Category: environnement

  • Un mois pour mieux étudier le contournement routier

    Un mois pour mieux étudier le contournement routier

    Un mois d’enquête publique s’ouvre pour recueillir les avis, remarques et observations de toute personne concernée par le projet de contournement autoroutier de Martigues et Port-de-Bouc. Cet aménagement, attendu depuis cinquante ans sur le territoire, a vu son financement bouclé fin juin. La dernière étape avant le démarrage des travaux est celle de l’enquête publique. Elle a démarré, ce lundi, en ligne et en physique, avec une permanence du commissaire enquêteur désigné par les services de l’État pour mener cette enquête.

    Car les interrogations sont nombreuses, alors que l’on parle d’un tronçon d’autoroute neuf de près de 7 kilomètres, de l’entrée de Croix-Sainte à Martigues jusqu’aux Salins de Fos-sur-Mer, à la sortie de Port-de-Bouc, en passant le Vallon du pauvre homme et le futur échangeur du Réveilla. Certains cas particuliers sont à étudier dans le détail, comme par exemple chez Jean Garcia de la Rosa, venu à la rencontre du commissaire enquêteur lors de la permanence de ce lundi matin, à l’hôtel de Ville de Martigues.

    « J’habite à proximité de la future autoroute, au-dessus de Saint-Jean. Ma propriété est coupée en deux depuis 1987 pour les besoins du projet », explique le retraité. « J’ai vu la carte globale du projet et je voudrais donc connaître le tracé exact, pour savoir si ma parcelle est finalement impactée ou non par l’emprise de la route », se demande Jean Garcia de la Rosa.

    Mais, outre le cas individuel, l’impact général et particulièrement l’impact écologique, font partie des interrogations soulevées. « Je ne suis pas contre le projet et l’association dont je fais partie, l’Association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos (ADPLGF), non plus. Mais il faut savoir par où passera exactement la route et quel est son impact écologique. Combien de gens seront impactés ? De même pour la surface agricole », ajoute le retraité martégal devant la porte de la permanence.

    Des impacts multiples

    La biodiversité est également au cœur des questionnements de l’association France nature environnement (FNE). Suite au rapport de l’autorité environnementale d’avril 2025, l’association pointe « des impacts environnementaux, des destructions d’habitats, de l’artificialisation des sols majeurs et insuffisamment compensés ». L’association nuance en reconnaissant « de réels objectifs de réduction des nuisances urbaines et de soutien à la dynamique industrielle ».

    La suite de l’enquête publique permettra de mettre en lumière la façon de répondre à ces deux enjeux. Le prochain rendez-vous est donné à la permanence du commissaire enquêteur, mercredi 8 octobre de 9h à 12h, à la mairie de Port-de-Bouc.

    Le QR-code ci-contre permet d’accéder aux documents de l’enquête publique.

  • Un site de déchets verts fermé à Château-Gombert

    Un site de déchets verts fermé à Château-Gombert

    « Comme ma cousine fait de la politique, ça vient de là »

    La gestion des déchets verts reste problématique pour le Groupe Chailan, une entreprise de travaux forestiers qui a pignon sur rue et traite régulièrement avec les collectivités. Le préfet a pris le 18 septembre un arrêté de mise en demeure à son encontre, la sommant de régulariser un site de transit et de regroupement de déchets verts à Château-Gombert.

    À la suite d’une plainte, une inspection de la Dreal a constaté le 8 avril 2025 la présence au 24, rue Etienne Miège (13e) d’un tas de 950m3 de déchets végétaux, d’une benne de 30m3 de troncs d’arbres coupés et d’un tas de 380m3 de déchets broyés. Pas d’amiante, pas de gravats du BTP certes, mais plus de 1 000m3 de déchets végétaux, ce qui impose un enregistrement comme installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE).

    « C’est fini, mais avant, beaucoup de camions venaient jeter. Des fois ça sentait le brûlé et il y avait de la fumée », nous dit une riveraine qui continue de promener ses chiens sur ce terrain jonché de copeaux de bois. La Soleam est le propriétaire de cette parcelle nue qui devait bénéficier au Département au titre d’un emplacement réservé pour la réalisation de la LINEA, projet annulé par la justice.

