Category: environnement

  • A Marseille, la posidonie retrouve des couleurs

    A Marseille, la posidonie retrouve des couleurs

    L’initiative de préservation et de sauvegarde des herbiers de posidonie, adoptée il y a deux ans, semble pour l’instant être un succès. Lors du vote du Plan posidonie, fin 2023, douze projets devaient être lancés sur cinq ans. Début 2026, neuf d’entre eux ont déjà été engagés et les observations sont positives.

    Ce plan a pour vocation de préserver ce « poumon de la Méditerranée », menacé par un trafic maritime intense, les activités humaines et la pollution de l’eau. Hervé Menchon, adjoint au maire en charge de la mer et de la biodiversité marine, souligne d’une part l’engagement de la Ville, « seule municipalité à subventionner », et d’autre part celui du GIS posidonie, qui a réalisé les phases d’expérimentation. Le programme est le fruit d’un travail collectif mené avec des scientifiques et des associations, dont « les résultats sont concluants », précise l’élu.

    « Un trésor immergé »

    Les herbiers de posidonie, espèce endémique, « s’étendent sur 107 hectares autour du Frioul, 414 hectares autour de l’archipel de Riou (…) et près de 100 hectares entre l’Estaque et Corbière », détaille la Ville de Marseille. Patrimoine maritime, « c’est un trésor, c’est notre monument immergé. À Paris, ils ont la tour Eiffel, nous, on a une tour Eiffel sous l’eau. Pour moi, on est à ce niveau de valeur », affirme Hervé Menchon.

    Il rappelle aussi le rôle de cette plante dans la relation entre les habitants et la mer : « Grâce à la posidonie, on a réintroduit la culture de la mer à Marseille : on s’est aperçu que cette mer devait être protégée, car elle a des influences directes sur nos modes de vie et notre climat. »

    Pour préserver ces végétaux précieux, l’Alliance posidonia, dont la Ville est membre, mène le programme « Résiliation et restauration de l’herbier de posidonie de la baie du Prado ». La première action, « Reposeed » a permis un taux de survie de 3%. La deuxième, « Transpo-Marseille », a obtenu « après quatre mois, un taux de survie de 90 à 100% ».

    Les effets sont visibles pour les habitants. La plage des Prophètes s’est agrandie grâce à la « technique du mille-feuilles, qui a permis de stabiliser l’érosion du sable. Sur la partie nord, le sable a avancé vers la mer ». Hervé Menchon souligne, avec cet exemple, les « bienfaits immédiats de ce Plan posidonie ». Avec ce bilan, la Ville expose des résultats encourageants.

    Au Frioul, la protection est aussi de la partie, ajoute l’adjoint à la mer : « Des bouées écologiques ont été installées pour que les bateaux ne jettent pas l’ancre. » Malgré ces résultats encourageants, Hervé Menchon rappelle la fragilité de l’écosystème : « La posidonie aujourd’hui se porte mieux, mais ça reste un herbier fragile. Le retour en arrière pourrait être très rapide, il suffirait de cesser d’être vigilant, de laisser les bateaux aller n’importe où. » Quoi qu’il en soit, « le plan se poursuit, et est une avancée formidable pour la ville de Marseille et pour l’écologie », conclut-il.

  • Un salon de l’Agriculture sous tension

    Un salon de l’Agriculture sous tension

    C’est malheureusement devenu une constante. Le Salon international de l’agriculture, dont le coup d’envoi est donné ce samedi à Paris, Porte de Versailles, va se tenir dans un contexte de tension exacerbée, dans la lignée des précédentes éditions et de la colère du monde agricole.

    En toile de fond, les politiques libérales, historiquement pointées du doigt par une large part du milieu. Et dans le rôle de l’ennemi public numéro 1, l’Union européenne, vectrice de dumping social, de concurrence entre ses membres et d’accords de libre-échange nocifs pour les agriculteurs. C’est justement sur ce dernier point que le courroux a atteint un niveau particulièrement important ces derniers mois, avec la signature, crainte depuis des années et désormais entérinée, d’un accord de libre-échange entre Bruxelles et le Mercosur.

    De ce fait, la Confédération paysanne a annoncé qu’elle boycottait l’ouverture du salon et le traditionnel petit-déjeuner entre le président de la République et les syndicats. « Nous ne voulons pas être la caution de ce spectacle désolant lors duquel Emmanuel Macron a pour habitude de mentir », dénonce Thomas Gibert, porte-parole national du syndicat.

