Category: environnement

  • La CGT se bat contre l’amiante à ArcelorMittal

    La CGT se bat contre l’amiante à ArcelorMittal

    Pas plus tard qu’hier, un salarié est venu nous voir au local syndical : il a un cancer dû à l’amiante, à 57 ans. » Le ton grave, Stéphane Martins de Araujo, secrétaire général de la CGT d’ArcelorMittal à Fos-sur-Mer, rappelle les conséquences concrètes de la présence d’amiante dans les sites industriels.

    Son organisation, engagée de longue date dans un combat pour le classement du site de l’étang de Berre comme « amianté », espère prochainement voir le bout du tunnel. Entre un communiqué de presse diffusé cette semaine, qui fait part « d’un scandale sanitaire » et l’envoi d’une délégation syndicale à la Caisse primaire de l’assurance maladie (CPAM), elle met les bouchées doubles avant un rendez-vous déterminant, ce lundi, au ministère du Travail.

    « Ce n’est pas une faveur qu’on demande : quand on est touché par ces maladies, on ne voit pas la retraite, ou on ne la voit que pour quelques années », martèle le syndicaliste. Il donne des chiffres qui font froid dans le dos : « Plus de 150 salariés ont été reconnus et mis en suivi médical renforcé pour l’amiante, seulement pour le courant de l’année 2025. […] 7 maladies professionnelles sur 10 sont en lien étroit avec l’amiante sur le site. » Au total, son organisation dénombre « plus de 600 salariés en suivi médical renforcé ». Pour rappel, le suivi médical renforcé est un dispositif qui prévoit une batterie de consultations médicales. « Il y a des examens à faire régulièrement, au départ, des scanners tous les 6 mois, puis étalés tous les 5 ans. À chaque fois, on a peur d’avoir une mauvaise nouvelle, l’inquiétude est réelle », développe Stéphane Martins de Araujo.

    Un combat pour un départ plus tôt à la retraite

    Contactée, ArcelorMittal précise que « ce suivi médical ne signifie pas que les salariés ont été exposés au risque, mais est mis en place dans un souci de prévention ». Et assure que c’est « conformément à la réglementation et en coordination avec la médecine du travail, pour certains salariés affectés à des postes à risques compte tenu de leur période d’emploi et des postes occupés ». Reste que, pour la CGT, derrière ces chiffres et ces dispositifs, il y a « des familles brisées, des malades, des futurs malades et des morts ».

    Concrètement, l’organisation demande « que le site soit classé amianté, au titre de l’Acaata ». L’Acaata est l’allocation de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante. Ce dispositif permet aux salariés exposés à l’amiante de bénéficier d’une retraite anticipée. « Si le site est classé, au lieu de partir à 64 ans, c’est 60 ans. Et ensuite, c’est un an de moins d’âge de départ pour tous les 3 ans d’ancienneté sur la période, avec un seuil maximum à 50 ans », explique Stéphane Martins de Araujo.

    Il avance un autre argument : « L’inspection du travail a validé, après enquête cet été, la demande de classement et la période qui va de 1997 à 2025 », explique Stéphane Martins de Araujo. Là encore, ArcelorMittal tient à apporter des précisions : « Le ministère du Travail avait refusé l’inscription de l’établissement de Fos-sur-Mer sur la liste des établissements susceptibles d’ouvrir droit à l’Acaata, pour la période 1972-1997, décision confirmée par la Cour administrative d’appel de Marseille et le Conseil d’État. » Avant de conclure : « Les salariés de l’établissement n’effectuent pas de travaux de calorifugeage sur des matériaux contenant de l’amiante. » Or l’entreprise note que le classement d’un site comme amianté nécessite « une activité significative de calorifugeage à l’amiante », selon « des critères précis qui résultent de la loi et de la jurisprudence ».

    Dans tous les cas, la balle est dans le camp du ministère.

  • La COP30 est-elle celle de la dernière chance ?

    La COP30 est-elle celle de la dernière chance ?

    La COP30 sera la « meilleure de toutes » et marquera la « mise en œuvre » des engagements de l’Accord de Paris conclu en 2015. Prise de conscience de l’urgence climatique ou vœu pieu qui se heurtera au mur des lobbies  ? Pour l’heure, il ne s’agit que des mots du président Lula.

