Category: politique

  • Nîmes : Un rassemblement républicain face à la venue du président du RN

    Nîmes : Un rassemblement républicain face à la venue du président du RN

    Denis Lanoy a lancé l’invitation sans hésiter : « Nous appelons toutes les forces de gauche, les forces attachées à la République et à la démocratie, les forces syndicales, associatives, les citoyennes, les citoyens qui ont à cœur l’émancipation humaine à se retrouver ce dimanche 2 novembre à partir de 11 heures au bar le Prolé*. » Pour le responsable du PCF de Nîmes, il s’agit de ne pas banaliser la venue ce même dimanche du président du RN, Jordan Bardella, dans la cité romaine. Le député européen d’extrême droite vient y dédicacer son deuxième livre, Ce que veulent les Français, sorti ces derniers jours et publié chez Fayard, maison d’édition dont l’actionnaire majoritaire est le groupe Bolloré dirigé par le milliardaire d’extrême droite, Vincent Bolloré.

    Le premier texte d’extrême droit voté

    Le Café de la Grande Bourse sera le théâtre d’une mise en scène de cette séance de dédicaces. « Nous refusons que notre ville, sa culture de liberté, de tolérance, son attachement aux valeurs d’égalité et de progrès social soit souillée par les idées de haine et d’exclusion que porte partout dans le monde l’extrême droite française », appuie Denis Lanoy dans un communiqué. D’autant que jeudi, le RN a franchi un pas de plus dans sa banalisation en faisant adopter pour la première fois à l’Assemblée nationale un texte de son cru. dans le cadre de sa niche parlementaire. Et sur un sujet hautement symbolique : la dénonciation de la convention de 1968, qui offre aux Algériens des clauses spécifiques en matière d’immigration et de séjour en France. Un scrutin emporté de justesse, par 185 voix contre 184, avec la totalité des troupes de Marine Le Pen et de son allié UDR Éric Ciotti, mais aussi de la moitié des groupes LR et Horizons.

    Les quatre groupes de gauche (avec les communistes) n’ont pas fait le plein, avec 143 voix contre le texte sur un total de 195. Les critiques se sont toutefois concentrées sur Gabriel Attal et son groupe Ensemble pour le République, dont seulement 40 députés (sur 92) étaient présents, dont 30 ont voté contre le texte.

    *20 rue Jean-Reboul, Nîmes

  • Les députés rejettent la taxe Zucman

    Les députés rejettent la taxe Zucman

    Sans réelle surprise, au terme d’une journée intense de débats, les députés ont rejeté la taxe Zucman ainsi que sa version « allégée » à 172 voix pour et 228 contre, à l’Assemblée nationale.

    Cet impôt minimum de 2% sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros, inspiré par l’économiste Gabriel Zucman, était soutenu par le PS, LFI, le PCF et les Écologistes, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2026.

  • [Maj] À Avignon, les écologistes votent pour la stratégie en vue des municipales

    [Maj] À Avignon, les écologistes votent pour la stratégie en vue des municipales

    Après un premier vote en juin dernier qui avait désigné Sabah Badji comme cheffe de file des écologistes pour les élections municipales de mars prochain, les militants sont retournés aux urnes ces mercredi 29 et jeudi 30 octobre.

    Pour rappel, Sabah Badji est dans la tourmente du district de football du Grand Vaucluse, où elle était notamment présidente de la commission d’arbitrage. Le 25 août dernier, sur décision de la commission de discipline, elle a été exclue pour cinq ans de toute activité dans les instances, en raison d’accusations de tentative de corruption, fraude ou encore de faux et usage de faux.

    La direction nationale du parti, suite à ces révélations, a mis sous tutelle la section avignonnaise et organisé ces nouvelles élections, dont le résultat sera communiqué ce vendredi 31 octobre.

    Communiqué au vitriol

    Dans un communiqué au vitriol, Sabah Badji affirme être victime d’une « campagne de déstabilisation politique, clairement organisée et alimentée depuis l’intérieur même de mon mouvement pour m’écarter en tant que cheffe de file ». Sabah Badji confirme également qu’une nouvelle « procédure, toujours dans le cadre du district Grand Vaucluse, est relancée » contre elle, tout en assurant avoir « été blanchie par la Ligue Méditerranée de football ».

    Sabah Badji ajoute que, suite au vote interne l’ayant nommée à la tête des écologistes, « un groupe d’arrivistes comprenant des élus locaux qui s’accrochent à un espoir de strapontins essayent par tous les moyens de me salir ». Elle énumère, sans nommer, « un élu déjà condamné par la justice, une élue auteure de mails à caractère raciste et un militant qui, précédemment, était sur une liste RN ». Elle conclut que « les Avignonnais méritent mieux que des compromissions et des ambitions personnelles » et qu’elle est et « reste cheffe de file élue démocratiquement » pour poursuivre sa « mission, qui est de défendre nos valeurs dans l’intérêt de nos concitoyens ».

