi l’un des 10 projets de Serm en France (lire aussi page 16).

    Autour des grandes villes, il s’agit de bâtir un réseau de transports en commun qui maille les territoires avoisinants, une sorte de « RER métropolitain », selon le souhait d’Emmanuel Macron exprimé fin novembre 2022. Ici, le ferroviaire occupe une place de choix. En raison de la saturation de l’axe littoral Montpellier-Sète, la réalisation de la Ligne à grande vitesse (LGV) Montpellier-Perpignan (horizon 2034 jusqu’à Béziers et 2040 vers Perpignan), jugée indispensable par Julie Frêche, sera la pierre angulaire. « Elle permettra de libérer des sillons sur la ligne historique avec 4 à 6 TER par heure. Les trois gares de Nîmes (centre, Saint-Césaire et Pont du Gard) seront associées pour travailler sur les RER entre Nîmes et Sète », précise la vice-présidente aux transports. « La ligne nouvelle n’a été que trop retardée. N’oublions pas le fret. La question du lien avec le port de Sète reste entière », rappelle l’élu PCF, Fabrice Lecomte. Enfin, Julie Frêche mise sur les pôles d’échanges multimodaux (PEM).

    Si elle souhaite « réduire la forte dépendance à la voiture » (90% des déplacements), l’élue PS songe aussi à améliorer le trafic routier, notamment les trajets domicile travail (150 000 quotidiens à Montpellier). Outre le Lien cher au maire de Saint-Géniès-des-Mourgues, Yvon Pellet (PS), le dossier prévoit la réalisation du contournement routier ouest (COM) de Vinci censé « sortir le trafic de transit des quartiers et communes » mais décrié par l’écologiste Delphine Esselin qui préférerait une « deux fois deux voies limitées à 70 km/h » plutôt qu’une liaison autoroutière entre l’A709 au Sud et l’A750 au Nord. Un serpent de mer qui affole aussi l’élue Emmanuelle Mysona (DVD). « En passant de 25 000 à 95 000 véhicules par jour, St-Jean de Védas sera sacrifiée. Il faut requalifier ce projet ».

    Un rare consensus

    Quoi qu’il en soit, l’A709 doit être requalifiée avec des sorties et entrées supplémentaires (déjà promises lors du doublement de l’A9 !) afin de « désaturer les ronds-points du Zénith et des prés d’arènes », expose J. Frêche. Pour relier Balaruc-le-Vieux à Garcia Lorca ou Baillargues à la gare Sud de France (…), des lignes de cars sur voies réservées sont prévues toutes les 10-15 minutes en heures de pointe (20-30 minutes le reste du temps de 5h à 23h). Les 4 lignes de bustrams restantes compléteront le maillage à l’Est (Le Crès, Vendargues, Castries) et à l’Ouest (Pignan, Lavérune, Cournonterral). De quoi ravir les maires sans étiquette de Cournonsec (Richard Paul) ou Saussan qui pointe les temps de trajets excessifs pour les lycéens. « Plus de pistes cyclables, c’est aussi moins de voitures sur les routes », insiste Sandrine Esserméant.

    Tout en se disant « pas opposé au Serm », Antoine Bertrand et les Insoumis de Montpellier se sont abstenus, Rhany Slimane pointant une « vision incomplète, injuste et myope ». « On nous présente un projet déjà conclu qui s’appuie au moins autant sur la voiture que sur le train », regrette Nathalie Oziol, favorable à une véritable « étoile ferroviaire » et opposée au COM. La députée parle d’une « coquille vide » en raison de l’incertitude des financements de l’État. Si Michaël Delafosse (PS) ne nie pas le sujet, il retient le positif. « Cette carte est le fruit d’un travail colossal entre 9 intercommunalités*. Quand avons-nous obtenu un document qui faisait autant consensus ? ». Une référence à Georges Frêche qui avait échoué à faire sortir le tramway de la Métropole. Une hypothèse désormais possible. « Des échanges sont prévus avec Stéphan Rossignol [président du Pays de l’Or] cet été…».

