Category: politique

  • Sabrina Bourgeois est candidate au scrutin 2026 à Mimet

    Sabrina Bourgeois est candidate au scrutin 2026 à Mimet

    Sabrina Bourgeois est novice en politique, bien qu’activement « engagée » sur la commune de Mimet, où elle est installée depuis une quinzaine d’années. Cette professeure de tennis à l’École internationale de Provence (IBS School) présente officiellement sa candidature aux élections municipales de 2026, à la tête d’un collectif citoyen, qu’elle anime depuis « plusieurs mois sur la commune ». « Depuis près d’un an avec ce collectif, on a des échanges, on est allés à la rencontre des habitants pour avoir leur ressenti sur diverses thématiques. Au fur et à mesure des rencontres, j’ai eu envie de redonner un nouveau Mimet, lui donner un nouveau mode de fonctionnement. On avait un sentiment de frustration, un sentiment qu’il manquait des choses sur la commune. On a envie de proposer un autre mouvement pour les habitants », déroule Sabrina Bourgeois, qui justifie son envie de se lancer en politique locale. Elle précise ne pas être encartée, bien que les membres du Collectif Citoyen et le mouvement qui l’anime « a une sensibilité de gauche ».

    Créer des « lieux de vie »

    À ce stade, la liste n’a pas non plus été déposée. « Je souhaite instaurer une politique démocratique et participative avec les habitants. On a certes un noyau de liste en tête, mais on voudrait l’étoffer en s’appuyant sur l’engagement des habitants, on la constituera petit à petit avec leur participation. Il en sera de même pour le programme », poursuit Sabrina Bourgeois, qui estime que la liste sera annoncée d’ici le mois de janvier. Pour le « plus haut village des Bouches-du-Rhône », c’est ainsi que Sabrina Bourgeois baptise sa commune, elle imagine un avenir « dynamique », à contrario du constat qu’elle fait de Mimet à ce jour. « Il y a plus de 4 200 habitants, mais le sentiment qu’ont les habitants, que nous ressentons nous même, c’est que Mimet est devenu un village dortoir. Les gens travaillent à l’extérieur (…) et malheureusement, ne reviennent que pour dormir. Il y a une frustration à ne pas avoir de lieu ou se rassembler », estime Sabrina Bourgeois. « Certains quartiers, en dehors du village, se sentent isolées. L’ambition qu’on se donne est de retrouver et redynamiser le village. On a beaucoup d’idées, on cherche encore le moyen de les mettre en action. » Quant aux stratégies et alliances, la question « ne s’est pas encore posée », non plus. Les projets du collectif s’affineront lors de réunions publiques et rencontres diverses, dont les dates devraient être communiquées « d’ici peu ». Le maire actuel de Mimet, Georges Cristiani (SE), n’a pas récemment fait de déclarations sur les élections municipales. Lors de ses vœux de nouvelle année, il avait néanmoins annoncé qu’il serait candidat.

  • L’éducation populaire comme rempart à la casse de la Sécurité sociale

    L’éducation populaire comme rempart à la casse de la Sécurité sociale

    « La Sécu c’est pas seulement une institution, c’est nos corps, nos têtes, notre quotidien », lance l’ancien député PCF Pierre Dharréville à l’assistance, dans la salle Gagarine lundi soir. L’ancien membre de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale est invité par le PCF de Port-de-Bouc à animer un débat sur les 80 ans de la Sécurité sociale, avec le secrétaire général de la CGT CPAM des Bouches-du-Rhône, Jean-Marie Angeli.

    En syndicaliste, ce dernier insiste sur « le rapport de force à double face syndicale et politique qui a permis de gagner la Sécu », qui doit aujourd’hui affronter le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (PLFSS) prévoyant « 7 milliards d’euros d’économies sur la santé ».

    Jean-Marie Angeli avance qu’« il faut faire revenir ce sujet politique qu’est la Sécu dans les entreprises, alors que la majorité des salariés ne savent pas lire leur fiche de paye ». Une forme d’éducation populaire face au discours austéritaire « quand il y a 80 milliards d’euros d’exonération de cotisations sociales et 250 milliards d’aides patronales sans contrepartie », rappelle le syndicaliste.

