Category: politique

  • La gauche resserre l’étau sur Matignon

    La gauche resserre l’étau sur Matignon

    Après avoir consulté les partis de son « socle commun », du centre macroniste à la droite LR, puis les syndicats et organisations patronales, Sébastien Lecornu reçoit les responsables des partis de gauche pour poursuivre les discussions budgétaires, exception faite de la France insoumise.

    Comme avec Bayrou, LFI a refusé l’invitation, a indiqué la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot. « Monsieur Lecornu cherche dans le champ politique une forme de non-censure (…). Nous voterons la censure », a répété Manuel Bompard sur RTL. « L’attitude du Parti socialiste est consternante », déplore au passage le coordinateur insoumis, regrettant des propositions qui « envoient valdinguer le programme du Nouveau front populaire ».

    Le Parti socialiste

    Le Premier ministre « aura devant lui ni des partenaires, ni des soutiens, ni des supplétifs », mais « une opposition déterminée », a répondu le sénateur PS Patrick Kanner sur Public Sénat. Il sera reçu en matinée avec le premier secrétaire socialiste, Olivier Faure.

    « Nous répondons toujours aux invitations au dialogue ce qui ne préjuge pas de l’issue. En République, on se parle même en partant de points de vue opposés », assume ce dernier. « Le plan Bayrou est tombé avec Bayrou. Si la vision Lecornu est la même, notre réponse sera rapide : les mêmes causes produisent les mêmes effets, nous censurerons. »

    Le socialiste pose un « contre plan » réduisant le déficit de 22 milliards, et relançant l’activité, notamment dans des secteurs à décarboner (logement et transport), et en donnant les moyens aux services publics (hôpital, éducation, sécurité) de fonctionner. Le plan prévoit de « rendre 6 milliards de pouvoir d’achat », aux Français aux revenus inférieurs à 1 920 euros par un taux différencié de CSG : « Le gain serait de 900 euros par an pour une maman célibataire ou 1 500 euros pour un couple. »

    Les Écologistes

    Également « prêts à censurer le futur gouvernement avec un ministre de l’Intérieur comme Retailleau », les Écologistes, aussi, seront à Matignon dans l’après-midi. « Nous sommes respectueux des institutions de ce pays », assure Marine Tondelier, la secrétaire nationale, « ce sont des rendez-vous où on se dit les choses et on fait connaissance. Malgré tous nos désaccords, il n’y aurait rien de pire pour la démocratie que l’incommunicabilité ».

    Considérant que « Monsieur Lecornu est illégitime et qu’il ne doit pas rester Premier ministre », Marine Tondelier ne présage de rien : « Nous voterons la censure et si après ce vote il est encore Premier ministre, alors nous discuterons avec lui du budget comme nous avons discuté avec ses prédécesseurs. C’est le travail de nos parlementaires. On a notamment proposé un plan de sortie de crise écologique, proposé un contre-budget et aussi des propositions sur l’environnement, le social, la démocratie. On sera ravis de pouvoir présenter ces propositions. »

    Le Parti communiste

    Secrétaire national du PCF, Fabien Roussel rencontrera le Premier ministre non « pas pour négocier mais pour mettre sur son bureau quatre propositions simples et claires », et censurera « sans état d’âme » un budget qui fera mal au pouvoir d’achat des Français. Lui demande l’évacuation de toutes les mesures toxiques du budget Bayrou (deux jours fériés supprimés, doublement des franchises médicales, non-indexation des pensions…), une augmentation des salaires avec leur indexation sur l’inflation, et du Smic, l’abrogation de la réforme des retraites. Et enfin de la justice fiscale : « Nous sommes sérieux budgétairement, devant les dépenses nous mettons des recettes. Et elles doivent provenir des plus riches, du capital qui a bénéficié depuis huit ans de toutes les exemptions imaginables », martèle Fabien Roussel. « C’est fini, les travailleurs, les retraités, la jeunesse, nous avons assez donné… C’est même une question prioritaire pour l’économie. Nous avons besoin de relancer la consommation par le pouvoir d’achat. Il faut rompre avec la politique de l’offre. »

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Martine Vassal

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Martine Vassal

    Candidature à Marseille, actualité locale, nouveau premier ministre… À vous la parole !

