Category: environnement

  • La vie sauvage de la Poudrerie en vidéo

    La vie sauvage de la Poudrerie en vidéo

    Avec ses 17 espaces naturels répartis sur 1 305 hectares, il est « presque une erreur écologique », admet Jérémy Lainé, technicien du Syndicat intercommunal de l’ancienne Poudrerie. À cheval sur les communes de Saint-Chamas et de Miramas, le parc est un joyau naturel. « On a des canaux, des lagunes, l’étang de Berre, des marécages, des marais, de la forêt méditerranéenne, de la forêt humide, des falaises, des grottes creusées pour protéger les travailleurs en cas d’explosion… cite-t-il. Ces milieux se succèdent très rapidement. Normalement, dans la nature il y a un gradient progressif, ici les cassures sont très abruptes. On peut vite se perdre car le paysage change d’un coup, si on ne fait pas attention c’est assez surprenant. »

    Cette richesse, le parc la doit à son ancienne activité de Poudrerie royale, démarrée en 1690. « Ils ont remblayé 55 hectares sur l’étang de Berre. Pour stabiliser les remblais, des arbres ont été plantés. Ils servaient aussi à sécuriser certains bâtiments sensibles par rapport à des risques d’espionnage, puisque c’était quand même un site militaire. Ils permettaient également de garder des températures correctes et régulières pour la période de séchage de la poudre et de freiner le souffle des explosions en cas d’accident. » Au milieu du XIXe siècle, en plein essor des échanges maritimes, le directeur du site importe des essences exotiques qui finissent de parachever la diversité floristique du parc. Séquoias et cyprès chauves font partie des « curiosités » du lieu.

    Des espèces protégées

    Définitivement abandonnée en 1974 et inoccupée durant une vingtaine d’années, la Poudrerie royale a été recolonisée par la faune et la flore, ce qui « donne une richesse vraiment impressionnante en termes de biodiversité », affirme le technicien. Une réserve, sanctuarisée le long du littoral avec l’étang de Berre, est interdite au public et permet de réaliser des suivis scientifiques et des opérations de comptage. Les horaires restreints du parc accordent une certaine quiétude aux espèces présentes, comme la cigogne, qui est l’animal « phare » du lieu.

    « Elles se sont installées au début des années 2000 » et sont visibles sur la toute nouvelle chaîne Youtube du Parc de la Poudrerie : une caméra a été placée devant l’un de leur nid et a permis de suivre les premiers mois de la vie de deux cigogneaux grâce à la participation du Gipreb (le syndicat en charge de l’étang de Berre).

    Jérémy Lainé et son équipe veulent mener un véritable travail de documentation et de sensibilisation envers le grand public. « À mon arrivée, il y a un an et demi, j’ai observé que la population venait beaucoup pour faire des promenades et profiter du cadre mais se rendait pas tellement compte du patrimoine faunistique », explique-t-il. Alors, le passionné de naturalisme a placé des pièges photos dans le parc et réalise des vidéos qu’il poste désormais sur le réseau social « avec une idée sous-jacente : on ne protège bien que ce qu’on ne connaît bien ».

    Car la Poudrerie abrite des espèces menacées à l’échelle nationale, à l’instar la tortue cistude et le triton palmé.

  • L’Atelier Bleu mobilisé contre le plastique en Méditerranée

    L’Atelier Bleu mobilisé contre le plastique en Méditerranée

    « Notre mer, berceau de civilisations, étouffe sous le plastique. La Méditerranée, semi-fermée et cernée par des zones fortement urbanisées, est aujourd’hui l’une des mers les plus polluées du monde », amorce la lettre ouverte envoyée aux ministres de la COP 24, réunis au Caire du 2 au 5 décembre derniers.