    « Sortir du dogme

    de la compétitivité »

    Ce dernier pointe du doigt l’absence de « la mise en place des prix planchers, qu’il avait promise il y a deux ans. L’année d’après, il nous avait promis, la main sur le cœur, de tout faire pour empêcher le traité de libre-échange avec le Mercosur. Encore une fois, la promesse n’a pas été tenue. Il n’a pas été assez proactif pour construire la minorité de blocage nécessaire ». Mais il indique que la Confédération paysanne sera bien présente pour le reste du salon, afin de porter « la question de la régulation du marché qui est selon nous indispensable pour avoir un revenu paysan et changer de modèle agricole. Les lois récentes, comme la loi Duplomb, ont pour objectif de rester compétitifs sur le marché international. Le problème est qu’on va aller vers toujours plus d’industrialisation, d’abaissement des normes environnementales et sociales. On a besoin de réguler le marché pour sortir de ce dogme de la compétitivité, de produire d’une manière moins intensive, pour utiliser moins de pesticides, avoir un meilleur revenu, pour protéger notre agriculture et de fait notre alimentation ».

    Le syndicat compte également dénoncer la loi d’urgence agricole annoncée en janvier par le Premier ministre Sébastien Lecornu : « C’est une réponse aux revendications de la FNSEA. On s’oppose à cette vision de l’agriculture, qui défend les intérêts d’une poignée au détriment de l’ensemble du monde paysan, toujours à destination de l’agro-industrie. On veut crier haut et fort cette différence, et pointer cette cogestion entre la FNSEA et le gouvernement, qui a poussé les politiques agricoles depuis des décennies dans l’impasse dans laquelle on se trouve », clame Thomas Gibert.

    Autre problématique : la dermatose nodulaire contagieuse, et la critique de l’action gouvernementale en la matière. Pour la première fois de son histoire, aucun bovin ne sera présent au salon, ce qui constitue, pour le syndicaliste, « la vitrine de l’échec de cette politique sanitaire inhumaine. L’abattage n’est pas justifié, c’est une décision prise uniquement sous le prisme d’une visée exportatrice, alors que des solutions scientifiques existent ». Une maladie dont ce maraîcher de Haute-Vienne « craint la résurgence au printemps, car les vecteurs risquent de se réveiller avec la hausse des températures. Il est hors de question qu’on revive le même drame que cet hiver, mais on n’a pas de réponse, et il n’y a toujours pas de volonté politique de sortir de l’abattage total », martèle-t-il, annonçant une conférence de presse à ce sujet lundi.

    « La régulation du marché
    est indispensable »

  • Terres rares : comment gagner en autonomie par rapport à la Chine

    Terres rares : comment gagner en autonomie par rapport à la Chine

    Une trentaine de chercheurs et chercheuses ont épluché pas moins de 4 100 publications scientifiques pour établir l’état des connaissances sur les défis et les opportunités d’une utilisation responsable des terres rares. L’objectif ? « Éclairer le débat public et la décision sur ce sujet sociétal important », résume Clément Levard, physico-chimiste et directeur de recherche CNRS au Centre de recherche et d’enseignement en géosciences de l’environnement (Aix-en-Provence), qui a copiloté un rapport récemment publié. « Cela s’inscrit dans une volonté de gagner en autonomie par rapport à la Chine pour renforcer notre souveraineté. »

    Car ces terres rares tant convoitées par l’industrie proviennent aujourd’hui majoritairement de Chine. Si les ressources sont plutôt distribuées sur la planète, les infrastructures pour les traiter, les séparer et les raffiner sont à 90% en Chine. « Cela crée des tensions dans un contexte géopolitique complexe », constate Clément Levard. Notamment lorsque le pays réduit ses exportations suite à un différend avec le Japon en 2010, ou plus récemment lors de l’épisode des droits de douane imposés par Donald Trump.

