Category: environnement

  • Un accompagnement pour planter sur son exploitation

    Un accompagnement pour planter sur son exploitation

    À Reillanne, près de Forcalquier, sur leur exploitation ovine, Anaïs Baumelle et Mickaël Niquet ont fait appel à l’association Des Enfants et des arbres pour financer leur projet de plantation. En échange, ils sont intervenus dans une classe et ont accueilli des CM1 et des CM2 pour leur chantier de plantation. Mardi, ils ont ouvert les portes de leur exploitation à une quinzaine d’éleveurs intéressés par ce projet, qui aimeraient le reproduire.

    Les arbres sont essentiels pour le bien-être du troupeau, la nutrition des animaux ou encore pour créer de l’ombre et protéger de la pluie, explique Mégane Véchambre, conseillère agroforesterie à Agribio 04. C’est elle qui a accompagné le couple d’éleveurs de Reillanne, mais aussi une productrice de raisin de table à Forcalquier et une production diversifiée, notamment d’escargots, à Manosque, pour leur projet de plantation d’arbres.

    « Planter des arbres, ça a un intérêt pour vous, ça rend votre exploitation plus résiliente face aux aléas et face à la sécheresse », défend Léa Garreau, chargée de mission agroécologie au parc naturel régional du Luberon, en s’adressant aux éleveurs venus pour les portes ouvertes. Parmi eux, un éleveur bovin de Villeneuve, Cyril Motte, se montre particulièrement intéressé.

    éviter l’érosion

    « Je n’ai pas encore de projet prévu cette année, tu es le premier sur la liste ! », lui lance Mégane Véchambre. Plusieurs élèves en BTS de l’établissement de formation agricole Carmejane ont également assisté aux portes ouvertes.

    « On a déjà planté pour éviter l’érosion parce qu’on a des parcelles en pente », explique Léa Goin, directrice de l’exploitation de Carmejane. Des financements publics et privés existent pour mener à bien ces projets. « Ils avaient dit qu’ils allaient ouvrir à fond les robinets sur les financements publics, mais ça a mis un peu plus de temps que prévu. Normalement, ça rouvre cette année », avance Mégane Véchambre. Les agriculteurs peuvent facilement être remboursés à hauteur de 90%, voire 100% pour leur projet de plantation, explique-t-elle. Sur leur exploitation de Reillanne, Anaïs Baumelle et Mickaël Niquet ont planté 130 arbres : des chênes, des érables, des tilleuls ou encore des mûriers. Ils en ont eu pour 2 400 euros, et ont perçu 2 000 euros de subventions. « Le réchauffement climatique influence le choix des arbres qu’on va mettre », avance Fabien Liagre, créateur d’Agroof, bureau d’étude spécialisé en agroforesterie.

  • Des relevés participatifs pour observer la pollution du golfe

    Des relevés participatifs pour observer la pollution du golfe

    À peine un pied posé sur la plage des Combattants, Brigitte, les yeux rivés sur le sol, s’exclame : « Eh ben, y a de quoi faire ! » La retraitée fosséenne participe à des collectes de déchets depuis des années. Elle a commencé avec son club de vélo, en 2021. C’est par le biais de son ami Daniel Moutet, président de l’Association de défense et de protection du littoral et du golfe de Fos, qu’elle a connu l’Institut éco-citoyen pour la connaissance des pollutions, l’organisme qui encadre le ramassage ce mardi matin. L’objectif de ce protocole participatif : quantifier et caractériser les microplastiques dans les sédiments du pourtour de l’étang de Berre et du golfe de Fos.

    Ce n’est pas la première fois que les scientifiques, accompagnés d’habitants volontaires à l’acquisition de données environnementales, prélèvent les macroplastiques sur cette petite plage qui fait face aux usines des bassins ouest du Grand port maritime. Audrey Souloumiac, responsable de l’Observatoire citoyen de l’environnement de l’Institut, précise : « On était déjà venus l’an dernier. Ce n’était pas la plage la plus polluée, on avait surtout récupéré du verre, contrairement à la plage du Cavaou, à proximité des terminaux méthaniers, qui est interdite au public et qui est jonchée de plastiques qui arrivent de la mer. »

