Category: politique

  • Visite surprise d’Hendrik Davi à la prison des Baumettes

    Visite surprise d’Hendrik Davi à la prison des Baumettes

    Journée chargée pour Hendrik Davi. Entre un passage par le Vieux-Port sur la manifestation intersyndicale dans la matinée, et une assemblée générale de circonscription Nouveau front populaire pour « discuter des perspectives du mouvement social et penser ensemble une gauche unitaire et radicale » en fin d’après-midi, le député (L’Après) a effectué jeudi une visite inopinée au centre pénitentiaire des Baumettes.

    208% d’occupation

    Ce déplacement s’inscrit dans l’exercice de son droit parlementaire. Il y a notamment visité le quartier des nouveaux arrivants et l’unité de soin. « Il y a eu un drame l’année dernière, avec un détenu qui s’est égorgé mais aussi une infirmière qui s’est fait violer. Et on a eu aussi ce rapport parlementaire qui nous expliquait qu’il y avait une situation complètement dégradée notamment sur la prise en charge des soins psychiatriques dans les lieux de privation de liberté », explique ce dernier peu rassuré par sa visite, sur fond de surpopulation carcérale. Aux Baumettes le taux d’occupation est de 208%.

    « On voit encore des lits par terre, parfois quatre personnes dans 9m2, 22 heures sur 24, pendant plus de deux mois », rapporte le député insistant sur les conséquences psychiques et psychiatriques, et ironisant : « Cerise sur le gâteau, les infirmières qui s’occupent d’eux se voient supprimer neuf jours de congés par l’AP-HM. »

    Hendrik Davi a déjà effectué plusieurs visites dans des établissements pénitentiaires marseillais. En juin 2024 aux Baumettes, déjà, il s’était intéressé aux conditions de détention et aux problèmes liés à la chaleur. En mars, il s‘est rendu au centre pour mineurs de La Valentine. Un établissement dont la contrôleure générale des lieux de privation de liberté a préconisé, il y a quelques semaines, « la fermeture au moins partielle » en raison de conditions de détention « indignes ».

  • François Bernardini est candidat à sa succession

    François Bernardini est candidat à sa succession

    En 2020, il affirmait que ce serait son dernier mandat. François Bernardini a changé d’avis. Le maire d’Istres (ex-PS), en poste depuis 2008, a finalement décidé de repartir en mars 2026, malgré l’enquête du Parquet national financier qui le vise. Le tribunal judiciaire de Paris pourrait le convoquer, avant les élections municipales, dans le cadre d’une affaire concernant des procédures d’attribution de marchés publics de la Ville présentées comme viciées au bénéfice d’entrepreneurs locaux proches de lui. Des accusations « que l’on veut faire peser » sur lui « depuis bientôt 10 ans » qui le laissent de marbre. « La seule chose qui compte à mes yeux c’est la vérité, à travers l’honnêteté et la loyauté que je dois aux Istréens », poursuit-il.

    Quant à son volte-face, François Bernardini explique : « Les épreuves de la vie [en 2023, l’élu s’était retiré de la vie publique pendant trois mois pour des raisons de santé, Ndlr] et le climat social et politique actuel m’ont fait réaliser qu’il n’était pas l’heure de partir ». Il se pose en « pilier » rassurant dans une « période d’instabilité, dans un climat pesant et inquiétant ».

    L’expérience affronte le renouveau

    « Dans six mois, Istres a rendez-vous avec son histoire, poursuit le baron local. Dans six mois, vous aurez le choix entre tourner le dos à notre identité, celle construite ensemble depuis bientôt 50 ans, celle qui a fait d’Istres une ville ouverte, moderne, préservée, ou tenter l’inconnu avec toute l’incertitude d’un tel choix. » Un tacle adressé à ses adversaires, au premier rang desquels Robin Prétot, conseiller municipal (LR) d’opposition, qui s’est déclaré candidat fin août et qui souhaite incarner le « renouveau » de la classe politique locale.

    Élu depuis 1977, François Bernardini endosse quant à lui l’habit de la continuité. « Ce mandat qui s’achève ne m’a pas permis de réaliser l’intégralité du programme que je vous ai proposé en 2020. (…) Mais je n’ai renoncé à rien, je ne suis pas homme à m’arrêter au milieu du gué et vous le constaterez dans le programme que je vous proposerai prochainement. (…) L’enjeu de cette campagne s’appuiera sur une carrure, une vision simple de celle ou celui qui sera capable de poursuivre et accentuer le dynamisme et l’attractivité de notre ville. » Opposant son expérience au « rêve et à l’utopie » de ses concurrents, il se dit prêt à « solliciter toutes les instances » pour défendre Istres.

