Category: politique

  • Mickaël Tedesco, porte-parole du PCF au sein d’Aubagne en commun

    Mickaël Tedesco, porte-parole du PCF au sein d’Aubagne en commun

    Depuis la défaite aux dernières élections municipales, la gauche a semble-t-il retenu la leçon », déclare Mickaël Tedesco, vendredi, dans le local du PCF, au 12, cours Beaumond

    « Unis, nous pouvons gagner. Aucun de nous, en agissant seul, nous mènera à la victoire. Ensemble, rassemblés, nous le pouvons », dit-il. À ses côtés, se tient Dylan Zeitoun, responsable fédéral de la vie du parti au PCF. C’est pourquoi, explique Mickaël Tedesco, le PCF s’inscrit « naturellement au sein de la liste Aubagne en commun. Une liste à parité, ouverte et populaire, qui réunit des militants, des citoyens, des élus, des progressistes ».

    Marié, père de deux enfants, ce jeune Aubagnais, qui a grandi et vit quartier des Passons, participe depuis plus d’un an à Aubagne en commun, la liste conduite par Jean-Pierre Squillari. Son rôle est aujourd’hui « de représenter le PCF, en qualité de porte-parole », au sein de la liste. « Je porterai les propositions des camarades de la section pour enrichir le programme. » Au sein d’Aubagne en commun, Mickaël Tedesco défend par exemple un cap clair : « Faire barrage à l’extrême droite, en toutes circonstances. » Mais aussi, ajoute-t-il, « assumer un front républicain au second tour, si la démocratie est menacée. On ne tergiverse pas face au danger que représente l’idéologie du Rassemblement national (RN). On ne joue pas avec la République, on la protège ».

    « Servir sa ville »

    Parmi les autres sujets qui tiennent à cœur à Mickaël Tedesco, et qu’il souhaite porter au sein de la liste, figure par exemple « la création d’une mutuelle communale ». Négociée par la Ville, une telle mutuelle peut « permettre à chaque habitant de faire de grosses économies », fait-il valoir. Autre thème qui lui est cher : « La lutte contre l’habitat indigne. Au sein d’Aubagne en commun, on y travaille », lance-t-il. « L’idée est de s’inspirer des bonnes idées des mairies communistes des villes de la même strate », intervient Dylan Zeitoun. Pour lui, « les élections municipales vont se jouer sur le logement et la sécurité ».

    Depuis l’exclusion de quatre membres de la section d’Aubagne et une suspension pour « propos antisémites » « des recours ont été déposés par les intéressés contre leur exclusion », indique Dylan Zeitoun celle-ci n’a plus de bureau. Ce dernier devrait être renouvelé « entre avril et juillet prochains ». La section PCF d’Aubagne compte environ 70 adhérents.

    Au PCF depuis 2012, Mickaël Tedesco, technicien en distribution automatique, a à son actif « un engagement associatif, aussi bien dans le domaine sportif que scolaire ». Entre 2020 et 2023, il était secrétaire de la cellule PCF Colette-Molina, au Charrel. « Si je m’engage aujourd’hui, ce n’est pas pour un poste, ni pour une carrière, ni par ambition politicienne. C’est par conviction, par loyauté envers ma ville. Pour la servir, et non se servir », dit-il.

  • La gauche embraye pour les municipales à Saint-Cyr

    La gauche embraye pour les municipales à Saint-Cyr

    Ce vendredi, la gauche (PCF et PS), l’Association Saint-Cyr citoyenne, écologique et sociale, ainsi qu’un groupe de citoyens ont annoncé leur candidature commune au sein de la liste « Saint-Cyr à gauche, vers une ville juste et solidaire », menée par Sylvie Vinceneux, responsable de la commission nationale logement du PCF. Comme d’autres colistiers, elle figurait sur la liste « Un nouvel élan pour Saint-Cyr », conduite en 2020 par Dominique Olivier (PS), élu municipal depuis 2015, qui fera partie de l’aventure en position non-éligible.

    Le logement en priorité

    « Seule femme tête de liste », Sylvie Vinceneux aura pour concurrents la liste de la majorité sortante conduite par Pierre Luciano (DVC), adjoint du maire Philippe Barthélémy (qui ne se représentera pas), le conseiller municipal d’opposition Yvan Maubé (DVD) et Philippe Serre (ex-PS devenu macroniste), tête de liste à gauche en 2014. Pas de liste RN en vue. Mais l’enjeu autour de ses électeurs, majoritaires lors des législatives de 2024, est primordial : « Beaucoup votent pour eux et cherchent des coupables. On s’adresse aussi à eux et on prouvera que le RN n’est pas la réponse », annonce Sylvie Vinceneux.

