Category: politique

  • « Pour 2026, nous souhaitons lucidité, espoir et ambition »

    « Pour 2026, nous souhaitons lucidité, espoir et ambition »

    La Marseillaise : Que souhaitez-vous aux Gardois pour 2026 ?

    Frédéric Deschamps : En trois mots, je dirai : lucidité, espoir et ambition. Lucidité parce qu’entre Gaza, la guerre en Europe et ce qui vient de se passer au Venezuela… le contexte national et international est très inquiétant.

    Espoir, parce que nous souhaitons travailler un maximum autour de la solidarité et lutter contre toutes les formes d’austérité à l’heure où les milieux financiers entreprennent une grosse offensive.

    Et puis Ambition, parce qu’il faut proposer un autre type de société, et sortir de cette conception du profit à tout prix. Même si notre présent déchante, on n’a pas renoncé aux lendemains qui chantent.

    À quelques semaines des élections municipales, dans quel état d’esprit êtes vous ?

    F.D. : On veut fédérer la gauche partout où c’est possible. C’est notre travail. A Nîmes et à Alès, nous avons des ambitions politiques importantes. Et il y a pas mal de communes où des maires communistes ou apparentés devraient être élus. Dans le Gard, nous sommes une force qui est offensive et conquérante, mais pas pour nous… Pour être utile et pour empêcher l’extrême droite de prendre le pouvoir.

    Un peu partout l’extrême droite gagne du terrain et sa violence explose. Comme au Prolé d’Alès, en mai dernier. Est-ce que ça a un impact sur la manière de militer aujourd’hui ?

    F.D. : Il y a eu deux événements majeurs ces derniers mois. Depuis les dernières législatives, les six députés du Gard sont d’extrême droite, et ça c’est un premier choc. Ensuite, l’attaque du Prolé, à Alès, nous montre la manière dont l’extrême droite et sa nébuleuse se révèlent. Ils se sont permis des choses qu’ils ne se seraient pas permis avant. Ils ont voulu frapper ceux dont ils savent qu’ils sont leurs opposants fondamentaux. Ce n’est pas un hasard s’ils s’en sont pris à Alès, qui a une tradition antifasciste ancienne. Mais nous avons décidé de ne laisser aucune concession sur le combat d’idée avec l’extrême droite. Ces événements ont renforcé notre détermination, et nous ont poussé à en faire un axe central de noter politique.

    Je ne pense pas que notre manière de militer changera après tout ça. On ne s’est jamais caché, on continue de militer à la vue de tout le monde. On ne nous intimidera pas !

    Propos recueillis par P. B.

    La fédération gardoise du Parti communiste prononcera ses vœux
    le samedi 10
     janvier, à 11h au Prolé d’Alès.

  • Avec la gauche, « Nîmes veut changer de siècle »

    Avec la gauche, « Nîmes veut changer de siècle »

    Il fallait pousser la porte. Vendredi soir, le Prolé était bondé. Une centaine de personnes serrées dans la salle, d’autres encore dehors, à tendre l’oreille. Ambiance chaleureuse, applaudissements nourris, sourires et embrassades : les vœux de Nîmes en Commun et des élus du groupe Nîmes Citoyenne à Gauche avaient des allures de meeting populaire. Quelque 300 personnes au total. Chaque élu municipal du groupe Nîmes Citoyenne à Gauche a pris la parole en liant son engagement à un combat. Pierre-Édouard Detrez a ouvert sur la démocratie locale, dénonçant une « gestion clanique et opaque » du conseil municipal et les atteintes répétées au droit d’expression de l’opposition. « Refuser d’entendre certains élus, c’est considérer que tous les Nîmois ne jouissent pas de la même considération », a-t-il lancé, sous les applaudissements.

    Sur le logement, Corinne Giacometti a dressé un constat précis et documenté : chute du taux de logements sociaux, absence de mixité, urgence d’un PLU co-construit. Elle plaide pour « ne plus faire la ville sans ses habitants » et pour des outils concrets : permis de louer élargi, encadrement des loyers, travail avec les bailleurs.

    Christian Bastid a prolongé sur le même thème, martelant que le logement est « un enjeu social majeur, politique, climatique », appelant à lutter contre les marchands de sommeil, la vacance, la spéculation et les locations de courte durée.

