Category: environnement

  • Les arboriculteurs face à la menace du gel tardif

    Les arboriculteurs face à la menace du gel tardif

    Une vague de gel tardif touche une grande partie de l’hexagone et les Hautes-Alpes ne sont pas épargnées. Les températures sont tombées à -5 C° dans certaines vallées, aux heures les plus froides. Une menace qui affecte les cultures arboricoles Hautes-Alpes, où sont produites 10% des pommes et poires du pays. « Sur les échantillons que j’ai pu visiter, pour l’instant, ce n’est pas encore catastrophique, mais j’ai déjà observé des dégâts, explique Mathilde Chabot conseillère technique en arboriculture à la Chambre d’Agriculture des Hautes-Alpes. Il y a encore des possibilités de gel jusqu’à vendredi matin. D’ici là, les arboriculteurs ne vont pas bien dormir. »

    Face à ce risque, les cultivateurs ont plusieurs techniques : asperger les vergers pour créer une couche de glace protectrice, disposer des brûlots dans les parcelles et des éoliennes pour disperser l’air froid ou encore créer des écrans de fumée par des feux de paille. La problématique n’est pas nouvelle, mais le dérèglement climatique en accentue les effets. La hausse des températures entraîne un bourgeonnement de plus en plus prématuré, qui expose alors les bourgeons des arbres fruitiers plus tôt aux gels tardifs du printemps. « Dans certaines parcelles, le bourgeonnement a un mois d’avance par rapport à il y a 25 ans, rapporte Mathilde Chabot. À part l’an dernier, qui avait été exceptionnel, c’est devenu un problème qui revient chaque année. »

    Ce gel tardif vient aussi toucher une filière déjà fragile. « L’année dernière, le puceron a fait beaucoup de dégâts. Sa toxine empêche les arbres de fleurir l’année suivante. Donc, on démarre une saison avec un potentiel de production qui est déjà faible, déplore Éric Allard, arboriculteur sur le département. En plus, en France, on ne peut plus produire et lutter contre les maladies et les ravageurs dans des conditions satisfaisantes, avec les mêmes les moyens sanitaires que les autres pays européens. »

    Peu d’agriculteurs assurés

    Sans être d’une intensité inédite, le gel peut avoir de graves conséquences pour les arboriculteurs, dont on estime qu’une majorité n’est pas assurée. En 2023, le régime des calamités agricoles a été modifié. Avant cette date, l’État indemnisait les agriculteurs en cas de catastrophe mais depuis, une indemnisation combinée de l’État et des assurances privées a été mise en place, selon le taux de perte. L’État subventionne en partie les indemnisations des assurances, mais n’indemnise directement qu’en cas de pertes estimées à plus de 70%. « Avant, on ne sortait pas d’argent et s’il y avait du gel, l’État indemnisait. Maintenant, il n’intervient pas sur des gels de petite ou moyenne ampleur, il faut donc souscrire à une assurance, c’est quand même une somme, et il y a beaucoup d’agriculteurs qui ne le font pas, explique Camille Roland, arboriculteur en bio au Monêtier-Allemont. Je ne suis pas sûr que ce soit un cercle vertueux. Pour des gels de moyenne intensité comme en ce moment, l’État ne les indemnisera pas, c’est une vraie prise de risque. » Reste encore une paire de jours à serrer les dents, les prévisions météorologiques annoncent une remontée des températures en fin de semaine.

  • [Tribune] Abeilles et pollinisateurs : un enjeu majeur pour la région Paca

    [Tribune] Abeilles et pollinisateurs : un enjeu majeur pour la région Paca

    Le 7 avril 2026, la France accueillera à Lyon un sommet « One Health* », consacré à l’interdépendance entre santé humaine, animale et environnementale. Ce rendez-vous d’action ne peut ignorer un enjeu majeur pour notre territoire méditerranéen : la protection des pollinisateurs.

