Category: environnement

  • L’État et EDF attaqués en justice pour préjudice écologique

    L’État et EDF attaqués en justice pour préjudice écologique

    La dégradation de l’état écologique de l’étang de Berre est-elle imputable à l’État et son concessionnaire EDF ? C’est la question à laquelle le tribunal administratif de Marseille, saisi par l’Étang nouveau, va devoir répondre, à la suite de l’audience qui s’est tenue ce jeudi 5 février.

    L’association, créée en 1988 à Saint-Chamas, dénonce le préjudice subi par la plus grande lagune salée de France (15 500 hectares) dans laquelle la centrale EDF déverse 1,2 milliard de mètres cubes d’eau douce en moyenne chaque année, et la supposée « inaction » de l’État, déjà condamné pour carence fautive en 2006 par la Cour européenne de justice.

    À partir de 1966, l’eau de la Durance, qui « fournit 75% de l’eau consommée en région
    Paca
     », est détournée dans un canal usinier EDF équipé de 22 centrales pour assurer « 35% de la production électrique » du territoire, explique Jean-Luc Platon, administrateur de l’Étang nouveau. En bout de chaîne, l’usine de Saint-Chamas rejette dans l’étang de Berre une eau douce et limoneuse, mortifère pour l’écosystème de la lagune.

    Une situation dégradée depuis 1966

    Un rapport de la Commission parlementaire du développement durable et de l’aménagement du territoire, publié le 23 septembre 2020, retient ces déversements comme principal « facteur de déstabilisation de la masse d’eau ». Ce document pointe une « salinité constante avant 1966 à environ 32% » et une oxygénation « excellente jusque dans les couches profondes », qui se sont ensuite dégradées à l’apparition de la centrale hydroélectrique, avec une salinité variant entre 11 et 30% une augmentation de la stratification des eaux de l’étang, créant « des conditions anoxiques structurelles ».

    L’été 2018 a été le point d’orgue de cette détérioration, avec un épisode de malaïgue (un phénomène entraîne une chute du taux d’oxygène dans l’eau) qui a décimé la faune et la flore de l’étang. En cause : un « effet cocktail », selon le rapporteur public, dû à des températures élevées, une pluviométrie soutenue et des déversements massifs d’EDF qui a été autorisé cette année-là à procéder à des rejets exceptionnels en raison de travaux menés sur la Durance.

    L’avocat de l’association l’Étang nouveau Florian Tizot explique : « Pour que l’étang soit résilient, capable d’absorber les chocs thermiques et anthropiques, il lui faut un taux de zostères [des plantes aquatiques, Ndlr] suffisant pour se réoxygéner et se rétablir. Ce seuil, pour l’étang de Berre, est unanimement fixé à 1 500 ha. Avant l’ouverture de la centrale, il y en avait 6 500 ha. Aujourd’hui, à date, on est à 77 ha. »

    L’association réclame 200 000 euros au titre de réparation pour le préjudice moral et écologique à l’État et EDF. Une somme qu’elle souhaite allouer aux acteurs du territoire en capacité de multiplier la présence de ces herbiers.

    Un canal de dérivation

    Les conclusions du rapporteur public dans ce dossier risquent cependant de pousser le tribunal à rejeter la demande de l’Étang nouveau. Le magistrat plaide notamment des atteintes qui « s’inscrivent dans un cycle long et évolutif puisque l’état général de l’étang et les modalités d’exploitation de la centrale sont changeantes d’une année sur l’autre » et met en avant un protocole d’accord conclu le 16 septembre 2024 entre EDF et le Groupement d’intérêt public pour la réhabilitation de l’étang de Berre, suite à une médiation pénale engagée après la crise d’anoxie de 2018, qui prévoit la saisonnalité des rejets de la centrale. Une avancée insuffisante, pour l’association, qui défend l’arrêt total des déversements en misant sur une solution de dérivation qui permettrait de faire cesser le « gaspillage » et d’irriguer les plaines agricoles.

    Le tribunal administratif de Marseille rendra sa décision entre le 27 février et le 5 mars.

