Category: environnement

  • Une douche révolutionnaire inventée à Avignon lauréate du concours Lépine

    Une douche révolutionnaire inventée à Avignon lauréate du concours Lépine

    La douche, certains y vont à reculons, d’autres peuvent y passer une heure, mais très peu profitent des premières gouttes froides, voire glacées, avant que l’eau ne soit à la température souhaitée. Un moment désagréable, mais aussi un gaspillage de parfois plusieurs litres d’une ressource de plus en plus rare. C’est à cela que la colonne de douche Opty-O, inventée par Simon Lillamand et qui a gagné la médaille d’or, prix de la mairie de Paris au concours Lépine de la Foire de Paris, tente de répondre.

    Dans ses ateliers, dans la pépinière d’entrepreneurs Créativa du Grand Avignon, l’inventeur se réjouit de cette récompense et la voit comme « une reconnaissance du travail accompli ». Avec l’objectif d’une industrialisation à plus grande échelle. Et pour ce faire, il faut donc des moyens. « Comme toutes les entreprises, on a besoin d’une levée de fonds dans une situation économique pas très facile. Il faut convaincre des investisseurs pour poursuivre le développement », confie-t-il dans son local encore quelque peu encombré après le retour de la capitale.

    320 euros d’économies

    Le système paraît sur le papier simple, « mais c’est évidemment plus compliqué que cela », glisse l’ingénieur. Avant de vouloir se laver, l’utilisateur de la douche Opty-O doit appuyer sur un bouton afin de lancer le système. À l’intérieur de cette sorte de boîtier, l’eau froide inutilisée est stockée et un voyant vert s’allume lorsqu’un détecteur note que l’eau est chauffée, ce qui signifie que l’on peut commencer à se doucher sans problème de température. L’eau trop fraîche est ensuite réinjectée au fur et à mesure dans le système. « Il faut l’utiliser directement car sinon, l’eau croupit et devient inutilisable », poursuit Simon Lillamand. D’après ses calculs, pour une famille de quatre personnes, l’économie annuelle serait comprise entre 160 et 320 euros par an. Soit un retour sur investissement en plus ou moins trois ans. Un « système lumineux pédagogique » est également intégré dans l’appareil afin d’inciter les utilisateurs à diminuer la durée sous les jets. D’après l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, le temps passé en moyenne sous la douche est de neuf minutes, alors que cinq minutes suffisent.

    Une invention qui peut potentiellement concerner tout le monde. Et qui, comme la plupart des bonnes idées, pousse à se demander pourquoi personne n’y a pensé avant. « Eh bien, il y a déjà eu des tentatives. Mais dans les brevets déjà déposés, il manquait plusieurs éléments que l’on a pu ajouter », explique l’inventeur. Pour l’heure, les premières commandes et les rendez-vous s’enchaînent. Avec notamment des hôtels et des lieux d’accueil qui s’intéressent de plus en plus à ce système qui laisse entrevoir de belles économies d’eau et d’argent. « L’objectif de la première année était de prouver que le produit fonctionne et qu’il trouve son marché. Aujourd’hui, nous avons des colonnes installées, des retours utilisateurs très positifs et une production désormais intégrée à Avignon. La prochaine étape est d’accélérer fortement la distribution », insiste le fondateur d’Opty-O. Pour l’heure, une cinquantaine de colonnes ont pu être installées.

  • Des jeunes unis pour la Méditerranée

    Des jeunes unis pour la Méditerranée

    Dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, étudiants et jeunes chercheurs se sont retrouvés à Marseille pour l’Agora des jeunes, organisée dans le cadre de l’événement Alter Méditerranée.

    Portée par Aix-Marseille Université (AMU), cette journée ouvrait un espace de parole où la jeunesse méditerranéenne pense, ensemble, son avenir. Le ton est donné par Quentin Acquatella, vice-président étudiant d’AMU : « Être Méditerranéen, c’est une volonté de vivre ensemble. C’est la flottille qui part à Gaza. C’est SOS Méditerranée qui essaye de sauver des vies en mer. Nous avons besoin de l’insurrection humaine. Et si elle doit partir de quelque part, elle ne peut que partir de chez nous. »

    Pour Maryline Crivello, coordinatrice à AMU, cet après-midi permet aux étudiants, de disciplines variées et depuis plusieurs littoraux, de « s’approprier ces questions et raconter cette histoire ». Ce travail prend des formes concrètes. Les étudiants de Master 2 de l’École de journalisme et de communication d’Aix-Marseille (EJCAM) ont conçu des créations artistiques inspirées de la mythologie méditerranéenne : contes, jeux de société, courts-métrages… tout en respectant des contraintes écologiques strictes. Les Master 1 de Français langues étrangères (FLE) ont co-construit des cours de français et rédigé des manifestes plurilingues sur l’urgence climatique.