    Jo Menut, avec émotion, a porté la voix de l’éducation et de la petite enfance : manque de places en crèches, précarité des personnels municipaux, écoles mal adaptées aux fortes chaleurs. « C’est l’avenir de nos enfants qui se joue », a-t-elle insisté, évoquant la nécessité de végétaliser les cours et de stabiliser les équipes éducatives.

    Bruno Ferrier a livré un plaidoyer pour une éthique politique exigeante face à « une droite qui, depuis vingt-cinq ans, se croit tout permis », appelant à faire confiance au collectif Nîmes en Commun, «où la compétence prime sur les intérêts personnels ».

    Mordante, Marianne Bernède a assumé sa critique de la majorité sortante : « Ils découvrent aujourd’hui qu’il faut végétaliser la ville… après vingt ans de béton ». Elle a rappelé les retards sur les mobilités, les transports, l’adaptation climatique.

    Sylvette Fayet a, elle, recentré le débat sur la vie quotidienne : voirie dégradée, propreté insuffisante, manque de mobilier urbain. Un chantier de fond à mener « avec les habitants et les comités de quartier ».

    «Il faudra plus qu’une majorité»
  • [Rue de la République] Laure-Agnès Caradec : « La première priorité de la liste de Martine Vassal, c’est la sécurité »

    [Rue de la République] Laure-Agnès Caradec : « La première priorité de la liste de Martine Vassal, c’est la sécurité »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies. « Rue de la République » accueille chaque semaine une personnalité marquante de la vie du territoire.

    Ce week-end, Laure-Agnès Caradec, présidente de la fédération LR des Bouches-du-Rhône.

    la campagne

    Didier Gesualdi : Vous êtes directrice de campagne de Martine Vassal, ça y est Benoît Payan se lance. Votre ennemi principal est désigné ?

    Quelque part ce n’est pas une surprise puisque tout le monde s’attendait à ce moment. Ça va être l’heure de vérité pour lui parce que la fois dernière ce n’était pas lui qui était candidat, c’était madame Rubirola. Les Marseillais ont eu droit à un switch qui a été douloureux pour eux. Il va se présenter tel qu’il est.

    Didier Gesualdi : De chasseur il est devenu chassé ?

    Oui… je n’attendais pas cette formule.

    Didier Gesualdi : Il avait fait campagne sur la critique du bilan de Jean-Claude Gaudin, cette fois ce sont ses concurrents qui s’en prennent au sien.

    En 2020, il a été chassé par certaines forces politiques qui ne voulaient pas qu’il soit candidat. C’est plutôt à ça que je pensais.

    Léo Purguette : La campagne de Martine Vassal a été lancée depuis septembre sans que son adversaire principal ne soit déclaré. Vous n’avez pas eu le sentiment de boxer dans le vide ?

    Pas du tout parce que ça permet d’avoir une position claire vis-à-vis des Marseillais. Elle s’est déclarée suffisamment en amont en disant « moi je suis candidate » pour dérouler ses propositions, pour expliquer tout ce qu’elle a fait aussi pendant son mandat. Les Marseillais vont voter à la fois pour les mairies de secteur, la Ville de Marseille et la Métropole. Au titre de la Métropole, la séquence de cette semaine qui montre la révolution des transports avec l’inauguration du tramway jusqu’à capitaine Gèze et jusqu’à la Gaye, montre combien, en un mandat, elle aura respecté son engagement envers les Marseillais et les métropolitains aussi puisqu’il y a des BHNS, le Val’tram…

    Léo Purguette : Elle avait avancé sur un sujet qui n’est pas très en vogue dans votre camp politique : la gratuité pour les plus jeunes et les seniors. Pourquoi ne pas viser la gratuité pour tous ?

    La gratuité vous savez… il y a toujours quelqu’un qui paye. Malheureusement, les transports ont un coût important. Les efforts qui ont pu être faits, ont été faits. Après, il y a une réalité économique. Martine Vassal s’est engagée à ne pas augmenter les impôts, comme elle l’a fait au Département et à la Métropole. Je rappelle que Benoît Payan a augmenté de 14% la taxe foncière.

    le Bilan du Printemps marseillais

    Didier Gesualdi : Pour vous tout est à jeter dans le bilan de Benoît Payan ?