    La liste de l’édile n’est pas encore constituée, mais il l’assure : « Je saurai m’entourer de personnes de qualité et d’expérience sans me soucier de leur âge ou de leur appartenance politique avec comme seule limite les extrêmes, comme je l’ai fait depuis 2014. » La bataille pour les élections municipales est véritablement lancée.

  • « Je veux combattre cette politique de droite »

    « Je veux combattre cette politique de droite »

    La Marseillaise : Les communistes vous ont désigné mardi comme tête de liste pour les prochaines municipales. Qu’est-ce qui vous a motivée à vous engager ?

    Aurélie Grach : C’est une suite logique de mon engagement depuis 2008 à Port-Saint-Louis, au niveau associatif, sportif, éducatif et politique. À l’époque j’étais conseillère municipale déléguée aux seniors, c’est à ce moment-là que j’ai voulu m’investir dans ma ville. Nous avons pu redéfinir l’action sociale, répondre à tous, être au plus proche de la population. Ce travail de terrain est très important pour moi. Aujourd’hui, je veux transmettre mes valeurs militantes, humaines, rassembleuses, m’impliquer.

    Quels projets avez-vous réussi à concrétiser lors de ce premier mandat ?

    A.G. : À l’époque, le centre communal d’action sociale était dans les locaux de la mairie, il n’y avait aucun secret professionnel. Nous l’avons déménagé, pour respecter les personnes. Et nous avons lancé le projet de la crèche, de la maison de retraite… Même si nous ne les avons pas inaugurés nous-mêmes. C’est cette équipe rassemblée qui m’a donné le goût. Toutes les meilleures réalisations historiques de Port-Saint-Louis étaient les nôtres, et elles venaient répondre aux besoins de la population, de la petite enfance jusqu’à nos aînés.

    Et vous aviez ces engagements associatifs…

    A.G. : Sans associations la ville ne vit pas. C’est un appui pour Port-Saint-Louis, qu’elles soient culturelles, sportives… C’est ce qui fait son attractivité en partie.

    Vous étiez dans l’opposition lors du dernier mandat, comment l’avez-vous vécu ?

    A.G. : On a fait avec ! [rires] C’est une des raisons qui me pousse à être volontaire pour les prochaines municipales. Je veux combattre cette politique de droite et ce soutien à Emmanuel Macron dans une ville ouvrière. Des sujets essentiels ont été trop souvent oubliés ou insuffisamment portés, comme la santé, l’éducation, la sécurité, le bien-vivre. Martial Alvzarez a oublié les besoins de la population, il ne les a pas tous écoutés ou accompagnés alors qu’il disait qu’il allait être le maire de tous les Port-Saint-Louisiens. Il n’a été le maire que d’une partie de la population. Toutes les fêtes se passaient sur le port de plaisance, en oubliant les quartiers de la ville qui meurent à petit feu, et les commerces avec.

    C’est une ville où l’extrême droite est arrivée en tête lors des derniers scrutins, ça vous inquiète ?

    A.G. : Je le vis mal, j’ai des enfants métis en plus… Il faut combattre l’extrême droite, elle ne devrait pas exister autant à Port-Saint-Louis qui est une ville ouvrière, avec toute son histoire, avec toute la population qui y habite. On y a oublié le bien-vivre ensemble. Parfois, le partage, la solidarité se perdent. Martial Alvarez lui ne s’est pas positionné pendant les législatives contre le candidat du RN, Emmanuel Fouquart. La seule fois où il s’est positionné c’était en soutien à Macron ! Alors qu’il est ouvrier ! Il faut faire barrage, il faut lutter contre ce racisme. Le bien-vivre se vit ensemble, pas autrement.

    C’est une ville où se pose aussi la question de la réindustrialisation.

    A.G. : Nous serons attentifs à ces sujets, à la décarbonation de l’industrie. Il faut développer l’emploi industriel et ce port qui grandit, qui est un poumon économique pour notre ville et les populations. Mais en restant vigilants à l’amélioration du trafic routier, à la santé des populations, aux répercussions que cela peut engendrer.