  • Salindres : l’alerte sanitaire qui dure depuis 40 ans

    Salindres : l’alerte sanitaire qui dure depuis 40 ans

    Autour de Salindres et dans plusieurs communes riveraines du Gardon, la pollution aux PFAS ne relève plus de la simple inquiétude environnementale. Elle s’inscrit désormais comme un enjeu majeur de santé publique.

    Depuis le début des années 1980, des rejets industriels liés à l’usine chimique Solvay auraient contaminé durablement les eaux de surface, les nappes phréatiques et l’eau potable, principalement par l’acide trifluoroacétique (TFA), l’un des PFAS les plus répandus et toxiques.

    Selon plusieurs analyses rendues publiques ces dernières années, des traces importantes de TFA ont été retrouvées jusqu’à plusieurs dizaines de kilomètres en aval du site industriel. Une situation locale qui s’inscrit dans un contexte national alarmant : d’après l’Anses, 92% des prélèvements d’eau potable en France contiennent aujourd’hui du TFA.

    Un appel sans réponse

    À Salindres, cette contamination chronique nourrit une inquiétude grandissante chez les habitants et les salariés du site industriel. Dans une lettre adressée aux ministères de la Santé et de la Transition écologique, ainsi qu’à l’ARS et à la DREAL Occitanie, les signataires demandent la mise en place d’une biosurveillance des populations exposées, conformément au plan interministériel sur les PFAS publié en avril 2024. Un plan qui recommande explicitement de suivre les populations « particulièrement exposées ».

    Parmi eux, Laurent Emorine, ancien directeur de recherche au CNRS, installé près de Salindres, alerte depuis plusieurs années sur les risques sanitaires. « Le problème des PFAS, c’est qu’une fois qu’ils sont rentrés dans le corps, ils vont rester un certain temps, parfois plusieurs années », explique-t-il. Les effets potentiels sont nombreux : troubles thyroïdiens, atteintes hépatiques, cancers, impacts sur le développement embryonnaire. La situation locale inquiète d’autant plus que le TFA est encore très peu étudié. « Beaucoup de travaux scientifiques montrent que le TFA les mêmes effets sur la santé que d’autres PFAS », insiste Laurent Emorine, qui plaide pour une interdiction progressive de ces substances. Faute de réponse des autorités, les signataires ont décidé d’élargir la diffusion de leur appel aux élus locaux, aux communes, aux députés.

  • Les Shifters du Languedoc veulent sortir du tout voiture

    Les Shifters du Languedoc veulent sortir du tout voiture

    Nourrir les connaissances scientifiques pour peser sur les décisions politiques. Voici la feuille de route que se sont fixée les Shifters du Languedoc Roussillon. Pour cela, ils ont choisi d’analyser les émissions de gaz à effet de serre de cinq projets routiers dans la région dont la Liaison intercommunale d’évitement nord de Montpellier (Lien), le Contournement ouest de Montpellier (COM) et le Contournement ouest de Nîmes (Conim). L’association souligne d’abord que de manière générale « de nouvelles infrastructures routières entraînent toujours une augmentation du nombre d’usagers » et regrette que ces projets sont « pensés et anticipés par les pouvoirs publics comme si la mobilité dans les décennies à venir allait rester la même qu’aujourd’hui ».

    Pour étudier ces projets routiers, les bénévoles des groupes locaux, aidés par des bénévoles de Marseille, ont examiné les dossiers de création des projets routiers pour établir leur impact carbone. « Pour les dossiers les plus anciens, ils n’ont pas du tout évalué l’impact carbone. Seuls les dossiers les plus récents comme les contournements ouest de Nîmes et de Montpellier ont mesuré cet impact mais nous ne sommes pas d’accord avec les conclusions », explique Philippe Devers, l’un des porte-parole des Shifters dans le Gard. Il précise : « Ces études négligent notamment le trafic induit alors que des études américaines et françaises montrent qu’à chaque fois qu’on crée une nouvelle route, on induit un nouveau trafic que l’on n’avait pas avant qui peut représenter un pourcentage important. Le béton des ouvrages n’a pas été non plus évalué en impact carbone alors que ça représente une base importante. »