    Adressé par la Coalition interparlementaire pour mettre fin à la pollution plastique, signée par des organisations, scientifiques, associations et citoyens engagés, ce courrier étaye : « Chaque année, 230 000 tonnes de déchets plastiques sont déversées dans la Méditerranée, soit environ 730 tonnes par jour. Plus de 7 millions de tonnes de plastiques (macro, micro et nano) sont déjà accumulées dans le bassin méditerranéen, soit l’équivalent en poids de 350 milliards de bouteilles en plastique. »

    Et d’alerter  : « Ce volume pourrait doubler d’ici 2040 sans action majeure. Cette situation est d’autant plus dramatique que dans la Méditerranée, tout plastique rejeté y est piégé, contaminant la faune, la flore et, par l’infiltration de microfibres, d’additifs chimiques et de perturbateurs endocriniens, la santé humaine elle-même. »

    12 ramassages par an

    Servane Tarot, directrice de l’Atelier Bleu à La Ciotat, association qui œuvre à la protection de l’environnement « de Marseille à Toulon, sur la côte provençale » rappelle-t-elle, fait partie des signataires du courrier. « Face à l’urgence et à la lenteur des négociations internationales, cette lettre appelle à un plan d’actions », insiste-t-elle. Notamment « fixer des objectifs ambitieux de réduction, créer un fonds méditerranéen dédié et intégrer cette lutte dans toutes les politiques publiques » .

    La lutte contre la pollution plastique est une des missions de l’Atelier Bleu depuis 1984, informe Servane Tarot. « Nous mettons en place des actions curatives, avec par exemple 12 opérations de ramassage de plastique par an, avec les écoles, les entreprises, les citoyens… », détaille-t-elle. En parallèle, depuis 2018 auprès des commerçants ciotadens et 2024 auprès des forains des marchés de La Ciotat, « nous agissons pour sensibiliser à la réduction des sacs plastique à la source. 80% d’entre eux ont accepté notre accompagnement personnalisé pour faire évoluer leurs pratiques. Un des obstacles est économique : les emballages réutilisables coûtent plus cher que le plastique… », développe-t-elle.

    Il y a encore du chemin à faire pour que l’usage d’un contenant réutilisable par le consommateur gagne du terrain.

  • [Entretien] Christine Leuthy : « Le geste de tri a augmenté de 8% dans la région »

    [Entretien] Christine Leuthy : « Le geste de tri a augmenté de 8% dans la région »

    La Marseillaise : Le volume des emballages ménagers et papiers triés a reculé en 2024 dans les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse. Comment cela s’explique ?

    Christine Leuthy : Globalement, on a augmenté le geste de tri dans la région Paca de 8%, avec les collectivités à nos côtés. Nous sommes une région en retard, donc nous pouvons nous en réjouir. Quel que soit le département, il y a une augmentation du tri sur les emballages légers ; le carton, les plastiques, l’aluminium. Sur le verre, cela stagne un peu, c’est contrariant parce qu’il y en a beaucoup qui reste dans les ordures ménagères. Et globalement, surtout dans des départements très urbains, on a entre 100 et 120 kg de collecte sélective – verre, emballages et papiers – dans les ordures ménagères. Ce sont tous ces emballages qu’il faut aller chercher. Dans les Bouches-du-Rhône, c’est là où l’effort doit le plus porter. On n’est qu’à 38 kg d’emballages triés sur une année, là où en région Paca c’est 56 kg, et le Français en moyenne nationale trie 72 kg. Mais une dynamique s’installe, parce qu’on a simplifié la consigne de tri : à partir du moment où c’est un emballage, vous le mettez dans le bac de tri. On accompagne aussi les collectivités pour qu’il y ait le plus possible de points de tri. C’est ce qui se passe sur Marseille : avec la Métropole, des renforts de points d’apport volontaire sont en train d’être déployés.

    Avec une expérimentation sur les points dédiés au carton depuis un an… On en est où ?

    C.L. : Ils étaient partis d’une dizaine de bacs dans le centre-ville à Marseille, pour sortir les cartons du bac jaune qu’ils obstruaient tout de suite. Ils en sont à 240 déployés et ils vont continuer : ça fait monter de 10% le recyclage des cartons, ce n’est pas négligeable ! Les habitants ont compris et jouent le jeu. La Métropole essaie aussi sur les deux prochaines années d’harmoniser les fréquences de collecte pour qu’on remplace une collecte d’ordures ménagères par une collecte d’emballages. La Ville elle-même est en train de déployer ce geste de tri là où elle a la compétence, sur les parcs, dans les écoles, les bâtiments administratifs… Mais on aura plutôt les résultats à partir de 2025.

    Dans le Var, les résultats sont mauvais…

    C.L. : Il n’y a pas un recul, mais une collectivité dont les tonnages n’ont pas pu être comptabilisés cette année-là. Cela masque plutôt une dynamique, le geste de tri est plutôt en progression dans le Var. Ce qui va faciliter les choses dans ce département, c’est la modernisation de deux centres de tri à partir de fin 2026, cela va donner une capacité bien supérieure, avec une qualité du tri.