    Dans un « contexte de cadre budgétaire contraint qui aura des répercussions au local », la liste veut faire évoluer « une ville vieillissante et repliée sur elle-même, avec un manque de démocratie locale » où « 43% population a plus de 60 ans » et qui connaît « une baisse démographique depuis une dizaine d’années, ce qui peut avoir des effets néfastes ».

    Pour ce faire, le logement est une priorité : « 45% sont des résidences secondaires. Il y a beaucoup d’Airbnb et seulement 9% de logements sociaux alors que 70% des habitants y ont droit. Les prix ne permettent pas aux jeunes actifs de rester », détaille Sylvie Vinceneux, qui relève aussi « près de 6% de passoires thermiques ». À ce titre, le projet de constructions de logements sociaux dans le quartier Pradeaux-Gare ne doit cependant « pas exproprier une cinquantaine de familles. On proposera un contre-projet », annonce la tête de liste. Ainsi, « la solidarité » est mise en avant pour « venir en aide aux plus fragiles, dont les seniors », et lutter contre « un taux de pauvreté de 10%, avec 14% de familles monoparentales ».

    Parmi les autres sujets abordés, celui de l’écologie et de la justice sociale, avec une « préoccupation particulière pour l’agriculture, les plages et le littoral, notre bien commun », dans une ville qui devra « bâtir sans bétonner ». Dans cette logique, a aussi été abordée la question des mobilités, notamment celle de la nouvelle gare, sur laquelle « il paraît impossible de revenir en arrière quant à l’implantation », mais « qui doit répondre aux besoins en termes d’accès et de stationnement, permettre de fluidifier la circulation à Saint-Cyr et y être reliée par des transports en commun ».

    Enfin, des propositions sur des sujets communautaires (gestion de l’eau, des déchets…) seront mis au débat, avec la volonté « d’informer la population plutôt que de passer des projets en catimini », conclut Sylvie Vinceneux, qui invite « les Saint-Cyriennes et Cyriens partageant nos valeurs à nous rejoindre ».

  • L’habitat social s’invite à nouveau aux débats du conseil municipal de Toulon

    L’habitat social s’invite à nouveau aux débats du conseil municipal de Toulon

    Avant l’ouverture de la séance, la maire de Toulon, Josée Massi (SE), rend hommage à André Herrero, dont le décès venait d’être annoncé. Une légende du Port du Levant et du rugby français (lire en page 23). Un grand bonhomme de l’ovalie sélectionné 22 fois en équipe de France, dont le cœur battait résolument à gauche. « Mayol et son peuple rouge et noir », pleure », a-t-elle déclaré.

    Parmi les échanges de la matinée, la délibération portant sur l’approbation de la participation financière à la société d’HLM Le Logis familial varois a permis de rouvrir le débat sur le logement social. Une opération de construction de 16 logements locatifs sociaux (LSS), située rue Roger-Giraud, dans le quartier de Brunet.

    Dans le cadre du Contrat de mixité sociale (CMS), signé le 20 mars 2024, la Ville de Toulon souhaite accompagner financièrement les bailleurs sociaux dans la production de logements sociaux, afin d’atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée avec ses partenaires.

    Une participation financière qui vient réduire d’autant la contribution de solidarité (abusivement appelée pénalités) imposée aux mairie carencées en logements sociaux, tout en abondant les subventions publiques destinées aux maires bâtisseurs.

    « Nous approuvons cette orientation globalement et voterons favorablement », commence le conseiller municipal de Toulon en Commun, André De Ubeda (PCF), qui salue une « inflexion de la politique de la ville ».

    Opposition constructive

    L’élu d’opposition en profitant tout de même pour ajouter « des remarques qui se veulent constructives ». La principale concerne la proportion de logements sociaux dans ce projet, qui est de 30%. « Nous aurions souhaité une part plus importante, d’autant plus que les subventions viennent en déduction des pénalités de la loi SRU. C’est donc une opération très peu coûteuse », a-t-il souligné.

