Category: politique

  • Au Rove, Paul Sabatino mise sur l’expérience et la proximité

    Au Rove, Paul Sabatino mise sur l’expérience et la proximité

    Pas de « promesses irréalistes » mais « un discours de sincérité ». Le gymnase du Rove affichait complet pour la présentation de la liste de Paul Sabatino. Dans une salle pleine et ambiancée par Jean-Marc Sichi, habillé en « M. Loyal », le maire sortant a d’abord salué « l’âme du Rove » et rendu hommage à son prédécesseur Georges Rosso, disparu l’an dernier. L’occasion de rappeler le bilan de l’équipe sortante, la requalification de la traversée du village, les parkings, la rénovation des équipements scolaires et sportifs, l’extension de la vidéoprotection, et le futur dojo. Avec ses 5 328 habitants et 87% de terres classés, le Rove demeure « un village à taille humaine ».

    Un cadre qu’il entend préserver avec une équipe rajeunie et diversifiée, faite d’élus expérimentés et de nouveaux visages issus de tous les quartiers, unis dans « la conviction que la commune mérite une équipe soudée, compétente et sincère ». La liste « Continuons ! » s’inscrit dans cette ligne. « Continuer, c’est consolider. Renforcer. Adapter. C’est avancer, s’inscrire dans un sillon profond sans jamais perdre de vue l’essentiel : l’intérêt communal et général », insiste-t-il.

    « Le maire de tous »

    Quinze élus sortants vont poursuivre l’aventure, souligne-t-il, saluant leur fidélité et leur sens du service public. Parmi eux : Michel Bartoli « amené à prendre plus de responsabilités », Marie-Claude Bonnet, Christiane Cadière, ancienne DGS ou Viviane Rosso, très applaudie et « la plus expérimentée » de l’équipe. Les profils des quinze entrants sont variés (actifs, retraités, acteurs associatifs ou professionnels engagés) pour « croiser les regards et préparer l’avenir ». On pense à Ilhem Delmas Zeghadi, chercheuse arrivée il y a peu comme Laurent Rivoire, aux enfants du Rove François Caballero, Chantal Gouiran, Sylvie Raha ou Jean-Marie Giordano, et à ces figures Noël Kouici, « homme de combat et personnalité du port » ou André Secci, enfant de Niolon et mythique dirigeant de l’USPEG. Lisa Voyatzis, parent d’élève, est la benjamine de la liste.

    Dans un contexte financier « sain », avec une dette maîtrisée et des comptes équilibrés, Paul Sabatino s’est engagé à ne pas augmenter la fiscalité communale. La méthode reposera sur la concertation, le renforcement des services publics au service de la jeunesse, du cadre de vie, de la tranquillité publique et du soutien aux associations. « Le 15 mars, le choix sera clair : celui de l’expérience, de la proximité et du vivre-ensemble », conclut Paul Sabatino, prêt à rester « le maire de tous ».

  • « Les problèmes des 15-16 sont ceux de Marseille »

    « Les problèmes des 15-16 sont ceux de Marseille »

    La Marseillaise : Vous êtes tête de liste pour Martine Vassal dans les 15-16. Pourquoi vous ?

    Gérard Blanc : Je suis engagé depuis des années sur des problématiques qu’on retrouve dans les 15-16. C’était le cas avec Alexandra Louis [ex-députée Ren., Ndlr.] dans les 13-14, parce que c’est mon quartier de naissance, où j’ai grandi, fait mes études. Mais ce sont les mêmes problématiques : la difficulté d’étendre le réseau de transports, la construction de logements, des populations en difficulté sociale et économique. Ce sont aussi des terres de grand potentiel : la jeunesse de Marseille est dans les 13-14 et les 15-16. C’est là où on doit créer l’avenir de la ville. On doit redonner la promesse républicaine dans tous ces quartiers.