    Le centre de tri du Jas de Rhode près de Marseille a été touché par les incendies cet été, est-ce que cela a eu un impact sur la filière ?

    C.L. : On le verra l’année prochaine, il y aura forcément un impact. En coulisses, on s’est organisés pour pouvoir amener les tonnes ailleurs. On peut remercier les personnels et les pompiers qui ont sauvé le centre de tri d’une catastrophe, il est reparti au bout de deux mois, c’est quelque chose à saluer. Le centre qui traitait les papiers de l’aire toulonnaise à La Seyne-sur-Mer, lui, a brûlé totalement [fin avril, Ndlr.]. C’est une vraie problématique. On arrête près de 80% des départs de feux dans le centre de tri en France, mais ce sont des usines qui ont de vrais risques. La difficulté face à ces risques majeurs, c’est qu’ils ont des problèmes avec les assurances, on arrive à avoir des usines qui ont besoin de s’auto-assurer.

    Vous parliez du poids des erreurs de tri, ces emballages placés dans des sacs poubelles ou emboîtés, ces objets en plastique jetés… Quelle est la situation dans la région ?

    C.L. : En général, elles sont raisonnables entre 15 et 20%, mais au dessus ce n’est pas acceptable, cela peut abîmer le process, cela coûte cher, et il faut lancer des campagnes de communication, ce à quoi on s’emploie. Chez nous, les collectivités sont plutôt autour de 25 à 30%, un chiffre que l’on retrouve dans d’autres métropoles. Cette économie circulaire est récente, l’habitant peut arriver à se tromper et il faut l’encourager pour craquer le plafond de verre. Oui c’est trié, recyclé, cela crée de l’emploi : plus de 30 000 en France. Et ce sont des économies, d’autant plus que la taxe générale sur les activités polluantes augmente sur l’enfouissement et l’incinération. Mais au-delà du bac jaune, il faut qu’on se mobilise dans la région sur la consigne, pour le retour des bouteilles plastique et des canettes. Il n’y a que deux pays en Europe qui ne l’ont pas mis en place, la France et l’Italie ! Les associations très mobilisées à Marseille pour aller nettoyer les espaces naturels, les plages, prônent elles-mêmes la consigne.

    Vous parlez de ce cliché des déchets qui vont tous au même endroit. Mais justement, à la Millière, les salariés d’un centre de tri de déchets professionnels alertaient sur des verres broyés pour être enfouis.

    C.L. : Je ne m’occupe pas des déchets professionnels. Nous, nous n’avons pas ce cas-là. Tout ce qui est mis dans une colonne de verre part en Occitanie, on peut garantir qu’il n’y a pas de problème. On avait un recyclage de verre en forte progression sur la région, il redescend un peu parce qu’il y a moins de consommation avec l’inflation. Mais il y en a encore tellement dans les ordures ménagères, il faut aller le trier.

    Le tri du papier, lui, s’effondre, pourquoi ?

    C.L. : On consomme de moins en moins de papier graphique, avec la dématérialisation. Il y a une chute du gisement sur le papier, partout en France.

    EN CHIFFRES

    +8%

    d’emballages légers ont été triés dans la région en 2024, avec une forte hausse des cartons (+12%) et des films plastiques.

    56 kg

    par habitants d’emballages ménagers et papiers sont triés dans la région, contre 72 kg au niveau national. Le Var (73,5 kg, soit -0,9%) et le Vaucluse (69,5 kg, -2,4%) sont proches de la moyenne. Les Bouches-du-Rhône 537,9 kg, -0,3%) font figure de mauvais élève.

    26,4 kg

    de verre sont triés par habitant dans la région, dont 35 kg dans le Var (+0,5%), 32,1 kg en Vaucluse (-1,4%) et seulement 17,3 kg dans les Bouches-du-Rhône (+1,2%).