    En tout cas, j’attends qu’il nous fasse la démonstration de son bilan parce que justement, aujourd’hui, aux yeux des Marseillais il n’y a pas de projet qui soit sorti durant ce mandat. On ne peut pas dire qu’il y ait eu une piscine, un équipement public… Sur les écoles, on voit bien qu’il y a des couacs sur l’utilisation de l’argent du plan Marseille en grand et que les écoles qui devaient être livrées en temps et en heure ne le seront pas toutes. Donc quel acte majeur durant ces six ans ?

    Didier Gesualdi : Pour vous, le quotidien des Marseillais n’a pas changé ?

    Le quotidien des Marseillais a changé notamment grâce à l’action de la Métropole sur les transports, sur l’habitat indigne, Martine Vassal a mis en place la société publique de rénovation du bâti, mais à l’échelle municipale, démontrez moi ce qui a été fait.

    Léo Purguette : Le plan Marseille en grand, c’est quand même bien Benoît Payan qui l’a décroché. Cet argent-là a même ruisselé – si on peut dire – sur la Métropole.

    On a eu la chance d’avoir un président de la République qui s’est penché sur Marseille et a décidé d’octroyer des moyens supplémentaires, notamment pour la mobilité. Martine Vassal s’est saisie de tous les crédits débloqués par l’État et complétés, bien sûr, par la Région et le Département, pour mettre en place dans un temps record du transport en commun pour les Marseillais.

    Jean-Claude Gaudin

    Didier Gesualdi : En 2020, le Printemps marseillais ne l’emporte-t-il pas du fait de l’immobilisme de Jean-Claude Gaudin ? Renaud Muselier a même parlé de deux mandats de trop.

    Moi je défendrai toujours le bilan de Jean-Claude Gaudin. Non, je ne pense pas qu’il y ait eu deux mandats de trop. Chaque mandat a été rythmé par des choses importantes. Les premières lignes de tramway ont été réalisées sous l’impulsion de Jean-Claude Gaudin et de Renaud Muselier.

    Didier Gesualdi : Avec beaucoup de retard…

    Oui mais l’extension du métro également, la capitale européenne de la Culture, le Mucem, le Parc du XXVIe centenaire la piétonisation du Vieux-Port… En 1995, la Ville perdait des habitants, avait un taux de chômage record, les choses ont nettement évoluées. Marseille est devenue attractive, a accueilli des entreprises, des filières d’excellence.

    Léo Purguette : Vous ne pensez pas que la défaite de 2020 est due à son bilan notamment en matière d’habitat ?

    C’est sûr que le 5 novembre a impacté très fortement la campagne municipale, on est bien d’accord. Ça a été un drame qui a marqué tout le monde. Je pense que c’est essentiellement la division de notre côté qui a causé beaucoup de dégâts. Cela a servi de leçon. Aujourd’hui, l’UDI qui était la dernière pièce manquante, lui apporte le soutien dont elle bénéficie déjà, depuis les LR jusqu’au centre.

    Léo Purguette : Jean-Claude Gaudin était en revanche attentif à la cohésion de la mosaïque de communautés qui constitue Marseille. Où est passé ce discours dans votre camp ?

    Si, on est toujours sur cette ligne-là. Marseille est un port, a toujours accueilli. Marseille espérance a peut-être un peu moins de vigueur que sous Jean-Claude Gaudin, je crois qu’il faut retisser les liens entre les communautés et qu’elle se retrouvent dans un projet commun.

    Le bloc central

    Léo Purguette : Le bloc de droite et du centre qu’incarne Martine Vassal correspond à celui qui gouverne la France. N’est-ce pas un handicap dans un pays traversé de colères ?

    Oui tout à fait mais je pense qu’il faut dissocier le local du national. C’est sûr qu’au plan national c’est compliqué : pas de budget, des crises, la crise agricole et ainsi de suite… Mais ici localement, ce que nous souhaitons c’est que les Marseillais jugent sur ce qui a été fait et sur les engagements pris par Martine Vassal. Elle a une vraie volonté de faire. On est élu pour faire et pas pour gagner du temps comme on peut le voir aujourd’hui à l’échelle nationale. Nous sommes sur la rédaction de notre programme, il sera décliné début février.

