Category: politique

  • À Gardanne, la gauche met le cap sur la solidarité

    À Gardanne, la gauche met le cap sur la solidarité

    « Nous devons lutter contre l’immobilisme », encourage Jean-Marc La Piana. à Gardanne, le candidat, qui porte la liste « Ensemble, changeons de cap », née d’une union des forces de gauche et écologistes, a tenu son premier meeting de campagne, mercredi soir, en mairie annexe de Biver. Un lieu de « choix. Biver, ce n’est pas une annexe, c’est bien plus que ça, c’est un quartier, c’est même un village ». C’est d’ailleurs ici que devrait être créé, dès le premier conseil municipal, un conseil de quartier.

    Au terme de « six mois de travail » et réunions pour construire un programme, le candidat a pu présenter les grandes lignes de son projet. Il a formulé les premières promesses de campagne. Les colistiers les plus proches ont également été dévoilés. Parmi eux, des visages familiers, issus du Collectif Citoyen Gardanne Biver (CCGB) et de L’avenir nous appartient, groupe d’opposition qu’il mène, réunis désormais dans une même campagne. De nouveaux noms figurent aussi sur la liste. D’un enseignant à un policier municipal retraité, la liste se veut « représentative de nos quartiers, de notre diversité », estime Sylvia Caramanna, coprésidente du comité de campagne.

    Écologie, éducation…

    Chacun des colistiers venus au pupitre a présenté un pilier du programme. Terry Morrant, l’un des plus jeunes membres de la liste, promet « du concret, car une ville attractive ne s’improvise pas », avec marché de producteurs le samedi matin, pour redonner « vie au cœur du quartier ». Côté solidarité, Amélie Barbey (PCF) annonce la mise en place d’une « mutuelle municipale, dispositif qui va permettre d’accéder à une santé complémentaire à des tarifs négociés ». Elle souhaite également « repérer les spécialités manquantes et attirer les professionnels dans les locaux communaux en échange de l’application du tiers payant ». La question du handicap et la concertation avec les associations pour développer de nouveaux projets figurent aussi au programme. « L’inclusion est une intention et des moyens mis à son service », lance Amélie Barbey.

    Un large volet écologique compose aussi le programme. Laurent Deshaies (EELV) promet un « vrai plan de rénovation de la voirie, quartier par quartier ». Avec surtout, d’ici 2028, la fermeture totale et définitive de la décharge de la Malespine. Pour la sécurité des Gardannais, Mohamed Abdellaoui, ancien policier municipal, plaide pour « une police de proximité (…) et la création d’une véritable brigade de l’environnement ».

    Puis Kafia Bensadi, engagée en 2020 aux côtés du maire sortant Hervé Granier, avant de rejoindre l’opposition « parce qu’il n’y a rien de pire que de s’engager et voir jour après jour que les engagements sont reniés », présente l’éducation comme l’une des priorités du mandat : « Nous engagerons le Plan École 2030. »

    Marion Robert a abordé ensuite la gestion des finances municipales. Il s’agit d’abord de « regarder la réalité en face. Nous allons changer de méthode, nous engager dans une ligne transparente et responsable. Nous mettrons fin aux pratiques douteuses et irrégulières qui gaspillent l’argent public ». Non sans citer notamment le fiasco de la Smart City et le récent rapport de la Chambre régionale des comptes.

    Dernier à prendre la parole, Jean-Marc La Piana promet : « Dans cette ville, chaque habitant sera respecté, écouté, considéré. Le mépris et l’abandon c’est fini (…). L’humain sera placé au-delà des logiques financières. »

  • Nicolas Isnard présente son équipe pour « Réussir Salon »

    Nicolas Isnard présente son équipe pour « Réussir Salon »

    Pour la présentation de sa liste et de son programme, le maire sortant de Salon-de-Provence a choisi l’espace Charles Trenet. Nicolas Isnard (LR) a fait monter ses colistiers et colistières un à un sur la scène, devant plusieurs centaines d’habitants.