    * Sète Agglo, Pays de l’Or, Lunel Agglo, Lodévois Larzac, Clermontais, Vallée de l’Hérault, Pic-Saint Loup, Nîmes Métropole et Montpellier Métropole (avec la Région Occitanie ou la SNCF)

  • Avignon, Galzi accuse l’ex-majorité d’avoir manipulé les comptes

    Avignon, Galzi accuse l’ex-majorité d’avoir manipulé les comptes

    Du sang, de la sueur et des larmes. » Olivier Galzi n’a pas paraphrasé Winston Churchill, ce vendredi matin, mais c’est en substance ce qu’il promet aux Avignonnais. « Ce sera l’un des mandats les plus difficiles des dernières décennies », prévient le maire (DVD), « en colère ». Quelques jours avant un conseil municipal qui s’annonce bouillant mardi, le nouvel édile présentait à la presse les conclusions de l’audit financier commandé à son arrivée. « Ce qu’on découvre dépasse l’entendement, la cité des papes n’est plus qu’un champ de ruines », alarme-t-il, accusant « nos prédécesseurs [la majorité de gauche de Cécile Helle*] d’avoir manipulé les comptes pour mentir ».

    Des propos graves qu’Olivier Galzi étaye à la lumière de l’audit réalisé par le cabinet Klopfer, facturé 33 000 euros. « C’est la dépense la plus intéressante depuis deux mois pour y voir plus clair dans ce maquis », estime-t-il. On peut arguer que l’on fait dire ce que l’on veut aux chiffres. Mais pour se prémunir de toute analyse partisane qui servirait à se défausser pendant 7 ans, Olivier Galzi met en avant un courrier reçu « cette semaine » de la part de la préfecture qui alerte sur la dégradation des principaux indicateurs financiers. « Je n’écris pas un scénario politique mais décris une trajectoire mathématique », assure-t-il. Une réunion d’urgence est prévue lundi avec le préfet et une invitation aux groupes d’opposition a aussi été lancée pour ce même jour.

    Augmenter les impôts, plus un tabou

    Dans le viseur budgétaire, la dernière année 2025 avec des dépenses de fonctionnement en hausse de 6,9% (elles étaient de 0,5% et 0,8% en 2023 et 2024), 5,1 millions d’euros de dépenses prévus au départ au budget 2025 qui ont glissé vers l’exercice 2026, impactant in fine l’épargne brute qui a fondu d’un tiers (somme qui reste sur les comptes et permet par exemple d’investir sans recourir à l’emprunt). Et alors que lors du vote du budget en décembre 2025, la majorité parlait de « prudence et responsabilité », la dette « s’est accrue d’une vingtaine de millions d’euros en six ans » avec désormais une capacité de désendettement qui tend vers 12 ans. Conséquence, selon l’audit, la Ville aurait « épuisé ses marges ».

    Des scénarios de redressement ont été échafaudés par le cabinet d’audit, mêlant économies, réduction des investissements voire augmentation des impôts. « La situation mériterait une tutelle, on ne le fera pas car on n’a pas été élu pour passer la patate chaude à l’État, assume le maire. Nous allons entrer dans une période extrêmement compliquée, le chemin va être long, il va exiger du courage, de la rigueur, de la persévérance. » Olivier Galzi n’exclut pas d’utiliser le levier fiscal « en dernier recours » mais en privilégiant la taxe sur les résidences secondaires. Des recettes sont recherchées « en tarifant » comme les musées ou la mise à disposition de locaux municipaux. « Toutes les pistes », sont envisagées quand on questionne sur une éventuelle hausse des tarifs de la cantine, largement baissés lors du mandat précédent. Une baisse de subventions aux associations a déjà été annoncée, des transferts d’équipements au Grand Avignon (comme le stade nautique) sont aussi sur la table.

    * Sollicité, Joël Peyre, ancien élu en charge des finances sous Cécile Helle, n’a pas donné suite.

  • Vaucluse, au Département, on se pavane sur sa bonne situation financière

    Vaucluse, au Département, on se pavane sur sa bonne situation financière

    Deux salles, deux ambiances. Alors qu’un peu plus tôt dans la matinée, Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon présentait le « champ de ruines » dont il dit hériter comme situation financière (lire page suivante), l’atmosphère budgétaire est bien plus sereine au sein du Conseil départemental. Ce vendredi, les élus avaient à approuver le compte financier unique (CFU) 2025, qui est le bilan comptable de l’année écoulée.