    Empreintes carbone

    Les Shifters évaluent l’empreinte carbone des constructions du Lien à 40 000 tonnes d’équivalent CO2 et à 120 000 tonnes pour le Conim. L’empreinte carbone de la construction du COM n’a pu être calculée (elle est évaluée à 126 000 tonnes par l’étude d’impact). Concernant, l’empreinte carbone du trafic induit par ces infrastructures, l’association l’estime à 25 000 tonnes par an pour le Lien, 500 000 sur la durée de vie du Conim et entre « 270 et 460 000, sur 20 ans, en fonction du scénario choisi », pour le COM. Des chiffres particulièrement importants qui devraient apporter de l’eau au moulin des opposants à ces projets qui s’appuient bien souvent uniquement sur la défense de la biodiversité pour justifier l’abandon de ces infrastructures. « Nous proposons, comme l’a d’ailleurs fait le Haut conseil pour le climat le 16 octobre, de surseoir à tout projet routier. Nous ne voulons pas dire qu’il faut supprimer tout projet routier mais qu’il faut prendre la dimension carbone dans la décision ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Dans ces projets, on parle beaucoup de biodiversité ou d’artificialisation des sols mais jamais d’empreinte carbone », confirme Philippe Devers.

    Avec cette étude, les Shifters entendent apporter un nouvel éclairage à deux mois des élections municipales. L’association qui se revendique apolitique et apartisane espère que les différents candidats s’emparent de ces éléments. « C’est un objectif national pour les Shifters de mener des actions pour influencer les programmes et mettre la transition écologique sur la table. Le but c’est de tirer vers le haut le programme des politiques pour ces élections municipales », précise Philippe Devers. Comme lors de la campagne de 2020, les Shifters et d’autres associations vont également relancer le « Pacte pour la transition » qui proposait trois grands principes et 32 mesures concrètes pour engager les élus à œuvrer pour des communes « plus écologiques, solidaires et démocratiques ».

    À Nîmes, les Shifters veulent même aller plus loin en organisant une audition des différents candidats. Ils ont, pour la plupart, confirmé leur participation. Lors d’une soirée, l’association entend réunir tous les candidats en leur proposant de présenter leur programme pour favoriser la réduction des émissions de gaz à effet de serre puis de répondre aux questions des bénévoles de l’association.

    *The Shift Project est un groupe de réflexion qui « vise à éclairer et influencer le débat sur les défis climat-énergie ».

  • L’eau de mer devrait à nouveau couler dans le tunnel du Rove

    L’eau de mer devrait à nouveau couler dans le tunnel du Rove

    C’est historique ! Porté par le Groupement d’intérêt public pour la réhabilitation de l’étang de Berre (Gipreb) et la Région Sud, le projet de remise en circulation de l’eau de mer dans le tunnel du Rove se concrétise enfin et entre en phase opérationnelle d’obtention des autorisations réglementaires de travaux.

    Deux éboulements

    Inauguré en 1927 après 16 ans de construction, l’ouvrage avait connu un éboulement en 1963 « à 1 kilomètre de la sortie côté Marignane, sur environ 130 mètres de long », explique Raphaël Grisel, directeur du Gipreb. « C’est lui qui empêche le passage de l’eau. » C’est à travers cet amas de pierres « qu’il va falloir mettre un tuyau en béton de 2,5 mètres de diamètre » afin d’alimenter l’étang grâce aux échanges avec la mer.

    Plus loin au nord, un second éboulement aurait pu poser des difficultés. « On a une zone qui s’appelle tranchée de Gignac, ou tranchée de Marignane, qui présente des talus d’une quarantaine de mètres au-dessus du niveau de l’eau, reprend le scientifique du syndicat mixte. En 2019, il y a eu un glissement de terrain sur l’un d’eux à environ 200 mètres de la sortie du tunnel. On aurait pu se dire : “le sort s’acharne“. Sauf que cet éboulement, très rapidement consolidé, a donné place à une nouvelle plateforme qui est tout à fait pertinente pour accueillir une station de pompage et son alimentation électrique, qu’il aurait été difficile de mettre dans le tunnel. » Cette pompe permettra d’envoyer l’eau stockée dans un bassin tampon d’un kilomètre de long dans le canal du Rove.