    Le 10 novembre, dès l’ouverture de la 30e Conférence de Belém sur le climat qui se clôturera le 21 novembre, le président brésilien a appelé les participants à « infliger une nouvelle défaite aux négationnistes » du changement climatique. C’est-à-dire aux climatosceptiques qui, par ignorance ou plus souvent par intérêt financier, nient toujours l’évidence scientifique. À savoir que la planète court à sa perte en raison de la montée des gaz à effets de serre dus à l’activité humaine, exacerbée par le capitalisme sauvage, sa quête de profits qui passe par une croissance infinie.

    Il y a 10 ans, les pays s’étaient engagés à Paris à réduire drastiquement leurs émissions de CO2 de sorte de limiter le réchauffement à 1,5 degré. On sait déjà que le compte n’y sera pas. Les derniers rapports laissent craindre un réchauffement de l’ordre de 3 à 4 degrés à l’horizon 2100. En raison des renoncements ou des mesures de greenwashing, le seuil des Accords de Paris sera « presque inévitablement dépassé », concède Jim Skea, le président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).

    L’Occitanie dubitative

    La COP30, qui semble être l’une des dernières à pouvoir encore infléchir la fuite en avant, réussira-t-elle à gravir la montagne quand les éditions précédentes (Bakou, Dubaï, Charm el-Cheikh) ont accouché d’une souris ? Difficile d’y croire. Il faut dire que les USA sont pour la première fois un absent de marque, fustigés par le président Lula. « Si les hommes qui font la guerre étaient ici, ils se rendraient compte qu’il est beaucoup moins cher » d’investir dans la lutte contre le réchauffement de la planète. Au lieu de cela, Trump n’a envoyé aucune délégation officielle. Pire, il pourrait tirer en coulisses les ficelles pour faire capoter un accord responsable qui empiéterait sur les intérêts fossiles américains (pétrole, gaz, charbon). Toutefois, des dirigeants d’États américains sont bien présents. Notamment les gouverneurs du Nouveau-Mexique (Michelle Lujan Grisham) et de Californie, (Gavin Newsom). Probable candidat démocrate à la Présidentielle 2028, ce dernier a déclaré que « Donald Trump redouble d’imbécillité », qualifiant son recul « d’abomination ».

    Depuis l’Occitanie, où l’agroclimatologue Serge Zaka fait partie de ceux qui alertent sur l’avenir de l’agriculture en raison du passage d’un « stress hydrique à un stress thermique », les associations environnementalistes ne se font guère d’illusions. « Macron se fait mousser mais la politique du gouvernement est erratique. Total continue de forer en Afrique », déplore Cathy Valat. Membre d’Alternatiba Montpellier, la militante déplore encore plus la position négationniste du président américain. « Grâce au greenwashing, le capitalisme a plus d’une arme dans sa besace ». Côté France nature environnement (FNE), Simon Popy est un peu moins pessimiste. Il voit dans l’absence des USA une « opportunité » pour le Brésil et la Chine d’être moteur du changement. « Après Bolsonaro, le Brésil a une carte à jouer. La Chine a déjà fixé un cap ambitieux sur les énergies renouvelables ».

    Quoi qu’il en soit, « se lamenter n’est pas une stratégie », estime le chef de l’ONU climat, Simon Stiell. « Nous avons besoin de solutions (…) Nous devons aller beaucoup, beaucoup plus vite », a-t-il martelé en ouverture. Les plus optimistes parient sur le fait que le Brésil, où les populations indigènes d’Amazonie sont les premières exposées, aura à cœur de faire adopter des mesures contre la déforestation. Les choix énergétiques, les politiques de transport ou la justice environnementale seront également au cœur des discussions.

    Reste à savoir si les moyens financiers seront au rendez-vous, notamment en faveur des pays émergents. L’an passé, l’enveloppe de 300 milliards de dollars par an à l’horizon 2035 avait été jugée « ridicule » et l’accord qualifié de « néocolonialiste ».

  • Gard : 800 bornes électriques d’ici 2027

    Gard : 800 bornes électriques d’ici 2027

    Sous l’arche millénaire du Pont du Gard, les élus du territoire et les partenaires du projet ont célébré, le 28 octobre, un tournant majeur pour la mobilité durable dans le département. Ce site classé à l’Unesco, témoin d’une autre forme d’ingénierie, devient le point de départ d’un ambitieux réseau de bornes de recharge baptisé ReGARD. Porté par le Territoire d’Énergie Gard – Smeg et confié à Bouygues Énergies & Services, ce projet vise à faire du Gard un territoire exemplaire dans la transition énergétique.

