Category: environnement

  • Planter un arbre et une petite graine dans la tête des enfants

    Planter un arbre et une petite graine dans la tête des enfants

    Soigneusement pomponnés, les élèves de CP de l’école Anatole-France sortent du car deux par deux. Leurs mains propres ne le restent pas longtemps. Après de rapides présentations, les agents du service environnement de la Ville de Port-de-Bouc les répartissent sur cinq différents ateliers, organisés en lisière de la forêt de Castillon, dans le cadre de l’opération « Replantons nos pinèdes ».

    Serge Borios attend les enfants derrière un tas de terre éparpillé sur une table. Un petit groupe se plante face à lui et écoute attentivement les consignes, avant de s’emparer de pots en plastique pour y planter un semi. « C’est quoi comme fleur ? » s’enquiert une petite fille. « Un souci, répond le paysagiste en lui montrant une image du végétal aux pétales orange. Ça a des propriétés adoucissantes, c’est bien de s’en passer en cas de brûlure. »

    Plus loin, d’autres élèves sont concentrés face à une feuille de papier et créent les pics d’un hérisson prédessiné avec des branches de pins.

    Régénérer la forêt

    « En cycle 1, les enfants ont un enseignement d’éducation à l’environnement et au développement durable », explique le responsable du service enfance éducation de la Ville, Farid Roguiai. Mais l’intérêt de l’opération n’est pas seulement d’initier les élèves aux joies du jardinage.

    En 2017 puis en 2020, deux incendies ont ravagé Castillon. Lors du feu le plus récent, 317 ha sont partis en fumée. Dès l’année suivante, la municipalité a mis en place ce dispositif pour aider la forêt à se régénérer. Depuis, près de 8 500 végétaux ont été replantés par plus de 1 500 enfants. Cette année, ils seront près de 700 à enraciner un arbre. « On a sept essences différentes entre chêne vert, blanc, du frêne et quatre arbustes qui sont typiques de nos garrigues, choisis pour résister au vent et à la sécheresse, précise Marie-Pierre Pelt, directrice des services techniques. On ne remet pas du tout de pins, qui sont des résineux et qui prennent très vite en cas d’incendie. On n’a que des feuillus. »

    Alors que ses élèves sont en train de créer une barrière de protection en pierres autour de l’arbre qu’ils ont planté, la maîtresse de la classe de CP d’Anatole-France salue cette sensibilisation. « Le fait de planter un arbre crée un lien particulier avec la nature, ils n’auront pas envie de voir ces végétaux arrachés ou brûlés derrière. Ce sont des enfants, c’est le moment de leur donner des bases, de planter une petite graine. »

  • Les fantômes de la Linea inquiètent toujours

    Les fantômes de la Linea inquiètent toujours

    C’est une histoire vieille de soixante-six ans qui s’invite ce lundi matin en conseil métropolitain. Parmi les nombreux dossiers techniques à l’ordre du jour, un gros morceau, l’adoption d’une quatrième révision du plan local d’urbanisme pour la ville de Marseille et les communes voisines, deux ans après le lancement de la première concertation publique. Mais lors d’une réunion publique le 12 septembre dernier, les habitants de Saint-Mitre, dans le 13e arrondissement de Marseille, ont eu la désagréable surprise de découvrir que les emplacements réservés à l’ancienne Liaison du nord-est de l’agglomération marseillaise (Linea) y faisaient leur retour, malgré une décision du tribunal administratif de Marseille du 22 mai.

    Vieux serpent de mer dont le plan directeur avait été élaboré en 1959, cette rocade courant de Saint-Mitre à Allauch avait été définitivement stoppée par la justice le 30 septembre 2020. « Mais les emplacements réservés pour la voirie restaient toujours sur les plans d’urbanisme », explique le président de l’association pour la sauvegarde du poumon vert de Saint-Mitre, Philippe Musarella.

