Category: environnement

  • Procès à Marseille sur un trafic de pesticides interdits

    Procès à Marseille sur un trafic de pesticides interdits

    L’affaire est « indigeste ». Et si, depuis 6 ans, certains des fruits et légumes vendus dans son supermarché en bas de la rue étaient nocifs pour la santé de tous ? C’est l’enjeu d’un procès d’ampleur consacré à un trafic de pesticides, importés d’Espagne et utilisés dans les Bouches-du-Rhône ainsi que dans la Drôme.

    Les gérants de sept sociétés agricoles, ainsi que le fournisseur présumé des produits, sont poursuivis pour « détention et utilisation de pesticides interdits, non-élimination de produits interdits, distribution, vente et importation de produits phytopharmaceutiques falsifiés, faux et usage de faux en écriture ». Ils sont présumés innocents.

    Des parties civiles révoltées

    Cette affaire soulève à la fois des enjeux environnementaux, touchant à la faune et à la flore locales et des questions de santé publique. Au-delà, elle révèle une crise de confiance persistante entre les consommateurs et le monde agricole. Chaque volet dispose de sa propre partie civile : France nature environnement (FNE) pour les atteintes à l’environnement, la Confédération paysanne pour les enjeux liés à la profession et l’association Que Choisir Ensemble, anciennement UFC-Que Choisir, pour la défense des consommateurs.

    Judith Sebert, la juriste qui représente FNE Paca, fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement, pointe du doigt des « professionnels qui connaissent très bien la réglementation » et dénonce « une utilisation de ces produits phytopharmaceutiques interdits pour réaliser des économies importantes et non pas pour faire survivre une petite exploitation ».

    Des exploitations

    de 500 à 1 000 hectares

    Elle parle d’exploitations pouvant aller jusqu’à 500, voire 1 000 hectares. Selon elle, le procès remet les pesticides au centre du débat, « à un moment où les politiques publiques semblent parfois aller à rebours » de la protection environnementale. Enfin, elle insiste en rappelant la « persistance » de ces produits utilisés en cocktail (plus de 54 produits retrouvés et mélangés) qui, en plus d’être présents sur les fruits et légumes que les consommateurs achètent, polluent les eaux qu’ils boivent.

    Malgré ce procès, les préjudices sur l’environnement et sur la santé publique ne sont pas quantifiables et donc non
    condamnables. « Ce n’est pas acceptable », lance Candice Tchoumjeu, membre de l’association pour les consommateurs Que Choisir Ensemble. Cette dernière soutient : « On se porte partie civile car ces produits affectent grandement la qualité des produits alimentaires mis sur le marché et donc la santé des consommateurs ». Les conséquences sur la santé sont sans appel : perturbateurs endocriniens, reprotoxiques, cancers…

    « Crise de confiance »

    « Les pesticides ne règlent pas les problèmes, ils les déplacent et les aggravent. Ils nous entraînent dans le mur », témoigne Jean-Luc Juthier qui en a fait l’expérience en tant qu’arboriculteur retraité ayant utilisé des pesticides. Aujourd’hui membre du syndicat la Confédération paysanne, il est militant anti-OGM et ancien membre des Faucheurs volontaires. Il représentera la Confédération au procès. « On produit de la merde et on le cache aux consommateurs », déplore-t-il. « Et ça crée une crise de confiance des consommateurs envers les agriculteurs. » Il soutient que la présence de la Confédération paysanne à ce procès a pour vocation de promouvoir de nouvelles manières de faire de l’agriculture (biologique notamment), de faire valoir le droit des ouvriers agricoles directement en contact avec ces produits nocifs, mais surtout de regagner la confiance des citoyens.

  • Un défi lancé aux élèves pour les sensibiliser aux usages des textiles

    Un défi lancé aux élèves pour les sensibiliser aux usages des textiles

    Dans la classe de CM2 de l’école Alphonse Daudet, à Vedène, les mâchoires des élèves touchaient presque le sol lorsque Alexis Louat, membre de l’association EnJeux Durables, qui sensibilise aux enjeux du textile et de sa consommation, explique qu’il faut presque 8 000 litres d’eau pour produire le jean que certains d’entre eux portent. Un effet recherché, qui illustre le but de la toute juste lancée Textile Race dans 10 écoles du Grand Avignon.