    La région Provence-Alpes-Côte d’Azur occupe une place majeure dans l’apiculture française. Elle accueille plusieurs milliers d’apiculteurs, professionnels et amateurs, et se caractérise par une forte diversité florale à l’origine de productions de miels reconnues. L’agriculture régionale – arboriculture fruitière, cultures maraîchères, semences, plantes à parfum, aromatiques et médicinales (lavande, thym, romarin…) – dépend largement de la pollinisation animale.

    Les abeilles domestiques, les bourdons d’élevage et les pollinisateurs sauvages assurent la reproduction de nombreuses plantes cultivées et sauvages. À l’échelle mondiale, 60 à 80% des cultures dépendent au moins partiellement de la pollinisation animale, représentant environ 35% de la production alimentaire. La pollinisation conditionne également la biodiversité végétale et, indirectement, la biodiversité animale.

    Pourtant, les constats scientifiques sont préoccupants. Ce service écosystémique** essentiel est aujourd’hui fragilisé. En Europe, les populations d’insectes déclinent fortement. En Paca comme ailleurs, certaines zones agricoles voient leurs paysages se simplifier, les ressources florales se raréfier et l’exposition aux pesticides persister. Le changement climatique accentue encore ces pressions, avec des étés plus chauds et plus secs.

    Notre région illustre aussi un paradoxe bien connu : des milieux naturels (garrigues, maquis, forêts…) en apparence riches peuvent manquer de ressources sur la durée. Après des floraisons printanières intenses mais brèves, les périodes estivales peuvent devenir critiques pour les pollinisateurs, soumis à un véritable stress alimentaire voire hydrique.

    Les abeilles sont également de précieuses sentinelles de l’environnement. En butinant, elles révèlent la présence de polluants dans leur environnement, faisant de la ruche un outil de surveillance à la fois agricole, écologique et sanitaire. Les informations données par les analyses des produits de la ruche sont essentielles dans le cadre d’une politique de santé publique efficace.

    Aujourd’hui, le diagnostic scientifique est posé. L’enjeu est maintenant d’agir. Cela suppose de mieux accompagner la santé des colonies, de faire évoluer les pratiques agricoles, de restaurer des paysages riches en ressources florales tout au long de l’année et d’intégrer pleinement tous les pollinisateurs dans les politiques publiques.

    Cela implique des choix concrets mais aussi concertés entre les collectivités locales – communes, intercommunalités, départements et Région – en matière d’aménagement, de gestion des espaces publics et de soutien aux apiculteurs et agriculteurs, afin de faire des pollinisateurs une priorité territoriale et non une variable d’ajustement.

    En Paca, la protection des pollinisateurs n’est pas une question secondaire. Elle conditionne la résilience de nos territoires, l’avenir de notre agriculture et, à terme, notre propre santé. Les solutions existent. Il appartient désormais aux décideurs de les mettre en œuvre.

    *Une Seule Santé

    ** Un service écosystémique désigne l’ensemble des bénéfices que les êtres humains et autres êtres vivants tirent des écosystèmes, directement ou indirectement.

  • Poll’OC : le nouveau système de détection des pollens

    Poll’OC : le nouveau système de détection des pollens

    Informer pour mieux lutter, c’est le principe du nouveau système de détection des pollens Poll’OC. Impulsé en 2022 par l’entreprise Atmo Occitanie en partenariat avec l’Agence Régionale de Santé Occitanie, ce dispositif permet de mieux prévoir les risques d’exposition aux pollens. Combinant des mesures de terrain et des modélisations précises, l’objectif est clair : réduire les risques sur la santé des citoyens concernés par des allergies liées aux pollens. Installée dans près de 164 intercommunalités en Occitanie et analysant les taux de 22 types de pollens différents, le site internet revient en 2026 avec une meilleure couverture. « Avant 2025, les services de détection des pollens étaient assez restreints. Les chiffres des taux étaient donnés par département et seulement 7 types de pollens étaient traités », explique Dominique Tilak, directrice générale Atmo Occitanie.