    Une véritable épée de Damoclès pour les 53 habitations situées sur le tracé. Saisie, la justice lui a donné raison et laissé cinq mois à la Métropole, jusqu’au 22 septembre, pour les supprimer. « On pensait qu’elle allait inscrire la suppression dans la révision du plan local d’urbanisme, elle ne l’a pas fait, déplore Philippe Musarella. Allauch et Plan-de-Cuques ont le même tracé, et à Marseille, ils ont trouvé une combine : ils ont enlevé les emplacements pour remettre un tracé de 28 mètres de large au lieu de 38, en catimini, sans consultation publique. »

    Une étude à lancer

    « La suppression pure et simple des emplacements réservés, sans étude approfondie de leurs impacts, serait une décision précipitée », assume-t-on à la Métropole. Et d’expliquer que sans le gel de la construction sur ces parcelles, « environ 400 logements pourraient être construits, ce qui accentuerait les difficultés de circulation et mettrait sous pression les infrastructures routières existantes ».

    « Nous nous sommes mis d’accord avec la Ville pour faire ce choix qui est plus prudent », abonde la conseillère métropolitaine (LR) déléguée à l’urbanisme, Laure-Agnès Caradec, assurant que la décision de justice est respectée puisque ces emplacements réservés deviennent… des pré-emplacements réservés. « Personne ne veut la Linea, mais il y a des problèmes de circulation, alors nous allons repartir à zéro avec une nouvelle étude de mobilité », annonce-t-elle. Pendant que les opposants se préparent à retourner en justice.

  • Les fantômes de la Linea inquiètent toujours

    C’est une histoire vieille de soixante-six ans qui s’invite ce lundi matin en conseil métropolitain. Parmi les nombreux dossiers techniques à l’ordre du jour, un gros morceau, l’adoption d’une quatrième révision du plan local d’urbanisme pour la ville de Marseille et les communes voisines, deux ans après le lancement de la première concertation publique. Mais lors d’une réunion publique le 12 septembre dernier, les habitants de Saint-Mitre, dans le 13e arrondissement de Marseille, ont eu la désagréable surprise de découvrir que les emplacements réservés à l’ancienne Liaison du nord-est de l’agglomération marseillaise (Linea) y faisaient leur retour, malgré une décision du tribunal administratif de Marseille du 22 mai.

    Vieux serpent de mer dont le plan directeur avait été élaboré en 1959, cette rocade courant de Saint-Mitre à Allauch avait été définitivement stoppée par la justice le 30 septembre 2020. « Mais les emplacements réservés pour la voirie restaient toujours sur les plans d’urbanisme », explique le président de l’association pour la sauvegarde du poumon vert de Saint-Mitre, Philippe Musarella.

    Une véritable épée de Damoclès pour les 53 habitations situées sur le tracé. Saisie, la justice lui a donné raison et laissé cinq mois à la Métropole, jusqu’au 22 septembre, pour les supprimer. « On pensait qu’elle allait inscrire la suppression dans la révision du plan local d’urbanisme, elle ne l’a pas fait, déplore Philippe Musarella. Allauch et Plan-de-Cuques ont le même tracé, et à Marseille, ils ont trouvé une combine : ils ont enlevé les emplacements pour remettre un tracé de 28 mètres de large au lieu de 38, en catimini, sans consultation publique. »

    Une étude à lancer

    « La suppression pure et simple des emplacements réservés, sans étude approfondie de leurs impacts, serait une décision précipitée », assume-t-on à la Métropole. Et d’expliquer que sans le gel de la construction sur ces parcelles, « environ 400 logements pourraient être construits, ce qui accentuerait les difficultés de circulation et mettrait sous pression les infrastructures routières existantes ».

    « Nous nous sommes mis d’accord avec la Ville pour faire ce choix qui est plus prudent », abonde la conseillère métropolitaine (LR) déléguée à l’urbanisme, Laure-Agnès Caradec, assurant que la décision de justice est respectée puisque ces emplacements réservés deviennent… des pré-emplacements réservés. « Personne ne veut la Linea, mais il y a des problèmes de circulation, alors nous allons repartir à zéro avec une nouvelle étude de mobilité », annonce-t-elle. Pendant que les opposants se préparent à retourner en justice.