    Quelles seraient vos premières mesures si vous l’emportez en mars prochain ?

    A.G. : Agir pour la santé, l’éducation… Tout tourne autour du bien-être et du bien-vivre à Port-Saint-Louis, à ces thématiques de la vie quotidienne qui touchent chaque habitant. Et la sécurité aussi, c’est important face à des incivilités qui augmentent. Il faut pouvoir arrêter ces agressions, ces dégradations que les habitants peuvent connaître.

    Maintenant que vous êtes désignée pour mener l’union à gauche, quelles seront les prochaines étapes pour vous ?

    A.G. : Constituer l’équipe ! Parce que seule, je ne suis rien ! Je veux rassembler les forces de gauche, qu’on ait des personnes engagées, politiquement ou non, des Port-Saint-Louisiens qui ont à cœur de travailler pour leur ville, et que ce soit une équipe intergénérationnelle. On a besoin de tout le monde, quel que soit leur statut, leur profession ou qu’ils soient privés d’emplois, que cela représente Port-Saint-Louis et toutes ses richesses.

  • Une asso pour préparer le terrain des municipales

    Une asso pour préparer le terrain des municipales

    « On va l’annoncer officiellement dans très peu de temps », informe Patrick Ducôme. Militant socialiste ciotaden, il a constitué, le 2 septembre dernier, avec Jean-Pierre Freani, secrétaire, et Jérôme Assier, trésorier, l’association loi 1901 « La Ciotat en commun ». Lui en sera le président. Si « La Ciotat en commun » porte un nom similaire à Aubagne en commun, elle n’en a pas la même nature. La première se présente en effet comme une coalition de forces politiques de gauche et de citoyens en vue des municipales à Aubagne. « La Ciotat en commun », elle, « est un groupe composé de membres de la société civile et de membres de partis politiques. C’est une initiative citoyenne », insiste Patrick Ducôme. « La Ciotat en commun veut regrouper toutes les forces progressistes qui souhaitent travailler en commun sur l’expertise des grands dossiers de la ville comme sur les enjeux métropolitains liés à la commune », poursuit-il.

    « Force de propositions »

    L’état d’esprit est « d’être une force de propositions sans minorer ni dénigrer pour autant le travail effectué par l’exécutif actuel de la ville ou par les associations résidentes ». Patrick Ducôme détaille : « On est partis de l’idée : qu’avons-nous en commun nous les Ciotadens et que voulons-nous sauvegarder et enrichir. » Par exemple, « La Ciotat en commun préconise de sauvegarder l’espace public, notre site urbain central ou décentralisé, le logement accessible à tous, la défense des intérêts vitaux de la commune que sont l’eau, l’énergie partagée, la mer défendue, la sécurité des habitants et la lutte pour sortir des précarités et des discriminations, l’école et les lieux de formation et d’éducation, la défense de tous les services publics, la culture pour tous… » Vis-à-vis des partis politiques à La Ciotat, l’asso se positionne ainsi : « La Ciotat en Commun pourrait éventuellement proposer sous cette appellation une liste des colistiers progressistes, groupe des forces de gauche pour les prochaines élections, selon les accords qui découleront des négociations en cours entre partis et mouvements politiques. » Le temps citoyen n’est pas le même que le temps des appareils politiques, on le sait. « Pour l’heure, il n’y a à La Ciotat, à gauche, que des souhaits d’accord d’appareils. Or nous souhaitons surtout un accord sur le programme. Bien sûr on est contre la droite et l’extrême droite, mais ça ne fait pas un programme. Or c’est sur celui-ci qu’on pourra convaincre les électeurs », plaide-t-il.

  • Une ébauche de programme pour le Printemps biterrois

    Une ébauche de programme pour le Printemps biterrois

    À Béziers, la gauche se met en ordre de bataille pour les municipales. Réunies sous la bannière du Printemps de Béziers, les principales formations (le PCF, les Écologistes, le PS, l’Après, Génération.S, Place publique, seule LFI n’ayant pas rejoint le mouvement pour le moment ont dévoilé leurs axes pour le scrutin des 15 et 22 mars, après avoir désigné le 7 septembre l’écologiste et élu d’opposition Thierry Antoine pour mener la campagne.