    De l’actuelle majorité, 23 noms repartent en campagne, rejoints par 21 nouveaux visages. C’est notamment le cas de Patrick Urvoy et de Kathryn Mougammadou, tous deux photographes établis sur la ville. Cette dernière est candidate « parce que je n’ai jamais été aussi fière d’être Salonaise, ville bienveillante et de tous les possibles ».

    Un programme en douze projets prioritaires

    L’actuel premier adjoint, Michel Roux, décrit une liste composée de « femmes et des hommes engagés, investis et pleinement conscients des responsabilités qui les attendent ». Le programme est tourné vers « un développement durable au service de notre cadre de vie, structuré autour de douze projets prioritaires », d’après l’élu et candidat.

    Lors du meeting, Nicolas Isnard a annoncé comme mesure phare la création d’une mutuelle municipale, avant d’énumérer les autres propositions. Parmi elles, le soutien au centre-ville avec l’installation de nouveaux commerces alimentaires de producteurs locaux, place des Martyrs, ou encore la restauration de l’orgue de l’église Saint-Laurent.

    Face au maire sortant, élu en 2020 dès le premier tour avec 69,26% des voix, trois autres listes se sont annoncées. À l’extrême droite, celle de Cédric Vaccarezza pour le RN ; à l’opposé, la liste portée par Anaïs Giner pour la France insoumise. Patrick Chini, à la tête de la liste « Demain Salon » regroupant plusieurs forces de gauche, complète le tableau.

  • Loïc Gachon renouvelle la moitié de son équipe à Vitrolles

    Loïc Gachon renouvelle la moitié de son équipe à Vitrolles

    Dans la permanence de Loïc Gachon (PS), à quelques mètres de l’hôtel de ville, des feuilles débordant de propositions jonchent la table. Quelques colistiers et membres de l’équipe de campagne du maire sortant de Vitrolles se réunissent pour y mettre de l’ordre et monter un document programmatique qui sera distribué fin février.

    Les priorités de la tête de liste sont déjà identifiées, au premier rang desquelles protéger au quotidien. « Le service public de proximité, municipal, est la première porte à laquelle on peut taper quand on est confrontés à une difficulté de la vie », affirme Loïc Gachon, qui souhaite aussi se projeter pour préparer l’avenir face au « changement climatique », anticiper les « questions d’éducation », de l’économie et de l’emploi pour « faire en sorte que Vitrolles reste une ville dynamique et attractive, se positionne sur les filières d’excellence et soutienne l’aéronautique ». Enfin, une grande place est dédiée au vivre ensemble. « Fédérer les habitants en développant ce qui nous rassemble », résume l’édile.

    Pour y parvenir, la liste doit arbitrer entre « ce qui était déjà prévu par l’équipe sortante » et les très nombreuses propositions émanant des ateliers participatifs du collectif « Réfléchissons Vitrolles ». Le tout en respectant une limite : un budget annuel d’investissement de 18 millions d’euros.

    Dix élus ne repartent pas

    Le programme détaillé sera dévoilé lors d’une réunion publique fin février. Une chose est en revanche déjà connue : les visages des colistières et colistiers de Loïc Gachon, qui espère repartir avec une liste pour moitié renouvelée, comprenant « 19 personnes qui n’ont jamais été élues ». Parmi elles : Thomas Robert, directeur de l’école Badinter récemment inaugurée dans le quartier des Pins ; Frédéric Izacard, responsable local des Écologistes ; Dominique Sow, ancien animateur de centre social à Vitrolles ; Florence Zemour, médecin en charge de la Maison de santé pluridisciplinaire Simone-Veil ; ou encore Joris Coppens, étudiant en médecine de 20 ans. « C’est une équipe solidaire, diversifiée, qui représente tous les quartiers de la commune et tous les secteurs d’activité
    professionnelle
     », assure Loïc Gachon.

    Soutenu par une large frange de la gauche, à l’exception de La France insoumise, qui ne s’est pas prononcée mais n’a pas non plus présenté de liste, le maire sortant détaille : « Il y a dix socialistes, cinq communistes, cinq MoDem, quatre Écologistes, deux Place publique et un Génération.s. »

    Dix élus ne repartent pas, dont Jean-Claude Mondoloni, premier adjoint en charge des finances, Philippe Gardiol, adjoint à la transition écologique, Jean-Pierre et Marie-Claude Michel ou encore Michel Renaudin. « Ça s’est passé sereinement, on a leur soutien », certifie Loïc Gachon, qui se concentre désormais sur la finalisation du programme.