    Interrogé l’aménageur de la Métropole confirme avoir passé une « convention d’occupation précaire jusqu’au 30 septembre 2028 » avec le Groupe Chailan qui réglait un loyer pour un « usage légal, temporaire et précaire » d’une partie de la parcelle, en l’espèce du « stockage de bois (abattage) et des volumes de “déchets verts” issus des coupes et tailles ». Mais, ajoute la SOLEAM, « le Groupe Chailan a souhaité résilier la convention avant la date butoir. L’occupation du site prendra donc fin le 10 octobre 2025 ».

    « J’ai tout bien fait dans les règles mais on a toujours une association sur le dos. Je ne faisais que du transit de déchets verts, de la biomasse », assure le gérant, Philippe Chailan, joint par téléphone. « J’ai tout arrêté. Je ne sais toujours pas pourquoi ils m’en veulent. Je suis réputé, j’ai pas de souci. Je pense que comme ma cousine fait de la politique, ça vient de là. C’est le vrai fond du problème. »

    Ce n’est pourtant pas le premier manquement de cette entreprise condamnée en octobre 2023 à une amende pour 6 000m3 de déchets verts sur un terrain, avenue des Pâquerettes (13e) gracieusement prêté par le Département. Un simple « accord verbal » avec un obscur chef de service, ce qui avait fortement indisposé le tribunal, au point de débouter le Département pour « comportement fautif ».

    C’est un fait que le Groupe Chailan a longtemps été dirigé par la conseillère municipale d’Allauch, Monique Chailan-Robineau (ex-LR) qui nous dit avoir laissé les rênes « en 2007 » de l’entreprise de son « arrière arrière grand-père » à son cousin germain. « Tant mieux qu’il y ait des associations de défense de l’environnement qui surveillent, mais c’est que des broyats de branches », soupire-t-elle, trouvant qu’« on fait beaucoup de tracas aux sociétés en s’arrêtant à des choses minimes quand même ».

    Quand on lui parle de l’affaire Renaud Chervet, cet ex-directeur des marchés publics du Département condamné en décembre 2022 à 5 ans ferme pour corruption, procès au cours duquel fut évoqué le dépôt par le Groupe Chaillan d’une offre hors délai, fait révélé en 2016 par Marsactu et Le Ravi, pour un marché d’entretien des espaces naturels départementaux et des sentiers, l’élue s’inscrit en faux : « C’était l’occasion de me mettre dans la boue. Encore une histoire politique pour essayer de me mettre dans l’affaire. Si cela avait été vrai, le parquet aurait poursuivi. »

  • Percez tous les secrets du criquet de Crau

    Percez tous les secrets du criquet de Crau

    L’écomusée de la Maison de la Crau, fondé en 1987 sous l’impulsion du Conservatoire d’espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d’Azur (CEN Paca), en partenariat avec la mairie, accueille petits et grands entre ses murs pour participer à un jeu de piste à vivre et à découvrir en famille. Une activité qui s’inscrit dans la mission de sensibilisation du public à la protection de la plaine de la Crau de l’établissement. Et plus particulièrement du criquet de Crau pour ce jeu de piste.

    Dès votre arrivée, un livret vous sera délivré pour que votre recherche débute.

    L’objectif, résoudre en une heure, une dizaine d’énigmes cachées dans les différentes salles du musée pour trouver les coordonnées secrètes X et Y qui vous permettront ainsi de trouver l’emplacement exact de Monsieur criquet, Un criquet de résine plus vrai que nature afin d’en apprendre davantage sur cette espèce endémique du territoire protégée en France depuis 2007 et classée « en danger critique d’extinction » sur toutes les listes rouges (mondiales, européennes, nationales et régionales).

    Un criquet unique
    au monde

    Le criquet de Crau, Prionotropis rhodanica Uvarov, qui n’existe que sur ce territoire est parfaitement adapté à son milieu et s’y camoufle très bien puisqu’il est très difficile de l’observer dans son habitat naturel.