  • Venez découvrir l’écosystème de Provence

    Venez découvrir l’écosystème de Provence

    C’est une journée festive qui attend les familles, ce samedi, au théâtre de Verdure et en centre-ville de Saint-Paul-les-Durance, à l’occasion de l’événement Nature en sCENe, organisé par le Conservatoire d’espaces naturels en Provence-Alpes-Côte d’Azur (CEN Paca). « C’est une grosse journée qui attend les visiteurs autour de trois grands axes : des sorties natures, des conférences, mais aussi des stands et ateliers pour petits et grands », explique Emeline Pujolas, chargé de la vie associative au CEN Paca et coordinatrice de l’événement. « Il y aura également des expositions, une sur des dessins naturalistes et l’autre sur des photographies animalières. »

    Ainsi, les habitats, faunes et flore en bord de Durance n’auront plus aucun secret pour vous. En ce qui concerne les conférences, elles porteront sur la forêt, les fleuves et les rivières. « Saint-Paul-lez-Durance est l’endroit idéal pour cette nouvelle édition, car c’est un carrefour entre différents territoires : le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône, mais aussi le Var », ajoute la coordinatrice, qui précise : « On veut montrer la richesse de la région et de ce territoire au bord de l’eau, ce qui ajoute une dimension supplémentaire à la biodiversité d’une richesse incroyable. »

    Information et sensibilisation du public

    Nature en sCENe est une grande journée festive, gratuite et conviviale, où la sensibilisation à la biodiversité y est prégnante. « On observe depuis plusieurs années un déclin de la biodiversité, ce n’est un secret pour personne et nous, nous souhaitons porter la voix du vivant qui n’est pas en mesure de s’exprimer », précise Emeline Pujolas. « Sans compter qu’observer la nature ça fait toujours du bien à tout le monde. »

    La journée est aussi une opportunité de célébrer le 50e anniversaire du Conservatoire. « Nous sommes l’une des rares associations régionale créée par une petite poignée de naturalistes passionnés et qui a su perdurer dans le temps. Nous avons, pendant toutes ces années, poursuivi notre mission et aujourd’hui, nous comptons 70 salariés », continue-t-elle. L’association, depuis sa création, à pour objectif la préservation du patrimoine naturel de la région. Son action s’appuie sur une approche concertée au plus près des enjeux environnementaux, sociaux et économiques des territoires.

    « Aujourd’hui, nous poursuivons nos missions en ce qui concerne la connaissance de la biodiversité, la protection des espaces naturels et des espèces, la gestion de sites naturels, mais aussi l’information et la sensibilisation du public, l’un de nos axes majeurs, ce samedi », souligne Emeline Pujolas. « Nous sommes fiers de pouvoir proposer un événement de cette envergure symbole de notre accroissement, mais aussi du fait que nous sommes connus et reconnus. »

    La journée se clôturera avec un apéritif à partir de 19h, où les partenaires historiques du Conservatoire, et notamment la commune de Saint-Paul-lez-Durance, seront présents pour célébrer cet anniversaire.

    Samedi de 10h30 à 19h30.

    Gratuit.

  • [Entretien] « À horizon 2050, un déficit de 90 millions de m3 dans les nappes de la Crau»

    [Entretien] « À horizon 2050, un déficit de 90 millions de m3 dans les nappes de la Crau»

    La Marseillaise : Quel est l’état de la nappe actuellement ?

    Céline Tramontin : La nappe se recharge à 70% par l’irrigation gravitaire nécessaire à la production de foin de Crau, donc de l’eau de Serre-Ponçon qui arrive par la Durance, et à 30% par les eaux de pluie. Elle se vidange l’hiver et se remplit l’été, avec l’arrosage des agriculteurs, de mars à octobre. Ce qui soutient l’étiage, c’est-à-dire le niveau minium pour assurer l’ensemble des usages sur le territoire, ce sont les eaux de pluie. Depuis Serre-Ponçon, il y a 1,5 milliard m3 d’eau dérivée vers les Bouches-du-Rhône, dont 420 millions vers la Crau. Cette année, il y a eu de l’eau, le barrage était plein. Par contre, on a eu un hiver relativement sec. On est donc partis en début de saison avec des niveaux très hétérogènes en fonction des secteurs, avec des zones comme les Coussouls qui étaient bien remplies, avec des niveaux supérieurs à la moyenne, et d’autres avec les niveaux historiques les plus bas qu’on ait jamais relevés depuis dix ans. On a pu stabiliser le niveau grâce aux eaux de la Durance.

