Category: politique

  • Redistribution de délégations au conseil municipal d’Aubagne

    Redistribution de délégations au conseil municipal d’Aubagne

    Le maire (LR) Gérard Gazay vient tout juste de ceindre l’élue Brigitte Amoros de l’écharpe tricolore. Après délibération, l’adjointe au handicap « hérite » de la charge liée aux quartiers Palissy, les Passons et Aubagne Sud, précédemment assurée par Jeannine Levasseur (DVD).

    Ex-élue de la majorité, aux côtés du maire depuis une quinzaine d’années, la conseillère municipale a annoncé, le 13 novembre dernier, non seulement quitter la majorité, mais aussi se présenter aux municipales de 2026 contre le maire sortant.

    En tout début de conseil municipal, lundi soir, Jeannine Levasseur, qui n’était rattachée à aucun groupe de l’opposition et siégeait donc seule, a lu une déclaration adressée à Gérard Gazay. « Le 2 juillet dernier, lors de notre échange dans votre bureau, vous m’avez indiqué que j’étais pour 90% dans notre réussite politique à Aubagne. Alexandre Dumas disait : “Il est des services si grands qu’ils ne peuvent être rendus que par l’ingratitude” », cite l’élue.

    Conseiller municipal dans l’opposition de gauche, le communiste Yves Perrin-Toinin (RGA) a déclaré : « Par cette délibération, vous nous proposez de pourvoir un poste d’adjoint de quartier en remplacement d’une élue démissionnaire pour la période de quatre mois qui nous sépare des prochaines élections municipales. C’est-à-dire à peine le temps au nouvel adjoint de s’installer dans sa fonction. Nous ne voyons pas l’intérêt que cela peut représenter pour les habitants de ces quartiers. Cette nomination n’est pas une obligation. On pourrait utiliser l’argent économisé sur quatre mois d’indemnités d’un adjoint à chauffer mieux les écoles, en ces temps de grand froid qui arrivent, ou pour abonder le budget des maisons de quartier. »

    Stationnement gratuit

    en décembre

    Un peu plus tard, le conseil municipal a adopté le principe des deux heures de stationnement gratuit par véhicule sur la plage horaire de 10h à 19h, les samedis et dimanches 13, 14, 20, 21 décembre, ainsi que le mercredi 24 décembre, afin de faciliter les achats des habitants dans les commerces d’Aubagne.

    Cette mesure s’appliquera dans les parkings gérés par la Ville : Potiers, centre ancien, Défensions et Beaumond. La Métropole va faire de même au parking du 8 Mai, dont elle a la charge.

  • « Titi c’est toi le boss » en soutien à Martine Vassal

    « Titi c’est toi le boss » en soutien à Martine Vassal

    Jean-Claude Gaudin avait eu éric di Meco comme adjoint. Ce jeudi après-midi, c’est le ralliement du médiatique supporter de l’OM Thierry Mode, plus connu sous le pseudo « Titi c’est toi le boss », que la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, a annoncé. « Rejoindre l’équipe de Martine Vassal était quelque chose de nouveau, explique l’ancien légionnaire installé depuis 2005 à Marseille. Je n’ai jamais milité, mais j’ai trouvé le projet intéressant. »

    S’il n’est pas encore question de places sur la liste, lui qui est engagé dans le secteur associatif et revient d’un « marathon des possibles » promet d’apporter son expertise en matière de sport et d’inclusion. « à Marseille, pour une personne qui se déplace en fauteuil, il y a des kilomètres de trottoirs qui ne sont pas adaptés », déplore-t-il. Alors même que la voirie relève de la Métropole, présidée par Martine Vassal… « Nous avons proposé à la mairie 50 millions pour faire des projets d’aménagements. à part des pistes cyclables, ils n’ont rien proposé », rattrape la candidate, qui veut donner la compétence aux mairies de secteur.

    Alors que le soutien du supporter aux 116 000 abonnés s’accompagne d’injures sur les réseaux, Thierry Mode relativise : « Je m’y attendais, il faut essayer de ne pas y prêter attention. »

    Son ralliement médiatique s’accompagne du soutien apporté par la référente des Jeunes en marche, Djihane Dib. Cette étudiante de 21 ans en licence d’histoire a fait ses premiers pas politiques en adhérent à 18 ans au parti du président de Région, Renaud Muselier. « Je veux mettre la force de ma génération au service de Martine Vassal », assure-t-elle, pointant les problèmes de sécurité ou l’insuffisant accès à la culture pour les jeunes. D’autres ralliements suivront. « Beaucoup de personnes me contactent depuis peu » , sourit Martine Vassal.