    Contrairement à la plupart des espèces de criquets, il ne chante presque jamais. Plutôt grand il mesure entre 3,5 et 4,5 cm, il est muni d’ailes courtes ce qui le rend incapable de voler, sans compter qu’il se déplace peu. Ce qui en fait un insecte encore plus vulnérable au morcellement et à la dégradation de son habitat : le « coussoul » de Crau, écosystème de pelouses sèches de la plaine de la Crau.

    L’espèce à d’ailleurs connu un déclin spectaculaire au XXe siècle dont un des principaux facteurs est la destruction de son habitat où une grande partie de la steppe originelle a été convertie en terres agricoles et sites industriels. Sans compter que le changement climatique, la prédation par les oiseaux et les maladies ou pollutions jouent un rôle dans ce déclin.

    Plan de sauvegarde
    et sensibilisation

    Dans une démarche de sauvegarde et de préservation, le projet « Life SOS Criquet de Crau » a vu le jour en 2021 et a œuvré pendant quatre années autour de plusieurs points clés allant de l’amélioration de la reproduction en captivité du criquet à l’augmentation des surfaces d’habitat favorable par la réouverture du coussoul et l’adaptation de la gestion pastorale. En passant par la réduction des menaces comme la prédaction ou encore le développement de la communication et des actions de sensibilisation et de prévention dont fait partie ce jeu de piste.

    L’écomusée est ouvert tous les jours de 9h à 17h sauf le lundi. Le dimanche de 9h à 12h et de 12h45 à 17h.

    Entrée au musée entre 3,50 et 5 euros. Gratuit – 6ans.

  • Nouvelles irrégularités au forage de la Castillonne ?

    Nouvelles irrégularités au forage de la Castillonne ?

    Véritable serpent de mer de Montagnac, le forage de la Castillonne n’en finit plus de faire parler de lui. Voilà près de trois ans qu’une partie des riverains – regroupée sous le collectif Veille eau grain – tente par tous les moyens de s’opposer à la vente par la mairie de 3 700 m² de parcelles agricoles, comprenant un forage donnant sur une nappe phréatique à la Compagnie générale des eaux de source (CGES). La filiale de la multinationale Alma a pour projet de construire une usine d’embouteillage afin d’y produire pas moins de 1,6 million de bouteilles par jour.

    Utilité d’un tel projet dans un contexte de raréfaction de la ressource en eau, sous-estimation de la vente comparée aux potentielles recettes d’un tel projet, beaucoup d’irrégularités ont été soulevées par les opposants. Nouveau rebondissement dans ce projet décrié, la déclaration préalable – déposée en mairie en juillet 2023 et affichée en juin 2025 – comprendrait elle aussi son lot d’anomalies. « Cette démarche est une nouvelle fois entachée de mensonges. Le PLU n’est pas respecté : depuis le début, on nous parle d’un projet sur une zone agricole et nous sommes sur un projet industriel puisqu’a été a posé une demande préalable pour réaliser un local technique sur la tête de forage. L’emprise au sol de l’arrêté municipal est de 16m² or l’architecte parle d’un bâtiment de 27,5 m², ce qui aurait nécessité un permis de construire. Enfin, la position du panneau, normalement en limite du domaine mais ici, il est à une centaine de mètres, donc absolument pas visible », soutient Vincent Lapasset, membre du collectif.

    Dès lors, direction le tribunal ? « Je ne sais pas si nous allons ouvrir une nouvelle procédure, nous n’avons pas des moyens financiers inépuisables », précise Vincent Lapasset. En effet, le collectif en a déjà déposé trois. « Sur l’une, on a été déboutés bien que le juge reconnaisse que les règles qui auraient dû s’appliquer lors de la vente du terrain en conseil municipal n’ont pas été respectées. Nous avons fait appel. Nous avons également porté un recours sur la plus-value réalisée, sous-estimée par la mairie », reprend Vincent Lapasset. Malgré ces revers, le collectif reste combatif. « Il y a un dossier que personne ne met en cause, on amène des faits. On reste optimiste dans le fait que la justice dise stop à cette magouille à grande échelle. » Les élections municipales en mars prochain feront-elles pencher la balance ? Reste aux futurs candidats à s’en saisir.