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Martine Vassal

    Candidature à Marseille, actualité locale, nouveau premier ministre… À vous la parole !

  • Budget : le RN toujours dans l’imposture sociale

    Budget : le RN toujours dans l’imposture sociale

    Le Rassemblement national n’ira visiblement pas demander l’abrogation de la réforme des retraites au nouveau locataire de Matignon, ce mercredi. À la veille de sa réception par Sébastien Lecornu, le Premier ministre, ce mercredi, les représentants du parti d’extrême droite reviennent à leurs fondamentaux. « Si la rupture consiste pour lui à un retour aux sources du socialisme, alors la crise politique continuera », lance Marine Le Pen, ce mardi, sur le plateau de Cnews. Alors que le Premier ministre consulte la gauche en vue de son budget, espérant éviter la censure via une forme d’accord avec le PS qui attend « des concessions spectaculaires » de sa part, la députée du Pas-de-Calais prévient : « Le socialisme était la source du macronisme (…) Avec la taxe Zucman, ils veulent offrir au Parti socialiste des victoires symboliques pour pouvoir durer et rester. » Si elle fait du PS son bouc émissaire pour mieux censurer Lecornu, in fine, c’est surtout les mesures de justice sociale réclamées par la gauche et le mouvement social prévu le 18 septembre qu’elle vise. À la hausse des salaires et l’abrogation de la réforme des retraites, elle préfère s’attaquer aux « dépenses toxiques : l’immigration, le coût de l’Union européenne, les fraudes et le train de vie de l’État ».

    En meeting ce week-end à Bordeaux, Jordan Bardella était sur la même ligne, réclamant la fin de l’aide médicale de l’État (AME) et la tenue d’un référendum sur l’immigration : « Chaque année, des milliards sont engloutis pour prendre en charge (…) une immigration d’assistanat qui a transformé la France en guichet social de l’Europe. » Preuve que l’imposture sociale du RN est toujours d’actualité, les représentants sont bien moins loquaces sur la taxation des puissants. Marine Le Pen se contentant de dire qu’il « n’est pas anormal que ceux qui sont les plus riches participent » à l’effort national…

  • Sébastien Lecornu s’est fait cajoler par les centristes mardi

    Sébastien Lecornu s’est fait cajoler par les centristes mardi

    Après la consultation du camp présidentiel et des partis du « socle commun », puis celle d’une partie des organisations syndicales et patronales du pays, le Premier ministre Sébastien Lecornu a reçu, ce mardi, les partis se classant au centre de l’échiquier politique : le groupe parlementaire Liot (Libertés, indépendants et outre-mer et territoires), le Parti radical, le Parti radical de gauche (PRG) et le parti Utiles (proche de Liot).

    Mais avant le gros du morceau, c’était l’Union des entreprises de proximité, U2P, qui était dans le bureau de Sébastien Lecornu. « Je ne suis pas allé le voir avec des lignes rouges. Le pays a besoin d’être apaisé, nos petites entreprises sont en difficulté aujourd’hui en grande partie à cause de l’instabilité politique que l’on connaît depuis un an maintenant », relate Michel Picon, président de l’U2P. Sans ligne rouge certes, mais avec des positions qui reprennent les intérêts patronaux : « On a fait valoir nos arguments sur l’ineptie de la taxe Zucman. Je pense que nous partageons le même point de vue là-dessus: taxer l’outil de travail, c’est une folie. »

    Le groupe Liot, composé d’une vingtaine de députés d’horizon divers, est particulièrement attendu au tournant à la vue de sa position stratégique dans l’échiquier politique. Classé centriste avec des élus issus de la droite comme de la gauche, une partie de ses membres s’étaient largement opposés à la réforme des retraites. À tel point que Charles de Courson, député de la Marne, était devenu une figure de proue de la contestation de la mesure. D’où l’attention particulière sur son positionnement. Et pour l’heure, il joue plutôt la carte du dialogue.

