Category: politique

  • [Rue de la République] Préfet Jacques Witkowski : « 28 millions d’euros d’avoirs criminels ont été saisis »

    [Rue de la République] Préfet Jacques Witkowski : « 28 millions d’euros d’avoirs criminels ont été saisis »

    Le narcotrafic

    Didier Gesualdi : Le narcotrafic empoisonne le quotidien de nombreux Marseillais. Que faut-il retenir de la visite présidentielle à ce sujet ? La hausse de l’amende aux consommateurs ?

    C’est une mission importante qui m’a été confiée. Je conteste l’expression « empoisonne le quotidien », on est très au-delà de cela. Ce n’est pas une gêne. Quand j’ai pris mes fonctions, j’en ai bien pris la mesure. Ce n’est pas l’affaire que de la police nationale, des gendarmes, des douaniers, des magistrats… C’est l’affaire de tous les citoyens de pouvoir reconquérir le terrain pour vivre normalement. Nous sommes dans une continuité des stratégies d’action pour tirer parti des expériences acquises et aller vers une performance meilleure. La stratégie passe par une occupation déterminée et têtue du terrain. Je sais qu’on peut me dire « ils sont venus, pendant trois heures c’était bien et puis cinq heures après, ça recommence ». On va recommencer aussi. Autant de fois que nécessaire. On m’a montré une « publicité » de trafiquant qui disait « venez comme vous êtes ». J’ajoute : « Venez comme vous êtes, on va vous conduire au commissariat. » On va continuer à pilonner. Sachez qu’à Marseille tous les jours c’est entre 250 à 350 policiers qui pilonnent les points de deal. Nous sommes dans une course. De temps en temps on fait des accélérations et on aura quelques surprises dans notre besace. Il m’est insupportable de constater que dans certains quartiers, pour rentrer chez vous, vous passez un contrôle de gens qui ne sont pas en uniforme et qu’il y a des chicanes. C’est insupportable. Nous prendrons le temps qu’il faut pour en finir. Uniquement sur la zone police, je ne prends ni les douanes ni les gendarmes, c’est plus de 28 millions d’euros d’avoirs criminels qui ont été saisis. C’est plus d’une quinzaine de commerces fermés, ce sont de nombreuses suites judiciaires. Sur le plan des saisies. Nous avons largement dépassé 650 kg de cocaïne, à 55 euros le gramme en moyenne, vous voyez la somme que cela représente !

    Léo Purguette : C’est un reflet de l’énormité du phénomène dans notre territoire. Cette hausse d’amende n’est-elle pas un peu dérisoire ? Ne fait-elle pas évoluer le trafic vers de la livraison type « uber shit » ?

    Il faut aussi que nous prenions en compte l’environnement de tout cela : la pauvreté, l’habitat, le travail, la santé… Il faut de la prévention. Le président de la République a été parfaitement clair. S’il y a une offre, c’est bien qu’il y a une demande. Sur les saisies on est sur des dizaines, des centaines de millions de doses. Ça donne le tournis. Il y a certes des trafiquants mais toute une série de personnes qui alimentent le trafic par leur consommation. Quand l’éducation, la prévention ne suffisent pas, la peur du gendarme doit jouer son rôle.

    L’abandon des quartiers populaires

    Didier Gesualdi : Un travail colossal est à faire dans les quartiers, il passe aussi par la réimplantation du service public.

    Bien sûr que je l’entends. Je vais sur le terrain de manière visible mais aussi discrète pour me rendre compte de la situation sans avoir de filtres devant les yeux. J’ai servi sur d’autres territoires très complexes. Il m’est insupportable de voir des territoires dégradés dans lesquels le sentiment d’abandon perdure. Quand vous vous sentez abandonnés à 1 km du centre-ville, il faut un travail de police mais aussi de toutes les politiques publiques, de toutes les collectivités qui nous accompagnent.

    Léo Purguette : Sur les Maisons France services, une des alternatives poussée par l’État pour contrer la désertification des services publics, à Marseille certaines sont menacées parce que la Métropole s’en désengage. L’État va-t-il compenser ?

    C’est un dossier dans lequel je ne suis pas complètement rentré puisque je ne suis là que depuis trois semaines mais j’en ai entendu parler. Les Maisons France services sont une vraie réussite de reconquête du service public. Ces vingt dernières années, il a beaucoup reculé notamment en ruralité mais aussi dans les centres urbains. Après la crise des Gilets jaunes, l’idée de reconquérir du service public dans une forme de guichet unique est un axe particulièrement important. Les Maisons France services n’étaient pas faites pour le milieu urbain, mais elles y ont démontré leur hyper-pertinence. Donc il faut les maintenir, parfois les enrichir.

    Le logement social

    Didier Gesualdi : La production de logements connaît une crise. Que dites-vous aux communes qui ne jouent pas le jeu ?