    Aux Combattants, l’Institut éco-citoyen mène aussi des relevés de diversité marine en palmes, masque et tuba depuis 2017. « On note toute la faune et la flore qu’on observe. Ça nous a notamment permis de voir qu’il y avait eu un effondrement de la flore au moment de l’accident de Kem One en juillet 2020. Aujourd’hui, on est quasiment revenu au niveau d’avant. »

    Un partenariat à venir

    Ces relevés de diversité marine permettent aussi d’observer « des modifications au niveau des espèces », affirme Audrey Souloumiac. « Avant, il y avait des gorgones. Depuis quelques années elles sont complètement mortes à cause de la chaleur. Elles ont un rôle de filtrage donc c’est assez
    important.
     »

    L’institut éco-citoyen veut désormais aller plus loin sur cette plage. « On a pris contact avec le club de plongée de Port-de-Bouc pour mettre en place un protocole de relevé de macrodéchets sous-marins », révèle la responsable de l’Observatoire citoyen de l’environnement.

  • Du mieux dans la qualité de l’air, selon une étude d’Atmosud

    Du mieux dans la qualité de l’air, selon une étude d’Atmosud

    La qualité de l’air s’améliore. C’est la conclusion de l’étude Scenarii 2, menée par Atmosud dans le cadre d’un comité de pilotage rapproché avec l’Agence régionale de santé, la Dreal et Santé publique France pour évaluer l’efficacité des actions mises en œuvre au cours de la dernière décennie pour réduire le risque sanitaire d’exposition pour la population des 66 communes du pourtour de l’étang de Berre. « C’est un rebond du travail conduit il y a une dizaine d’années avec Scenarii 1, développe Dominique Robin, directeur d’Atmosud. Il a été mené dans le cadre du Plan santé environnement. »

    Au total, trente composés venant de différentes sources (industrie, transport routier, maritime, aérien, chauffage…) sont analysés dans ce deuxième volet, sur les 72 inventoriés par Atmosud. Parmi eux, quatre polluants réglementés présentent un risque sanitaire pour 100% de la population : l’ozone, le dioxyde d’azote, et les particules fines PM10 et PM2.5. En cause : une exposition dépassant les seuils (comme pour l’ensemble de la région).

    Un excès de risque

    Néanmoins, un excès de risque supplémentaire est identifié sur la zone dû à un cumul des expositions à des polluants cancérigènes, mutagènes et/ou reprotoxiques (CMR). En cause, des polluants principalement émis par l’industrie comme l’oxyde d’éthylène, le 1,2- dichloroéthane, le cobalt et le chlorure de vinyle monomère.

    « Dans un scénario d’exposition dit réaliste, ce qui correspond à trente ans d’exposition, environ 400 personnes sont exposées à un excès de risque cumulé, soit moins de 0,1% de la population », explique Edwige Révélat, directrice scientifique et technique à Atmosud. Dans le scénario majorant (70 ans d’exposition), 28 000 habitants sont concernés, soit 4,5% de la population, principalement à Port-de-Bouc, Martigues et Berre-l’Étang.

    Edwige Révélat note tout de même « une tendance à la baisse et à la stabilité des concentrations ». Si l’exposition aux particules fines et le dioxyde d’azote (des polluants multi-source) continue de dépasser les seuils, elle diminue tout de même de 30% entre Scenarii 1 et Scenarii 2. D’autres composés présentent une diminution de leur concentration, comme le benzène (30%), ou le 1,2 DCE, ou dichlorure d’éthylène (de -10 à -50%).

    Une conclusion qui n’a pas manqué de faire bondir les représentants des associations environnementales du secteur, à l’instar de Daniel Moutet, de l’Association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos : « À aucun moment Fos-sur-Mer n’est cité, je ne comprends pas pourquoi elle ne fait pas partie des villes polluées. On est sous les vents de Lavéra et l’été sous les vents d’ouest qui nous amènent la pollution des usines. Ces résultats sont impossibles, sauf à travers le lissage des données que vous faites. » Yves Bidet, pilote du réseau climat énergie de FNE13, souligne : « Il y a des personnes qui viennent travailler dans la zone sans y habiter, l’étude ne les prend pas en compte. » Alain Collomb, médecin sur la zone, s’inquiète quant à lui des « effets cocktails » des polluants qui peuvent se « potentialiser », une donnée non considérée. Son collègue Patrick Courtin, docteur spécialisé en santé environnementale, pointe quant à lui l’absence des perturbateurs endocriniens, « qui ne sont pas pris comme des risques ».