    Bien que tête de liste, le candidat insiste sur le caractère collectif du Printemps. « Nous sommes avant tout une équipe de militants, de citoyens investis dans la vie locale. Des gens qui ont les pieds sur terre, ici, il n’y a pas d’ego surdimensionné. On n’aura pas de show à l’américaine, il n’y a pas d’obsession pour les caméras et les projecteurs », souligne Thierry Antoine. En ligne de mire, l’édile d’extrême droite Robert Ménard, « le maire de BFM qui ne s’occupe plus que de son image, persuadé qu’il a un destin national ». Ainsi, pour se démarquer, la liste de gauche entend « proposer tous les quinze jours des mesures qui répondent aux urgences des Biterrois ». Première priorité affichée, l’emploi. « Ou plutôt le manque d’emplois et son corollaire, la pauvreté. Nous aurons l’occasion de présenter prochainement un projet qui va générer la création de plusieurs centaines d’emplois », poursuit Thierry Antoine.

    Kits gratuits à l’école

    Vient ensuite la santé, dans un territoire s’apparentant de plus en plus à un désert médical. « La moitié des généralistes sur le Biterrois a plus de 65 ans et va donc bientôt partir à la retraite. Des gens n’ont pas de rendez-vous, pas de médecin traitant. Nous allons donc offrir un service de soins municipal avec des médecins salariés », insiste Évelyne Coulouma, représentante de Place publique.

    Côté éducation, alors que 52% des enfants de moins de 11 ans vivent sous le seuil de pauvreté à Béziers, le Printemps de Béziers s’engage à lutter contre la précarité. « La mixité sociale n’existe plus ou trop peu à Béziers. Un uniforme [mesure introduite par Robert Ménard, Ndlr] ne nourrit pas un enfant. Nous voulons donc lever le frein du coût de la scolarité en distribuant gratuitement des kits pour chaque enfant, ce qui représente 192 000 euros, un montant moindre que les uniformes distribués à quatre écoles », soutient Marie Laloma, cheffe de file du PS dans le Biterrois. Et de promettre également le recrutement d’une Atsem par classe.

    À ces trois chantiers s’ajoute celui des transports. « Nous portons la remise en cohérence d’un réseau adapté à ce qu’est Béziers. C’est une ville qui a connu un développement exponentiel sans gagner beaucoup de population. Aujourd’hui, la ville n’est pas que l’hypercentre, sur lequel est concentré l’ensemble de notre réseau en commun », souligne le communiste Nicolas Cossange.

    La campagne municipale est bel et bien lancée à Béziers.

  • Les gauches reçues par un Premier ministre « très flou »

    Les gauches reçues par un Premier ministre « très flou »

    « Ma grand-mère disait : quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup… » Lancé en 2011 par la socialiste Martine Aubry en pleine bataille des primaires du PS, et passée à la postérité (aujourd’hui on parlerait de « punchline »), l’expression résume parfaitement le halo de fumée entretenu par le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu. En premier lieu, cet exercice de souffleur pour poêle s’adresse aux formations politiques qu’il a reçues mercredi, du matin au soir et singulièrement aux gauches qui ont fait le déplacement, LFI ayant décliné l’invitation.

    Premiers à ouvrir le bal, les socialistes : le premier secrétaire du parti Olivier Faure et les deux présidents de groupe au Parlement, Boris Vallaud (Assemblée) et Patrick Kanner (Sénat), sont ressortis après deux heures d’entretien pour le moins frustrés. « Pour l’instant, nous sommes restés sur notre faim et nous verrons bien ce qu’il a à nous dire dans les prochains jours » a déclaré Olivier Faure. Si Sébastien Lecornu est « là pour refaire François Bayrou, (…) nous censurerions dès la [déclaration] de politique générale » a prévenu le socialiste. Ce discours de politique générale pourrait être prononcé « début octobre » devant les députés, selon Marine Tondelier. Mais le Premier ministre engagera-t-il la responsabilité de son gouvernement, pour l’heure introuvable ? Rien n’est moins sûr. « On n’a pas eu de réponses très claires », a déclaré la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, estimant que le Premier ministre « n’arrive pas à boucler son équation ». Donc « soit Sébastien Lecornu renverse la table, soit il sera renversé », a complété la cheffe de file des députés verts Cyrielle Chatelain.