    Estimés à 16 millions d’euros en 2022, les travaux devraient débuter en 2029 « dans un calendrier optimiste », confie Raphaël Grisel. « Aujourd’hui, deux tiers du financement font l’objet d’engagement de la Région et de la Métropole. Un troisième tiers est en cours de construction avec une participation de l’État et de l’Agence de l’eau dès lors que toutes les études réglementaires auront montré l’efficacité du projet. »

    Un renouveau de la qualité de l’eau

    Avec ce projet, les scientifiques attendent une nette amélioration des milieux aquatiques grâce au retour des différentes espèces végétales essentielles à l’équilibre de l’écosystème. Des experts ont jugé que ces plantes, permettant production d’oxygène et stockage de carbone, pourraient avoir totalement reconquis leurs milieux après une vingtaine d’années.

    « L’idée, c’est que cet apport marin très pauvre en nutriment, en azote et en phosphore notamment, va permettre un renouveau et une amélioration de la qualité de l’eau dans l’ensemble du complexe lagunaire, puisque tout est interconnecté », explique le directeur du Gipreb. En amont de la remise en circulation de l’eau de mer dans le tunnel du Rove, une première opération de rénovation des ouvrages de communication entre l’étang de Berre et l’étang de Bolmon d’une part, et l’étang de Bolmon et le canal du Rove d’autre part, débute le 23 février.

    Ce chantier du tunnel du Rove s’inscrit dans la feuille de route globale du Comité stratégique de l’étang de Berre, installé par le préfet en juillet 2022, qui agit également pour la réduction des apports d’eau douce de la centrale EDF.

  • « Le chemin de Stevenson continuera biende passer par Saint-Jean-du-Gard »

    « Le chemin de Stevenson continuera biende passer par Saint-Jean-du-Gard »

    La Marseillaise : D’où vient l’origine du problème ?

    Isabelle Jouve : Il y a six ans, suite à plusieurs épisodes cévenols et à l’augmentation de la circulation sur la route départementale qui n’a fait qu’empirer depuis, le Département du Gard a signalé au maire de Saint-Jean-du-Gard, que le tracé du chemin de Stevenson à partir d’en endroit appelé Pied de Côte jusqu’au village, ne pouvait plus se faire comme avant et qu’il fallait trouver un autre tracé, c’est-à-dire sur 2 ou 3 kilomètres. Le maire a alors sollicité Mme Bourrély, propriétaire de toute la montagne en rive gauche qui a donné l’autorisation de passer sur son terrain – et pas dans son jardin, comme j’ai pu le lire car elle habite de l’autre côté – sur trois ans qui se sont renouvelées trois ans de plus. Une étude a alors été mise en place sur un cheminement qui suivrait la Départementale. Ce parcours demande un million d’euros d’investissement, donc c’est très onéreux et les points dangereux ne sont pas réglés. Un autre tracé a donc été trouvé pour contourner les terrains de Mme Bourrély qui sont très grands, mais ça ne convenait pas.

    C’est à partir de ce moment que le maire, Pierre Aiguillon, a sonné l’alerte ?

    I.J. : Oui, il a alarmé tout le monde, sauf que j’avais acté que personne n’était d’accord avec ce tracé et que nous allions continuer à travailler. J’avais bien compris que ce tracé, qui faisait un important détour, allait pousser les marcheurs à continuer de prendre l’ancien tracé non sécurisé ou à ne plus passer par Saint-Jean. Cette solution n’a donc jamais été actée. Le maire veut la sécurisation sur la Départementale mais le rapport remis par les services souligne bien que les points dangereux ne seraient pas réglés. Ça, le maire ne voulait pas l’entendre. Le Département est très attaché au Stevenson qui doit passer à Saint-Jean-du-Gard parce que c’est une étape historique mais nous sommes aussi attachés à la sécurité des marcheurs. Il n’a jamais été question que le Stevenson ne passe plus par Saint-Jean.

    Qu’a apporté la réunion du 25 novembre avec les différentes parties ?

