Category: environnement

  • La nature invite à sa fête annuelle

    La nature invite à sa fête annuelle

    Visites guidées de parcs, ateliers jardinage, balades naturalistes, événements festifs… Du 20 au 25 mai, les rendez-vous sont nombreux et gratuits dans le Var, le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône et les Alpes. Mer ou montagne, en famille ou en solo, il y en a pour tous les goûts, le site internet dédié permet de se localiser les activités et de pouvoir s’inscrire si besoin.

    Vaucluse

    La communauté d’agglomération Les Sorgues du Comtat décide de prendre un peu d’avance et dès ce samedi 16 mai organise sa 1ère fête de la nature ouverte à tous et gratuite à Althen-des-Paluds de 9h à 17h. Autour du Ventoux, là encore, on décide de prendre un peu d’avance en proposant du 16 au 17 mai, des bivouacs pour Sault et Bédoin sur les traces du loup. Peut-être, aura-t-il un œil sur vous ! Pierre Peyret le guide propose de pister la bête à petits pas en forêt du Ventouret. Ecouter, observer, espérer un indice, l’animal est peut-être là…

    Alpes

    Dans les Alpes-de-haute-provence, à Digne-les-Bains du 20 au 23 mai, ballades, peintures végétales, découvertes du castor ou encore ballade naturaliste pour découvrir les oiseaux. Du côté des Hautes-Alpes, dès le mercredi 20 mai, une balade découverte de la biodiversité de la Durance avec des agents de l’Office français de la biodiversité est proposée à Rochebrune. Le vendredi 22 mai, c’est à Crévoux qu’a lieu l’inauguration de la Mare de Champ Olivier.

    Var

    De La Seyne-sur-Mer jusqu’à Ramatuelle, les propositions ne manquent pas. La ville de Toulon propose une ballade immersive au Mont-Faron le 22 mai dès 9h45, soit un parcours de moins de 2 km, au cœur d’une pinède et d’essences méditerranéennes variées. Du 23 au 24 mai, les Salins à Hyères et le conservatoire du Littoral sont un incontournable pour un dépaysement total entouré de flamants roses.

    Bouches-du-Rhône

    À moins que l’appel du Verdon ne vous entraine dans une balade naturaliste. Vauvenargues, la Sainte Victoire, Arles, Aix-en-Provence ou bien Marseille et les Calanques ? Vous êtes bien dans les Bouches-du-Rhône. Les propositions sont très variées, et il est conseillé de consulter le site de la fête de la nature pour choisir au mieux. Et pour ne rien oublier, la ville de Marseille participe cette année encore au City Nature Challenge. Aux côtés de centaines d’autres villes du monde entier, Marseille va relever le défi lancé par l’Académie des sciences de Californie et le Muséum d’histoire naturelle du Comté de Los Angeles pour valoriser et préserver la biodiversité en collectant le plus d’observations possibles d’espèces végétales et animales avec iNaturalist. Du Frioul au Parc urbain des Papillons, en passant par la ferme du Collet des Comtes de nombreuses sorties encadrées sont proposées. En participant, chacun peut découvrir et faire savoir l’incroyable richesse naturelle du territoire communal, à terre, sur le littoral et en mer. Tout est possible, le territoire vous ouvre grand les bras !

    Fetedelanature.com ressence ville par ville toutes les initiatives labelisées.

  • Deuxième réunion publique à Istres sur l’incinérateur

    Deuxième réunion publique à Istres sur l’incinérateur

    La première réunion avait été un succès. Pas moins de 700 personnes s’étaient rendues l’auditorium André-Noël de la mairie le 29 avril pour en savoir plus sur le projet d’incinérateur, obligeant les services à ouvrir la salle des mariages. Devant cette affluence, la Ville organise un deuxième rendez-vous d’information ce lundi 18 mai, à 18h, au même endroit.

    2 680 contributions

    À Istres, le dossier fait réagir. Installé à la Grande Goupède (Tubé Nord) depuis près de 15 ans, Suez envisage de transformer son centre de tri en chaufferie, en y ajoutant une unité de méthanisation pour traiter 35 000 tonnes de matières organiques chaque année et produire du biométhane et du digestat à destination d’exploitations agricoles du territoire ; mais aussi une unité de valorisation énergétique d’une capacité de 236 000 tonnes de combustibles solides de récupération par an, faits à partir de déchets non recyclables, qui seraient donc traités par incinération.