    Avec le réchauffement climatique, la sécheresse des hivers risque de devenir monnaie courante. Comment y faites-vous face ?

    C.T. : On a mené une étude scientifique dont l’objet était l’évolution du changement climatique et des besoins en eau sur ce territoire, puisque la nappe alimente 300 000 habitants en eau potable, l’agriculture, l’industrie de Fos et les bases militaires d’Istres et de Salon-de-Provence. Le résultat est sans appel : à horizon 2050, on aura un déficit de 90 millions de m3 au niveau du remplissage de la nappe, si on continue comme ça. Pour ne pas en arriver là et devoir faire des choix qui auront des impacts sur notre cadre de vie et le développement du territoire, on a lancé un Schéma d’aménagement des eaux avec les collectivités locales et les acteurs qui est élaboré dans le cadre d’une Commission locale de l’eau, installée fin août.

    L’idée est de prioriser les usages ?

    C.T. : Non. Il faut réduire le prélèvement de la Durance, parce que les effets du réchauffement climatique se feront ressentir aussi au niveau de Serre-Ponçon. On a déjà vécu une situation de sécheresse en 2022. Eux ont élaboré un plan de résilience à leur niveau. Il faut qu’on soit plus résilients aussi de notre côté. Il y a des solutions, comme la réhabilitation des canaux, créés pour les premiers au temps d’Adam de Craponne au XVIe siècle, pour les derniers au XXe siècle. On a aussi lancé une grande étude pour aller chercher des sources profondes en sondant le sol. On a fait trois forages, à Istres, Salon et Saint-Martin-de-Crau avec des pièzomètres profonds, entre 80 et 100m. Les matériaux carottés sont désormais à l’analyse. On sait d’ores et déjà qu’on va laisser tomber le forage d’Istres. Les résultats devraient être connus d’ici la fin 2026.

    Vous réfléchissez aussi à un partage des coûts plus équitable.

    C.T. : C’est la deuxième équation à résoudre. Ce sont les Associations syndicales autorisées intervenant pour l’irrigation collective, donc les agriculteurs, qui payent actuellement l’eau et son transport sur le territoire pour assumer l’usage agricole, mais aussi d’eau potable, d’eau industrielle etc. Il faut que ça évolue, que chaque bénéficiaire supporte ce coût.

    Entretien réalisé par Alice Magar

  • Pour aller au travail, les Occitans fanas de voiture

    Pour aller au travail, les Occitans fanas de voiture

    En 2021, les 2,2 millions d’Occitans à prendre leur voiture pour aller au travail – les « navetteurs » – émettent en moyenne 0,66 tonne de CO2 par an. Ces derniers privilégient la voiture et la moto à 83,4 % (le reste se répartit entre transports en commun (6,9%), le vélo (3,6%) et la marche (6,1%). C’est ce qu’il ressort d’une étude de l’Insee publiée en septembre concernant les trajets domicile travail. Et l’Occitanie fait mieux que le reste de l’Hexagone (0,77 tonne de CO2 par an), ce qui en fait la quatrième région la moins émettrice des gaz à effets de serre (GES) pour ces trajets. « Pour atteindre les engagements climatiques de la France, chaque habitant devrait en moyenne émettre 2 tonnes d’équivalent CO2 par an en 2050, alors qu’il en génère 9,4 en 2023 », précise l’étude.

    Dès lors, réduire cette empreinte devient un enjeu environnemental majeur. Mais les navetteurs ne sont pas tous égaux. En effet, dans les zones rurales, l’offre de transports étant moins diversifiée, si bien que « 22 % des navetteurs parcourent au moins 20km pour se rendre sur leur lieu de travail. Ces trajets sont responsables de 55% des émissions de GES liées aux navettes domicile-travail », indique l’Insee. A contrario, les navetteurs résidant dans les pôles émettent moins (0,32 tonne pour le pôle de Toulouse, 0,3 tonne pour Montpellier) et prennent plus les transports en commun (22,3% à Toulouse, 19,5% à Montpellier).