    « Les projets seront présentés petit à petit lors des réunions publiques », annonce-t-il. Prochaine date : ce samedi 14 février, à 17h, au centre social le Bartas.

  • « Demain Salon » présente ses mesures écologiques et sociales

    « Demain Salon » présente ses mesures écologiques et sociales

    Elle a reçu le soutien de l’ancien maire Michel Tonon (PS). Ce mercredi 11 février, la liste d’union de la gauche « Demain Salon » a présenté ses visages et son programme, élaboré dans l’ombre « depuis six mois », indique le candidat, Patrick Chini (PS).

    En quatrième position sur la liste, Michèle Blanc-Pardigon, pédiatre, chevalier de la Légion d’honneur et ancienne élue à la santé publique, souhaite s’engager « pleinement (…) pour une santé globale associant le développement de l’agriculture nourricière bio, des activités physiques, sportives et culturelles, pour un contrat de santé et de santé mentale global, et pour l’accessibilité aux soins pour tous ».

    Logement digne

    « Demain Salon » propose notamment de mettre en place un Plan alimentaire communal et des fermes municipales pour tendre vers le 100% bio et local, mais aussi d’aider les nouveaux médecins à s’installer ou encore de créer un Ehpad public.

    Son colistier Nicolas Maury (PCF) insiste sur la problématique de l’habitat : « Nous sommes la liste qui défend le logement social (…). Nous voulons que les travailleurs et travailleuses puissent se loger dignement dans des logements salubres et accessibles. » Si l’équipe est élue, elle entend imposer au moins 50% de logements sociaux dans les nouvelles opérations, développer l’hébergement d’urgence, réhabiliter l’ancien et lutter contre la vacance.

    Celle qui est en position de devenir première adjointe, Véronique Le Marchand, s’est engagée à « faire triompher l’écologie (…) populaire et joyeuse, qui ne confond pas les responsables et les victimes ». Parmi les mesures : tendre vers le 100% d’énergies renouvelables pour le patrimoine municipal en imposant une couverture photovoltaïque sur toute nouvelle construction, atteindre le 0 pesticide et végétaliser l’espace public, à commencer par les places Morgan et Charles-de-Gaulle.

    L’ancien maire Michel Tonon salue : « On voit bien les difficultés à faire aboutir les idées de gauche à travers les questions de justice sociale. Je crois que le combat politique qui peut se mener à l’échelle locale est un combat important. » Face à Nicolas Isnard, élu en 2020 avec près de 70% des suffrages, les chances de la liste semblent minces. Mais il affirme, évoquant la victoire de François Blanc en 2001 acquise dans un « trou de souris » après une « quadrangulaire » : « Les combats ne sont jamais perdus tant qu’on ne les a pas menés. »

  • Les voix de la Belle de Mai veulent être entendues

    Les voix de la Belle de Mai veulent être entendues

    Profiter des élections municipales pour dire « entendez-nous ». C’est le sens de la conférence de presse organisée au LaboFriche de la Friche Belle de Mai, mercredi, par des habitants, usagers et associations du 3e arrondissement. Parmi eux, Fairville, L’appel de mai, la Comac, le collectif On le fait pour nous et treize autres organisations réunies dans le Collectif d’accès aux droits du 3e.

    Ce quartier souvent dépeint comme le plus pauvre d’Europe, « avec ses vulnérabilités multidimensionnelles, a besoin d’une approche multisectorielle », explique Alima El Bajnouni, membre d’Un centre-ville pour tous et responsable de l’association Appuii, avant d’énumérer les problématiques relevées.

    Les deux principales (accès aux droits – services publics et Conditions de logement) ont été mises en avant dans une enquête réalisée par Action contre la faim, comme le rappelle Kheira, du collectif On le fait pour nous. Au total six thématiques sont ciblées avec des cas très concrets.