  • [Grand entretien] Amal Couvreur : « Ma bataille, c’est l’égalité des territoires »

    [Grand entretien] Amal Couvreur : « Ma bataille, c’est l’égalité des territoires »

    PARCOURS

    La Marseillaise : Votre parcours en quelques mots ?

    Amal Couvreur : Mon engagement fut d’abord professionnel. Pendant vingt-sept ans, j’ai été assistante sociale, notamment auprès des personnes sans domicile fixe, à Nîmes et à la Croix-Rouge. Ensuite, j’ai coordonné un réseau de parentalité, ce qui m’a permis de rencontrer énormément de familles gardoises. En 2015, on est venu me chercher pour être conseillère départementale sur le canton Nîmes-2. J’ai accepté au lendemain des attentats de Charlie, qui m’ont beaucoup marquée et convaincue d’agir. Et depuis dix ans, je suis vice-présidente du Gard en charge des quartiers prioritaires et de la jeunesse, et conseillère régionale pour la solidarité.

    ENGAGEMENT

    LM : On vous qualifie régulièrement de « femme d’action », ça vous correspond ?

    A.C. : Je ne sais pas si c’est le terme exact, mais ce qui me porte, c’est d’améliorer le quotidien des gens, quand je le peux. Je garde toujours en tête que je veux pour les enfants des autres ce que je veux pour les miens. J’ai besoin de répondre aux gens : même si je ne sais pas, je me renseigne. L’écoute active, c’est essentiel. Le problème, c’est que le temps des habitants n’est pas celui de l’administration, ni celui des politiques. Mais je veux que les réponses soient rapides, sincères, et qu’on cherche réellement des solutions. Pour moi, l’action, c’est ça : répondre, accompagner, ne jamais laisser quelqu’un sans retour.

    Comment concilier écoute du terrain et décisions politiques ?

    A.C. : C’est un aller-retour incessant. Certains trouvent étonnant qu’on reçoive autant individuellement, mais c’est ce travail en face-à-face qui permet de construire du collectif. Avec nos permanences cantonales, que nous avions promises dès 2015 avec Christian Bastid, je vois entre dix et douze personnes par séance : plus de 3 000 personnes reçues. Ça donne une vision très précise du quotidien : logement, emploi, formation. Et parfois, quelqu’un me dit : « Vous n’avez rien fait », et ajoute aussitôt : « Mais vous avez écouté, vous avez appelé. » C’est ça ma façon de faire de la politique : partir du réel, comprendre les situations concrètes et ne jamais décider depuis un bureau sans entendre d’abord la parole des habitants. Ces échanges sont modestes mais essentiels pour bâtir une réponse collective. C’était notre seule promesse de mandat, et nous l’avons tenue.

    MUNICIPALES 2026 ET NÎMES EN COMMUN

    LM : Pourquoi être devenue n°2 sur la liste de Vincent Bouget ?

    A.C. : Je n’ai pas une grande culture partisane, je le reconnais, mais je fais partie des gens engagés. Et dans cette ville, il y a des centaines de bénévoles, d’associations, de citoyens qui aiment profondément Nîmes. C’est eux que je veux représenter. Dans le travail mené par Vincent et les équipes, avec le questionnaire citoyen, les réunions publiques et d’appartement, il y a cette idée de rassembler des personnes engagées pour leur ville, pas un « gros mot » de société civile, mais des gens qui agissent vraiment. C’est ce que je veux apporter : une ville où l’engagement individuel est reconnu et valorisé, où chacun peut se sentir légitime à participer, à proposer, à contribuer à l’avenir collectif.

    Vos priorités pour Nîmes en tant que n°2 de la liste ?

    A.C. : D’abord, aller au bout de la consultation : plus de 250 propositions ont été remontées, et tant que les questionnaires ne sont pas totalement analysés, on ne peut pas décréter des priorités. Mais je parle souvent de trois axes. Le premier : les services de proximité, indispensables pour la vie quotidienne et la sécurité globale. La sécurité, c’est être bien chez soi, sur le trottoir, avec un travail commun entre médiateurs, éducateurs, police municipale, et tous ceux qui connaissent vraiment le terrain. Le deuxième axe, ce sont les associations, qu’il faut soutenir et simplifier : trop passent plus de temps à remplir des dossiers qu’à agir, alors qu’elles sont l’un des piliers de la cohésion nîmoise. Le troisième, c’est l’éducation : notre parc scolaire est délabré, et chaque été ou hiver, on repart des mêmes constats. Il faut agir vite, vraiment, et remettre la jeunesse au centre des décisions municipales.