    Trois leviers

    Les scientifiques exposent trois leviers pour être plus souverains : la réduction de l’usage des terres rares, leur recyclage et l’extraction autrement. « Il existe un potentiel important de réduction par la substitution ou la sobriété d’usage mais la réflexion sur les usages est trop peu développée, regrette Clément Levard. En prioriser certains et faire autrement pour d’autres pourrait être un gros levier. » Quant au recyclage, seul 1% des terres rares sont recyclées. Pour plusieurs raisons : des objets dispersés difficiles à collecter, la rentabilité du recyclage et l’absence de traçabilité de la présence de terres rares dans les objets. « Mais il n’y a pas d’obstacle technologique, insiste le chercheur. Nous savons faire. » Enfin, il y a des terres rares dans certains déchets industriels et miniers -boues rouges, cendres de charbon ou résidus d’extraction de phosphates. « L’Europe a des stocks importants, assure-t-il. Mais aller y chercher des terres rares est encore peu rentable. »

    Et les ressources primaires ? « Il est raisonnable de penser qu’en consommer moins et mieux les recycler ne suffira pas à répondre à la demande croissante », admet Clément Levard. L’Europe peut nouer des partenariats avec des pays qui en ont –comme le Brésil– ou se pencher sur ses propres ressources : en Norvège, en Suède et au Groenland. « Mais ouvrir des mines prend des années et est souvent décrié par les populations locales », nuance le chercheur. La France a potentiellement des ressources dans ses fonds marins. « Mais les stocks sont incertains, ajoute-t-il. Et cette extraction pourrait avoir d’énormes impacts environnementaux irréversibles. » Raison pour laquelle la solution n’est pas privilégiée.

  • La commune du Beausset s’offre une centrale photovoltaïque pour fournir ses bâtiments publics

    La commune du Beausset s’offre une centrale photovoltaïque pour fournir ses bâtiments publics

    La mairie du Beausset s’offre une solution économique et écologique pour ses besoins en énergie. Elle a inauguré la semaine dernière une centrale photovoltaïque de 1 092m² installée sur le toit de son Centre technique municipal.

    Ce nouvel équipement, d’une puissance d’environ 142 kWc, permettra de produire chaque année près de 185 MWh d’électricité renouvelable, destinée en priorité à l’autoconsommation des bâtiments communaux, en particulier celui sur lequel elle est installée, avant, à terme, de contribuer à l’alimentation d’autres infrastructures. « Ce projet concret marque une étape importante dans l’engagement de la commune en faveur de la maîtrise de l’énergie et du développement des énergies renouvelables », se félicite le maire (SE) Edouard Friedler. Une installation qui permettra de faire baisser durablement la facture d’énergie communale, et qui s’inscrit dans une logique de « transition énergétique, de maîtrise des consommations et de réduction de l’empreinte carbone, tout en valorisant le patrimoine communal », indique la mairie.

    Des travaux de renforcement de la toiture

    Dans le cadre de sa politique de développement durable, la commune a engagé une réflexion sur le potentiel solaire de ses bâtiments publics. Le Centre technique municipal a ainsi été identifié, en raison de la surface disponible et de la configuration de sa toiture. Cette dernière a par ailleurs dû subir quelques travaux (à hauteur de 43 000 euros) de renforcement de sa charpente métallique, afin de garantir la pérennité de l’ouvrage face aux charges supplémentaires de la centrale. Ceux-ci ont été financés grâce à un plan associant la commune et le Département du Var, dans le cadre de l’aide aux communes.

    Ce projet « constitue une première étape appelée à être prolongée par d’autres opérations de production d’énergies renouvelables et d’amélioration de la performance énergétique du patrimoine communal », ajoute la municipalité.

  • Var : Un comité de lutte contre les espèces envahissantes

    Var : Un comité de lutte contre les espèces envahissantes

    Dans un département à la biodiversité remarquable (50% des espèces de l’hexagone y sont présentes, dont 61% des espèces végétales), et qui offre un cadre propice à la prolifération des espèces exotiques envahissantes (EEE), la lutte contre ces dernières demeure un enjeu important, tant en matière de préservation des écosystèmes que de santé publique. C’est pourquoi le Préfet du Var a organisé, le 13 février, le premier comité départemental de lutte en la matière, avec l’ensemble des services de l’État concernés. Celui-ci était présidé, en visioconférence, par la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat, Monique Barbut.

    Quatre espèces dans le viseur

    Ce premier comité a permis de faire un point de situation dans le département, de recenser les dispositifs existants, et d’engager une organisation pour une réponse plus cohérente et réactive. Quatre espèces ont fait l’objet d’une attention particulière. Pour la première, le frelon asiatique à pattes jaunes, le préfet devra coordonner la stratégie visant, notamment, à mieux protéger la filière apicole.