    I.J. : Elle a été très constructive et a permis de dégager de nouveaux tracés qui n’avaient pas été envisagés jusqu’ici. Il va maintenant y avoir une évaluation de ces nouveaux éléments techniques sur le terrain jusqu’en janvier. On a tracé des chemins sur une carte mais il faut voir la faisabilité et le nombre de propriétaires concernés. La réunion a surtout permis de rassurer le maire sur le fait que le Stevenson continuera bien de passer par Saint-Jean.

  • [Biodiversité] Ces forêts marines qui restent à cartographier

    [Biodiversité] Ces forêts marines qui restent à cartographier

    La zone mésophotique étant toute la partie sous-marine qui se trouve entre la surface directement touchée par la lumière du soleil et donc souffrant du réchauffement climatique et les grands fonds marins. « C’est une zone qui va de 30 à 150 mètres de profondeur mal connue, peu protégée et documentée où se trouve un monde marin exceptionnel dont le fonctionnement est semblable aux canopées des forêts terrestres. C’est un monde sous pression de par une mortalité importante des espèces notamment en 2022 à cause du réchauffement climatique sur la partie supérieure mais aussi avec un gros impact de l’homme à cause de la pêche professionnelle et de loisir mais aussi le mouillage qui n’est pas toujours respecté », poursuit-il.

    Un projet à 2 millions d’euros

    À travers ce projet qui durera 3 ans et grâce aux dotations, l’association et ses partenaires ambitionnent de cartographier la zone mésophotique et ses habitats, évaluer l’état de conservation de ces forêts animales marines (corail, gorgones, population de poissons etc.) mais aussi réaliser des analyses génétiques, rendre accessible au plus grand nombre ce monde marin avec des plongées en live, la réalisation de courts-métrages ou encore mettre en place des événements à destination du public pour le sensibiliser dans les villes étapes où se feront les plongées. « La zone mésophotique représente 5% de la surface des océans dont 99% se situent à l’intérieur des zones économiques exclusives (ZEE) et 10% sont incluses dans des aires marines protégées. D’ailleurs, en Méditerranée française, nous avons 60% d’aires marines protégées mais seulement 0,1% l’est réellement. C’est un point sur lequel nous souhaitons travailler également car ces zones ont un rôle crucial », ajoute le porteur de projet.

    En plus des 900 000 euros provenant de la Fondation Crédit Mutuel, l’association a reçu un soutien financier de 100 000 euros de l’Office français de la biodiversité pour un budget total estimé à plus de 2 millions d’euros.

  • Le chantier de réhabilitation de la Mobil à Frontignan touche à sa fin

    Le chantier de réhabilitation de la Mobil à Frontignan touche à sa fin

    Après des années de lutte et de négociations avec l’industriel, la réhabilitation environnementale du site de l’ancienne raffinerie Exxon-Mobil de Frontignan, exploitée par la société pétrolière et gazière américaine pendant plus de 80 ans jusqu’à son démantèlement en 1986, a débuté en 2022. Pris en charge par Esso, devenu il y a quelques mois North Atlantic, cet énorme chantier de dépollution à plus de 60 millions d’euros – un des plus gros d’Europe – a consisté à excaver 11 hectares de terres impactées par des hydrocarbures et des métaux lourds. Il touche aujourd’hui à sa fin.

    170 000 m3 de terres excavées

    Après avoir été déplacée pour la 16e fois le 28 octobre dernier, l’immense tente gonflable de 120 m de long par 50 m de large et 16 m de haut, « dispositif unique au monde destiné à limiter les émanations d’odeurs d’hydrocarbures », a été déplacée pour la dernière fois le 7 janvier afin d’accueillir la dernière ligne droite d’un chantier qui s’achèvera début mars. « 170 000 m3 de terres auront ainsi été excavées de 1 à 4 m de profondeur, dont 85 000 m3 auront été évacués hors site » vers des centres agréés, indique la Ville de Frontignan dans un communiqué. Suivront trois mois de démantèlement (démontage de la tente gonflable, de la tente conventionnelle utilisée pour le criblage et le stockage des terres, de l’unité de traitement des eaux, de la base-vie, nivellement final et repli des engins de chantier… )