    Le président du groupe, Laurent Panifous a salué les « deux-trois premières annonces qui vont dans le bon sens ». Mais il reste visiblement vigilant en plaidant pour « essayer de trouver le chemin du compromis », à l’inverse du gouvernement Bayrou « qui avait fait le choix du passage en force ».

    « Budget de compromis »

    En clair, le groupe se dit « conscient de la nécessité d’apporter des solutions au déficit important du pays mais avec la volonté d’une justice fiscale et sociale ». Un difficile entre deux à tenir tant les positions des différentes forces à l’Assemblée nationale sont opposées. À titre d’exemple, le patron des députés LR, Laurent Wauquiez, a mis en garde son parti, ce mardi, contre « la pression beaucoup plus forte du PS » dans les discussions actuelles avec le gouvernement de Sébastien Lecornu craignant qu’il « n’y ait plus rien sur l’immigration, la sécurité ou l’assistanat » dans le budget. Et de refuser tout compromis sur la question des retraites qui « serait une faute politique absolument majeure ». De quoi contraster avec Liot qui défend « un budget réaliste, un budget de compromis mais pas un budget punitif » à Matignon.

  • La Chambre régionale des comptes a démarré l’examen de la Ville

    La Chambre régionale des comptes a démarré l’examen de la Ville

    Cela bruissait dans les couleurs de l’hôtel de ville : les magistrats de la Chambre régionale des comptes (CRC) ont entamé un examen de la gestion de la Ville d’Avignon. Une information que nous sommes en mesure de confirmer et que la maire, Cécile Helle (PS), a communiquée aux élus de la majorité lors du séminaire de rentrée, fin août.

    Soit quelques jours à peine après la visite de la CRC, qui a rencontré Cécile Helle, seule élue à être auditionnée. « C’est un processus assez lourd, avec des questions adressées aux services, qui répondent, il y a beaucoup d’allers-retours », confirme l’élu en charge des Finances, Joël Peyre. Finances, administration et ressources humaines vont être auscultées. Du classique pour un exercice dont le dernier en date remonte aux années Marie-Josée Roig. Un premier rapport avait été rendu en juillet 2015 et un second, complémentaire, en mars 2017. Le rapport à venir portera donc sur le bilan de l’ère Helle.

    Reste la question du calendrier de publication, à six mois des municipales. Avec un début d’audit il y a deux semaines, il semble improbable qu’une version définitive aboutisse d’ici au 15 mars. À titre de comparaison, le rapport sorti en juillet 2015 avait été avisé en mai 2014. « Nous sommes sereins. Je connais les finances, il n’y a aucun problème », assure Joël Peyre. Sollicitée, la CRC n’a pas donné suite.

  • « Nous avons une gestion saine et rigoureuse »

    « Nous avons une gestion saine et rigoureuse »

    La Marseillaise : Depuis combien de temps êtes-vous engagée en politique ?

    Pascale Eugène : J’ai commencé dans la fonction publique en 1988. Je travaillais à la mairie d’Alès et j’étais secrétaire parlementaire de Gilbert Millet (PCF), qui était à l’époque député du Gard. J’ai fait une pause après avoir eu des enfants et j’ai repris du service quand Patrick Malavieille a été élu député du Gard. Après avoir passé différents concours, j’ai travaillé pour Alès agglomération et depuis 2020 je travaille au cabinet du maire de Saint-Martin-de-Valgalgues. En 2009 j’ai été élue municipale à la Grand-Combe et je suis adjointe aux finances depuis 2022. Je suis aussi membre du Parti Communiste depuis de nombreuses années.

    Quel bilan tirez-vous du mandat effectué à La Grand-Combe ?

    P.E. : Beaucoup de projets sont en cours, comme notamment la rénovation énergétique des écoles. Il y a aussi la rue Nelson Mandela qui a été un gros dossier. Nous avons un gros projet d’ombrière derrière la maison de santé. Nous avons aussi un projet de city-stade à la demande du conseil municipal des enfants.