    Cette promesse républicaine a été abandonnée par la droite dans les quartiers Nord…

    G.B. : Je ne crois pas qu’elle ait été abandonnée. Elle a été clientélisée, organisée comme une pensée de rejet pour dire : vous allez hériter d’opinions politiques parce que les autres ne veulent pas vous parler. Mais il y a toujours eu des personnes pour porter les idées que je porte dans le 15-16. Il faut apporter une promesse différente. Les problèmes du secteur sont ceux de toute la ville : il manque du logement, il y a des problèmes de qualité des écoles dans tout Marseille et quand on a des problèmes de transport, il faut aussi accepter que Marseille c’est deux fois et demie l’aire urbaine de Paris avec un budget nettement inférieur.

    Dans les 15-16, l’ancien député (Ren.) Saïd Ahamada dit qu’il ne votera pas pour Martine Vassal qui « mène une campagne très droitière »…

    G.B. : Pour des questions de personne sans doute, j’aurais bien aimé qu’il me précise ce qui est trop droitier… La construction de l’alliance entre Renaissance et Martine Vassal s’est d’abord faite sur une charte de valeurs réalisée avec tous les militants, avec 26 propositions. Je connais les polémiques, il y a des gens très à droite dans cette union. Mais eux me trouvent très à gauche, il faut l’accepter et comprendre qu’on peut trouver des positions communes pour avancer.

    Lionel Royer-Perreaut regrettait que Renaissance n’ait pas de tête de liste dans un secteur réputé gagnable.

    G.B. : Tous les secteurs sont gagnables si on arrive à convaincre. On nous ramène à notre héritage, mais on peut aussi très bien parler de l’héritage diabolique du Rassemblement national, la gauche a un héritage aussi, positif et négatif. Il y avait une très belle promesse en 2020, elle a été trahie, encore plus avec les révélations de Blast ce lundi. On verra le 22 mars si c’était gagnable ou pas.

  • Avec Retailleau, la droite rejoue la carte de la sécurité

    Avec Retailleau, la droite rejoue la carte de la sécurité

    La permanence de campagne de Martine Vassal est comble ce vendredi matin pour la venue du président des Républicains, Bruno Retailleau. « Nous faisons un constat : la sécurité est la thématique qui interpelle le plus les Marseillais parce que cette violence que l’on ressent est montante », attaque d’emblée la candidate de la droite et du centre face à la presse. Alors tandis que le président et la secrétaire générale du collectif Une Génération pour Marseille signaient la veille une tribune pour demander à amender la loi sur la police municipale, adoptée au Sénat, afin de permettre le déploiement de drones équipés de vidéosurveillance algorithmique, elle met sur la table de nouvelles propositions. « Dès qu’un jeune arrive à l’hôpital blessé par balle, il faut le récupérer immédiatement », explique Martine Vassal. Alors elle propose un groupement d’intérêt public (GIP) dédié, coprésidé par la ville et la préfecture, qui réunit tous les acteurs concernés « pour repérer les signaux faibles dès qu’ils apparaissent ». Baptisé Argos, ce groupement s’appuierait sur des agents, les « argonautes », « qui vont repérer des enfants qui ne viennent plus en cours, qui pourraient être tentés de rentrer dans les réseaux ». Avec un budget de 15 millions d’euros. À ses côtés, Bruno Retailleau applaudit, appelle à l’union des droites « dans les urnes » face à la gauche. « Pour moi, LFI ce sont les pires, je me réjouis que le ministère classe la France insoumise à l’extrême gauche », glisse-t-il. Et félicite l’ancien préfet Georges-François Leclerc pour son bilan, assumant la suppression de la préfecture de police. Quitte à trancher avec le panorama sécuritaire dressé par Martine Vassal. « J’adore les chiffres, mais à un moment il faut regarder les faits », balaie-t-elle.