  • « Les œuvres d’art complètent l’histoire connue des espèces aquatiques »

    « Les œuvres d’art complètent l’histoire connue des espèces aquatiques »

    La Marseillaise : En étudiant les espèces aquatiques dans les peintures italiennes du XVIe au XVIIIe siècle, confirmez-vous des connaissances établies ou avez-vous fait des découvertes ?

    Louise Merquiol : Cela confirme principalement ce que nous savions. Mais les œuvres d’art complètent aussi l’histoire établie de certaines espèces. Par exemple, l’esturgeon a vu ses populations décliner au XIXe siècle. C’est connu. Mais ce déclin a probablement commencé plus tôt car il est de moins en moins représenté entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Nous avons aussi retrouvé des espèces cryptiques.

    C’est-à-dire ?

    L.M. : Ce sont des espèces morphologiquement proches mais génétiquement différentes. On en retrouve beaucoup parmi les poissons d’eau douce dont deux espèces peuvent évoluer différemment à partir d’une espèce commune. Nous avons identifié deux espèces cryptiques de brochet : une en démique et une importée. Elles étaient donc présentes en Italie quand le tableau a été peint. Nous l’ignorions.

    La biodiversité représentée présente toutefois
    des biais…

    L.M. : C’est vrai, l’œil de l’artiste et la culture jouent. Sur la période, le phoque était pêché et consommé mais il est peu représenté, probablement car il était vu comme un animal maléfique. Idem pour la sardine qui était très consommée mais qu’on voit peu sur les tableaux. Sans doute car elle était un « petit poisson du peuple ». Or les tableaux étaient souvent des commandes de riches clients qui préféraient voir des espèces symbolisant le luxe : homards, esturgeons, huîtres…

  • À la Millière, Veolia broie l’amiante et vire les lanceurs d’alerte

    À la Millière, Veolia broie l’amiante et vire les lanceurs d’alerte

    Les clichés s’étalent sur la table du cabinet d’avocat, comme autant de preuves accablantes. « Quand j’ai envoyé les photos à mes supérieurs hiérarchiques, ils m’ont dit : si vous n’êtes pas contents, allez travailler ailleurs », témoigne Sadok Kraimi. Cela faisait vingt-sept ans que ce chef d’équipe travaillait sur le centre de tri et de transfert des déchets professionnels de la Millière (11e arr.). Jusqu’à ce qu’il soit licencié pour faute grave le 5 mai dernier par l’entreprise Onyx Méditerranée, la filiale de Veolia qui gère le site en délégation de la Métropole. Trois mois plus tôt, le 12 février, l’entreprise décidait de la rupture anticipée du CDD de l’un de ses collègues, Christophe Autaire, pour faute grave là aussi. Le point commun entre les deux hommes : ils n’ont eu de cesse d’alerter sur la présence de déchets illégaux et dangereux.

    « J’alerte depuis 2017 »

    Officiellement, il est reproché au premier d’avoir accepté de l’argent pour aider à décharger un camion, au second d’avoir endommagé un véhicule lors d’une manœuvre. Un pourboire de 10 euros refusé, assure Sadok Kraimi, pour un service habituel sur le site. « Il n’y avait pas d’agent de circulation », répond pour sa part Christophe Autaire. Mais pour leur conseil, Me Léa Talrich, la vraie raison est ailleurs. « Par l’intermédiaire du chef d’équipe, ils ont dénoncé le dépôt et le traitement par Onyx Méditerranée de plaques d’amiante et de déchets hospitaliers, qui correspondent à une mise en danger personnelle », expose l’avocate qui a déposé ce mercredi matin une saisine afin de contester leur licenciement et demander que leur soit accordé leur statut de lanceurs d’alerte. Une première audience de conciliation et d’orientation se tiendra, à huis clos, le 18 novembre prochain.