    Notre objectif c’est faire ce qu’on dit et dire ce qu’on fait.

    Notre but, c’est de faire, de réaliser, dans l’intérêt des Marseillais.

    le Narco- trafic

    Léo Purguette : Vous dites que la sécurité est une priorité. À Marseille on voit l’ampleur qu’a pris le narcotrafic. Il semblerait que Bruno Retailleau lorsqu’il était ministre de l’Intérieur ait préféré mettre plus de moyens contre l’immigration illégale.

    Il a quand même fait passer, avec Gérald Darmanin, la loi contre les narcotrafiquants qui a été un peu vidée de sa substance par le conseil constitutionnel, malheureusement. En tout cas, c’était une vraie volonté d’action contre le narcotrafic. Il faut poursuivre, on voit bien dans cette ville que sa présence est forte.

    Léo Purguette : Peut-on encore gagner face au narcotrafic ?

    Il ne faut surtout pas baisser les bras. On voit bien que la faculté a dû fermer temporairement ses portes à cause de cela. Orange quitte la Belle-de-Mai suite à des impacts de balles, c’est intolérable dans la 2e ville de France. Benoît Payan a minimisé les faits, je crois qu’il faut combattre le narcotrafic avec la plus grande fermeté.

    les adversaires

    Léo Purguette : Vous parlez d’union mais une liste très anti-Vassal se présente avec Erwan Davoux et Nora Preziosi, qui était élue de vos majorités. Ça vous inquiète ?

    Non, je crois qu’il ne faut pas qu’on soit inquiété par ce genre de listes. Je pense qu’elle prendra à la fois sur la liste de Benoît Payan, peut-être sur la nôtre. Je ne sais pas si elle aura un destin important, nous verrons bien. En tout cas, nous, nous sommes concentrés sur ce que nous avons à dire aux Marseillais.

    Léo Purguette : Il y a eu une polémique importante sur la question du rapport au RN. Une clarification a été apportée mais les centristes ont beaucoup grincé des dents. Est-ce que ça va tenir jusqu’au bout ?

    La ligne a été clarifiée de suite. Martine Vassal a toujours combattu l’extrême droite, dans tous les scrutins. Elle continue à la faire. Aujourd’hui, il y a trois blocs. Martine Vassal représente celui de la droite et du centre face à l’extrême droite et à l’extrême gauche car ne nous leurrons pas, Benoît Payan sera avec Sébastien Delogu au deuxième tour. Il ne s’en cache quasiment pas. Et Sébastien Barles qui soutient Sébastien Delogu n’a pas été exclu de la majorité de Benoît Payan, donc on voit bien qu’il y a des connexions. Ne trompons pas les Marseillais.

    Didier Gesualdi : Vous aurez besoin des voix du RN au second tour, à moins que cela ne soit le contraire.

    Mais pourquoi veut-on toujours franchir l’étape du premier tour ? Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? Nous allons nous battre pour arriver en tête au soir du premier tour.

    Didier Gesualdi : Que dites-vous aux électeurs du RN ? Ça veut dire quoi quand on dit qu’on « partage des valeurs » ?

    Un des objectif prioritaire et affirmé de Martine Vassal, c’est la sécurité. Est-ce que c’est là dessus qu’on pourrait se dire qu’on a un point commun ? Je n’en sais rien. C’est la priorité de Martine Vassal et aussi des LR dans la continuité de l’action menée par Bruno Retailleau lorsqu’il était ministre de l’Intérieur. Nous avons envie d’une ville apaisée où les Marseillais peuvent déambuler en toute sécurité. Des efforts colossaux ont été faits dans les transports avec 2000 caméras déployées et le Groupe d’assistance et de protection qui maintient des agents de sécurité dans le métro et le tramway. Ce sont des choses concrètes, Martine Vassal a démontré sa capacité à faire et elle veut continuer.

    Didier Gesualdi : La sécurité est plutôt une prérogative nationale.

    La police municipale peut venir en appui. Martine Vassal mettra une priorité sur le recrutement de 1 500 policiers municipaux supplémentaires, sur le déploiement de la vidéosurveillance. Elle veut une BAC municipale pour lutter aussi contre la criminalité. Tous les moyens qui pourront être utilisés le seront pour faire en sorte que les Marseillais puissent vivre en toute sécurité dans leur ville.