  • Un plan de 30 millions pour sauver la Camargue

    Un plan de 30 millions pour sauver la Camargue

    La Camargue n’est pas une carte postale. C’est le message fort porté ce mercredi 5 décembre à Nîmes (Gard) par la conseillère régionale Katy Guyot, lors de la présentation du bilan du Plan Camargue et du lancement de sa nouvelle version, le « Plan Camargue 2.0 ». Depuis 2018, la Région Occitanie y a investi plus de 30 millions d’euros. Objectif : soutenir un territoire singulier, entre fragilité écologique, traditions vivantes et défis économiques. « La Camargue, ce n’est pas du folklore », martèle l’élue. « C’est une biodiversité riche, une économie à part entière, et une culture à défendre. »

    Adopté en 2018, le Plan Camargue repose sur quatre piliers : environnement, agriculture, culture et économie touristique. Loin d’un affichage symbolique, ce programme a produit des résultats concrets. Côté culture et patrimoine, ce sont 5,5 millions d’euros qui ont été injectés pour moderniser les arènes camarguaises (Lattes, Le Crès, Lansargues, Saint-Geniès-des-Mourgues ou Vauvert), restaurer l’amphithéâtre de Nîmes (près de 2 millions), soutenir la Fédération française de la course camarguaise ou accompagner la production audiovisuelle, comme le film Animale d’Emma Benestan, récemment diffusé sur Canal+.

    « Ce n’est pas sauter comme un cabri… »

    En matière d’agriculture et d’élevage, 2,7 millions d’euros ont été mobilisés, notamment pour valoriser la race Camargue et soutenir les éleveurs impactés par la dermatose nodulaire. « Durant la pandémie, on a versé 770 000 euros d’aides directes aux manades. Pour nous, les éleveurs faisaient partie des essentiels », rappelle Katy Guyot.

    Face à l’urgence climatique, l’environnement n’a pas été en reste : 13,3 millions d’euros ont été investis pour préserver la biodiversité, renforcer les digues ou restaurer des zones sensibles dans les réserves naturelles comme Scamandre ou Mahistre. Le tourisme, enfin, a bénéficié de 8,8 millions pour valoriser les Grands Sites d’Occitanie, les circuits d’agritourisme ou l’accueil de visiteurs.

    « On peut sauter comme un cabri avec une chemise camarguaise en criant “sauvons les traditions”… ça ne fait pas avancer le Schmilblick ! », lance Katy Guyot, paraphrasant De Gaulle pour mieux rappeler la nécessité d’actions concrètes. Parmi les initiatives marquantes, la création d’un conservatoire génétique du taureau de Camargue est en cours, porté par le Livre généalogique de la Raço di Biòu. Philippe Boch, manadier à Lansargues et président de l’organisme, en détaille la portée : « Nous avons commencé à prélever du sperme de taureau Camargue. On va continuer avec les ovocytes pour constituer une banque génétique. Cela nous permettra de préserver la race face aux menaces sanitaires comme la fièvre aphteuse ou la dermatose. » Cette initiative s’inscrit dans un dispositif plus large de protection des races menacées, qui a déjà permis à la Région de recevoir 104 demandes de subventions, dont 51 pour les chevaux de Camargue et 53 pour les taureaux.

    Autre chantier structurant : l’inscription de la Camargue au patrimoine mondial de l’Unesco. Soutenue depuis 2023 par la Région, cette démarche vise à protéger le delta du Rhône et à renforcer la gestion durable du site. « Pour survivre aux mutations profondes (montée des eaux, salinisation, réduction de la mobilité des roseaux), nous devons donner au territoire les moyens d’être protégée et reconnue », plaide Katy Guyot.

    Un plan 2.0 pour anticiper

    Forte de ce premier cycle d’action, la Région Occitanie engage désormais une nouvelle phase. Le « Plan Camargue 2.0 » vise à mieux outiller le territoire face aux crises à venir, qu’elles soient sanitaires, économiques ou climatiques. Il s’agit notamment d’encourager l’innovation dans l’agrotourisme, la diversification des élevages ou la valorisation de la viande locale.

    L’un des socles de cette relance sera la réalisation d’une grande étude d’impact socio-économique en 2025-2026. Menée sur le territoire de la Camargue gardoise et héraultaise, cette enquête permettra de mieux cerner le poids réel de la culture camarguaise dans l’économie locale. Seront notamment analysées les retombées du tourisme, l’emploi généré par les filières traditionnelles, ou encore l’impact culturel sur les habitants et visiteurs.