    « L’achèvement prochain de ce chantier hors-norme marque une étape majeure pour Frontignan-la Peyrade », déclare le maire de la commune, Michel Arrouy (PS). « Après des décennies d’attente, ce site emblématique de notre histoire industrielle va enfin être dépollué, dans des conditions exemplaires et intégralement prises en charge par l’industriel responsable. C’est un soulagement pour les habitants et une réussite collective. Nous pouvons désormais nous projeter vers l’avenir », se réjouit l’édile. Une fois les terrains restitués à la commune, l’heure sera en effet à la reconversion du site, qui « ouvrira la voie à un projet structurant pour le territoire, avec le déplacement de la gare, la création d’un pôle d’échanges multimodal et l’accueil d’activités économiques tournées vers la transition écologique », précise Michel Arrouy.

  • Pour tout savoir sur les papillons de Marseille

    Pour tout savoir sur les papillons de Marseille

    Porté par trois auteures passionnées de lépidoptères et de leur conservation dans les espaces urbains, Magali Deschamps-Cottin, Chloé Duque et Louise Seguinel ont créé l’association du Parc urbain des papillons (PUP) afin de sensibiliser et former tous les publics à la relation entre les papillons et leur environnement. Une association qui a donné naissance à un parc physique qui a vu le jour en 2012 dans le 14e arrondissement de Marseille, sur le domaine de la Tour des Pins. Fermé au public, le dispositif permet de suivre les communautés de Lépidoptères Rhopalocères en accueillant des plantes nectarifères et hôtes avec une gestion raisonnée. S’ensuit donc tout naturellement l’ouvrage Papillons de Marseille, un guide consacré aux papillons de jour que l’on peut observer dans la ville.

    Un livre qui s’adresse
    à tous les publics

    S’adressant à un large public allant des étudiants en écologie aux agents techniques des espaces verts en passant par les passionnés ou les curieux, Papillons de Marseille est présenté comme un outil d’identification pratique et précis puisque pour chacune des espèces, des informations détaillées sur les différents stades de développement y sont inscrites, accompagnées de photographies.

    L’objectif étant d’observer, d’identifier mais aussi de comprendre et de s’émerveiller devant tant de douceur et de raffinement où chacun, bien que faisant partie d’une espèce commune, a des caractéristiques bien spécifiques. Et, apprendre à les reconnaître c’est déjà leur accorder une attention particulière.

    Les fiches des 71 espèces recensées sont conçues comme des cartes d’identité vous indiquant où, quand et comment les observer. Pour faire exister tout cela, des recherches ont été conduites au sein du Laboratoire Population-Environnement Développement de l’université d’Aix-Marseille ainsi que des suivis de communautés de papillons menés pendant plus de dix ans sur plusieurs dizaines de parcs et de friches de la ville. Sans oublier 35 espèces supplémentaires qui elles, ont été observées dans les espaces naturels périphériques dont le Parc national des Calanques.

    Plus qu’un guide, l’ouvrage est aussi une invitation à agir pour la restauration et la conservation de la biodiversité urbaine qui est fortement menacée et questionnée. Un guide qui raconte aussi une histoire, celle de l’interdépendance de l’homme avec la nature. Redonner toute leur place aux papillons d’une manière très simple c’est un moyen de restaurer et protéger la biodiversité urbaine.

    Paru aux éditions
    Le Naturographe en décembre
     2025. 22 euros

  • Hérault : le Minervois entre dans la cour des Grands Sites

    Hérault : le Minervois entre dans la cour des Grands Sites

    Le label a été attribué au territoire « Cité de Minerve, gorges de la Cesse et du Brian », rassemblant sept communes : Cesseras, Azillanet, La Livinière, Minerve, Siran, La Caunette et Vélieux. C’est l’aboutissement d’un travail de 16 ans, mené sous la houlette du Syndicat mixte du Pays Haut-Languedoc et Vignobles, précise Jean Arcas, son président. L’objectif n’est pas d’attirer toujours plus de visiteurs, mais de mieux les répartir, explique Jean-Pierre Barthès, vice-président de la Communauté de communes. « Il s’agit de montrer que le territoire ne se résume pas à une carte postale figée, mais à une mosaïque de lieux et d’usages. »

