Category: environnement

  • Pour les renouvelables, le vert à moitié vide en Région Sud

    Pour les renouvelables, le vert à moitié vide en Région Sud

    Bien loin des ambitions affichées, le déploiement des énergies renouvelables est de plus en plus à la traîne en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Alors que de nouveaux objectifs de production à l’horizon 2035 doivent être transmis au gouvernement avant le 15 septembre prochain dans le cadre de la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie, le comité régional dédié qui s’est tenu le 17 juin dernier sous l’égide de la préfecture et de la Région Sud s’alarme du retard pris en la matière.

    Le constat est cruel. Le schéma régional d’aménagement, de développement durable, d’aménagement et d’égalité des territoires (Sraddet) voté par la collectivité en 2018 ambitionnait d’atteindre une puissance électrique issue des renouvelables de 13,5 gigawatts en 2024, de quoi plus que tripler la puissance installée en 2012 dans la région. Résultat : en douze ans, à peine 2 GW supplémentaires ont été installés, essentiellement en photovoltaïque, pour atteindre une puissance de seulement 5,6 GW. Quant à la production thermique, si elle a été multipliée par six entre 2012 et 2023 essentiellement grâce au déploiement des pompes à chaleur, seule la moitié de l’objectif est atteinte avec une production régionale de 5,4 TWh. À chaque fois, le retard sur les objectifs programmés se creuse d’année en année.

    Ombre sur le solaire

    Ainsi pour le photovoltaïque, le rythme des installations a ralenti au fil des années et la région est sortie en 2023 du top 3 en termes de puissance raccordée, dépassée par la région Auvergne-Rhône-Alpes. Les perspectives sont loin d’être brillantes : désormais au même rythme d’installations que la région Centre-Val de Loire, la région ne compte qu’une centaine de projets en cours d’instruction au troisième trimestre 2025. Seules la Bretagne, la Normandie et l’Île-de-France, moins réputées pour leur ensoleillement que le Sud, font moins bien.

    « La dynamique pour l’éolien terrestre est presque inexistante dans notre région, sujette à de nombreuses contraintes réglementaires », pointe aussi le comité régional de l’énergie, tandis que le développement de la filière de l’éolien en mer « a été plus lent que prévu ». Quant à la filière hydroélectrique, si elle est « historiquement la plus développée des énergies renouvelables sur le territoire régional », son potentiel est « quasiment exploité en totalité ». Résultat : seul un quart des capacités réservées dans le schéma régional de raccordement au réseau des énergies renouvelables a été alloué, explique le gestionnaire RTE.

    Alors filière par filière, le comité régional de l’énergie ne peut que constater, comme il le fait pour le photovoltaïque : « L’objectif 2030 n’est pas atteignable de façon réaliste et doit être revu à la baisse ». Le Sraddet visait une puissance électrique installée de 17,3 GW en 2030 pour les renouvelables. Les ambitions sont désormais divisées par deux, avec un objectif de 8,6 GW à la même échéance. La production thermique visée est quant à elle de 13,8 TWh, contre 17,3 TWh planifiés initialement.

    10 incinérateurs d’ici 2035

    Pour l’électricité photovoltaïque, cela signifie ainsi de couvrir 60 000 toitures et 1 800 hectares d’ici 2030, tandis que la montée en puissance de l’éolien en mer doit suivre les appels d’offres lancés. Pour le biogaz, au-delà de la pyrogazéification amenée à se développer, il faudrait installer 30 à 40 méthaniseurs supplémentaires. En matière de géothermique, la production devrait être multipliée par quatre, et par deux pour la thalassothermie, tandis que 800 000 pompes à chaleurs supplémentaires sont attendues. Enfin, les projections visent une dizaine de chaufferies CSR – des incinérateurs de déchets – d’ici 2035. Une gageure au vu des levées de boucliers à Marseille comme à Istres.

    « L’objectif 2030 n’est pas atteignable de façon réaliste. »

  • [Entretien] « On va créer une inégalité hydraulique avec les digues du Coulon »

    [Entretien] « On va créer une inégalité hydraulique avec les digues du Coulon »

    La Marseillaise : Vous organisez samedi en fin de journée une balade/rassemblement à Robion pour mettre en avant 17 km d’îlots de fraîcheur. Dans quel but ?