    L’occasion aussi de rappeler la gravité de la crise du logement dans le Port du Levant, et, plus largement, dans le département, dans lequel on compte 35 000 demandes de logements locatifs sociaux (LLS) non satisfaites. « Pourquoi ne pas demander aux bailleurs d’augmenter le pourcentage de LLS afin de rattraper le retard plus rapidement ? Au moins pour les futures opérations » , a-t-il interrogé.

    C’est l’adjoint à l’urbanisme, Mohamed Mahali, qui a répondu : « Nous n’avons pas envie de refaire les erreurs du passé, c’est-à-dire d’avoir de grands groupes avec les problématiques que nous avons constatées. Donc l’objectif clair de la Ville, aujourd’hui, est de faire de la mixité en tirant vers le haut. » Et d’insister sur le fait qu’il s’agit bien d’une orientation politique assumée. « C’est comme ça qu’on va pouvoir avancer, en faisant de petites opérations immobilières avec une petite partie de logements sociaux », ajoute-t-il. « C’est une politique de logements diffus, plutôt que des grandes cités », précise Josée Massi.

    André De Ubeda dit en convenir aisément, puisque « c’est le principe même de la mixité sociale ». Ce qui n’entre pas du tout en contradiction, explique-t-il, avec l’augmentation de 5 à 10 points du taux de logements sociaux que la gauche appelle de ses vœux pour combler le déficit. « On va déjà essayer d’atteindre 30% », lui réplique la maire de Toulon.

  • Dans le Gard, un nouvel appui pour les élus agressés

    Dans le Gard, un nouvel appui pour les élus agressés

    C’est une première dans le Gard. Lundi 29 septembre, l’Association des maires du département (AMF 30) et l’Association gardoise d’aide aux victimes d’infractions pénales (Agavip) ont officialisé une convention d’aide aux élus confrontés à des violences, menaces ou insultes. Un partenariat né d’un constat alarmant : entre 2022 et 2024, les agressions d’élus ont augmenté de 10%.« Les violences faites aux élus ne sont pas nouvelles, mais elles se banalisent », observe Michel Desplan, président de l’Agavip. « L’an dernier, 2 500 faits ont été recensés en France, dont les deux tiers concernaient des maires ou des membres de conseils municipaux. » Dans le Gard, le phénomène reste préoccupant. Début septembre, le maire de Sauve, Olivier Gaillard, a porté plainte après avoir été frappé à la tête sur un chantier municipal. D’autres élus rapportent des insultes, des dégradations de véhicules, des courriers de menaces. Autant d’actes qui, sans toujours faire la une, laissent des traces profondes sur les victimes et leur entourage.

    Cette convention vise donc à apporter une réponse concrète, humaine et immédiate. D’un côté, l’Agavip met à disposition son expertise juridique et psychologique. « Le but n’est pas de se substituer aux avocats, mais d’informer les élus sur leurs droits, de les aider à comprendre les procédures et de les soutenir dans leurs démarches », précise Michel Desplan. Une psychothérapeute de l’association interviendra également pour offrir un accompagnement émotionnel gratuit et confidentiel. Les élus concernés, ou leurs proches, pourront se rendre directement au siège nîmois de l’association, rue Raymond-Marc, ou être mis en relation via un numéro unique. Si la victime ne se manifeste pas, l’AMF 30 pourra alerter l’Agavip pour qu’un contact soit établi dans les plus brefs délais. « Il faut que les élus sachent qu’ils ne sont pas seuls », insiste Philippe Ribot, président de l’Association des maires du Gard et maire de Saint-Privat-des-Vieux. « Être insulté, menacé ou frappé alors qu’on donne de son temps pour l’intérêt général, c’est inacceptable.  »

    « Créer un réflexe »

    Ce dispositif s’adresse aussi aux familles, souvent atteintes indirectement par les violences. « Quand un conjoint ou un parent est agressé, c’est tout l’équilibre familial qui vacille », souligne Michel Desplan. En 2024 et 2025, cinq élus gardois ont été accompagnés par l’Agavip. « Cela ne veut pas dire qu’il n’y a eu que cinq victimes », précise-t-il. « Beaucoup ne se signalent pas, par peur ou par pudeur. » La convention prévoit également une dimension préventive. Une plaquette d’information sera diffusée dans les mairies et un stand commun Agavip-AMF 30 sera présent au prochain Salon des maires gardois, le 4 juin à Nîmes. « L’idée, c’est de créer un réflexe d’appel à l’aide », résume Philippe Ribot.