    « Discrimination »

    La question de l’espace public dans sa dimension propreté, voirie, accessibilité ou sécurité, et celle des transports concernent la Métropole, et sont les plus discutées. Douja n’hésite pas à parler de « discrimination » en pointant « les bus 31, 32, 33, 34 toujours remplis », « l’arrêt St-Mauront du 82 » suspendu en raison d’un point de deal, la nécessité de prolonger les horaires des lignes 56 et 49 après 19h30, ou l’absence d’abribus…

    Au fond de la salle, Faiza prend la parole pour défendre les élèves de l’école Vaillant envoyés dans le 14e, « de l’autre côté de Plombières », sans solution de transport. Le tram qui doit traverser la Belle de Mai est aussi l’objet de vives inquiétudes, les représentants du collectif Qu’est-ce qui s’tram ?, pointant le manque de transparence du projet. État des écoles Cadenat et Révolution, éclairage public, accès aux stages, baisse des financements aux associations, espaces verts et relogement animent la discussion.

    Présent dans la salle, Abdallah Salim Alladine, le candidat de la France insoumise sur le secteur, abonde lorsqu’il est question du manque de transparence dans les attributions de logements sociaux, ciblant le bailleur social de la municipalité… Le Printemps marseillais, justement, a déjà répondu au courrier adressé par le collectif. « Pour une fois », tacle Kheira. « Ce courrier a été envoyé à tous. Qui que ce soit qui est élu, nous veillerons à ce que les engagements soient tenus », conclut Alima.

  • Le Printemps marseillais mise sur le périscolaire

    Le Printemps marseillais mise sur le périscolaire

    Au milieu des agrès de la rue des enfants de l’école Friedland ce mercredi, dans le 6e arrondissement de Marseille, c’est en commençant par un regard dans le rétroviseur que l’actuel adjoint (G.s) à l’éducation, Pierre Huguet, démarre la présentation du programme du Printemps marseillais pour les écoliers. « En 2020, nous avons fait de l’école la priorité », souligne le président du groupe Printemps marseillais, rappelant la Une de Libération, le 2 février 2016, qui désignait les établissements de la ville comme « la honte de la République ». Six ans plus tard, il se félicite des travaux réalisés dans toutes les écoles, des moyens redonnés pour le service public de l’éducation. « Bien sûr, nous n’avons pas tout fait, mais qui pensait qu’en six ans, nous allions rattraper vingt-cinq ans de retard ? » concède-t-il.

    Petits-déjeuners gratuits

    Alors, l’adjoint tête de liste pour le Printemps marseillais dans les 9e et 10e arrondissements promet : « Nous allons continuer le travail réalisé et élargir encore notre action. » à commencer par une heure d’accueil gratuite, entre 16h30 et 17h30, pour que les enfants puissent faire leurs devoirs à l’école. « Ce que j’ai pu constater, c’est que les principales ruptures d’égalité se font en dehors du temps scolaire », appuie Pierre Huguet. Dans la même veine, le nombre de places d’accueil en centre aéré, le mercredi et pendant les vacances, doit passer de 6 000 aujourd’hui à 12 000, afin de proposer au plus grand nombre des activités culturelles et sportives. « Cela permet de répondre aux besoins des familles et de corriger les inégalités », souligne l’élu, qui confie en aparté l’ambition de restructurer la filière de l’animation pour lutter contre la précarité dans ce secteur. Des mesures qui ne sont pour l’instant pas chiffrées. « Une fois qu’on a la volonté, on peut trouver des moyens », assure-t-il.

    Pour réduire cette fracture sociale, le Printemps marseillais compte aussi sur des kits scolaires à la valeur doublée, veut proposer des petits-déjeuners gratuits pour toutes les élèves des quartiers prioritaires, étendre la cantine gratuite à 15 000 enfants (contre 10 000 aujourd’hui). à ses côtés, l’auteur Rachid Zerrouki, connu sous le pseudo Rachid l’Instit’, opine. « L’alimentation, la cantine ont un poids très concret sur la santé de nos élèves, ce qui fait qu’ils arrivent le matin en étant apte à apprendre », souligne le professeur coordinateur d’un micro-collège pour décrocheurs, venu soutenir le Printemps marseillais. Sans être candidat, précise-t-il.