    « Les deux posent problème », affirme le président de FNE 13 Richard Hardouin, qui avait envoyé un courrier au préfet pour lui demander de prolonger l’enquête publique de deux semaines, jusqu’au 2 juin. Chose faite. Le registre numérique dénombre pas moins de 2 680 contributions. La municipalité est elle-même montée au créneau, affichant une banderole « Non à l’incinérateur » sur l’hôtel de ville.

    « Dans les combats, ce qui est important, c’est la mobilisation, affirme Richard Hardouin. La mobilisation est certaine, et elle est forte. Cela étant Suez est propriétaire du terrain, est déjà en activité, il a le soutien de l’État. (…) Disons que le projet a du plomb dans l’aile, même si le porteur a le droit pour lui. » Pour les opposants à cet incinérateur, tout reste donc à faire.

  • La protection des espaces protégés, enjeu de la surfréquentation

    La protection des espaces protégés, enjeu de la surfréquentation

    Ce partenariat soulève évidemment des questions de gestion et de respect des règles du parc. Durant les dernières saisons, nous avons malheureusement constaté l’arrivée de bateaux non conformes, avec parfois des skippers non agréés » , déplore Gaëlle Berthaud, directrice du parc national des calanques. En tout, on compte « près de 600 bateaux autorisés » à naviguer dans le parc, précise-t-elle. « Dans le lot, une dizaine de bateaux sont 100% électriques, et les autres sont thermiques. » Une gestion du flux incitative qui permet aux sociétés de location d’investir dans des équipements nautiques éco responsables, « sans risquer une concurrence déloyale de la part de ceux qui favorisent le matériel moins cher mais polluant », approuve Amine Gharbi, président de Loca boat 13, loueur professionnel basé au Vieux-Port.

    Contrôler le trafic

    Pour reconnaître ces navires autorisés à pénétrer dans le périmètre du parc national, des drapeaux et des vignettes permettent de les identifier. Pour ce qui est des skippers, une liste est fournie sur le site du parc. « Nos skippers agréés ont suivi des formations de gestes éco-responsables en mer », appuie le président. « Et nos moteurs sont réfléchis pour produire moins de CO2 », ajoute-t-il. Des mesures qu’Amine Gharbi estime « essentielles », pour conserver « notre patrimoine maritime ». À ce titre, il s’inquiète du partenariat entre la plateforme américaine et Click&boat : « Uber fera sortir les bateaux du port et intensifiera le commerce sur le Vieux Port. Mais nous, ce que nous voulons, ce n’est pas du volume, mais de la qualité. Qui contrôlera le respect des réglementations ? » La directrice du parc national des Calanques se veut malgré tout rassurante : « Comme chaque été, nous serons attentifs au trafic sur le parc et multiplierons les contrôles en mer avec les services de l’État. »

  • Reconnaissance d’un préjudice écologique causé par des mines en Occitanie

    Reconnaissance d’un préjudice écologique causé par des mines en Occitanie

    Par Elohane Durand, avocate fondatrice du cabinet Natur’avocat, membre de la commission environnement du SAF

    Contexte du recours : pollution dans la vallée de l’Orbiel.

    Cette décision s’inscrit dans le cadre plus large de la lutte contre la pollution des anciens sites miniers de la vallée de l’Orbiel. L’activité minière de la région fut très conséquente depuis 1892. Suite à sa fermeture définitive en 2004, la vallée est qualifiée par CCFD-Terre solidaire de « véritable décharge chimique », avec « 3 000 000 de tonnes de produits toxiques purs, dont 800 000 tonnes d’arsenic » présents sur les bassins de l’Orbiel (1).

    Enfants testés positifs à une surexposition à l’arsenic

    La pollution devient un sujet de notoriété publique lors des inondations de 2018, lorsque de l’eau contaminée se déverse dans les terrains et villages avoisinants les anciens sites miniers pollués. L’année suivante, une trentaine d’enfants seront testés positifs à une surexposition à l’arsenic selon Le Monde (2).