    Contacté, Jean-Pierre Cervantès n’a pas pu répondre à nos sollicitations. L’enjeu du vote entre les deux camps se porte notamment sur la liste à rallier dans les mois à venir. Sabah Badji penche pour un soutien à la candidate LFI, Mathilde Louvain, tandis que le camp de Jean-Pierre Cervantès semble plus proche du Parti socialiste.

  • [Rue de la République] Sébastien Barles : « Deux listes à gauche à Marseille, c’est une oxygénation démocratique »

    [Rue de la République] Sébastien Barles : « Deux listes à gauche à Marseille, c’est une oxygénation démocratique »

    les Municipales

    Didier Gesualdi : Serez-vous candidat à la mairie de Marseille ?

    Aujourd’hui, nous avons monté avec des militants écologistes qu’ils viennent des Verts ou de l’extérieur, des citoyens actifs pour la transformation de la ville, un collectif qui s’appelle Vaï Marseille. On part du constat que la question écologique est reléguée dans notre ville, mais plus largement au plan national et qu’il faut la remettre au cœur du débat public, avec des propositions que l’on souhaite formuler dans le cadre de la future campagne notamment.

    Didier Gesualdi : En tête de liste ? Derrière ? À côté ? Vous avez pris votre décision ?

    Vaï veut s’impliquer dans la campagne en tout cas, c’est évident. On a une assemblée le 6 novembre pour arrêter la stratégie. On pense qu’au bout de cinq ans d’exercice du pouvoir, si on en tire un bilan, on peut considérer que le chantier de la réparation de Marseille a été entamé. On a pris à bras-le-corps le chantier des écoles, qui étaient la honte de la République. On a assaini l’administration qui aujourd’hui fonctionne. Dieu sait que l’héritage était compliqué.

    Didier Gesualdi : Vous avez un pied hors du Printemps marseillais, mais pas encore les deux ?

    Ce que je veux dire, c’est que le chantier de la réparation de la ville a été pris en compte, mais pas celui de sa transformation. C’est la question de l’écologie, du verdissement de notre ville, de la place de la voiture, de la transformation des activités pour générer des emplois non-délocalisables. On voit bien que ce chantier a été un peu délaissé. Il y a des handicaps, certes, le fait que la Métropole ne soit pas dans nos mains, mais aussi une volonté politique qui n’est peut-être pas suffisamment forte. Ce qu’on veut réaffirmer, via le collectif Vaï, c’est la place de la question écologique.

    Léo Purguette : Cette démarche vous a valu d’être suspendu de votre parti. N’avez-vous pas le sentiment d’avoir franchi une ligne rouge ?

    Personnellement, pas du tout. Je pense que c’est un cadeau que m’a fait la direction des écologistes en me suspendant quand on voit l’état du parti aujourd’hui, enlisé dans les affaires, dans de l’entrisme, dans des guerres intestines… Je suis très content qu’avec des amis, on ait fondé ce collectif Vaï. Il produit des actions de terrain, ce que ne font plus, malheureusement, les écologistes.

    LE PARTI ÉCOLOGISTE

    Léo Purguette : Vous parlez d’entrisme chez les écologistes, de la part de qui ?

    L’entrisme, on sent que c’est téléguidé par une partie des forces du Printemps marseillais, donc c’est une perte de souveraineté pour notre mouvement. Ce ne sont pas des écologistes, ce sont des personnes qui sont des supporters du Printemps marseillais et d’abord du Printemps.

    Didier Gesualdi : Ça vient du Parti socialiste ?

    Ça, je ne peux pas le dire. En revanche, on sait qu’ils viennent pour avoir un parti écologiste le plus faible possible parce qu’on sait que, parfois, les écolos sont des empêcheurs de gérer en rond.

    Léo Purguette : Mais pourtant c’est votre parti, au niveau national, qui vous sanctionne. Il y a de l’entrisme au niveau national ?

    Non, il n’y a pas d’entrisme au niveau national, mais ce sont des jeux un peu boutiquiers. Le fait qu’il faille dealer Marseille contre Lyon ou d’autres villes pour avoir un soutien du Parti socialiste.

    Ce sont des choses que je réprouve. Souvent, notre ville a été traitée comme ça dans son histoire. C’est un rapport colonial que beaucoup de personnes et le pouvoir central ont à la ville. Les Verts qui y vivent sont intéressants parce que ce sont des paquets de cartes pour les congrès, mais s’intéresser réellement à la deuxième ville de France en y faisant exister les écologistes, c’est peut-être secondaire pour la direction nationale. Je le regrette.