    Dans quel état sont les finances
    à La Grand-Combe ?

    P.E. : Le budget de fonctionnement est de 10 millions d’euros et 8 millions en investissement. Nous avons un excédent de fonctionnement cumulé qui s’élève à 3,5 millions, ce qui permet d’avoir de belles ambitions pour la suite. Nous avons une gestion saine et rigoureuse des finances. Ces dernières années, nous sommes contraints d’être encore plus vigilants.

    Comment vont se dérouler les prochains mois avant le début officiel de la campagne municipale ?

    P.E. : Maintenant que l’accord avec le PS est acté et que la liste est montée, nous avons eu notre premier comité de campagne lundi 8 septembre. Nous commençons à co-construire notre programme. Nous allons maintenant aller à la rencontre des habitants grâce notamment à des réunions publiques.

  • Lecornu consulte, la riposte se prépare

    Lecornu consulte, la riposte se prépare

    Le Premier ministre fraîchement nommé, Sébastien Lecornu, poursuit son opération séduction aux allures de mission impossible. Après la CFDT et le Medef vendredi dernier, le macroniste de la première heure poursuit sa série de rencontres avec les différents syndicats et organisations patronales du pays, ce lundi. Des réunions sur les charbons ardents, qui débutent avec la réception de la CGT et de sa secrétaire générale, Sophie Binet.

    Et autant dire que la rencontre n’a pas été de nature à changer les plans de la confédération, dont les militants se mobilisent ce jeudi avec une journée d’actions et de grève, à l’appel d’une large intersyndicale. « On n’a pas besoin d’un Premier ministre pour prendre des notes », tempête Sophie Binet, à la sortie de la réunion. Avant de dérouler : « On a besoin d’un Premier ministre pour apporter des réponses aux besoins et aux exigences des travailleurs et des travailleuses. On est au pied du mur. » De quoi donner le ton des échanges à Matignon. D’autant que dans la matinée, la syndicaliste avait annoncé la couleur, au micro de la matinale de TF1 : « Je vais lui dire que s’il ne veut pas rejoindre le cimetière des Premiers ministres qui est déjà bien rempli, il faut qu’il pose des actes de ruptures immédiats, et ça commence par l’abrogation de la réforme des retraites. » Un point sur lequel Sébastien Lecornu est visiblement resté intransigeant puisque Sophie Binet explique avoir « senti que le Premier ministre n’était absolument pas déterminé à agir [sur le sujet] ». Et pour cause, l’ancien ministre des Armées avait affirmé, sur la potentialité de l’abrogation de la réforme, « qu’il n’en a jamais été question », ce week-end dans les colonnes de plusieurs titres de presse quotidienne régionale. « S’il n’y a pas d’abrogation de cette réforme, son gouvernement comme les précédents, tombera », répond Sophie Binet, toujours à la sortie de la réunion. Outre ce dossier épineux, Sébastien Lecornu n’a visiblement pas envoyé de signaux positifs sur le reste de sa politique économique et sociale à venir. « À part les deux jours fériés, il n’a renoncé à rien dans le musée des horreurs qu’Emmanuel Macron avait prévu dans son projet de budget », critique la secrétaire générale. Arrêt des licenciements dans l’industrie, hausse des salaires et pensions, moyens des services publics… « Il n’a absolument pas répondu à nos demandes, il ne s’est engagé à rien du tout. »

    En clair, la « rupture » évoquée par Sébastien Lecornu reste au stade de la déclaration d’intention. « Le Premier ministre, à ce stade, parle de rupture dans ses discours mais ne pose aucun acte de rupture vis-à-vis de l’Élysée », tacle-t-elle. Pire, elle affirme même « qu’il n’a donné aucune garantie qu’il n’y ait pas de nouvelle réforme de l’assurance chômage ».