    Selon le dernier rapport du Centre d’analyse et de lutte contre les atteintes aux élus, publié en mai, les signalements ont légèrement baissé en 2025 après une forte hausse l’an passé. Reste que la tension demeure palpable, en particulier dans les petites communes où les élus sont plus exposés et moins protégés. « Ce qu’ils nous disent le plus souvent, c’est qu’ils ne comprennent pas, confie Michel Desplan. Ils sont là pour rendre service, souvent bénévolement, et découvrent qu’ils deviennent la cible de la haine de quelques-uns. » Une incompréhension que cette convention tente désormais de réparer, en réaffirmant la solidarité républicaine.

  • Vaucluse : Christophe Baudet veut redonner du Peps à gauche

    Vaucluse : Christophe Baudet veut redonner du Peps à gauche

    Depuis plusieurs mois, le collectif Peps (Participatif, écologique populaire et solidaire) s’attelait à préparer le terrain d’une liste de gauche à L’Isle-sur-la-Sorgue, pour les municipales (15 et 22 mars). Ce travail vient de connaître une première concrétisation, ce jeudi matin, avec la présentation de sa tête de liste, Christophe Baudet.

    Ce retraité de 71 ans au dense parcours professionnel (ouvrier, éducateur, cadre), néo-Islois, jamais encarté, mènera « en équipe une liste citoyenne ancrée à gauche », indique-t-il. Pour l’heure, pas encore de soutiens officiels de partis, mais ceux de LFI, PCF, EELV ou Génération.s devraient suivre. « On souhaite apporter une nouvelle respiration à la ville autour de trois axes majeurs : plus de démocratie, mettre l’écologie au cœur des projets et avoir un logement digne pour tous », synthétise la tête de liste. Le programme se bâtira dès les prochaines semaines.

    « Il ressort de tous les échanges qu’il y a un manque de lien entre la population et l’équipe municipale [du maire LR, Pierre Gonzalvez], estime Christophe Baudet. Nous susciterons l’avis des habitants lorsque des choix importants seront à prendre. » Sur le volet écologique, la priorité sera mise dans la « lutte contre les logements passoires » et le développement des « mobilités douces et végétalisations ». Enfin, sur le logement, dans une commune très touristique prisée de la location saisonnière, « il faudra renverser la donne, car les loyers sont prohibitifs et les gens n’arrivent plus à se loger ».

    Christophe Baudet veut aussi incarner « une liste en résistance contre l’extrême droite ». Le RN a apporté son soutien, comme en 2020, à Christian Montagard, élu sortant pourtant passé un temps chez Reconquête. Pierre Gonzalvez devrait se représenter pour un 4e mandat.

  • Fabien Roussel en meeting dimanche 23 novembre à Marseille

    Fabien Roussel en meeting dimanche 23 novembre à Marseille

    L’occasion pour le communiste de mobiliser autour des propositions de son parti pour sortir de la crise politique et empêcher la validation d’un budget d’austérité en lien avec le mouvement social. Le PCF avance notamment un « pacte pour la France » avec un plan d’investissement de 500 milliards d’euros sur 5 ans.

  • Le Mucem défend ses liens avec Digital Realty

    Le Mucem défend ses liens avec Digital Realty

    Mis en cause depuis plusieurs mois pour son partenariat avec Digital Realty, le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée a finalement réagi sur son site. « L’absence de rigueur dans les accusations portées jette injustement le discrédit sur l’exigence éthique de notre programmation », se défend le Mucem. Dans une pétition lancée le 30 septembre, 16 artistes et chercheurs mettent en exergue les liens du géant des centres de données avec la société israélienne Mivne ainsi que son impact environnemental. Et appellent donc à rompre les liens avec « une entreprise toxique et complice de la colonisation des territoires palestiniens ».

    « En tant qu’administration de l’État, nous n’avons aucune raison de casser ce partenariat, explique le responsable du mécénat au Mucem, Ariel Kenig. Rien ne contrevient ni au droit, ni aux conventions qui nous lient à ce mécène. » Et de déplorer « cette situation qui ne rend pas justice ni à notre programmation, ni à notre mission ». Face à la mobilisation, raconte-t-il, le Mucem a tenu à rester ouvert au débat, et un échange a été organisé début septembre avec les collectifs mobilisés. L’occasion de rappeler que le projet de data center de Digital Realty à Tel Aviv n’est qu’au stade du permis, avec une participation de 25% dans une coentreprise, sans transfert d’argent donc vers Mivne. S’il avait été situé dans les territoires occupés, « nous aurions cassé le partenariat dans la seconde », assure Ariel Kenig. Quant à l’impact environnemental, « nous suivons la charte de mécénat du ministère de la Culture », glisse-t-il. Et d’indiquer que si Digital Realty est l’un des trois premiers mécènes du Mucem, les 37 entreprises partenaires ont apporté 1,5 million d’euros en 2024, sur 26 millions d’euros de recettes.