    D’abord, sur la production, on a sur la totalité de la France depuis 4 à 5 ans, un ralentissement. Pour y répondre, nous avons plusieurs programmes qui sont en place. Sur la totalité de la région, cette année, nous avons dépensé 350 millions d’euros. C’est quand même une somme plus que rondelette. C’est nécessaire de le dire pour les habitants qui ont l’impression que rien ne bouge. Pour reprendre la formule d’Audiard, « La justice, c’est comme la Sainte-Vierge, si on ne la voit pas de temps en temps, le doute s’installe ». En 2025, à Marseille et sur le territoire de la Métropole il y a une reprise, puisque l’objectif était de faire 3 000 logements, on va en faire 4 000. Bien sûr la demande reste très forte. L’année 2026, verra le programme Anru qui fait 800 millions pour le département dont 650 pour Marseille, la réhabilitation des copropriétés dégradées… Ensuite, les maires. La loi SRU déjà fort ancienne prévoit qu’on doit respecter 25% de logements sociaux à défaut de quoi il faut s’acquitter de sommes importantes réaffectées par l’État aux politiques du logement. C’est un choix local de certains maires.

    Léo Purguette : N’y a-t-il pas pour le représentant de l’État, quelque chose de moralement perturbant à voir des élus faire campagne en promettant d’enfreindre la loi ?

    Moralement perturbant, non. La loi existe et continuera de s’appliquer. Les élus sont élus démocratiquement, cela veut dire qu’une majorité des citoyens s’est portée sur eux. Il n’empêche que nous appliquerons la loi. Dans certains cas, on peut aller jusqu’au retrait du droit d’attribuer les permis de construire mais c’est un constat d’échec. La mixité sociale on peut en parler, elle ne se décrète pas, parce qu’après il faut la vivre.

    La crise agricole

    Léo Purguette : Qu’avez-vous à dire aux éleveurs de notre région, très inquiets, du fait de l’épizootie de dermatose nodulaire bovine mais pas seulement ?

    J’étais en réunion avec le ministre de l’Intérieur à ce sujet quelques dizaines de minutes avant de vous recevoir. Le gouvernement entend bien qu’il y a différents sujets d’inquiétudes. L’agriculture connaît une situation complexe, de concurrence, avec des normes qui s’accumulent. J’ai demandé qu’on puisse discuter avec les éleveurs de Camargue et qu’on puisse les intégrer assez rapidement à une vaccination globale de manière à préserver la race. Pour le coup, il y a peu d’individus. Ce ne sont pas des bêtes qu’on vend pour faire de la boucherie ou du lait. La race est très spécifique, il faut que l’on puisse la protéger. La vaccination devrait arriver d’abord dans l’Hérault et suivre dans la foulée en Camargue.

    La décarbonation de l’industrie

    Léo Purguette : Vous avez rendu votre avis sur la ligne Très haute tension qui vise la décarbonation de l’industrie dans le golfe de Fos. Pourquoi l’entreprise RTE doit-elle revoir sa copie ?

    C’est un sujet qui a fait l’objet d’une action novatrice de la commission nationale du débat public, cet organisme garant de l’honnêteté – au sens du XVIIe siècle – et de la pertinence du débat public. Le travail rendu est absolument complet, on comprend bien les enjeux pour le territoire mais aussi les risques et les facteurs de blocages éventuels. Tout cela, nous amène à demander au porteur de projet qui est l’opérateur de transport d’énergie RTE, de construire un dossier qui tienne compte de tous ces éléments, de façon à s’approcher du consensus même si on n’y arrive jamais tout à fait. RTE doit améliorer son dossier de façon à ce qu’on puisse approcher du bonheur.

    Léo Purguette : Améliorer ça veut dire quoi ? Des sections du tracé souterraines ?

    Contrairement à ce que j’ai pu entendre dire, on n’a pas pris le parti d’une forme de projet. Lorsque vous lisez les arguments d’un certain nombre d’adversaires du projet, je comprends qu’on se pose des questions de paysage, on habite tous quelque part, ou de santé, d’impact environnemental… il faut pouvoir y répondre. Le choix porté par l’opérateur un peu à la façon de la barbe du capitaine Haddock « dessus-dessous » doit pouvoir être très justifié afin de savoir pourquoi on écarte et pourquoi on retient.

    Didier Gesualdi : Si on synthétise, il faut arriver à concilier le gisement d’emplois, avec la décarbonation, la santé des populations et l’environnement ?

    Je rappelle que la zone de Fos-Berre, à elle seule, représente 25% des émissions françaises de CO2 donc l’enjeu est considérable. Ensuite, c’est 42 000 emplois avec des perspectives de développement. Effectivement, une fois que l’on a dit ça, une ligne Très haute tension de 400 000 volts, ce n’est pas anodin dans un paysage. Évidemment, il faut tenir compte de l’ensemble des éléments mis en évidence dans le travail de qualité de la commission nationale du débat public. Il n’est donc pas possible pour le moment d’engager la déclaration d’utilité publique. L’opérateur RTE doit améliorer son dossier en incluant toutes les remarques qui lui ont été faites.

    Marseille en grand

    Léo Purguette : Le plan Marseille en grand fait polémique dans la campagne municipale notamment sur les écoles. Quels sont vos chiffres ?