    « La Sécu est un instrument de justice »

    Pierre Dharréville, auteur d’une proposition de loi pour constitutionnaliser la Sécurité sociale, analyse le discours « de Gabriel Attal qui dit que le système de retraite par répartition prend l’eau ». « Mais les voies d’eau sont organisées, car lui veut la retraite par capitalisation. C’est une attaque contre la Sécu pour un projet politique inégalitaire qui va alimenter la finance », juge l’ex-député.

    En filigrane, la cotisation sociale. « L’entourloupe du Rassemblement national est de supprimer les cotisations pour gagner du pouvoir d’achat. » En clair, « leur projet de société est de ne pas partager le pot commun au prétexte qu’il y en a qui profitent. Nous, nous voulons partager car il y a besoin de justice dans ce pays et la Sécu en est un instrument », estime Pierre Dharréville.

    Ce dernier indique que « le système est solide et des leviers existent pour le financer. La CSG n’est pas mon amie mais le PLFSS prévoit de l’augmenter sur les revenus du capital ». Jean-Marie Angeli réaffirme que « de l’argent, il y en a. Il faut supprimer les exonérations de cotisations et revoir les impôts quand l’évasion fiscale atteint 100 milliards d’euros », rappelle le syndicaliste.

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Marc Pietrosino

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Marc Pietrosino

    Actualité sociale, réforme des retraites, budget, mobilisations à venir, enjeux industriels, emploi…

    À vous la parole⬇️

  • Élections municipales : la probité, un argument de campagne ?

    Élections municipales : la probité, un argument de campagne ?

    Après avoir été montré du doigt dans les années 80 et 90 comme un territoire gangrené par les réseaux mafieux, le Var et ses personnalités politiques continuent aujourd’hui de défrayer la chronique judiciaire, même si c’est en se distinguant dans un tout autre registre. Des actes commis davantage sous l’empire d’un sentiment d’impunité. La quasi-hégémonie de la droite aux manettes pendant très longtemps a probablement contribué à favoriser ce type d’ivresse des sommets. Tout comme les liaisons dangereuses.

    Reste que ce département conserve obstinément ses mauvais penchants avec des élus de cette famille politique qui se relaient dans les tribunaux en payant un lourd tribut en terme de peines prononcées par la justice. Des premiers magistrats pris pour beaucoup la main dans le pot de confiture mais pas même conscients d’abuser de leurs prérogatives. Alors, malédiction ou système ? Est-ce que le clientélisme et les petits arrangements entre amis hérités d’une autre époque participent à faire vaciller leur propre vigilance démocratique ? Pour y répondre, on ne peut faire l’impasse sur tout ce qui se passait ici même il n’y a pas si longtemps.

    Ça ramène à l’époque du règne de celui qui se réclamait patron du Var dont la chute a été provoquée par l’assassinat de la députée du Var Yann Piat le 25 février 1994, à Hyères. L’ancien maire de Toulon puis président du conseil général Maurice Arreckx (UDF). Un homme affable qui enchaînait les bises et les poignées de main amicales le dimanche à Mayol. Le bon vieux Maurice, comme tout le monde l’appelait dans le Port du Levant, terminera son parcours d’homme public aux Baumettes, reconnu coupable de recel d’abus de confiance, et condamné à 2 ans de prison, 1 million de francs d’amende et 5 ans de privation des droits civiques en 1996. Mais ça faisait très longtemps que les Toulonnais connaissaient sa grande proximité avec le parrain de la côte varoise Jean-Louis Fargette (dit savonnette) qui a même occupé un bureau en mairie de Toulon lorsque Maurice était aux manettes. Plus tard il prendra presque légitiment sa dîme sur tous les marchés publics du Département.