    Pour la Région, cette étude permettra d’objectiver les politiques publiques et de mieux flécher les aides futures vers ce qui crée « richesse, emploi et vitalité territoriale ». Il s’agit aussi d’armer les collectivités face aux mutations profondes du littoral, en faisant de la Camargue un modèle de développement durable conciliant authenticité et modernité. « Depuis 2018, nous avons posé les fondations, maintenant il faut aller plus loin, conclut Katy Guyot. L’Occitanie doit rester aux côtés de celles et ceux qui font vivre ce territoire. Ce n’est pas du folklore, c’est notre fierté régionale. »

  • Des projets pour l’innovation verte primés

    Des projets pour l’innovation verte primés

    Au cours de cette cérémonie, qui avait lieu à l’hôtel du Département mardi 2 décembre, trois prix ont été remis à des chercheurs qui se sont distingués dans leurs travaux. « Nous comptons plus de 5 000 chercheurs sur le département et cette nouvelle édition se tourne vers l’innovation et l’avenir », a expliqué en préambule Sylvain Di Giovanni, conseiller départemental délégué à la santé, à l’enseignement supérieur et à la recherche, mais aussi président du jury. « La culture scientifique est faite pour être partagée avec l’objectif de la rendre intelligible de tous. »

    « Sauve ta mer, mange un crabe bleu »

    Parmi eux, le Prix spécial, qui a pour objectif de mettre en lumière une découverte et un résultat remarquable en lien avec la thématique annuelle, à savoir « biodiversité, espèces envahissantes et nuisibles : trouver une solution face au réchauffement climatique ». C’est le projet du docteur Guillaume Marchessaux, chercheur au sein de l’Institut méditerranéen d’océanologie (MIO) qui a été récompensé pour ses travaux sur l’invasion du crabe bleu en Méditerranée. Une espèce marine invasive qui a fait son apparition dans les années 1960 dans l’étang de Berre. Une espèce à la fois opportuniste, agressive et vorace, qui provoque, depuis son arrivée, la disparition locale d’espèces méditerranéennes emblématiques et un effondrement écologique et économique pour la pêche artisanale. Les recherches du docteur Guillaume Marchessaux sont combinées à des actions de sensibilisation du grand public, comme la campagne « Sauve ta mer, mange un crabe bleu », qui mêle ateliers, événements artistiques et valorisation culinaire pour promouvoir une gestion innovante et durable de cette invasion en Méditerranée.

    étaient également présents, lors de l’événement, Gianni La Tonna, président du Conseil départemental des jeunes, et Mostfa Bentousi, conseiller. Ensemble, ils ont « fait entendre la voix des jeunes sur les sujets de demain » en présentant une campagne de sensibilisation réalisée par ce conseil axée sur le frelon asiatique. Une espèce envahissante que l’on retrouve de plus en plus dans la région et en France. « Il y a plusieurs actions de sensibilisations qui sont menées au niveau des communes sur le frelon asiatique et nous avons décidé de nous emparer de ce sujet car l’espèce représente un risque pour la biodiversité et notamment la survie des abeilles », a précisé Mostfa Bentousi.

    Ont également été remis le Prix Jeune Chercheur et le Grand Prix, chacun des lauréats s’étant vu remettre respectivement un chèque de 3 000 et 5 000 euros pour le dernier prix, récompensant ainsi leur travail.

  • Ces cépages interdits aujourd’hui, en voie de légalisation

    Ces cépages interdits aujourd’hui, en voie de légalisation

    Il y a quelques rares bonnes nouvelles pour la viticulture française. La décision du Parlement européen d’autoriser les cépages Isabelle, Clinton, Noah, Jacquez, Othello et Herbemont, aujourd’hui interdits, en fait partie. Cette proposition portée par le député européen socialiste Éric Sargiacomo était en effet très attendue par les viticulteurs gardois dont la culture de ces cépages dans les Cévennes ne s’est jamais arrêtée et a même été transmise par plusieurs générations de vignerons.

    Ce savoir a d’ailleurs permis de s’appuyer sur un certain nombre de données pour démonter les arguments qui avaient justement poussé à leur interdiction. « Nous avons réalisé des analyses sur une quinzaine de vins réalisés avec des vinifications de cépages interdits. Il y avait des pétillants, des cidres et trois vins rouges et nous avons montré que nous étions au même niveau de méthanol. Nous sommes aux alentours des 200 mg par litre pour les rouges alors que la norme est de 400. Nous sommes donc comme un Bordeaux ou un Bourgogne. Cet argument peut donc être balayé d’un revers de la main », explique Christel Guiraud, président de l’IGP Cévennes et propriétaire du Domaine des Loubatières.