    Didier Gesualdi : Franck Allisio du RN semble enclin à venir sur un terrain « probusiness » qui est plutôt le vôtre. Ça vous surprend ?

    Il est député de Marignane, il y a des pôles économiques importants dans sa circonscription. Je ne l’ai jamais entendu défendre l’aéroport, l’aéronautique, le pôle économique de Vitrolles. On ne peut pas dire que le programme de la présidentielle de Marine Le Pen soit très pro-économie.

    Didier Gesualdi : Et pourtant quand il y a sur l’affiche Marine Le Pen ou Jordan Bardella ça fonctionne plutôt.

    Oui, papa-maman sur les affiches c’est un peu désespérant. En fait, je crois surtout que ce sont les Français qui sont désespérés et qui veulent retrouver une France dans laquelle ils se retrouvent. Dans laquelle il y a du respect, de la bienveillance. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Les essayer ce n’est pas la bonne solution. Faisons confiance aux élus engagés pour le territoire.

  • Les élus locaux, une valeur refuge pour Dominique Santoni

    Les élus locaux, une valeur refuge pour Dominique Santoni

    Un an après avoir du renoncer à la cérémonie de vœux en raison du contexte de rigueur économique, Dominique Santoni a sacrifié à nouveau à la tradition, ce vendredi soir à Oppède. Là où il y a deux ans, la présidente LR du Conseil départemental avait filé la métaphore sportive en vue des JO 2024, elle a cette fois essayé de garder la flamme. « Je souhaite partager une soirée d’optimisme dans une période où il se fait rare », introduit l’ex-maire d’Apt devant quelque 600 invités, dont le préfet Thierry Suquet, et alors que l’ensemble des élus départementaux est montée sur scène avec elle.

    Son « fil conducteur » pour 2026, agir « les pieds sur terre et la tête dans les étoiles ». Autrement dit, « faire son travail sérieusement tout en sachant rêver et se projeter ». Bref aux antipodes de ce qu’il se passe actuellement et depuis un an et demi au niveau national. Dernier exemple, on apprenait ce matin que les députés, réunis en commission en vue du projet de budget, avaient supprimé la DGF (dotation globale de fonctionnement), soit la plus grosse ressource financière des collectivités locales… Une mesure qui devrait être corrigée mais qui témoigne d’un éclatement des repères communs. Régulièrement en séance départementale, Dominique Santoni se désole de ce « spectacle » et égratigne l’État quand, à l’inverse, les élus locaux seraient des modèles de vertus et pôle de stabilité. « Le Département a fait un choix clair, de responsabilité en agissant sans démagogie et a voté [le 12 décembre dernier] son budget dans le calme et la sérénité », rappelle la présidente en remerciant les élus « pour le débat constructif et respectueux ». Et de piquer : « Vous avez le droit de le répéter à Paris. »

    « C’est à nous d’apporter des repères »

    En cette période électorale avec les municipales en vue (15 et 22 mars), Dominique Santoni, qui sera candidate à Apt sur la liste issue de la majorité, appelle donc les élus de terrain à ne pas décevoir la population. « Dans une France traversée par le doute, notre responsabilité d’élus locaux est immense, nous sommes les premiers témoins des attentes et inquiétudes des citoyens, constate-t-elle. Face à l’instabilité nationale c’est à nous d’apporter de la stabilité, des repères et montrer que l’action publique est utile, concrète et efficace. »

    Progression de 12 millions d’euros du budget solidarité, maintien des aides aux communes, poursuite des travaux du carrefour de Bonpas, nouveau centre médical à Pernes ou passage du Tour de France femmes sont cités comme autant d’exemples de pieds sur terre et tête dans les étoiles. Avec les municipales, le risque de voir passer des comètes est élevé. Les électeurs devront, eux, se méfier de ceux qui promettent la lune.