  • Le Printemps marseillais célèbre ses nouveaux militants

    Le Printemps marseillais célèbre ses nouveaux militants

    Dans le sous-sol du local de campagne du Printemps marseillais, quelques téléphones sortent timidement pour accueillir Benoît Payan. Ce vendredi soir, le maire et candidat a mis de côté pour quelques moments son agenda pour aller à la rencontre des nouveaux militants qui ont rejoint sa campagne. « C’est la première fois que je vois ça, que des militants entrent spontanément dans un local pour dire je veux aider, je veux faire quelque chose », partage-t-il, face aux quelque 80 personnes rassemblées là. Avant de présenter sa vision du scrutin à venir : « Ce qui se joue ce n’est pas de savoir si Marseille va être une ville de droite ou de gauche, c’est de savoir si elle va basculer au Rassemblement national ou si elle va garder ce qu’elle a toujours été. »

    Devant lui, des militants de tous âges, de tous secteurs. Pour certains, c’est la première fois qu’ils pourront voter, à l’image d’Ulysse Basset, étudiant en première année de Sciences politiques à Marseille. « Je viens de Sausset-les-Pins, témoigne-t-il. Là-bas, le député, c’est le candidat du RN, il n’a rien fait et là j’apprends qu’il se présente à Marseille… » Alors il a poussé la porte, et lui qui n’avait milité dans aucune organisation a franchi le pas. « L’élection risque d’être serrée, c’est pour ça que je veux participer », appuie-t-il. Éducatrice à la Ddass, Anouchka Lahreche a elle poussé la porte à l’occasion de l’inauguration du local. « Le RN à Marseille, ce n’est pas possible, ici on est de toutes les origines, au Vélodrome, on voit de tout… C’est pour ça que je viens », explique la quinquagénaire. Persuadée de la victoire. « On va tout faire, je vais aller partout », sourit-elle.

    Unir la gauche

    Certains ont déjà fait d’autres campagnes, comme Ahmed Mansessour, engagé dans l’association CLCV qui a hésité à rejoindre Nora Preziosi. « Dans les 13-14, on a eu l’extrême droite, on a eu la droite, il n’y a eu aucun changement », souffle-t-il. Sur scène, les cadres socialistes se succèdent. « Cette élection va être très serrée, cela va se jouer à quelques voix, c’est vous qui ferez la différence », assure le directeur de campagne Arnaud Drouot. Après lui, le responsable à la mobilisation Thomas Roller remonte le fil de la campagne, avant la présentation de l’application qui servira à militer. « On n’est pas dans une primaire de la gauche dans laquelle on peut se donner le luxe de ne pas donner le maximum de forces au candidat le mieux placé », insiste-t-il. En face, les militants sont déjà convaincus.

  • À Aix, la maire Sophie Joissains officialise sa candidature

    À Aix, la maire Sophie Joissains officialise sa candidature

    Sophie Joissains entre en campagne. Elle avait déjà annoncé, en 2023, sa volonté de se présenter, mais a attendu 38 jours avant le premier tour du scrutin pour l’officialiser. « J’ai décidé de partir après les vœux. Mes opposants auraient pu se lancer bien avant, ce qu’ils n’ont pas fait. Sur le plan national (…), il y avait beaucoup de facteurs anxiogènes (…). Les habitants n’étaient pas dans l’axe des élections municipales. Ils le sont beaucoup plus aujourd’hui », justifie Sophie Joissains.

    Après avoir succédé à sa mère, Maryse Joissains, la maire sortante assure qu’après avoir « protégé, préservé, guidé » la ville, « nous allons maintenir le cap et faire en sorte d’avoir un rayonnement local ». Il faudra encore attendre pour la présentation de son programme et des noms de ses colistiers. « Il y aura plusieurs partis de la droite et du centre, mais je ne veux surtout pas que cette liste soit un catalogue de partis politiques. Je pense que les habitants ont surtout besoin de projets qui les concernent », laisse entendre Sophie Joissains.