    Léo Purguette : Marine Tondelier candidate à la présidentielle, vous en pensez quoi ?

    Elle a joué un rôle majeur dans la séquence du NFP, avec sincérité. Elle se confronte au RN avec courage à Hénin-Beaumont. Maintenant, sa démarche me semble un peu précipitée.

    BENOÎT PAYAN

    Didier Gesualdi : Pourquoi n’êtes-vous pas allé voir le maire, dont vous êtes l’adjoint, pour lui dire que le compte n’y est pas en matière écologique ?

    Sincèrement, pendant cinq ans, on a monté un groupe écologiste et citoyen pour se poser en aiguillon, pour convaincre le maire, la majorité, d’avancer sur ces questions. On a alerté sur des renoncements de la part du Printemps marseillais. Je pense à la réquisition des logements vacants, à la volte-face qu’on a faite sur le tout-sécuritaire et la vidéosurveillance, sur la Sodexo…

    Didier Gesualdi : Vous trouvez qu’il y a trop de sécurité à Marseille ?

    La sécurité, c’est une centrale pour les gens, le problème, c’est que le paradigme qu’on choisi est celui de la fuite en avant sécuritaire avec de la vidéosurveillance, y compris algorithmique. Elle est très dangereuse selon entre quelles mains on la met et demain, on ne sait pas dans quelles mains elle sera, avec du contrôle social potentiel. Des alertes sont émises par des spécialistes du sujet. Sur la tranquillité publique, ce qu’on dit, c’est plus de présence humaine.

    Léo Purguette : Mais le Printemps marseillais a doublé les effectifs de policiers municipaux !

    Le Printemps marseillais dit effectivement avoir doublé les effectifs, il y a de l’îlotage qui revient, mais les moyens mis sur la vidéosurveillance nous empêchent de mettre plus de moyens sur la prévention, sur les associations…

    LFI

    Didier Gesualdi : LFI fait parfois figure d’épouvantail, ça ne vous inquiète pas ?

    Je ne suis pas certain. La France insoumise peut amener des gens et ramène des gens aux urnes. On l’a vu aux européennes, une élection où peu de gens votent. Oui, LFI est dédiabolisée par une partie de la classe politique et médiatique, mais je n’arrive pas à comprendre. Ce qui me rend fou, c’est qu’il n’y a plus de digue entre la droite dite républicaine et le RN.

    Léo Purguette : La stratégie du bruit et de la fureur et la volonté de présenter des listes partout contre des maires de gauche sortants ne va-t-elle pas aboutir à faire gagner la droite et l‘extrême droite ?

    Dans ce que j’entends des responsables de la France insoumise, c’est qu’ils défendent l’arc NFP dans toutes les villes et qu’au second tour, ils choisiraient des alliances avec des forces de gauche, encore faut-il qu’elles acceptent une alliance avec eux. Je n’accepte pas les deux gauches irréconciliables.

    L’ÉCOLOGIE

    Léo Purguette : Un brouillage des repères s’installe. Fabien Perez, qui siège avec vous, organise des événements avec Christophe Madrolle, qui siège avec la droite à la Région. L’électorat écologiste y comprend-il encore quelque chose ?

    Je suis bien d’accord. Je pense que ce qui porte préjudice à ma famille politique, à ce parti qui était censé représenter l’écologie politique, c’est le fait qu’il n’y ait pas eu de clarification. Moi, je défends une écologie sociale, une écologie de la libération, une écologie qui croit en l’émancipation, une écologie de rupture qui ne peut pas cohabiter avec une écologie d’accompagnement. Même si, bien sûr, sur les territoires, on peut se mettre d’accord sur quelques mesures. Sur la Métropole, par exemple, avec Christophe Madrolle peut-être qu’on peut défendre le RER métropolitain, mais on voit bien que dans la conception économique, dans le modèle qu’on défend, ce n’est pas la même chose. Peut-être que certains voudront défendre l’hydrogène vert qui participe à une économie mondialisée et hyper-concentrée alors qu’il faut des modèles plus axés sur les besoins du territoire.

    LES ALLIANCES

    Léo Purguette : Invité sur ce plateau, Renaud Muselier nous disait qu’il vous voyait vous rapprocher de LFI. Est-ce que c’est vrai ?

    Ce qui est certain, c’est qu’on souhaite qu’il y ait un second souffle, un nouveau souffle, dans la future majorité. Très clairement, je défends une majorité qui embrasserait l’arc du NFP, donc l’ensemble des forces de gauche et citoyennes.