    Pendant un peu moins d’une heure, l’intervenant a ainsi évoqué les conditions de travail dans des ateliers de fabrication de vêtements ou encore le coût écologique du transport. À chaque fois, avec des phrases marquantes qui n’ont pas manqué de faire effet auprès des jeunes. En quelques jours, dix établissements scolaires de Vedène donc, mais aussi de la Cité des Papes, de Morières-lès-Avignon et de Velleron, sont ainsi sensibilisés autour de la question des impacts environnementaux de l’industrie textile.

    Collecte sur place

    L’opération a également un côté plus pratique. En effet, dans chacune des écoles qui participent, un bac de récolte de vêtements est déposé. Pendant quatre semaines, jusqu’au lundi 9 février, chacun des 2 000 élèves pourra collecter, peser et déposer un sac de textiles qui doit être sec et non taché. Ces derniers seront récupérés par Le Relais. À la fin, un classement déterminera l’école qui aura récupéré le plus gros tonnage de textiles, laquelle remportera le défi et se verra offrir une sortie scolaire éducative. Et l’intercommunalité assure « que de belles surprises attendent les élèves les plus engagés ».

    « C’est vous qui allez donner une deuxième vie à la planète », lance ainsi aux écoliers David Fillon, responsable du site du Relais Provence. « L’objectif, c’est de consommer différemment. Mais c’est aussi un geste social. Cela crée de l’emploi, car il faut du monde pour trier tout cela, et c’est revendu à petit prix pour ceux qui n’ont pas les moyens », poursuit le responsable. « Les petits gestes de chacun vont permettre d’avoir un avenir avec moins de déchets », poursuit de son côté Laura, membre de l’éco-organisme Refashion, juste après avoir confié que chaque année, 890 000 tonnes de textiles usagés partent dans le circuit de traitement des déchets.

    Détails sur textilerace.fr

  • Dans les Alpilles, les éleveurs s’organisent face à la menace du loup

    Dans les Alpilles, les éleveurs s’organisent face à la menace du loup

    Le ronronnement de la machine à café couvre un instant les bruits de mastication. Tandis que les agneaux, déjà bien dodus bien que nés cet automne, engloutissent du foin, Lionel Escoffier et l’un de ses deux bergers, Aurélien, démarrent la journée autour d’un gobelet d’où s’échappent des volutes de fumée. Chacun son petit-déjeuner.

    Au Mas de la Tapie, le travail est exigeant mais le cadre est paradisiaque : les 430 hectares de prairies sont plantés au pied du massif des Alpilles. Le maire d’Aureille et ses deux associés, ses cousins, ont repris l’exploitation de leur grand-père il y a une trentaine d’années. Ils y produisent du foin de Crau et élèvent 1 600 brebis et près de 1 300 agneaux chaque année, « sans compter les béliers », précise Lionel Escoffier. Une affaire qui roule.

    Mais depuis 2020, une nouvelle problématique vient perturber cette paisibilité : le loup. Longtemps cantonné aux Apennins, en Italie, il a fini par franchir la frontière au début des années 1990. En 1992, un premier couple est observé dans le Mercantour. Ce n’est que deux ans après qu’un troupeau de l’éleveur subit un premier assaut à Colmars-les-Alpes, dans le Haut Verdon, lors de la transhumance. Mais « en montagne, à part une grosse attaque survenue il y a une dizaine d’années qui nous a coûté une quarantaine de brebis à cause de mauvaises conditions météorologiques, on a toujours eu de la chance », assure l’éleveur.

    Une meute identifiée

    Depuis, le loup a avancé vers l’Ouest. « Une meute a été identifiée sur Roquemartine et Eyguières grâce à des pièges photo posés par le Parc naturel régional des Alpilles, mais il y a aussi des loups solitaires qui cherchent de nouveaux territoires », analyse-t-il. Finalement, c’est à Aureille que les dégâts sont les plus nombreux. Depuis le début de l’année 2025, le Mas de la Tapie a connu trois attaques. Une au printemps, qui a coûté la vie à 17 brebis, et « deux, deux jours de suite au mois de décembre ». À chaque fois, la procédure est la même : « On fait un signalement à l’Office français de la biodiversité, qui envoie un agent. Il vient sur place faire des prélèvements, des mesures des crocs, des photos, puis le dossier remonte à la Direction départementale des territoires et de la mer, qui confirme ou non si l’attaque est causée par un loup. »