    Un cataclysme qui va profiter à l’extrême droite qui prétend alors laver plus blanc que blanc. Un argument qui a fait long feu vu les affaires qui sont dévoilées. A Fréjus notamment, avec son maire et vice-président du RN David Rachline a comparu le 20 septembre devant le tribunal correctionnel de Draguignan pour prise illégale d’intérêt. Le parquet a requis une amende de 30 000 euros et une peine d’inéligibilité d’un an. La décision du tribunal sera rendue le 27 janvier à 8h45, soit deux mois avant les municipales. Il a également été mis en cause dans l’enquête réalisée par notre consœur de l’Obs Camille Vigogne Le Coat. Dans son livre elle met en avant des liquidités abondantes circulant autour du premier magistrat, un train de vie luxueux, et une grande proximité avec le milieu des affaires.

    Les mauvais penchants ont largement gagné l’extrême droite

    Le maire d’extrême droite de Cogolin Marc-Etienne Lansade a été, lui, condamné, entre autres, en appel au mois de juillet à une peine d’inéligibilité de 3 ans pour abus de faiblesse. Et a perdu aussitôt son mandat. Nous pourrions aussi parler du député de la 2e circonscription Frédéric Boccaletti condamné en 2000 à un an de prison dont six mois ferme pour « violence en réunion avec arme ».

    Mais la droite n’a pas pour autant abandonné au parti à la flamme cofondé par un SS sa place dans les prétoires. Avec des élus qui continuent de tomber comme des mouches même si les affaires ont beaucoup moins de panache que celles de leurs aînés. Des bêtises qui montrent en tout cas que le pouvoir obstrue quelque peu leur clairvoyance. On peut citer la condamnation à 15 000 euros d’amende pour prise illégale d’intérêt de Jean-Louis Masson, le président LR du conseil départemental du Var, le 7 novembre dernier pour laquelle il a jusqu’à ce lundi pour faire appel. Ou l’affaire du frigo d’Hubert Falco (DVD), du permis de construire de Nathalie Bicais (LR) tout deux respectivement maire de Toulon et La Seyne et démis de leur fonction en plein mandat. La seconde a fait appel de sa condamnation alors que le premier a épuisé tous ses recours. Mais aussi de Ferdinand Bernard (DVD), l’ancien maire de Sanary-sur-Mer, qui a vu sa peine d’inéligibilité de cinq ans confirmée en décembre 2024 par la cour d’appel d’Aix-en-Provence, reconnu coupable de détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêts et favoritisme pour emploi fictif.

    On pourrait continuer avec Élie Brun, l’ancien maire de Fréjus (alors UMP) condamné en 2014 à cinq ans de privation des droits civiques pour prise illégale d’intérêts, après avoir attribué une concession de plage à un proche. Puis en 2016 à 18 mois de prison avec sursis pour délivrance frauduleuse d’un permis de construire.

    De quoi pour les électeurs plaçant l’ordre en tête de leurs priorités de perdre leurs petits ? D’autant que le panorama dressé ici est très loin d’être exhaustif et de nouveaux dossiers pourraient venir ternir encore le tableau avant le mois de mars. Ici une nouvelle enquête pour prise illégale d’intérêt, là pour fraude électorale en bande organisée… Des investigations seraient en cours de source autorisée.

    Rappelons que la chute de Maurice Arreckx avait propulsé le FN aux manettes de la mairie de Toulon en 1995. Ce recours n’ayant produit nulle part les remèdes escomptés, les mêmes effets ne devraient logiquement pas produire les mêmes conséquences. Et pourtant l’incertitude reste de mise.

    De son côté, interrogé, le conseiller municipal de Toulon en Commun André De Ubeda (PCF) propose une méthode pour se prémunir de la tentation : « Pour que le pouvoir ne corrompe pas, la solution ne peut être que dans la démocratie participative, le contrôle citoyen et la transparence ».

    En attendant, la question, encore une, est de savoir, qui va pouvoir utiliser sans sourciller la probité comme atout dans cette campagne électorale ? Pour certains ce serait plus qu’osé.