    Décision de la juridiction : reconnaissance d’un préjudice écologique. L’association Terres d’Orbiel, une des requérantes du recours devant le TA de Montpellier, a demandé la reconnaissance et la réparation du préjudice écologique. Elle souligne la carence fautive de l’État dans l’exercice de son pouvoir de police des mines, notamment pour les raisons suivantes :

    –Les mesures prises après la fermeture des mines furent insuffisantes, de même pour la gestion des zones contaminées et des zones de stockages.

    –L’État n’a pas exigé une diminution significative des polluants.

    –Un manquement aux devoirs de vigilance et de prévention en matière de droit de l’environnement.

    Dans sa décision rendue le 22 juillet 2025, le juge enjoint le préfet de l’Aude de prendre, dans un délai d’un an, « toutes les mesures utiles de nature à réparer le préjudice écologique constaté et de prévenir l’aggravation des dommages […] afin de limiter effectivement la concentration en arsenic des eaux superficielles de la vallée de l’Orbiel, et en maintenant les outils de contrôle permettant un pilotage effectif des actions menées. »

    Cela étant, la préfecture de l’Aude exprime, lors d’un communiqué de presse du 24 juillet 2025, la difficulté d’une telle tâche en vue du niveau de pollution, en soulignant que « l’évacuation de l’ensemble des terres impactées sur les anciens sites miniers est à ce jour irréalisable ».

    1) ccfd-terresolidaire.org

    2) lemonde.fr

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  • Autour du biométhane, le débat reste ouvert pour les salariés de la centrale de Gardanne

    Autour du biométhane, le débat reste ouvert pour les salariés de la centrale de Gardanne

    Lancée lundi, la concertation préalable volontaire initiée par l’association des salariés de la Centrale (ATCG) a donné lieu à une première réunion publique tenue elle, ce mardi soir. Objectif : présenter le projet biométhane, qu’ils portent conjointement avec la société Gazotech. Si le projet a majoritairement été soutenu par les riverains présents, nombreuses ont été les interrogations et surtout les oppositions au projet, tel quel. À commencer par l’Association de lutte contre les nuisances et la pollution de Gardanne (ANLP) qui a tenu une prise de parole unique avant de quitter la salle avec la FNE13 et les CIQ Gardanne Est et Langarie. « Aucune véritable co-construction n’a été organisée avec les associations locales, aucune étude globale sérieuse n’a été présentée sur les impacts cumulés avec la centrale P4 aujourd’hui et tous les autres demains », déroulait Marie Christine Borgna, pour l’ALNP, précisant rester « disponibles pour une véritable concertation indépendante ». Jean-Louis Debard, pour la CEPG (Convergence écologique du Pays d’Aix), estimait que « les associations comme les populations ont été mises à l’écart, cantonnées dans des réunions de cadre de vie inefficaces et limité dans leur objectif ». La réunion passée, il concède : « On est prêts à discuter. Les moyens qu’ils ont sont limités, et pour nous aussi. » Jean-Michel Rocassalva, secrétaire de la CGT de la Centrale, rapporte de son côté que « les garants [de la concertation] ont proposé à ces associations de nous rencontrer avant la réunion publique. Ils ne l’ont pas souhaité (…) on a jamais été opposés à présenter notre projet à qui que ce soit ».

  • D’un mouvement de résistance aux grands « Soulèvements »

    D’un mouvement de résistance aux grands « Soulèvements »

    Nous retrouvons mardi matin les militants du Comptoir des idées devant le panneau d’expression libre de l’avenue Tessé, en pleine séance de collage et de distribution de tracts. L’objectif étant d’informer la population toulonnaise d’une nouvelle séance de réflexion et de débat à l’occasion de la ciné-rencontre du jeudi 21 mai à 20h30 au cinéma le Royal autour de Soulèvements, le film de Thomas Lacoste qui sera présent dans la salle.

    « Ce qui nous intéresse, c’est que ça touche autant à la protection de la planète que les droits humains », explique Guy Cochennec (Climat Zéro Fossile). Le militant associatif rappelle pour commencer la genèse : « L’idée est née au sein de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes après 2013, au moment où la police et l’armée se sont retirées. » La très riche vie communautaire qui y prospère alors va en être le ferment. Des voix s’élevant pour dire qu’il n’était pas possible de se séparer sans créer un mouvement pour continuer la lutte partout où ce serait nécessaire.