    Baisse de la dette

    Et il apparaît flatteur à la lecture des différents indicateurs mais aussi des remarques – ou plutôt leurs absences – de la part de l’opposition. Dans un esprit œcuménique, le CFU a donc été adopté. « Compte tenu de la stabilisation des dépenses de gestion et de la hausse des recettes de fonctionnement, les différents niveaux d’épargne apparaissent en hausse et offrent une situation saine malgré un contexte national peu porteur », résume Jean-Baptiste Blanc, élu (LR) délégué aux finances.

    Si la contraction des dépenses de fonctionnement ne se fait pas sans heurts internes (lire l’encadré sur la mobilisation des agents CGT), l’embellie immobilière (le Département perçoit une partie des frais de notaire) permet d’alimenter une épargne nette qui repart à la hausse et engendre moins d’emprunt pour investir. La dette a diminué sur un an de 9% à 145,5 millions d’euros. Résultat, la capacité de désendettement tombe à 1,3 ans quand celle de la Ville d’Avignon tendrait vers 12 ans.

    Un parallèle loin d’être anodin car plusieurs allusions narquoises ont ensuite été faites aux décisions prises par la nouvelle municipalité. Quand Sophie Rigaut (PS), face à la canicule, propose « d’accélérer l’isolation des bâtiments et de végétaliser les cours des collèges », Dominique Santoni va dans son sens en soulignant que « la végétalisation des cours est très importante ». Et ce alors qu’Olivier Galzi a gelé le dispositif Fraich’ cours à Avignon, ne réalisant qu’une école cet été contre 6 prévues, arguant de restrictions budgétaires.

    Dans la même veine, Dominique Santoni insistera sur le fait que le Département « a augmenté ses subventions de 19,1 à 20,1 millions d’euros », à l’heure où Avignon réduit les siennes jusqu’à 10%. Sans se réjouir de la situation avignonnaise, les sénatoriales laissent déjà des traces au sein de la droite. L’empressement d’Olivier Galzi à prétendre à un poste en propulsant tête de liste sa compagne Anaïs Hausmann passe mal auprès de la droite départementale, soutenant le sénateur sortant Jean-Baptiste Blanc, qui pourrait être secondé par Dominique Santoni.

  • Toulon avance dans la concorde pour servir l’intérêt général

    Toulon avance dans la concorde pour servir l’intérêt général

    Avant d’entamer l’ordre du jour, la maire (SE) de Toulon Josée Massi a rendu hommage au brigadier-chef de la police municipale qui s’est ôté la vie il y a quelques jours. Une tragédie ignominieusement récupérée par l’extrême droite, bien sûr. L’ancien parachutiste, amateur des sports extrêmes et du tir sportif, avait fait une grave chute d’escalade le 28 septembre 2025 qui lui avait laissé d’importantes séquelles, a-t-elle expliqué, avant de demander une minute de silence et le respect dans cette période de deuil.

    Place ensuite à la présentation du compte financier unique. « Ce que ce document démontre, c’est la solidité financière de la Ville, à la fois héritage d’une bonne gestion passée et gage de notre capacité à continuer à investir pour l’avenir », résume la première magistrate.

    L’occasion de souligner que « derrière chaque euro investi, il y a des femmes, il y a des hommes, nos agents municipaux, mais aussi nos différents partenaires, en particulier nos associations qui font vivre Toulon au quotidien ». Et de poursuivre : « Toulon avance dans la concorde parce que nous avons à cœur de servir l’intérêt général. » La Ville pouvant s’enorgueillir entre autres, malgré des taux de fiscalité inchangés depuis 25 ans, de dégager un solde positif de 34,3 millions d’euros.

    « Ce résultat est notre filet de sécurité. Il nous permet d’absorber les chocs conjoncturels sans trop alourdir la dette », ajoute-t-elle.