    Didier Gesualdi : Il a du plomb dans l’aile le NFP au plan national.

    Oui parce que, malheureusement, les forces de gauche donnent un mauvais spectacle. En revanche, le programme porté répond en partie aux colères sociales, à la justice climatique… Donc ce programme moi, j’y crois encore. Beaucoup de citoyens souhaitent cette unité des forces de gauche.

    Léo Purguette : À Marseille aussi !

    Mais à Marseille, moi je défends cet arc aussi. Après, il faut dédramatiser. On n’est pas dans un contexte national. Sur une législative, il faut s’unir presque dès le premier tour. Il faut faire front par rapport au risque RN, mais il y a deux tours et un seuil de qualification à 10%. S’il y a deux listes à gauche, ce n’est pas très gênant. Aucune ville à gauche n’a été gagnée avec une seule liste au premier tour.

    Didier Gesualdi : Vous aviez tenté l’expérience, en 2020, avec quel résultat ? Il ne vous a pas permis de vous maintenir.

    9% sur la ville. Un résultat qui nous a permis de rentrer dans la majorité. Effectivement, la division des écologistes a produit le résultat que je déplore aujourd’hui, c’est-à-dire que la question écologique a été un peu délaissée…

    Léo Purguette : Deux listes d’extrême droite se profilaient, mais il n’y en aura qu’une seule. Est-ce que cela n’alourdit pas la menace RN ?

    Il y a une vraie menace, j’en suis convaincu. La réforme du mode de scrutin doit nous responsabiliser encore plus. Une liste peut gagner à 37%. On a vu le score extrêmement élevé du RN aux européennes donc il y a une vraie menace dans notre ville. Je crois que se poser en rempart, le front républicain, ça ne marche plus. On l’a éprouvé. Malheureusement, il n’y a pas de changement. Il faut y répondre par un projet plus radical. Il faut qu’on arrive à produire une offre au premier tour, radicale, qui réponde à ceux qui sont en colère ou se trompent de colère. C’est une oxygénation démocratique pour la ville. Il faut que ce second mandat soit celui de la transformation de notre ville. On voit la montée du techno-fascisme partout, il faut que les territoires soient des espaces de résistance, des laboratoires d’autonomie. Notre ville peut être celle du cosmopolitisme.

    LE VOTE RN

    Didier Gesualdi : Qu’est-ce que vous dites aux Marseillais qui votent massivement RN dans des quartiers dans lesquels on ne s’y attend pas forcément, comme les Accates ou la Valentine ? Ils sont loin de vos préoccupations écologiques, non ?

    Je n’en suis pas certain. Je me souviens justement d’avoir manifesté aux Accates pour la préservation des terres naturelles, à la Valentine contre une plateforme logistique et le tout-camion. Il y avait des CIQ, des riverains et peut-être que parmi eux, il y avait des personnes qui votent RN. Je pense que c’est par la proximité, la radicalité, la rupture avec un modèle libéral-productiviste, dont ils ne peuvent plus et qui est géré par des politiques de gauche comme de droite de la même façon. Il faut répondre à ces colères-là.

    LA QUESTION DES LECTEURS

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Joseph Camilleri :

    Bonjour, pourquoi ne pas imaginer d’envisager que les bateaux de croisière ne puissent accoster aux abords de l’Île du Frioul plutôt que le port, afin d’éviter les tonnes de CO2 ? Merci.

    Il y a une vraie dépossession des Marseillais au niveau du Port. On voit bien qu’il y a un ras-le-bol de ce tourisme de masse des croisiéristes et qu’il faut imaginer un autre modèle. Il faut donc un scénario de sortie du croisiérisme qui ne doit pas être qu’à Marseille, mais sur la Méditerranée. On voit bien que d’autres villes, Venise, Naples, Gênes, Barcelone… ont imaginé une sortie de ces navires de leurs ports. Il faut des alternatives à ce modèle de tourisme insoutenable. Ça passe par une réglementation de la taille des navires et une reconversion. Je pense qu’on peut imaginer des activités autour des énergies marines comme l’énergie houlomotrice, on a des chercheurs à Marseille qui travaillent là-dessus. Ça passe aussi par de l’économie circulaire, en utilisant le foncier du Port et y compris les travailleurs du Port pour plus de circularité. C’est à long terme, mais tout cela se planifie. Ce qui est déplorable c’est que le Port, c’est-à-dire l’État, gère ça comme un notaire, en valorisant au mieux son foncier, en allant sur un projet de croisiérisme de luxe sur le J4. C’est inconcevable que cet espace soit à moitié privatisé avec d’un côté les ultra-riches, qui auraient leur super vue, et de l’autre les Marseillais qui auraient une perspective entravée par des gros navires.

