Category: environnement

  • L’état écologique de l’étang de Berre s’améliore

    L’état écologique de l’étang de Berre s’améliore

    Le protocole signé avec EDF porte ses fruits. En septembre 2024, le Gipreb, syndicat mixte chargé de la surveillance de l’état écologique de l’étang de Berre, et l’électricien passaient un accord visant à restreindre les rejets d’eau douce de la centrale de Saint-Chamas durant l’été. Après une première saison, le directeur de l’instance scientifique Raphaël Grisel l’affirme : « Ce protocole donne raison à l’ensemble des parties : on a une centrale qui produit, essentiellement en hiver, et un étang qui profite de ces nouvelles conditions et semble moins fragile sur la période estivale. »

    « Actuellement, la salinité est la même de la surface au fond, dans les zones profondes, poursuit-il. On n’a plus de stratification depuis le mois de juin grâce à la limitation des rejets d’eau douce. » En 2018, l’eutrophisation et la stratification des eaux avaient mené à une crise d’anoxie, c’est-à-dire une pénurie d’oxygène dans l’eau conduisant à une mortalité massive des organismes vivants de l’étang.

    La recolonisation des zostères

    Même les deux périodes de canicule, en juin et en août, n’ont pas eu raison de l’équilibre de l’écosystème. « Les chaleurs n’ont pas eu d’incidence trop négative », assure Raphaël Grisel, qui pointe « de toutes petites situations dans des zones très confinées comme des ports », mais aucun épisode de malaïgue grâce au vent qui a fait baisser les températures. Pour garder une eau claire et équilibrer l’écosystème lagunaire, le Gipreb mène des campagnes de plantation d’herbiers de zostères qui limitent la remise en suspension des sédiments grâce à leurs racines, stockent la matière organique et permettent la production d’oxygène dans l’eau avec leur photosynthèse.

    « L’intérêt c’est d’accélérer leur recolonisation dans les zones où il devrait y en avoir, détaille Raphaël Grisel. Ces sites ont été ciblés en fonction de leur capacité à essaimer vers d’autres sites grâce à la circulation de l’eau. L’année dernière on en a planté 8m2, ce qui est très peu mais c’était un test opérationnel. Au bout de trois mois, ces 8m2 étaient devenus 400m2, donc on a une multiplication par cinquante des surfaces. Cette année, on a planté 30m2. »

    Autre avancée notable : cet automne, la réouverture des communications hydrauliques entre l’étang de Bolmont et l’étang de Berre permettra à la lagune située entre les communes de Marignane et de Châteauneuf-les-Martigues de sortir d’une « situation de confinement qui ne lui est pas favorable ».

  • et un poumon vert en moins

    et un poumon vert en moins

    Trois vieilles demeures de maître, témoins du passé d’un quartier, vont être rasées au 5, 7, 9, avenue de Saint-Barnabé (4e), à Marseille, pour une vaste opération immobilière de densification, un « projet non compatible avec un habitat raisonné et un développement durable du quartier » dénoncent des riverains.

    Le vaste terrain boisé de 4 060 m2, qui jouxte le centre médical La Feuilleraie, a été entièrement rasé de tous ses arbres, centenaires pour beaucoup, suscitant l’émotion des riverains qui s’y étaient opposés. Avec humour ou cynisme, les promoteurs, Sogeprom Sud (filiale de la Société Générale) et Urbat Promotion ont baptisé la future résidence White Garden, prétendant offrir « un cadre verdoyant ».

    Le permis délivré en février 2017 par l’ex-adjointe à l’urbanisme, Laure-Agnès Caradec, autorise la construction de deux bâtiments collectifs d’habitation, jusqu’à 7 étages pour le plus haut et de 96 logements. La « démesure » de cet ensemble, sa « mauvaise intégration » dans le quartier et la « perte du dernier poumon vert de la Blancarde » avaient scandalisé les riverains à l’origine d’une pétition dénonçant la contradiction avec la loi Alur pour la préservation de la biodiversité et la présence de la nature en ville. La plaquette commerciale de White Garden leur fait injure en prétendant « s’adapter à un environnement et à l’identité d’un quartier » pour ce projet signé par « des architectes de renom » que le promoteur se dispense de nommer.

    Les pétitionnaires relevaient l’augmentation conséquente de la circulation sur l’avenue de Saint-Barnabé et l’avenue de la Blancarde avec deux immeubles neufs de l’autre côté de l’avenue, à moins de 60 m, ainsi qu’un immeuble de 101 logements plus bars, rue Xavier-Progin.