  • À droite, LR est toujours orphelin de Julien Aubert

    À droite, LR est toujours orphelin de Julien Aubert

    Depuis le départ de la mairie de Marie-Josée Roig en 2014, le parti de droite historique ne cesse de reculer aux municipales : 17,5% et 4 élus pour Bernard Chaussegros en 2014, 9,02% et deux élus pour Michel Bissière en 2020. Et en 2026 ? La question reste entière mais la possibilité que LR n’ait pas un candidat tête de liste est forte. Un effacement continu, le délégué LR de la 1ère circonscription Johann Courtois ayant quitté le parti en octobre pour rejoindre Stephan Fiori (DVD). Il y a deux mois, Julien Aubert (LR) prenait ses soutiens de cours en renonçant à se présenter. L’ex-député laissant la charge à Serge Perramond, également secrétaire du mouvement Avignon Passion, de faire en sorte « que LR puisse avoir des représentants au prochain conseil municipal ».

    « C’est encore prématuré », répond ce jeudi Serge Perramond qui donne rendez-vous d’ici à une semaine « pour prendre position ». Plusieurs options sont sur la table, liant LR et Avignon passion : « Soit on ne fait rien et on se retire, ce qui serait dommage au vu du travail effectué depuis plus d’un an, soit on va au bout en présentant un candidat, soit on fait en sorte que le projet d’Avignon passion soit porté par quelqu’un d’autre », expose Serge Perramond. Ce quelqu’un d’autre se résume à l’ex-journaliste TV Olivier Glazi – qui a notamment le soutien de l’UDI et d’Horizons – ou l’entrepreneur Stephan Fiori, éphémère LR et un des membres fondateurs d’Avignon passion avant de se lancer seul, mais pas sans moyens, dans la course aux municipales. « Des discussions ont lieu avec eux », reconnaît le chef de file LR, qui préfère ne pas livrer l’option vers laquelle il penche et se « pliera au choix qui aura le plus de partisans ».

    Le renoncement de Julien Aubert avait « attristé » Avignon passion qui, face à « la réaction de charognards des listes concurrentes », annonçait mi novembre « continuer l’aventure et présenter une liste aux prochaines élections ». Le collectif est resté actif, publiant régulièrement des vidéos autour de la circulation, du stationnement, de l’attractivité ou du sport. Notons que Serge Perramond n’a pourtant pas été sondé dans l’enquête d’opinion parue le 20 décembre dans La Provence.

  • L’union de la gauche aux municipales s’agrandit autour d’Ariane Lombardi

    L’union de la gauche aux municipales s’agrandit autour d’Ariane Lombardi

    On aurait dû péter un mur » glisse Ariane Lombardi, la candidate communiste et tête de liste d’union de la gauche pour les municipales à Marignane, alors que son local de campagne de la rue Maurice-Noguès est rempli à craquer ce vendredi soir.

    Il y a une raison à cela. Outre la présence du PCF, du PS et des Écologistes (La Marseillaise du 22/11), la soirée d’inauguration est l’occasion pour la candidate d’annoncer « le soutien officiel de Debout!, L’Après, Génération.s et Gauche républicaine et socialiste » à la liste Mieux vivre à Marignane qu’elle conduit. « C’est avant tout une aventure collective portée par des valeurs de gauche assumées de solidarité de justice sociale et de respect et sens du commun », considère la candidate, pour qui « la commune est un refuge quand les crises se succèdent et les inquiétudes grandissent, son rôle est d’être au plus près avec du service public et du lien social ».

    « Un projet réaliste »

    Ariane Lombardi annonce trois projets d’ampleur pour son programme. « Nous créerons un centre de santé municipal pour garantir un accès aux soins de proximité sans dépassement d’honoraires », affirme-t-elle. Dans la même veine, « nous créerons un centre social ouvert à la jeunesse et à l’ensemble des habitants », un lieu « d’accompagnement des familles et d’aide à l’insertion » projette la candidate. Le renforcement des effectifs de police municipale et d’agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) est également au programme d’un « projet humain, de gauche, réaliste et sérieux ».

  • Dans un contexte « inquiétant », la Ville comme stabilité

    Dans un contexte « inquiétant », la Ville comme stabilité

    Campagne électorale oblige, Gaby Charroux (PCF) a opté pour la « retenue » lors de ses vœux à la population. Pas d’évocation de programme ni d’attaque à l’encontre de ses adversaires, présents dans la salle, donc. C’est au sein d’une Halle de Martigues comble que le maire, qui brigue un 4e mandat, a fait part de ses craintes quant à l’état du monde, en cette nouvelle année qui s’est ouverte sur l’attaque de Donald Trump à l’encontre du Venezuela, en violation du droit international.