    Si la géographie explique en grande partie ces différences, l’étude montre également que les femmes génèrent moins d’émissions que les hommes (0,57 tonne contre 0,75). Aussi, ces émissions varient en fonction de la catégorie socioprofessionnelle des personnes. Les ouvriers émettent le plus (0,84 tonne) tandis que les agriculteurs sont ceux qui polluent le moins, suivi des cadres (0,54 tonne). L.D.

  • Pour aller au travail, les Occitans fanas de voiture

    En 2021, les 2,2 millions d’Occitans à prendre leur voiture pour aller au travail – les « navetteurs » – émettent en moyenne 0,66 tonne de CO2 par an. Ces derniers privilégient la voiture et la moto à 83,4 % (le reste se répartit entre transports en commun (6,9%), le vélo (3,6%) et la marche (6,1%). C’est ce qu’il ressort d’une étude de l’Insee publiée en septembre concernant les trajets domicile travail. Et l’Occitanie fait mieux que le reste de l’Hexagone (0,77 tonne de CO2 par an), ce qui en fait la quatrième région la moins émettrice des gaz à effets de serre (GES) pour ces trajets. « Pour atteindre les engagements climatiques de la France, chaque habitant devrait en moyenne émettre 2 tonnes d’équivalent CO2 par an en 2050, alors qu’il en génère 9,4 en 2023 », précise l’étude.

    Dès lors, réduire cette empreinte devient un enjeu environnemental majeur. Mais les navetteurs ne sont pas tous égaux. En effet, dans les zones rurales, l’offre de transports étant moins diversifiée, si bien que « 22 % des navetteurs parcourent au moins 20km pour se rendre sur leur lieu de travail. Ces trajets sont responsables de 55% des émissions de GES liées aux navettes domicile-travail », indique l’Insee. A contrario, les navetteurs résidant dans les pôles émettent moins (0,32 tonne pour le pôle de Toulouse, 0,3 tonne pour Montpellier) et prennent plus les transports en commun (22,3% à Toulouse, 19,5% à Montpellier).

    Si la géographie explique en grande partie ces différences, l’étude montre également que les femmes génèrent moins d’émissions que les hommes (0,57 tonne contre 0,75). Aussi, ces émissions varient en fonction de la catégorie socioprofessionnelle des personnes. Les ouvriers émettent le plus (0,84 tonne) tandis que les agriculteurs sont ceux qui polluent le moins, suivi des cadres (0,54 tonne). L.D.

  • « À horizon 2050, un déficit de 90 millions de m3 »

    La Marseillaise : Quel est l’état de la nappe actuellement ?

    Céline Tramontin : La nappe se recharge à 70% par l’irrigation gravitaire nécessaire à la production de foin de Crau, donc de l’eau de Serre-Ponçon qui arrive par la Durance, et à 30% par les eaux de pluie. Elle se vidange l’hiver et se remplit l’été, avec l’arrosage des agriculteurs, de mars à octobre. Ce qui soutient l’étiage, c’est-à-dire le niveau minium pour assurer l’ensemble des usages sur le territoire, ce sont les eaux de pluie. Depuis Serre-Ponçon, il y a 1,5 milliard m3 d’eau dérivée vers les Bouches-du-Rhône, dont 420 millions vers la Crau. Cette année, il y a eu de l’eau, le barrage était plein. Par contre, on a eu un hiver relativement sec. On est donc partis en début de saison avec des niveaux très hétérogènes en fonction des secteurs, avec des zones comme les Coussouls qui étaient bien remplies, avec des niveaux supérieurs à la moyenne, et d’autres avec les niveaux historiques les plus bas qu’on ait jamais relevés depuis dix ans. On a pu stabiliser le niveau grâce aux eaux de la Durance.

    Avec le réchauffement climatique, la sécheresse des hivers risque de devenir monnaie courante. Comment y faites-vous face ?