    Un label structurant pour le territoire

    Le label Grand Site de France, attribué par l’État, distingue des territoires d’exception engagés dans une gestion durable conciliant préservation, accueil du public et développement local. Le Minervois rejoint ainsi la vingtaine de territoires labellisés Grand Site de France. Pour l’obtenir, le territoire doit protéger un paysage remarquable classé, impliquer les habitants et garantir un accueil de qualité sans dénaturer le site. L’intercommunalité a permis de mutualiser les moyens, de renforcer l’office de tourisme et de structurer l’action publique. Elle valorise surtout la diversité du territoire : de l’altitude du Caroux aux paysages méditerranéens vers Narbonne. La randonnée, l’escalade, le canoë : chaque commune devient la porte d’entrée des autres.

    Pour les élus, le label est une opportunité, à condition d’assumer des investissements conséquents. Pour Didier Vordy, maire de Minerve, « cela signifie des routes entretenues, une téléphonie fiable, demain la fibre. Autrement dit : maintenir le lien social et enrayer l’érosion économique, sociale et démographique qui touche ces villages depuis des décennies. » La communauté de communes mobilise déjà 42 000 euros par an pour cofinancer le poste de chargé de mission dédié à la gestion du site. Dans un territoire marqué par l’exode rural, l’intercommunalité devient un outil de survie collective, bien plus qu’un simple échelon administratif.

  • Le hérisson d’Europe crucial mais en déclin

    Le hérisson d’Europe crucial mais en déclin

    Le hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus), petite boule de pics bien connue dans les paysages ruraux comme dans les jardins, joue un rôle important dans les milieux naturels. Malgré cette fonction écologique majeure, l’espèce est confrontée à de nombreuses menaces qui compromettent sa survie.

    En région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), le hérisson d’Europe fréquente des milieux variés : zones boisées, haies, jardins privés… C’est un allié précieux des jardiniers, car il se nourrit d’insectes, de limaces et d’autres invertébrés parfois considérés comme nuisibles lorsqu’ils pullulent. Sa présence témoigne de la bonne qualité des espaces naturels.

    Les populations d’Europe diminuent

    Malgré son rôle essentiel, ce mammifère nocturne connaît une forte régression. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a récemment révisé son statut, le faisant passer de « préoccupation mineure » à « quasi menacé » dans sa liste rouge. Cette liste permet d’évaluer l’ampleur des efforts nécessaires pour préserver la biodiversité à différentes échelles.

    Les populations de hérissons d’Europe diminuent dans plus de la moitié des pays où l’espèce est présente : Royaume-Uni, Norvège, Suède, Danemark, Allemagne, Autriche. En France, leur nombre a baissé de 16% à 33%, selon les régions au cours de la dernière décennie.

    Plusieurs facteurs expliquent cette régression. L’urbanisation croissante réduit les zones de refuge et expose davantage les animaux aux dangers de la route. Selon la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), « chaque année, 700 000 hérissons meurent écrasés ».

    Des centres de sauvegarde essentiels

    Par ailleurs, l’intensification agricole et l’usage de pesticides constituent une autre menace majeure : ces substances diminuent leurs ressources alimentaires et peuvent entraîner des intoxications. Enfin, le changement climatique perturbe leur hibernation et accroît leur mortalité.

    La protection du hérisson d’Europe repose aussi sur la mobilisation citoyenne : protéger cet animal, c’est protéger l’environnement. Des centres de sauvegarde de la faune sauvage existent dans la région, comme celui de Buoux, qui prend en charge les hérissons blessés ou malades afin de les soigner et de les réhabiliter dans leur milieu naturel. À l’échelle individuelle, préserver cette espèce menacée passe par l’abandon des pesticides au profit d’un jardinage plus respectueux de l’environnement, ou encore par le soutien financier aux centres de sauvegarde, comme Buoux.

    Le 23 janvier, la LPO Paca lancera une opération de financement participatif destinée à soutenir le Centre de sauvegarde de Buoux.