    Celui qui a créé l’observatoire des cépages en 2022 s’est rendu au Parlement européen à Strasbourg accompagné de cinq vignerons du secteur mi-octobre. Ils ont eu l’occasion d’avancer un certain nombre d’arguments que les députés ont entendus. « Je ne pense pas sauver la viticulture avec ces cépages mais l’idée, c’est qu’ils peuvent apporter une identité cévenole, un côté patrimonial et un côté œnotouristique. Avec ces anciens cépages demain autorisés, nous allons pouvoir créer de nouveaux mélanges de Noah, d’Isabelle et de Clinton parce que le reste, on en a un peu moins sur notre secteur. La demande actuelle, ce sont des vins plus légers, plus faciles à boire et ces vins-là répondent à cette demande. Ce sont des vins légers tout en étant sur le fruit. Ces cépages résistent aussi mieux aux coups de chaleur », ajoute le vigneron.

    Chloé Ridel interpelle la ministre de l’Agriculture

    Désormais, chaque pays doit se prononcer pour ou contre cette réintroduction. C’est dans ce cadre que la députée européenne socialiste basée à Nîmes, Chloé Ridel, a écrit à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard (LR) pour « connaître clairement la position du Gouvernement français sur cette question essentielle pour l’avenir de notre viticulture ».

    « Ces variétés se trouvent dans une véritable zone grise réglementaire : d’un côté, depuis 2021, l’obligation de les arracher a été levée, mais de l’autre, leurs producteurs n’ont toujours pas le droit d’appeler « vin » la boisson qu’ils élaborent, alors même qu’ils sont soumis à la même fiscalité. Cette situation paradoxale illustre la nécessité de clarifier et d’harmoniser le cadre juridique, afin de donner de la lisibilité et de la stabilité aux producteurs concernés. De plus, leur réhabilitation apparaît pleinement cohérente avec les défis auxquels la viticulture française est confrontée », précise celle qui est depuis juin en charge de la refondation du projet du Parti socialiste en vue de l’élection présidentielle de 2027.

    Pour l’heure, la ministre de l’Agriculture, confrontée à une crise sans précédent de la viticulture, n’a toujours pas rendu son avis sur ces cépages. « Elle est à l’écoute », rassure tout de même Christel Guiraud qui espère une légalisation de ces cépages pour 2027 : « Il faut que cela soit décidé dans le paquet vin de la PAC 2027. »

  • Avec le gaz vert, la commune opte pour l’énergie décarbonée

    Avec le gaz vert, la commune opte pour l’énergie décarbonée

    Sur les panneaux d’entrée de ville, la commune de Roquevaire affiche désormais la mention « Ville engagée gaz vert ».

    Ceux-ci ont été officiellement dévoilés le 26 novembre dernier. La commune achète son gaz naturel via le groupement d’achat du syndicat Territoire d’Énergie 13, qui propose à ses communes adhérentes de s’inscrire dans une démarche de transition énergétique concrète : à partir du 1er janvier 2026, les bâtiments communaux consommeront 10% de gaz vert, puis 20% à partir 1er janvier 2028.

    L’objectif est de réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre (GES) en favorisant l’utilisation de gaz vert. Produit en France à partir de déchets issus de la filière agricole (lisiers, fumiers), de l’industrie agroalimentaire ou des collectivités (restauration collective, boues de stations d’épuration), le gaz vert a les mêmes caractéristiques et les mêmes usages que le gaz naturel. Il est adapté à toutes les installations existantes, sans travaux, tout en diminuant les émissions de CO2.

    Pour la commune de Roquevaire et ses huit bâtiments alimentés en gaz vert
    – dont l’hôtel de ville et les écoles – 49,8 tonnes d’émissions de CO2 sont évitées, soit l’équivalent de 432 trajets Paris-Marseille.

    « Face à l’urgence climatique, nous accélérons la mise en œuvre de projets d’énergie renouvelable. Ces décisions visent à réduire les risques pour notre planète et à préparer un avenir meilleur », a commenté le 26 novembre l’adjoint au maire de Roquevaire, Alain Gracia.