    Ces limites, les instigateurs de Scenarii 2 en sont conscients. Cécile Morciano, responsable du service santé environnement de la délégation des Bouches-du-Rhône pour l’ARS, explique : « Ce n’est pas une étude qui permet de prédire l’apparition de maladie, on est sur du calcul théorique de risque sanitaire. »

  • « Contre la crise agricole, il faut une politique courageuse »

    « Contre la crise agricole, il faut une politique courageuse »

    Manifestations massives, pétitions dont une a récolté 2,1 millions de signatures : la loi Duplomb cristallise le mécontentement. L’Assemblée accueillait, mercredi, un débat parlementaire sur la question.

    La Marseillaise : Comment expliquez-vous un tel soulèvement contre la loi Duplomb ?

    Bernard Astruc : Monsieur Duplomb a réussi à faire se mobiliser plus de 2 millions de personnes en désaccord avec son projet de loi, ce qui est une performance exceptionnelle. Il a fallu de mauvaises raisons pour que d’un seul coup, il y ait une vraie mobilisation citoyenne. Cette loi, c’est du rétropédalage, comme si on était déjà tellement en avance sur les mesures agro-environnementales qu’on pouvait se le permettre. Là, on a vu que les citoyens-consommateurs n’étaient pas prêts à accepter ça, parce qu’ils savent que ces molécules de pesticides, elles empoisonnent la terre, l’eau, les nappes phréatiques, l’air et, pire, nos aliments. C’est ce qui se stigmatise en ce moment dans la société.

    Qu’avez-vous à dire
    sur la politique agricole gouvernementale
     ?

    B.A. : Elle est complètement hors-sol pour la simple raison qu’on refuse d’analyser les causes profondes. En ce moment, on fait croire qu’on fait du changement, mais pas du tout, alors qu’il est devenu absolument nécessaire et urgent. Le gouvernement continue à être dans une fuite en avant, sous la pression des syndicats dominants, et va céder sur le plan agro-environnemental et sur les mesures budgétaires, ainsi que d’autres facilités qui sont contre nature, comme les méga-bassines, pour accélérer, pour faciliter. Ce sont des mesures qui vont à l’encontre de l’obligation d’introduire l’agroécologie dans l’agriculture.

    Quelle importance
    de la souveraineté alimentaire
    dans le contexte actuel
     ?

    B.A. : La souveraineté alimentaire, c’est ce qu’il faut viser, parce que derrière il y a la sécurité alimentaire et la qualité alimentaire. De la qualité dépend notre santé. De la sécurité, notre certitude de pouvoir manger tous les jours. Toute cette nourriture que nous voyons dans la grande distribution laisse croire qu’il y a une abondance de nourriture mais est en réalité à flux tendu, approvisionnée par des camions, tous les jours. Ce n’est pas du tout produit ici. Nous avons au-dessus de nos têtes une épée de Damoclès qui peut s’abattre à tout moment à cause d’une crise énergétique. Avec la situation géopolitique mondiale, ça peut arriver demain matin.

    Dans notre région, qu’en est-il de cette souveraineté ?

    B.A. : Les Alpes-Maritimes c’est la catastrophe, c’est moins de 1%. Le Var c’est aux alentours de 2,5% et les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse c’est un peu plus, ça tourne autour de 4 ou 5%. Ça veut dire qu’on a au maximum 15 à 30 jours d’autonomie.

    Quelle est la solution ?

    B.A. : La solution on la connaît déjà : parce que ce n’est qu’un choix politique. Il faut qu’il soit courageux, mais quand on veut prioritairement conserver son poste de député, de maire, de ministre, par rapport à l’intérêt collectif, on ne fait pas une politique courageuse. C’est ce qu’il va falloir faire, parce que non seulement il n’y a pas d’autres alternatives mais cette alternative de l’agrobiologie on a la chance qu’elle soit crédible. En France, il y a 62 000 agriculteurs qui cultivent 2,8 millions d’hectares dans toutes les filières agricoles, sans intrants chimiques, sans pesticides. C’est la preuve que c’est possible, pas marginal.

  • Rove Environnement poursuit son action au cœur du massif

    Rove Environnement poursuit son action au cœur du massif

    Le rapport d’activité 2024-2025 témoigne de l’ampleur du travail accompli sur le terrain par Rove Environnement qui a tenu son assemblée générale la semaine dernière. Plus de 700 heures ont été consacrées à l’entretien des plantations et des oliveraies, notamment sur les secteurs du plateau du Baou, de la Baume de Niolon ou encore du puits de l’Œuvre.