    Le nouveau Premier ministre a ensuite reçu le Parti communiste, son secrétaire national Fabien Roussel et les présidents des groupes de l’Assemblée et du Sénat, Stéphane Peu et Cécile Cukierman qui ont mis sur la table la « taxation des plus riches » et « l’abrogation de la réforme des retraites ». Fabien Roussel sera l’invité de RTL ce jeudi matin à 7h40 pour détailler cette entrevue et réaffirmer que s’il le faut « nous appuierons sur le bouton de la censure ». Le porte-parole du PCF, Ian Brossat, a de son côté déclaré sur le plateau de BFMTV qu’il fallait « arrêter de faire semblant. la seule chose qui peut faire bouger le rapport de force, c’est la mobilisation sociale. du monde en grève, du monde dans les rues, il n’y a que ça qui fera craquer Macron et Lecornu ».

    Le locataire de Matignon a terminé la journée par Place publique de Raphaël Glucksmann. Ces entretiens se sont déroulés sous la pression du mouvement social à la veille de la journée de grèves et de manifestations.

    Le RN en embuscade

    Les premiers petits gestes de Sébastien Lecornu ont été jugés très insuffisants par les syndicats et les formations de gauche : retrait de la proposition de supprimer deux jours fériés, premier déplacement consacré à l’accès aux soins, et suppression, très symbolique, des derniers avantages « à vie » octroyés aux ex-Premiers ministres.

    Les socialistes comme les Écologistes ont aussi cité un sondage Ifop commandé par le PS montrant que les Français, quelles que soient leurs sensibilités, plébiscitent les mesures poussées par le PS. Parmi elles, la création d’une taxe de 2% sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, la fameuse taxe Zucman. Sébastien Lecornu s’est dit prêt à travailler sur la « justice fiscale », mais il veut faire « attention au patrimoine professionnel » visé par cette taxe. À ce titre, il est raccord avec le RN qui rejette lui aussi la taxe Zucman. Fidèle à son fonds de commerce, Marine Le Pen a dit en revanche se « réjouir » de tous ceux qui demandent un référendum sur l’immigration, comme le patron de la droite Bruno Retailleau, et « espérer » que Lecornu en parle. « On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment » écrivait le cardinal de Retz dans ses Mémoires. Une sentence que pourrait méditer le Premier ministre.

  • L’extrême droite attend de « juger sur pièces »

    L’extrême droite attend de « juger sur pièces »

    À la sortie de l’Hôtel Matignon, mercredi, les responsables de l’extrême droite RN ont envoyé un message au nouveau Premier ministre : ils attendent de « juger sur pièces » Sébastien Lecornu et son futur gouvernement, loin d’être encore constitué. L’ancien ministre des Armées les a longuement reçus dans l’après-midi dans le cadre de ses consultations des groupes et partis politiques.

    Marine Le Pen a ainsi affirmé que c’était au nouveau Premier ministre de « prouver qu’il est véritablement dans une rupture » avec « la politique macroniste ». La présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale, sous le coup d’un procès en appel après sa condamnation à 5 ans d’inéligibilité dans l’affaire des assistants au Parlement européen, a usé d’ambiguïté. Pour mieux sceller un pacte tacite impliquant des mesures d’extrême droite contre une abstention du RN à l’Assemblée nationale ? « Pour l’instant, ses intentions restent des intentions et moi, je suis trop expérimentée pour m’en contenter. Donc je vais attendre de juger sur pièces », a-t-elle ajouté à des journalistes devant Matignon.

    « Il y a des attentes très fortes aujourd’hui dans le pays et s’il poursuit la politique qui est menée jusqu’à présent, alors il tombera », a prévenu à ses côtés le président du RN Jordan Bardella après leur rendez-vous avec le Premier ministre.

    Lors du débat sur le vote de confiance, le 8 septembre, qui s’est soldé par la chute du gouvernement Bayrou, l’ancienne candidate à la présidentielle avait martelé un seul message : la dissolution de l’Assemblée nationale est incontournable. Une option qui relève de la seule autorité du chef de l’État. Hier, le RN n’en a pas dit un mot comme elle n’a pas non plus évoqué une éventuelle censure.

  • Stéphane Ravier sera jugé pour favoritisme

    Stéphane Ravier sera jugé pour favoritisme

    Les faits de favoritisme que reproche le parquet de Marseille à l’élu d’extrême droite, ex-RN et ex-Reconquête !, courent de septembre 2016 à juin 2017, alors qu’il occupait le siège de maire du 7e secteur de Marseille (13e et 14e arrondissements), acquis lors des élections municipales de mars 2014.