    « J’alertais depuis 2017, mais à chaque fois c’était verbalement », se souvient Sadok Kraimi. Mais déjà, ses alertes passent mal. Il est rétrogradé, avant qu’un premier jugement des Prud’hommes, le 31 janvier 2020, ne vienne rétablir son avancement professionnel. Un an plus tard, il subit une campagne de dénigrement, avec de fausses accusations de harcèlement sexuel. « On m’a comparé à DSK », lâche celui qui doit être placé en arrêt maladie pendant six mois, après avoir fait une décompensation sur son lieu de travail. Mais il y retourne. Et de nouveau cette année alerte ses supérieurs, par textos et avec photos à l’appui cette fois.

    « On est là pour faire de l’argent »

    « Je voyais de l’amiante deux ou trois fois par semaine, témoigne Christophe Autaire. Quand on alertait, on nous disait : oh, laisse, ça va être poussé avec le chargeur, on va le broyer avec les gravats. » Ancien salarié d’une boîte de démolition, il sait bien reconnaître le matériau et connaît le risque de ces fibres cancérigènes. « Pour traiter les plaques d’amiante, on était habillés, avec des masques P3. Ici, j’avais des masques en papier pour nettoyer le broyeur ! » Le tout est enfoui sur un site de Veolia non habilité, à Belcodène. Confrontés lors de l’entretien préalable, les responsables du site – dont l’un est élu syndical – ne nient pas ces faits.

    D’autres joyeusetés sont livrées sur le centre de la Millière. Des camions de Veolia, qui récoltent les déchets d’activités de soins à risques infectieux (Dasri) auprès de l’institut Paoli-Calmette, des cliniques de Saint-Joseph et de la Bourbonne les déchargent aussi sur le site. « Le 13 mars, on avait des dispositifs de dialyse, le 26 mars, dialyse encore », énumère Me Talrich, clichés à l’appui. Avec des aiguilles, du sang. « J’ai demandé le minimum, du désinfectant, ça m’a été refusé », proteste Sadok Kraimi.

    Du verre est également déchargé, pour être broyé avec les gravats et enfoui au lieu d’être recyclé. Lors de l’entretien préalable, le directeur du site le justifie : « Ici, on n’est pas une association, on n’est pas là pour faire du bénévolat. On est là pour faire de l’argent. » Depuis trois ans, des ordures ménagères sont aussi apportées de manière illégale sur le centre par les camions de Veolia. « Tous les jours, on charge trois semi-remorques », assure le chef d’équipe. Et gare à ceux qui le dénoncent. « On arrive au travail la boule au ventre, on nous dit : celui qui parle, on lui enlève sa prime de participation », souffle Sadok Kraimi. L’un de leurs collègues, face au danger, a préféré faire une rupture conventionnelle. Les deux lanceurs d’alerte, de leur côté, espèrent désormais être reconnus et indemnisés.

  • L’État finance un chantier pour renaturer la pointe de Berre

    L’État finance un chantier pour renaturer la pointe de Berre

    En observant les flamants roses patauger dans les salins, les installations du géant de la pétrochimie LyondellBasell se font presque oublier. La pointe de Berre est un lieu de contraste. « Il y a de l’industrie, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut laisser tomber ce beau littoral », lance le maire de la commune Mario Martinet (DVG). C’est tout l’objectif de l’État, qui, par le biais de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM 13), vient de lancer un chantier de renaturation de cet espace, dont il est propriétaire, pour un montant de 70 000 euros.

    Depuis la semaine dernière, deux engins se relaient pour évacuer 700m3 de gravats et de blocs de béton armé. « Ces déchets du bâtiment sont déposés depuis plusieurs décennies, explique Mathieu Eyrard, directeur adjoint de la DDTM 13. On n’en connaît pas vraiment l’origine. » Le sous-préfet de l’arrondissement d’Istres, Christophe Borgus, élude : « On voit les traces du passé, maintenant on se tourne vers l’avenir. À un moment, on prend nos responsabilités et on enlève ce qui doit être enlevé. »

    Aux manettes, l’entreprise berroise de travaux publics Calvin Frères, sélectionnée pour des critères environnementaux. Sa présidente expose : « Ce marché nous permet de participer à l’amélioration du littoral berrois et de valoriser dans un circuit court ces déblais rocheux, puisqu’ils seront concassés à 9km d’ici pour être réemployés. »