    La transformation des cantines justement doit se poursuivre avec la construction de cantines de proximité. Leur nombre n’est pas encore défini. « La première, on l’a annoncée à Saint-Antoine-de-Palanque, et nous travaillons sur un second site à Château-Gombert, commente l’adjoint. C’est un plan qui va prendre dix à douze ans, il faut mobiliser du foncier. »

    La rénovation des écoles doit se poursuivre, à son rythme de croisière désormais atteint. Malgré l’ombre au tableau, le signalement au parquet réalisé par l’ancien préfet de région. « ça ne doit pas venir brouiller le signal positif envoyé sur les écoles, défend Pierre Huguet. Aujourd’hui, on a une enquête, on verra les conclusions. Mais cela n’enlève en aucune matière les engagements qui ont été pris. »

  • Le Printemps marseillais mise sur le périscolaire

    Le Printemps marseillais mise sur le périscolaire

    Au milieu des agrès de la rue des enfants de l’école Friedland ce mercredi, dans le 6e arrondissement de Marseille, c’est en commençant par un regard dans le rétroviseur que l’actuel adjoint (G.s) à l’éducation, Pierre Huguet, démarre la présentation du programme du Printemps marseillais pour les écoliers. « En 2020, nous avons fait de l’école la priorité », souligne le président du groupe Printemps marseillais, rappelant la Une de Libération, le 2 février 2016, qui désignait les établissements de la ville comme « la honte de la République ». Six ans plus tard, il se félicite des travaux réalisés dans toutes les écoles, des moyens redonnés pour le service public de l’éducation. « Bien sûr, nous n’avons pas tout fait, mais qui pensait qu’en six ans, nous allions rattraper vingt-cinq ans de retard ? » concède-t-il.

    Petits-déjeuners gratuits

    Alors, l’adjoint tête de liste pour le Printemps marseillais dans les 9e et 10e arrondissements promet : « Nous allons continuer le travail réalisé et élargir encore notre action. » à commencer par une heure d’accueil gratuite, entre 16h30 et 17h30, pour que les enfants puissent faire leurs devoirs à l’école. « Ce que j’ai pu constater, c’est que les principales ruptures d’égalité se font en dehors du temps scolaire », appuie Pierre Huguet. Dans la même veine, le nombre de places d’accueil en centre aéré, le mercredi et pendant les vacances, doit passer de 6 000 aujourd’hui à 12 000, afin de proposer au plus grand nombre des activités culturelles et sportives. « Cela permet de répondre aux besoins des familles et de corriger les inégalités », souligne l’élu, qui confie en aparté l’ambition de restructurer la filière de l’animation pour lutter contre la précarité dans ce secteur. Des mesures qui ne sont pour l’instant pas chiffrées. « Une fois qu’on a la volonté, on peut trouver des moyens », assure-t-il.

    Pour réduire cette fracture sociale, le Printemps marseillais compte aussi sur des kits scolaires à la valeur doublée, veut proposer des petits-déjeuners gratuits pour toutes les élèves des quartiers prioritaires, étendre la cantine gratuite à 15 000 enfants (contre 10 000 aujourd’hui). à ses côtés, l’auteur Rachid Zerrouki, connu sous le pseudo Rachid l’Instit’, opine. « L’alimentation, la cantine ont un poids très concret sur la santé de nos élèves, ce qui fait qu’ils arrivent le matin en étant apte à apprendre », souligne le professeur coordinateur d’un micro-collège pour décrocheurs, venu soutenir le Printemps marseillais. Sans être candidat, précise-t-il.