    Une couverture territoriale élargie

    Un dispositif mis en relation aussi avec des observations de terrain. Poll’OC propose à tous de participer en informant l’organisme sur l’avancée des floraisons. Une « méthode efficace » selon Dominique Tilak : « Avoir la participation des citoyens au sein de Poll’OC, c’est la garantie d’un meilleur service. Depuis 2025, on a recensé pas moins de 800 observations transmises par des particuliers  ».

    Un maillage territorial fort que salue aussi Alain Didier, pneumologue et allergologue au CHU de Toulouse, partenaire du projet : « Poll’OC est pour nous un excellent moyen de prévention pour informer les personnes à risques. Avec le retour des périodes printanières et estivales, ceux atteints notamment d’asthme ou de rhinite allergique ont besoin de ces données et de ces chiffres  ». D’autant que ces indications sont devenues personnalisables, explique Dominique Tilak : « L’une des grandes nouveautés avec ce système, c’est la personnalisation. Chaque utilisateur peut choisir une zone géographique et un ou plusieurs pollens pour connaître les taux présents dans l’air ». Une nouveauté qui devrait s’accompagner, dans les prochains mois, « d’une meilleure visibilité » selon Atmo Occitanie avec la mise en place d’une nouvelle tranche de données pour 2026. « Le prochain objectif maintenant c’est de passer à des prévisions les plus précises possibles à J+7 pour cette année », précise la directrice.

  • Lagune de Thau : un plan pour protéger la grande nacre

    Lagune de Thau : un plan pour protéger la grande nacre

    Alors que depuis 2016 un parasite décime les populations de grandes nacres dans une grande partie de la Méditerranée, au point que ce coquillage endémique emblématique des fonds marins méditerranéens est classé en danger d’extinction, la lagune de Thau fait figure d’exception. De sanctuaire. On y recense en effet plus de 100 000 individus de ce bivalve géant, qui peut atteindre jusqu’à un mètre de hauteur, « ce qui confère au territoire une responsabilité particulière pour la connaissance et la préservation de l’espèce », souligne le Syndicat mixte du bassin de Thau (SMBT).

    Fort de cette responsabilité, le SMBT a lancé en 2025 et pour deux ans un projet collectif baptisé “Recrue”, terme qui désigne les jeunes grandes nacres, dont l’objectif est de collecter, à des fins de préservation, des spécimens captés grâce à un réseau de conchyliculteurs volontaires. « Le projet est né de l’observation d’un conchyliculteur de Loupian qui a remarqué la présence de jeunes grandes nacres – de quelques centimètres seulement – fixées sur son matériel d’élevage d’huîtres », rapporte le SMBT. Qui a donc décidé de structurer, en partenariat avec le Comité régional de la conchyliculture de Méditerranée, la communauté scientifique et plusieurs acteurs du territoire, une démarche permettant leur collecte.

    Les grandes nacres de Thau s’exportent dans le Var

    Les jeunes grandes nacres récupérées dans les installations conchylicoles de la lagune de Thau sont ensuite soit stockées sous la table conchylicole du lycée de la mer Paul Bousquet, soit transférées en bassin à la station marine de Sète, soit mises à disposition de projets scientifiques ou encore intégrées à des démarches de conservation, lorsque les conditions sont réunies. « L’objectif est de mieux connaître cette espèce et de contribuer à sa protection, dans un cadre scientifique et réglementaire strict », indique le SMBT.

    Une nouvelle étape de ce projet, soutenu financièrement par France nature environnement (FNE) à hauteur de 35 000 euros, a été franchie le 19 mars dernier avec le transfert, pour la première fois, d’une vingtaine de spécimens issus de la lagune de Thau vers l’île varoise des Embiez, au large de Six-Fours-les-Plages. « Ces individus vont désormais permettre de mener des travaux de recherche (analyse de résistance) et de test de transplantation », explique le SMBT.