    « Les Romains ont mis cinq ans à construire l’aqueduc, nous deux ans pour faire aboutir notre projet », a lancé avec humour Patrick Malavieille, président de l’EPCC Pont du Gard, lors de l’inauguration des huit premières bornes installées sur le parking rive gauche. Ces équipements, ouverts à tous les usagers, constituent le premier jalon d’un vaste maillage électrique qui doit relier d’ici fin 2027 les 350 communes du département. Le réseau ReGARD, dont le nom résume bien l’esprit de ce projet – « la recharge qui nous relie » – prévoit l’installation de 800 bornes de recharge dans les trois prochaines années, dont une centaine ultra-rapides. Le programme inclut la reprise des 400 bornes existantes du réseau Révéo et l’ajout de 376 nouveaux points. À terme, d’ici 2040, un millier de bornes mailleront le Gard, garantissant à chaque habitant ou visiteur une borne à moins de 20 kilomètres de son trajet.

    « Équité urbain et rural »

    Un objectif que résume Aimé Cavaillé, président du Territoire d’Énergie Gard : « La vision finale est respectée : l’équité entre urbain et rural. » Le déploiement sera assuré conjointement par Bouygues Énergies & Services et Spie CityNetworks, également chargées de la maintenance. Pour Dominique Néel, directeur général délégué de Bouygues Énergies & Services, ce projet est « l’exemple d’une coopération territoriale réussie », entre collectivités, acteurs publics et entreprises privées.

    Le contrat sur 15 ans, représentant un investissement global de 128 millions d’euros par la société d’investissement ElinVest, avec une redevance annuelle de 100 000 euros versée au Smeg et 500 000 euros investis directement sur le territoire. L’objectif est de garantir un taux de fonctionnement de 95% du parc et proposer une offre tarifaire adaptée : les abonnés bénéficieront de réductions pouvant atteindre 20% sur le prix du kWh. Les bornes offriront des niveaux de puissance selon les besoins : en deux heures, une borne standard permettra de récupérer jusqu’à 150 km d’autonomie, tandis que les bornes rapides offriront entre 180 et 300 km en une demi-heure.

    Au-delà de la performance technique, le projet s’inscrit dans une dynamique écologique et touristique. Le Gard, avec ses 6 500 recharges mensuelles déjà comptabilisées sur les anciens réseaux (et plus de 9 000 en période estivale), ambitionne de répondre à la forte fréquentation de ses sites patrimoniaux tout en réduisant son empreinte carbone. À l’horizon 2040, la réduction des émissions est estimée à plus de 350 millions de tonnes de CO2 évitées. « Ce sont deux histoires de la mobilité qui se rencontrent ici au Pont du Gard », résume Dominique Néel, évoquant la passerelle symbolique entre l’ingéniosité antique et la transition énergétique moderne.

  • L’avenir du premier port de France se dessine en débats

    L’avenir du premier port de France se dessine en débats

    Deux thématiques pour une matinée de débats autour de l’avenir du Grand port maritime de Marseille. La première table ronde organisée au siège de La Marseillaise, ce jeudi, s’intitulait « Un port inclusif, au cœur de la ville : comment mieux intégrer le port dans la dynamique métropolitaine et régionale ? » Et la seconde : « Un port propre, moteur de la transition énergétique : comment accélérer la décarbonation des activités portuaires ? »

    L’occasion de réunir des représentants du Port, des collectivités et des acteurs économiques pour croiser leurs point de vue – et parfois – confronter leurs approches.

    Sur le rapport ville/port, Hervé Martel, président du directoire du GPMM, ne nie pas une histoire tourmentée, mais souligne les efforts accomplis pour que « l’activité portuaire génératrice d’emplois et de valeur reste dans la ville ». Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT GPMM, rappelle qu’ « on a un taux de chômage très important, aujourd’hui les choses ont changé, la Ville a compris qu’on ne peut pas continuer à s’opposer. Le port, c’est 17 500 emplois à Marseille. On porte l’idée d’une école des métiers de la mer pour former la jeunesse marseillaise ».

    Vers un contrat ville/port ?