    Côté projets, le bilan de mandat laisse entrevoir les priorités de la campagne. « Ce n’est pas un projet, mais ce n’est pas neutre », estime Sophie Joissains. Si elle est réélue, la candidate indique qu’il n’y aura pas d’augmentation d’impôts : « C’était une promesse qui a été tenue durant cinq mandats et c’est une promesse que je fais à mon tour. Ils n’augmenteront pas demain. C’est le résultat d’une bonne gestion qui nous permet d’avoir à la fois des investissements importants, des services rendus aux Aixois et, dans le même temps, de tenir correctement nos finances. »

    Les priorités de campagne, pour la candidate, s’appuient donc « sur le modèle » du bilan de mandat. Elle liste : « La tenue de la ville, sa végétalisation, la transition énergétique et écologique, avec les réseaux de chaleur, la géothermie, la recherche d’eau thermale (…), une ouverture sur la culture et sur le sport. »

    Ne pas « ignorer les défis »

    Sur ces cinq dernières années, Sophie Joissains met en avant un bilan centré notamment sur la sécurité, avec des agents de police supplémentaires et des recrutements en cours : « Ce qui est important pour nous est de poursuivre la croissance de ces effectifs. On ne peut pas ignorer les défis générés par la ville elle-même et l’évolution d’un narcotrafic qui se passe sur Aix par la narcolivraison. »

    Autre enjeu pour la maire sortante, un « changement de gouvernance à la Métropole. Il faut qu’on revienne à une gouvernance qui permette d’être tenue au niveau des bassins de vie ».

  • Devant ses soutiens, David Fournier se rassure à Avignon

    Devant ses soutiens, David Fournier se rassure à Avignon

    La salle du Rex à Montfavet, certes pas immense, était pleine à craquer de soutiens et de curieux ce mercredi 4 février pour écouter le candidat socialiste aux municipales, David Fournier, détailler à nouveau son programme, mais aussi répondre aux questions.

    Après avoir présenté des soutiens à ses côtés, tels que la candidate de l’union de la gauche à Morières, Annick Dubois, qui rappelle qu’il est « impératif de gagner le Grand Avignon avec les communes limitrophes pour avoir des compétences », il s’est engagé dans un exercice dont il maîtrise désormais les rouages à force de répétition. À savoir la présentation des grandes lignes de son programme. Thématique par thématique, il rappelle ses priorités et lâche quelques nouveautés. Il annonce ainsi que, s’il est élu, il baisserait ses indemnités de maire « pour montrer l’exemple », tout en augmentant celles de ses adjoints, « car la représentation n’est pas une affaire de classe sociale. Les retraités comme les jeunes actifs doivent pouvoir se dégager du travail pour être efficaces », justifie-t-il.

    Il s’est plus tard dit ouvert à la discussion sur des sujets plus épineux. Comme lorsqu’il est interrogé par un habitant de la Rocade sur le plan Faubourg qu’il « ne comprend pas ». Le candidat avait confié en amont que la ville d’Avignon est une « insulaire », car coincée entre le Rhône et la Durance, et ne peut s’étaler. Après avoir répondu que le plan Faubourg « ne cause que 6% des bouchons », David Fournier confie qu’il pourrait « en discuter avec les populations. On ne s’interdit pas de déplacer un sens interdit de 20 mètres ou de modifier des feux rouges en clignotants aux heures de pointe ».

    Les grincheux

    Une réunion publique où l’actuel adjoint de Cécile Helle a commencé en défendant le bilan « que certains grincheux critiquent » de la majorité actuelle et des deux mandats de la maire sortante. Après avoir rappelé avoir hérité « d’infrastructures délabrées » et « d’emprunts toxiques de l’ancienne municipalité ». « Nous sommes fiers d’avoir prouvé qu’une gestion de gauche solidaire peut changer une ville », insiste-t-il. Et de s’agacer, après qu’une question ait évoqué la formule « remettre du bon sens » de son adversaire, Olivier Galzi. « Avignon mérite mieux que les aventuriers de la politique qui viennent de s’inscrire à Avignon peut-être pour s’échapper d’un chômage précaire », cingle-t-il sous les applaudissements et quelques sourires.

  • [Entretien] Kléber Mesquida : « Continuer à travailler au service des citoyens avec sincérité et réalisme » dans l’Hérault

    [Entretien] Kléber Mesquida : « Continuer à travailler au service des citoyens avec sincérité et réalisme » dans l’Hérault

    La Marseillaise : Le budget 2025 avait été voté au prix de gros efforts sur les personnels, la culture… Le Département est-il enfin sorti de la zone rouge ?