    Marseille en grand est critiqué mais c’est normal. Il y a toujours sur le territoire, une attente. J’arrive au moment où le bébé est accouché et je fais le rôle du pédiatre qui est quand même beaucoup plus simple que celui de l’obstétricien. Si ce plan n’avait pas été conçu – 5 milliards d’euros excusez-moi du peu – nous serions tous restés au point ante. Donc on peut entendre toutes les critiques mais ce qui a été engagé est en route. Trois chiffres : parmi les 200 actions réparties sur 7 thématiques, 87%ont été réalisées ou commencées. Sur la totalité des 5 milliards d’euros, à l’arrivée du président de la République mardi, nous en étions à 61% d’exécution de crédits. Ça fait du bruit quand même, financièrement parlant. Et depuis, à l’heure ou nous nous parlons, nous avons encore engagé une douzaine de millions de plus, sur les transports. Sur les écoles, tout dépend ce que l’on regarde. Il y a 15 écoles livrées, 44 qui sont débutées et des phases 3 et 4 qui arrivent.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Grégoire :

    Bonjour M. le préfet. Il y a dans notre région une cascade de condamnations d’élus. Comment l’État agit pour prévenir les risques de prévarication ?

    Ça ne doit pas exister puisque c’est interdit par la loi. Il y a des textes qui encadrent les marchés publics. Il y a des textes de procédure, mais aussi des textes de déontologie. Il est nécessaire de les respecter. Ensuite, sortir d’un texte de loi ce n’est pas forcément toucher de l’argent, ce peut être bénéficier d’un avantage auquel on n’a pas droit, obtenir ou donner un passe-droit. Il ne faut pas minimiser, c’est comme sur la route, on va vous dire « j’ai été flashé à 91 km/h et la limite c’est 90, ce n’est pas grand-chose ». Sauf que si vous portez la limite à 100 km/h, vous aurez le même discours pour ceux qui sont flashés à 102. Donc premier élément : respecter les règles. Deuxième élément : faire en sorte que les règles soient connues. J’ai vu certains élus se trouver involontairement dans une situation de prise illégale d’intérêts parce que la loi est complexe. Le fait, par exemple, d’assister au vote d’une délibération dans laquelle vous avez intérêt peut arriver de bonne foi pour les grands élus qui ont de multiples responsabilités et qui ne font pas attention à une incompatibilité lors d’un vote. Troisième élément : l’exemplarité. Quand on est élu ou responsable public, il faut l’avoir en tête. On a aujourd’hui une remise en cause des élites qui montre le besoin de figures d’exemplarité qui donnent un cap. La faute d’un seul peut vite rejaillir sur tous. L’État est là pour faire respecter les règles. Tout simplement.

    La République c’est quoi ?

    Préfet Jacques Witkowski : « La République c’est ce qui nous unit au sein de la Nation. C’est l’ensemble de nos valeurs qui nous réunit au-delà de notre couleur de peau ou de nos convictions politiques. C’est l’ADN de la France. Être Français, ce n’est pas simplement être de quelque part. La République, c’est ce qui juridiquement, en notion et en vie courante, nous raccroche à tous. C’est un grand tout fait de petits détails. »

  • La majorité fait adopter un budget très controversé à Aubagne

    La majorité fait adopter un budget très controversé à Aubagne

    « La Chambre régionale des comptes a confirmé que notre collectivité est exemplaire. Nos choix de gestion ont été reconnus. Il aura fallu deux mandatures pour relever Aubagne. Nous l’avons faite entrer dans le XXIe siècle. Les Aubagnais sont fiers de leur ville », se félicite l’adjointe aux finance,s Danielle Menet jeudi soir, salle du Bras d’Or.

    Elle vient de détailler le budget primitif 2026. Fixé à plus de 112 millions d’euros, il se compose de plus de 86 millions en fonctionnement (dont les dépenses de personnel, avec 47 M, représentent 61%) et plus de 26 M d’investissement. Ce budget, indique-t-elle, s’appuie « sur la stabilité des taux d’imposition, inchangés pour la 12e année consécutive », « et un niveau d’investissement élevé ». L’adjointe précise « qu’une part importante » de ce dernier – soit plus de 7 millions d’euros – seront consacrés au pôle éducatif des Passons. Sa construction, qui a débuté fin 2024, doit être achevée à la fin de l’été 2026, pour une ouverture prévue pour la rentrée scolaire, en septembre. « La création de la nouvelle voie desservant le parvis de l’équipement sera programmée au printemps 2026 », a-t-elle déclaré. Dans les écoles, la Ville programme, pour l’an prochain, l’installation de brasseurs d’air ou climatiseurs. Engagée depuis 2016 dans la rénovation énergétique de son réseau d’éclairage public afin d’économiser 75% de consommation annuelle, la Ville traitera « 8 000 nouveaux points lumineux en 2026 ».