    Rendez-vous pris avec le PCF, le PS et EELV

    Résultat des courses : la syndicaliste ressort de la rencontre encore plus remontée qu’à son entrée. « Ce rendez-vous confirme plus que jamais la nécessité de se mobiliser le 18 […] C’est la seule chose qui permettra de gagner des avancées, de faire en sorte que les exigences sociales soient entendues », tonne Sophie Binet. Elle retient tout de même « un point positif » de la rencontre avec le Premier ministre : « Il est conscient de sa fragilité, cela confirme à quel point les travailleurs sont en position de force. » Sébastien Lecornu a ensuite reçu la CFTC et la CFE-CGC, deux organisations parties prenantes de l’appel intersyndical à la grève pour le 18 septembre. Mais aussi l’organisation patronale, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). Le tout, alors qu’il a reçu un coup de pression du patron des patrons, Patrick Martin, président du Medef, menaçant d’une « grande mobilisation » en cas de hausse d’impôts sur les entreprises.

    De quoi planter le décor avant la réception des représentants de plusieurs partis dans les jours à venir. Après la consultation des formations du camp présidentiel, le groupe centriste Liot est reçu mardi et les partis de gauche (EELV, PS et PCF) ont rendez-vous mercredi à Matignon. Sébastien Lecornu consultera également le parti d’extrême droite, le Rassemblement national, le même jour. « Le seul message que nous avons à faire passer : faire appel à l’intervention des salariés et de la jeunesse pour être très très nombreux le jeudi 18 septembre », répondait le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, à la fête de l’Humanité.

    « Le Premier ministre
    est conscient de sa fragilité, […]
    les travailleurs sont en position de force »

  • Petites trahisons entre amis dans la rade de Toulon

    Petites trahisons entre amis dans la rade de Toulon

    Dans le Port du Levant mieux vaut bien s’accrocher si on veut suivre un petit peu le feuilleton de la droite locale truffé d’intrigues et de trahisons. Dans le dernier épisode diffusé hier après-midi, l’ancien maire condamné et démissionnaire en 2023 annonce cette fois soutenir celui qui pourtant l’avait lâché dans la tourmente, le sénateur LR Michel Bonnus. Et revenant pour le coup aussi sur son engagement pris en juin dernier d’épauler la candidature de la maire sortante Josée Massi (SE) qu’il avait désignée pour le remplacer à la tête de la ville.

    Pour réussir ce tour de passe-passe, l’ancien patron de la droite varoise minimise ses différends avec celui qui criait que son sort judiciaire était bien mérité, et enfonce son alliée indéfectible d’hier encore. « J’ai pu être en désaccord avec quelques prises de position de Michel Bonnus, mais notre amour pour Toulon nous a rapprochés. Nous avons de plus toujours été d’accord sur l’essentiel, privilégier l’intérêt supérieur de notre ville et de ses habitants. »

    Une bise et une claque dans le dos, c’est comme ça que ça se règle dans le mitan toulonnais.

    Et le prétexte pris pour écarter « l’indésirable », le communiqué de Josée Massi sorti dimanche après-midi disant qu’elle se sentait légitime à conduire la liste de la majorité. Ce qui en tant que maire sortante n’est pas vraiment une énormité.

    De toute façon c’était depuis quelques jours un secret de Polichinelle. Le travail de sape ayant été minutieusement préparé pour saboter la candidature de la première magistrate du Port du Levant. Sans réelles négociations sérieuses puisqu’il lui était proposé de tout simplement renoncer en acceptant un poste d’adjoint sur la liste de Bonnus. Mais quand on veut tuer son chien, comme on dit, on l’accuse d’avoir la rage. En l’occurrence ici de ne pas partager « l’esprit de rassemblement et d’unité ».

    Et pour, croit-il, lui donner le coup de grâce, il lance : « Pour faire gagner Toulon […] j’ai décidé de soutenir la candidature portée par Michel Bonnus. »

    Enfin tout ça peut encore changer, parce que dans l’ancienne mouture, celle de juin, le 1er adjoint et le directeur de campagne avaient aussi été trouvés et désignés par M. Falco.