    Kléber Mesquida : Je ne sais pas si la zone rouge est complètement derrière nous, mais en tous cas le Département de l’Hérault a pu s’en extirper pour cette année. Nous avons fait de gros efforts sur le budget 2025 et avons engagé des changements structurels qui nous permettront d’aborder les années suivantes avec des infrastructures plus souples et mieux armées face à l’adversité. De plus, les recettes de droits de mutation (DMTO) ont été plus hautes qu’escompté cette année et cela nous permet d’aborder l’avenir avec plus de sérénité que l’année précédente. Malgré tout cela, les recettes, notamment celles attribuées par l’État, restent incertaines, et les dépenses sont incompressibles dans de nombreux domaines, notamment en ce qui concerne les allocations sociales.

    Quelles ont été vos réalisations majeures en 2025 malgré ce contexte financier étriqué ?

    K.M. : Pour des raisons majoritairement contractuelles, nous avons maintenu les engagements financiers liés à des marchés en cours, ce qui nous a permis de finir en temps et en heure deux nouveaux collèges, à Juvignac et à Maraussan. D’autres projets, qui ne demandent pas d’investissements financiers majeurs mais qui bénéficient du soutien du Département et du travail expert de nos agents, comme le Géoparc, ont aussi marqué l’année.

    En 2026, le Département va-t-il se contenter de ses dépenses obligatoires (aides sociales, collèges, routes… ?) ou continuer à investir dans des projets nouveaux et d’avenir ?

    K.M. : On ne peut pas réaliser de nouveaux grands projets d’envergure tant que la situation financière ne s’est pas complètement rétablie, mais le LIEN [Liaison routière d’évitement nord de Montpellier, Ndlr.] est désormais arrivé au bout de son chemin devant les juges, qui nous ont tous donné raison. Ses travaux continueront à avancer tout au long de l’année, et les habitants du secteur, comme ceux qui ne font que traverser la zone, arriveront bientôt au bout de leur attente. Nous avons aussi mis en place un plan sauvegarde qui nous permet de continuer à soutenir les projets des communes qui ont besoin de notre engagement pour obtenir des cofinancements, notamment de l’État.

    Vous dites souhaiter un « nouvel acte de décentralisation ». Qu’espérez-vous de l’État ?

    K.M. : Nous avons été contactés par le Premier ministre à ce sujet. Il a présidé un Département par le passé, il n’ignore donc pas les réalités de notre quotidien, mais si de nouveaux transferts de compétences devaient avoir lieu, il est important qu’ils se fassent dans l’intérêt du citoyen, pour que les services publics soient au plus proche de ses besoins. En outre, quelle que soit la compétence transférée, il est crucial que les moyens soient transférés avec, et ce dans leur totalité. Une grande partie de nos soucis financiers est liée à la non-compensation totale de compétences transférées par l’État dans le domaine du social. Il ne peut pas y avoir délégation de compétence sans délégation des moyens correspondants.

    Vous avez quitté le PS. Que vous inspire la situation politique de la France avant les Municipales et la Présidentielle ?

    K.M. : Les élections, c’est un peu comme un match de foot : tout peut se jouer à la dernière minute et il est difficile de faire des prédictions tant que les joueurs sont encore sur le terrain. Je ne suis candidat dans aucune mairie, mais je continue à participer au match, dans le rôle qui est le mien. Je comprends ceux qui ont peur de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir, c’est très inquiétant pour tout le monde et surtout pour les plus fragiles. Le mieux que l’on puisse faire pour l’endiguer, c’est continuer à travailler au service des citoyens avec sincérité et réalisme, en étant transparents sur ce qui est possible à réaliser. C’est en inspirant respect et crédibilité qu’on combattra les effets d’annonce et les promesses qui se fondent sur la peur et les fausses informations.