    Stéphane Ravier se voit reprocher un marché visant à la rénovation du site internet de la mairie de secteur attribué en partage à deux sociétés, mais qui, toujours selon le parquet, bénéficierait à la même personne.

    Ce « saucissonnage » aurait permis, selon l’accusation, de se situer sous la barre des 25 000 euros, montant à partir duquel un marché public doit impérativement donner lieu à une mise en concurrence. Une enquête avait été ouverte, en 2021, alors que la mairie de secteur avait basculé, un an plus tôt, en direction la droite marseillaise.

    Durant l’enquête, le sénateur nationaliste aurait évoqué son « ignorance » des modalités de passation de ce marché.

    Sa nièce Sandrine Ravier, 43 ans, qui a également été sa première adjointe puis sa remplaçante comme maire de secteur après la démission de celui-ci pour cumul de mandats, ainsi que le rédacteur des marchés litigieux, sont également jugés pour favoritisme.

    Déjà condamné

    à de la prison avec sursis

    Le sénateur Stéphane Ravier, qui appelle à une union des droites lors du prochain scrutin municipal de mars 2026, attend, par ailleurs, d’être rejugé par la cour d’appel d’Aix-en-Provence dans un dossier de prise illégale d’intérêts.

    Le 29 mai 2024, le tribunal correctionnel l’avait condamné à six mois de prison avec sursis et à une inéligibilité pendant un an pour avoir « œuvré illégalement » au recrutement de son fils, Thomas Ravier, à la mairie de secteur via dix contrats à durée déterminée sur une période de trois ans et demi, avant que celui-ci n’accède au statut de fonctionnaire stagiaire.

    Lors des élections municipales à Marseille, en 2020, la liste du Rassemblement national portée par Stéphane Ravier avait récolté près de 20% des suffrages lors du second tour, se plaçant ainsi en troisième position.

    Financement

    de campagne

    Très récemment, en début d’été, Stéphane Ravier a été entendu par les enquêteurs, selon les informations du Monde, dans le cadre d’une procédure portant sur les financements présumés illégaux de plusieurs campagnes électorales par le milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin. Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Marseille pour les faits de financement illégal de campagne électorale du Rassemblement national. Les municipales ne sont pas les seules à être dans le collimateur de la justice, il en est de même de la campagne des régionales conduite à l’époque par Thierry Mariani.

  • Le PCF en lutte et en fête aux Oursinières

    Le PCF en lutte et en fête aux Oursinières

    Trois jours après la grande mobilisation du 18 « qui s’annonce d’ores et déjà comme un grand succès d’union et de rassemblement », les communistes de la section de La Garde-Le Pradet ont bien l’intention de maintenir vivante la lutte sociale et politique tout au long de la 4e édition de la fête des Oursinières qui va se dérouler ce dimanche.

    « La date du 21 est aussi la journée internationale de la paix et nous saurons également nous y associer », poursuit le secrétaire de section Yves Pellegrino. Avec en particulier le témoignage de Louis Camenzulli, responsable du Mouvement de la paix du Var, qui faisait partie de la délégation présente aux commémorations des bombardements atomiques à Hiroshima en août dernier.

    Une focale particulière sera également accordée tout au long de la journée aux élections municipales de 2026 qui seront normalement « le premier rendez-vous démocratique fixé aux Français ».

    « Le mécontentement est immense, profond », constate Pascale Voirgard l’une des colistière qui bat le terrain sur les marché et au porte à porte. «Mais on est bien accueillis, il y a un désir de changement », précise-t-elle.

    Mais, prévient Yves Pellegrino, le Rassemblement national poursuit sa progression à La Garde, où la droite est en difficulté, et au Pradet aussi.

    Sous le signe du rassemblement

    Des batailles qui s’annoncent rudes mais avec de sérieux atouts pour les forces progressistes. Notamment sous le Rocher où « la gauche, après 20 ans de divisions locales, a concrétisé une stratégie de rassemblement et d’union construite à la base, autour d’un projet municipal à la hauteur des attentes des habitantes et habitants ».

    Avec une équipe « Unis pour La Garde » bien en marche, avec à sa tête la socialiste Julia Peironet et quatre communistes sur la liste en position éligible.