    « Oui je suis inquiet quand une grande puissance s’improvise gendarme du monde en ne respectant pas, au passage, ses propres lois, assume-t-il. Inquiet des menaces proférées, par cette même grande puissance, à l’endroit, notamment, d’un pays européen. Inquiet de la docilité de nos dirigeants. »

    Alors que les conflits se multiplient, Gaby Charroux l’assure : « Parler de paix n’est pas un caprice. (…) C’est refuser la tentation de la division pour privilégier la voie de l’unité, de la concorde et de l’amitié entre les peuples. »

    Des repères et du lien

    Au milieu de cette instabilité, tant de l’ordre international que de « nos institutions nationales », et de l’incertitude qu’elle engendre pour la population, le maire-candidat rappelle : « Les collectivités territoriales, et plus spécifiquement les communes, ont été des espaces de stabilité », fustigeant le gouvernement Bayrou d’avoir amputé leur budget faisant perdre, « pour près de 2 000 communes, plus de 250 millions d’euros » avec le dispositif Dilico, dont 2 millions à la Ville de Martigues en 2025.

    « Les communes offrent des repères, créent du lien (…) répondent présentes à chaque étape de la vie de nos administrés » affirme celui qui veut repartir afin de poursuivre les actions menées lors des derniers mandats.

    « Je suis content d’entendre les soutiens apportés à cette politique municipale, même si elle n’est pas parfaite, consent Gaby Charroux. On a besoin de batailler encore pour un certain nombre de dossiers difficiles dont nous avons perdu la compétence, je pense à la collecte des ordures ménagères qui agite chacun d’entre nous. Mais on a besoin de ces pôles solides que sont les collectivités territoriales, qui ne bougent pas dans la tempête malgré des budgets amputés. Ce sont grâce à elles que les habitants ont accès à des services publics de qualité et de proximité, qui sont d’intérêt général. »

  • Au Rove, de premiers vœux de paix pour le maire Paul Sabatino

    Au Rove, de premiers vœux de paix pour le maire Paul Sabatino

    Les applaudissement étaient nourris ce vendredi soir, sous les guirlandes du gymnase Blaise-Gouiran, pour de nouveau rendre hommage au maire historique du Rove, Georges Rosso, disparu au mois de mai 2025. À l’occasion de ses premiers vœux à la population, Paul Sabatino tenu à saluer la mémoire de son prédécesseur qui, un an plus tôt sur la même estrade, annonçait qu’il lui transmettrait le flambeau. « Je voudrais que tu entendes, toi dont la place du village porte désormais le nom, ce tonnerre d’applaudissement des habitants qui ne t’oublient pas et te remercient », appelle ainsi l’édile communiste, après avoir honoré « un serviteur fidèle de l’intérêt général profondément attaché à son village ».

    Mais alors que l’année s’est ouvert sous le bruit des bombes au Venezuela, ce sont plus particulièrement des vœux de paix qu’a apporté le maire. « Mais ou s’arrêtera Donald Trump, quelle sera sa prochaine cible ? Est ce que la France et l’Europe vont enfin réagir à la hauteur de cet évènement ? », interpelle-t-il. Et d’appeler à « résister à la haine, au mensonge, aux idéologies qui font de l’autre un ennemi ».

    Sur scène, il tient aussi à rendre hommage aux forces de sécurité, particulièrement dans leur travail face aux dépôts sauvages et à la surfréquentation, il fait applaudir aussi toutes les associations rovenaines. « Grâce à nos bénévoles, notre village est plus vivant, plus humain, plus solidaire », souligne-t-il, avant d’évoquer le 90e anniversaire du Front populaire et des conquis sociaux à défendre « tellement importants pour les populations fragiles ».

  • Benoît Payan prêt à se lancer dans la campagne

    Benoît Payan prêt à se lancer dans la campagne

    Cette fois, ça y est. Ce samedi matin, le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, doit selon nos informations officialiser sa candidature pour les prochaines municipales. Une annonce déjà esquissée par des affichettes collées en ville proclamant que « Marseille c’est toujours le printemps » qui ont fait grincer des dents dans les rangs d’une droite prompte à dénoncer cet affichage sauvage. De quoi présager un coup d’accélérateur dans une campagne certes engagée depuis la rentrée, mais qui peinait encore à prendre.