    Si la prédation lui est imputée, les animaux tués et blessés sont indemnisés par l’État « en fonction de leur âge et de leur race ». Malgré ça, les attaques peuvent avoir des effets pervers, selon Lionel Escoffier : « Si ça devenait régulier, il y a quelques éleveurs qui pourraient arrêter, ce qui pourrait entraîner une déprise de terres agricoles ici quand on sait la pression foncière qu’il peut y avoir sur certains terrains. »

    Pour épauler les éleveurs qui font face à ce nouveau phénomène, le Parc naturel régional des Alpilles a relancé sa commission pastoralisme, jusque-là « en sommeil ». « Il y a eu une première réunion en décembre. » L’objectif : assurer une meilleure circulation de l’information concernant les attaques de loups.

    D’autres précautions sont utiles, affirme Laurent Escoffier : « Si vous avez un berger et des patous qui font leur boulot et un parc de nuit, vous arrivez à limiter les dégâts. » S’agissant du décret autorisant les tirs de défense, l’Aureillois assure : « Même s’il est publié, ça ne va pas être simple. Pour tuer du loup il faut être très bon. C’est surtout une manière de dire aux éleveurs : “On vous entend, on vous écoute”. C’est une mesure diplomatique. »

  • Tuer le loup : une fausse bonne solution

    Tuer le loup : une fausse bonne solution

    Depuis les années 90, les loups sont de retour en France, dans les Alpes et le Sud-Est, alors que l’espèce avait disparu. à l’hiver 2023-2024, ils étaient entre 920 et 1 125 d’après un rapport de l’Office français de la biodiversité. Ce retour réjouit les associations de protection de l’environnement, mais la réapparition de ce prédateur inquiète les éleveurs, dont le bétail est de plus en plus attaqué. Pour répondre à ces inquiétudes, un arrêté national devait faciliter les tirs de défense et de prélèvement pour les éleveurs, mais sa publication a été repoussée.

    Le projet d’arrêté « fait l’objet de travaux interministériels supplémentaires, incompatibles avec une publication au 1er janvier 2026 comme prévu initialement », a indiqué le ministère de la Transition écologique à La Marseillaise. Cet arrêté devait aligner la réglementation française sur la décision de l’Union européenne (UE).

    Le 5 juin 2025, le Conseil de l’UE a adopté la révision du statut de protection du loup gris, affaiblissant la protection de l’espèce sur le sol européen, passant de « strictement protégée » à seulement « protégée, susceptible de mesures de gestion ». Un changement de statut que de nombreuses associations de protection de l’environnement ont contesté, en août, devant la Cour de Justice de l’UE. Cette modification, soutenue notamment par la France, a été saluée par la Région Paca. « C’est une victoire pour les éleveurs de la Région Sud », déclarait alors Renaud Muselier, président (Ren). Ce changement de statut au niveau européen justifie, selon l’état, cette baisse des réglementations.

    Simplifier les démarches

    Si le texte est publié, il permettra aux éleveurs des principales zones concernées par ces attaques de tirer sur les loups sans avoir le besoin de « démontrer l’épuisement d’autres solutions alternatives ou le risque de dommages importants aux élevages ». Aucune dérogation ne serait donc nécessaire. En dehors de ce cadre, tout abattage d’un loup resterait puni de 3 ans d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Pour le moment, en l’absence de publication de cet arrêté, c’est bien l’ancienne réglementation qui reste en vigueur. Ainsi, toute démarche de prélèvement de loup doit faire l’objet d’une dérogation que seuls les préfets peuvent délivrer.

    Développer les moyens de protection

    Dans un communiqué commun, France Nature Environnement et d’autres associations de protection de l’environnement, dénonçaient la proposition d’arrêté de l’État. Pour Justine Poncet, directrice du réseau Montagne Paca de FNE : « Cette réglementation ne changerait pas grand-chose sur le terrain car la plupart des éleveurs ont déjà des dérogations. » Pour elle, « il faut accompagner les éleveurs de ces zones, en faisant des efforts sur la cohabitation plus que sur la destruction ». Elle craint notamment que les éleveurs soient abandonnés à leur sort et que l’on reproduise les erreurs d’avant. « Les efforts ne sont pas mis là où il faut », conclut-elle.