    Derrière ces initiatives, la Chaire Unesco « Éducation à la transition environnementale en Méditerranée » et le réseau Thétys, partenaire d’une centaine d’universités euro-méditerranéennes, structurent et accompagnent ces jeunes chercheurs de l’idée à l’action.

  • La nappe de La Crau « dans une période charnière »

    La nappe de La Crau « dans une période charnière »

    Philippe Léandri entame son mandat de président du Symcrau « dans une période charnière » pour la nappe phréatique. Le maire de Grans (DVD), qui succède à Céline Tramontin, affirme : « On est face à des défis contemporains. »

    Il en distingue trois. Le changement climatique, d’abord.
    « Un certain nombre d’études nous laissent envisager qu’en 2050, il va nous manquer 90 millions de m3 d’eau, avec des répercussions sur nos forages. » Les premiers concernés seraient de Port-Saint-Louis-du-Rhône, de Mas Thibert et de Saint-Hippolyte, qui alimente l’agglomération arlésienne.

    Actuellement, 75 millions de m3 sont prélevés chaque année dans la nappe pour alimenter 300 000 foyers en eau potable (39% de son usage), mais aussi les activités industrielles et militaires (24%) et l’agriculture (36%). Une quantité supérieure à « ce que la pluie va amener naturellement », détaille la directrice du Symcrau Charlotte Alcazar. Si la nappe réussit cet exploit, c’est qu’elle est approvisionnée par un transfert d’eau de la Durance – qui alimente par ailleurs l’ensemble des usagers de trois départements et les centrales hydroélectriques d’EDF –, elle-même affectée par le changement climatique. « Si on n’avait pas le transfert d’eau, la nappe figurerait parmi les plus surexploitées d’Europe, poursuit Charlotte Alcazar. (…) Économiser l’eau, c’est aussi garantir une certaine souveraineté de La Crau. »

    Le deuxième défi concerne la fragilité du modèle, qui repose sur des canaux qui « commencent à être dans un état insuffisant », développe Philippe Léandri. Leur entretien, au coût élevé repose « sur 325 exploitations agricoles » qui produisent du foin de Crau, précise la directrice du Symcrau. « Aujourd’hui, ce secteur est en crise », reprend le président.

    La pression de l’aménagement, enfin, constitue le troisième défi. « Entre la décarbonation de notre industrie, l’implantation d’un certain nombre d’entreprises et l’arrivée de nouveaux particuliers, on doit sécuriser, moderniser nos réseaux en restant avec un coût de l’eau abordable pour tous. » Mis en place l’an dernier, un Schéma d’aménagement et de gestion des eaux écrit par la Commission locale de l’eau a pour objectif d’innover pour avoir une charge financière supportable et répartie et de « faire mieux avec moins d’eau ».

  • Le petit épeautre, vedette de Haute-Provence

    Le petit épeautre, vedette de Haute-Provence

    « C’est une céréale qui a sauvé mon exploitation. » Cédric Truphemus est agriculteur installé sur la commune de Rosans depuis 1999. Il cultive une céréale millénaire, mais longtemps tombée en disgrâce : le petit épeautre. Ce jeudi, il a ouvert les portes de sa ferme dans le cadre des visites du projet Alimentaire territorial des Hautes-Alpes (PAT). Des rendez-vous organisés dans des exploitations par le Département, la Chambre d’agriculture et l’Agence de développement pour soutenir les initiatives agricoles et favoriser l’accès à une alimentation locale de qualité.