    Christine Cabau-Woehrel, vice-présidente exécutive de CMA CGM et ancienne directrice du Port, insiste sur la vocation portuaire de Marseille et ses atouts géographiques et industriels, dont la forme 10 de la réparation navale que « bien des ports nous envient ». « Il faut capitaliser sur cette situation plutôt que de tenter de changer c’est la conviction de CMA CGM », qui est opérateur de terminal sur les bassins Est depuis 30 ans.

    Jean-Pierre Cochet (PS), adjoint au maire de Marseille, réaffirme « la centralité de la dimension industrielle du port de Marseille » et souhaite aller plus loin que la charte ville-port, signée en 2012, vers un « contrat avec les différents partenaires sur le modèle des contrats de plan État-Région pour des objectifs communs, notamment en matière de formation et d’infrastructure de transports ».

    Une idée plutôt bien accueillie par Didier réault (LR), vice-président de la Métropole, qui appelle à « faire de la couture ville/port » notamment en aidant à aménager le port de l’Estaque dans une ville « où l’accès à la mer est assez compliqué ». Christophe Madrolle (UDE), élu régional, voit le débat comme « le premier des municipales ». Reprochant au maire de Marseille de ne pas siéger suffisamment au conseil de surveillance du port, il déclenche des escarmouches dans le public avec des interventions de Romain Simmarano (Ren.), Sophie Camard (GRS) et Lydia Frentzel (EELV).

    Le sénateur Jérémy Bacchi (PCF), quant à lui, veut rompre avec une approche défensive du débat : « On parle d’acceptabilité, mais la ville s’est construite autour du port », martèle-t-il tout en dénonçant les appétits immobiliers cherchant à faire régresser les activités portuaires qui sont pour lui « un vrai horizon d’avenir pour les jeunes de Marseille ».

    Au cœur de la deuxième table qui réunissait Patrick Maddalone (GPMM), Olivier Cebé (CCI), Laurent Barlet (Suez), Julien Fieschi (La Méridionale) et Pierre-Antoine Villanova (Corsica Linea), les enjeux de décarbonation, de valorisation des déchets et de sobriété des activités portuaires ont été abordés en profondeur.

    Les actes de cette matinée d’échanges seront bientôt publiés pour mettre à disposition de ceux qui le souhaitent, un compte rendu exhaustif des différentes interventions.

  • Les bateaux ne circulent plus sur le canal du Midi

    Les bateaux ne circulent plus sur le canal du Midi

    De nouvelles mesures préventives pour économiser l’eau qui alimente le Canal du Midi, de Toulouse à l’étang de Thau, ont été prises par Voies navigables de France (VNF). Depuis le 3 novembre, date du début de la basse saison de navigation, les bateaux ne sont plus autorisés à passer les écluses, sauf motifs exceptionnels.

    « 85% des volumes d’eau qui permettent d’alimenter le Canal du Midi proviennent des prélèvements dans les fleuves et rivières, en particulier le fleuve Aude. Or les deux épisodes de canicule de fin juin et fin août, la faible pluviométrie et la période de sécheresse qui se prolonge en ce début d’automne ont entraîné une forte baisse du débit de l’ensemble des cours d’eau du territoire. Nous avons donc dû déstocker des volumes d’eau plus importants que l’année dernière des barrages-réservoirs dans lesquels nous pouvons puiser pour alimenter le canal, si bien qu’il sont aujourd’hui réduits à 10% de leur capacité alors qu’ils étaient à 38% à la même époque en 2024 », indique Jean Niquet, chef du service exploitation maintenance environnement hydraulique chez Voies navigables de France.

    VNF a donc pris la décision de diminuer, à partir du 3 novembre, les volumes d’eau injectés depuis ces barrages-réservoirs, « utilisant les stocks encore disponibles a minima et pour garantir les usages liés à l’alimentation en eau potable des populations, certains usages agricoles et le maintien de la vie aquatique. » La navigation à la demande, telle qu’elle se pratique en basse saison, n’est, elle, plus autorisée jusqu’à nouvel ordre (sauf motifs exceptionnels).

    Deuxième fois en 30 ans

    Une mesure qui pourrait se prolonger jusqu’à début janvier, date à laquelle s’ouvre, chaque année, une période dite de « chômage » durant laquelle la navigation est cette fois interrompue huit semaines afin de réaliser des travaux sur l’infrastructure (renforcement de berges ou d’étanchéité de portes…) « On ne peut toutefois pas exclure une situation positive dans laquelle une pluviométrie importante sur le mois de novembre et/ou décembre viendrait recharger rapidement nos réserves et permettrait de reprendre la navigation », précise Jean Niquet.