  • Vers un bras de fer judiciaire pour le COM à Montpellier ?

    Vers un bras de fer judiciaire pour le COM à Montpellier ?

    Le Contournement ouest de Montpellier (COM) ne risque-t-il pas de devenir un A69 héraultais ? Voilà quelques années déjà que ce projet – qui doit permettre de décongestionner Montpellier en reliant l’A709 à l’A750 – est décrié par certains pour son impact environnemental. En novembre dernier, l’ancien préfet François-Xavier Lauch – depuis parti pour le Nord-Pas-de-Calais – donnait l’autorisation environnementale, actant le début du chantier. Une décision ayant ravi Vinci, qui pilote le projet. « Ce sont donc les travaux préparatoires qui débutent. L’arrêté préfectoral nous y autorisant désormais, c’est une phase de libération des emprises qui commence [avec la] mise en place des clôtures provisoires, débroussaillage, etc. Afin de permettre l’accès aux espaces pour la réalisation des diagnostics d’archéologie préventive et aux déviations de réseaux situés sur le tracé des futurs travaux », détaille Salvador Nuñez, le directeur opérationnel du COM.

    Trois recours en attente

    Ainsi, près de 40 hectares sur les 119 d’emprises liées au COM ont été sélectionnés comme « zone de prescription archéologique ». Pendant deux mois, un diagnostic sera établi afin de savoir si de véritables fouilles archéologiques devront être opérées à certains endroits. Vient ensuite le déplacement de 32 km de réseaux (électricité, eau, gaz, etc.) qui devrait se dérouler tout au long de l’année. En parallèle, sera réalisée la libération des emprises sur 40 hectares. Il s’agit notamment de débroussailler, déboiser, retirer les clôtures et les murets, etc.

    Mais l’autoroutier devra composer avec des collectifs opposés au COM, qui ne sont pas prêts à baisser les bras. En effet, six associations ont porté quatre recours juridiques. L’un a déjà été rejeté mais les trois autres sont en attente et pourraient mettre un coup d’arrêt au chantier.

  • La drague Hydromer bientôt plus écolo en Occitanie

    La drague Hydromer bientôt plus écolo en Occitanie

    C’est une première mondiale. La drague Hydromer, ce navire destiné à l’entretien des fonds des trois ports propriétés de la Région à Sète-Frontignan, Port-la-Nouvelle et au Grau-du-Roi, va bénéficier d’ici septembre 2026, de l’installation à son bord de la technologie hydrogène.

    En 2024, le navire a remplacé le Cap Croisette qui a pris une retraite bien méritée après 47 ans de nettoyage.

    -20% d’émissions de CO2

    Pour rappel, la Région avait initié en 2021 la construction du navire Hydromer dans le cadre du renouvellement de sa flotte de navires et afin de poursuivre la réduction de l’impact environnemental des activités portuaires. Il avait été mis en service en septembre 2024 et fonctionnait à l’énergie électrique, bien que conçu pour fonctionner à l’hydrogène. Une solution temporaire en attendant la mise en production de l’usine Hyd’Occ de fabrication d’hydrogène vert à Port-la-Nouvelle. L’Hydromer sera équipé de la technologie durant l’été.

    À terme, la Région annonce 20% d’émissions de CO2 en moins et zéro émission au port ou au mouillage, soit 700 tonnes de CO2 non rejetées dans l’atmosphère par an.

    Depuis sa mise en service, l’Hydromer a dragué 440 000m3 de sédiments dans les ports de la Région, soit l’équivalent de 150 piscines olympiques.

  • La difficile gestion des déchets amiantés en Vaucluse

    La difficile gestion des déchets amiantés en Vaucluse

    Malgré une rencontre entre le Collectif Amiante Pays des Sorgues (CAPS) et la préfecture de Vaucluse en avril dernier, l’association revient à la charge pour demander la mise en place d’un schéma de récupération de l’amiante sur le département.