    MANDATS

    LM : Comment articulez-vous vos mandats actuels ?

    A.C. : Mes deux mandats, départemental et régional, sont très complémentaires, et ils me passionnent. Mais si nous sommes élus en 2026 – il paraît que je dois dire « quand nous serons élus » – je devrai choisir entre les deux. Je prendrai le temps nécessaire, car ce choix doit être réfléchi. Ce qui compte, c’est que chaque échelon permet une vision différente et utile : le département pour la proximité, la région pour la cohérence et l’ensemble. L’enjeu, ce sera de mettre ces expériences au service de la commune.

    Avez-vous un mot d’ordre qui relie ces mandats ?

    A.C. : Ma grande bataille, c’est l’égalité des territoires. Le centre-ville de Nîmes est magnifique, personne ne le nie. Mais notre problème, c’est que les enfants ne se rencontrent plus comme avant. Il y a une vraie fracture territoriale. Je veux que le gamin de Vacquerolles ait les mêmes conditions que celui du Mas de Mingue. On ne peut pas avoir une ville où tout se concentre dans un périmètre restreint et où les autres quartiers décrochent. Une ville apaisée, c’est une ville où les habitants se croisent et vivent dans des conditions équitables. Et c’est la même chose pour toutes les échelles où je travaille.

    UN MESSAGE AUX NÎMOIS ?

    A.C. : Je pense sincèrement que la politique n’est pas faite pour commenter les problèmes, mais pour trouver des solutions. Ce qu’on vit à Nîmes en ce moment ne donne pas un bon exemple. Pour moi, la politique est un service public, pas un spectacle. Le seul engagement que je prends, c’est une attention égale pour toutes les Nîmoises et tous les Nîmois, pas seulement pour nos électeurs. Je veux une ville qui protège, qui rassure, qui ne divise pas.

  • L’extrême droite opposée aux droits des femmes au Parlement

    L’extrême droite opposée aux droits des femmes au Parlement

    Si la présence de Marine Le Pen à la tête du groupe RN à l’Assemblée nationale et les vidéos de Jordan Bardella rassurent ces derniers mois un électorat féminin qui a longtemps été réfractaire à voter à l’extrême droite (30% des femmes ont voté pour Bardella aux dernières élections européennes pour 32 % des hommes), les votes de l’extrême droite au Parlement ne vont pourtant pas dans le sens de la défense des femmes et devraient alerter cet électorat.

    Le dernier exemple en date sur l’inscription de la notion de non-consentement dans la définition pénale du viol fin octobre est particulièrement frappant. Si l’écrasante majorité des groupes a voté unanimement pour ce changement d’approche sur la définition du viol, seuls les groupes du RN et de l’UDR (Ciottiste) ont voté contre. C’est le cas de cinq députés gardois : Yoan Gillet, Pascale Bordes, Pierre Meurin, Sylvie Josserand et Alexandre Allegret-Pilot (UDR). Nicolas Meizonnet et les cinq députés d’extrême droite de l’Hérault ne se sont pas donnés la peine de suivre les débats dans l’Hémicycle.

    « L’actualité locale a pourtant récemment mis en avant l’impérieuse nécessité de déployer de nouveaux moyens pour lutter contre le viol et les agressions sexuelles. Les deux procès de l’affaire Pélicot qui se sont déroulés à Avignon et à Nîmes à quelques mois d’intervalle, ont permis de constater l’ampleur du phénomène et le déni qui y est encore attaché », ont réagi à ces votes des députés d’extrême droite, les Unitaires du Gard, composés de L’Après, Debout! et Génération.s.

    « Fémonationalisme »

    Ce dernier vote n’est que l’ultime acte d’une stratégie d’un RN opposé à légiférer pour réduire les violences sexistes et sexuelles (VSS). En 2018, les députés RN se sont abstenus lors du vote de la loi « renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes ». En 2022, ils votent contre la proposition « sur l’outrage sexiste » visant à durcir l’amende pour le harcèlement de rue. L’année suivante, le RN vote contre la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre les VSS. En réalité, pour le Rassemblement National, la lutte contre les VSS ne s’appuie que sur le « femonationalisme », c’est-à-dire l’instrumentalisation du féminisme pour stigmatiser certaines populations, porté notamment par le Collectif Némésis. Jordan Bardella expliquait ainsi en 2024 que l’insécurité « fait régresser la liberté de chaque femme de France de se déplacer dans la rue et dans l’espace public ». Le président du RN oublie ainsi un peu vite que neuf victimes sur dix de viol ou de tentative de viol connaissaient leur agresseur.