    La transformation des cantines justement doit se poursuivre avec la construction de cantines de proximité. Leur nombre n’est pas encore défini. « La première, on l’a annoncée à Saint-Antoine-de-Palanque, et nous travaillons sur un second site à Château-Gombert, commente l’adjoint. C’est un plan qui va prendre dix à douze ans, il faut mobiliser du foncier. »

    La rénovation des écoles doit se poursuivre, à son rythme de croisière désormais atteint. Malgré l’ombre au tableau, le signalement au parquet réalisé par l’ancien préfet de région. « ça ne doit pas venir brouiller le signal positif envoyé sur les écoles, défend Pierre Huguet. Aujourd’hui, on a une enquête, on verra les conclusions. Mais cela n’enlève en aucune matière les engagements qui ont été pris. »

  • Dans la cité de Molière, à Pézenas, la gauche en chef d’orchestre

    Dans la cité de Molière, à Pézenas, la gauche en chef d’orchestre

    Des cinq listes qui briguaient la mairie de Pézenas en 2020, il ne devrait en rester que deux, le 15 mars. Celle du maire PS sortant, Armand Rivière, qui a sonné il y a 6 ans le glas de l’hégémonie de la droite d’Alain Vogel-Singer. Condamné pour « prise illégale d’intérêt » en 2017, l’ancien maire de droite a finalement eu gain de cause en 2021 en cassation pour un vice de procédure. Si un retour n’est pas à exclure, il a depuis perdu en influence.

    La seconde liste connue à ce jour est celle du macroniste Philippe Huppé. L’ancien député (2017-2022) LREM puis Agir Ensemble est vu par la majorité de gauche comme un « parachuté ». La 5e circonscription de l’ancien maire d’Adissan n’étant pas celle de Pézenas (4e). Pour le reste, pas de liste LFI ni de RN à l’horizon.

    Formations diversifiées

    et création d’emplois

    Est-ce à dire que le maire sortant a convaincu en 6 ans ? « Compte tenu de la situation de la Ville à notre arrivée, du Covid et de la guerre en Ukraine, le bilan nous satisfait, même si on peut toujours faire mieux », positive Armand Rivière. La « cantine dès 1 euro avec tarifs progressifs » est une fierté. De même que la réfection de l’avenue de Verdun (11 ME), la remise en culture de la ferme de L’Auribelle sur 14ha ou encore la belle dynamique culturelle (400 ans de Molière, festival Boby Lapointe…).

    Sans être le fruit d’un accord de partis, sa liste ouverte à la société civile, qui compte des socialistes, écologistes ou communistes, défend des « valeurs de gauche ». Dans le bassin de vie d’Agde parmi les plus sinistrés de France, A. Rivière veut « redonner de la dignité ». Bonne nouvelle : le décret du ministère est imminent pour acter le dispositif « Territoire zéro chômeur » à Pézenas. Des embauches en CDI sont donc attendues dans « des secteurs non concurrentiels où des besoins sont non couverts » (utilité sociale, conciergerie de quartier, accompagnement à la mobilité…). A. Rivière veut coupler cet outil au développement de la formation, en lien avec les activités locales comme la « filière viande » (abattoirs) ou les « métiers d’art » (chanson, théâtre). Côté constructions, le quartier Saint-Christol (24ha) offrira 584 logements, dont certains aidés. Le centre aquatique et la piste d’athlétisme seront « rénovés ». Un « plan fraîcheur » va être engagé dans les écoles et dans la ville avec « un square ou un jardin rénové chaque année ». Le tout via des ateliers participatifs. « Je n’ai pas la science infuse, je suis à l’écoute », insiste le maire PS.

  • Élections municipales : ces jeunes candidats témoignent

    Élections municipales : ces jeunes candidats témoignent

    Dylan Douang Roux, Vivre mieux (liste de Bruno Aubry) Bouc-Bel-Air (13)

    « On a beau parler, personne n’écoute »

    « On a beau parler, personne n’écoute les jeunes. C’est pour cela que j’aimerais les représenter. » À tout juste 18 ans et encore lycéen, Dylan Douang Roux a décidé de devenir candidat à Bouc-Bel-Air, sur la liste « Vivre mieux » menée par Bruno Aubry (DVG). « Son programme m’a beaucoup plu. Déjà parce que j’aime bien l’écologie. Et aussi parce qu’il nous a proposé de faire une partie jeunesse. »Invité par une amie à l’inauguration de la permanence de campagne du candidat, il a souhaité rejoindre la liste. Une façon pour lui de montrer que l’on peut s’investir en politique. « Mes collègues ne sont pas hyper intéressés. Mais depuis que je suis candidat, ils s’en préoccupent plus, constate le bachelier en métiers de l’électricité et de ses environnements connectés (Melec). ça montre qu’on peut rentrer dans un parti jeune. Ça peut les motiver. » Dylan Douang Roux, Boucain de longue date, veut permettre aux plus jeunes de découvrir le plus tôt possible la diversité des métiers qui existent. Il entend également organiser des rencontres entre jeunes et personnes âgées au sein de sa commune.