    Converti en bio, Cédric Truphemus s’est lancé dans la culture de cette céréale en 2003. « On était deux avec mon père, qui était plutôt visionnaire et qui cherchait des idées pour enrichir l’exploitation, se remémore-t-il. Il s’est renseigné, a rencontré des producteurs de la région qui commençaient à faire ressortir le produit, qui était un peu perdu. Ça se développait doucement et un syndicat s’est monté pour créer une IGP (appellation géographique protégée) en 2009. »

    Une céréale adaptée

    au territoire

    Cultivé dans le bassin méditerranéen depuis 9 000 ans, le petit épeautre est une céréale emblématique de Haute-Provence. Peu à peu remplacée par le blé et d’autres céréales transformées génétiquement pour avoir de meilleurs rendements, la filière connaît un regain depuis plusieurs années, notamment en raison des vertus nutritives de cette céréale souvent très peu raffinée.

    « C’est l’une des premières céréales cultivées par l’Homme, dont on a gardé la souche de base. N’importe quelle céréale que vous allez acheter a été transformée génétiquement, pas le petit épeautre, explique Cédric. Il y a huit acides aminés dedans, des protéines, des glucides des lipides… c’est très complet. » Il présente aussi un autre avantage : un faible taux de gluten, le rendant souvent bien plus tolérable que le blé aux personnes perturbées par ces protéines.

    Si le petit épeautre a des rendements faibles et nécessite de rester presque un an en terre, de septembre à août, il requiert peu d’intrants et d’eau, ce qui en fait une culture non-intensive bien adaptée à des sols pauvres, de montagne et de climat sec.

    L’intérêt croissant suscité par la céréale a amené Noëlle et Laurent, deux restaurateurs installés à Rosans depuis 2020, à intégrer à leur menu le petit épeautre de Cédric Truphemus. « Le petit épeautre se cuisine en une demi-heure. C’est un super substitut au riz par exemple, rapporte Laurent. On cherchait un produit qui représente Rosans. L’agneau est déjà très connoté Sisteron. Je me suis dit que le petit épeautre local méritait d’être connu. » Pour la visite du jour, ils ont préparé un « menu petit épeautre » du plat au dessert, qui démontre la polyvalence culinaire de la graine : en entrée, rouleau de crêpe de petit épeautre avec du chèvre frais, suivi d’agneau accompagné du petit épeautre aux légumes. Enfin, en dessert, petit épeautre au lait et financier aux amandes… et petit épeautre.

  • Une traque aux loups condamnée dans les calanques

    Une traque aux loups condamnée dans les calanques

    Le 6 septembre 2025 au matin, un cameraman était surpris par un garde du Parc national des Calanques, dissimulé derrière un filet de camouflage pour filmer des loups gris avec du matériel professionnel dans une zone de reproduction du loup. Pour le PNC, ce professionnel a perturbé la meute et ses louveteaux.

    Pièges photos et planque

    Alertés, des inspecteurs de l’environnement le contrôlaient. Il remettait son matériel après avoir conservé la carte SD. Plus tard, il montrait les images enregistrées le jour même où l’on voit des louveteaux, ainsi que des photos anciennes prises durant 15 jours en août grâce à des pièges photos. Ces « camtraps » étaient positionnés au cœur même du site d’élevage et de nourrissage de ces louveteaux nés en 2025.

    Une autorisation de tournage avait bien été délivrée à la société de production en vue d’un documentaire pour Arte sur les écosystèmes face au réchauffement climatique, mais elle avait expiré depuis un mois. Et surtout elle excluait explicitement les prises de vues de loups après refus catégorique et écrit du service d’instruction des autorisations du Parc en février 2024 : « S’agissant du loup, après discussion en interne, nous ne souhaitons pas qu’il y ait d’images de cette espèce. » La réalisatrice avait alors répondu : « C’est bien noté pour le loup, je transmets votre réponse à Arte. » Donc pas d’affût cinématographique du loup gris Canis Lupus.

    En audition, la réalisatrice a reconnu la frustration née de ce refus : « On était dégoûtés, toute la presse en parle et nous, on essaye de faire les choses correctement et on n’a pas le droit de parler de cette espèce. » D’ajouter : « On est tout le temps sur le fil entre l’envie de voir le loup et l’interdiction de le mettre dans le film. On espérait le voir. Pendant deux ans on n’a pensé qu’à lui. »

    Le tribunal a prononcé la relaxe du cameraman, de la réalisatrice et de la productrice du seul délit de « perturbation volontaire illicite d’une espèce protégée non domestique », estimant que la perturbation effective n’était pas caractérisée.

    Si un garde du Parc a témoigné que la meute de loups a délaissé le lieu de rencontre capté par l’opérateur trois ou quatre jours après et que les loups se sont alors déplacés près de la route de la Gineste, un louveteau ayant d’ailleurs été percuté par un véhicule, le garde a aussi précisé que ce déplacement pouvait s’inscrire dans le comportement normal des loups ou être causé par le passage d’un autre promeneur.