  • Loup : la hausse des abattages ne satisfait personne

    Loup : la hausse des abattages ne satisfait personne

    Ce ne sont pas des grosses avancées… voire pas des avancées du tout », constate Rémy Marseille, responsable de la commission loup des Jeunes agriculteurs des Hautes-Alpes. Selon lui, les mesures d’assouplissements d’abattage du canidé sont trop timides. Fin février, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, avait pourtant annoncé une augmentation du quota d’abattage, réclamée par la majorité des syndicats d’agriculteurs. Désormais, 21% des individus présents sur le territoire, (on en estime environ mille), pourront être tués, contre 19% auparavant. Soit une augmentation de 200 à environ 220 individus abattus par an.

    Les conditions et critères de restriction des possibilités de tirs ont été également grandement simplifiés de manière à rendre plus souple la réactivité des éleveurs sur le terrain. En pratique, il y a désormais beaucoup moins de critères à remplir et de démarches administratives à effectuer avant de procéder à un tir de défense.

    Pourtant, cela n’est pas suffisant selon Rémy Marseille. « Les attaques augmentent et le front de colonisation aussi, la régulation est trop faible, déplore-t-il. On ne peut pas plus se protéger que ce que l’on fait déjà. D’autant qu’avant de demander à un sergent de louveterie de venir tirer, il faut attendre une deuxième attaque. Mais en une attaque, on peut perdre beaucoup de bêtes. » Bien que critiqués, les tirs restent selon lui la meilleure solution pour éviter les attaques. « Quand on abat un loup tôt dans la saison, cela peut stopper les attaques. Sur la commune d’Ancelles l’an dernier, il y avait eu beaucoup de pertes de bétail, trois loups ont été prélevés et le secteur a été épargné pendant les trois semaines suivantes. » Comme beaucoup d’éleveurs, il ne réclame pas une augmentation des quotas, mais leur suppression pure et simple.

    Les associations crient

    au non-sens

    Pour les associations de défense de l’environnement comme One Voice, cette politique est une impasse. « On essaie de les massacrer, mais ça ne marchera jamais. Ils reviennent depuis l’Italie où ils sont plus nombreux et mieux protégés qu’en France. Il y a d’ailleurs là-bas beaucoup moins de dégâts causés par les loups parce qu’il y a une réelle volonté de cohabitation », rétorque Muriel Arnal, fondatrice de One Voice.

    De l’autre côté des Alpes, où l’on compte environ 3 000 loups, il semble y avoir moins d’attaques par individu, et la coexistence électrise moins le débat, principalement en raison d’une organisation pastorale et d’un système d’aide aux bergers bien rodés, car habitués depuis longtemps à la présence de l’animal qui n’a jamais totalement disparu. Paradoxalement, l’Italie dépense pourtant moins que la France sur ce volet.

    Pour Muriel Arnal, c’est bien du côté italien que devraient regarder les autorités françaises. « Le préfet, au lieu de mettre en place des mesures de protection des troupeaux, élargit la possibilité de tuer, alors qu’on sait très bien que ce n’est absolument pas efficace. » Pour elle, il s’agit d’une « volonté électoraliste » qui « ne cherche pas à résoudre le problème sur le long terme ». Si l’efficacité des tirs est sujette à débat, leur augmentation ne menace pas directement la survie du loup. Selon les scientifiques, le paradoxe est plutôt que des tirs trop nombreux risquent de désorganiser les meutes… ce qui conduit à des attaques plus fréquentes.