    18 millions à rembourser

    Danielle Menet a assuré tenir bien serrés les cordons de la bourse, avec « la maîtrise des dépenses de fonctionnement », et « la poursuite de la trajectoire de désendettement engagée en 2024 », même si l’annuité (capital et intérêts) de la dette s’élèvera à 18 M en 2026. « Il ne s’agit pas d’une dette, mais d’un surendettement », a rugi Joëlle Mélin (RN). « Nous découvrirons les chiffres quand nous serons à la mairie le 22 mars », a-t-elle rêvé tout haut…

    Juste avant, après avoir estimé ce budget « fictionnel, car la Ville ne connaît pas l’impact réel du budget de l’État sur les collectivités locales », Jean-Pierre Squillari, conseiller municipal (RGE) et tête de liste de Aubagne en commun a lancé : « le 29 mars prochain, quel que soit le verdict des urnes, le travail sera à reprendre de fond en comble ». Ce à quoi a réagi le maire (LR) Gérard Gazay : « Il va y avoir embouteillage, le 22 mars… » En ce dernier conseil municipal de la mandature, chacun était bien déjà en campagne. Jean-Pierre Squillari a profité de son intervention sur le budget pour évoquer largement son programme. Candidat à sa réélection, Gérard Gazay a rétorqué : « C’est facile de dénigrer comme vous le faites. Vous ne rentrez pas dans le budget, cela montre votre incompétence. Vous faites de la mauvaise littérature. Les Aubagnais sauront apprécier le travail qui a été fait. »

  • Toulon vote un budget pour maintenir un cap « responsable »

    Toulon vote un budget pour maintenir un cap « responsable »

    « Je ne vous cache pas que c’est pour moi un moment important, un moment porteur de sens, car voter un budget, c’est forcément projeter la collectivité dans l’avenir, même si, ici, dans cette assemblée, aucun de nous ignore les échéances à venir », commence la maire sans étiquette de Toulon Josée Massi, en rappelant le contexte national de grande imprévisibilité dans lequel il a dû être élaboré. Et sous le poids des contraintes qui pèsent sur les collectivités locales. « Cela ne nous a pas empêchés de nous atteler à la tâche avec sérieux et responsabilité », ajoute-t-elle. Avec un budget qui « s’inscrit dans une continuité ».

    C’est-à-dire qu’il respecte les même impératifs suivis depuis 2001, date de la prise de la ville au Front national par Hubert Falco (DVD). À savoir, pas d’augmentation d’impôt, « une dette maîtrisée et un équilibre raisonné entre épargne et emprunt pour financer [les] investissements ».

    La première magistrate a mis ensuite en avant les priorités dont ce budget se veut le reflet. Avec en tout premier lieu l’éducation et la jeunesse. Mais aussi la culture, et la poursuite de la renaissance du centre-ville. Sans compter les subventions aux associations qui augmentent de 8,7% en 2026. Et de conclure : « Ce budget montre que la Ville de Toulon avance, investit, protège et prépare son avenir. »

    La conseillère municipale d’opposition Cécile Muschotti (Union des écologistes centristes) considère que « cette stabilité a du sens », mais elle regrette « une forme de retenue, une prudence, qui laisse un peu de place à l’expression d’un souffle nouveau pour la ville ».

    La dernière séance

    « Les gouvernements Macron pratiquent un double standard : opulence pour les uns et austérité pour les autres avec l’étranglement des collectivités territoriales », commence le conseiller municipal de Toulon en Commun André De Ubeda (PCF). Une situation, déclare-t-il, qui conduit à des difficultés encore plus importantes pour la municipalité.

    Et de prendre pour cible le député Yannick Chenevard (Ensemble) adjoint de cette majorité. « Comment faire semblant de regretter à Toulon ce que vous votez à Paris ? », interroge l’élu.

    L’extrême droite en prend également pour son grade, en rappelant que « quand Bayrou demandait 40 milliards d’économie le RN en demandait 100 ! ».

    Toulon en Commun reconnaît l’inflexion positive donnée par Josée Massi depuis presque trois ans, mais la juge encore « malheureusement insuffisante pour répondre aux besoins des Toulonnais ».

    Pour André De Ubeda, « les investissements augmentent mais trop tard et l’endettement légitime mais tardif va creuser la dette ». Et de conclure : « Nous restons sur notre position : la dette n’est pas une mauvaise chose si elle permet des investissements vertueux et susceptibles de procurer des économies et des revenus supplémentaires. Mais quel dommage de ne pas l’avoir fait avant lorsque les taux d’intérêt étaient moins élevés. »

    Josée Massi, répondra que c’est un budget de responsabilité, de solidarité et d’ambition. « Car seule une gestion saine permet d’agir et d’investir », conclut-elle. Une séance riche et apaisée pour un bel exercice de démocratie communale.

    En bref

    André Herrero, « Le Grand »

    Le 23 octobre 2025 disparaissait le rugbyman André Herrero qui a marqué de son empreinte la grande Histoire du rugby français et toulonnais.

    Surnommé « Le Grand », véritable légende du Rugby Club Toulonnais, André Herrero est reconnu pour son courage et sa combativité.

    Le Conseil municipal lui rend hommage en donnant son nom au parvis du stade Mayol.

    Médiathèque François Trucy

    Dans le cadre du projet de création d’une médiathèque et d’un jardin au cœur du quartier de Saint-Jean-du-Var, rue Marnata, la Ville de Toulon souhaite rendre hommage à l’ancien sénateur-maire François Trucy, disparu le 25 mars 2025.