  • La laïcité crucifiée au château de la Buzine à Marseille

    La laïcité crucifiée au château de la Buzine à Marseille

    L’administration municipale n’a découvert que par hasard la programmation du film par la direction du château de la Buzine. Mercredi soir, ce n’est qu’une heure avant l’horaire prévu que la projection de Sacré cœur a été annulée par la Ville de Marseille. Financé par les médias propriété du milliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré, le documentaire consacré aux apparitions du Christ contrevenait au principe de laïcité.

    « Les services de la Ville sont strictement tenus d’appliquer la loi de 1905 : un équipement public ne peut accueillir des projections qui, par leur caractère ou leur contenu, soient de nature confessionnelle », indique par communiqué la municipalité, rappelant que la SNCF et la RATP ont pris des décisions similaires concernant l’affichage.

    Le diocèse de son côté « rappelle que le film reste à l’affiche du Pathé Madeleine chaque jour ». De quoi répondre aux propos du réalisateur Steven James Gunnel, qui appelait les Marseillais « à se révolter » après qu’« Edouard Payan [sic] a interdit la projection du film dans la ville ». Peu importe la loi de 1905, droite et extrême droite à l’unisson ont crié à la censure. « Interdire au nom d’une laïcité dévoyée, c’est renier notre histoire », estime ainsi la candidate de la droite Martine Vassal. « Il faut arrêter de faire passer des films politiques d’extrême droite soutenus par les galaxies Stérin et Bolloré pour des œuvres d’art neutres », réagit le président du PRG dans les Bouches-du-Rhône, Hugo Roche Poggi.

  • [Municipales] L’union de la gauche implose à Bagnols-sur-Cèze

    [Municipales] L’union de la gauche implose à Bagnols-sur-Cèze

    Les discussions ont accouché d’une souris. Tout l’été, les organisations politiques et certains responsables associatifs se sont vus pour tenter d’obtenir une liste commune à gauche. Mais comme aucun compromis n’a été trouvé, chacun avance désormais dans son coin.

    Le premier à avoir dégainé, c’est Michel Cegielski. Dans la majorité depuis 2008 après avoir occupé plusieurs postes à la sécurité, aux sports, aux finances et enfin à la culture, l’ex adjoint a perdu sa délégation en juin dernier après avoir refusé de voter le budget. Le 22 septembre, il a donc annoncé sa démission du conseil municipal et son entrée en campagne pour les prochaines élections, où il assure qu’il sera tête de liste.

    Membre depuis 1995 du Parti radical de gauche qu’il vient de quitter, il n’est pas parvenu à rassembler la gauche, lui qui est jugé trop proche du maire sortant. L’ancien insoumis qui a rejoint le parti de François Ruffin et seul opposant de gauche au sein du conseil municipal, Jérôme Jackel, a aussi officialisé sa candidature le 16 octobre. Il assure avoir les 33 noms prêts pour sa liste mais laisse tout de même la porte ouverte aux forces de gauche. « Nous étions pour l’union. Au départ, je me suis relégué pour éviter la guerre des ego mais les partis de gauche n’ont pas réussi à s’accorder sur la tête de liste donc j’ai décidé de me lancer parce qu’à moins de six mois de l’élection, il fallait y aller », explique Jackel qui, après avoir distribué des cahiers de doléances cet été, veut axer sa campagne sur « la sécurité, la mobilité, le cadre de vie, l’économie et la jeunesse ».

    Que vont faire les socialistes ?

    Mais les socialistes et les communistes jugent le profil de Jackel pas suffisamment rassembleur. Une troisième liste est donc en préparation derrière une figure associative bien connue de la troisième ville du Gard. La section communiste y travaille mais la récente fusion des sections socialistes de Bagnols-sur-Cèze pourrait rebattre les cartes. En effet, si la majorité des militants locaux souhaitent l’union, ils n’ont pas encore choisi leur tête de liste. Si certains veulent s’allier avec les communistes derrière cette figure associative, d’autres penchent pour un soutien à Cegielski.