    Pour continuer le combat

    « Une fois mis en place, ils vont réagir très très vite à tout ce qui se passe », souligne-t-il. On va en effet les retrouver présent sur la A69, mais aussi sur les projets des méga-bassines et même à plus de 3 000 mètres au cœur du glacier de la Girose, sur le chantier de construction d’un téléphérique, « avec l’installation de tentes sur le seul endroit où les hélicoptères pouvaient se poser pour amener le matériel ».

    Le Comptoir des idées souhaite mettre en perspective tous ces combats et la réponse disproportionnée de l’État – pour rester dans l’euphémisme. Notamment sur la manifestation organisée à Sainte-Soline en 2023 et « la réaction d’un gouvernement pour casser le mouvement ».

    « L’année d’avant déjà, Darmanin avait mis en avant l’écoterrorisme pour permettre d’appliquer les lois d’exception à des activistes et préparer l’opinion publique », dénonce Guy Cochennec. 3 000 agents des forces de l’ordre vont être déployés face à 30 000 manifestants avec « la volonté de faire un exemple, de faire peur et mal avec des tirs tendus de lance-grenade ». Et de préciser : « Sur des images, on voit des gendarmes qui comme dans un jeu vidéo se congratulent lorsqu’ils font mouche sur un manifestant. » Résultat : plus de 200 blessés très graves.

    Et pendant qu’on parle d’écoterrorismes, on ne parle plus des crimes écologiques réels ceux-là qui sont commis sur l’ensemble de la planète.

    Tout cela devrait donner matière à débat dans la salle et inspirer, pourquoi pas, d’autres manières de mener le combat au travers des 16 portraits réalisés dans ce film. On retrouve notamment deux paysans : le père est à la Confédération paysanne, et son fils beaucoup plus radical… Le militant du Comptoir des idées conclut : « Il y a une solidarité, de l’émotion qui passe, il y a tout ce qu’on aimerait voir partout dans la société. »

  • Agir ensemble pour se protéger du moustique tigre

    Agir ensemble pour se protéger du moustique tigre

    Il n’y a pas de circulation des virus du Chikungunya, de la Dengue ou du Zika actuellement en France, mais seulement des cas importés, c’est-à-dire des personnes ayant contracté la maladie lors d’un voyage. Afin de maintenir cette situation, l’Agence régionale de santé (ARS) vient donc de lancer son dispositif de surveillance renforcée, du 1er mai au 30 septembre. L’objectif : éviter la mise en place d’un cycle de transmission « autochtone » de ces maladies, c’est-à-dire des cas de personnes n’ayant pas voyagé mais étant contaminées via la piqûre d’un moustique tigre infecté en métropole.

    Il faut dire que l’année 2025 a été une année record pour la transmission du chikungunya en Occitanie, avec 113 cas importés (contre 3 en 2024) et 89 cas autochtones (contre 0 en 2024). « Le moustique tigre a la particularité de ne pas transmettre le virus à ses œufs, explique Isabelle Moussion, ingénieure santé et environnement à l’ARS Occitanie. Ainsi, au printemps de chaque année, les œufs qui éclosent sont sans virus. Cependant, il faut comprendre que quand un Moustique tigre pique une personne porteuse du virus, celui-ci se multiplie à l’intérieur de l’insecte et toutes ses futures piqûres vont contaminer. C’est ainsi que si une personne rentre de voyage en étant contaminée et qu’elle est piquée par un moustique tigre, le virus peut alors se transmettre sur le territoire métropolitain et créer des cas autochtones. C’est ce qu’il s’est passé l’année dernière, parce qu’il y a eu une grosse épidémie de chikungunya à La Réunion.  »

    Prévention communautaire

    Les acteurs principaux de la surveillance renforcée sont les professionnels de santé, qui doivent déclarer chaque nouveau cas d’infection. L’ARS peut ensuite faire intervenir un opérateur pour vérifier la présence du vecteur dans le secteur où la personne se trouvait quand elle était malade. S’il y a des traces d’activité, l’ARS demande un traitement pour tuer les moustiques adultes dans un rayon de 150 mètres et ainsi éviter la propagation de cas autochtones. Isabelle Moussion précise cependant que la population dans son ensemble doit rester vigilante : « Les particuliers peuvent aussi mettre en place des gestes de prévention pour diminuer la densité des moustiques chez eux. Par exemple, en éliminant les endroits où l’eau peut stagner ou en couvrant les réservoirs d’eau. Par ailleurs, il y a une épidémie de dengue cette année en Martinique. On sait qu’il y a beaucoup de cas qui reviennent en métropole, donc si on revient d’un voyage en Martinique, il faut continuer d’éviter de se faire piquer pendant au moins une semaine, en utilisant des répulsifs par exemple. » En France métropolitaine, l’Occitanie a été la deuxième région colonisée par le moustique tigre et aujourd’hui, plus de 90% de sa population se situe donc en zone contaminée.