    Celle-ci portera donc son nom.

    La gauche a rappelé qu’elle avait demandé qu’elle soit appelée Aragon, né à Toulon. Mais poursuit : « Nous avons du respect pour M. Trucy notamment parce que c’est le seul maire qui n’a pas été condamné avec vous madame le maire en 66 ans de mandature de la droite et de l’extrême droite. »

    Yannick Chenevard s’improvise chef de file

    La situation est assez cocasse pour être relatée. Nous avons plutôt l’habitude en d’entendre l’opposition se positionner sur le budget, un peu moins un adjoint de la majorité. Le député Yannick Chenevard a en effet pris la parole pour dire « Nous voterons ce budget ». Est-ce à dire qu’un traquenard avait un été un temps envisagé pour embarrasser la maire sortante ?

    Les adieux émouvants de Léopold Trouillas

    Le conseiller municipal de la majorité a fait en guise d’au revoir un plaidoyer pour la culture qui « arme nos cerveaux ». Et a conclut en citant Christian Bobin : « C’est en se quittant qu’on se dit tout. »

  • Le bus à haut niveau de service jusqu’à la Duranne en débat

    Le bus à haut niveau de service jusqu’à la Duranne en débat

    Le dossier était attendu de pied ferme, mais ses modalités restaient des nébuleuses. Après une approbation en conseil métropolitain le 15 décembre dernier, c’est au tour du conseil municipal aixois d’approuver, ce vendredi 19 décembre un programme de travaux qui permettrait, à terme, d’installer une ligne de bus haut niveau de service (BHNS) depuis la gare routière de la capitale de Provence placée en centre-ville, vers le pôle d’activités économiques (PAAP) de la Duranne. La ligne permettra également de desservir le quartier des Milles et la zone de la Pioline, de la Constance (sud), en longeant le Pôle d’échanges multimodal et le Plan d’Aillane. Il aura néanmoins fallu patienter près de deux décennies pour que les premières signatures autour du projet ne soient couchées sur le papier : en juillet, Martine Vassal, présidente (DVD) de la Métropole et François Rebsamen, ministre de l’Aménagement du territoire, signaient enfin cette mise en service. « Il y a ceux qui parlent, et ceux qui font. Le maire d’Aix en Provence fait », félicitait, en amont des présentations, Eric Chevalier, premier adjoint de Sophie Joissains, maire UDI de la commune.

    Les travaux s’annoncent d’ampleur sur cette ligne dont une longue présentation, en amont des débats, en a décrit la disposition : 18 kilomètres de distance au total, 28 stations desservies pour un fonctionnement continu du lundi au samedi. Coût total du programme : 153 millions d’euros hors taxe. « L’insistance que nous avons mise sur ce dossier depuis plusieurs années vous pousse à trouver des solutions très électorales », ironisait de son côté Cyril Di Méo, élu d’opposition dans le groupe mené à gauche par Marc Pena (PS), candidat au fauteuil de maire.

    « Le projet est perfectible »

    « La physionomie du projet a massivement changé. Les scénarios évoqués, il y a un an et demi deux ans, étaient sur des budgets au maximum de 80 millions d’euros. Là, on est passés à des travaux à bientôt 200 millions. Les tracés aussi sont complètement modifiés », poursuit l’élu, qui estime que le tracé desservira mal le cœur de la Constance. Même remarque chez Anne-Laurence Petel (Aix-au-Coeur) qui rappelle : « L’exigence pour valider le dossier de la Constance était d’avoir un réseau de transport pertinent. Le BHNS ne passe plus par la Constance ! » « J’ai soutenu et lundi dernier voté très favorablement pour ce projet, qui a des conséquences écologiques (…) j’espère que sa mise en place soit facile, j’ai peur que 2030 soit une date un peu trop optimiste », pointait de son côté Philippe Klein, chef de file du groupe d’opposition Aix Autrement. Marc Pena lui, ajoute une couche sur le sujet : « Quelle que soit la municipalité qui viendra au printemps prochain, elle aura pour objectif de travailler encore plus le projet avec la Métropole et faire en sorte que ce projet soit un projet qui réponde aux besoins. Là, pour l’instant, on est à mi-chemin. Je suis inquiet des sommes envisagées. Et il se dit partout que la mise en service effective sera 2035. » « La commune est allée chercher la solution financière auprès de l’Europe. C’est pour ça que ce projet s’est débloqué, et ça va aller très vite », rétorque Jean-François Dubost, adjoint à l’économie. « Le projet sera perfectible, et développé », tranche Christophe Chenaud, directeur général adjoint urbanisme.

  • Barles et LFI ont lancé leur campagne dans les 1er et 7e arrondissements de Marseille

    Barles et LFI ont lancé leur campagne dans les 1er et 7e arrondissements de Marseille

    Souffrant, Sébastien Delogu n’était pas là. Mais le portrait du député-candidat LFI à la mairie de Marseille trônait partout, vendredi, pour le lancement de campagne de la liste insoumise dans le 1er secteur où Sébastien Barles (Vaï) sera la tête de liste. à ses côtés, le député Manuel Bompard et Charlotte Deweerdt, la cheffe de la France insoumise sur ces 1er et 7e arrondissements.