    Pour la deuxième, la fourmi électrique, le Var est le seul département présentant deux foyers détectés à Toulon et à La Croix-Valmer. La ministre a demandé la création d’une zone réduite exempte de risques pour la santé humaine et permettant le saupoudrage du produit Campaign, qui a prouvé son efficacité. Après une analyse intégrant l’avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), émis en septembre 2025, son utilisation pourrait être autorisée avant la période d’activité de la fourmi. S’agissant de la troisième espèce, la cochenille tortue du pin, il convient d’accélérer la recherche de nouveaux traitements, dont l’expérimentation pourrait être conduite dans le Var.

    Rien n’a encore été évoqué concernant la quatrième espèce, le crabe bleu. Ce sera peut-être le cas lors du prochain comité, au début du printemps, qui sera élargi aux collectivités territoriales et au monde associatif afin de fédérer l’ensemble des compétences.

  • La Camargue au cœur des zones humides

    La Camargue au cœur des zones humides

    Vauvert, Scamandre. C’est au cœur de la Petite Camargue que s’est ouvert, vendredi 30 janvier, le mois des zones humides. Un lancement national hautement symbolique pour la Journée mondiale des zones humides (JMZH), célébrée chaque 2 février, qui rappelle l’importance cruciale de ces écosystèmes longtemps considérés comme des contraintes, mais désormais reconnus comme des alliés indispensables face au dérèglement climatique. Pendant plus d’un mois, jusqu’au 1er mars, des centaines d’animations sont proposées partout en France pour (re)découvrir ces milieux naturels essentiels.

    Marais, lagunes, étangs, roselières ou prairies humides jouent un rôle clé : régulation des crues, filtration naturelle de l’eau, stockage du carbone, refuge pour la biodiversité. Pourtant, ces espaces figurent parmi les écosystèmes les plus menacés, avec une disparition estimée à plus de 35 % à l’échelle mondiale en cinquante ans. En France, l’enjeu est d’autant plus fort que 2026 marque les 40 ans de la ratification de la Convention de Ramsar, premier traité international dédié aux zones humides, dont la Camargue fut le premier site classé.

    Pour cette édition 2026, placée sous le thème « Zones humides et savoirs traditionnels : célébrer le patrimoine culturel », les acteurs institutionnels, scientifiques et associatifs se sont réunis au Scamandre. Une reconnaissance pour ce site Ramsar de 42 000 hectares, véritable mosaïque de milieux façonnés par le Rhône et la mer, où cohabitent faune, flore et activités humaines. Élevage extensif, pêche, récolte de roseaux, tourisme naturaliste : ici, l’eau structure les paysages autant que les modes de vie.

    Un équilibre fragile

    Si la Camargue est un symbole, elle est aussi un territoire sous tension. Inondations, sécheresses, submersions marines : le delta vit avec le risque. Le réchauffement climatique fragilise l’équilibre subtil entre eau douce, saumâtre et salée, accentuant la salinisation des sols. Vignes, roselières, habitats d’oiseaux comme les hérons ou les flamants roses en subissent déjà les conséquences. « Ce territoire vit avec les risques, et l’Homme y intervient depuis toujours pour pouvoir y vivre », souligne Robert Crauste, le maire du Grau-du-Roi.

    Cette coopération dépasse les frontières administratives. Gardois, Héraultais et acteurs des Bouches-du-Rhône travaillent de concert, accompagnés par l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. Objectif : restaurer les zones humides, lutter contre la salinisation et sécuriser la ressource en eau potable, tout en maintenant les activités humaines. Un plan de lutte contre la salinisation a ainsi été engagé, avec des mesures à moyen et long terme.

    Au-delà des chiffres et des politiques publiques, le mois des zones humides veut aussi retisser un lien entre habitants et territoires. Sorties nature, conférences, projections, chantiers de restauration : plus de 700 animations invitent le public à comprendre que ces espaces ne sont pas figés, mais vivants, habités, et porteurs de savoirs anciens.

    * Pour trouver les animations autour de vous : https://bit.ly/Animations-JMZH-2026.

    « Les zones humides sont essentielles à
    la biodiversité »

  • Une cour d’école plus accueillante à La Bâtie Neuve dans les Hautes-Alpes

    Une cour d’école plus accueillante à La Bâtie Neuve dans les Hautes-Alpes

    Le projet de restauration a permis de planter des arbres et de réaliser des aménagements paysagers créant des zones ombragées. La démarche a impliqué la commune, les enseignants, les parents et les élèves, en collaboration avec le Caue des Hautes-Alpes. Sur un budget de 158 000 euros HT, le conseil départemental des Hautes-Alpes a versé une subvention de 15 705 euros.