    Un hotspot pour l’avifaune

    À l’avenir, les accès aux véhicules seront régulés « pour éviter les roulages intempestifs et avoir une renaturation naturelle », souligne Ludovic Roulet, chef du pôle domaine public maritime de la DDTM 13. « On travaille avec l’association de chasse maritime locale pour mettre en place une gestion des espaces qui permette d’avoir une continuité de circulation entre les eaux salées de l’étang en démolissant d’anciens petits ouvrages. »

    Un suivi de l’évolution de la végétation sera réalisé en partenariat avec l’Office français de la biodiversité, ainsi que des observations des espèces présentes avec le Conservatoire du littoral et le Gipreb, le syndicat mixte en charge restauration écologique de l’étang de Berre, « afin de voir comment les populations avifaunes se comportent sur le site pour identifier d’éventuelles opérations complémentaires de renaturation plus techniques », précise-t-il.

    Car le site présente des enjeux environnementaux majeurs avec des zones humides, des marais salants, des habitats naturels, et la proximité de deux sites Natura 2000, essentiels pour la biodiversité locale. Ludovic Roulet développe : « L’idée, c’est de favoriser la présence de lieux de nidification et de nourrissage pour les oiseaux, mais aussi d’améliorer la vision qu’ont les habitants de l’étang de Berre, ce qui les engagera à mieux l’aimer et le respecter. »

    Mario Martinet se réjouit de ce « retour aux origines » qui s’inscrit dans la droite ligne de son engagement, qui s’est déjà traduit par la renaissance de la plage de Berre, disparue dans les années 1970, en juin dernier.

  • Premier point d’experts pour les assemblées de la Terre

    Premier point d’experts pour les assemblées de la Terre

    Espaces de réflexion et d’échange sur les Objectifs du développement durable (ODD), nés en France avant de s’étendre aux autres États (Allemagne, Brésil, Espagne, Équateur, Mexique et Pays basque prochainement), les assemblées de la Terre, portées par le programme Onusien Harmonie avec la nature, sont vouées à préparer le sommet de la Terre 2030 de l’ONU, qui dessinera les lignes directrices pour l’avenir en matière de développement durable.

    Une restitution par an

    Après un coup d’envoi donné le 2 juillet à l’université de Toulon par Caroline Regad et Cédric Riot, enseignants-chercheurs à l’initiative du projet et responsables de son comité scientifique, elles connaîtront ce jeudi leur première réunion de personnes qualifiées, qui abordera le premier lot d’ODD : santé et bien-être (ODD 3), eau propre (ODD 6), changement climatique (ODD 13), vie aquatique (ODD 14) et vie terrestre (ODD 15) avec des possibilités de transversalité.

    « D’ici décembre, on veut avoir une synthèse concernant le premier lot d’ODD, qui pourra encore évoluer, et qui sera présentée le 2 juillet 2025. Il y aura une restitution par lots d’ODD chaque 2 juillet jusqu’en 2030 », expliquent les deux scientifiques. Des sommets régionaux auront ensuite lieu (2029 en Amérique, 2028 en Europe) en vue du Sommet de la Terre 2030.

    Les citoyens, quant à eux, participent déjà en faisant remonter leurs observations via des formulaires qui leur sont régulièrement adressés. Ils seront auditionnés en novembre et pourront ensuite participer à des ateliers.

  • Salagou : une Biennale pour célébrer le territoire

    Salagou : une Biennale pour célébrer le territoire

    C’est une première pour le territoire : la Biennale du Grand Site Salagou – Cirque de Mourèze s’ouvre mercredi 24 septembre et promet cinq jours intenses.

    Portée par le syndicat mixte et les communes partenaires, cette manifestation se veut une grande fête populaire, ancrée dans les villages, sur le thème « Habiter le Grand Site ». Elle marque aussi la reconnaissance nationale obtenue récemment avec le label Grand Site de France, gage d’un engagement fort en faveur de la préservation et de la valorisation de paysages exceptionnels.