    À suivre, donc

  • Engagée dans le foot, la candidate des Écologistes mise sur la touche

    Engagée dans le foot, la candidate des Écologistes mise sur la touche

    Cinq ans d’inéligibilité pour tentative de corruption, fraude, faux et usage de faux. Une sanction qui vise Sabah Badji, désignée en juin cheffe de file des écologistes en vue des municipales à Avignon, en mars. De quoi jeter tout discrédit sur sa candidature. Heureusement pour elle, cette peine ne relève pas du pénal, mais uniquement des instances sportives locales. Ces dernières ont pris cette décision le 25 août, en commission de discipline.

    Depuis plusieurs années, Sabah Badji s’est investie bénévolement dans plusieurs clubs de football, dont le dernier en date est celui de Montfavet. Cette activité de dirigeante lui a permis d’accéder aux instances du district Grand Vaucluse et notamment la présidence de la commission d’arbitrage. « J’ai pointé du doigt ce qui n’allait pas, ça ne leur a pas plu, donc ils ont voulu m’écarter », résume Sabah Badji.

    Rappelons que début 2023, plusieurs démissions, au sein du bureau du district, ont précipité des élections anticipées. Sabah Badji, en avril, a soutenu une procédure de révocation du comité directeur du district. Une procédure qui, pour être inscrite à l’ordre du jour, doit au moins recevoir l’assentiment d’un tiers des clubs.

    C’est là que résident les fortes accusations, que La Marseillaise a pu consulter dans le procès-verbal (PV) de la commission de discipline. Des faits également transmis au parquet, qui décidera ou non d’ouvrir une enquête judiciaire. Il est reproché à Sabah Badji d’avoir menti sur l’objet des signatures récoltées. Si une majorité de clubs reconnaît bien avoir signé pour une procédure de révocation, d’autres estiment avoir été dupés, évoquent des pressions ou accusent une falsification de signatures -une expertise graphologique a été demandée- à l’instar du président de Visan. Les responsables des clubs de L’Isle-sur-la-Sorgue ou de Piolenc pensaient, eux, avoir signé une pétition pour soutenir la réintégration de Sabah Badji à la commission des arbitres ou pour la parrainer pour des élections.

    Une première sanction annulée en appel

    L’intéressée jure que ces revirements -empêchant ainsi la procédure de révocation de s’enclencher- ont été faits « sous la pression. Il y a des faux témoignages. » « J’ai les preuves de ce que j’avance, je ne vais pas en rester là et je vais déposer plainte », assure Sabah Badji, qui a fait appel de la décision du district. Sollicité, Chaib Kinnous, président de la commission de discipline, préfère ne « pas commenter », étant donné l’appel en cours. Il dément toutefois les pressions et rappelle le fonctionnement interne. « La démonstration, tant sur le plan juridique que sur le plan disciplinaire, est construite avec les éléments factuels du PV. La personne qui mène l’instruction de l’enquête est indépendante de la commission de discipline », précise Chaib Kinnous.

    Parlant de « blague » et de « comédie », Sabah Badji ne s’est pas éternisée, le 25 août, devant la commission de discipline. « Je n’ai rien fait, ce sont des dénonciations calomnieuses », déplore-t-elle, « écœurée du foot » et ayant quitté le club de Montfavet. Car cette affaire est déjà la seconde du genre. Fin juin, la même commission de discipline a déjà sanctionné d’un an d’inéligibilité Sabah Badji, pour « complicité de triche/fraude » lors de formations d’arbitrage. Une sanction déjugée en appel, au début du mois, par la Ligue Méditerranée de football, qui l’a « rétablie dans ses droits », lit-on dans la décision. « J’ai été déjà acquittée d’une première affaire, je le serai de la deuxième », soutient-elle.

    Même internes au foot, ces affaires ont des répercussions politiques. Le cas de Sabah Badji a été remonté au niveau national chez les Écologistes. Selon la cheffe de file, le candidat malheureux face à elle en juin, l’actuel élu d’opposition Jean-Pierre Cervantès, a eu du mal à encaisser le fait de ne pas être désigné. « On veut me salir pour m’enlever cette tête de liste, mais je me sens toujours légitime. Clairement, je ne me laisserai pas faire », promet Sabah Badji.