    Les plantations de feuillus réintroduites depuis plus de trente ans, couvrant aujourd’hui une vingtaine d’hectares sur les deux versants du massif, ont une nouvelle fois démontré leur intérêt face aux incendies survenus à proximité de la commune durant l’été 2025. Leur entretien régulier contribue à préserver la biodiversité, maintenir des milieux ouverts et limiter la propagation des feux.

    Les bénévoles interviennent également pour réparer les dégradations constatées sur les équipements, remettre en état des sentiers ou sécuriser certains accès, dans un contexte marqué par des épisodes de sécheresse et un risque incendie accru.

    Soulignant l’importance de ces actions de prévention et de sensibilisation, Paul Sabatino a réaffirmé le soutien total de la municipalité à l’association afin de lui permettre de poursuivre ses missions au service de la protection et de la valorisation de ce patrimoine naturel exceptionnel, au même titre que les autres acteurs environnementaux locaux comme l’association de chasse La Bartavelle, dont le président, présent lors de cette assemblée générale, a lui aussi salué le travail remarquable des bénévoles de Rove Environnement.

    Cette réunion a été également l’occasion de renouveler le bureau. Jean-Pierre Dapelo a été réélu président. Le bureau se compose de Patrick Chouteau, trésorier, et de Christian Raymond, secrétaire.

  • L’extension du tramway d’Aubagne à La Bouilladisse voit le bout du tunnel

    L’extension du tramway d’Aubagne à La Bouilladisse voit le bout du tunnel

    C’était autrefois le train des mines, qui amenait les travailleurs de la vallée de l’Huveaune et d’Aubagne à Gardanne… Envisagée dès 2007, la remise en service de l’ancienne voie ferrée de Valdonne a été relancée en 2019, non sans débat. Plutôt qu’un train-tram, capable de rouler sur les rails de la SNCF, la Métropole a fait le choix du tramway, comme celui développé à Aubagne intra-muros. Au-delà des polémiques, des réticences de Gérard Gazay, le maire (LR) d’Aubagne, lors de son premier mandat, qui se « félicite » aujourd’hui de cette réalisation… Les communes qui vont être desservies d’ici la fin de l’année – Roquevaire, Auriol, La Destrousse et La Bouilladisse- vont pousser un gros « ouf » de soulagement. Les axes routiers de la vallée sont saturés avec près de 20 000 véhicules par jour, l’infrastructure d’un coût de 130 millions d’euros et figurant dans le volet transport de Marseille en grand devrait permettre à la fois de désengorger la route et de grandement faciliter l’accès à tous les services publics d’Aubagne et du territoire. Parkings relais et aménagements sont également prévus au fil du tracé et des onze nouvelles stations pour optimiser le Valtra, ce nouveau mode de transport à haute fréquence qui devrait être disponible d’ici la fin de l’année. Reste d’autres enjeux à relever comme son extension vers La Penne-sur-Huveaune. 15 000 voyageurs par jour sont attendus.

  • La mobilité, priorité de nombre d’électeurs

    La mobilité, priorité de nombre d’électeurs

    Des propositions comme un véritable « manifeste ». Se basant sur un baromètre réalisé du 23 au 30 janvier par le CSA sur le thème « Les Français et les transports publics : attentes, usages et priorités municipales », l’Union des transports publics ferroviaires (UTPF) a fait sien un des premiers enseignements : la question reste un sujet important pour les électeurs.

    « On ne va pas commenter ce que font les candidats », prévient d’emblée Florence Sautejeau, déléguée générale de l’UTPF, mais « on a des messages forts à faire passer sur la mobilité ». Au nom des 170 réseaux urbains du territoire mais aussi des opérateurs du ferroviaire, y compris du fret et des gestionnaires d’infrastructures, qu’elle représente, (à noter que la RTM est adhérente), elle entend faire comprendre aux maires le rôle qu’ils ont à jouer dans cette affaire. Si l’autorité organisatrice des transports reste l’intercommunalité ou la Métropole, ces derniers vont y siéger et donc peser sur les décisions, estime-t-elle.