    C’est la deuxième fois en 30 ans qu’une telle mesure d’arrêt de la navigation liée à la sécheresse doit être prise. La première a eu lieu en 2023. « Les effets du dérèglement climatique rendent probable que cette mesure soit prise plus fréquemment dorénavant », confie le représentant de VNF. Face à ce constat, l’établissement public « imagine l’avenir et met en œuvre des mesures pour essayer de contrer les effets du changement climatique ». À titre d’exemple, des travaux de sécurisation supplémentaires du barrage de Saint-Ferréol ont été réalisés cet été. « Cela va permettre d’augmenter le stockage de 600 000 m³, ce qui représente 12% d’eau supplémentaire ». De nouveaux instruments hydrauliques de mesure, plus performants, vont également être installés.

  • Mieux connaître les chiens de protection

    Mieux connaître les chiens de protection

    Si vous êtes un amateur de sport nature, vous êtes peut-être tombé nez à nez avec un patou, un chien de protection de troupeaux. Ces chiens imposants (jusqu’à 80 cm au garrot et 75 kg) ont de quoi effrayer, se montrant agressifs avec les individus étrangers et très protecteurs à l’égard des troupeaux. Un randonneur a ainsi été gravement blessé par quatre patous dans les Hautes-Alpes en octobre.

    Depuis le retour des loups en France en 1992, ils constituent le meilleur moyen pour garder les troupeaux face à ces animaux « inoffensifs pour l’homme », dont certains « n’ont jamais attaqué un troupeau. Ils s’entretuent s’ils ne sont pas de la même meute. Une meute peut donc être un moyen de protection si elle est inoffensive », affirme Manon Rolet, de Terre de Vie et Nature.

    Pour éviter tout problème avec ces chiens « d’instinct, qui ne connaissent que la bergerie » et qui « sont perdus s’ils ne sont pas entourés d’animaux », comme l’explique Céline Troin, éleveuse bergère à Solliès-Toucas, des réflexes simples s’imposent. Au contact des troupeaux, il faut rester calme, éviter les gestes brusques (mains ou bâtons en l’air par exemple), signaler sa présence au chien, contourner le troupeau, en faisant face au chien sans le regarder dans les yeux, lui parler pour l’apaiser et mettre un objet entre vous et lui. Il est conseillé de se renseigner sur sa présence et de ne pas se balader seul. Si vous êtes à vélo, descendez et positionnez-vous derrière.

    Si vous êtes avec un chien domestique, le tenir en laisse mais le lâcher si conflit « car sa posture, sans aller jusqu’au combat, va vous protéger », appuie Manon Rolet. De même, si votre enfant entre en contact avec le chien, essayez d’attirer l’attention de l’animal et évitez de lui tourner le dos car vous devenez vulnérable. Il ne faut surtout pas l’agresser car il va se montrer plus agressif avec les prochains humains croisés, et ne pas lui donner à manger, ou le caresser, « car il peut prendre ça comme signe de domination, ou au contraire aller demander des caresses ou à manger à tous les promeneurs », prévient Manon Rolet.

  • Des centaines d’arbres replantés avec Écosia

    Des centaines d’arbres replantés avec Écosia

    Qui a dit qu’il n’était pas possible de planter des arbres grâce à quelques clics sur internet ? À l’entrée du sentier du grand Valat, dans la partie ouest de Sausset-les-Pins, une cinquantaine de bénévoles viennent prouver que c’est faisable.

    L’association Replanter notre forêt provençale est à l’initiative ce dimanche matin, soutenue par l’entreprise Écosia qui héberge le moteur de recherche du même nom. Les services de la Ville, de leur côté, ont préalablement creusé les trous qui accueillent les arbres.

    Dans une palette à disposition des bénévoles, plusieurs essences d’arbrisseaux en pot sont à disposition. Le président de l’association, Julien Altero, pompier professionnel, indique qu’« il y a une centaine d’arbres pour aujourd’hui, avec 80% d’oliviers, des chênes kermès, des arbousiers et quelques amandiers ». Des espèces résistantes au feu. « Même s’il y a un feu, les arbres repoussent », affirme Julien Altero.