    Pierre Leclerc : On souhaite fêter un double tour de force d’avoir réussi à déposer en 15 jours deux recours en justice contre deux étapes d’expropriations et d’aménagements des digues du Coulon. C’est aussi une occasion de se rencontrer entre différents acteurs associatifs. Enfin, l’idée est de faire connaître le Coulon bleu, où il y a tout le temps de l’eau l’été. Ceux qui viendront samedi verront qu’il coule à flots, qu’il y a des cascades malgré la sécheresse. C’est un privilège d’avoir 17 kilomètres de rivière, en plus à l’ombre. Et quand on voit que Cavaillon est promise à être une des villes les plus insupportables à vivre face aux températures [selon un classement du Parisien], c’est étonnant qu’on soit amené à raser ces 17 km.

    Vous parlez de recours. Sur quoi portent-ils ?

    P.L. : Il y a un premier concernant des expropriations à Robion porté par trois riverains du Coulon, quartier de la Tengude. L’agglomération Luberon Monts de Vaucluse veut y refaire les digues d’ici à 20 ans. Il y a un deuxième recours, beaucoup plus important, avec 5 associations et 9 riverains, côté Cavaillon, pour s’opposer au commencement des travaux prévus l’année prochaine par le SIRC (syndicat intercommunautaire rivière Calavon-Coulon). On attaque sur tous les aspects écologiques. Les travaux consistent à raser des digues existantes pour les remplacer par des digues inégales. Parfois on peut admettre, comme sur l’île de la Barthelasse, un côté sacrifié car il est 30, 40 ou 50 fois moins peuplé que le côté protégé. Là, on va créer une inégalité hydraulique aux dépens de la population la plus nombreuse, soit environ 900 personnes, pour protéger, avec une digue dite insubmersible les 200 hectares du quartier agricole du Grès qui compte 300 personnes. Au lieu que l’eau aille des deux côtés, elle n’ira plus que d’un côté. Tout ça derrière pour obtenir des terrains constructibles.

    Il y a un an, vous alertiez sur l’absence de plan de prévention des risques inondations (PPRI) du Coulon aval. Le dossier a depuis été relancé…

    P.L. : Oui, alors qu’il date de 2002… Il devrait y avoir une enquête publique à la fin de l’année. On a eu droit à une nouvelle consultation avec trois réunions publiques en juin assez houleuses. Pour nous ce PPRI reste scandaleux. C’est notre motivation principale à l’association depuis 13 ans : il y a des zones inondables totalement cachées, des milliers de gens à L’Isle-sur-la-Sorgue, au Thor, à Châteauneuf-de-Gadagne, à Velleron et jusqu’au centre d’Entraigues qui sont inondables et dont le risque est caché dans le PPRI.

  • Le projet d’hôtel de luxe à Orange sort renforcé de la consultation

    Le projet d’hôtel de luxe à Orange sort renforcé de la consultation

    Généralement, les consultations ou enquêtes publiques ne passionnent guère les foules. Le projet Orange baie des Princes en a été le parfait contre-exemple. Il faut dire que la construction d’un hôtel de luxe sur une ancienne carrière dans la colline Saint-Eutrope coche toutes les cases d’un brûlant sujet. Pour rappel (notre édition du 6 août), le promoteur Immobilis compte, sur cette friche industrielle de 15 ha, bâtir 5 îlots (1,75 ha au total sera artificialisé) et implanter un hôtel de 180 chambres, un hôtel d’entreprises, une résidence seniors et une autre dite « éco-touristique, cyclo-touristique, oeno-touristique » et enfin un spa.

    Un projet dans les cartons depuis 15 ans qui vient de faire l’objet d’une vive consultation du public lors d’un trimestre, achevée le 31 juillet. Contrairement à l’enquête publique où le commissaire enquêteur doit donner un avis qui agit comme sésame à la validation d’un permis de construire, la consultation est une première étape en vue d’un permis d’aménager et d’une autorisation environnementale. Au total, 1 947 contributions ont été apportées. « Cette consultation du public s’est déroulée dans un climat très houleux et il faut bien le dire assez pénible », résume, sur la forme, le commissaire enquêteur Bruno Espieux.

    La mairie ne se positionne pas encore

    Quant au fond, ses conclusions viennent plutôt approuver le dossier. « Ce projet est lourdement attaqué en ce qu’il porterait gravement atteinte à la biodiversité », relève-t-il. Or, « le dossier ne permet absolument pas de conclure que ce projet va se traduire par un saccage de la biodiversité, bien au contraire ». Le commissaire enquêteur se fonde sur une « masse documentaire très volumineuse, qui a fait l’objet d’analyse par les autorités publiques » qui n’ont émis « aucun avis négatif », abonde-t-il. Toutefois, Bruno Espieux estime que « plusieurs questions méritent d’être éclaircies ». Il formule ainsi trois sortes de réserves, pointant « le risque inondation et la question du tunnel de la Mine », le « risque éboulement » avec des études complémentaires souhaitées et, enfin, la question du parking et circulation.