    L’intention de perturber est écartée au vu des nombreuses précautions professionnelles prises par l’opérateur qui s’était camouflé et qui gérait ses odeurs pour ne pas être détecté. Il indiquait avoir été à 150 mètres de la zone captée par le piège photo, correspondant au site de rendez-vous des loups, avoir estimé être à bon vent et avoir adopté des précautions olfactives. Il estimait avoir pris toutes mesures nécessaires pour ne pas perturber l’espèce.

    Pas d’autorisation

    En revanche, le tribunal a reconnu le chef opérateur et la réalisatrice d’exercice illégal d’une activité en cœur d’un Parc national. Les échanges d’emails et de messages sur WhatsApp prouvent qu’ils avaient bien conscience de l’expiration de l’autorisation et révèlent une stratégie pour filmer le loup en cachette afin de ne pas éveiller le Parc. Leurs intentions étaient d’intégrer le documentaire destiné à Arte.

    La productrice du documentaire est relaxée. Si la société était bien informée de l’interdiction globale du Parc, rien ne prouve qu’elle a participé aux échanges ni qu’elle avait validé ou rémunéré ce tournage avec des loups.

    Tenant compte de l’absence d’impact écologique direct des faits et de leur casier judiciaire vierge, l’opérateur écope de 2 000 euros d’amende avec sursis. Son matériel de tournage lui est restitué. La réalisatrice écope de 3 000 euros d’amende avec sursis. Une dispense d’inscription au bulletin n2 du casier judiciaire leur est accordée. En réparation de l’atteinte à sa mission statutaire et atteinte à son image, les deux condamnés devront verser 800 euros chacun au Parc national des Calanques. Constituées parties civiles aussi, quatre associations de protection de l’environnement (Aspas, Ferus, LPO Paca et One Voice) recevront chacune 1 000 euros en réparation de leur préjudice moral. Elles dénonçaient une « course aux images » aux conséquences dramatiques.

  • Après l’incendie de 2020, un sentier pour arpenter Castillon

    Après l’incendie de 2020, un sentier pour arpenter Castillon

    Les versants de l’étang du Pourra portent encore les stigmates de l’incendie du 24 août 2020. « Avant, c’était aussi arboré que sur le plateau au-dessus », confie le directeur de l’agence des Bouches-du-Rhône de l’Office national des forêts (ONF), Julien Panchout, en pointant la différence de végétation d’une strate à l’autre. Le mégot d’un automobiliste a eu raison de 120 ha de la forêt domaniale du Castillon. Dans sa course effrénée, « aussi rapide qu’un cheval au galop », se rappelle le maire de Port-de-Bouc Laurent Belsola (PCF), le feu a également ravagé 40 ha de végétation du Conservatoire du littoral et 170 ha de forêts privées.

    Un peu moins de six ans plus tard, grâce à une démarche partenariale public-privé, un sentier de découverte renaît. Le chemin serpente au-dessus de l’étang du Pourra sur 1,2 km, en contrebas de la cabane des chasseurs. « C’est la dernière pierre d’un projet qui aura duré cinq ans, révèle Alice Triquenaud, adjointe au directeur territorial de l’ONF. (…) Après la gestion d’incendie, il a rapidement fallu planifier les opérations, identifier les enjeux prioritaires. On est sur un site classé remarquable en termes de biodiversité, avec des étangs qui sont des relais pour les oiseaux migrateurs. On a une diversité faunistique et floristique considérable, mais aussi des enjeux d’accueil du public et donc une priorité donnée par nos équipes sur la sécurisation du site. »

    400 000 visiteurs par an

    Au lendemain de l’incendie, les équipes de l’ONF ont donc réalisé un inventaire des dégâts et commercialisé une partie du bois brûlé pour en faire de la plaquette forestière. « Les engins n’ont pas pu passer sur une quarantaine d’hectares, donc on n’a pas pu tout exploiter, il a fallu y aller à la main, et il y a une partie qu’on laisse pour accompagner la régénération naturelle parce que notre stratégie à l’Office », explique Alice Triquenaud. Les bois morts, eux, ont été évacués le plus rapidement possible pour éviter une prolifération de scolytes dans les années à venir.