  • Municipales : une soirée publique organisée par le collectif Le Thor cœur à gauche

    Municipales : une soirée publique organisée par le collectif Le Thor cœur à gauche

    « Le vrai changement, c’est le collectif », précise Isabelle Imperatori, au nom du collectif tandis qu’un autre citoyen engagé, Théo Baldasseroni souligne que « les écoles seront centrales dans nos actions de futurs élus ». La commune compte 5 groupes scolaires. Est notamment envisagée « la gestion d’une cuisine collective » avec les filières locales ajoute leur camarade Halim Rahmouni.

  • Largement soutenu, Bernardini inaugure sa permanence à Istres

    Largement soutenu, Bernardini inaugure sa permanence à Istres

    L’avenue Hélène Boucher est la rue des élections municipales. Samedi 22 novembre, le maire candidat François Bernardini (DVG) a inauguré sa permanence de campagne au 14, à quelques mètres seulement de celle de son « voisin de palier » et principal opposant politique Robin Prétot (LR). Malgré le vent glacial, plus d’une centaine d’habitants se sont réunis pour soutenir l’édile.

    Sur l’estrade, François Bernardini était entouré de son mentor, le président du conseil régional de 1981 à 1985 Michel Pezet (PS), des maires de Fos-sur-Mer et de Port-Saint-Louis-du-Rhône René Raimondi (ex-PS) et Martial Alvarez (DVD), ainsi que du sénateur communiste Jérémy Bacchi. « Devant tant de personnes issues de courants différents, on peut se dire : “Quelle bouillabaisse !”, reconnaît l’élu. Ce n’est que la traduction véritable de tout ce que j’ai pu initier depuis 2008 et qui a permis d’emporter des gens différents dans un esprit commun avec une valeur essentielle qui est celle de la loyauté envers un programme et une ville ».

    Suzelle Ayot, élue à Istres et conseillère régionale, a délivré un message de la part de son président Renaud Muselier (Ren) : « Istres mérite de garder François Bernardini à sa tête. Vous avez un grand maire. C’est un bâtisseur, un visionnaire reconnu comme celui qui a transformé sa ville comme personne ».

    C’est justement ce que lui reproche son adversaire Robin Prétot, qui a fait du ralentissement de l’urbanisation son cheval de bataille. En mars 2026, ce sont ces deux visions de la ville qui vont s’affronter. Martial Alvarez assure : « Dans cette période confuse, (…) on a besoin d’un capitaine, d’un vieux briscard, de quelqu’un capable de porter de négociations fortes ». L’expérience suffira-t-elle à François Bernardini pour rester « indéboulonnable », comme Renaud Muselier le dit ?

  • À Allauch, la gauche fait le choix de l’union pour les municipales 2026

    À Allauch, la gauche fait le choix de l’union pour les municipales 2026

    « Face à la menace grandissante de l’extrême droite et à une gestion municipale conservatrice, nous soutenons une liste écologique sociale et solidaire pour les municipales » de mars prochain, indique un communiqué appelant « tous les citoyens qui souhaitent » à rejoindre le collectif pour apporter leurs contributions dans l’élaboration d’un « projet alternatif et concret pour la commune ». Les Écologistes, Génération.s, LFI, le PS, le Mouvement des progressistes, Place publique et le PCF soutiennent cette liste qui sera conduite par Frédéric Dutoit, Dorothée Sudan, Vincent Coulomb et Denise Triscari.

  • Contre la guerre, Roussel sort le bazooka budgétaire

    Contre la guerre, Roussel sort le bazooka budgétaire

    Ce dimanche après-midi, les chaises manquaient dans le palais des congrès du parc Chanot. Au milieu du tourbillon de drapeaux rouges ou tricolores, ils étaient plus de 1 500 pour le meeting du secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, avec la présence de représentants de toutes les forces de gauche, hors les insoumis. Un rendez-vous marqué par l’assassinat, dix jours plus tôt, du jeune Mehdi Kessaci.