    « Nous retenons de ces conclusions un avis de fond très favorable », se réjouit, auprès de La Provence, Emmanuel Purpan, porteur du projet pour Immobilis, assurant que les trois points soulevés font déjà l’objet « de travaux engagés par nos équipes ». Côté opposants, comme l’Association de défense de l’environnement orangeois (Adeo), son président Thierry Jaumard n’est pas « étonné » de l’avis bien qu’il se satisfasse « de voir aborder la question du tunnel de la Mine qui n’est pas répertorié et entretenu et doit absorber toute l’eau ». Tout le monde attend désormais la position du maire Jean-Dominique Artaud (RN). Il reste toujours sur la réserve quand la précédente majorité Bompard, à laquelle il a longtemps appartenu, soutenait le promoteur.

  • [Entretien] Jean-Marc Touzard, Inrae : « Je crois en la capacité d’adaptation collective »

    [Entretien] Jean-Marc Touzard, Inrae : « Je crois en la capacité d’adaptation collective »

    La Marseillaise : En quoi le changement climatique met-il l’agriculture en danger ?

    Jean-Marc Touzard : Le changement climatique ne se résume pas à une hausse des températures. Il entraîne aussi une plus grande instabilité, avec des sécheresses, des événements extrêmes et des séquences inédites, comme l’enchaînement de plusieurs vagues de chaleur ou des hivers très doux. Les plantes démarrent plus tôt, les récoltes sont avancées et le déficit hydrique s’accentue. Les fruits et les grains sont plus petits, les rendements baissent et leur composition change. Dans la vigne, par exemple, les raisins sont davantage concentrés en sucre, ce qui augmente le degré d’alcool des vins et réduit leur acidité, ce qui ne correspond pas forcément aux modes de consommation actuels.

    Qu’est-ce qui distingue la situation actuelle des aléas autrefois connus par les agriculteurs ?

    J.-M.T. : C’est à la fois l’intensité, la durée et la répétition des événements. Cet été, l’Occitanie a connu trois vagues de chaleur successives : nous savions que de telles séquences étaient possibles, mais nous les attendions plutôt vers 2030 ou 2040. Elles sont déjà là. À cela s’ajoutent des crises de marché, une baisse de la consommation de vin, des difficultés de succession et une perte de reconnaissance du métier. C’est ce que nous appelons une « polycrise » : les crises climatiques, économiques et sociales interagissent et se renforcent.

    Les ajustements déjà engagés seront-ils suffisants ?

    J.-M.T. : Il n’existe pas de solution miraculeuse. Il faut combiner plusieurs leviers : choisir des espèces et des variétés plus résistantes, mieux gérer les sols pour conserver l’eau, planter des arbres, modifier les densités de plantation ou les méthodes de taille. Il faut aussi adapter la transformation des produits, gérer les risques et parfois déplacer certaines cultures. Mais surtout, il faut agir à la fois dans l’urgence et à long terme. Les solutions de bricolage permettent de tenir quelques années, pas davantage.

    L’irrigation peut-elle suffire, ou faut-il repenser plus largement les modèles agricoles ?

    J.-M.T. : L’irrigation peut sécuriser une récolte, surtout lors d’une année extrême, mais elle ne constitue qu’une solution parmi d’autres. La ressource en eau est limitée et toutes les cultures n’ont pas les mêmes besoins : elle peut être plus stratégique pour les fruits, les légumes ou les légumineuses que pour la vigne. Il faut donc développer une irrigation économe, responsable et suffisamment flexible pour servir plusieurs productions. Plus largement, l’adaptation passe par la diversification. Cela peut signifier cultiver plusieurs cépages, associer vigne, arbres et élevage, introduire des pistaches, des grenades, des olives ou des légumineuses, mais aussi développer la vente directe, l’accueil touristique ou des services de prévention des incendies. En ne dépendant plus d’une seule production, l’exploitation répartit mieux les risques climatiques et économiques. On ne peut plus faire l’impasse sur la diversification.

    Le coût de l’adaptation menace-t-il les petites exploitations ?