    Une fois ces premiers travaux réalisés, l’ONF s’est penché sur la réhabilitation du sentier de découverte. « On est partis sur des pierres sèches, on n’est pas repartis sur du bois, avec les impacts budgétaires que ça peut avoir », souligne l’adjointe, fière de l’ingénierie et de l’inventivité déployées pour l’intégration paysagère de ce parcours de randonnée ponctué de panneaux pédagogiques.

    Chaque année, près de 400 000 personnes arpentent les 250 ha du domaine de Castillon. « C’est le poumon vert du territoire, affirme le maire de Saint-Mitre-les-Remparts, Vincent Goyet (DVD). L’industrie est une richesse, on y est attachés, mais on cherche l’équilibre entre son développement sans pour autant renoncer à défendre et valoriser cette nature. »

  • Un musée pour sensibiliser à la biodiversité du Frioul

    Un musée pour sensibiliser à la biodiversité du Frioul

    À l’intérieur, la sobriété domine, laissant la mer et l’île aride comme seuls éléments de décor. L’architecte Thierry Gueza a voulu y recréer l’atmosphère d’un cabanon marseillais. Le long de son balcon, des panneaux d’illustrations expliquent la faune et la flore maritime et terrestre de l’archipel. Les promeneurs des environs sont les bienvenus et même invités à visiter la Villa Marine, dédiée à la découverte et au respect de ce patrimoine protégé.

    Préserver l’archipel,

    un engagement collectif

    Les divers acteurs à l’initiative de ce projet étaient présents, pour l’inauguration, ce jeudi, fiers de cette convergence de savoirs scientifiques et de cette collaboration entre acteurs publics, associatifs et citoyens. « Ce qui est beau, c’est qu’on arrive à se retrouver hors des étiquettes politiques et construire des ponts entre nous pour protéger la mer », estime Christophe Madrolle (UDE), conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur et président de la commission biodiversité, mer et littoral, parcs naturels régionaux, risques.

    L’objectif affiché est de préserver une « biodiversité exceptionnelle, qui lui a valu le bénéfice d’être incluse dans le périmètre du Parc national des Calanques en 2012 », rappelle Didier Réault, président du Parc des Calanques, par ailleurs vice-président du conseil départemental des Bouches-du-Rhône. Un titre qui a notamment gelé tout nouveau projet immobilier sur les îles. « Le Département que je représente, celui présidé par Martine Vassal, a à cœur d’être présent sur l’ensemble de ces espaces naturels et d’y adopter une bonne gestion », ajoute-t-il.

    L’archipel du Frioul accueille chaque année entre 400 000 et 500 000 visiteurs, tout en demeurant un quartier résidentiel de Marseille. Dans ce contexte, la gestion des eaux usées, de l’énergie et des usages humains constitue un enjeu primordial. La Ville de Marseille s’engage et agit aussi par la restauration des milieux naturels, la régulation des usages et le développement de mouillages écologiques. Pour Hervé Menchon, adjoint au maire en charge de l’environnement et de la biodiversité, cette inauguration marque un moment particulier : « En ces temps compliqués de mise à mal des engagements environnementaux et de défiances croissantes partout dans le monde face aux vérités scientifiques, il es t précieux de pouvoir ouvrir au grand public un nouveau lieu d’éducation à l’environnement », exprime-t-il.

    Un besoin de préservation qui se transmet puisque ce site s’inscrit dans la volonté affirmée par le maire (DVG) Benoît Payan, à l’occasion des Jeux olympiques d’été de 2024, d’offrir à tous les élèves de CM1 et CM2 une expérience au contact de la mer, avant leur entrée au collège. Les travaux de la Villa Marine auront nécessité l’intervention de 13 corps d’état et auront coûté 1,7 million d’euros aux partenaires financiers.

  • Cinq tonnes de déchets récoltés sur le site de Corbière

    Cinq tonnes de déchets récoltés sur le site de Corbière

    Sur la plage de Corbière, ce mercredi matin, des dizaines de petites mains s’activent entre les rochers. « J’ai trouvé une bouteille ! » « Moi, j’ai un mégot ! ». Une centaine d’enfants venus de centres aérés voisins, mais aussi des particuliers, se sont réunis dès 9h30 pour un grand nettoyage de la côte. Munis de gants, sacs en plastique et pinces, ils sont tous vêtus de t-shirts floqués « le Grand bleu », l’association organisatrice de l’événement.