    Photo DR

  • Un accompagnement pour planter sur son exploitation

    Un accompagnement pour planter sur son exploitation

    À Reillanne, près de Forcalquier, sur leur exploitation ovine, Anaïs Baumelle et Mickaël Niquet ont fait appel à l’association Des Enfants et des arbres pour financer leur projet de plantation. En échange, ils sont intervenus dans une classe et ont accueilli des CM1 et des CM2 pour leur chantier de plantation. Mardi, ils ont ouvert les portes de leur exploitation à une quinzaine d’éleveurs intéressés par ce projet, qui aimeraient le reproduire.

    Les arbres sont essentiels pour le bien-être du troupeau, la nutrition des animaux ou encore pour créer de l’ombre et protéger de la pluie, explique Mégane Véchambre, conseillère agroforesterie à Agribio 04. C’est elle qui a accompagné le couple d’éleveurs de Reillanne, mais aussi une productrice de raisin de table à Forcalquier et une production diversifiée, notamment d’escargots, à Manosque, pour leur projet de plantation d’arbres.

    « Planter des arbres, ça a un intérêt pour vous, ça rend votre exploitation plus résiliente face aux aléas et face à la sécheresse », défend Léa Garreau, chargée de mission agroécologie au parc naturel régional du Luberon, en s’adressant aux éleveurs venus pour les portes ouvertes. Parmi eux, un éleveur bovin de Villeneuve, Cyril Motte, se montre particulièrement intéressé.

    éviter l’érosion

    « Je n’ai pas encore de projet prévu cette année, tu es le premier sur la liste ! », lui lance Mégane Véchambre. Plusieurs élèves en BTS de l’établissement de formation agricole Carmejane ont également assisté aux portes ouvertes.

    « On a déjà planté pour éviter l’érosion parce qu’on a des parcelles en pente », explique Léa Goin, directrice de l’exploitation de Carmejane. Des financements publics et privés existent pour mener à bien ces projets. « Ils avaient dit qu’ils allaient ouvrir à fond les robinets sur les financements publics, mais ça a mis un peu plus de temps que prévu. Normalement, ça rouvre cette année », avance Mégane Véchambre. Les agriculteurs peuvent facilement être remboursés à hauteur de 90%, voire 100% pour leur projet de plantation, explique-t-elle. Sur leur exploitation de Reillanne, Anaïs Baumelle et Mickaël Niquet ont planté 130 arbres : des chênes, des érables, des tilleuls ou encore des mûriers. Ils en ont eu pour 2 400 euros, et ont perçu 2 000 euros de subventions. « Le réchauffement climatique influence le choix des arbres qu’on va mettre », avance Fabien Liagre, créateur d’Agroof, bureau d’étude spécialisé en agroforesterie.

  • Des relevés participatifs pour observer la pollution du golfe

    Des relevés participatifs pour observer la pollution du golfe

    À peine un pied posé sur la plage des Combattants, Brigitte, les yeux rivés sur le sol, s’exclame : « Eh ben, y a de quoi faire ! » La retraitée fosséenne participe à des collectes de déchets depuis des années. Elle a commencé avec son club de vélo, en 2021. C’est par le biais de son ami Daniel Moutet, président de l’Association de défense et de protection du littoral et du golfe de Fos, qu’elle a connu l’Institut éco-citoyen pour la connaissance des pollutions, l’organisme qui encadre le ramassage ce mardi matin. L’objectif de ce protocole participatif : quantifier et caractériser les microplastiques dans les sédiments du pourtour de l’étang de Berre et du golfe de Fos.

    Ce n’est pas la première fois que les scientifiques, accompagnés d’habitants volontaires à l’acquisition de données environnementales, prélèvent les macroplastiques sur cette petite plage qui fait face aux usines des bassins ouest du Grand port maritime. Audrey Souloumiac, responsable de l’Observatoire citoyen de l’environnement de l’Institut, précise : « On était déjà venus l’an dernier. Ce n’était pas la plage la plus polluée, on avait surtout récupéré du verre, contrairement à la plage du Cavaou, à proximité des terminaux méthaniers, qui est interdite au public et qui est jonchée de plastiques qui arrivent de la mer. »

    Aux Combattants, l’Institut éco-citoyen mène aussi des relevés de diversité marine en palmes, masque et tuba depuis 2017. « On note toute la faune et la flore qu’on observe. Ça nous a notamment permis de voir qu’il y avait eu un effondrement de la flore au moment de l’accident de Kem One en juillet 2020. Aujourd’hui, on est quasiment revenu au niveau d’avant. »

    Un partenariat à venir

    Ces relevés de diversité marine permettent aussi d’observer « des modifications au niveau des espèces », affirme Audrey Souloumiac. « Avant, il y avait des gorgones. Depuis quelques années elles sont complètement mortes à cause de la chaleur. Elles ont un rôle de filtrage donc c’est assez
    important.
     »

    L’institut éco-citoyen veut désormais aller plus loin sur cette plage. « On a pris contact avec le club de plongée de Port-de-Bouc pour mettre en place un protocole de relevé de macrodéchets sous-marins », révèle la responsable de l’Observatoire citoyen de l’environnement.