    C.T. : On a mené une étude scientifique dont l’objet était l’évolution du changement climatique et des besoins en eau sur ce territoire, puisque la nappe alimente 300 000 habitants en eau potable, l’agriculture, l’industrie de Fos et les bases militaires d’Istres et de Salon-de-Provence. Le résultat est sans appel : à horizon 2050, on aura un déficit de 90 millions de m3 au niveau du remplissage de la nappe, si on continue comme ça. Pour ne pas en arriver là et devoir faire des choix qui auront des impacts sur notre cadre de vie et le développement du territoire, on a lancé un Schéma d’aménagement des eaux avec les collectivités locales et les acteurs qui est élaboré dans le cadre d’une Commission locale de l’eau, installée fin août.

    L’idée est de prioriser les usages ?

    C.T. : Non. Il faut réduire le prélèvement de la Durance, parce que les effets du réchauffement climatique se feront ressentir aussi au niveau de Serre-Ponçon. On a déjà vécu une situation de sécheresse en 2022. Eux ont élaboré un plan de résilience à leur niveau. Il faut qu’on soit plus résilients aussi de notre côté. Il y a des solutions, comme la réhabilitation des canaux, créés pour les premiers au temps d’Adam de Craponne au XVIe siècle, pour les derniers au XXe siècle. On a aussi lancé une grande étude pour aller chercher des sources profondes en sondant le sol. On a fait trois forages, à Istres, Salon et Saint-Martin-de-Crau avec des pièzomètres profonds, entre 80 et 100m. Les matériaux carottés sont désormais à l’analyse. On sait d’ores et déjà qu’on va laisser tomber le forage d’Istres. Les résultats devraient être connus d’ici la fin 2026.

    Vous réfléchissez aussi à un partage des coûts plus équitable.

    C.T. : C’est la deuxième équation à résoudre. Ce sont les Associations syndicales autorisées intervenant pour l’irrigation collective, donc les agriculteurs, qui payent actuellement l’eau et son transport sur le territoire pour assumer l’usage agricole, mais aussi d’eau potable, d’eau industrielle etc. Il faut que ça évolue, que chaque bénéficiaire supporte ce coût.

    Entretien réalisé par Alice Magar

  • Le plan régional contre les incendies porte ses fruits

    Prévenir, combattre et reconstruire. Voici les trois piliers du programme régional baptisé « Guerre du Feu ». Sept ans après son lancement, Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région Sud, accompagné des acteurs du dispositif, en a présenté les résultats. « On a divisé par cinq les dommages entre 2017 et 2025 » se targue l’élu.

    C’est en 2017, après l’incendie ravageur de Bormes-les-Mimosas, que l’idée de ce programme a germé. « On s’est dit “plus jamais ça” », se souvient François de Canson, vice-président de la Région en charge de la prévention des risques majeurs. Quelques mois plus tard, en février 2018, la Région lance son plan « Guerre du feu ». L’objectif est clair : réduire les risques incendies, répondre plus efficacement aux départs de feu et permettre la reconstitution des forêts incendiées en coordonnant les différents acteurs et en apportant un financement.

    Depuis 2018, 40 millions d’euros ont été versés par la Région pour lutter contre les flammes. « Sur le territoire, nous avions les compétences humaines et techniques. Mais j’avais l’impression que chacun travaillait dans son coin », explique Renaud Muselier.

    L’une des premières actions a notamment été le déploiement de la garde régionale forestière. En 2025, 250 écogardes ont été mobilisés, entre juin et septembre, dans les massifs et parcs régionaux, pour sensibiliser aux risques et aux bons gestes. « De plus en plus de personnes sont au courant des gestes parce qu’ils croisent des écogardes », explique Manon Quezl-Ambrunaz, coordinatrice du Parc naturel régional du Mont Ventoux. Une prévention importante, puisque 9 incendies sur 10 sont d’origine humaine.

    Ce travail nécessaire en amont, pour limiter les départs de feu, est associé au développement de meilleurs moyens pour combattre les flammes. La Région a notamment soutenu certaines communes pour l’entretien des pistes de défense de la forêt contre les incendies (DFCI).