    À Marseille, la bataille Ravier

    Le 30 mars 2014, à une centaine de mètres du boulevard des Aygalades où le jeune Ibrahim Ali a été assassiné en 1995 par des colleurs d’affiche du Front national, Stéphane Ravier leur chef de file prend le pouvoir dans la mairie du 7e secteur. Le maire (PS) sortant, Garo Hovsepian, est arrivé en 3e position au 1er tour relégué par les affaires Guerini et Andrieux qui éclaboussent son camp, et les divisions d’une gauche représentée par cinq listes dont celles du Front de gauche et de Pape Diouf. Malgré le danger, « Garo » se maintient en triangulaire face à l’extrême droite et la droite représentée par Richard Miron arrivé 2e. Pari perdu. S’en suivront six années d’incurie et un mandat qui a laissé des traces. Ch. C.

  • Nîmes : « Cette ville a les ressorts pour résister », selon Vincent Bouget

    Nîmes : « Cette ville a les ressorts pour résister », selon Vincent Bouget

    Dans l’arrière-salle du Prolé, la soirée touchait à sa fin lorsque Vincent Bouget a pris la parole. Sans notes, le candidat de la gauche nîmoise a replacé le questionnaire citoyen dans une perspective plus large : « On ne transformera pas cette ville à quelques-uns. Si on veut la changer, il faut que les Nîmois se réapproprient leur vie, leur histoire, la politique, leur quartier ». Pour lui, l’objectif dépasse la collecte de réponses : il s’agit d’un processus de réappropriation démocratique. « Beaucoup de gens n’y croient plus, a-t-il reconnu. Ils ne pensent pas qu’on puisse faire autrement, ni qu’on puisse le faire ensemble. C’est ce doute qu’il faut combattre. » D’ici la restitution du 11 décembre, Bouget veut mobiliser « jusqu’au dernier jour » pour que chaque Nîmois puisse s’exprimer.

    « En face, les forces réactionnaires se mettent en marche »

    L’intervention a aussi pris des accents politiques plus combatifs. Le candidat de la gauche unie a dressé un constat clair : « L’extrême droite se met en ordre de marche, pendant que la droite court derrière elle » Face à cela, Bouget appelle à ne pas se démoraliser : « Oui, les forces adverses sont puissantes, mais notre réponse, c’est le travail de terrain. 160 points de contact en deux mois, des milliers de rencontres : c’est ça qui compte ». Il conclut sur une note d’humilité : même en cas de victoire, « rien ne sera facile ». Mais, dit-il, « notre force, ce sera cette réunion des habitants de tous les quartiers. Cette ville a des ressorts pour résister et reconstruire ensemble ».

  • [Entretien] Sophie Delfino : « Les propositions de l’Union pour Gap sont toutes chiffrées »

    [Entretien] Sophie Delfino : « Les propositions de l’Union pour Gap sont toutes chiffrées »

    La Marseillaise : Qui rassemble la liste « Union pour Gap », conduite par Elie Cordier ?

    Sophie Delfino : C’est une liste qui regroupe des partis de gauche avec une large place pour une participation citoyenne, de telle sorte qu’au départ c’était une liste de partis mais qui est devenue une liste de Gapençais soutenue par le PS, le PCF, les Écologistes, Génération.s, Place publique, ainsi que des groupes d’opposition au conseil municipal dont fait partie Elie Cordier.

    Comment le programme de la liste « Union pour Gap » reflète-t-il cette participation citoyenne ?

    S.D. : Le programme est ancré à gauche, il laisse une large place aux questions sociales. Par exemple, la gratuité de toutes les activités pour les maternelles et les primaires. Mais les propositions ne descendent pas d’en haut, elles sont le résultat d’un travail collectif. Il y a une grosse dynamique de travail qui intègre des gens rencontrés lors des porte-à-porte et qui sont d’accord pour participer à l’élaboration du programme : 140 personnes ont participé à 12 commissions, à ce jour.

    De quelle manière se concrétise cette démarche ?