    Suppléante d’Allan Popelard, candidat LFI du NFP lors des législatives de 2024 sur la 5e circonscription remportée par Hendrik Davi, le député sortant purgé de la France insoumise, la jeune femme est médiatrice culturelle, programmatrice, notamment sur le festival Aflam consacré au cinéma arabe, et historienne. Elle a travaillé sur le volet école de l’enquête « Marseille en vrai », réponse de la France insoumise au Plan Marseille en grand.

    Face à une cinquantaine de militants réunis au Theatri Afriki Djigui, au cœur de Belsunce, le duo a livré les grandes lignes de leur campagne, sur fond de réquisition des logements vacants et de lutte contre Airbnb. LFI vise l’ouverture d’une école au cœur de Noailles, et celle, au public, du toit terrasse des Galeries Lafayette transformés en vitrine des associations. Les candidats portent aussi la création d’un conseil de quartier, d’une halte soins addictions et entendent débaptiser le boulevard Dugommier pour le nommer Louise Michel.

    En janvier, une agora populaire permettra de décliner le programme municipal à l’échelle du secteur. Ce sera le cas dans d’autres arrondissements. Samedi à Frais Vallon, LFI lance la campagne de Mohamed Bensaada, candidat sur les 13-14 en 2020, et dimanche, celle de Léa Bijaoui dans les 4-5. Autre nom dévoilé, celui de Victoire Diethelm dans les 6-8.

  • Bouches-du-Rhône : un accord historique à gauche pour les municipales

    Bouches-du-Rhône : un accord historique à gauche pour les municipales

    D’emblée, le sénateur PCF des Bouches-du-Rhône Jérémy Bacchi l’annonce : « C’est un accord historique par son ampleur. » Ce vendredi midi sur le cours d’Estienne-d’Orves, les représentants des différentes forces politiques de la gauche et des écologistes avaient convié la presse, afin de présenter l’union scellée entre ses composantes pour les prochaines municipales dans les Bouches-du-Rhône. « Nous serons présents de manière unie dans plus de soixante communes des Bouches-du-Rhône », officialise le secrétaire départemental du Parti communiste.

    Refus des insoumis

    « C’est neuf mois de travail pour aboutir à cette union la plus large possible », souligne de son côté le premier fédéral du Parti socialiste, Yannick Ohanessian. Qui souligne lui aussi : « Pour nous, c’est un accord historique à bien des égards. » À commencer par le nombre de communes concernées, trois fois plus que lors du dernier scrutin. « C’était une vingtaine en 2020, et nous comptons aller plus loin dans les prochaines semaines », annonce l’adjoint marseillais. « Pour la première fois, nous sommes allés dans un travail d’union au-delà des communes de plus de 20 000 habitants, détaille-t-il. Nous sommes allés dans les communes de plus de 9 000 habitants, parce que des hommes et des femmes ont tenu à s’impliquer avec les forces locales, en appelant aussi les forces politiques. » Ainsi, ce sont les trois quarts des habitants du département qui sont concernés, soit 1,7 million de personnes. « En 2020, la gauche était absente des trois quarts des communes, de la plus petite jusqu’à Tarascon », rappelle Jérémy Bacchi. Et dans les communes où il n’y a pas encore d’accord, « nous n’aurons pas de listes les uns contre les autres. Je ne connais pas de rassemblement aussi large dans les autres départements ! ».

    Il reconnaît certes qu’il reste encore « peut-être deux ou trois arrangements à la marge ». « Il y a des communes qui ne sont pas encore dans cette entente-là, mais nous y travaillons encore », promet ainsi le sénateur écologiste Guy Benarroche, précisant qu’il ne s’agit pas d’un accord entre des appareils politiques, mais bien réalisés dans chaque commune. « À Martigues, les écologistes sont toujours en discussion », glisse-t-il. « Nous n’avons pas encore abouti sur Fos, ou à La Ciotat, indique pour sa part Yannick Ohanessian. Mais nous sommes quasi sûrs que nous allons aboutir. »

    L’accord se distingue aussi par le nombre d’organisations impliquées : le PCF, le PS, EELV, Génération écologie, Debout!, le Mouvement des progressistes, la Gauche républicaine et sociale. Génération.s et Place publique, de leur côté, sont toujours en discussion au sein de leurs instances. « Ce rassemblement va beaucoup plus loin que le simple rassemblement politique, il s’élargit à la société civile », ajoute l’élue des 11-12 Cécile Vignes (Génération écologie). Jusqu’à des têtes de liste, comme à Aubagne.

    Mais il se fait sans la France insoumise. « J’ai rencontré il y a un peu plus d’un an les responsables locaux et nationaux, qui nous ont indiqué au préalable qu’ils ne souhaitaient pas d’accord départemental, mais à la carte. À Marseille et à Aix, la stratégie a été une stratégie de clivage, c’est un choix politique qu’ils ont fait », témoigne Jérémy Bacchi. « Nous n’avons jamais été fermés avec un accord avec qui que ce soit, dès le départ nous avons dit que nous souhaitions l’alliance la plus large possible », déplore Guy Benarroche. « À partir du moment où une organisation passe les cinq dernières années à taper sur la ville centre de la région, il me paraît difficile de construire les conditions d’une union », reproche Yannick Ohanessian.