  • Un projet mené sur trois pour mobiliser sur la qualité de l’air

    Un projet mené sur trois pour mobiliser sur la qualité de l’air

    Chaque année en France, plus de 40 000 décès peuvent être imputés à la pollution de l’air, selon un rapport de Santé publique France en 2025. Pourtant, les enjeux de qualité de l’air et leurs impacts sur la santé et l’environnement restent mal connus, « parce que c’est vrai que mesurer et appréhender ce qu’on respire dans une pièce, cela nécessite des moyens qui sont généralement lourds », explique Dominique Robin, directeur général d’AtmoSud.

    Depuis trois ans, AtmoSud, l’observatoire régional de la qualité de l’air, et France nature environnement Provence-Alpes-Côte d’Azur (FNE Paca), fédération d’associations environnementales, pilotent le projet de sciences participatives Capt’Air Citoyen. L’objectif : « Rendre accessible et compréhensible l’information par l’engagement pour impulser les changements de comportement », résume Dominique Robin. Les deux organisations accompagnent des structures volontaires au sein du projet dans les protocoles qu’elles souhaitent mettre en place.

    Pour agir, comprendre

    L’association Air Citoyen a par exemple décliné le programme Air’Ô au sein du projet Capt’Air. « Fournir des capteurs pour mesurer la qualité de l’air intérieure et extérieure ne suffit pas à mobiliser, raconte Magali Guyon, fondatrice de l’association. Pour nous, l’enjeu réside surtout en l’accompagnement des participants : l’installation des capteurs, leur suivi, le partage d’expériences ». Au total, 56 participants de Belsunce, Noailles et la Belle de Mai ont suivi le programme, ces trois dernières années. 85% d’entre eux ont modifié leurs pratiques pour améliorer la qualité de l’air, selon Magali Guyon.

    Aurélie Biron, directrice de la Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) Activ’Santé, témoigne quant à elle de résultats intéressants auprès des professionnels de santé qui ont participé au projet Capt’Air, dans les 4e et 5e arrondissements de Marseille : « Des capteurs installés dans des cabinets médicaux ont révélé des taux de particules fines et de CO2 bien supérieurs aux seuils limites, à cause des conditions de renouvellement de l’air très insuffisantes. » Elle rapporte que cette action « a permis de sensibiliser les médecins et la patientèle à la qualité de l’air et de dépasser l’approche curatif pour aller vers le préventif ».

    Capt’Air s’inscrit dans une démarche territoriale plus large, au sein des Plans de protection de l’atmosphère (PPA) développés par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). La Dreal, qui finance déjà le projet, souhaiterait encourager sa poursuite qui va « au-delà des mesures classiques en matière de préservation de la qualité de l’air », indique Zoé Mahé, directrice adjointe.

  • Une mission pour sauver le crapaud des Alpes

    Une mission pour sauver le crapaud des Alpes

    « On n’en a récupéré que cinq, c’était le dernier soir. » Jeudi 12 mars marquait la fin de la saison pour Éliane Dupland et son petit groupe. Responsable de l’antenne locale de la LPO de Gap (Hautes-Alpes), elle se rend chaque soir au bord de la départementale 19 qui jouxte le lac de Pelleautier. À ses côtés, avec leurs seaux et leurs gants, des bénévoles, sympathisants ou personnes désireuses d’aider. Commence alors une drôle de cueillette : il ne s’agit pas de champignons ou de fruits, mais de batraciens. Lampe torche à la main et gilet jaune sur le dos, par petits groupes, ils ramassent les crapauds sur la route pour les déposer de l’autre côté. Ils leur évitent ainsi de se faire écraser par les automobilistes qui empruntent cette route fréquentée.