  • Aix : à gauche, la sécurité comme cheval de bataille

    Aix : à gauche, la sécurité comme cheval de bataille

    Dans la salle du château de l’Horloge, les drapeaux des composantes de l’union sont dressés, parmi la foule. C’est dans ce quartier dit populaire de la ville que Marc Pena (PS), à la tête d’une union née des forces écologistes et de gauche, a choisi de tenir son premier meeting de campagne. Sur la centaine de sièges, occupés au complet, des invités locaux, incluant Jean-David Ciot (PS), maire du Puy-Sainte-Réparade, ou Paul Sabatino, maire (PCF) du Rove. Avant les discours officiels, les engagements de campagne, une ronde d’applaudissements et une standing ovation pour Amine Kessaci, absent lors du meeting. Ce soir-là, à Aix, le militant acharné dans la lutte contre le narcotrafic, candidat aux côtés de Benoît Payan était venu soutenir la campagne. Avant de quitter les lieux (lire ci-contre). Amine Kessaci aura eu le temps d’étayer les deux raisons de sa venue lors d’une conférence de presse en amont : « la première est que partout le narcotrafic doit être combattu, partout où je pourrais aller porter cette parole, de dire que la réponse face au narcotrafic doit être à 360 degrés, cela doit être une réponse transversale. » Ensuite, « on travaille à la création d’une association nationale des maires. Et si Marc [Pena], est élu, il siégera dans cette association et portera la voix d’Aix », a-t-il lancé aux côtés du candidat.

    Protéger, sous tous angles

    Autre raison de la venue du militant : « J’ai confiance en Marc pour ramener une vague d’espoir, de renouveau, une vague où l’entre-soi, le règne familial n’a pas sa place dans une République ou tout le monde a sa voix à porter. »

    Lors du meeting, au tour des chefs de file, forces de gauche et écologistes, de réitérer leur soutien au candidat, leur vision d’Aix. « Le combat d’Amine est notre combat. C’est celui que nous allons porter ensemble pendant toute la campagne », promet David Tessier (PCF). Marc Pena, annonce ce soir porter une liste qui « protège. Ce n’est pas un slogan, c’est une ligne de conduite », estime le candidat. Protéger socialement, écologiquement, pour une « tranquillité publique ». Promesse donc, de rétablir des brigades anti-stups, un renforcement de coopération entre police nationale, municipale et services de l’état. « Nous allons recruter des médiateurs de rue, nous rétablirons une police de proximité, nous recréerons des points d’accueil, des commissariats décentralisés, visibles, accessibles dans les quartiers… » comme autant d’engagements. « À ceux qui se servent de la sécurité comme un terreau fertile pour leurs idées nauséabondes, je le redis, la sécurité est un sujet de gauche ! », pose-t-il.

    Amine Kessaci, exfiltré par la police

    Venu soutenir la campagne de Marc Pena, venu parler de lutte contre le narcotrafic et de sécurité Amine Kessaci a dû précipitamment quitter les lieux escorté par les forces de l’ordre alors qu’il tenait une conférence de presse… Engagé dans la lutte contre le narcotrafic, cause de la mort d’un premier frère, fondateur de l’association Conscience pour venir en aide aux familles victimes de narchomicide, le jeune militant vit sous haute protection policière depuis l’été 2025, quelques mois après la sortie de son livre Marseille, Essuie tes larmes, et des menaces répétées. Une protection renforcée, depuis l’assassinat de son jeune frère Mehdi Kessaci, 20 ans, abattu le 13 novembre dernier par un commando à moto à Marseille. « Il ne faut pas se taire », réitérait Amine Kessaci, ce jeudi soir.

  • [Entretien] Manon Julian : « Valréas à gauche veut redonner vie à la ville »

    [Entretien] Manon Julian : « Valréas à gauche veut redonner vie à la ville »

    La Marseillaise : Quel est le sens de votre candidature, la gauche ayant été hors course en 2020 ?