    S.D. : La commission qui a attiré le plus de participation et qui témoigne d’une grande préoccupation locale, c’est l’écologie. Il y avait 28 personnes à chaque réunion et énormément de propositions qui vont de la végétalisation des cours d’écoles jusqu’à la rénovation des logements publics en passant par le tri des déchets verts. Nous avons par ailleurs créé une commission « Sécurité et tranquillité » car nous avons constaté cette préoccupation importante lors des rencontres avec les habitants. De là, émergent des propositions telles que l’augmentation des effectifs de police municipale, un projet de lieu rassemblant police nationale et police municipale pour une meilleure coordination, des médiateurs pour éviter les incivilités. Beaucoup de mesures sont envisagées.

    Les rencontres, l’écoute et le dialogue nous permettent d’avancer des propositions. Ainsi pour l’implantation d’entreprise dans le bassin gapençais, un gros travail est en train de se faire avec des entrepreneurs de PME qui sont déjà en dialogue avec nous. Il faut favoriser l’implantation de start-up. De même, on est à l’écoute des gens qui travaillent dans la ville, sur le territoire. On a fait des réunions avec les syndicats d’employés municipaux, avec les représentants territoriaux, le CCAS aussi. Cela nous permet de comprendre la grande souffrance des employés municipaux aujourd’hui et d’envisager des aménagements positifs pour la ville et les employés.

    Pouvez-vous citer quelques points importants du programme ?

    S.D. : Nous envisageons de garder et d’améliorer ce qui fonctionne et d’autre part de répondre à des besoins par des créations. Tout d’abord, on a dit qu’on faisait un état des lieux de ce qui marche à Gap. Dans un premier temps, notons que Gap n’est pas une ville endettée. Nos propositions sont toutes budgétisées. On a des gens qui travaillent pour le chiffrage, un expert-comptable et autres professionnels, on sait combien ces réalisations vont coûter.

    Par exemple, nous allons créer une ferme municipale avec des produits bio pour la restauration scolaire et les établissements publics. Le chiffrage est fait, selon qu’il y aura des employés municipaux ou des producteurs locaux. Ce sont des chiffres différents. Autre exemple à Gap : il y a des transports gratuits depuis plus de 20 ans. C’était un combat gagné par des élus communistes d’opposition. C’est resté et ça fonctionne. Mais tout l’aménagement urbain n’a pas évolué. Par exemple, en centre-ville, rue Carnot, je ne sais pas où je suis : sur une piste cyclable, piétonne ? C’est dangereux, il y a des accidents. Nous avons donc un gros projet de réaménagement pour faire vivre ensemble, vélos, piétons et voitures. Avec des règles claires et connues. Nous voulons faciliter la mobilité. Améliorer l’existant, c’est par exemple favoriser le développement d’une pépinière d’entreprise qui actuellement vivote. Il n’y a pas assez de facilitation de la mairie sur les locaux pour l’implantation et le développement d’entreprises. C’est le volet d’emploi du bassin gapençais qui est en jeu. Le maire actuel est fâché avec tout le monde au niveau de la région, c’est un gros problème. Or il faut travailler avec toutes les instances régionales de manière plus active pour désenclaver, pour le tourisme, et l’implantation d’entreprises. À cet égard, un des enjeux des JO est le réaménagement routier et ferroviaire. La mairie, la communauté de communes et le département doivent travailler ensemble sinon on est perdant. Il faut penser au niveau intercommunal, les gens des communes environnantes viennent à Gap. Il faut travailler avec les autres communes, créer du dialogue, leur permettre d’avoir l’initiative au lieu de tout faire descendre de la ville de Gap.

    Y a-t-il des lignes directrices communes aux différents aspects du programme ?

    S.D. : Favoriser les rencontres et les échanges entre différents quartiers, entre différentes générations, c’est notre fil conducteur. Aujourd’hui à Gap, chacun reste dans son quartier. Donc on veut créer des moyens, des lieux, des événements, pour que les gens se rencontrent et créent du lien. Par exemple, dans la ferme municipale dont j’ai parlé, ce sera un lieu de rencontre. Ou encore, à la piscine : en faire à la fois, un lieu de compétition sportive officielle, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, mais aussi un lieu de loisir avec un restaurant, des espaces ombragés, pour les enfants, les jeunes et les familles où l’on puisse passer la journée. L’axe d’attaque du programme c’est que les gens puissent se rencontrer. Par exemple, il y a beaucoup de faits culturels mais on ne le sait pas. Il y a énormément d’associations culturelles mais on ne s’en rend pas compte. Chacun reste dans son coin. Ainsi les troupes de théâtre à Gap ne se connaissent pas entre elles. On pourrait créer un conservatoire de théâtre. Nous voulons créer une maison de la culture et des associations car il manque aussi beaucoup de petites salles.