  • « Stop sabotage climat » : déçue par la COP, Alternatiba ne lâche rien

    « Stop sabotage climat » : déçue par la COP, Alternatiba ne lâche rien

    On les avait déjà vus retournés par les agriculteurs en signe de leur colère. Cette fois, certains panneaux d’entrée de ville autour de Montpellier ont été affublés de stickers représentants des flammes avec la mention « Stop sabotage climat ». Une manière, pour les militants d’Alternatiba, de continuer d’alerter la population sur le drame écologique qui se noue. « C’est une façon de susciter la curiosité des automobilistes, faire en sorte que les gens continuent de s’interroger à l’heure du dérèglement climatique », explique la militante Cathy Valat.

    Jugée insignifiante ou raillée par les climatosceptiques, l’initiative aura au moins permis de discuter avec des curieux. « Au début, ils arrivent en disant qu’on casse tout. Et à la fin de la discussion, ils reconnaissent souvent qu’on a raison et voient qu’on ne vandalise rien du tout », témoigne l’activiste pour la planète.

    Le ressenti était le même début novembre lorsque Alternatiba avait utilisé les panneaux JC Decaux de Montpellier pour critiquer la pollution de l’aéronautique. « La Ville de Montpellier a voté l’interdiction des panneaux de publicité numérique. C’est bien mais pourquoi ne pas interdire aussi la publicité autour de l’avion ? ». Cathy Valat regrette qu’« aucun effort ne soit jamais demandé à ce secteur », qui compte pourtant parmi les plus polluants. « Ils électrifient, mettent des ruches sur les toits de l’aéroport et se contentent d’attendre l’avion électrique ou à hydrogène. Ils bénéficient d’une impunité incroyable ».

    La même impunité, dit-elle, dont ont (encore) joui les géants du pétrole, du gaz ou du charbon, épargnés par les mesures contraignantes à la COP30 de Belém (Brésil). « On s’est encore fait rouler dans la farine par les lobbies des énergies fossiles qui avaient tous leur badge d’accréditation alors que les peuples autochtones [des manifestants, Ndlr] ont été virés de la conférence mondiale sur le climat », déplore l’Héraultaise.

    Un texte commun a bien été adopté par les 193 pays représentés à la COP30, boycottée par les États-Unis de Donald Trump. Mais pour les associations environnementales, il n’est que cosmétique. Dix ans après les ambitieux accords de Paris, la nécessité d’agir a été répétée mais guère suivie de mesures contraignantes capables de changer de paradigme. Si des efforts financiers ont été consentis, l’Union européenne a refusé de payer l’addition des USA, manqué une occasion de nouer de nouvelles alliances (Afrique, Amérique du Sud, îles…) et ainsi d’apparaître comme une locomotive à l’échelle mondiale.

  • Être parrain d’un flamant rose en Camargue

    Être parrain d’un flamant rose en Camargue

    Adopte un flamant ». C’est l’opération à la fois très ludique et ô combien pédagogique lancée par cet institut de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes afin de sensibiliser le public à cet enjeu tout en les familiarisant avec cette espèce emblématique.

    Pour une somme assez modique, allant de 25 à 100 euros par an, selon la formule, le curieux ou passionné peut devenir « le parrain » d’un flamant rose. La tour du Valat donne quelques exemples, lors du choix, de la variété des flamants roses peuplant la Camargue, entre les « sédentaires », qui n’ont jamais mis une patte en dehors de ce territoire, et d’autres, très « aventuriers », habitués aux grands voyages « aux quatre coins de la Méditerranée ». Et de donner l’exemple d’Indiana, né en 1990 et qui, d’après sa bague, a parcouru plus de 13 500 kilomètres… Le site dédié permet de « parrainer » un flamant ou d’offrir un parrainage.

    « En parrainant un flamant rose, c’est l’espèce tout entière que vous aidez, mais aussi ces milieux humides qu’ils affectionnent tant », expliquent les protagonistes de l’opération. « La Tour du Valat et tout un réseau d’observateurs s’étendant à l’échelle de la Méditerranée pourront ainsi poursuivre leurs efforts pour la sauvegarde de l’espèce », poursuivent-ils.

    Suivre à la trace

    « Le parrainage se traduit par une participation directe à l’étude et à la protection des flamants roses en finançant entre autres les activités de suivi des populations ainsi que l’achat du matériel nécessaire pour les observateurs d’Afrique du Nord, d’Afrique de l’Ouest et du Moyen-Orient », poursuit la structure. Et de préciser que « la lecture des bagues, posées sur les pattes des flamants est difficile et elle est parfois faussée par la mauvaise qualité du matériel ». La paire de jumelles donne des résultats très mitigés à comparer à ceux d’un télescope, « avec lequel l’observation et la lecture peuvent se faire jusqu’à une distance de 300 mètres ».