    « Ces mafias tuent nos enfants, tuent tout espoir pour des milliers de jeunes dans notre ville, dans notre pays », rappelait le secrétaire départemental du PCF dans les Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi, qui avait lancé dès 2024 un Appel de Marseille pour alerter sur cette réalité du narcotrafic. « Pour sortir notre jeunesse de ces logiques, il faut lui permettre de travailler, d’être formée », interpelle le sénateur.

    2,5 milliards contre

    le narcotrafic

    Après lui, le secrétaire national du PCF promet d’emblée : « Nous ne céderons ni à la peur, ni aux menaces, d’où qu’elles viennent. Machiavel a écrit : celui qui contrôle la peur des gens devient le maître de leurs âmes. Ici à Marseille, nous n’avons pas peur, et nous restons libres ! » Lui qui a participé à la marche blanche organisée la veille rend un hommage appuyé à Amine Kessaci, et relaie son appel face au narcotrafic qui a abattu ses deux frères. « Il faut mener cette guerre et ne pas céder un pouce de terrain à ces criminels : ce doit être le combat de la République, que nous devons mener tous ensemble », assène Fabien Roussel. Et de défendre l’embauche de 60 000 policiers, enquêteurs, douaniers. Un engagement de 2,5 milliards d’euros.

    Mais c’est surtout un discours de paix qu’est venu porter le secrétaire national du PCF, cinq jours après l’appel du chef d’état-major des armées à « accepter de perdre nos enfants ». « Ces mots glacent le sang », s’alarme Fabien Roussel. Face à l’économie de guerre, face aux discours guerriers, il fait le serment : « Jamais nous ne voterons les crédits militaires et les pleins pouvoirs à des dirigeants prêts à envoyer nos enfants faire des guerres qui ne sont pas les nôtres. » Lui appelle à une coalition internationale pour un cessez-le-feu en Ukraine, à la mobilisation le 29 novembre pour la paix en Palestine.

    Face à ces sacrifices promis à la jeunesse, il promet de sortir le « bazooka budgétaire ». De quoi ouvrir d’autres perspectives. « Nous proposons 100 milliards d’euros par an pour relever ce pacte d’avenir pour la France et le climat », annonce-t-il. Cela pour reconstruire les services publics avec un plan de formation de soignants et d’enseignants, abroger la réforme des retraites, indexer les salaires sur l’inflation en augmentant le Smic, assurer l’égalité salariale, garantir une énergie accessible et décarbonée… Et lancer la reconquête industrielle. « Il n’y aura plus une heure de travail qui partira à l’étranger », promet-il. Alors que la richesse des 500 plus grosses fortunes a doublé en huit ans, l’édile nordiste interpelle : « Nous avons assez fait de sacrifices ! Les cigares doivent changer de bouches ! »

    Pour mettre en œuvre ces mesures, il assume : « Fixons-nous l’objectif de conquérir le pouvoir plutôt que de regarder médusés l’extrême droite dérouler son programme. » Cela commence par les municipales, avec un appel résolu au rassemblement. « Nous ne conduirons aucune liste de division contre des maires sortants socialistes, écologistes et insoumis, que personne ne nous donne de leçons ! Nous, l’union, on en parle et on la fait ! » tacle-t-il. Et d’appeler les militants à mener ces campagnes, « qui nous permettront de gagner les Jours heureux ».

  • Occitanie : une ordonnance verte pour le Printemps montpelliérain

    Occitanie : une ordonnance verte pour le Printemps montpelliérain

    À cinq mois des municipales, ça bouge du côté de Montpellier. Le Printemps montpelliérain, liste regroupant plusieurs partis de gauche, vient de dévoiler dix propositions afin de changer de politique alimentaire. « Avec les évolutions de la société, la perte du pouvoir d’achat, l’alimentation devient un sujet politique important. 13% des Français sont en insécurité alimentaire  », souligne Jean-Louis Roumégas, tête de liste et député les Écologistes de l’Hérault.

    Des propositions issues d’un forum sur l’alimentation et l’agriculture conduit par le mouvement, le 18 octobre. Tout d’abord, une « ordonnance verte  ». « Dès que le bébé est en route, nous distribuerons des paniers bio hebdomadaires et gratuits à toutes les femmes enceintes, sans condition de revenus », détaille Julia Mignacca, membre du Printemps. L’objectif à terme serait que cette ordonnance bénéficie à 1 600 Montpelliéraines. Également présenté par le Printemps afin de mieux se nourrir, la création d’un réseau d’épiceries municipales. « Nous proposerons des produits à prix coûtant grâce à une centrale d’achat. Cela coûtera peu car nous vendrons sans marge, ce qui permettrait aux agriculteurs d’avoir un prix décent », reprend Jean-Louis Roumégas. À cela s’ajoute le soutien à des caisses alimentaires et aux circuits courts.