    Nous sommes à 4 mois des municipales, pensez-vous que la liste « Union pour Gap » peut gagner ?

    S.D. : Oui, nous pensons que gagner est de l’ordre du possible. Tout d’abord, nous formons une alliance entre partis de gauches et écologistes avec des gens qui se connaissent et s’entendent bien. Même s’il peut y avoir des désaccords, on a une vision commune pour la ville et on travaille dans une ambiance cordiale. Ensuite, cette liste accorde une large place à une participation des habitants, à la citoyenneté. Il y a une dynamique, et nous sommes devenus une liste de Gapençais pour les Gapençais. Et ce n’est pas un slogan. Il y a en effet une forte sollicitation de la population pour l’élaboration du programme et si on est élu, on doit établir un fonctionnement où les gens auront un droit de regard et qu’on puisse s’appuyer sur un mouvement citoyen. Enfin, nous avons une tête de liste, Elie Cordier, qui arrive à fédérer tout le monde. Dans l’équipe de campagne, il y a tous les âges, différents milieux socioprofessionnels. C’est un atout considérable. Elie Cordier est à l’écoute, il est en phase avec les visées du programme et avec son esprit.

  • À Rognac, le RN s’est emparé d’une ville rongée par une gestion chaotique

    À Rognac, le RN s’est emparé d’une ville rongée par une gestion chaotique

    Sans faire de bruit, Rognac, 12 335 habitants, cité dortoir et ouvrière par excellence, est passée, il y a un an, aux mains du Rassemblement national. Trente ans après ses succès à Marignane et Vitrolles, à quelques kilomètres de là, l’extrême droite est revenue aux manettes.

    Les municipales anticipées tenues les 17 et 24 novembre 2024 après des démissions en cascades au conseil municipal, ont été un fiasco pour la liste de la maire (UDI) sortante, Sylvie Miceli-Houdais, qui avait pris la succession de Stéphane Le Rudulier (LR) devenu sénateur.

    Réunissant 13,84% des votants, elle était arrivée en troisième position, loin derrière Willy Nicollet (DVD), son adjoint à la sécurité (34,65%), et Christophe Gonzalez (RN) arrivé en tête (38,24%) à l’issue d’une quadrangulaire mortifère. Un novice, débarqué au RN un an plus tôt qui a bénéficié de l’étiquette et du soutien affiché des ténors nationaux du parti d’extrême droite.

    Mais ce désaveu des citoyens est surtout le fruit des scandales qui ont éclaboussé la gestion de Sylvie Miceli-Houdais et celle de son prédécesseur. Un rapport de la Chambre régionale des comptes rendus public cet été, a dépeint cette gestion municipale à la dérive, de 2019 à 2024.

    Les magistrats y pointaient un manque de pilotage, avec un poste de Direction générale des services vacants durant deux ans, un cabinet du maire pléthorique, des dépenses de marchés publics explosant les seuils légaux, ou bien encore des frais de mission comportant l’utilisation « dévoyée » d’une carte achat…

  • Toulon en Commun tient à rétablir quelques vérités

    Toulon en Commun tient à rétablir quelques vérités

    « Nous gardons notre sérénité mais regrettons ce cavalier seul… » C’est en ces termes que commence le communiqué de Toulon en Commun, en rappelant que « la division de la gauche n’est jamais une bonne chose ». Et ce d’autant moins dans le Port du Levant où le danger de l’extrême droite est réel.