  • Beaumont-du-Ventoux : les élus de montagne demandent à être pris en compte

    Beaumont-du-Ventoux : les élus de montagne demandent à être pris en compte

    « Les territoires de montagne sont en première ligne du réchauffement climatique. S’agissant du Vaucluse, on pense bien évidemment aux nombreuses crises que traverse notre agriculture, notamment la lavande, la cerise, la viticulture », détaillent-ils.

  • [Entretien] « La promesse du Printemps marseillais a été bafouée »

    [Entretien] « La promesse du Printemps marseillais a été bafouée »

    La Marseillaise : Avec vos nominations pour diriger la campagne de Martine Vassal il y a deux semaines, c’est le choix d’un équilibre entre les tendances politiques et les générations qui s’est fait ?

    Laure-Agnès Caradec : C’est le binôme des tendances, parce qu’on va d’une droite clairement affirmée au centre et aux écologistes modérés. Et une Génération pour Marseille incarne cette nouvelle génération qui a envie de se battre pour Marseille, qui est force de propositions. Après, il y a ceux qui ont l’expérience de plusieurs campagnes, la connaissance de cette ville, des dossiers. C’est un bon complément. L’objectif, c’est de mettre le pied à l’étrier à une nouvelle génération, c’est la transmission.

    Romain Simmarano : Il y a l’équilibre et il y a l’offensive ! C’est une façon pour Martine Vassal de dire : mon équipe est prête, on peut lancer immédiatement une campagne de conquête de la deuxième ville de France, qui aujourd’hui souffre, est en difficulté, mais mérite qu’on donne une perspective. Dès notre nomination, nous avons mis en place l’ossature de cette campagne. Au fil des mois qui s’annoncent, nous allons faire beaucoup de propositions, chacune bien ciselée, travaillée, financée, argumentée pour montrer qu’un autre destin est possible et que nous ne sommes pas obligés de nous contenter de ce à quoi on a assisté depuis cinq ans.

    Lancer cette nouvelle génération,
    ce n’est pas aussi une façon de tourner la page des années Gaudin, voire de préparer plutôt
    les municipales de 2032
     ?

    R.S. : Personne ne se détermine ni par rapport au passé, ni par rapport à un futur incertain. On se détermine par rapport à 2026. C’est le dernier virage pour éviter le déclin de Marseille, l’opportunité de saisir la balle au bond d’un vrai renouveau. Cette promesse du Printemps marseillais a été trahie et bafouée par Benoît Payan.

    On a vu ce « socle commun » éclater au niveau national. Au niveau local, Sabrina Agresti-Roubache fait des vagues, Frédéric Collart
    s’est lancé… Ça va tenir
     ?

    L.-A.C. : Il y a peut-être des individualités. Mais tous les blocs politiques sont alignés pour faire une large union et mener campagne. Nous avons commencé tous les samedis à aller tracter, à aller à la rencontre des Marseillais. Personne ne se pose la question de la couleur politique. Et tous les samedis nous sommes nombreux dans chaque secteur, c’est le signe de cet enthousiasme autour de notre candidate Martine Vassal.

    R.S. : Aucune aventure individuelle ne permettra de régler les problèmes de Marseille. Seule l’unité compte, seul le collectif est capable de transformer une ville comme la notre.

    Face à l’extrême droite, Bruno Retailleau avait appelé à ne pas voter pour le PS. Vous comptez faire pareil à Marseille ?

    R.S. : Les élections qui se préparent vont être profondément marquées par le désordre national auquel nous assistons collectivement. Il faut être capable de dire que ce désordre n’est pas le notre, et que la bataille du premier tour n’est pas celle du second tour. Si on veut être cohérent, il faut être capable de parler de ce qu’on propose, pas des autres. Le temps du second tour viendra et chacun saura prendre ses responsabilités.

    Le départ des Galeries Lafayette est au cœur de l’actualité. On peut se contenter comme projet d’un référendum avec des images par intelligence artificielle ?

    R.S. : Ce qui est certain, c’est qu’on ne peut pas se contenter d’agiter un projet qui n’existe pas, déposé ni à l’Élysée, ni à la préfecture, ni au ministère de la Culture, en demandant comme à chaque fois à l’État de payer. Ce projet fumeux, c’est faire venir la Philharmonie de Paris à Marseille. Ça coûterait 300 millions d’euros minimum. Et comme toujours avec Benoît Payan, c’est Emmanuel qui paye ! Martine Vassal fait des propositions concrètes, immédiatement applicables, finançables, travaillées. Et qui donnent la parole aux Marseillais. Depuis combien de temps on ne leur a pas donné la parole ? C’est une méthode qui change.