    Eva Janus

    Selma Bechagra, Pour Martigues ! (liste de Gaby Charroux) Martigues (13)

    « Nous sommes les citoyens de demain »

    Travailleuse sociale de 21 ans et ancienne animatrice Bafa, Selma Bechagra a décidé, cette année, d’être candidate sur la liste menée par le maire de Martigues Gaby Charroux (PCF) pour les municipales. Un engagement né en constatant les aides mises en place par la municipalité sortante.

    « À Martigues, il y a des aides pour passer le Bafa par exemple, avec un stage rémunéré, ce qui est rare. J’en ai profité et je veux que d’autres en profitent. J’ai donc voulu défendre ça, sachant que j’ai un petit frère, une petite sœur, des cousins. J’aimerais qu’eux aussi en bénéficient », explique la jeune candidate. En tant que travailleuse sociale, elle voit également comment les aides de la Ville accompagnent certaines personnes. « Évidemment, cela peut être amélioré, mais la mairie fait beaucoup. » Pour défendre ces mesures et encouragée par un membre de sa famille, la jeune femme décide alors de s’investir sur la liste de Gaby Charroux.

    Sa candidature est aussi un moyen de mobiliser les jeunes autour d’elle. « Avant, je ne m’intéressais pas à la politique et mes amis autour de moi, c’est pareil, se désole-t-elle. Mais une fois qu’on m’a donné accès à quelques informations, je me suis dit qu’en fait, c’est important de s’engager. Parce que nous sommes les citoyens de demain. »

    E.J.

    Mazy Djezzar, Génération écologie (liste de David Fournier) Avignon (84)

    « Rien ne change si on n’est pas élu »

    À 27 ans, Mazy Djezzar connaît déjà sa 3e campagne électorale. Le référent vauclusien de Génération écologie est en lice aux côtés de David Fournier (PS), après avoir déjà œuvré aux municipales de 2020 sur la liste EELV de Jean-Pierre Cervantès puis l’année suivante aux régionales.

    Prof de maths dans deux collèges avignonnais, il s’est intéressé à la politique par le prisme du militantisme associatif autour de l’environnement, dans son quartier des Grands-Cyprès. Collecte de déchets, ambassadeur du tri, « j’avais envie de faire plus et rien ne peut changer si on n’est pas élu », souligne le jeune homme. Un avis guère partagé dans son entourage. « Quand je me suis engagé, j’ai eu un manque de soutien entre ceux qui disaient que la politique ne servait à rien et ceux qui ne s’y intéressaient pas du tout », se souvient-il. Il constate aussi l’effet des réseaux sociaux : « Les jeunes connaissent les politiques juste par ce qu’ils font, mais pas pour leurs idées. » Et s’arme de pédagogie : « J’écoute, j’ai un peu de bagage pour les convaincre de voter, mais l’Éducation nationale doit remplir son rôle et offrir de la maturité citoyenne. »

    F.C.

    Sasha Quiles, Demain Sisteron ! (liste de Zoé Lerouge) Sisteron (04)

    « Tout le monde a sa parole à donner »

    À 25 ans, Sasha Quiles, salarié dans une ressourcerie, a décidé pour la première fois de se porter candidat aux municipales sur la liste citoyenne « Demain Sisteron ! » (Alpes-de-Haute-Provence), menée par Zoé Lerouge. Arrivé dans la ville il y a trois ans, il ne se voyait pas « vivre à un endroit sans s’investir dans la communauté dans laquelle [il] habite ».