    Aucune déchèterie n’accepte de déchets contenant de l’amiante. Dans une lettre adressée à la préfecture en septembre dernier, le collectif vise notamment la récupération chez les particuliers. « Ils sont confrontés à l’insuffisance du réseau de déchetteries habilitées à recevoir des déchets d’amiante », pose le CAPS. Et poursuit ensuite en affirmant que le Plan régional de prévention et de gestion des déchets (PRPGD) recommandait une augmentation des points de collecte de l’amiante. Conséquence, « le nombre de dépôts sauvages qui polluent notre environnement augmente et représente une charge financière importante pour les municipalités chargées de nettoyer leur commune », précise la lettre.

    Le CAPS est également appuyé par le maire de Sorgues, Thierry Lagneau (LR). Dans une lettre adressée en mai dernier, que nous avons pu consulter, ce dernier demande au préfet de Vaucluse de « porter un regard attentif et bienveillant » sur les actions de l’association. Et ce notamment parce que le soutien de la préfecture pourrait « constituer un levier déterminant pour encourager une mobilisation plus large des décideurs publics sur le sujet » et « faire progresser ce combat d’intérêt général ».

    Crainte partagée

    Questionné sur le sujet le jeudi 4 décembre dernier, le préfet de Vaucluse, Thierry Suquet, a confirmé « une crainte partagée » à propos des décharges sauvages de déchets contenant de l’amiante. Mais souhaite également rappeler que « tous les grands chantiers qui le nécessitent prévoient un désamiantage ». « La gestion de la collecte de proximité est dans les mains de l’intercommunalité. Nous sommes auprès d’elles pour travailler sur le sujet, mais nous ne sommes pas directement compétents », assure de son côté Thibaut de Cacqueray, directeur de cabinet du préfet.

  • Un espace naturel en ville avec l’écoferme de la Barre

    Un espace naturel en ville avec l’écoferme de la Barre

    Adossé au rempart rocheux de la Barre qui serait, paraît-il, une prolongation géologique du massif des Maures, l’Espace naturel sensible (ENS) accueille au calme les visiteurs, à deux pas de l’autoroute urbaine A57. Bienvenue à l’écoferme* située en plein cœur du Port du Levant. Et en ces derniers jours de vacances, de nombreuses familles sont venues profiter du site pédagogique, en accès libre et gratuit. Malgré le froid de cette matinée, les petits ont l’air ravis d’être là. Tout spécialement près du cheptel et de la basse-cour. Même si Tino, 4 ans, semble un peu impressionné par l’âne de Provence venu à sa rencontre. L’idée est de montrer toute la richesse d’un écosystème fragile et presque partout menacé, mais aussi d’initier à des pratiques vertueuses.

    « C’est l’occasion pour les citadins de renouer avec le milieu naturel, de mieux le connaître et d’être ainsi sensibilisés au développement durable, sous son aspect environnemental, à travers diverses activités », précise l’un des éco-jardiniers, qui dispensent ses conseils aux visiteurs. Par exemple, l’intérêt de ne pas mettre à nu la terre de son potager. Un parcours initiatique qui permet à la structure départementale d’accueillir plus de 11 000 personnes par an.

    Le domaine comprend également une fromagerie, une cuisine pédagogique et une salle couveuse. Tout cela pour permettre aux jeunes d’apprendre en mettant la main à la pâte et en s’amusant.

    À l’Est s’ouvre la partie forestière sensible, qui donne à voir la diversité de la végétation méditerranéenne. Avec ici et là quelques surprises protégées des pas des visiteurs. Comme ici un buis des Baléares vieux de 300 ans.

    * Ouvert toute l’année, du lundi au vendredi, de 9h à 17h.

    Tél. 04.98.00.95.70

  • L’île Piot en chantier pour se prémunir des crues du Rhône

    L’île Piot en chantier pour se prémunir des crues du Rhône

    À quelques mètres du pied d’une arche du pont Daladier, un panneau jaune typique des enquêtes publiques a sacrément jauni. Il annonce toujours l’enquête publique réalisée il y a quatre ans, début 2022, en vue de travaux d’amélioration des systèmes d’endiguement et de protection contre les crues du Rhône, sur les îles Piot et Barthelasse. À l’époque, la consultation avait beaucoup mobilisé, soulevant de vives oppositions sur l’impact environnemental. Un avis favorable avait été donné au projet que la préfecture a fini par acter en avril 2024.