    La liste d’union des forces progressistes déplore donc ce choix, alors que « la dynamique autour de Magali Brunel est réelle et que les habitants disent leur souhait de changement ». Pour Toulon en Commun, il est clair que les priorités de LFI sont autres. Guidées par une décision nationale qui fait fi de l’urgence d’empêcher le RN de (re)prendre la ville.

    Pour la liste de rassemblement « les raisons avancées par LFI ne sont ni justes ni exactes », en rappelant que « la désignation de Magali Brunel comme tête de liste a été un exemple de démocratie auquel LFI, en quittant Toulon en Commun, n’a pas voulu participer ». Et sur « la supposée ligne rouge » qui serait son appartenance au PS, l’Assemblée citoyenne écologiste, sociale et solidaire montre que l’argument ne tient pas puisque à la Seyne, LFI se présente alors que la tête de liste n’est pas socialiste. Et de poursuivre : « Et c’est pareil dans beaucoup d’autres villes avec des maires sortants communistes ou EELV, ou encore des listes sans tête de liste PS. »

    Pas question pour autant de se laisser déstabiliser par ce type d’annonce. L’équipe qui travaille depuis 2019 en concertation pour bâtir un programme de changement basé sur la réalité toulonnaise va au contraire continuer d’aller de l’avant. « Comme nous avons su rassembler la gauche et ses diverses sensibilités, les écologistes et les régionalistes, nous annoncerons de nouveaux renforts dans les semaines à venir », conclut-elle d’ailleurs.

  • [Entretien] Judith Dossemont : « Je porte les valeurs de la droite républicaine et du centre droit »

    [Entretien] Judith Dossemont : « Je porte les valeurs de la droite républicaine et du centre droit »

    La Marseillaise : Pourquoi vous présentez-vous ?

    Judith Dossemont : J’ai voulu proposer ma candidature et offrir aux Roquevairois mon expérience. J’ai d’abord eu un engagement associatif à Roquevaire : j’étais membre fondatrice du grand trail du Garlaban. Mon engagement dans le monde associatif, en 2014, s’est poursuivi avec un engagement aux municipales en devenant colistière. Depuis 2020, je suis le leader de l’opposition à droite. Je porte les valeurs de la droite républicaine et du centre droit sur la commune. Je suis également conseillère départementale, j’ai été colistière aux régionales, colistière aux élections européennes et attachée parlementaire. Aujourd’hui, je ne peux plus être conseillère départementale et regarder ma ville dépérir sans pouvoir agir.

    Que voulez changer ?

    J.D. : Tout. Je veux tout changer. Le centre du village se paupérise, donc je veux prendre soin de Roquevaire en proposant un vrai projet d’aménagement du cours Négrel-Ferraud. C’est un endroit central qu’il faut vraiment rénover. Je suis en train d’y réfléchir avec des architectes reconnus internationalement, pour voir comment on peut à la fois produire du parking, un aménagement qui puisse permettre aux commerces de fonctionner, avoir des terrasses, avoir une petite place à la Provençale avec peut-être une petite fontaine. Quelque chose que l’on puisse se réapproprier. Parce qu’aujourd’hui, personne n’a envie de venir se promener dans le centre ville.

    Quel est le reste de votre programme ?

    J.D. : Les trois axes qui vont alimenter ma campagne sont la sécurité et la tranquillité publique, l’attractivité et la relance économique du village et enfin le cadre de vie et l’urbanisme enfin maîtrisés. Au niveau de la sécurité, la société a changé et il y a des violences partout. L’insécurité progresse et les Roquevairois le voient, le ressentent. Il y a juste la municipalité qui ne veut pas le voir. Il y a 4,5 policiers pour une ville de 9 000 habitants, et il n’y a quasiment pas de caméras, ou elles ne fonctionnent pas. Je veux renforcer la présence policière, moderniser la police municipale et repenser à un élargissement des horaires des agents. Je souhaite également lancer un grand plan de vidéoprotection crédible, parce qu’il y a beaucoup d’incivilités, de nuisances et de dégradations. Il faut plus de fermeté. Et enfin je veux redonner du caractère au centre ville de Roquevaire, créer du parking, ramener des commerces de bouche, des artisans, des cafés, une vie de hameau.