    « Pour que les gens lâchent leur voiture, il n’y a pas d’autre solution qu’une offre importante, de qualité, confortable… », pose-t-elle, rappelant que 15 millions de personnes sont en « précarité de mobilité » dans le pays, 830 000 dans la région Sud. Un chiffre à mettre en regard des 87% de sondés pour qui les transports constituent un sujet important dans le cadre des municipales, 94% en Paca.

    Actionner

    le « levier tarifaire »

    Sur la question du pouvoir d’achat, le tarif est, pour 50% des sondés, adapté. En Paca, 21% d’entre eux estiment néanmoins qu’il est trop élevé. Sur la sécurité, autre sujet de préoccupation, 74% des sondés se sentent sereins dans les transports, Paca atteignant les 86%. Enfin, 62% des sondés en France sont prêts à réduire l’usage de la voiture contre 82% en Paca.

    Autant d’éléments qui ont permis à l’UTPF d’étayer ses huit propositions. D’abord, penser à l’échelle d’un bassin de vie. « Il est important que les élus prennent en compte la réalité des flux », précise Jean-Philippe Peuziat, directeur des affaires publiques de l’UTPF.

    Les opérateurs comptent également sur les édiles pour assurer la sécurité des voyageurs. Et Florence Sautejeau de se féliciter de la loi Tabarot qui permet de la renforcer, avec la possibilité d’équiper les verbalisateurs de caméras piétons. La présidente de la Métropole, Martine Vassal, aujourd’hui candidate de la droite et du centre, s’en était emparée. La RTM, étant pionnière en la matière en testant ces équipements, les a adoptés. Développer les transports publics, c’est aussi répondre à une « transition démographique », avec le « vieillissement de la population », enchaîne Florence Sautejeau. En clair, permettre à papi et mamie de lâcher la voiture sans rester confinés, avec des bus accessibles, des éclairages, des bancs… Parmi les autres propositions : mettre en cohérence développement urbain et transports, permettre aux bus d’augmenter leur vitesse commerciale avec notamment des voies séparées des vélos, penser au ferroviaire pour développer la logistique urbaine.

    Vient le nerf de la guerre : l’argent. Et le moment d’actionner le « levier tarifaire », un des trois piliers du financement des transports avec le versement mobilité des entreprises, « au maximum chez vous », commente la déléguée générale de l’UTPF et les investissements des collectivités locales. Et un constat : alors que la France est le pays d’Europe avec les plus faibles ressources en provenance des usagers, « les gens sont prêts à payer pour avoir de l’offre », assure-t-elle. Quand on lui objecte que la gratuité a pourtant convaincu les Aubagnais depuis bien longtemps, elle répond tarifs « solidaires et sociaux » auxquels l’UTPF est « très attachée » avant de convenir qu’il s’agit d’un vrai choix politique quand « rien n’est gratuit. »

    Mais l’UTPF ne voit pas de problème à réclamer « une sorte de flexibilité » à la commission européenne qui impose aux constructeurs de bus de passer d’ici 2030 à 90 % de leur production en électrique et hydrogène. Plaidant pour le mix énergétique, Florence Sautejeau craint que le coût du nouveau matériel de 280 000 euros à 420 000 l’unité, n’impacte le développement de l’offre…

  • Hérault : les éoliennes de Bernagues vont redémarrer

    Hérault : les éoliennes de Bernagues vont redémarrer

    À l’arrêt depuis 10 mois, le parc éolien de Bernagues, dont la suspension de l’activité pour un an – avec exécution provisoire – avait été ordonnée en avril dernier par le tribunal correctionnel de Montpellier, va pouvoir redémarrer. Malgré une condamnation en première instance, la cour d’appel de Montpellier a en effet relaxé, le 5 février, l’exploitant de ce parc éolien situé sur le massif de l’Escandorgue, près de Lodève.

    ERL (Énergie Renouvelable du Languedoc), filiale du groupe Valeco qui exploite ces sept éoliennes, et son dirigeant étaient poursuivis pour avoir porté atteinte à la conservation d’espèces animales non-domestiques protégées après la mort d’un aigle royal en janvier 2023, lequel avait percuté une pale en raison d’un dysfonctionnement du système de détection des oiseaux.