    Un office métropolitain

    Si ces mesures concernent uniquement la ville de Montpellier, d’autres ont une visée plus large en s’adressant à toute la métropole, comme la création d’un office agricole. « À Montpellier, nous devons lutter contre les lobbies de l’immobilier et sanctuariser les terres agricoles. Cet office nous permettra de les acquérir puis d’installer des paysans », précise Boris Chenaud. Pour les agriculteurs en herbe, le Printemps propose la mise en place de jardins partagés. « Cela permettra de créer du lien social entre les gens dans les quartiers et de redécouvrir la saisonnalité », insiste Coralie Mantion. Dans le même genre, le Printemps espère créer une ferme pédagogique à Malbosc.

    Une sensibilisation au bien manger qui passera également par l’école puisqu’il est prévu de mettre fin aux plastiques à la cantine et de tendre vers le 100% bio et local – contre 30% actuellement. Enfin, pour lutter contre la malbouffe, l’équipe ambitionne de mettre en place des ateliers autour du goût sur le temps périscolaire. Les enfants ne sont pas les seuls visés puisque le grand public est aussi invité à travers l’organisation d’une journée sans sodas. « Nous voulons répondre aux besoins du quotidien en apportant des réponses concrètes », soutient Jean-Louis Roumégas.

  • Occitanie : un dernier budget sous haute tension électorale à Nîmes 

    Occitanie : un dernier budget sous haute tension électorale à Nîmes 

    Dernier débat d’orientation budgétaire du mandat Fournier, et ambiance électrique samedi 15 novembre au matin, au conseil municipal de Nîmes. Pour Jean-Paul Fournier, qui ouvrait son 25e et ultime rapport d’orientation budgétaire (ROB) en tant que maire, l’heure était au bilan. « Depuis un quart de siècle, notre cap a été maintenu », affirme-t-il, revendiquant une ville « transformée sans perdre son âme ». À ses côtés, l’adjoint aux finances, Frédéric Escojido, déroule un contexte économique tendu : inflation, hausse des taux, dotations stagnantes. « Le ROB est un exercice de transparence, le miroir de l’action menée », assure-t-il.

    La majorité met en avant une méthode : rigueur sur les charges, maîtrise de la masse salariale, investissement soutenu. Depuis 2020, 330 millions d’euros auraient été injectés dans la ville, et l’encours de dette poursuivrait sa baisse pour atteindre 174,5 millions d’euros fin 2025, avec un ratio de désendettement à 4,9 années. Pour 2026-2028, l’exécutif table sur une épargne nette en progression et 165 millions d’euros d’investissements possibles.

    Mais l’opposition ne partage pas l’optimisme. Pour Vincent Bouget (PCF), « certains voyants passent au rouge ». L’élu conteste le niveau réel de la dette, qu’il estime à 264 millions d’euros « si l’on inclut les budgets annexes du Cadereau et de l’Anru ». Il pointe aussi la baisse du fonds de roulement et une capacité d’autofinancement amputée : « Ce plan d’intervention n’est ni sincère ni financé. C’est un catalogue de Noël, démagogique et électoraliste. »

    Même tonalité chez Valérie Rouverand (Renaissance), qui souligne une ville « parmi les plus taxées » en France et une fracture territoriale croissante : « Les investissements se concentrent sur un centre élargi, au détriment des quartiers. » Évincé de la majorité et désormais candidat, Julien Plantier juge la situation « solide », mais davantage héritée d’une inertie que d’une vision. « Ce ROB est un document comptable, pas un projet pour la ville », tranche-t-il, regrettant l’absence de ligne directrice sur les grands équipements.

    Face aux attaques, le premier adjoint et candidat, Franck Proust, monte au créneau. « L’équilibre est un acte politique fort », martèle-t-il, rappelant que « plus de 50% des investissements sont financés par l’épargne brute ». Et de viser la gauche : « Le Département affiche plus de 13 années d’endettement. La peur va changer de camp. » Un débat tendu donc, prolongé par quelques couacs techniques et des échanges particulièrement vifs, notamment entre l’adjoint à la Culture, Daniel-Jean Valade, et Vincent Bouget, autour des investissements culturels. À quatre mois du scrutin, le ROB aura surtout servi de répétition générale aux candidats déjà lancés dans la bataille des municipales.