  • Du mieux dans la qualité de l’air, selon une étude d’Atmosud

    Du mieux dans la qualité de l’air, selon une étude d’Atmosud

    La qualité de l’air s’améliore. C’est la conclusion de l’étude Scenarii 2, menée par Atmosud dans le cadre d’un comité de pilotage rapproché avec l’Agence régionale de santé, la Dreal et Santé publique France pour évaluer l’efficacité des actions mises en œuvre au cours de la dernière décennie pour réduire le risque sanitaire d’exposition pour la population des 66 communes du pourtour de l’étang de Berre. « C’est un rebond du travail conduit il y a une dizaine d’années avec Scenarii 1, développe Dominique Robin, directeur d’Atmosud. Il a été mené dans le cadre du Plan santé environnement. »

    Au total, trente composés venant de différentes sources (industrie, transport routier, maritime, aérien, chauffage…) sont analysés dans ce deuxième volet, sur les 72 inventoriés par Atmosud. Parmi eux, quatre polluants réglementés présentent un risque sanitaire pour 100% de la population : l’ozone, le dioxyde d’azote, et les particules fines PM10 et PM2.5. En cause : une exposition dépassant les seuils (comme pour l’ensemble de la région).

    Un excès de risque

    Néanmoins, un excès de risque supplémentaire est identifié sur la zone dû à un cumul des expositions à des polluants cancérigènes, mutagènes et/ou reprotoxiques (CMR). En cause, des polluants principalement émis par l’industrie comme l’oxyde d’éthylène, le 1,2- dichloroéthane, le cobalt et le chlorure de vinyle monomère.

    « Dans un scénario d’exposition dit réaliste, ce qui correspond à trente ans d’exposition, environ 400 personnes sont exposées à un excès de risque cumulé, soit moins de 0,1% de la population », explique Edwige Révélat, directrice scientifique et technique à Atmosud. Dans le scénario majorant (70 ans d’exposition), 28 000 habitants sont concernés, soit 4,5% de la population, principalement à Port-de-Bouc, Martigues et Berre-l’Étang.

    Edwige Révélat note tout de même « une tendance à la baisse et à la stabilité des concentrations ». Si l’exposition aux particules fines et le dioxyde d’azote (des polluants multi-source) continue de dépasser les seuils, elle diminue tout de même de 30% entre Scenarii 1 et Scenarii 2. D’autres composés présentent une diminution de leur concentration, comme le benzène (30%), ou le 1,2 DCE, ou dichlorure d’éthylène (de -10 à -50%).

    Une conclusion qui n’a pas manqué de faire bondir les représentants des associations environnementales du secteur, à l’instar de Daniel Moutet, de l’Association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos : « À aucun moment Fos-sur-Mer n’est cité, je ne comprends pas pourquoi elle ne fait pas partie des villes polluées. On est sous les vents de Lavéra et l’été sous les vents d’ouest qui nous amènent la pollution des usines. Ces résultats sont impossibles, sauf à travers le lissage des données que vous faites. » Yves Bidet, pilote du réseau climat énergie de FNE13, souligne : « Il y a des personnes qui viennent travailler dans la zone sans y habiter, l’étude ne les prend pas en compte. » Alain Collomb, médecin sur la zone, s’inquiète quant à lui des « effets cocktails » des polluants qui peuvent se « potentialiser », une donnée non considérée. Son collègue Patrick Courtin, docteur spécialisé en santé environnementale, pointe quant à lui l’absence des perturbateurs endocriniens, « qui ne sont pas pris comme des risques ».

    Ces limites, les instigateurs de Scenarii 2 en sont conscients. Cécile Morciano, responsable du service santé environnement de la délégation des Bouches-du-Rhône pour l’ARS, explique : « Ce n’est pas une étude qui permet de prédire l’apparition de maladie, on est sur du calcul théorique de risque sanitaire. »