    Il se murmure aussi que Carole Delga pousserait pour un accord avec le maire sortant, Jean-Yves Chapelet, pas encore officiellement dans la course mais dont la candidature ne fait que peu de doute. Face à la menace très prégnante de l’extrême droite (qui connaît aussi des turbulences en interne), la présidente de la Région serait favorable à une alliance dès le premier tour avec le maire sortant, qui est pourtant fragilisé après le scandale de l’imam Mahjoub Mahjoubi et la prolifération du narcotrafic.

    Si les socialistes ne décident pas à eux seuls du résultat de l’élection, ils ont entre leurs mains la possibilité d’insuffler une réelle dynamique pour un candidat. Un coup de pouce non négligeable car tous espèrent finir en tête du camp républicain au 1er tour pour être en capacité de rassembler au second tour face au RN.

  • La Région Occitanie en lutte contre le racisme et l’antisémitisme

    La Région Occitanie en lutte contre le racisme et l’antisémitisme

    En 2015, la France est frappée par une série d’attentats qui plongent le pays en deuil. « Dans les mois qui suivent, on se rend compte que l’antisémitisme émerge de manière spectaculaire dans notre société, tout comme le racisme. Parce que l’antisémitisme, c’est une parole qui se libère, ce sont des agressions. Et parallèlement, on a une montée aussi du racisme, certains considérants que tous les Arabes sont musulmans et que tous les musulmans sont islamistes et fanatiques. Et ils finissent par amalgamer toute la population musulmane », soupire Hussein Bourgi, sénateur PS de l’Hérault et conseiller régional.

    Pour faire reculer ces actes, la Région Occitanie s’est lancée dans une série de consultations destinées à faire émerger un plan d’actions. Pendant un an et demi, les conseillers Hussein Bourgi et Marie Piqué ont mené des auditions auprès d’associatifs, de représentants de la justice, de l’Éducation nationale, etc. Ainsi, en 2020, était présenté un plan de lutte contre l’antisémitisme et le racisme, courant jusqu’en 2024 et se déclinant autour de trois objectifs : la déconstruction des préjugés en éduquant à l’antiracisme et l’antisémitisme ; la transmission de l’Histoire et de la mémoire – notamment via le mémorial de Rivesaltes ou encore la visite des camps d’Auschwitz, plus de 1 000 lycéens emmenés depuis 2019. Enfin, la collectivité dirigée par la socialiste Carole Delga soutient les initiatives des associations. « Par exemple, la Ligue de l’enseignement réalise depuis plusieurs années un DVD “Discrimétrage” avec des lycéens qui vont écrire un scénario puis le réaliser. La Région va accompagner financièrement le tournage, le montage. Il nous a semblé intéressant de parler de la question de l’intolérance et des discriminations, non pas à travers un propos très académique, une parole qui peut parfois apparaître comme moralisatrice, mais plutôt d’utiliser leurs mots, leur vécu », illustre Hussein Bourgi.

    Accompagner les victimes

    Pour ce faire, la Région a mobilisé pas moins de 11,8 millions d’euros qui ont bénéficié à 3,5 millions de personnes. Fière de son engagement, la collectivité ambitionne de lancer un second acte de ce plan pour la période 2025-2029. Une des premières actions devrait être l’hommage rendu aux Justes parmi les Nations avec le dévoilement de plaques commémoratives – Montagnac étant la première commune héraultaise à le faire, le 11 novembre prochain.

    « Aujourd’hui on réactualise, parce que le racisme, l’antisémitisme, ça bouge. L’antisémitisme et le racisme flambent sur les réseaux sociaux, sur des sites et des forums de certains médias et donc nous voulons vraiment sensibiliser les médias à la nécessité de modérer, tout comme les Gafam », fait valoir le sénateur. Cette seconde phase priorisera donc les réseaux sociaux, mais également un meilleur accompagnement des victimes et la création d’espaces de résistance, de lutte.

    Un combat crucial à l’heure où l’extrême droite dédiabolisée infuse dans toutes les strates de la société pour véhiculer son discours raciste et antisémite. « Les époques changent mais l’idéologie de l’extrême droite, elle, reste la même. »

    « Les époques changent mais l’idéologie reste la même. »