    J.-M.T. : Pas forcément. Certaines réponses sont coûteuses et technologiques, mais d’autres reposent sur des pratiques simples, la coopération et le partage d’expériences. De petites exploitations peuvent rester viables grâce aux coopératives, à la vente directe, au tourisme ou à la diversification. Il faut aussi mieux rémunérer les services rendus par les agriculteurs qui passent le pas de la diversification.

    L’Occitanie peut-elle encore préserver son agriculture ?

    J.-M.T. : Cela dépendra de l’ampleur du réchauffement et de notre capacité à agir. Si le climat est stabilisé rapidement, des solutions existent encore pour la majorité des filières. Mais avec un réchauffement mondial de trois degrés, certaines productions et certains territoires seront fortement menacés. L’espoir vient des expérimentations déjà engagées sur les cépages, l’agroforesterie, la pistache, la grenade, l’olivier ou les légumineuses. Face à l’urgence climatique, nous ne pouvons pas attendre quinze ans qu’une solution soit validée. Il faut expérimenter, partager les résultats et construire l’adaptation avec les agriculteurs, les chercheurs, les collectivités et les citoyens.

  • [C’est l’été] Les petits débrouillards aux Serrets à Manosque

    [C’est l’été] Les petits débrouillards aux Serrets à Manosque

    Les savoirs prennent sens lorsqu’ils répondent aux préoccupations des personnes. Les animations scientifiques commencent souvent par une question : Pourquoi le ciel est-il bleu ? Comment fonctionne un panneau solaire ? Pourquoi certains déchets se recyclent-ils ?

    Les Petits Débrouillards s’appuient sur les interrogations des habitants pour construire les activités. Cette démarche permet de montrer que chacun possède déjà des connaissances et que la science est un outil pour mieux comprendre son environnement.

    À Manosque, aux côtés de Perrine et Mathilde, les enfants se sont interrogés sur le thème des saveurs savantes : comment décrire un goût ? Peut-on manger du requin ? Que fait une abeille de ses journées ? Des jeux autour de ces questions ont été proposés : sentir et toucher à l’aveugle, cap ou pas cap de tester des plats du monde, une course par équipe pour aller polliniser un max de fleurs… ça a bien plu !

  • Dans les Bouches-du-Rhône, des ressources en eau stables mais surveillées

    Dans les Bouches-du-Rhône, des ressources en eau stables mais surveillées

    Services de l’État, représentants du monde agricole et des activités économiques, collectivités, gestionnaires des milieux aquatiques, d’infrastructures hydrauliques ou encore des associations pour la défense de l’environnement se sont réunis la semaine dernière au sein d’un comité de ressource en eau (CRE) des Bouches-du-Rhône afin « de faire le point sur la situation hydrologique du département et échanger avec les différents acteurs sur les perspectives pour le reste de la saison estivale », indique la préfecture dans un communiqué.

    Premier enseignement : notre département reste « moins sévèrement frappé par la sécheresse que le reste du territoire national », note les services de l’État.

    Alerte renforcée sur

    les cours d’eau et nappes

    La zone desservie par la « ressource stockée », entendre les retenues de Serre-Ponçon sur la Durance et Sainte-Croix sur le Verdon, devrait rester en « vigilance » pour le reste de la saison prévoit la préfecture. Mais pour ce qui concerne les ressources dites « locales », en clair, les cours d’eau et nappes, l’alerte « renforcée est maintenue sur les zones Arc amont, Arc aval et Réal de Jouques ». L’État assure que « le suivi régulier des différentes ressources se poursuit » afin de pouvoir, « adapter les mesures de restriction selon les conditions observées ».

    En attendant, le préfet des Bouches-du-Rhône appelle l’ensemble des usagers (particuliers, collectivités, industriels, commerçants, artisans, exploitants agricoles…) « à maintenir un usage économe de l’eau et à respecter les restrictions en vigueur ». Les prélèvements directs en cours d’eau, hors prélèvements des associations syndicales autorisées, restant interdits dans les secteurs du Réal de Jouques et de l’Arc.

  • Quand Toulon inspire d’autres collectivités

    Quand Toulon inspire d’autres collectivités

    Une réalisation qui s’inscrit dans la stratégie globale d’adapter progressivement le patrimoine scolaire aux évolutions climatiques. Une fierté pour les élus toulonnais d’avoir pu échanger et faire découvrir cette solution, qui s’inscrit pleinement dans les réponses aux enjeux des défis de demain.