    Des rotations plus rapides

    La Région a également financé en partie la rénovation du pélicandrome, où les avions réservoirs peuvent venir se ravitailler en eau ou en produit retardant, à Hyères. Inauguré en juillet 2024, sa rénovation a permis d’améliorer la vitesse de remplissage, passant de 20 à 6 minutes. « Cela permet des rotations beaucoup plus rapides et de réduire les délais de réaction », insiste le lieutenant-colonel Michel Seitz, chef du groupement de conduite opérationnelle.

    Enfin, ce plan « Guerre du feu » a permis le déploiement du fonds de dotation Respir, dédié au financement du reboisement de territoires incendiés, notamment accompagné par l’office national des forêts, « pour retrouver rapidement une captation de carbone et le maintien du sol », explique Hervé Houin, directeur territorial Midi-Méditerranée de l’ONF. L’institution a aussi développé, avec la Région, des fiches réflexes à destination des maires pour gérer l’après-incendie.

    Un plan qui a porté ses fruits et « repris comme base de réflexion nationale », se félicite François de Canson.

  • Le plan régional contre les incendies porte ses fruits

    Le plan régional contre les incendies porte ses fruits

    Prévenir, combattre et reconstruire. Voici les trois piliers du programme régional baptisé « Guerre du Feu ». Sept ans après son lancement, Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région Sud, accompagné des acteurs du dispositif, en a présenté les résultats. « On a divisé par cinq les dommages entre 2017 et 2025 » se targue l’élu.

    C’est en 2017, après l’incendie ravageur de Bormes-les-Mimosas, que l’idée de ce programme a germé. « On s’est dit “plus jamais ça” », se souvient François de Canson, vice-président de la Région en charge de la prévention des risques majeurs. Quelques mois plus tard, en février 2018, la Région lance son plan « Guerre du feu ». L’objectif est clair : réduire les risques incendies, répondre plus efficacement aux départs de feu et permettre la reconstitution des forêts incendiées en coordonnant les différents acteurs et en apportant un financement.

    Depuis 2018, 40 millions d’euros ont été versés par la Région pour lutter contre les flammes. « Sur le territoire, nous avions les compétences humaines et techniques. Mais j’avais l’impression que chacun travaillait dans son coin », explique Renaud Muselier.

    L’une des premières actions a notamment été le déploiement de la garde régionale forestière. En 2025, 250 écogardes ont été mobilisés, entre juin et septembre, dans les massifs et parcs régionaux, pour sensibiliser aux risques et aux bons gestes. « De plus en plus de personnes sont au courant des gestes parce qu’ils croisent des écogardes », explique Manon Quezl-Ambrunaz, coordinatrice du Parc naturel régional du Mont Ventoux. Une prévention importante, puisque 9 incendies sur 10 sont d’origine humaine.

    Ce travail nécessaire en amont, pour limiter les départs de feu, est associé au développement de meilleurs moyens pour combattre les flammes. La Région a notamment soutenu certaines communes pour l’entretien des pistes de défense de la forêt contre les incendies (DFCI).

    Des rotations plus rapides

    La Région a également financé en partie la rénovation du pélicandrome, où les avions réservoirs peuvent venir se ravitailler en eau ou en produit retardant, à Hyères. Inauguré en juillet 2024, sa rénovation a permis d’améliorer la vitesse de remplissage, passant de 20 à 6 minutes. « Cela permet des rotations beaucoup plus rapides et de réduire les délais de réaction », insiste le lieutenant-colonel Michel Seitz, chef du groupement de conduite opérationnelle.

    Enfin, ce plan « Guerre du feu » a permis le déploiement du fonds de dotation Respir, dédié au financement du reboisement de territoires incendiés, notamment accompagné par l’office national des forêts, « pour retrouver rapidement une captation de carbone et le maintien du sol », explique Hervé Houin, directeur territorial Midi-Méditerranée de l’ONF. L’institution a aussi développé, avec la Région, des fiches réflexes à destination des maires pour gérer l’après-incendie.

    Un plan qui a porté ses fruits et « repris comme base de réflexion nationale », se félicite François de Canson.