    Face à l’extrême droite

    Pourtant, la menace du RN est bien réelle. « Cette union, c’est aussi un acte de résistance claire face à la montée de l’extrême droite, défend Hervé Street (Debout!). Leur arrivée au pouvoir signifierait le recul des solidarités, l’abandon de l’intérêt général. » « Nous sommes dans un des départements où le danger est le plus important », s’alarme aussi Guy Benarroche. Avec la promesse de défendre des programmes « qui correspondent à ce que nous portons ».

    Rendez-vous est donné en janvier pour de nouvelles annonces.

  • La Métropole Aix-Marseille en ligne de mire

    Au moment de présenter l’union des forces de gauche pour les municipales dans une majorité de communes des Bouches-du-Rhône, le sénateur écologiste Guy Benarroche le reconnaît volontiers : « Un des objectifs, c’est quand même aussi la Métropole. »

    « Nous avons eu notre dernière séance publique, alors je peux tirer le bilan, enchaîne la maire (GRS) des 1-7, Sophie Camard, à la tête du groupe marseillais au conseil métropolitain. Nous ne nous attendions pas à un tel mandat de guerre ouverte, nous sommes partis avec de grands débats politiques et nous sommes arrivés dans la défense des intérêts communaux, y compris pour nous même. »

    L’enjeu métropolitain est d’autant plus fort que le mode de scrutin donne un poids plus important aux petites communes, sur lesquelles l’extrême droite tente de mettre la main en avançant sous le couvert du label lancé par le député (RN) Franck Allisio avec ses alliés ciottistes de l’UDR, « la Provence qu’on aime ». « Il y a beaucoup de petits maires, je ne veux pas qu’ils basculent alors que la gauche défend la qualité de vie sur ces territoires », insiste Sophie Camard. Et de s’inquiéter : « On laisse trop de champ à trouver naturel que l’extrême droite soit la représentante de la France périphérique. » Cela d’autant plus pour elle que les blocages et les chicayas métropolitains ne peuvent qu’alimenter la défiance vis-à-vis de l’institution, nourrissant le RN.

    Alors pour la maire des 1-7, cette union très large tant dans les forces politiques que dans la diversité des territoires vise aussi « à nous appuyer pour la suite sur des contacts, sur des alliés ». Avec un vœu, peut-être pieux, déjà prononcé, d’un mandat « plus fédérateur, où on trouverait enfin des moyens d’avoir des vrais débats de fond, tout ce qui nous a manqué dans ce mandat ».

    Il sera bien assez temps, ensuite de penser aux autres scrutins qui se profilent, avec notamment les départementales en 2028. « On assiste tous les jours à un effondrement des politiques sociales du Département, nous avons besoin d’un gauche qui relève la tête », s’alarme Sophie Camard.

  • Aix : Philippe Klein candidat aux municipales

    Aix : Philippe Klein candidat aux municipales

    La nouvelle est tombée en plein conseil municipal, le dernier du mandat de Sophie Joissains, maire sortante UDI et de l’année. Philippe Klein, référent aixois du parti Horizons , désigné chef de file par son parti et conseiller municipal d’opposition à la tête du groupe Aix Autrement est candidat pour les élections municipales 2026. «Oui, je suis candidat», nous confirme l’élu, après l’avoir déclaré dans les colonnes de La Provence. Il retrace : «J’ai été nommé responsable du comité Horizons d’Aix en Provence, puis nommé chef de file pour discuter avec les formations politiques. J’ai discuté avec toutes les formations politiques et notamment le maire sortant. Ce maire sortant ne m’a jamais répondu positivement alors que mon parti me demandait de faire une alliance avec tout le bloc central», rapporte Philippe Klein. Les discussions, qui auraient débuté le 25 juillet dernier, n’ont pas abouti. «Aucune réponse depuis », poursuit l’élu. En l’absence de toute réponse, «le parti Horizons a décidé de m’investir en tant que candidat aux élections d’Aix, ce qui est une décision extrêmement importante, puisque la politique générale est celle de dire qu’on ne présente pas de candidat contre un candidat du bloc central.»

    Philippe Klein affrontera donc Sophie Joissains, maire sortante UDI, qui devrait officialiser sa candidature d’ici le mois de janvier, Marc Pena, député PS de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône et meneur du groupe d’opposition de gauche Aix en Partage, ainsi que Julie Boronad, investie par LFI.

    « verbatim »

  • Un dernier conseil tout sauf anodin pour la majorité

    Un dernier conseil tout sauf anodin pour la majorité

    Ce n’est pas un exercice qui manquera à Cécile Helle. La maire (PS) va tenir, ce samedi matin, son ultime conseil municipal, sans a priori d’émotion spéciale. « C’est un conseil comme un autre, je ne me projette pas sur des choses particulières », nous a-t-elle confié (notre édition de jeudi). Après deux mandats, elle laissera son fauteuil en mars prochain. La multitude de prétendants à sa succession dans la majorité ne devrait toutefois pas permettre un hommage sans dissonance. « J’ai prévu de la remercier et de la féliciter », glisse Joël Peyre, élu aux finances. Les élus, par l’entremise du premier adjoint Claude Nahoum, ont toutefois organisé une collecte afin de remettre un cadeau à Cécile Helle à l’issue de la séance.