  • [Occitanie] Eau : les écologistes veulent y voir clair

    [Occitanie] Eau : les écologistes veulent y voir clair

    Publié le 25 mars au lendemain des Municipales, le rapport national de l’Anses a reçu un écho inversement proportionnel à l’urgence de son message. A savoir que la France est surexposée au cadmium, ce « métal lourd contaminant et préoccupant pour la santé publique car reconnu cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction ». L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) ajoute qu’omniprésent dans les sols, l’air, les eaux et les sédiments, ce polluant entraîne des cancers (poumon, pancréas, vessie, rein), des atteintes rénales et une fragilité osseuse « en cas d’exposition prolongée par voie orale ».

    Or, l’essentiel du cadmium que nous ingurgitons provient de notre alimentation (98% chez les non fumeurs). Hormis le tabac, le pain, les pâtes, le riz, les pommes de terre, les céréales ou le chocolat sont les aliments les plus chargés en cadmium. « Il faut limiter les produits ultra transformés, privilégier les légumineuses et moins le blé », résume Lise Florès.

    Avec le groupe local, l’ancienne candidate écologiste a décidé d’interpeller les collectivités. Dans un courrier cosigné par Debout (le mouvement de François Ruffin) envoyé à la Mairie et à l’Agglo de Lunel, les Verts réclament que la transparence soit faite sur la qualité de l’eau du robinet. « 47% des adultes et 36% des enfants de moins de 3 ans sont surexposés au cadmium », rappelle Lise Florès.

    Si la démarche intentée à Lunel serait légitime partout ailleurs, la militante précise les sources du doute. « Lunel n’a pas une population riche, qui doit manger pas mal de produits transformés ». La commune est aussi entourée de terres agricoles et il se trouve que les engrais phosphatés sont largement pointés du doigt par le rapport de l’Anses. « On a les moyens de rechercher la signature chimique du pollueur ».

    Déjà les Pfas…

    Si les écologistes jouent la carte du principe de précaution, c’est aussi parce qu’ils ont déjà été échaudés sur le sujet de l’eau. L’an passé, il a été révélé dans l’eau potable des taux de Pfas (per- et polyfluoroalkylées, des polluants éternels) supérieurs aux normes dans les communes voisines de Lunel-Viel, Saint-Just ou Saint-Nazaire-de-Pézan. « Les Lunellois sont en droit de savoir ce qu’ils mangent et ce qu’ils boivent ».

    S’il s’agit d’un problème de santé publique qui relève en soi de l’Etat, les collectivités ont aussi leur mot à dire et un rôle de garde-fou à jouer. « Le maire a le devoir d’informer la population. Il peut intervenir sur les menus dans les cantines, dans l’agriculture et la bétonnisation via les points de captage de l’eau », illustre l’écologiste qui rappelle que « dès qu’on imperméabilise, on touche au cycle de l’eau ».

    Ainsi la politique jugée pro-industrielle de la municipalité de droite est-elle décriée. « Sur le projet de zone des Dardaillons, on avait demandé des études sur la qualité de l’eau, rien n’a été fait », déplore-t-elle. « On est dans un système où l’industriel décide et le politique suit ». La co-secrétaire régionale des écologistes y voit la limite des élus soi-disant apolitiques. « Ils n’ont pas de militants ni de spécialistes qui leur donnent d’autres éléments pour décider que ceux de l’industriel ou du café du commerce ».