    « La fête des Oursinières sera ce moment de rencontre, de compte rendu, de témoignages concernant la campagne des municipales », insiste le secrétaire de section. Avec entre autres les prises de parole de Julia Peironet et Philippe Signorino, pour La Garde ainsi que Gilberte Mandon pour Le Pradet, qui interviendra également sur la dimension métropolitaine.

    À noter également la présence d’une expositon sur les 80 ans de notre Sécurité sociale créer à la sortie de la Seconde Guerre mondiale. Histoire de ne pas oublier que nos aînés se sont battus pour la gagner. Un combat toujours d’actualité pour la garder comme il va être rappelé aujourd’hui dans toutes les manifestations.

    Du pain sur la planche donc pour cette 4e édition. Un nouveau moment de partage et de fraternité avec des moules frites à volonté.

    Une fête, assure Yves Pellegrino, ouverte très largement au-delà des seuls adhérents communistes aux personnes qui partagent les valeurs de justice sociale, et où le débat sera de mise.

    Pour ce qui du programme des festivités, entre autres, les chants de la rue seront à l’honneur. L’occasion pour chacun et ensemble de pousser la chansonnette guidé par Valérie, la choriste. A noter également pour les amateurs de pétanque, le terrain de boules à disposition des participants. Sans oublier la tombola avec ses deux lots gagnant d’une valeur de 150 euros.

    Entrée libre. Repas : 20 euros.

    Réservation : Tél. 06.89.09.91.64

    ou 06.01.64.47.86

  • « Je veux éviter de renouveler l’expérience du FN de 1995 »

    « Je veux éviter de renouveler l’expérience du FN de 1995 »

    La Marseillaise : La droite vient de donner un triste spectacle. Comment analysez-vous cette dernière séquence marquée par le revirement d’Hubert Falco ?

    Josée Massi : J’ai fait un communiqué dimanche pour faire une mise au point après ces fuites assassines dans la presse. Honnêtement, je pensais que nos discussions restaient confidentielles.

    En même temps j’avais vu ce qui s’était passé après la première réunion de majorité. Mais là, j’ai trouvé que les propos n’étaient plus du tout respectueux.

    À quel moment ça a commencé à déraper ?

    J.M. : En juin, Hubert Falco me dit que ce serait bien que j’annonce ma candidature à la majorité. « Comme ça, je te soutiendrai, plutôt que de te désigner », m’explique-t-il. Je prends quand même mes précautions parce que je ne suis pas née de la dernière pluie. Et je dis donc que j’ai l’intention de me présenter mais que je vais avant cela chercher l’unité. Et que je me donne tout l’été pour y arriver. Je suis trop honnête, peut-être.

    Le vendredi 23 juin, Hubert Falco sort un communiqué pour annoncer qu’il me soutient. À la suite de ça, dès le lundi on se voit avec des adjoints et Hubert Falco, et on décide qui sera le directeur de campagne et le premier adjoint, c’était Benoît Pelletier. Tout est en place. Et c’est là que ça va basculer.

    Pourquoi selon vous ?

    J.M. : Ça va basculer parce que je n’ai pas été aussi souple que ce que peut-être on attendait. Lorsqu’on se revoit. Il me dit que ça serait bien quand même de renouer le contact avec Michel Bonnus [le sénateur LR, Ndlr.]. J’accepte donc l’invitation de ce dernier. C’est le fameux épisode des petits farcis relaté dans la presse. Sauf que deux jours après, ils sont retournés sans moi chez Michel Bonnus manger des gnocchis.

    L’été se passe, on se revoit le 29 août à cinq. Et là je comprends qu’il y a quelque chose qui s’est passé. Entre-temps, Hubert Falco et Michel Bonnus se sont réconciliés.

    Il faut savoir que pendant deux ans, quand même, ça a été très difficile. Pendant tout ce temps l’unité, je l’ai cherchée. Elle n’était pas évidente. Pendant les législatives notamment au moment de l’élection de Yannick Chenevard où j’ai demandé à Michel Bonnus d’être présent dans la salle du conseil municipal pour donner justement une image d’unité.