    « C’est une surprise et une déception », confie Me Gallon, représentant trois associations. « On ne s’attendait pas à une relaxe puisque le tribunal avait estimé que le délit était caractérisé et qu’il avait condamné sévèrement l’exploitant, décision qui faisait preuve d’exemplarité. Le parquet général avait par ailleurs requis la confirmation du premier jugement pour l’essentiel. »

    « Inquiétude pour de nombreux autres dossiers »

    Dans son arrêt, la Cour d’appel de Montpellier s’appuie sur la nouvelle loi d’orientation agricole de mars 2025 qui modifie le code de l’environnement, exigeant désormais « de rapporter la preuve d’un acte intentionnel de l’auteur ou d’une négligence grave » pour que la destruction d’espèces protégées constitue un délit. « Pourtant la société avait été largement prévenue du risque pour le couple d’aigles royaux nichant à proximité, était consciente des impacts de son parc et avait constamment refusé de régulariser la situation en sollicitant une dérogation “espèces protégées”  », dénonce Simon Popy, président de la FNE (Fédération nationale de l’environnement) Occitanie-Méditerranée, l’une des six associations parties civiles dans cette affaire. « Nous devons cette régression du code de l’environnement à un amendement porté par le sénateur LR Laurent Duplomb. (…). Nous avions alerté à l’époque, pétitionné. Sans succès », rappelle-t-il. « Bien que cavalier législatif dans une loi censée concerner l’agriculture, la notion de négligence “grave” a échappé à la censure partielle du Conseil constitutionnel en mars 2025. (…) Nous en observons aujourd’hui la première conséquence concrète, et ne cachons pas notre inquiétude pour de nombreux autres dossiers si cette jurisprudence venait à être confirmée », indique Simon Popy.

  • Sublimer son extérieur en favorisant la biodiversité

    Sublimer son extérieur en favorisant la biodiversité

    Un nouveau service public est mis à disposition des habitants des communes faisant partie du Parc naturel régional de la Sainte-Baume et des deux communes voisines à savoir Auriol, Ceyreste, Cuges-les-Pins, Roquefort-la-Bédoule ou encore Roquevaire et Trets.

    Un paysagiste conseil sera donc présent pour des permanences ouvertes au grand public six mercredis à partir du 25 février, dans le cadre de la récente adhésion du Parc au Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement des Bouches-du-Rhône (CAUE 13). Un organisme public qui, depuis 45 ans, accompagne les particuliers les collectivités mais aussi les professionnels dans leurs projets d’aménagement tout en favorisant la qualité architecturale, urbaine et paysagère. Dans le département, pas moins de 112 communes sur les 119 totales ont adhéré au CAUE 13.

    Des conseils gratuits pour les particuliers

    Les particuliers auront donc l’opportunité de bénéficier de conseils à la fois neutres et indépendants adaptés au budget de chacun sur la façon de concevoir, aménager et entretenir les espaces extérieurs de manière esthétique et durable tout en favorisant la biodiversité. Et ce, que vous ayez un jardin, un balcon, un grand terrain ou une terrasse, le paysagiste prendra les spécificités de l’environnement du projet mais aussi les enjeux écologiques du territoire en choisissant des plantes locales, en créant des habitats pour la faune mais aussi en sélectionnant des végétaux adaptés au climat méditerranéen et à la nature au sol. Le tout en favorisant un jardin résilient, facile d’entretien qui soit économe en eau.

    Peu importe la taille de l’espace dont vous disposez, le spécialiste pourra vous aider à transformer le lieu en un espace de vie agréable, fonctionnel et bien pensé qui vous permettra aussi de rafraîchir naturellement votre intérieur limitant ainsi l’effet d’îlot de chaleur.

    Les permanences pour le parc naturel régional de la Sainte-Baume se tiendront au sein du service urbanisme et la mairie de Roquevaire les mercredis après-midi.

    Ce service gratuit sera également proposé aux habitants des 17 communes du Parc naturel régional des Alpilles à partir du 25 mars, pour neuf rendez-vous les mercredis matin au sein de la Maison du Parc naturel régional des Alpilles qui se trouve à Saint-Rémy-de-Provence.

    Pour participer aux permanences il est nécessaire de prendre rendez-vous
    au 04.96.11.01.20
    pour la Sainte-Baume
    et au 04.90.90.44.13
    pour les Alpilles.

  • Un hiver exceptionnellement pluvieux, bénéfique pour les nappes phréatiques

    Un hiver exceptionnellement pluvieux, bénéfique pour les nappes phréatiques

    Un vrai temps de grenouille ! Voilà bien longtemps que bottes, imperméables et parapluies n’avaient pas été aussi tendance dans la garde-robe hivernale des Héraultais et des Gardois… Ça n’aura échappé à personne : en décembre et janvier, le ciel s’est épanché comme jamais, ou presque.