    Autre sujet de satisfaction : l’épargne brute qui est de 32,2 millions, ce qui correspond à un taux d’épargne de 14%, supérieur au seuil de 12% considéré déjà comme très bon. Mais aussi la dette par habitant qui est seulement de 303 euros, contre 1 154 euros en moyenne pour les villes comparables. Ainsi que des frais financiers, de 5 euros par habitant « grâce à une dette maîtrisée et des emprunts négociés à des taux compétitifs ».

    Pour préparer l’avenir

    Et de conclure : « Comme vous le voyez, la gestion de la ville est vertueuse. Tout en cela en maintenant un service public exigeant. Ces bons résultats résultent de choix de gestion à la fois précautionneux et ambitieux qui nous permettent d’envisager l’avenir avec sérénité. »

    Revenant plus en détail sur les chiffres du document comptable, le 1er adjoint Julien Orlandini a précisé que les dépenses de fonctionnement en augmentation de 3,6% progressent néanmoins moins vite que les recettes qui grimpent, elles, de 3,9%. Des dépenses gonflées par l’augmentation des prix, en particulier celui du gaz, mais également des contrats de maintenance, explique-t-il.

    Et de poursuivre : « Ce qui ressort aussi de ce CFU 2025, c’est le choix d’augmentation du soutien aux associations de 9%, avec 6,3 millions d’euros de subventions versées. »

    Concernant les investissements, ils ont bénéficié eux aussi d’une évolution significative, avec plus de 66% par rapport à 2024, à hauteur de 45,4 millions d’euros pour la partie équipement. Notamment sur les enjeux de rénovation des bâtiments scolaires, pour la jeunesse et la petite enfance.

    Arrivé en retard, le conseiller municipal RN Amaury Navarranne a pris la parole pour en faire peser la responsabilité à la nouvelle piste cyclable en construction sur l’avenue de la République. Éperdument climatosceptique, c’est vrai que l’extrême droite n’a que mépris pour la transition écologique et les investissements d’avenir.

  • Les JO perdus pour Nice agitent l’hémicycle régional

    Les JO perdus pour Nice agitent l’hémicycle régional

    Les oreilles d’Éric Ciotti, maire extrême droite de Nice, ont dû siffler toute la matinée… La perte du pôle glace pour les Jeux olympiques de 2030, le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.) ne la digère pas, et il l’a fait largement savoir lors de la plénière ce vendredi 26 juin, pour sa dernière séance en tant que président de la collectivité, l’élu se lançant dans la campagne des sénatoriales.

    L’équipement niçois, « pouvait générer entre 350 000 et 400 000 nuitées touristiques cumulées et des retombées directes de l’ordre de 180 à 280 millions d’euros avec un impact bien au-delà de l’événement lui-même », attaque en introduction Renaud Muselier, pointant « une perte d’investissement et d’activité économique ». Le retrait du pôle glace « supprime environ 300 millions d’euros d’investissements directs structurants, notamment le projet d’une nouvelle patinoire olympique, le coût du complexe omnisports olympique et le village olympique », poursuit-il. Pour « l’emploi, l’insertion et les TPE et PME locales, dont 80% étaient concernées par la totalité des marchés », 20% étant réservées à l’économie sociale et solidaire, ce sont 550 millions d’euros d’opportunités disparues dénonce-t-il.

    À l’occasion du vote d’un rapport sur un investissement de 40,3 millions pour accélérer les chantiers ferroviaires et routiers dans le cadre des JO, le RN renvoie la balle. Cette situation « démontre les limites d’une gouvernance trop politisée des jeux », estime Virginie Leclerc Escalier, « le symbole d’une guerre d’influence entre, d’un côté, les responsables nationaux et régionaux, et de l’autre, les acteurs locaux ».

    Pas touche à l’aigle de Nice

    Et d’enfoncer le clou : « Le nouveau maire de Nice a eu raison de rappeler qu’un projet, quel qu’il soit, ne peut se pas se construire contre les collectivités locales, ni contre les réalités financières. » Résultat : des Azuréens privés « d’une partie de l’héritage olympique annoncé » et « en plus, ils sont insultés dans leur identité », assène-t-elle. Elle fait référence à la récente sortie de Renaud Muselier : « L’aigle de Nice ? Il est plumé aujourd’hui. C’est un poulet frit. » Éric Ciotti s’était alors fendu d’une vidéo sur les réseaux sociaux, brandissant un aigle en métal. Laurent Merengone (RN), adjoint au maire de Nice, fait la même dans l’hémicycle. L’extrême droite ira jusqu’à présenter une motion sur cette histoire.