    Et là vous comprenez qu’on cherche tout simplement à vous faire renoncer…

    J.M. : Je comprends qu’en fait, il faut que je plie. On a enchaîné quelques rencontres. J’ai vu la majorité et chacun a pu s’exprimer. Je ne sais pas si tout le monde l’a fait avec son libre arbitre. La demande de certains adjoints était d’attendre la position d’Hubert Falco. Je l’ai donc appelé et c’est dans ce cadre que s’est déroulée la réunion de jeudi dernier avec Michel Bonnus.

    Cette réunion a été très difficile. Même si je n’étais pas dupe. Je savais que c’était joué.

    Et à l’issue, il nous a dit, vous avez le week-end pour vous mettre d’accord et je donnerai ma position lundi. J’ai encore eu un temps d’échange avec Michel Bonnus dimanche après-midi. J’ai proposé de faire liste commune et de travailler sur l e projet. Nous ne sommes pas tombés d’accord.

    Que vous proposait-on alors en termes d’équilibre ?

    J. M.  : Un poste d’adjoint. Je n’ai pas d’ambition mais… On m’a même proposé un poste de sénateur, de député…

    Donc, au vu de tout ça, j’ai choisi de faire une mise au point pour rappeler que j’étais légitime pour conduire la liste de la majorité. Sinon, il ne fallait pas me choisir en 2023 pour assumer les fonctions de maire et me soutenir en juin dernier.

    J’explique aussi que je prends un peu de recul pour continuer le travail de maire parce que les conditions ne sont pas sereines.

    Aujourd’hui beaucoup de Toulonnais veulent savoir si vous serez candidate ?

    J.M. : Je ne peux pas vous le dire maintenant. Ce que je peux dire c’est que j’ai toujours été utile à ma ville et que je le resterai. Cela étant dit il faut que tout le monde soit conscient qu’on a un adversaire commun : l’extrême droite. Il ne faut pas le perdre de vue ça. Il ne faut pas perdre de vue l’intérêt de tout le monde.

    Michel Bonnus a rappelé qu’il avait proposé des primaires. Je ne sais pas comment on aurait pu réaliser des primaires. Je rappelle que je n’ai aucun parti politique.

    En tout cas, au mois de juin Hubert Falco savait déjà depuis longtemps qu’en me soutenant on n’aurait pas un candidat unique, puisque Michel Bonnus n’a jamais caché ses intentions. Il a toujours été très clair là-dessus.

    Le problème est là. Pourquoi donc me soutenir et mettre en place la campagne ? Alors quand j’entends parler aujourd’hui d’unité…

    Il y a de quoi être dépité…

    J.M. : Je ne suis absolument pas dépitée. Et je ne déteste personne. Ma seule ambition, c’est d’être utile à ma ville. Ça fait 30 ans que je suis utile. Mais je rappelle encore une fois que je ne suis affiliée à aucun parti et que je ne prends les ordres de personne.

    Ce que je regrette, c’est le flou qui est entretenu, avec les motivations de chacun, les intérêts de chacun. Je le répète : on a toujours su qu’il y aurait la liste de Michel Bonnus.

    Est-ce ce tout ça au fond ne joue pas en faveur de l’extrême droite ?

    J.M. : Après, on se demande pourquoi les Français ne votent pas. Franchement, quel exemple nous donnons !

    Je pense qu’on a fait un grand pas pour donner la ville au Rassemblement national. Laure Lavalette n’a rien besoin de faire, juste nous regarder nous déchirer.

    En tout cas si je devais soutenir quelqu’un, je demande à voir le contenu, l’équipe, le projet. Parce qu’on ne vote pas pour des têtes d’affiche. Il faut rester droit dans ses bottes et avoir des convictions. On ne peut pas faire de chèques en blanc. La confiance, c’est des deux côtés.

    Plein de raisons en somme de ne pas lâcher le combat…

    J.M. : Je vois où vous voulez m’amener. Alors je répète : ça a été une très belle aventure. Et ça sera peut-être encore une aventure. En six mois, il peut se passer tellement de choses.

    Ce que je veux, c’est le meilleur pour tout le monde en évitant l’expérience de 1995 [date de la prise de la ville par le Front national, Ndlr.]. Et ce n’est pas, contrairement à ce qu’on entend, parce que la droite était divisée que l’extrême droite a gagné. C’est parce que la gauche s’est maintenue. Et que fera la gauche face à Michel Bonnus ?

    C’est pour ça que j’avais dit que j’étais à même de rassembler les groupes.