    Le terrain n’en a pas moins été soigneusement préparé. Depuis l’automne s’égrainent les ralliements des différentes formations politiques au Printemps marseillais, depuis le Parti communiste français le 2 octobre dernier jusqu’au Parti radical de gauche ce jeudi. Un rassemblement qui cette fois comprend également les Écologistes, malgré les affaires qui ont ciblé leur éphémère chef de file (notre édition du 09/01), ainsi que le parti de la maire adjointe (DVG) Samia Ghali, Marseille avant tout. « Ils ont fait partie de cette majorité pendant six ans, l’objectif est de poursuivre la transformation de notre ville », explique le président (G.s) du groupe Printemps marseillais, Pierre Huguet.

    Un état-major préparé

    Militants et élus ont aussi été très actifs pour occuper le terrain. Le 20 septembre dernier l’adjoint à l’éducation avait appelé « à la plus grande consultation citoyenne de Marseille ». Résultat : en quatre mois, plus de 15 000 portes ont été frappées dans les huit secteurs de la ville. « C’est notre marque de fabrique depuis 2020, nous faisons avec les habitants », appuie Pierre Huguet. Alors que la droite avait lancé son référendum pour tester ses propositions, que les insoumis avaient consulté à travers leur commission d’enquête citoyenne, « nous avons réalisé la plus grande opération de démocratie participative », assure-t-il. Avec en tête des résultats les préoccupations sur la propreté, la sécurité et les transports. « Ce sont des compétences métropolitaines, on voit bien que le service n’est pas rendu », glisse l’élu. S’ajoutent aussi des rencontres thématiques, qui ont permis de rencontrer un millier d’acteurs associatifs. « Cette matière viendra conforter le projet que l’on présentera aux Marseillais », assure Pierre Huguet.

    Pour le reste, tout est prêt. Déjà parmi les artisans de la victoire du Printemps marseillais en 2020, l’ancien directeur de cabinet du maire Arnaud Drouot dirigera la campagne de Benoît Payan. Un local est d’ores et déjà loué sur la Canebière, et les premières affiches officielles devaient y être livrées ce vendredi pour lancer des opérations de collage et de tractage dans toute la ville ce samedi. En attendant les propositions et les candidatures.

  • Le candidat Schipani annonce porter plainte contre le maire d’Aubagne pour diffamation

    Le candidat Schipani annonce porter plainte contre le maire d’Aubagne pour diffamation

    Le 3 février, le maire d’Aubagne sera convoqué devant la 13e chambre du tribunal correctionnel de Marseille. C’est ce qu’affirme le communiqué envoyé, ce 9 janvier, par Giovanni Schipani : « J’ai décidé de faire citer directement Gérard Gazay, maire d’Aubagne, devant le tribunal correctionnel de Marseille pour diffamation publique, sur le fondement de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Cette procédure fait suite à des déclarations rapportées dans un article de La Provence publié le 14 novembre 2025, dans lequel il est laissé entendre que j’aurais été écarté de responsabilités municipales en raison de prétendues “affaires judiciaires liées à des accusations d’agressions sexuelles” ».

    Giovanni Schipani a été adjoint au maire à la Jeunesse durant le premier mandat de Gérard Gazay, de 2014 à 2020. Il poursuit : « Je conteste formellement ces propos, que je considère graves, inexacts et profondément attentatoires à mon honneur. Je rappelle n’avoir jamais été condamné pour de tels faits et disposer d’un casier judiciaire vierge. Si un rappel à la loi est intervenu en 2019, aucune poursuite judiciaire n’a été engagée et aucune condamnation n’a jamais été prononcée à mon encontre. » Face à ces « accusations infondées », il indique avoir « choisi de saisir la justice afin que ces propos soient examinés et jugés dans un cadre légal, contradictoire et impartial ».

    Contactée par La Marseillaise, la Ville d’Aubagne a répondu que Gérard Gazay n’avait, à ce stade, reçu aucune information quant à cette affaire, ni aucune convocation.