    Des effectifs en chute

    « On patrouille le long de la route, avec nos sceaux, on met les gilets, lampes frontales, torches, on enfile nos gants », explique Éliane. S’ils viennent par petits groupes de sept à quinze personnes, au total, ils sont 52 à avoir participé à la campagne de cette année. « On donne aussi aux voitures qui s’arrêtent une petite fiche qui les appelle à lever le pied pour les crapauds… Et pour ceux qui les ramassent », détaille Éliane. De son côté, la préfecture installe, à cette période, une limitation de vitesse à 50 km/h. « Et ils sont loin de tous la respecter, regrette Éliane. Au début, on a été victimes d’incivilités incroyables, voitures taguées, insultes, vol de notre matériel… Mais, au fil des ans, il y en a beaucoup plus qui ralentissent et qui comprennent. »

    Chaque année, des centaines de crapauds rejoignent le lac de Pelleautier à la fin de l’hiver. En majorité de l’espèce du crapaud épineux (Bufo spinosus), ils traversent les champs et, malheureusement, les routes pour rejoindre le lieu de leur naissance afin d’y pondre à nouveau. Or la mortalité routière fait chuter les populations de cette espèce déjà menacée.

    « En 2014, la première année où l’on a lancé ces opérations de sauvetage, on comptait 1 100 crapauds sauvés. Ça a diminué d’année en année. En 2021, on est tombés à 300 et même à 196 l’an dernier, alerte Éliane Dupland. Affolés, on a organisé une réunion technique le 24 février, à la veille de la campagne de cette année. » Plusieurs raisons à cette hécatombe ont été avancées : la circulation routière, bien évidemment, mais aussi les pratiques agricoles. Les intrants chimiques, les labours profonds ou encore la disparition des haies menacent les populations de crapauds qui vivent dans les champs et les bosquets. Il y a aussi les sécheresses causées par le changement climatique, qui affectent le lac de Pelleautier. En 2022, il était presque à sec. « Ça grouillait de têtards presque adultes. Ils étaient en train d’agoniser faute d’eau », se remémore Éliane.

    Le groupe milite pour l’installation de crapauducs temporaires. Ce sont des filets installés le long des routes, qui redirigent les crapauds vers des seaux que les bénévoles vident ensuite. « On l’a demandé dès la première année, mais on nous a dit que c’était trop cher. Un crapauduc temporaire coûterait 20 à 30 000 euros, regrette Éliane. Mais ce serait quand même un comble qu’on ne protège pas les animaux dans ce département où la nature est reine. »

  • Le Conseil constitutionnel valide la loi d’organisation des JO d’hiver 2030

    Le Conseil constitutionnel valide la loi d’organisation des JO d’hiver 2030

    Une épine en moins dans le pied pour le comité d’organisation des Jeux olympiques ? La décision rendue ce jeudi par le conseil des sages en a tout l’air. Attaquée devant le Conseil constitutionnel par des députés de gauche, la loi relative à l’organisation des Jeux d’hiver en 2030 dans les Alpes prévoit toute une série de dérogations permettant d’enjamber le droit, quitte à susciter de sérieuses inquiétudes. En cause, le prolongement de l’expérimentation de vidéosurveillance algorithmique, déjà testée pendant les JO de Paris en 2024. Ou encore l’interdiction de paraître individuellement sur le lieu de l’événement ou à proximité pour toute personne qui « présente un risque sécuritaire ». Autre volet dénoncé, les nombreuses dérogations au droit de l’environnement. Le texte permet de comptabiliser au niveau national l’artificialisation des sols engendrée par l’aménagement des Jeux, diluant ainsi l’impact local dans les statistiques nationales.

    Les militants pointent l’absence de consultation

    Également, l’obligation de consultation des citoyens pour tout projet à fort impact environnemental, à laquelle la loi prévoit de répondre par une « consultation par voie électronique » que les dénonciateurs du texte jugent insuffisante. « En l’état on nous promet seulement de nous prononcer après coup sur la couleur de la moquette », déplore Delphine Larat, juriste co-fondatrice du collectif citoyen JOP 2030 pour plus de transparence sur l’organisation des Jeux. Pour elle, tous ces contournements n’ont jamais été débattus démocratiquement : « L’installation des Jeux a été organisée avec des délais bien trop courts pour respecter le droit, et le Conseil vient ensuite légitimer toutes ces dérégulations pour tenir ces mêmes délais, au nom d’un intérêt général qui n’a jamais été discuté, ni étayé, ni argumenté. »

    Si une étape majeure a été franchie, la France n’est pas encore libérée de toutes ses obligations. Attaquée en justice devant des instances de l’ONU par des associations et collectifs de citoyens dont JOP 2030, elle devra répondre des accusations d’absence de consultation publique établie par la convention d’Aarhus. Traité international que la France a ratifié en 2002.