    Brahim Timricht est son fondateur. Depuis 22 ans, grâce à cette manifestation, il sensibilise les plus jeunes à la protection de l’environnement. « C’est une goutte dans le sable, mais des milliers de gouttes font des rivières. Sensibiliser les tout-petits, dès 3 ans, c’est créer des réflexes pour plus tard. » Brahim Timricht, qui a été nommé cette année Chevalier de l’ordre du mérite, est un homme engagé socialement. Notamment au travers d’activités nautiques et de l’apprentissage de la nage, qu’il organise toute l’année. « On transmet aux jeunes marseillais le goût et le respect de la mer. »

    Cette journée s’inscrit donc dans la continuité de son action. À la base nautique de Corbière, kayak, paddle géant, voilier et même une double pirogue polynésienne, « la première de Marseille », sont mis à disposition des enfants pour récupérer des déchets en mer et pour beaucoup, découvrir ces sports nautiques souvent inaccessibles.

    La valeur du collectif

    La joie se lit sur le visage des enfants, qui sont 400 à participer aux activités de l’après-midi. Un moment de jeu et de découverte autour de l’écologie qui demande de la cohésion d’équipe et qui valorise les enfants. « Je suis fière, on a rendu notre plage plus propre », explique Mélissa, 8 ans, qui vit à l’Estaque.

    Les soutiens institutionnels et privés, notamment Suez et la Seramm, étaient présents pour assister à l’événement. Isabelle Epaillard, préfète déléguée à l’égalité des chances, espère que le projet s’élargisse au-delà de Corbière. « Nous soutenons désormais le développement des activités du Grand bleu à l’ancien village olympique. » Durant la journée, environ 5 tonnes de déchets ont été récoltées par les enfants.

  • La Camargue lève les yeux vers l’Unesco

    La Camargue lève les yeux vers l’Unesco

    La Camargue ne veut plus seulement être regardée comme une carte postale. Marais, taureaux, chevaux, flamants roses, salins, rizières, roselières : derrière les images connues, c’est tout un territoire vivant, fragile et menacé qui cherche aujourd’hui une reconnaissance internationale. Portée par l’association « La Camargue à l’Unesco », créée fin 2023, la candidature du delta du Rhône au patrimoine mondial naturel se structure pas à pas. Avec une conviction martelée par ses promoteurs : il ne s’agit pas de mettre la Camargue « sous cloche », mais de mieux organiser sa protection.

    Réunis en avril à Vauvert, au siège du Syndicat mixte de la Camargue gardoise, les membres de l’association ont présenté l’avancée du dossier devant élus, associations et habitants. À leur tête, Stanislas Blohorn, président, et Véronique Jullian, vice-présidente, portent une ambition de long terme. « On avance », résume cette dernière. Une première étape a déjà été franchie avec un courrier adressé au ministère de la Transition écologique pour formaliser la démarche. Le territoire figure d’ailleurs depuis 2002 sur la liste indicative française de l’Unesco, passage obligé avant toute candidature officielle.

    Un delta, cinq arguments

    Pour convaincre, l’association a défini cinq grands axes. Le premier tient au delta du Rhône lui-même, l’un des plus vastes d’Europe, né d’un fleuve prenant sa source dans les Alpes suisses avant de rejoindre la Méditerranée. Un espace façonné par l’eau, les sédiments, les crues et les vents. Un « laboratoire à ciel ouvert » face au changement climatique.

    Le deuxième axe met en avant les processus naturels rares : lagunes, cordons littoraux, dynamique sédimentaire, interaction permanente entre le fleuve et la mer. Le troisième insiste sur la biodiversité exceptionnelle du territoire, tandis que le quatrième valorise son rôle de carrefour migratoire majeur. Quelque 350 espèces d’oiseaux y trouvent refuge ou passage, entre Afrique et Europe du Nord. Enfin, le dernier pilier du dossier concerne la relation ancienne entre l’homme et la nature : riziculture, salins, élevage de taureaux et de chevaux, récolte de la sagne. Ici, les activités humaines font partie du paysage.