    Pour donner une échelle des observations, « plus de 800 000 lectures de bagues ont été effectuées depuis 1977 », renseigne le centre de recherche, le tout réalisé par quelque 5 900 personnes différentes. Près de 70 000 flamants roses ont été bagués depuis 1977, dont plus de 27 000 en Camargue.

    La tour du Valat est devenue au fil des décennies une véritable institution en Camargue.

    Luc Hoffmann, docteur en biologie, cofondateur du WWF, a fait l’acquisition du vaste domaine de la Tour du Valat en 1948 « avant de créer en 1954 une station biologique éponyme », rappelle la structure dans une note biographique sur son fondateur. Le domaine s’étend sur plus de 2 500 hectares, dont 1 845 hectares classés en Réserve naturelle régionale.

    Pour tout renseignement : tourduvalat.com

    Pour parrainer un flamant : mon flamant.com

  • Un gène de tardigrade étend la durée de vie d’une autre espèce

    Un gène de tardigrade étend la durée de vie d’une autre espèce

    Le tardigrade est connu pour ça. Cet animal microscopique est capable de résister à des températures très élevées, des pressions très hautes et des radiations intenses. « Il survit à des doses mille fois plus élevées que celles qui nous tuent », souligne Aymeric Bailly. Si bien que les scientifiques l’étudient depuis longtemps. En 2016, des chercheurs japonais identifient le gène Dsup et la protéine pour laquelle il code. « Ils montrent qu’exprimer cette protéine dans des cellules cancéreuses humaines les rend plus résistantes aux rayons X, ajoute le chercheur. Nous voulions voir ce qu’il se passait lorsqu’on le faisait chez un organisme complet. »

    Collée à l’ADN

    Chez C. elegans, les chercheurs constatent que la protéine codée par Dsup se colle à l’ADN, comme cela avait été observé en 2016. « Il y avait des raisons de penser que cela pourrait être toxique, indique Aymeric Bailly. Mais ce n’est pas le cas. » Avec le gène Dsup, la durée de vie des vers est allongée d’environ 20%, leur résistance aux rayons X améliorée de 20% à 30%, et celle au stress oxydatif de 50% – quelques heures après une exposition à une molécule toxique, ils ont une chance sur deux d’être encore en vie alors que tous ceux dépourvus de Dsup sont morts.

    Une autre découverte concerne les mitochondries – qui produisent de l’énergie dans les cellules à partir d’oxygène. Lorsque Dsup est présent, les mitochondries respirent moins et produisent moins de radicaux libres – les « déchets » issus de la respiration. « C’est une grosse surprise », avance Aymeric Bailly. Mais quel lien entre Dsup et la respiration de la mitochondrie ? « Pour l’instant, nous ne savons pas, admet le chercheur. D’autant que nous n’avons jamais vu la protéine Dsup au niveau des mitochondries. » Peut-être régule-t-elle des gènes impactant la mitochondrie ? Ou est-ce que la simple présence de Dsup fait que la cellule réduit sa respiration ? « La prochaine étape est d’élucider ce mystère, conclut le chercheur. Et d’observer ce qu’il se passe en cellules humaines. »

    REPERES

    C. elegans

    Pour Caenorhabditis elegans. C’est le nom d’un petit organisme modèle très utilisé en génétique en raison de sa transparence, son court cycle de reproduction et sa facilité de manipulation. Il s’agit d’un ver d’environ un millimètre qui a permis de faire beaucoup de découvertes sur le vieillissement.

    R. varieornatus

    Pour Ramazzottius varieornatus. C’est le nom de l’espèce de tardigrade qui a été utilisée comme réservoir du gène Dsup pour le transposer chez C. elegans. Ce gène Dsup est unique aux tardigrades et est présent chez plusieurs espèces, mais pas toutes.

    Cryptobiose

    C’est l’état de vie ralentie, avec un métabolisme à l’arrêt, dans lequel entre le tardigrade lorsqu’il est exposé à un environnement défavorable. Cet état lui permet de résister à des températures et pressions extrêmes, ainsi qu’à des niveaux de radiations intenses