    Comment comptez-vous financer cela ?

    J.D. : Sans cofinancement, la ville de Roquevaire ne pourra effectivement rien faire. La première chose que je voudrais entreprendre, c’est faire un contrat d’aide aux communes, dès que je suis élue, pour pouvoir m’appuyer sur les collectivités donc le Département, la Métropole et la Région. Car j’ai quand même des liens puisque j’ai été colistière de Renaud Muselier. Je suis en train de chiffrer tous les projets et je m’appuie évidemment sur ces aides pour renforcer l’attractivité de Roquevaire.

  • À Orange, la justice fera-t-elle vaciller le clan Bompard ?

    À Orange, la justice fera-t-elle vaciller le clan Bompard ?

    En 1995, avec Toulon et Marignane, Orange était l’une des trois villes du sud à basculer au Front national. Depuis 30 ans, elle est la seule à demeurer aux mains de l’extrême droite. Élu maire avec 87 voix d’avance face à une droite désunie et au maire sortant DVG Alain Labbé, Jacques Bompard a ensuite été réélu dès le 1er tour en 2001, 2008 et 2014, qu’il soit sous l’étiquette du MPF ou ensuite de son propre parti, Ligue du sud. En 2020 seulement, il n’obtient « que » 47% des voix au 1er tour mais l’emporte largement au second (56%) dans le cadre d’une quadrangulaire, où figurait aussi le RN.

    L’assise électorale étant posée, c’est la justice qui finit par déboulonner Jacques Bompard, quand bien même il reste encore aujourd’hui influent – en dehors de tout cadre légal il disposait d’un bureau à la mairie jusqu’en 2024 – et bénéficie d’une tribune dans le magazine municipal. Pourtant, en novembre 2021, la cour de cassation rejette son pourvoi, le condamnant définitivement pour prise illégale d’intérêts, entraînant 5 ans d’inéligibilité. Dans la foulée, son second fils, Yann, prend la suite en étant élu maire. Jusqu’à quand ? Car dans un mois, Yann Bompard comparaîtra, du 17 au 19 décembre, devant le tribunal correctionnel de Marseille dans un dossier d’emploi fictif au détriment de l’Assemblée nationale.

    Un dossier qui éclabousse toute l’extrême droite puisque l’actuelle députée RN de la circonscription, Marie-France Lorho est jugée pour les mêmes faits. Ils remontent du temps où Yann Bompard était collaborateur parlementaire de la députée. Auparavant affidée du clan Bompard – elle avait succédé à Jacques en cours de mandat à l’Assemblée nationale -, Lorho est désormais brouillée avec la famille depuis qu’elle s’est rapprochée du RN. Elle est de son côté poursuivie comme auteure du détournement de fonds publics, mais aussi pour subornation de témoin. Constituée partie civile, l’Assemblée nationale a évalué son préjudice à 74 776 euros à l’égard de la députée et 42 753 euros pour le maire. En cas de condamnation impliquant une inéligibilité, les deux élus ne pourraient candidater aux municipales de mars.

    À Carpentras, l’ex-maire condamné qui veut reprendre du service

    En 2018, après avoir épuisé tous les recours judiciaires jusqu’à la cour de cassation, Francis Adolphe avait été poussé à la démission. Alors maire (ex-PS) de Carpentras, il avait été reconnu pour des faits de violence sur son ex-compagne, entraînant huit mois d’emprisonnement avec sursis, 5 000 euros d’amende et 5 ans d’interdiction de ses droits civiques, civils et de famille. Une inéligibilité entre-temps réduite puisqu’en 2021, il avait été candidat aux départementales, manquant de très peu la victoire face au binôme RN (139 voix). Voilà désormais que Francis Adolphe rêve de reprendre la mairie à celui qui lui a succédé en 2018, son ex-premier adjoint Serge Andrieu (DVG), avec qui il est en froid. Donné second d’un sondage derrière Andrieu, Adolphe (SE) espère, avec sa liste « Nous sommes tous Carpentras », rassembler à droite et à gauche hors des extrêmes.