  • Oignons doux : parvenir à retenir et stocker l’eau

    Oignons doux : parvenir à retenir et stocker l’eau

    « La récolte a débuté il y a peu, on n’a pas de recul. Mais il y aura un impact, c’est certain. Sur le volume, le calibre et la qualité. Après, quelle sera l’étendue des pertes ou du désastre, je ne peux pas le dire », déclare Thomas Vidal, directeur général et commercial de la coopérative agricole Origine Cévennes. Située à Saint-André-de-Majencoules, dans le Gard, elle rassemble 60 producteurs d’oignons doux des Cévennes, répartis sur une douzaine de communes. « Il y a des zones plus ou moins touchées que d’autres par la problématique du manque d’eau. Mais globalement on sait qu’on aura des lots très petits, donc ça va causer des problèmes au niveau de la commercialisation », poursuit Thomas Vidal.

    « Il va falloir trouver des solutions »

    Après avoir reçu jusqu’à deux mètres d’eau de pluies tombées cet hiver, les producteurs d’oignons doux des Cévennes affrontent, depuis mi-mai, des canicules à répétition et une sécheresse intense qui a poussé la préfecture du Gard à prendre des mesures de restriction d’eau, notamment l’interdiction d’irriguer. Face à cette situation, certains exploitants ont carrément décidé d’arrêter d’arroser certaines zones pour concentrer le peu d’eau dont ils disposent sur les plants les plus prometteurs. Des choix difficiles.

    « L’oignon doux est une culture en terrasse, forcément exposée au soleil en plein sud. C’est un modèle qui existe depuis des décennies voire des centaines d’années dans les Cévennes. On est obligés de faire avec. Reste que les canicules et les sécheresses sont de plus en plus récurrentes. C’est pour ça qu’on travaille sur la sécurisation en eau des exploitations avec des projets de retenues collinaires », explique le directeur de la coopérative. « On était en sous-préfecture à ce sujet début juillet avec la DDTM, la Région, les financeurs pour essayer de trouver des solutions. Car il va falloir en trouver : la coopérative, c’est 60 producteurs, 60 familles, 20 emplois », insiste-t-il.

    « On est déjà assez vertueux, puisqu’on dispose du stockage de 24% de nos besoins sur l’ensemble des exploitations, contre une moyenne en France qui se situe en dessous de 5%. Seulement les bassins qui ont été creusés il y a 20 ou 30 ans sont aujourd’hui sous-dimensionnés. On a besoin de plus d’eau à l’hectare. Il faut revoir les volumétries. » Un exemple qui illustre la rapidité avec laquelle le dérèglement climatique bouleverse les choses. « L’hiver dernier, on a pris deux mètres d’eau en 4 mois sur la haute vallée de l’Hérault. On en aurait retenu un peu, personne ne l’aurait vu. Il faut retenir l’eau l’hiver pour l’utiliser l’été, c’est du bon sens. Les pouvoirs publics doivent donner leur accord », martèle Thomas Vidal. Emmagasiner les pluies d’hiver pour ne plus puiser dans les rivières en été. Sachant que ces retenues collinaires pourraient également servir de réserve pour alimenter les camions de pompiers lors des incendies. « On ne va pas lâcher prise. Les Cévenols sont résilients et résistants. On va y arriver. On va trouver des solutions pour faire des stockages. »

    A.G.

  • Gare à l’air vicié à l’intérieur des voitures

    Gare à l’air vicié à l’intérieur des voitures

    « Lorsque l’on est en voiture, on est soumis à la fois à la pollution extérieure de l’air mais aussi à l’augmentation du taux de gaz carbonique qui est exhalé par les occupants », explique le président de l’association varoise ACTEnergies* Michel Pierre. L’ingénieur chimiste a fait les mesures à l’aide de l’appareil modulaire d’AtmoSud et les concentrations révélées sont sans appel. Ainsi avec la position mal nommée « recyclage d’air » actionnée, 2 personnes à bord du véhicule suffisent pour atteindre en 8 minutes seulement 2 000 ppm (parties par million) alors que le seuil d’alerte dans une salle de classe est fixé à 800. « Et il faut savoir qu’au-dessus de 2 000, cela peut provoquer des maux de tête, une baisse des performances cognitives et de la somnolence », met en garde le scientifique. Avec tous les risques que cela peut engendrer sur la route notamment en ce moment avec le ballet des vacanciers qui passent plusieurs heures au volant. L’association indique qu’elle va prendre contact avec les stations de radio autoroute pour faire passer le message de prévention.