    La dernière fois qu’on a donné la parole aux Marseillais, ils ont dit : « la droite, on a testé, on n’en veut plus… »

    L.-A.C. : C’était la droite désunie, il ne faut pas oublier. Aujourd’hui, nous sommes dans une configuration de rassemblement et de dynamique. Démarrer la campagne si tôt permet d’aller à la rencontre des Marseillais pour créer cette envie.

    R.S. : Notre équipe, ce n’est pas la droite. C’est la droite, le centre, les écologistes raisonnables, les sociaux-démocrates… Tous les Marseillais qui ne veulent pas faire de choix entre un système défaillant, celui de Benoît Payan, l’héritier de Jean-Noël Guérini, et des extrêmes qui n’ont rien d’autre à proposer que la désunion et la haine.

    Martine Vassal, dans « Valeurs Actuelles », dit qu’elle s’inspire à la fois de Robert Ménard et de Christian Estrosi. Cette campagne ne fait-elle pas, comme le reprochait Lionel Royer-Perreaut, des coups de godille entre le centre et l’extrême droite ?

    R.S. : Elle dit qu’elle s’inspire de ce qui a été fait dans les villes, c’est très différent. Qui peut dire qu’on n’aurait pas besoin, demain, d’une BAC municipale capable de harceler les dealers, les petits délinquants pour empêcher les rues de Marseille d’être occupées en permanence par ces délinquants ? Qui peut dire qu’on n’a pas besoin de cinq fois plus de caméras de vidéoprotection, d’un centre de supervision urbain algorithmique avec la possibilité de repérer les dangers, les agressions, les hurlements ? Toutes les recettes sont bonnes à prendre du moment qu’elles assurent le bien vivre, qu’elles restaurent l’ordre et nous donnent du souffle pour construire le Marseille dont on rêve.

  • [Entretien] Cécile Cukierman (PCF) : « Nous avons besoin de maîtriser l’acier »

    [Entretien] Cécile Cukierman (PCF) : « Nous avons besoin de maîtriser l’acier »

    La Marseillaise : Quels sont les objectifs de cette proposition de loi ?

    Cécile Cukierman : Notre objectif est double. Le premier, c’est de préserver l’emploi, le savoir-faire industriel là où il existe encore dans notre pays. Nous avons aujourd’hui, sur l’acier, une financiarisation plutôt qu’une mise à disposition d’une matière importante pour pouvoir développer l’industrie dans notre pays. La volonté d’ArcelorMittal de se séparer des sites de production en France remet en cause notre souveraineté industrielle. L’acier est essentiel pour l’industrie. L’industrie, étant source de création de richesse d’un pays, est essentielle, bien évidemment, pour répondre aux enjeux de transformation, que ce soit par la production énergétique, par le renforcement de la mobilité, du développement du rail. Elle est également essentielle dans tout un certain nombre de productions qui servent par la suite le médical, les ponts, les grandes infrastructures de notre pays.

    Le rapporteur LR du texte,
    Arnaud Bazin, estime qu’une nationalisation ne résoudrait «
     aucun des problèmes structurels » du secteur de l’acier.
    Que lui répondez-vous
     ?

    C.C. : En 2023, ArcelorMittal a reçu 392 millions d’euros d’aides publiques. Année après année, ce groupe a reçu des centaines de millions d’euros sans aucune contrepartie sociale et environnementale. Il a également bénéficié de quotas gratuits à l’époque d’émissions carbone. L’excédent de ces quotas est aujourd’hui revendable, ce qui constitue à la louche une aide implicite, puisque c’est eux qui pourraient récupérer, s’il y a une vente, 960 millions d’euros. La difficulté aujourd’hui n’est pas le coût que peut engendrer la nationalisation, mais combien d’argent public, directement ou indirectement, a été injecté depuis maintenant plusieurs décennies dans ArcelorMittal, qui justifierait que nous ne récupérions pas l’investissement déjà effectué, au moins par les sommes publiques.

    Mon département, la Loire, est l’un des nombreux territoires qui a connu des crises industrielles et la désindustrialisation. Nous savons aussi tous le coût qu’engendre la fermeture d’un site industriel de cette ampleur-là, au niveau bien évidemment social, de requalification des sites, la dépollution, la reconstruction, le réaménagement pour l’État, mais aussi pour les collectivités territoriales. La reconversion du site de Creusot-Loire à Firminy (Loire) n’est toujours pas terminée, alors que le site est fermé depuis 40 ans. C’est dire l’investissement financier et l’énergie humaine que nécessitent la requalification et la fermeture de sites d’une telle ampleur.