  • Le lac de Rives, les Calanques du Larzac

    Le lac de Rives, les Calanques du Larzac

    La dernière fois que c’est arrivé, c’était en 2014. À Rives, commune héraultaise, les fortes précipitations de ce début d’année ont permis la réapparition d’un lac temporaire. Un phénomène qui arrive une fois tous les dix ans. Voilà plusieurs mois maintenant que ce lac éphémère attire les curieux et autres touristes, dans ce coin du Larzac généralement sans cours d’eau. « Comme le sol est argileux, les eaux au bout d’un moment ne s’infiltrent pas complètement. Et en même temps, comme il a beaucoup plu – au moins 100 mm -, l’eau va aussi s’infiltrer dans les terrains qui sont plus perméables autour, dans le karst, où on retrouve aussi du sable dolomitique, les produits d’érosion du calcaire  », souligne Laurent Danneville, hydrogéologue et directeur général adjoint du Parc naturel régional des Grands Causses.

    Ce karst et ce sable vont ainsi créer des sources de débordement qui viendront alimenter le lac dans un second temps – qui change de couleur et s’éclaircit – permettant au point d’eau de durer plusieurs mois. Vient ensuite la vidange, qui est en train de se produire actuellement. « Au fond du lac, on a un ancien avène [puits creusé dans la roche, Ndlr.] plus ou moins artificialisé. Et donc les eaux vont s’infiltrer et au bout de quelques semaines, le lac se vide. Il y a aussi l’effet de l’évapotranspiration », poursuit Laurent Danneville. Cette vidange ira alimenter une autre nappe phréatique, la source de la Sorgues, près de Saint-Affrique, dans le Sud-Aveyron. « Il n’y a jamais eu une mesure complète. On est en train de travailler avec des scientifiques de Montpellier, Hydroscience et on a mis des sondes de mesure depuis un mois pour regarder un peu comment ça se passe », précise l’hydrogéologue.

    Présence d’animaux

    Si le lac apparaît environ tous les dix ans, les périodes de fortes précipitations devraient s’amplifier du fait du dérèglement climatique. Et donc le lac réapparaître plus souvent. Une aubaine pour les chirocéphales, petits animaux vivant dans le lac. « Lors de la ponte, les œufs sont dans ces argiles au fond du lac. Lorsqu’il pleut et que le lac réapparaît, la vie revient, ce sont des petites bêtes de 4-5 cm qui sont là, qui vont se reproduire et restent là », éclaire Laurent Danneville.

    De fait, le lac attire de nombreuses personnes. Kayak, plongée dans des eaux pouvant atteindre 5-6 mètres de profondeur. Problème : il se situe sur un terrain privé. « Il y a toute une réglementation et il ne faut pas marcher n’importe où, faire attention à la faune. Il faut que les gens soient prudents et se garent correctement », fait valoir le directeur général adjoint du PNR, dont le parc est en train de voir comment améliorer l’accessibilité afin de préserver au mieux ces calanques du Larzac.

  • L’agglomération mise sur le recyclage avec les points d’apport volontaire

    L’agglomération mise sur le recyclage avec les points d’apport volontaire

    Dans les onze communes où les points d’apport volontaire ont été déployés, on constate une augmentation considérable du tri et une baisse des ordures ménagères », se félicite Vincent Allevard, vice-président de l’agglomération DLVA en charge notamment de la gestion des déchets. « Nos ordures ménagères sont enfouies à Valensole, ce qui nous coûte extrêmement cher », a expliqué le premier adjoint au maire d’Oraison (Ren.), alors que huit nouveaux points d’apport volontaire étaient en train d’être installés par un grand camion équipé d’une grue embarquée à La Brillanne mardi matin.

    « On a fait des autopsies de poubelles, et on a remarqué que 70% des ordures ménagères pouvaient être triées », a souligné le vice-président de l’agglomération rassemblant 25 communes, parmi lesquelles Valensole, Manosque ou encore Esparron-de-Verdon. Il a insisté sur l’importance de « passer à une taxe d’enlèvement des ordures ménagères incitative », qui permette de « faire payer ceux qui ne trient pas ». Il a également mis en avant le fait que le passage à ces points d’apport volontaire nécessiterait moins d’agents pour la collecte, en l’occurrence « un seul agent au lieu de trois ». Ces travailleurs pourraient ainsi « être répartis sur d’autres missions ».

    « Cela initie un changement pour les personnes qui ne triaient pas, et, pour celles qui trient, c’est plus simple, plus pratique », a affirmé Alice Beckert, directrice environnement à la DLVA. Ces points d’apport sont pour l’instant installés dans les plus petites communes de l’agglomération.