    « L’invitation à réfléchir »

    Expositions, conférences, ateliers, balades, spectacles et concerts s’enchaîneront du 24 au 28 septembre dans tout le territoire. L’inauguration officielle aura lieu à Pézènes-les-Mines, où habitants et artisans présenteront l’exposition « Pézènes en terre inconnue », avec démonstrations de ferronnerie, vitrail, céramique ou gravure sur verre. Dès ce premier jour, les visiteurs pourront également s’essayer à la sculpture sur pierre à Brenas ou participer à un atelier nature pour les enfants à Clermont-l’Hérault.

    La suite du programme ne manquera pas de diversité : projection et conférence sur les films tournés au Salagou, exploration géologique de la dalle de la Lieude, théâtre participatif à Octon, sortie naturaliste pour le comptage des chauves-souris, marché des producteurs, concerts et spectacles en plein air… Sans oublier la Salagoumania, grande randonnée VTT qui attire chaque année des centaines de passionnés. Pour Marie Passieux, présidente du Grand Site, cette Biennale dépasse le simple rendez-vous festif : « Sur le thème Habiter le Grand Site, c’est une invitation à réfléchir à notre manière de vivre ce territoire, de le parcourir, de le raconter, de le préserver. »

  • Une pétition contre les Pfas part du Gard

    Une pétition contre les Pfas part du Gard

    « Nous lançons cette pétition en tant qu’habitants du Gard dont les eaux sont contaminées par les rejets de Pfas de l’usine Solvay de Salindres », lance sans ambages Laurent Emorine en ouverture du texte de la pétition présente depuis le début du mois sur le site de l’Assemblée nationale.

    Aux côtés de Philippe Vatinel, également membre du collectif Gard-Eau-Pfas, le chercheur du CNRS à la retraite consacre désormais une bonne partie de son temps à poursuivre ses travaux sur les polluants éternels de manière indépendante. Ensemble, ils ont souhaité passer à l’étape supérieure pour pousser les élus à légiférer sur le sujet en s’inspirant de la réussite de la pétition contre la loi Duplomb, qui avait rassemblé plus de 2,1 millions de signatures.

    « Évidemment, la réussite de cette pétition nous a inspirés », confirme Laurent Emorine. « On se rend compte que les pétitions, les actions en justice par des associations, commencent à porter leurs fruits. Nous avons aussi organisé des réunions tout le long du Gardon pour informer sur la toxicité probable de tous les Pfas. » Une première loi encadrant l’utilisation de certains Pfas (notamment dans les textiles, emballages alimentaires, cosmétiques, fart de ski) vient en effet d’entrer en application. Sur le principe du pollueur-payeur, les industries paieront également une redevance de 100 euros par 100 grammes de Pfas rejetés dans l’eau. Mais ça reste insuffisant pour Laurent Emorine, qui appelle donc à aller plus loin.

    Le chercheur souhaite en effet que la France s’associe à l’Allemagne, au Danemark, à la Norvège, aux Pays-Bas et à la Suède qui ont soumis un projet d’interdiction de tous les Pfas à l’Agence européenne des produits chimiques et s’engagent à l’international « afin d’éviter toute remise en cause au prétexte de compétitivité avec d’autres pays qui ne l’appliqueraient pas ». « Leur demande concerne plus de 10 000 substances », précise Laurent Emorine. « Ce n’est pas une interdiction brutale. C’est en fonction des types d’utilisation. Ils ont défini plusieurs classes de PFAS avec possibilité de dérogation pour des applications essentielles s’il y a besoin d’élaborer des alternatives. Le problème c’est qu’on retrouve ces Pfas dans énormément d’objets du quotidien. Des taux importants ont été détectés dans les poussières de maison donc si on n’en ingère pas par l’eau, on est contaminé par ces poussières. »

    Le chercheur déploie désormais toute son énergie pour faire connaître la pétition, notamment dans les zones concernées par de fortes pollutions aux Pfas avec l’objectif d’atteindre les 500 https://petitions.assemblee-nationale.fr/ uo;interdiction soit débattu dans l’hémicycle.

    *https://petitions.assemblee-nationale.fr/