    Quid du plan acier de Bruxelles ?

    C.C. : On a aujourd’hui une contradiction. Avec Bruxelles, qui, à travers un plan d’acier demande à ce que l’on produise plus dans l’Union européenne et de manière plus vertueuse. Face à cela, nous interrogerons le gouvernement sur quelle sera la position de la France si elle ne cherche pas à préserver les sites de production sur le territoire national. On ne peut pas nous rétorquer, là encore, que les choses se réfléchissent à l’échelle de l’Union européenne et ne pas être moteurs dans la capacité à produire, demain, des sites de l’acier. On peut mentionner le Royaume-Uni et l’Italie – et je précise que je n’ai aucune appétence pour l’exécutif italien aujourd’hui ! Ces deux États ont fait le choix d’accompagner leur outil de production industrielle.

    Si nous voulons réindustrialiser notre pays et en assurer la souveraineté, nous avons besoin de maîtriser la production de l’acier.

  • Le préfet Leclerc quitte Marseille pour Macron

    Le préfet Leclerc quitte Marseille pour Macron

    Le haut fonctionnaire qui avait succédé à Christophe Mirmand à la préfecture de région, il y a moins de 10 mois, laisse le sud de la France derrière lui pour rejoindre l’Élysée.

    Passé par la Seine-Saint-Denis, les Alpes-Maritimes et les Hauts-de-France, Georges-François Leclerc avait mis l’accent, lors de sa prise de poste à Marseille, sur l’enjeu du logement social. Il souhaitait être « le préfet du 3e arrondissement de Marseille », en lançant notamment le système de « l’acquis amélioré » pour favoriser la réhabilitation et la création de logements sociaux dans le tissu urbain ancien marseillais de la Belle de Mai.

    C’est Georges-François Leclerc qui avait fait revenir les prérogatives de la préfecture de police – indépendante depuis 2013 – dans le giron de la préfecture de région, précipitant le départ de Pierre-Édouard Colliex, dernier préfet de police de plein exercice dans les Bouches-du-Rhône, pour mettre en place un poste de préfet délégué, actuellement occupé par la préfète Corinne Simon.

    Critiqué pour la gestion de l’incendie qui avait touché l’Estaque, il s’était défendu vigoureusement en rappelant qu’il n’y a eu « aucune perte humaine, aucun blessé grave à déplorer ».

    Caractère bien trempé

    Le préfet Leclerc, assumant une approche répressive, s’était opposé à l’ouverture d’une halte soin addiction pour prendre en charge les toxicomanes souhaitée par la majorité Printemps marseillais.

    Son passage à la préfecture de région a été salué par Martine Vassal, la présidente DVD du Département des Bouches-du-Rhône et de la Métropole Aix-Marseille-Provence, confirmant une information du Figaro : « Je remercie le préfet Georges-François Leclerc d’avoir marqué notre territoire par son exigence, son sens du devoir et son humanisme. Son action déterminée a profondément servi la Provence et les Provençaux. Tous mes vœux de réussite dans vos nouvelles fonctions. »

    C’est aussi le cas du président Renaissance de la Région, Renaud Muselier, qui considère cette nomination comme « une reconnaissance méritée pour ce serviteur de l’État exigeant, efficace et passionné. Je veux souhaiter à ce très grand préfet un immense succès, pour notre pays la France ! »

    Le maire Horizons de Nice, Christian Estrosi, garde, quant à lui, le souvenir d’un préfet « exemplaire par son exigence et son sens de l’État » et estime que « sa connaissance des territoires et des collectivités locales sera un atout précieux ».

    Préfet au caractère bien trempé, passionné de photographies paysagères qu’il égrène sur les réseaux sociaux, il est aussi féru de littérature. Présent pour l’inauguration des nouveaux locaux de La Marseillaise, par-delà les désaccords à l’égard du gouvernement qu’il représentait alors, il avait cité Jack London et salué l’esprit de Résistance. « Lorsque je lis La Marseillaise, j’ai l’impression de toucher l’une des vérités de ce territoire », avait-il alors déclaré.

  • Jean-Marc La Piana candidat à la tête d’une liste d’union de la gauche à Gardanne

    Jean-Marc La Piana candidat à la tête d’une liste d’union de la gauche à Gardanne

    Je ne suis pas un homme seul, vous en êtes la preuve. J’aimerais que ma candidature soit un appel à la population de Gardanne et de Biver pour se rassembler », a répété à plusieurs reprises Jean-Marc La Piana (DVG). Ce mercredi, cet élu d’opposition à la majorité, fondateur de la Maison de Gardanne, a officiellement annoncé sa candidature aux élections municipales 2026, en présence d’une petite foule de soutiens, associations et membres de partis de gauches.