    Manon Julian : Je suis née à Valréas il y a presque 40 ans et j’ai grandi à Rousset-les-Vignes. Après des études de littérature, je suis revenue à Valréas il y a 4 ans où j’enseigne le français depuis la rentrée au collège public Vallis Aeria. Je n’avais jamais fait de politique jusque-là. J’ai rencontré un groupe d’habitants, réuni dans un comité citoyen fondé en 2018. Par le passé, ils ont été force de propositions auprès de la mairie [de Patrick Adrien, DVD], sur des thèmes que l’on reprend dans notre campagne, notamment la végétalisation et les mobilités douces. Mais cette expérience a été malheureuse pour le comité citoyen, écouté mais pas entendu par la mairie. C’est cela qui a lancé le mouvement de la liste avec l’envie aussi de montrer que la gauche est force de propositions locales et permettre aux électeurs d’avoir d’autres choix que la droite et l’extrême droite [pour l’heure, le RN n’a pas investi de candidat face au maire sortant et Jean-Marie Roussin, autre candidat venu de la majorité]. Avec Valréas à gauche, on travaille collectivement, je n’avais pas l’ambition première de conduire la liste. C’est quelque chose qui nous démarque des autres candidats qui ont créé leurs listes autour d’eux.

    Comment présentez-vous votre liste aux habitants ?

    M.J. : Comme celle de l’union à gauche dans toutes ses diversités, même si nous n’avons pas l’appui officiel des partis. On est très fiers d’avoir réussi localement, ce qui paraît impossible nationalement.

    Quels sont vos priorités et projets ?

    M.J. : Notre programme s’appelle Valréas en vie, car la ville souffre d’une image négative. S’il y a une mesure phare à retenir, ce serait la création d’un espace de baignade, avec un lac artificiel et aire de pique-nique. Cela résume notre philosophie de vouloir récréer du lien avec les habitants, rendre l’espace public plus accueillant et chaleureux. Cette volonté de vivre ensemble se décline aussi sur le projet d’une médiathèque ou d’un espace, type MJC, pour les jeunes. Il manque aussi d’activités sportives : il n’y a plus de club de foot par exemple alors que nous sommes une ville de 10 000 habitants. Qui plus est, avec 30% de la population vivant sous le seuil de pauvreté. On souhaite réhabiliter un CCAS digne de ce nom. Nous voulons développer les mobilités douces. Avec des pistes cyclables, garage à vélo… La question de mettre en sens unique le tour de ville reste à débattre. Enfin, il faut réinjecter de la vitalité démocratique car beaucoup de décisions sont prises dans l’opacité.

  • La LDH de Toulon s’implique contre l’extrême droite

    La LDH de Toulon s’implique contre l’extrême droite

    Le président de la section de Toulon-La Seyne, Roland Biache, n’a jamais caché mener activement la bataille des idées, et en tout premier lieu auprès de la jeunesse, pour tenter, avec un volet éducatif et pédagogique, de démonter les préjugés et stéréotypes qui font le lit du repli sur soi et du racisme et sont nourris par l’extrême droite. Pas question donc à l’approche des élections municipales, dans un département qui a envoyé 7 députés sur 8 RN à l’Assemblée nationale, de ne pas s’engager et faire vivre la réflexion.

    C’est tout l’objet de la soirée conférence-débat de mercredi soir à la Bourse du travail de Toulon. Avec dès 18h l’intervention de Pascal Brun membre de la Coordination départementale contre l’extrême droite (Codex). Créée après le choc des municipales de 2014 où le FN rafle de nombreuses mairies varoises, dont Fréjus, elle regroupe des organisations progressistes du département. Et veut rappeler à quelques semaines du prochain scrutin qui est vraiment le FN/RN, et son imposture sociale.

    « L’extrême droite reste une mouvance qui préconise la haine, le racisme, la xénophobie, l’homophobie et le sexisme », interpelle la coordination.

    Puis ce sera au tour du sociologue Alain Hayot auteur de Face aux nouveaux monstres, le sursaut : Pour faire reculer les extrêmes droites (Les éditions L’Humanité) de livrer son analyse. Dans son livre, il déconstruit les mots-valises de la propagande réactionnaire et mortifère. Et invite à mener les batailles culturelles en prenant en compte les imaginaires de la peur et les représentations du réel.

    De quoi s’armer sainement pour mener le combat.