    C’est un point sur lequel les porteurs du projet insistent. Une inscription à l’Unesco ne signifierait pas l’arrêt de la vie locale. « L’Unesco n’interdit pas, elle organise », rappellent-ils. L’enjeu est au contraire de concilier protection de la nature, agriculture, tourisme et activités économiques. Dans une Camargue déjà confrontée à la salinisation des eaux, à l’érosion du littoral, à la pression touristique, aux projets industriels ou d’infrastructures, la reconnaissance mondiale pourrait permettre de mieux coordonner les réponses.

    Une gouvernance

    à inventer

    Car le territoire souffre aussi d’un morcellement institutionnel. Grande et Petite Camargue, Gard, Bouches-du-Rhône, Occitanie, Paca, communes, syndicats mixtes, parcs, propriétaires privés, acteurs économiques : chacun gère une partie du puzzle. Pour l’association, la candidature doit permettre de dépasser ce millefeuille. Elle se présente comme un facilitateur et plaide pour une gouvernance partagée, autour d’un organe juridique nouveau et d’un plan de gestion sur dix ans. « On doit montrer qu’on est capable de fédérer tous les acteurs », insiste Véronique Jullian.

    Le chemin reste long. L’État devra actualiser l’inscription sur la liste indicative, puis décider de porter officiellement le dossier devant l’Unesco. Études, concertation, financements : plusieurs années seront nécessaires, avec un horizon de
    « 5-6 ans ». Mais pour ses défenseurs, l’enjeu dépasse le prestige. Il s’agit de faire de l’Unesco non pas une médaille, mais un outil : pour mieux protéger la Camargue, renforcer sa visibilité internationale et construire un développement durable à la hauteur de ses fragilités.

  • Faire vivre un territoire en alliant nature et culture

    Faire vivre un territoire en alliant nature et culture

    Observer, comprendre, s’adapter plutôt que de façonner. Telle est la philosophie du paysagiste et écrivain de renommée internationale, Gilles Clément. Allié au chorégraphe Christian Ubl, il a mis en œuvre une balade chorégraphiée dans le domaine de Montgolfier, un espace préservé de 12 hectares en plein cœur du 14e. Cet événement alliant culture et nature s’inscrit dans le festival « Nature et Biens communs », organisé par le théâtre du Zef.

    Ce lieu relais-nature, l’un des quatre que compte Marseille, a accueilli, ce mercredi, une quarantaine de personnes. Les étudiants du lycée Diderot et des femmes du centre social senior des Flamants se retrouvent pour se mouvoir et découvrir la faune et la flore du domaine, du cyprès chauve de Louisiane aux tulipiers de Virginie, pour arriver jusqu’au parc urbain des papillons (PUP), un site expérimental dédié à la biodiversité urbaine. La plupart, habitants compris, ne s’étaient jamais rendus en ces lieux. Francesca Poloniato, directrice du Zef, plaide pour un « regard artistique sur le vivant ». « C’est important de ressentir les choses plutôt que de performer », surenchérit Christian Ubl, convaincu que cela permet de « sensibiliser au vivant autrement, dans un autre espace et de façon plus lente ».

    Faire découvrir les « lieux fantastiques de Marseille »

    « Avec cette balade, il y a la volonté de montrer les lieux fantastiques de Marseille. Il est important de faire la promotion de ces espaces en alliant tous les acteurs territoriaux et de montrer que tout est accessible », souligne Chahidati Soilihi, adjointe à l’Agriculture urbaine, présente ce mercredi.

    La balade commence avec quelques mouvements proposés par Christian Ubl, avant d’entamer les explications de Gilles Clément, à l’ombre des arbres. « Ce lieu pourrait devenir une source vivrière », clame le paysagiste, qui défend un modèle économique et politique en vue de « rendre les habitants autonomes face aux crises ». Le lieu a pour vocation de développer une zone maraîchère sur 3 des 12 hectares du domaine, afin de cultiver des fruits et légumes à destination des habitants. Lors des arrêts, Christian Ubl lit des extraits de L’Éloge de la marche, écrit par le philosophe David Le Breton, celui qui érige la marche comme acte de résistance et comme un retour à soi. Le temps de la balade, les visiteurs oublient presque qu’ils se trouvent en ville.

    Les femmes du centre social senior des Flamants découvrent le lieu pour la première fois : « En 50 ans, je n’étais jamais venue. C’est bien pour les échanges et pour sortir de chez soi, sentir la brise », partage l’une d’entre elles.

    La 6e édition de « Nature et biens communs », pilotée par la Zef, se déroule jusqu’au 7 juin.
    Détails sur le site lezef.org.