    La course à la mairie est donc lancée avec trois candidats : Jean-Marc La Piana (DVG), le maire sortant Hervé Granier (LR) et Bruno Priouret (RN). Jusque ici, les deux derniers font cavaliers seuls, tandis que l’ensemble des forces de gauche officialisait, en avril dernier, leur alliance en vue des municipales. Exit donc les divergences entre différents partis, notamment entre Claude Jorda (PCF), à la tête du Collectif citoyen Gardanne-Biver, et le candidat aux municipales Jean-Marc La Piana. Issus de la majorité de Roger Meï (maire PCF de la commune de 1977 à 2020), les deux hommes avaient fait liste à part pour le dernier scrutin municipal (voir nos précédentes éditions).

    Un travail « collectif »

    « Je ne suis pas un homme de parti, mais un homme porteur des valeurs de gauche, précise Jean-Marc La Piana. C’est tout naturellement que nous nous sommes rencontrés avec le Collectif citoyen, l’association Reconstruire ensemble et les différents partis politiques de gauche. On me demande si je suis toujours en accord avec le Parti communiste ? Oui. Il y a les socialistes, les communistes, Place publique et les écologistes. Dans le Collectif, il y a des gens qui sont venus travailler avec nous, qui font partie de la France insoumise. LFI ne s’est pas prononcée, mais ces personnes qui travaillent avec nous, à partir du moment où elles sont là dans l’intérêt de la ville pour créer un projet collectif, auront leur place. »

    Depuis plusieurs mois, les composantes de l’alliance travaillent sur un « projet citoyen » qui sera présenté « dans les temps » à la population et une invitation « à nous suivre » est lancée. « Je veux être garant de ce travail. à partir du moment où le projet fait sens pour chacun de nous, l’équipe doit être capable de le porter tout au long du mandat », engage Jean-Marc La Piana.

    Mardi soir, rapporte le candidat, une trentaine de personnes se sont réunies pour travailler la thématique du service public, dont « l’abandon » à l’échelle gardannaise et biveroise, illustrée par « des employés municipaux maltraités », est l’un des moteurs de la « colère » de Jean-Marc La Piana. S’y ajoutent, pour le candidat, l’abandon du centre de culture scientifique remplacé par la Smart City, des promesses d’investissement pour l’éducation abandonnés, le « budget insincère » pointé par la Chambre régionale des comptes et l’absence de consultation dans l’élaboration de projets. « Qui peut croire que le programme [municipal] a été rempli à 80% ?, interroge Jean-Marc La Piana. Dans ma colère, il n’y a pas que la question des projets, mais aussi celle des pertes de valeurs. Porter l’éducation au plus haut, la sécurité, les services publics, c’est porter le bien vivre ensemble ». Objectif, donc, « redonner confiance à la population », via les consultations publiques, en s’appuyant sur un « tissu de partis et d’associations ».

    Pas encore établie, la liste sera « le fruit d’un travail collectif », promet Jean-Marc La Piana. Le 6 novembre prochain, une réunion publique doit permettre d’évaluer et rendre public « l’état d’avancement du travail. L’objectif sera d’informer, donner envie aux gens de nous rejoindre. Il n’y aura pas la présentation du programme préétabli, mais des pistes sur lequel le travail a déjà été fait », assure le candidat.

  • Le préfet de Région devient directeur de cabinet d’Emmanuel Macron

    Le préfet de Région devient directeur de cabinet d’Emmanuel Macron

    Le haut fonctionnaire qui avait succédé à Christophe Mirmand à la préfecture de Région, il y a moins de 10 mois, quitte le sud de la France pour l’Élysée.

    Passé par la Seine-Saint-Denis, les Alpes-Maritimes et les Hauts-de-France, Georges-François Leclerc avait mis l’accent lors de sa prise de poste à Marseille sur l’enjeu du logement social. Il souhaitait être « le préfet du 3e arrondissement de Marseille », en lançant notamment le système de « l’acquis amélioré » pour favoriser la réhabilitation et la création de logements sociaux dans le tissu urbain ancien marseillais de la Belle-de-Mai.

    Son passage à la préfecture de région a été salué par Martine Vassal, la présidente DVD du Département des Bouches-du-Rhône et de la Métropole Aix Marseille Provence, confirmant une information du Figaro : « Je remercie le Préfet Georges-François Leclerc, d’avoir marqué notre territoire par son exigence, son sens du devoir et son humanisme. Son action déterminée a profondément servi la Provence et les Provençaux. Tous mes vœux de réussite dans vos nouvelles fonctions »