    Plus mortifère que

    la pollution aux particules

    « C’est un petit empoisonnement », insiste Philippe Chesneau pour Toulon Var Déplacements, une des associations adhérentes d’ACTEnergies. Un phénomène qui s’amplifie encore en période de grosses chaleurs, ajoute-t-il, où l’on retarde le moment d’ouvrir les vitres et de faire entrer l’air brûlant dans l’habitacle. Et de poursuivre : « Les automobilistes ne sont pas forcément conscients de cette problématique-là ».

    Pour mémoire la fonction recyclage d’air, qui s’enclenche automatiquement sur certains véhicules récents, est destinée à protéger les passagers de la pollution aux particules fines provenant de l’extérieur. Le problème c’est que le circuit fonctionne alors en vase clos. Et que le confinement peut s’avérer plus toxique encore. Il faut donc l’utiliser sur une période de courte durée lorsque cela est vraiment nécessaire, par exemple lors de la traversée d’un tunnel. Pour l’ingénieur chimiste, l’arbitrage doit se faire en faveur du maintien du taux de dioxyde d’azote à des valeurs acceptables. D’autant que seules les grosses particules sont filtrées. Pas les plus dangereuses pour l’organisme qui sont inférieures à 6 microns. Michel Pierre conclut : « Il faut être conscient que la fonction recyclage d’air en voiture, qui est souvent activée pour améliorer l’efficacité de la climatisation, augmente le risque d’accident ». Le message d’alerte vise donc à sensibiliser conducteurs et passagers de l’effet du gaz carbonique (CO2) invisible mais qui peut avoir des effets délétères sur l’attention au volant.

    *60 Rue Pablo Picasso, 83 500, La Seyne-sur-Mer. Tel : 06.70.21.80.10

  • À Istres, l’incinérateur de Suez reçoit un avis défavorable

    À Istres, l’incinérateur de Suez reçoit un avis défavorable

    Les conclusions ont mis un coup dans l’aile de l’incinérateur. Alors que l’enquête publique du projet « Istres recyclage et énergie » (dit Iren) porté par Suez s’est achevée le 2 juin après un mois et demi de consultations, le commissaire-enquêteur a rendu son avis le 31 juillet. Et concernant l’unité de valorisation énergétique de type CSR (combustible solide de récupération), il est défavorable. Philippe Magnus pointe notamment l’absence de concertation préalable, l’usage du terme « chaufferie » plutôt qu’incinérateur jugé trompeur et l’absence de débouchés pour l’énergie produite, faute de réseau de chaleur à proximité. Le maire Robin Prétot (LR) salue une « première victoire » collective.

    Dévoilé par Marsactu quelques jours après les élections municipales, ce projet a immédiatement suscité une levée de boucliers de la part des élus et associations locales, et plus largement de la population. Le rapport de l’enquête publique soulève une « participation exceptionnelle par son ampleur ». Au total, 4 114 contributions ont été déposées. Entre 80% et 89% d’entre elles y sont défavorables. Deux pétitions en ligne ont recueilli 466 signatures et près de 900 personnes ont participé aux deux réunions.

    250 millions d’investissement

    C’est bien cette unité de valorisation CSR qui pose problème. Elle est présentée par Suez comme une réponse à la possible fermeture de plusieurs centres pour des raisons réglementaires, supprimant 350 000 tonnes de capacité de stockage. Gardanne, les Pennes-Mirabeau et Septèmes-les-Vallons pourraient être concernés d’ici 2032. Mais pour les habitants et leur maire, « pas question qu’Istres devienne la poubelle de la région ». Le commissaire-enquêteur relève d’ailleurs que l’implantation du site, « excentrée sur le territoire (…) par rapport au centre de la Métropole », constitue un point négatif, tout comme sa proximité avec plusieurs infrastructures industrielles. Cette opposition franche et massive a donc porté ses fruits. « Ce n’est qu’une étape, rappelle Robin Prétot. La Ville poursuivra désormais son action auprès des services de l’État afin que cet avis défavorable soit pleinement entendu et que le projet d’incinérateur soit définitivement abandonné. » D’autres composantes du dossier ont reçu l’avis favorable de Philippe Magnus : l’unité de méthanisation, la modernisation du centre CSR, et la nouvelle unité de réception, de tri et de préparation de déchets valorisables. C’est un projet global que Suez souhaite déployer sur le site de La Grande Groupède, qu’il exploite depuis 2011, pour un investissement de 250 millions d’euros. La décision revient au préfet des Bouches-du-Rhône.