    La majorité, elle s’est fendue d’un vœu, demandant que « le maire de Nice cesse, au nom de ses ambitions politiques personnelles au plan national, de créer un conflit permanent, violent, agressif, malsain avec la région, l’État et l’Europe, c’est-à-dire toutes les institutions qu’il ne peut pas contrôler », gronde la vice-présidente Jacqueline Bouyac (DVD). Elle rappelle que « durant ces six dernières années, la région a consacré 700 millions d’euros pour aider la ville ». Les élus d’extrême droite ont marqué leur désapprobation en quittant l’hémicycle condamnant ce texte « sur le fond et la forme ».

    Quant à Renaud Muselier il a estimé que s’il devait « présenter des excuses, c’est plutôt à Monsieur Ciotti. Parce que dans la vie politique, il ne faut jamais parler de physique, c’est blessant… Et là, effectivement, j’ai fait une comparaison où il n’est pas un aigle ». Il enchaîne : « L’aigle, c’est un animal majestueux, que je respecte comme tous les emblèmes de la Région. » Jouant l’outrage, les élus RN ne se lèveront pas pour la première standing ovation saluant son mandat de président…

  • Karim Bentahar : « On fait remonter les besoins des habitants d’Aubagne »

    Karim Bentahar : « On fait remonter les besoins des habitants d’Aubagne »

    La Marseillaise : Comment fonctionne le Contrat de Ville ?

    Karim Bentahar : C’est un dispositif de l’État, de travail entre plusieurs partenaires institutionnels : l’État, la préfète déléguée à l’égalité des chances, la Métropole, le Département et la Ville d’Aubagne. Il est basé sur trois piliers : la cohésion sociale, l’insertion socioprofessionnelle, et le cadre de vie. Nous travaillons dans le quartier prioritaire du Charrel, qui est le seul quartier prioritaire d’Aubagne, sur le quartier de la Tourtelle, qui rentre dans des poches de précarité, et sur le centre-ville.

    Quel est votre rôle dans cet appel à projets ?

    K.B. : C’est de représenter la ville d’Aubagne dans le cadre de la Politique de la ville, de mettre en place les subventions pour les associations du quartier prioritaire du Charrel, de la Tourtelle et du centre-ville. C’est vraiment un rôle de technicien d’ingénierie sociale et de terrain auprès des habitants et des associations. C’est aussi un rôle de bilan pour savoir qui on va subventionner, qui on ne renouvellera pas.

    Comment se passe le lancement de l’appel à projets ?

    K.B. : On va dans les quartiers avec les partenaires, avec l’État, le Département, la Métropole, et le Conseil citoyen du Charrel. On invite les habitants et on travaille avec eux toute la matinée, on fait remonter leurs besoins. Ensuite, on propose des actions et on demande à des associations de répondre à cet appel à projet pour que ces besoins puissent aboutir pour les habitants.

    Quelle est la situation économique de ces quartiers ?

    K.B. : On a de moins en moins de subventions. Donc, ce n’est pas facile de pouvoir financer, parce que l’objectif du Contrat de Ville, c’est la réduction des inégalités sociales entre les territoires. Avec la nouvelle majorité municipale, l’objectif est d’augmenter ces subventions aux associations pour justement réussir à réduire les inégalités sociales.

    Quels sont les besoins que les habitants évoquent en priorité ?

    K.B. : La santé mentale, l’emploi aussi, qui est un objectif qui ne change pas. Ces quartiers sont très précaires sur la cohésion sociale, donc une des priorités, c’est de travailler sur les fêtes de quartier. On veut que les habitants puissent bien vivre ensemble. On veut aussi permettre aux habitants du Charrel, de la Tourtelle, d’utiliser le tramway le soir pendant l’été pour pouvoir aller en centre-ville et participer aux activités, parce que le tramway s’arrête à 21h.