    « Il faut un suivi »

    Pour cette opération, Julien Altero indique qu’« Écosia finance à 100% le projet à hauteur de 10 000 euros ». Dès lors, « il faut faire le suivi de ce qu’on a planté. La zone est sèche l’été, particulièrement avec la canicule, mais on a très peu de pertes d’oliviers après plantation », se satisfait le président.

    Pelles en main, parents et enfants se prêtent au jeu. Il a été prévu un arbre par famille. Valentine, Saussetoise de 12 ans, est l’une des premières à avoir commencé. Elle s’affaire consciencieusement depuis le début de l’opération avec son olivier. « C’est bien pour la nature de faire ça, parce que ça fait de la peine de voir qu’il y a plus d’arbres », considère l’écolière.

    Elle n’a pas de souvenir de l’incendie de 2020. « Le feu, c’est impressionnant. Je l’ai pas vu celui de 2020 mais je sais qu’il s’est arrêté juste à côté de Sausset », se rappelle-t-elle, d’où son avis qu’il est « important de refaire la végétation ». Son père, à ses côtés, indique qu’il a « vu le rendez-vous sur les réseaux sociaux ». « Ce terrain fait partie de notre balade dominicale, on pourra voir s’il pousse bien », projette-t-il.

    La Ville étant co-organisatrice, le maire écologiste Maxime Marchand présent sur place estime qu’il faut « redonner à cette forêt ce qu’elle nous a donné ». Pour l’édile, « tous ces enfants qui plantent créent un attachement à la forêt. Ils n’ont pas besoin de nous pour prendre conscience de l’importance qu’elle a, cette génération qui aime la nature et la chérie au quotidien procure un vrai bonheur. »

    Au-delà des seuls enfants, les riverains ne sont « pas là par hasard », selon Maxime Marchand, « car ce moment crée un sentiment d’appartenance entre ceux qui habitent à proximité de la forêt, il faut qu’ils en soient des acteurs de la gestion quotidienne ». In fine, cette matinée a presque « une visée thérapeutique pour se réapproprier le lieu », dans l’œil du maire de Sausset-les-Pins.

    Avec plus de 1 000 hectares ravagés en 2020 et le dernier incendie de Martigues en juillet, le rapport à la forêt et à sa préciosité évolue manifestement.

  • Bonnieu, hotspot d’une nature protégée

    Bonnieu, hotspot d’une nature protégée

    Lors du dernier conseil de quartier (notre édition du 6/11), l’élue annonçait l’extension du périmètre de l’arrêté préfectoral de protection du biotope (APPB) de 2018, qui avait consacré une zone de près de 7 hectares en 2018 dans un couloir partant du parking de la plage le long du chemin allant en direction de Carro.

    Désormais, c’est une zone étendue sur plus de trente hectares qui est protégée par l’arrêté, entre la plage de Bonnieu et sur le littoral de la pointe Donnelle à l’Anse des Arnettes, l’extension de l’APPB couvrant à peu près la boucle ouest du sentier botanique. « Nous voulions l’agrandir car nous considérons que les zones en bordure de Méditerranée doivent aussi être protégées et font partie du patrimoine communal », affirme l’adjointe.

    L’écologie du vivre-ensemble

    L’enjeu de cette réglementation est de protéger plusieurs espèces de plantes et d’animaux présents sur la plaine de Bonnieu, parmi lesquelles le gravelot à collier interrompu ou la mérendère à feuilles filiformes, « car c’est une des rares zones de France où ces espèces habitent », précise Odile Teyssier-Vaïsse. Cette espèce est réputée « encourant un risque très élevé d’extinction dans la nature » et figure sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’outil de référence pour connaître le niveau de danger pesant sur la biodiversité dans le monde.

    Il fallait pour cela fermer le parking proche de la plage, et surtout « empêcher l’accès aux deux roues, qui venaient souvent faire du motocross dans la plaine » indique l’adjointe, de même que d’éviter « tout déplacement de véhicules, de rassemblements générateurs de piétinement ou même d’empêcher des constructions », complète-t-elle.