    « Les travaux de protection de l’île Piot ont été autorisés dans un premier temps, ce qui permet de débuter les travaux de protection au droit de la zone la plus densément peuplée », nous indique le Grand Avignon qui a démarré le chantier fin novembre. Celui-ci, d’un montant de 3,4 millions d’euros (avec l’aide de l’État, de la Région, du Département, de la Ville d’Avignon et de la Compagnie nationale du Rhône), doit durer jusqu’à la fin du printemps.

    Quiconque se rend actuellement le long de l’allée Marie-Josée-Roig à proximité du camping ne peut que constater des grilles et chaussée en friche. Les travaux concernent les secteurs de Bagatelle, le chemin de l’île Piot, la RD 228 et le chemin de la Barthelasse.

    « Rehaussement des murs existants, construction de nouveaux murs [notamment jusqu’aux escaliers menant sur le pont] et merlons et réalisation de protections amovibles » sont prévus par le Grand Avignon. En parallèle, un réaménagement paysager, mené avec la Ville, sera réalisé : végétalisation, modification de la circulation et des revêtements de sols, installation d’équipements de loisirs et de repos sont annoncés.

    La partie Barthelasse

    dans un second temps

    C’est « un moyen de protéger plus de 5 000 habitants durablement contre d’éventuelles crues et sorties de lit du Rhône jusqu’à une crue vicennale (probabilité de 1/20 par an) », assure le Grand Avignon. Si la dernière immense crue remonte à 2003, il n’a pas été rare de voir le fleuve se montrer moins tranquille en mars ou octobre 2024. Outre cette première phase, le Grand Avignon continue de concerter quant au second axe du projet sur les digues de la Barthelasse. « Une étude approfondie de solutions variantes en vue de limiter l’impact des travaux sur la ripisylve [bois, buissons en bord de cours d’eau] et sur les milieux aquatiques et semi-aquatiques a été lancée », précise la collectivité. Des échanges avec « les structures associatives de l’île regroupant les riverains et usagers » ont lieu mais n’ont pas encore permis d’aboutir « à des solutions conciliant la protection des populations et des activités économiques avec la préservation du patrimoine naturel de la Barthelasse ».

  • [Rétrospective environnement 2025] Un incendie ravage le haut de l’Estaque

    [Rétrospective environnement 2025] Un incendie ravage le haut de l’Estaque

    Parti de l’A55, l’incendie a parcouru les collines et dévasté à peu près tout sur son passage. Il était tout juste stabilisé le lendemain et Marseille réalisait que la solidarité des habitants avait joué à plein dans les vallons les plus difficiles d’accès.Ce jour-là, le mistral soufflait à plus de 80 kilomètres-heure et la végétation, garrigue et pinède, affichait un niveau de sécheresse exceptionnel, facilitant la propagation du sinistre. Mais dès les premiers jours, des sinistrés remettaient en question la stratégie de lutte contre les incendies. Le préfet avait quant à lui fait savoir qu’il « assume tous les choix ». Les habitants ont souvent dû intervenir seuls aux premières heures, puisant dans l’eau des piscines, des bassins. S’organisant pour évacuer les plus fragiles ou ceux dont les véhicules étaient dévorés par les flammes.

    Des questions en suspens
    Des torrents de boue dévalent des collines
    Le 21 septembre, de violents orages frappent Marseille et l’Estaque est à nouveau très durement touché. Les pluies diluviennes se transforment en quelques heures en torrents et embarquent les restes de l’incendie de juillet, pénétrant jusque dans les maisons d’habitants découragés.
    Le projet de carrière Borie abandonné le 14 avril

    Défenseur du projet depuis 2022, le maire (LR) d’Aubagne, Gérard Gazay, informe les habitants par courrier que « la renaturation de la carrière Borie » ne se fera pas. Ce site, à la Pérussonne, devait être comblé par des gravats de l’entreprise Bronzo-Perasso. Les camions seraient passés par le camp de Carpiagne. Mais cette traversée ne serait plus permise. Immense satisfaction du collectif carrière Borie, fervent opposant à ce projet depuis le début, qui analyse cet abandon comme une manière pour le maire d’éteindre un mécontentement à l’approche des municipales.