    Pour ce cégétiste, cette décision est motivée par la volonté de refaire vivre la démocratie locale et mobiliser les jeunes. « On est dans une époque où il y a un recul de la confiance envers la démocratie. Participer à cette vie publique et politique, c’est aider à redonner confiance aux gens envers la politique directe. Parce que les municipales, c’est la politique du quotidien. »

    Une politisation qui s’est en quelque sorte imposée au jeune homme : « Mon frère est handicapé de naissance, donc les luttes liées à cette question m’ont touché. J’ai grandi à l’époque de la Manif pour tous, et vis-à-vis de ma sexualité, j’ai très vite compris que ce serait un combat de tous les jours. […] En m’investissant dans ces municipales, je veux montrer qu’on peut tous mettre notre pierre à l’édifice et que tout le monde à sa parole à donner. »

    E.J.

  • Accusations de favoritisme : Stéphane Ravier au tribunal

    Accusations de favoritisme : Stéphane Ravier au tribunal

    « Les citoyens auront du mal à croire que celui qui fait la loi ne la connaît pas. » Alors que le sénateur Stéphane Ravier, ancien membre du Rassemblement national puis de Reconquête, et sa nièce Sandrine d’Angio sont sur le banc des accusés du tribunal correctionnel de Marseille, ce mardi, le procureur de la République donne le ton de l’audience qui s’y est déroulée.

    Pendant plusieurs heures, le tribunal a débattu de leur rôle dans l’utilisation des deniers publics lorsqu’ils étaient maires du 7e secteur, les soupçonnant de faits de favoritisme. En cause ? Le recours à deux sociétés, « liées car présidées par le même couple » comme le note la présidente du tribunal, pour la création d’un nouveau site web pour la municipalité et la gestion de celui-ci entre 2016 et 2018. Le tout « en n’ayant recours à aucune procédure de marché public, aucune mise en concurrence, aucune publicité ».

    Pour la mandature de Stéphane Ravier, les montants cumulés des différentes prestations s’élèvent à 46 760 euros hors taxe et 26 275 euros pour celle de Sandrine d’Angio. Donc au-dessus du seuil de 25 000 euros qui oblige les collectivités à des procédures de marchés publics avec les obligations légales qui vont avec. Les prestations étaient scindées en plusieurs devis et autres bons de commande entre les deux sociétés, avec un maximum de 24 000 euros et des brouettes. Et via des documents aux dénominations parfois bien similaires, des factures « création de site web » revenant à plusieurs reprises par exemple, à des dates très proches.

    Saucissonnage ou pas ?

    La question est de prouver un lien entre ces entreprises dans le service fourni. Et in fine, un partage des prestations afin d’éviter ce seuil des 25 000 euros. Le procureur y voit là « une tentative grossière de saucissonnage ». Pour lui, « les faits de favoritisme sont avérés » : « Le même jour, on a deux devis. Le devis de l’une des sociétés fait référence au devis de l’autre, les documents établissent eux-mêmes une homogénéité. Il y a le même actionnariat, aucune différence réelle de prestations […], une seule commande de l’autorité politique. »

    La défense assure de son côté que les prestations étaient bien différentes. « Les éléments qui lient les sociétés sont apparus pendant l’enquête, on ne peut pas leur reprocher de ne pas l’avoir su […]. Dire que 24 000 euros, c’est près de 25 000 et donc que c’est suspect relève de la divination », a plaidé le conseil de Stéphane Ravier et Sandrine d’Angio.

    La défense de Stéphane Ravier consiste à cantonner son rôle à une action purement politique et renvoie la responsabilité à son directeur financier. « Je donne les consignes et l’administration administre. J’ai demandé à ma directrice de cabinet la création d’un nouveau site, point barre », explique-t-il. « Le directeur du service financier ne m’alerte pas, j’avais aucune raison de m’inquiéter. […] Sur les feuilles, au milieu de centaines d’autres factures, il y avait déjà des signatures », développe-t-il.

    Lui comme Sandrine d’Angio certifient n’avoir aucun lien avec les sociétés en question, leur direction ou les actionnaires. Même schéma de défense pour sa nièce qui a pris sa succession à la mairie de secteur en 2017, et donc signé d’autres factures dans la foulée. Sa signature sur un bon de commande ? « Oui, mais je ne sais pas à quoi ça correspond. »

    Le procureur a requis six mois de prison avec sursis, 5 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité pour les deux. La décision du tribunal est attendue mardi 17 février.