  • Le ciel célèbre le retour du printemps avec l’équinoxe

    Le ciel célèbre le retour du printemps avec l’équinoxe

    C’est quoi, l’équinoxe ?

    L’équinoxe est connu pour marquer le retour du printemps, mais pour les astronomes, c’est aussi le moment où le Soleil se trouve directement au-dessus de l’équateur. Les hémisphères Nord et Sud sont alors éclairés de la même façon et les durées du jour et de la nuit sont égales.

    Cet événement naturel, qui se produit chaque année à la même période, offre aux curieux comme aux passionnés l’occasion d’observer le ciel et les étoiles pour remonter le fil de l’Histoire, de l’apparition du genre humain jusqu’à nos jours, thématique de cette nouvelle édition.

    Le tout en gardant à l’esprit que la lumière voyage à une vitesse finie : elle met du temps à parcourir les distances immenses qui nous séparent des astres. De ce fait, nous voyons les objets célestes aujourd’hui tels qu’ils étaient, pour la plupart, il y a plusieurs années.

    Divers temps forts

    Dès le crépuscule, la Lune en croissant, ainsi que Vénus et Jupiter, ouvriront le bal, suivies de près par les merveilles du ciel : amas, nébuleuses ou encore galaxies, visibles à l’œil nu, aux jumelles ou au télescope.

    Ainsi les rendez-vous sont donnés à L’Isle-sur-la-Sorgue samedi à partir de 19h au stade Saint-Jean, à Martigues le même jour au niveau du Phare de la Couronne, parking de la Maison médicale à Velaux, dès 19h. Et le dimanche, l’événement se déroule à la Base nature de Fréjus, dès 17h.

  • L’État et EDF condamnés pour préjudice écologique

    L’État et EDF condamnés pour préjudice écologique

    La justice a donné raison à l’association l’Étang nouveau. Les rejets d’eau douce de la centrale électrique EDF de Saint-Chamas, « par leur ampleur, leur durée et leurs effets », portent bien une « atteinte non négligeable à l’écosystème de l’Étang de Berre, par sa désoxygénation et la prolifération de matières organiques, à l’origine d’un préjudice écologique », reconnaît le tribunal administratif de Marseille dans son jugement.

    « En conséquence, la responsabilité de l’État et de EDF, chargée de l’exploitation du canal de la Durance depuis 1955 et de centrales, en raison du fonctionnement même de ce canal usinier, est retenue », relate la décision du 12 mars.

    Évaluer la saisonnalité

    C’est « une première » dont se réjouit le cabinet d’avocat TTLA qui porte le dossier, bien qu’aucune remise en état ni aucune indemnité n’aient été prononcées. L’Étang nouveau réclamait 200 000 euros répartis entre EDF et l’État.

    Alors qu’un protocole expérimental de 4 ans avait été signé entre l’énergéticien et le Groupement d’intérêt public de l’étang de Berre pour saisonnaliser les rejets, le tribunal enjoint néanmoins les défendeurs à « évaluer les conséquences des modifications apportées au fonctionnement des centrales sur l’état écologique de l’étang de Berre au terme de la période d’expérimentation, soit en prolongeant celle-ci, soit en pérennisant les nouvelles modalités, soit, en l’absence d’amélioration notable, en les modifiant en vue de permettre une réduction effective des phénomènes d’eutrophisation et d’anoxie provoqués par les rejets d’eau douce du canal EDF de la Durance ».