    « Cela reste un conseil important, puisqu’il va y avoir le vote du budget », note la maire. Une délibération qui sera la première des 44 du jour, auxquelles s’ajouteront 4 questions écrites du RN. « Un budget responsable et prudent, qui prépare aussi la transition municipale et garantit à la future majorité la latitude financière nécessaire pour mettre en œuvre son programme », peut-on lire dans le rapport. Le budget, qui s’élève au global à 246 millions d’euros, garde les mêmes grands principes de la majorité sur la maîtrise des dépenses de fonctionnement, la stabilité des impôts, environ 38 millions d’euros d’investissements, et une dette en très léger repli. Plusieurs traductions trouveront place dans les délibérations suivantes, comme le vote des premières subventions aux associations sportives (1,8 million) et culturelles (1,9 million d’euros) dispatchées sur une soixantaine de structures.

    +65% de capacité pour la nouvelle cuisine centrale

    « On va créer un centre de loisirs du Clos de la Murette, qui va se positionner à la place de l’école maternelle de la Murette », souligne Cécile Helle. Avec une mise en activité prévue à la rentrée scolaire 2026. La première magistrate rapportera aussi un dossier qui lui tient à cœur, l’héritage de Terre de culture 2025, avec la volonté de pérenniser certains lieux (Maisons Folie) ou événements (Explorateurs de la culture, festival Tous artistes ou l’Odyssée des petits curieux).

    Enfin, en guise de dessert avant de laisser une nouvelle équipe aux manettes, la Ville tient à lancer l’opération de construction d’une nouvelle cuisine centrale. Une première base d’un lourd projet à 18 millions d’euros qui doit permettre, toujours sur l’enceinte du MIN, de faire passer l’unité centrale de production alimentaire de 4 800 repas par jour à 7 300 repas. « L’outil actuel est vieillissant, sous-dimensionné et inadapté aux évolutions actuelles (+ de 1 000 couverts par jour en 8 ans) », indique la municipalité, qui a remis dans le giron public la restauration scolaire puis a baissé les tarifs.

  • Un ultime conseil qui élude les questions budgétaires à Aix -en-Provence

    Un ultime conseil qui élude les questions budgétaires à Aix -en-Provence

    Dernier conseil de l’année, dernier conseil avant les élections municipales et pas moins de 199 rapports à l’ordre du jour. En toile de fond de cette assemblée, la course au fauteuil de maire d’Aix. Dans la salle des États de Provence siégeront les deux candidats officiellement déclarés. D’un côté, Marc Pena, député PS de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône et président du groupe d’opposition Aix en Partage, de l’autre, Sophie Joissains, maire UDI sortante.

    Les élus municipaux se réunissent, ce 19 décembre, pour la dernière fois avant que le nom du prochain maire ne soit révélé. Ce vendredi, ni rapport d’orientation budgétaire, ni vote du budget ne figurent au programme. Cette absence à l’ordre du jour serait notamment justifiée par le contexte incertain qui pèse sur les collectivités, auxquelles le gouvernement demande un effort supplémentaire : le Sénat a revu la contribution à 2 milliards d’euros, contre 4,6 milliards initialement. Pour rappel, le conseil municipal a jusqu’au 30 avril pour voter son budget.

    BHNS et équipements culturels

    Pour Marc Pena, l’absence de débat budgétaire constitue un faux pas. « Je suis étonné que pour ce dernier conseil municipal de la mandature, nous ne débattions pas de l’orientation budgétaire de notre ville. C’est une question éminemment politique et stratégique. Les Aixois et les Aixoises méritent de savoir quelles seront les priorités de la municipalité sortante pour les mois à venir », déplore le candidat socialiste.

    « Cette (raison) ne se justifie pas pour moi, pointe de son côté Philippe Klein, à la tête du groupe municipal d’opposition Aix Autrement et référent aixois du parti Horizons. J’espère que c’est une réalité et pas une difficulté que l’on voudrait soustraire. J’ai des interrogations légitimes : le fait que le gouvernement sollicite les communes est quelque chose de connu. On en a déjà tenu compte (…). C’est de nouveau un débat dont on prive les électeurs. » L’élu d’opposition devrait par ailleurs saisir le maire sur la question des mobilités. Des embouteillages, plus précisément.

    Outre les débats liés à la campagne électorale qui risquent de teinter la séquence, plusieurs dossiers majeurs seront étudiés. Parmi eux : le renouvellement des délégations de service public, dont les lauréats pour le Grand Théâtre de Provence et le 6MIC doivent être annoncés ce vendredi, et l’approbation du programme de travaux du BHNS (bus à haut niveau de service), qui doit relier le centre-ville au pôle d’activités d’Aix, dans le quartier de la Duranne.