    Un patrimoine sensible qui n’est pas pour autant mis sous cloche. « Il ne s’agit pas de barricader l’espace », comme le détaille Odile Teyssier-Vaïsse, mais de penser la plaine comme un espace de vie dont la gestion se « travaille avec les associations, comme la Ligue de protection des oiseaux, l’Office français de la biodiversité mais aussi les cyclistes, promeneurs et chasseurs pour faire cohabiter les usages ». En l’occurrence, le sentier de la boucle botanique de Carro, prisé des promeneurs et des amateurs de nature, ne sera pas rendu inaccessible.

    Du reste, l’APPB vient compléter les mesures compensatoires du site du Vallon du fou, créé au milieu des années 2000 par l’ancien conseil de territoire et aujourd’hui propriété de la Métropole.

    Si l’arrêté « n’a pas de vocation touristique » selon Odile Teyssier-Vaïsse, « la Ville a toujours eu cette envie de faire connaître sa richesse faunistique et floristique aux gens ». Les ateliers participatifs de l’atlas de la biodiversité populaire, en sont un exemple concret, dont celui dédié à la plaine de Bonnieu s’est déroulé en avril dernier.

  • L’ONF au chevet des forêts calcinées de la Gardiole

    L’ONF au chevet des forêts calcinées de la Gardiole

    Cet été, le gigantesque incendie audois des Corbières fut tel (17 000 hectares) qu’on en aurait presque oublié que le massif protégé de la Gardiole (Hérault) a subi le troisième plus gros feu de 2025 derrière celui des Pennes-Mirabeau, aux portes de Marseille.

    Le 5 juillet dernier, 270 hectares de garrigue et de forêts sont bel et bien partis en fumée entre Fabrègues et Mireval. Si les efforts des pompiers du Sdis 34 ont permis d’éviter que des villages ne soient ravagés par les flammes, les terres parcourues par le feu sont méconnaissables. Arbres calcinés, sol noirci, faune en désertion. D’ordinaire si verdoyant, le massif de la Gardiole ressemble par endroits à un cratère lunaire. Un paysage de désolation appelé peu à peu à renaître de ses cendres.

    Pour aider le Phœnix dame nature à retrouver ses droits, l’Office national des forêts (ONF) est déjà à pied d’œuvre. Voilà des semaines que ses agents publics, dont la mission est de protéger les forêts toute l’année (débroussaillage, entretien des pistes, surveillance des départs de feux, alimentation des citernes…), font l’inventaire des dégâts et des mesures à prendre pour faciliter la reconstruction. « On commence par mener une analyse cinétique du feu. On enquête sur ses causes, ses facteurs aggravants », résume Christophe Chantepy. Sans oublier les conséquences. « Sans couvert végétal, la pluie peut éroder plus vite les sols, des branches mortes peuvent tomber sur des promeneurs… », illustre l’expert DCFI (Défense de la forêt contre les incendies) à l’ONF. C’est la raison pour laquelle les massifs sont régulièrement fermés au public plusieurs semaines après un incendie.

    Si la garrigue, ses chênes Kermès et ses arbustes cramés devront se débrouiller seuls, les arbres brûlés font l’objet d’une attention particulière. Sur cette parcelle plantée il y a près d’un demi-siècle et située à proximité du parking de la tortue à Fabrègues, les troncs et branches les plus endommagés vont être coupés pour valoriser le bois. « Il sera vendu à un exploitant pour alimenter les chaudières collectives », précise Julien Carette, technicien forestier et chef de projet sur le feu de 2024. 3500 m3 de bois seront ainsi récoltés.

    Des replantations à l’étude

    Certains chênes verts ou pins seront rabaissés en espérant qu’ils puissent repartir naturellement. « On peut déjà observer des repousses au pied. J’ai confiance en la capacité de régénération de ces forêts d’arbustes feuillus, de résineux et de chênes », positive Armand Aninat de l’ONF. Toutefois, si « le pin d’Alep (originaire de Méditerranée) a la capacité de se régénérer par le feu, ce n’est pas le cas du pin parasol », précise Julien Carette. C’est ainsi que s’ouvre un travail de réflexion avec les collectivités pour « limiter les stigmates du feu ».