    Sur ces deux premiers mois d’hiver 2026, « les précipitations représentent quatre fois la normale à Montpellier et 2,7 fois à Nîmes », indique Florence Vaysse, de Météo France. Avec notamment un mois de décembre exceptionnellement pluvieux, « record à l’échelle de chaque département depuis 1960 », souligne la référente territoriale pour l’ex Languedoc-Roussillon. « Les précipitations mensuelles de décembre 2025 représentent 3 à 5 fois la normale dans l’Hérault (5 fois sur la région de Montpellier) et 2 à 3 fois la normale dans le Gard (4 fois le long du Vidourle d’Aigues-Mortes à Villevieille) », précise Florence Vaysse. Le mois de janvier se démarque lui aussi des précipitations moyennes habituellement enregistrées à cette période, mais dans des proportions un peu moindres : 2 à 4 fois la normale dans l’Hérault et 2 à 3 fois la normale dans le Gard.

    Deux épisodes ont été particulièrement remarquables : l’un au mois de décembre, juste avant Noël, du 19 au 23 du 19 au 23 décembre et l’autre un mois plus tard, du 17 au 19 janvier. Décembre et janvier confondus, « cela faisait plus de 45 ans qu’on n’avait pas connu un tel cumul dans l’Hérault (439,7 mm enregistrés à la station de Montpellier-aéroport) et près de 30 ans dans le Gard (239,9 mm à Nîmes-Courbessac) », indique Florence Vaysse.

    Nappes phréatiques :

    « des situations favorables à très favorables »

    Le bilan est d’autant plus marquant dans l’Hérault « que cet hiver très pluvieux succède à 7 hivers secs ». De quoi requinquer les nappes phréatiques, cette période de pluie ayant été répartie dans le temps (les jours de pluie ont été nombreux) et l’intensité des épisodes, limitée. « Lors des épisodes cévenols ou méditerranéens, on peut avoir 100 à 200 mm de pluie dans la journée. Du fait des très fortes intensités, l’eau n’a pas le temps de s’infiltrer dans les sols et les nappes, il y a beaucoup de ruissellement », explique Perrine Fleury, hydrogéologue du BRGM. « Là au contraire, on a les épisodes ont duré plusieurs jours, donc à chaque fois on a eu beaucoup plus de temps pour que ça s’infiltre. La recharge des nappes est donc beaucoup plus efficace que si tout était tombé en une seule journée », détaille l’hydrogéologue.

    « Les niveaux des nappes phréatiques sont partout à la hausse, avec des situations favorables à très favorables à l’échelle de l’Hérault comme du Gard », poursuit-elle. « On est sur les niveaux d’une situation décennale humide, c’est-à-dire que l’on n’observe qu’1 année sur 10. » Les stocks sont donc en train de se reconstituer largement. La préfecture de l’Hérault a d’ailleurs levé, le 5 février, toutes les restrictions relatives aux usages de l’eau dans le département.

    Il faut dire que la saison – automne et hiver – est propice au rechargement des nappes : « Les végétaux consomment beaucoup moins d’eau. Laquelle peut donc s’infiltrer plus facilement dans les sols. » Pour autant, « on va tout de même avoir besoin de précipitations au printemps, puisque les nappes se vidangent : les pluies qui s’infiltrent maintenant vont s’écouler en souterrain, alimenter les cours d’eau pendant les mois à venir. Cela dit, vu le niveau très haut actuellement, même s’il ne pleut pas beaucoup on ne devrait pas être sur des sécheresses comme on a pu les observer ces 2-3 dernières années », estime Perrine Fleury. Pour l’heure l’hiver n’est pas terminé. Météo France prévoit notamment encore un temps perturbé, donc pluvieux, sur la première quinzaine de février. Avec un message de vigilance martelé par Florence Vaysse : « Les épisodes méditerranéens et cévenols sont plus fréquents en automne, mais ils peuvent aussi se produire en hiver et au printemps. Cet hiver 2026 nous le rappelle ! Il faut rester prudent. Dans l’Hérault, on se souvient du drame de Puisserguier le 28 janvier 1996. »

    Amélie Goursaud