    Sur les parcelles calcinées en 2014 et 2024, un travail de reconstruction a déjà été mené par l’ONF. Entre Gigean et Frontignan, sur les 102 hectares de forêts publiques brûlées (310 ha au total), du bois a été valorisé en plaquettes forestières. Un travail de recépage du chêne vert est en cours et des replantations à l’étude (automne 2026) du côté du ruisseau du Mouchas. Plutôt que des pins d’Alep associés aux flammes, « la commune de Gigean a voulu des feuillus : des arganiers, caroubiers, des chênes de Kabylie et des pins des Canaris », liste Julien Carette. Choisies pour leur meilleure résistance supposée à la chaleur et au déficit de pluviométrie, « ces nouvelles essences vont être travaillées en îlots d’avenir ». Ici ou là, ces îlots seront agrémentés d’essences d’accompagnement : frênes à fleurs, érables de Montpellier, cyprès de Provence… Des petits massifs pourront même voir le jour à partir de graines prélevées chez des particuliers locaux. « Aujourd’hui, on ne replante plus une seule essence pour la biodiversité et maximiser les chances de résister aux maladies », ajoute Guylaine Archevêque, directrice de l’agence ONF Gard/Hérault.

    Reste qu’il s’agit d’expérimentations au taux de succès variable. « Ce n’est pas de l’agriculture ni du jardinage mais de la défense des forêts. Il faut laisser le temps à la nature de reprendre ses droits », prévient Julien Carette. Menée en 2019-2020 sur le site calciné de 2014, une première expérience de replantation avait été un échec. « La régénération naturelle autour du pin d’Alep avait pris le pas sur nos plantations », regrette Guylaine Archevêque. « On avait souffert d’un mauvais climat et d’une interdiction d’arroser les premières années en raison d’un arrêté préfectoral de fermeture de la Gardiole ». Espérons cette fois que les éléments seront en faveur de l’ONF qui cultive le feu sacré.

  • DNC : les syndicats réclament des vaccins en Occitanie

    DNC : les syndicats réclament des vaccins en Occitanie

    L’annonce a fait l’effet d’un choc chez les éleveurs héraultais et surtout gardois. Pour lutter contre la DNC (qui a entraîné l’abattage de plusieurs troupeaux en Savoie), le ministère de l’Agriculture a en effet décidé, le 17 octobre, l’interdiction de toute sortie bovine (marché, salon, fête) dans trois régions dont l’Occitanie et l’interdiction d’exporter, « pour éviter la diffusion du virus hors de France ». Tous les taureaux de Camargue sont aussi confinés au moins jusqu’au 1er décembre avec interdiction pour les éleveurs de les sortir des manades.

    L’inquiétude a donc gagné les éleveurs qui doivent envoyer à l’abattoir la totalité de leur troupeau si un cas est déclaré. Un principe qui révulse tant le Modef que la Conf. « Ce virus qui arrive en France à cause du dérèglement climatique est connu. Des recherches ont été effectuées et on sait que l’abattage de tout le troupeau ne sert à rien. Il faut un abattage ciblé et une vaccination systématique. La preuve, ils ont fait ça en Savoie et on retrouve maintenant le virus dans d’autres régions. En plus, en faisant ça, on supprime la génétique, parfois il y a 20 ou 30 ans de sélection », explique Didier Marion, porte-parole de la Conf paysanne du Gard.

    La ministre répond

    au Modef

    Face à l’inquiétude, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard (LR) a organisé une réunion avec le Modef mercredi 29 octobre, à laquelle a participé le Gardois Frédéric Mazer, co-président national du syndicat. « Elle nous a dit qu’elle était en pleine négociation avec l’Espagne et l’Italie pour réautoriser la vente des broutards vers ces pays et que ça pourrait se faire prochainement. Concernant la vaccination, elle a dit qu’elle avait suffisamment de doses pour les zones réglementées mais elle n’en a pas assez pour une couverture totale du territoire parce qu’il faudrait 15 millions de doses et elle n’en a que quelques centaines de milliers d’avance », explique Frédéric Mazer.

    L’éleveur a également réaffirmé son hostilité à l’abattage total des troupeaux : « La ministre pense que cette stratégie est gagnante car le virus a été éradiqué en Savoie mais il y a le problème de perte génétique et le traumatisme psychologique pour les éleveurs. Au Modef, nous proposons de vacciner tous les cheptels souches, c’est-à-dire les vaches allaitantes, les vaches laitières et les génisses de renouvellement et de ne pas vacciner les bêtes destinées à l’abattage puisque le virus n’est pas transmissible à l’être humain. C’est une proposition que la ministre n’a pas écartée. Elle a aussi dit qu’elle allait consulter la profession pour la vaccination de tout le territoire. »